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06/03/2015

Une visibilité toujours aussi faible

Femmes, Audiovisuel, Télévision, Radio, PresseCe vendredi matin, à quelque jours du 8 mars, trois femmes, membres du gouvernement Valls, ont pris leur petit-déjeuner ensemble. Aux côtés de ces ministres de la Culture, des Affaires sociales et des Droits des femmes, un panel de professionnels de l’audiovisuel, de parlementaires, et de dirigeants du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

A l'ordre du jour des discussions, l'éternel sujet de «la place des femmes dans les médias». Il n'a sans doute pas fallu beaucoup de cafés et de croissants pour que ces convives fassent un même constat accablé: la situation, dont on parle pourtant depuis des années, tarde décidément à s'améliorer.

Pour preuve, la dernière analyse en date du contenu de 1200 heures de programmes (hors publicités et bandes annonces) diffusés par seize chaînes hertziennes. Elle a quantifié à 36% seulement la place que les femmes y ont occupée, par rapport aux hommes. C'est encore moins que l'année précédente (37%). Or, s'il faut le rappeler, dans la population française, les femmes sont toujours largement majoritaires (52%), par rapport aux hommes.

Du coup, dernièrement, le CSA a adopté une délibération qui renforce les obligations des médias, notamment en termes de visibilité des femmes à l'antenne. «On ne peut pas vivre en 2015 dans une démocratie où la moitié de la population est considérée comme subalterne» par les médias, a justifié la journaliste Françoise Laborde, ex-membre du «gendarme de l'audiovisuel».

Femmes, Audiovisuel, Télévision, Radio, PresseCela dit, une opportunité va rapidement se présenter aux gouvernants, qui leur donnerait l'occasion d'au moins faire symboliquement progresser le dossier. La présidence de France Télévisions doit bientôt être renouvelée. Qui sait, nommer une femme à la tête du groupe audiovisuel public pourrait contribuer à sortir tout ce petit monde de l'entre-soi masculin?

 

PS: La presse écrite et la radio, cela dit, ne sont pas fondées à faire la leçon à la télévision, sur la question. 20% des intervenants qui apparaissent sur le petit écran en tant qu'experts (=interrogés pour leurs compétences) sont des femmes – contre 80% d'hommes. A la radio et dans les journaux, ce taux féminin chute à 17% et 15%, respectivement.

05/03/2015

Une «position à développer»

Dans la vie, chacun sans doute a les intérêts et les préoccupations qu'il peut/veut. Cela vaut aussi pour les membres du gouvernement. Faisons donc un rapide écho à cette initiative que vient de prendre le ministre des Affaires étrangères – et du Tourisme, n'arrête-t-il pas de rappeler –, Laurent Fabius.

Les sujets de tension et conflits sanglants ne manquent pas, de par le monde? Cette semaine, néanmoins, le chef de la diplomatie française a pris sur son temps pour nommer un... «M. Croisières».

Un «Chargé de mission pour le développement des croisières maritimes et fluviales». Celui qui a été choisi pour occuper ce poste est Jacques Maillot: le fondateur et longtemps dirigeant du groupe «Nouvelles Frontières», grande gueule médiatique du monde patronal, s'il en est.

«Sur ces deux marchés touristiques en pleine croissance» que sont les croisières maritimes et fluviales, «la France occupe aujourd'hui une position en deçà de son potentiel, qu'il s'agit de développer fortement», a justifié le quai d'Orsay. Qui juge qu'avec son «expérience reconnue dans le domaine du tourisme», Jacques Maillot sera le mieux placé pour booster le «made in France», dans ce secteur économique également.

«Cette mission (confiée à l'intéressé) est bénévole», a pris soin de préciser le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Sans doute est-ce déjà cela.

04/03/2015

Une si longue attente

Paris, Histoire, Terrorisme, Justice33 ans que l'on attendait cela, dans le Marais et, au-delà, à Paris et dans tout le pays. Plus de trois décennies après l'attentat antisémite de la rue des Rosiers, la justice française a émis trois mandats d'arrêt internationaux, visant les suspects de cette tuerie qui, en 1982, avait ensanglanté le Marais juif et plongé la France entière dans l'effroi.

Ces trois individus vivent à présent en Norvège, en Palestine et en Jordanie. La France va tenter d'obtenir leur extradition. Si elle arrivait à ses fins, ce serait le deuxième très vieux dossier terroriste parisien qui, coup sur coup, avance spectaculairement, après une interminable attente. En novembre dernier, déjà, avait été extradé vers Paris le Canadien d'origine libanaise Hassan Diab. Il est soupçonné – mais nie catégoriquement – d'avoir fait exploser une moto piégée devant la synagogue de la rue Copernic, dans le 16eme arrondissement, le 3 octobre 1980.

Deux ans plus tard, le 9 août 1982, c'était donc dans le Marais que les terroristes avaient frappé.

Au n°7 de la rue des Rosiers, à l'heure de la pause-déjeuner, un homme avait fait irruption dans le restaurant Jo Goldenberg – adresse fameuse, à l'époque –, puis avait dégoupillé et lancé une grenade dans la salle, qui était bondée. Quatre de ses comparses avaient ensuite ouvert le feu sur les passants, dans la rue. Le bilan avait été terrible: six morts, 22 blessés.

Paris, Histoire, Terrorisme, JusticeCe mercredi matin, réagissant à ce rebondissement inopiné survenant dans ce si vieux dossier, le président de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), visiblement ému, à eu ces phrases: «Aucun criminel, aucun terroriste ne peut se cacher. Où qu'il soit, il est susceptible d'être arrêté, jusqu'à la fin de ses jours. Au-delà de cette affaire, c'est un message envoyé aux terroristes mais également aux victimes, pour garder foi en la justice».

03/03/2015

Un «impact moral négatif»

Tout comme notre onzième arrondissement, le neuvième (le quartier des grands boulevards, en gros) a vu, ces dix dernières années, se multiplier les commerces d'un genre particulier: les salons de massage. La chambre de commerce dénombre 115 établissements de ce type dans ce seul quartier de Paris, et pas seulement aux abords des places Pigalle, Blanche et de Clichy. Cela commence à faire beaucoup trop, aux yeux de la maire (UMP) du neuvième. Hier, donc, elle a fait voter un voeu par le Conseil d'arrondissement. Il prie la maire de Paris et le préfet de police de mettre au point une «campagne de labellisation des salons de massage respectant une charte éthique de bonne conduite».

«Un grand nombre de ces établissements sont suspectés d’être en réalité des lieux de prostitution dissimulée», justifie l'exécutif local. Qui en veut pour preuve que, rien que depuis octobre dernier, dans le neuvième, quatre établissements supposément dédiés aux soins de beauté ont été sanctionnés par les policiers de la brigade de répression du proxénétisme. Invoquant notamment la prochaine Journée internationale de la femme, le 8 mars, la maire d'arrondissement juge «intolérable» que, «dans une capitale comme Paris, des femmes soient exploitées et maltraitées par des réseaux mafieux».

Elle s'alarme aussi de l'«impact économique et moral très négatif» de ces pratiques dissimulées sur «les établissements respectables, offrant des services de massage de relaxation de qualité». Et s'inquiète de «la confusion» créée, dans l'esprit du consommateur moyen.

Sans doute. Cela dit, il ne faudrait pas non plus exagérer l'ampleur du problème. Du moins, si l'on en juge aux informations qu'avait données sur le sujet – il y a quelques années de cela, il est vrai – la préfecture de police elle-même. A l'époque (relire ), elle avait jugé bon de communiquer sur le fait que les salons de massage n'étaient «pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution». Sur les quelque 400 établissements de ce type qu'elle avait alors recensés, «moins d’une vingtaine» se livraient à une activité prostitutionnelle.

02/03/2015

Un tassement, qui se confirme

Tourisme, International, Economie, TerrorismeDe mauvais chiffres à nouveau, concernant le tourisme. Or, pour l'économie parisienne, c'est un secteur absolument vital: un emploi sur six, dans la «Ville lumière», est lié à cette activité.

Tout comme n'avaient pas été bons les derniers chiffres de la fréquentation dans la capitale (relire ), c'est à présent ceux relatifs au pays tout entier qui font état d'une baisse de 1,2% du nombre de nuitées, dans l’ensemble des hébergements touristiques. La fréquentation des hôtels, elle, régresse pour le cinquième trimestre consécutif. Ce tassement est essentiellement dû à la clientèle, non internationale, mais française – l'effet du marasme économique ambiant, sans doute.

Pour Paris, ces données sont d'autant plus préoccupantes qu'elles concernent le quatrième trimestre 2014. Donc la période avant les attentats de la mi-janvier 2015. Or, on le sait (relire ici), ceux-ci ont eu un impact sur la fréquentation touristique étrangère: ils ont fait chuter notamment le nombre de visiteurs originaires du Moyen-Orient.

Sur ce plan, d'ailleurs, les semaines ont beau passer, la situation semble tarder à s'arranger. D'après des chiffres qui circulent dans le secteur hôtelier, à Paris en février, les hôtels quatre étoiles ou plus ainsi que les palaces ont enregistré carrément un taux de 60% d’annulation de leurs réservations. Et les restaurateurs ont vu leur chiffre d'affaires régresser de 11%. A en croire les professionnels du tourisme, le redémarrage des affaires est en fait beaucoup plus lent qu'il y a vingt ans: après la vague d'attentats qu'avait perpétrés le GIA algérien dans les transports publics parisiens, en 1995.

27/02/2015

Un (si) léger embarras

Comme une gêne, cette semaine, à un des briefings de presse quotidiens du porte-parole du ministère des Affaires étrangères. A propos de l'Egypte. Pays avec lequel Paris vient de signer un très gros contrat de vente d'armements: 24 avions Rafale et leurs équipements, une frégate, et des missiles de défense anti-aérienne, soit une commande à 5,2 milliards d'euros. Mais pays qui, aussi, est gouverné d'une main de fer par le maréchal al-Sissi, qui réprime et emprisonne à tout-va.

«Quelle est la réaction des autorités françaises suite aux condamnations prononcées par un tribunal égyptien contre Alaa Abdel Fattah, une des principales figures de la révolution de 2011, condamné à cinq ans de prison, et vingt-quatre autres co-accusés, condamnés à des peines de trois à quinze ans de prison?» C'est la (bonne) question qui a été posée, l'autre jour, au porte-parole du quai d'Orsay. Réponse: «Nous avons pris connaissance avec préoccupation des lourdes condamnations prononcées. Ces décisions sont susceptibles d'appel. Nous souhaitons que les prévenus puissent bénéficier, à cette occasion, d'un procès équitable et respectueux des droits de la défense, conformément aux dispositions de la Constitution et aux engagements pris par l'Égypte sur le plan international».

Quelle merveille de novlangue accommodante.

Se serait-il agi de n'importe quel autre Etat, avec lequel donc Paris ne vient pas de signer le contrat du siècle, le quai d'Orsay aurait pas dit simplement sa «préoccupation». Il aurait fait part de sa «désapprobation». Et le «pays des droits de l'homme» ne se serait pas borné à «souhaiter» un procès équitable, pour les infortunés intéressés. Il aurait «insisté» pour que ce soit le cas. Ou, à tout le moins, l'aurait «recommandé».

Mais non. Sans doute est-ce le charme de la «diplomatie économique» si chère à Laurent Fabius. Les 500 entreprises françaises (dont les géants Dassault, Thales et Snecma) qui sont engagées dans le programme Rafale emploient plus de 7000 personnes.

26/02/2015

Un goût douteux

Femmes, InstitutionsC'est le magazine féminin "Causette" qui a repéré la faute de goût, sur la boutique en ligne de l'Assemblée nationale – mais oui, cela existe: on y vend notamment des besaces ou des trousses de toilette affublées d'une cocarde tricolore, des boutons de manchette à emblèmes, des badges ou des briquets clamant fièrement «Pour», «Contre», «Oui» ou «Non», des porte-clés en plexi à l'effigie de Marianne, etc.

Dans cette boutique, donc, dernièrement, est apparu un nouvel article. Un tablier de cuisine. Vendu 24€. Illustré par la photo d'une femme l'arborant. Et baptisé «tablier Olympe de Gouges». En référence à la grande révolutionnaire française (1748-1793), rédactrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, et qui mourut sur l'échafaud.

Voilà donc une Assemblée législative encore majoritairement composée d'hommes, qui, via sa boutique, de manière subliminale, renvoyait les femmes aux fourneaux. Tout en se référant à celle qui fut une icône du féminisme avant l'heure. Et ce, alors qu'approche la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars.

L'affaire a évidemment fait grincer des dents, sur les réseaux sociaux notamment. Du coup, peu après le buzz lancé par "Causette", le fameux tablier de cuisine a été retiré de la boutique. Désormais, quand on fait un copier-coller de l'adresse qui conduisait à cet article, s'affiche le message «Erreur. Désolé, mais le produit que vous avez demandé n'a pas été trouvé».

Un autre message d'«erreur», s'excusant pour cette initiative commerciale si discutable, n'aurait sans doute pas été de trop.

Encore bravo.

25/02/2015

Un (autre) contraste, frappant

Pas de queues interminables de gens patientant devant les kiosques. Pas d'engueulades voire d'empoignades chez les marchands de journaux. Pas d'affichettes y avertissant la clientèle que le produit est d'ores et déjà épuisé. Pas de longues listes d'amateurs ayant pris la précaution, dès avant sa sortie, de le réserver.

A nouveau un contraste frappant ce matin, par rapport au mois dernier, dans notre quartier du onzième arrondissement endeuillé par la tuerie à "Charlie Hebdo". S'agissant, cette fois, de la sortie d'un nouvel exemplaire de ce magazine, ce mercredi. Cette parution n'a nullement suscité d'hystérie collective.

D'après les coups de sonde qu'on a rapidement effectués dans différents points de vente des environs, ce "Charlie" qui suit le mémorable «Numéro des survivants» s'est vendu honnêtement, sans plus. «C'est loin d'être la folie de la mi-janvier», constatait, ainsi, notre kiosquier. Qui n'était pas loin de se demander si la direction de l'hebdo n'avait pas visé un peu trop haut, avec le tirage de ce nouveau numéro – 2, 5 millions d'exemplaires, ce qui est loin des 8 millions vendus le mois dernier, mais n'est tout de même pas rien. «Si ça tombe, on va se retrouver avec des tas d'invendus sur les bras...», maugréait-il, déjà.

On verra cela.

24/02/2015

Un contraste, frappant

Paris, Sécurité, Police, Armée, Terrorisme, Personnalités, HollandeFrançois Hollande hier soir, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France. Le chef de l'Etat a () renouvelé son soutien ainsi que celui de toute la nation à la communauté juive. Et il a assuré que les autorités ne baisseraient pas la garde face à la menace terroriste visant le pays en général et cette communauté en particulier.

C'est sans doute le moins que l'on puisse faire et dire. A fortiori alors que, ce week-end, dans une vidéo, les islamistes radicaux des Shebabs somaliens ont appelé à frapper des grands centres commerciaux dont notamment, à Paris, le Forum des Halles et Les Quatre Temps (La Défense).

Juste, cet engagement sécuritaire présidentiel paraît un peu décalé, vu depuis notre onzième arrondissement parisien. En effet, depuis ce même lundi où François Hollande a tenté de rassurer la communauté israélite, le plus grand centre culturel juif du onzième se retrouve... sans le moindre dispositif de protection.

Situé dans une allée parallèle au Boulevard Richard Lenoir, il faisait l'objet d'une surveillance très étroite, depuis les attentats. Une armada de militaires armés jusqu'aux dents étaient postés à ses entrées et patrouillaient sans relâche, nuit et jour, devant ses vingt mètres de façade. Mais, depuis lundi matin, plus rien. Il n'y a plus âme sécuritaire qui vive, devant ces installations. Plus le moindre policier, militaire ou gendarme n'y est en faction.

Curieux.

23/02/2015

Un «saccage», pour la quatrième fois

Cela s'était déjà produit trois fois, paraît-il. Et cela a de nouveau eu lieu en fin de semaine. Place de la République, le mémorial en hommage aux victimes des attentats de janvier a une nouvelle fois été vandalisé.

Des inconnus ont démantelé des couronnes de fleurs, déchiré des dessins, dispersé des bougies, jeté des crayons à terre. «Un véritable saccage», selon le collectif de voisins qui, à la mi-janvier, s'est constitué de manière improvisée, pour entretenir les lieux.

Depuis, ses membres sont partagés entre la stupeur et la colère. «Pourquoi?», interrogent-ils. «Pourquoi détruire ce symbole de paix, en hommage à nos victimes?» Selon eux, «ce n’est pas le vent qui a fait ça, ce n’est pas la pluie, puisque même les objets et les messages (qui étaient) abrités ont été vandalisés. Les autres fois, nous avons réparé les dégâts sans rien dire, mais là, c’est trop. Il ne faut pas laisser faire ce saccage!» Plainte a donc été déposée au commissariat du troisième arrondissement.

Cet incident survient alors que, mercredi, "Charlie Hebdo" sort un nouveau numéro – dont la rédaction dévoile la couverture, ce lundi.

20/02/2015

«Un ressenti» sans doute différent

Transports, Métro, Paris, BanlieuesSept milliards d'euros. C'est ce le montant – pas mince – que les pouvoirs publics investiront dans les transports en commun de Paris et de sa banlieue, ces prochaines années. Ainsi en ont décidé, l'autre jour, les élus de la Région parisienne. 217 rames Alstom à commander pour le métro. De nouvelles rames prévues également pour les trains de banlieue. Un matériel roulant qui, au global, dans la région, sera renouvelé à 60% d'ici à 2016, et à 100% à l'horizon 2020. Le programme a de quoi faire saliver l'usager moyen.

A qui il convient sans doute de faire miroiter monts et merveilles, vu la la galère qu'il n'endure pas rarement, en ce moment. Mardi, ce blog a évoqué la méga-pagaille de la fin janvier, dans le RER A. Cette semaine encore, ce ne sont pas moins d'une centaine de trains qui ont dû être annulés en pleine heure de pointe, sur le réseau reliant à la gare de l'Est (à cause d'un obus datant de la dernière guerre, retrouvé à proximité de la gare de Noisy Le Sec).

Au-delà de ces galères ponctuelles d'anthologie, qu'en est-il, au quotidien, de la ponctualité dans les transports publics parisiens? Selon le bilan chiffré de 2014, toutes les lignes de métro ont été «au-dessus de l’objectif contractuel» de rentabilité qui leur était assigné. C'est largement dû au fait que, ces dernières années, une bonne part du matériel roulant y a été renouvelé – on s'en réjouit chaque fois que l'on prend la ligne 4, dont les antiques rames ont enfin été remplacées. Concernant le RER, le bilan est plus mitigé. Sur la ligne A, «l'amélioration reste en dessous de l’objectif» (94%, contre les 85% atteints). Cela va un peu mieux sur la B (88%), se dégrade sur la C (89%), et la D (87%) connaît une situation «critique, mais en progrès».

Transports, Métro, Paris, BanlieuesCes jours-ci, cela dit, les autorités régionales n'en ont pas trop fait, dans leur com' relative à ces chiffres plutôt corrects. Sans doute craignaient-elles que des communiqués autosatisfaits paraissent très décalés par rapport à ce que, ces derniers temps, les usagers ont enduré. Le président de la Région (le socialiste Jean-Paul Huchon) l'a d'ailleurs lui-même admis: ces données peuvent «ne pas forcément toujours correspondre au ressenti quotidien de l'usager».

C'est sans doute le moins que l'on puisse dire.

19/02/2015

Un certain relâchement (suite)

On se détend, dans notre quartier du onzième arrondissement. On se détend, en termes sécuritaires. Six semaines après l'attentat contre "Charlie Hebdo".

Ce relâchement était déjà perceptible (relire ici ou ), ces dernières semaines. Mais là, il devient tangible y compris dans et aux abords de l'immeuble de bureau du boulevard Richard Lenoir – situé à deux pas de la tuerie –, où est établie la rédaction parisienne de "La Libre".

On l'avait écrit, à l'époque (): depuis début janvier, cet immeuble est sous étroite surveillance policière. Car certains de ses occupants sont considérés comme des cibles potentielles, pour d'éventuels actes terroristes – et cela ne concerne évidemment pas les journalistes de la presse étrangère qui y travaillent, même si n'a pas dû détendre l'atmosphère sécuritaire le fait que, au moment où la tension était à son comble, des menaces de mort, très explicites, aient été adressées à l'un d'eux. Depuis six semaines, donc, des hommes en armes étaient stationnés à longueur de journées et de nuits dans l'enceinte de cette copropriété. Un gros combi de gendarmerie stationnait en permanence devant ses entrées. Et des agents, sur les dents, faisaient les cent pas sur le trottoir du boulevard.

Mais, cette semaine, le dispositif de sécurité s'est allégé. Dans la cour de l'immeuble, les pandores sont désormais beaucoup moins visibles. Le gros combi stationné sur le boulevard a été remplacé par une petite Kangoo de la gendarmerie. Et seuls dorénavant deux ou trois agents assurent la sécurisation des entrées de l'édifice, mais ils passent moins leurs journées à scruter les allées et venues qu'à tenter de se réchauffer, dans leur minuscule véhicule.

On se détend, donc. Sans doute était-il temps.

18/02/2015

Un pataquès, divertissant

Gouvernement, Communication, Parlement, EconomieGros bug de com', décidément, commis hier par le cabinet du ministre Emmanuel Macron. Si par extraordinaire vous n'en aviez pas entendu parler – l'affaire a fait beaucoup jaser, pendant toute la journée.

Au moment même où, à l'Assemblée nationale, Manuel Valls constatait qu'il n'avait pas de majorité pour voter la grande loi de son ministre de l'Economie, le cabinet de celui-ci envoyait un communiqué de presse à toutes les rédactions, communiqué... se félicitant du vote de ce texte. «Emmanuel Macron salue la qualité et l’intensité du travail parlementaire qui a permis l’adoption du projet de loi», se réjouissait-il.

Ce cocorico si prématuré, factuellement erroné, et politiquement très déplacé est parvenu vers 10h50, dans les boîtes électroniques des journalistes. Il a tout de même fallu plus d'1/2 heure pour que, à Bercy, quelqu'un se rende compte de la bévue, et corrige le tir. Un communiqué «RECTIFICATIF» est parvenu vers 11h30 aux rédactions.

On imagine l'énervement du ministre, l'engueulade qu'il a dû prendre de la part du chef du gouvernement, et, par conséquent, le savon monumental qui été passé à la petite main qui, au service de com' de Bercy, a malencontreusement envoyé cette communication ministérielle intempestive à tous les médias de France.

Tous nos remerciements à l'intéressé(e), néanmoins. Pour ce pataquès de com' qui fut l'unique moment de divertissement d'une journée très laborieuse.

17/02/2015

Un temps de réflexion

Dix-huit mois de prison, dont neuf mois ferme. Hier, c'est la condamnation qui a été infligée à l'homme à l'origine d'une grève qui, fin janvier, plongea pas moins d'un million d'habitants de Paris et de sa région dans une galère mémorable.

Usager du RER A, énervé par un incident, il avait asséné un très violent coup de boule à un contrôleur, qui en avait eu le nez cassé. Aussitôt, l'ensemble des agents de la ligne avaient exercé leur droit de retrait, ce qui avait entraîné l'arrêt total de la circulation de ce RER – la ligne périurbaine la plus fréquentée d'Europe – , pendant 24 heures.

«Je suis désolé pour le monsieur, et je suis désolé pour tout le monde», a bredouillé l'homme, à l'audience du tribunal correctionnel. «Je n'explique pas mon geste, et je le regrette. Je ne comprends pas ce qui s'est passé».

Au trou, il n'aura que cela à faire, donc il a neuf mois devant lui pour y réfléchir.

16/02/2015

Un réflexe, immédiat

Paris, Terrorisme, InternationalChangement saisissant ce week-end, dans le quartier. Il a été perceptible dès dimanche matin. Et n'a fait que s'amplifier, tout au long de la journée.

Le retour des gens, rue Nicolas Appert. La reprise du défilé incessant, devant l'ancien siège de «Charlie Hebdo». Les bouquets de fleurs et les crayons que l'on dépose, les dessins et mots de sympathie que l'on affiche, les bougies qu'on allume, les moments émus de recueillement.

Ces dernières semaines, les Parisiens avaient progressivement cessé de s'attrouper en masse et à longueur de journées à cet endroit du onzième arrondissement qui, comme la place de la République, est devenu le symbole de la dramatique actualité de janvier. Ce quartier avait repris une vie plus ou moins normale. Mais, dès que l'information à propos des attentats de Copenhague a été donnée, le mouvement a redémarré, le réflexe a été immédiat: nombre de Parisiens ont repris le chemin de la rue Appert.

Comme pour montrer que, non, ils n'avaient pas oublié, mais étaient toujours mobilisés. Ainsi qu'il l'avaient été lors de ce mémorable week-end du 11 janvier, qui vit quelque 4 millions de Français manifester.

13/02/2015

Une volée de bois vert

Parlons de cette actualité survenue hier en fin de journée, puisque les médias français, eux, l'ont globalement peu évoquée. Une discrétion que l'on trouve assez malsaine, tant elle risque de donner l'image d'une omerta corporatiste.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) adresse en moyenne une quarantaine de remontrances par an aux radios et aux télés. Mais là hier, en un seul coup, il a carrément mis en demeure (ici) une vingtaine de ces médias. Une telle volée collective de bois vert, c'est sans précédent.

En cause, la manière dont ces radios et télés ont couvert l'actualité des attentats du mois de janvier. Le «gendarme de l'audiovisuel» estime que, dans le feu de l'action, elles n'ont pas peu dérapé.

Il a relevé précisément «36 manquements, dont 15 ont donné lieu à mise en garde et 21, plus graves, ont justifié des mises en demeure». Sont rappelées à l'ordre aussi bien des radios que des télés, et autant des chaînes publiques que des chaînes privées. Ce qu'elles se voient reprocher? «Manque de mesure», «maîtrise de l’antenne» très perfectible, diffusion d'«allégations inexactes», «atteinte au respect de la dignité de la personne humaine», non respect de «la nécessaire conciliation entre la sauvegarde de l’ordre public et le respect de la liberté de communication», révélation d'informations susceptibles de mettre en danger la vie d'autrui, et on en passe. En conséquence de quoi, hier, ces médias ont été mis en demeure de ne pas réitérer de tels manquements à leurs obligations.

Ils s'en tirent à bon compte. En effet, rien que s'agissant de la mise en danger de la vie d'autrui, si l'on voulait faire du juridisme étroit, les responsables de ces radios et télés pourraient être passibles de poursuites et de sanctions judiciaires – l'article 223-1 du Code pénal punissant la chose d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende.

Encore bravo.

12/02/2015

Une sécurité globale moyenne

Paris, International, Sécurité, SantéPuisqu'on évoquait la police hier, cette étude comparative internationale qu'a publiée le magazine britannique «The Economist», dernièrement. Elle est consacrée à la sécurité dans cinquante grandes villes. Dans ce classement des métropoles les plus sûres au monde, Paris ne figure qu'en 23e position – juste derrière Bruxelles.

Plusieurs paramètres ont été pris en compte, pour départager toutes ces cités. Ils embrassent des secteurs aussi divers que la sécurité bien sûr (taux de criminalité), mais aussi la santé (qualité des soins de santé et de l'environnement), les infrastructures (qualité des transports ou des routes), et même le numérique (cyberprotection et respect de la vie privée).

C'est dans l'item relatif à la sécurité sanitaire que Paris se distingue: elle apparaît comme la cinquième ville la plus sûre au monde. C'est dû au fait que cet indicateur prend notamment en compte des critères comme le nombre de lits d'hôpital par rapport à la population de la ville, l'espérance de vie de ses habitants, etc. Il n'empêche, ce bon classement a un côté un peu paradoxal. C'est comme si les auteurs de l'étude n'avaient jamais entendu parler du problème chronique de pollution atmosphérique – avec toutes ses conséquences sanitaires – qui empeste cette capitale.

11/02/2015

Une popularité, mais pas partout

C'est un fameux changement, dans un pays où il a toujours été de bon ton, dans une large part de l'opinion, de critiquer et de dénigrer les forces de l'ordre – le pays, aussi, où a été créé le slogan «CRS SS». Depuis les événements dramatiques du mois de janvier, les Français en pincent pour la police. A en croire un sondage publié hier, ils sont 84% à avoir une bonne opinion d'elle, un score en forte progression. Les policiers sont jugés courageux, défenseurs des valeurs républicaines, efficaces, motivés et respectueux. Près d'un Français sur deux encouragerait même son enfant à devenir policier.

Ces résultats sont conformes avec ce qu'on peut observer dans les rues, depuis le 7 janvier. A longueur de journées, les policiers, gendarmes et militaires qui y sont déployés ne cessent d'être félicités et encouragés, par les passants. Ces chiffres contrastent, toutefois, avec l'image donnée par l'énième gros scandale en date qui, à Paris, vient à nouveau d'éclabousser la police judiciaire.

Il n'empêche, depuis que ce sondage est sorti, commentateurs et éditorialistes – de médias de droite, surtout – ne cessent de s'extasier sur ses résultats. Ce mercredi encore, dans une matinale télé, on a entendu le terme «révolution culturelle» cité, pour caractériser cette modification du rapport entre les Français et leurs policiers.

Au risque de casser l'ambiance, signalons juste, au passage, une autre actualité qui, elle, est complètement ignorée par ces mêmes médias.

A savoir, la tenue ce samedi, à Montreuil (banlieue proche de Paris), d'une grande «Marche contre les violences policières». Elle est co-organisée par les proches du jeune Geoffrey: un lycéen de cette ville qui, en octobre 2010, alors qu'il participait au blocage de son école (dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites), s'était pris un tir de de flashball en pleine face. Il en a perdu l'usage d'un oeil. Dans leur appel à manifester, les organisateurs évoquent notamment la mort de Rémi Fraisse: le jeune écologiste qui avait péri dans le Tarn en décembre dernier, touché par une grenade offensive lancée par un gendarme mobile.

C'est évidemment un rappel qui fâche...

10/02/2015

Un appel à la coexistence

Art, Culture, Paris, BanlieuesC'est l'oeuvre de street art que tout le monde cherche en ce moment, sur les murs de Paris. Elle représente un homme en djellabah, avec, à ses côtés, le mot "coexist". La lettre C de ce terme est formée par un croissant musulman, le X et le T étant respectivement constitués par une étoile de David et une croix chrétienne.

L'auteur de cette inscription est un artiste dénommé Combo, Français né d’un père libanais chrétien et d’une mère marocaine musulmane. La semaine dernière, à Paris, il s'est fait ruer de coups alors qu'il apposait cette oeuvre sur un mur.

Cela a suffi pour donner un retentissement énorme à son "coexist". Qui, ce week-end, a même fait l'objet d'un happening artistique, co-organisé par l'Institut du Monde arabe. Cinq cents affiches reproduisant l'illustration y ont été distribuées, puis ont été collées un peu partout. Dans les rues de Paris, mais aussi sur les murs de quartiers de banlieue où, précisément, la coexistence pacifique entre les différentes communautés n'est pas toujours évidente, au quotidien.

Assez curieusement, on n'a pas encore aperçu la chose, depuis ce week-end, sur les murs de notre quartier du onzième arrondissement pourtant si ébranlé par la violence haineuse, en janvier. Mais sans doute cela ne devrait-il plus tarder.

 

PS: Dans un autre registre, un homme a été interpellé puis placé en garde vue à Paris hier soir, pour avoir tagué le mot "Juif" sur une vingtaine de véhicules garés dans le seizième arrondissement, quartier où réside une importante communauté juive.

09/02/2015

Une campagne qui tombe mal

Sportifs de haut niveau, comédiens, personnalités du monde de la mode, vedettes du show-bizz en tout genre: de nombreux people français figurent dans la liste des évadés fiscaux qu'ont mise au jour, hier soir, les révélations sur le scandale «SwissLeaks» – le gigantesque mécanisme international de fraude fiscale, au départ de la filiale suisse de la banque HSBC. Parmi ces stars hexagonales ayant succombé aux sirènes de l'évasion fiscale, une qui tombe particulièrement mal: Gad Elmaleh, le comédien et humoriste, par ailleurs si en cour en principauté de Monaco.

Soit donc le même homme qu'on voit, depuis des mois, dans des spots de pub en faveur... d'une banque française: LCL-Crédit lyonnais. Des spots sur le thème de la banque rêvée, de la banque idéale, etc.

Gad Elmaleh aurait, depuis, régularisé sa situation envers le fisc. Grand bien lui fasse. Il n'empêche, on est curieux de voir si, maintenant que «SwissLeaks» a jeté son nom en pâture à l'opinion, ces spots de pub vont continuer à tourner, à la télé ou au ciné. Ou si, au contraire, LCL va préférer mettre discrètement la campagne en veilleuse. A fortiori que cet établissement lui-même, vu le si sulfureux passé qui est le sien, a, pareillement, pas mal de choses à se faire pardonner, en matière d'éthique et de moralité.