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31/03/2015

Une absence (pour le moment)

Pas un seul. Dimanche, en région parisienne, le Front national n'a pas réussi à faire élire un seul conseiller départemental. Pourtant, c'est peu dire qu'en banlieue de Paris, ne sont pas absents les thèmes sur lesquels le FN prospère, électoralement: la précarité, le chômage, le déclassement social, les tensions intercommunautaires, l'insécurité, etc. Mais, autant au premier tour, dans nombre de cantons de la petite ou de la grande couronne parisienne, les candidats lepénistes n'ont pas rarement atteint les 30% des voix, voire ont frisé ou même dépassé les 40%, autant aucun n'a réussi à s'imposer au second tour.

C'est dû pour partie à la stratégie d'isolement choisie par le Front. Au premier tour, elle est très rentable pour lui. En effet, elle lui permet de ratisser tous les mécontents, en mettant la droite et la gauche (l'«UMPS») dans le même sac d'incompétence connivente – «les copains et les coquins», répète en boucle Jean-Marie Le Pen, depuis des décennies. Mais au second tour, sans le moindre allié à ses côtés, il est extrêmement difficile de dépasser la barre fatidique des 50%, et donc de s'imposer.

Cela dit, cette absence d'élus FN parisiens est due aussi, et pas marginalement, aux particularités du mode de scrutin départemental, pénalisantes pour les partis qui sont dans la configuration du FN. Aux élections régionales de décembre, en revanche, ce sera autre chose. En effet, il s'agira là d'un mode de scrutin très différent (forte dose de proportionnelle, prime octroyée au parti arrivé en tête, etc.). Dès lors, il serait très étonnant – et même a priori assez improbable – que, dans ce cadre-là, le Front ne parvienne pas à faire élire de candidats, à Paris et dans sa banlieue.

Ce n'est donc sans doute plus qu'une question de mois. Avant que la Région parisienne, à son tour, se mette à l'unisson d'un pays qui, un scrutin après l'autre, voit grandir le nombre d'élus d'extrême droite.

30/03/2015

Une maigre consolation

Elections départementales, Banlieues, Gouvernement Puisqu'on évoquait ce double enjeu à la veille du week-end-électoral, signaler la chose, au lendemain de l'issue du scrutin départemental. En région parisienne, la gauche a donc réussi à sauver les deux départements dont le basculement à droite aurait été très emblématique, voire historique. Le Parti communiste conserve le Val de Marne, et les socialistes la Seine-Saint-Denis. Mais ce fut chaque fois avec une avance assez courte (de 3 cantons) sur la droite.

Surtout, ce doublé parisien ne cache nullement la bérézina que le PS et ses alliés ont subie à l'échelle du pays. Ils ont perdu près de la moité des départements qu'ils contrôlaient. Comme le résumait d'une manière éclairante un éditorialiste, ce matin: «François Hollande a perdu davantage de départements en un quinquennat que François Mitterrand en deux septennats».

Pour autant, Manuel Valls a dit et répété, hier soir, que rien, ou pas grand-chose, ne changera. En vertu de la grande règle politico-footballistique: «On ne change pas une équipe qui perd».

L'électorat appréciera. Ou pas – au prochain scrutin, on verra cela.

27/03/2015

Un dernier vestige en jeu

Ce week-end, en région parisienne, ce sera un des enjeux du second tour des élections départementales. Le maintien ou, au contraire, l'écroulement du dernier pan de ce qui, pendant près d'un siècle, a été un monument de la carte politique française: la «ceinture rouge» de Paris.

Ainsi que l'on dénommait les collectivités territoriales de la banlieue de la «Ville lumière» gérées par le Parti communiste. Cette «ceinture rouge» – expression née dès les années 1920 – a connu son apogée à la fin des années 1970. A l'époque, le PCF était à la tête de plus d'une centaine de villes de la petite et grande couronnes parisiennes. Cette «banlieue rouge» a commencé à s'effriter au début des années 80. Les élections municipales de l'an dernier ont consacré son basculement à droite. D'innombrables villes depuis très longtemps communistes ont été perdues par la gauche (Aulnay-sous-Bois, Bobigny, Saint-Ouen, Bagnolet, Le Blanc-Mesnil, Villepinte, etc.). Au fil des décennies, donc, la «ceinture rouge» d'antan est devenue «ceinture bleue». Et ce dimanche verra peut-être s'accomplir l'ultime étape de ce processus.

En effet, le dernier département de banlieue encore géré par les communistes, le Val de Marne, pourrait, à son tour, tomber à droite. Depuis sa création, en 1968, il a toujours été géré par le PCF (hormis pendant six ans, dans les années 70). Georges Marchais a été le député de ce département pendant un quart de siècle. Dimanche, à en croire les dernières estimations, le combat gauche-droite y sera extrêmement serré.

Un autre enjeu intéressant, cela dit, concernera tout autant la banlieue parisienne: la Seine-Saint-Denis. Outre que la gauche peut tout au plus espérer la conserver de justesse, c'est le département du pays où on a le moins voté, dimanche dernier. Quelque 63% des électeurs ont boudé le scrutin. Or, dans cette même Seine-Saint-Denis, à l'élection présidentielle de 2012, François Hollande avait réalisé son plus beau score métropolitain de second tour (65,3%), face à Nicolas Sarkozy. Qu'en reste-t-il, après trois ans? Un contraste frappant, qui en dit sans doute long sur un certain désenchantement.

26/03/2015

Une obligation, surveillée de près

Elections départementales, Audiovisuel, MédiasDernière ligne droite, pour la campagne électorale. Et elle donne parfois lieu à des petites choses un peu comiques, dans les médias.

Ainsi, la diffusion, en radio ou en télé, de telle ou telle séquence, mettant en scène telle ou telle personnalité politique, mais séquence dont l'intérêt informatif ne saute pas immédiatement aux yeux. Ou même carrément l'annonce à l'antenne – on l'a encore entendu hier matin, sur une radio – de la nécessité de passer quelques secondes d'un son de tel ou tel élu, candidat ou responsable politique, pour «respecter parfaitement les obligations» imposées à ce média.

Ces contraintes ont trait à l'équité des temps de parole et d'antenne qui sont octroyés aux formations politiques en lice aux élections. Quotidiennement, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) procède à un relevé extrêmement minutieux, à la minute près, de ces temps de parole et d'antenne. Il adresse ensuite ses relevés aux médias concernés, et leur demande de corriger le tir, si besoin. A la clôture de la campagne, les comptes sont faits, et les médias qui n'ont pas été équitables sont rappelés à l'ordre. D'où, dans les dernières heures de la campagne, les tentatives de toutes les radios et télés de se mettre in extremis en conformité avec leurs obligations. Quitte à devoir diffuser des séquences pas très intéressantes, sur le fond – qu'elles relatent des anecdotes, ou donnent la parole à des intervenants mineurs.

Dans sa dernière analyse en date (là), le «gendarme de l'audiovisuel» se félicite: «Les déséquilibres constatés lors des relevés intermédiaires ont pour la plupart été corrigés». Sans doute lui-même conscient de la lourdeur de la tâche qu'il impose aux médias, il «salue l’implication des radios et des télévisions, en particulier des chaînes d’information en continu, de la plupart des antennes locales du service public ainsi que de nombreuses télévisions locales hertziennes», dans l'application de ces contraintes.

Voilà un compliment qui, en tout cas, tranche avec le ton, très sec, des remontrances que ce même CSA, le mois dernier, avait adressées aux médias, relatives à leur couverture des attentats.

25/03/2015

Une mise entre parenthèses

C'était très prévisible et c'est parfaitement légitime, mais cela n'en reste pas moins spectaculaire, comme impact. La catastrophe aérienne d'hier matin, dans les Alpes, a eu pour effet de mettre complètement entre parenthèses la fin de la campagne électorale pour les élections départementales – dont le second tour a lieu dimanche. Seule l'une ou l'autre petite phrase assez misérable, de tel ou tel, ont bien tenté de poursuivre dans le registre politicien, mais elles n'ont suscité qu'une désapprobation assez générale.

Le drame a même complètement éclipsé les tractations de dernière minute d'hier après-midi. Lorsque, à 16 heures au plus tard, les candidats ayant franchi le premier tour ont dû confirmer leur candidature pour le second tour ou, au contraire, opter pour le retrait, le désistement et/ou l'appel à voter. En temps normal, ces petits arrangements auraient passionné les médias. Là, ils y ont peu fait écho.

Il est vrai qu'une catastrophe d'une telle ampleur, qui plus est si mystérieusement inexpliquée – dans un pays où un avion Airbus décolle toutes les deux minutes, entendait-on sur une radio, ce matin –, cela relativise immédiatement l'importance de tout le reste.

Le débat de cette fin de campagne, au demeurant, était devenu inintéressant au possible. Résumé, en gros, à des attaques ad hominem, au ras des pâquerettes: untel traité d'«excité de service», un autre invité à «se reprendre tranquillement, sans être nerveux», un troisième prié de «rentrer (se calmer) chez lui et s'enfermer à double tour». Au vu de la manière dont cette campagne avait évolué, dans sa dernière ligne droite, sa subite mise entre parenthèses ne privera sans doute pas l'électeur de grand-chose.

24/03/2015

Une amélioration, paraît-il

transports,paris,banlieues,métro,art de vivreC'est supposé être la bonne nouvelle de la semaine: les incivilités sont en diminution, dans les transports publics parisiens. Du moins, s'il faut en croire le dernier rapport en date que réalise chaque année la RATP sur ce sujet, et qui a été publié hier. «Le nombre de voyageurs ayant constaté des incivilités au cours du derniers mois a diminué de 2 points», se réjouit-il.

Mais, car on ne vit pas dans le monde des Bisounours, ce rapport lui-même relativise d'emblée ce léger progrès. Et triplement.

D'abord, ce chiffre en régression du nombre d'incivilités constatées demeure à un niveau très élevé: 95%, contre 97%. Seuls 5% des usagers des transports parisiens n'y ont donc pas croisé, ces derniers mois, de malotrus qui hurlent au téléphone, pénètrent dans les rames avant que les gens aient eu le temps d'en sortir, ou gênent le cheminement dans les escalators en y stationnant n'importe comment. Ensuite, «bien que les incivilités diminuent, la gêne reste importante. 85% des voyageurs se déclarent toujours extrêmement ou vraiment gênés par les incivilités rencontrées. Ce chiffre demeure stable sur quatre ans». Enfin, l'incivilité la plus fréquente et qui est jugée la plus incommodante, elle, a progressé. Il s'agit de l'usage du portable à un niveau sonore intempestif. Ce comportement a été infligé à 82% des voyageurs (+9%). au moins une fois au cours du dernier mois.

transports,paris,banlieues,métro,art de vivreBref, c'est peu dire qu'il y a encore du progrès à faire en matière d'art de vivre et de respect de l'autre, dans les transports en commun de la «Ville lumière» et de sa banlieue. Mais certainement aucun usager régulier de ces transports n'en doutait-il, avant la publication des résultats de cette étude annuelle et de cette note de blog.

23/03/2015

Une rare illisibilité

Une déclaration vraiment curieuse de Ségolène Royal, ce week-end. A propos de sa décision de mettre en place, ce lundi, la circulation automobile alternée à Paris et dans 22 communes limitrophes, pour cause de pollution atmosphérique. Ce n'est même pas sur le fond du débat que la ministre de l'Ecologie a tenu des propos surréalistes – libre à elle de traîner les pieds dans la mise en place d'une telle restriction –, mais dans la manière dont elle a communiqué sur sa décision.

«Je veux remercier toutes celles et ceux qui vont faire l'effort de ne pas prendre leur véhicule», a-t-elle dit. Visiblement très embarrassée qu'un tel effort soit demandé aux automobilistes conduisant des véhicules immatriculés pair – interdits de circulation aujourd'hui, en région parisienne.

Voilà un mode étrange de gouvernance.

Car, de deux choses l'une. Le gouvernement aurait très bien pu simplement recommander aux Français qui sont disposés à le faire de ne pas circuler ce jour-là. Dans ce cas, il aurait été parfaitement fondé à «remercier» par avance celles et ceux qui optent pour un comportement allant dans le sens de son souhait. Mais, ici, il ne s'agit pas de cela. Qu'on soit pour ou contre la circulation alternée, c'est une décision qui est prise par les autorités, qui est supposée s'imposer aux publics concernés, et dont le non-respect est d'ailleurs passible d'amendes. Théoriquement, donc, il n'est pas question ici de faire l'effort ou le choix de respecter ou non cette décision, puisque c'est une règle qui est édictée. Mais non. On a une ministre qui en vient presque à implorer qu'on respecte la décision qu'elle-même prend. Une ministre qui, ce faisant, assimile implicitement le respect de la règle à de la simple bonne volonté. A de la mansuétude, en somme.

C'est un peu comme si un ministre de l'Intérieur remerciait les automobilistes de faire «l'effort» de respecter les limitations de vitesse. Comme si, le samedi soir, le grand patron de la Police nationale, gêné, apparaissait à la télé pour «remercier» ceux qui s'apprêtent à sortir en boîte de nuit de faire «l'effort» de ne pas reprendre le volant ivres morts, au petit matin.

Ségolène Royal a une telle hantise d'être assimilée à «l'écologie punitive» – notion qu'elle abhorre –, qu'elle en vient à avoir une communication politique qui ôte toute lisibilité à ses propres décisions, et qui probablement va atténuer leur impact.

Encore bravo.

20/03/2015

Une tentative sans doute vaine

Communication, Gouvernement, Elections départementales Les Français votent dimanche, ainsi que dimanche prochain. Les Français, mais – pour des raisons institutionnelles dont on vous fait grâce – pas les Parisiens, pas les Lyonnais, ni d'ailleurs les Martiniquais et les Guyanais. Tous les autres Français votent pour renouveler leurs assemblées départementales. Enfin, tous les autres Français... ceux qui le veulent bien. Et ils risquent d'être très peu nombreux. Une fois de plus, l'on s'attend à des records d'abstention.

Aussi, ces derniers temps, le gouvernement a tenté un peu tout et n'importe quoi pour donner aux électeurs potentiels l'appétit de voter.

Samedi dernier, dans la soirée, le compte twitter du ministère de l’Intérieur a profité de la diffusion du télé-crochet «The Voice» pour publier un message d’appel aux urnes parodiant ce programme. «Il y a ceux qui donnent de la voix et ceux qui peuvent au moins la faire entendre. La plus belle voix, c'est forcément la vôtre», disait-il. Précédemment, la communication gouvernementale avait déjà saisi une autre accroche d'actualité décalée: le «Mondial du tatouage», qui battait son plein à Paris. Un message officiel avait alors été lancé, sous la forme d'une photo de biceps tatoué des mots «Oui je vote»: l'intitulé du site web gouvernemental dédié à ce scrutin.

Pourquoi pas. Ces gadgets de com' électorale ne peuvent sans doute pas faire de mal. Et peut-être auront-ils fait sourire l'un ou l'autre électeur. De là à motiver des abstentionnistes à aller voter, c'est déjà beaucoup plus illusoire.

19/03/2015

Une première place mondiale

Cela tombe bien – ou mal, c'est selon. Puisque, pas plus tard que lundi, ce blog évoquait la question de la qualité de la vie à Paris, à l'aune notamment de la pollution qui affecte cette ville. Ne passons donc pas sous silence ce triste record mondial qu'aurait battu la «Ville lumière», hier.

Pendant quelques heures, la capitale française aurait carrément été... la ville la plus polluée du monde (voir ). Plus polluée encore que Shangai, Londres, New Delhi, Pékin, Hong Kong ou Los Angeles.

Les autorités ont d'ailleurs envisagé d'imposer la circulation automobile alternée, pour ce jeudi. Mais elles ont fini par y renoncer. En effet, depuis, la situation atmosphérique s'est un peu améliorée (voire ici ou ). Même elle reste évidemment mauvaise. Et un nouvel épisode de pollution est d'ores et déjà annoncé (là) pour demain vendredi.

Quelle belle et saine semaine, décidément, pour les 2 millions de Parisiens. Sans oublier, bien sûr, les 8 millions d'habitants de la banlieue.

18/03/2015

Un match au sommet

Paris, Environnement, Patrimoine, Sports, GouvernementC'est un dossier urbanistique dont on parle depuis plus de cinq ans, qui n'a jamais abouti depuis, mais qui va sans doute tourner à la grosse polémique de l'année 2015, dans la capitale. Dès ce samedi, d'ailleurs, il donnera lieu à une manifestation. Et certains, au sein de l'UMP sarkozyste, en sont déjà à imaginer qu'il pourrait conduire à la création, en plein Paris, d'une «Zone à défendre» (ZAD). Mais oui: un campement d'activistes occupant en permanence le site, pour éviter que le chantier y soit mené à bien. Comme ce fut le cas, en province, pour les projets de l'aéroport de Notre-Dame des Landes ou du barrage de Sivens.

Ce projet, c'est l'agrandissement de Roland Garros. Depuis des années, la Fédération française de tennis rêve (ici) de redimensionner ce célèbre site, situé en bordure du Bois de Boulogne. Son méga projet (350 millions d'euros de budget) se ferait au détriment d'un joyau patrimonial et naturel de la capitale: le jardin botanique et les serres d’Auteuil, qui datent de la fin du XIXe siècle (voir ).

Ce dossier donne lieu à un bras de fer, au sommet de l'Etat. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, n'y est notoirement pas favorable. Elle pousse autant qu'elle peut une proposition alternative, moins dévastatrice pour le patrimoine. Elle consisterait notamment à construire les nouveaux courts de tennis en surplomb de l'autoroute A13 contiguë, qui serait donc en partie recouverte pour l'occasion. Mais la ministre a été spectaculairement désavouée par Manuel Valls lui-même. Dernièrement, le Premier ministre l'a martelé: «L'État donnera son accord à l'ensemble des procédures relevant de sa compétence dans les prochaines semaines, afin de permettre rapidement un début des travaux d'agrandissement» sur le site des serres et du jardin d'Auteuil.

La ministre laisse passer l'orage. Nul ne sait, à ce stade, si elle va s'incliner ou si elle va faire de ce dossier un casus belli. Les défenseurs de l'environnement sont consternés. Les élus Verts au Conseil de Paris ont déjà promis qu'ils batailleraient devant la justice administrative, si les permis de construire (et de démolir, en l'occurrence) étaient accordés.

Paris, Environnement, Patrimoine, Sports, GouvernementEn début de semaine, c'est la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), qui s'est jetée dans la bagarre. Partisane de longue date du projet, elle a taclé Ségolène Royal – dont elle n'a jamais été proche. Avec ces mots, pleins de fiel: «Elle voulait que le tournoi de Roland Garros se joue sur les pelouses (des stades) de Jean Bouin ou du Parc des Princes. Pour un tournoi de tennis de terre battue, je lui ai dit que c'était un peu farfelu...»

Le match, assurément, ne fait que commencer.

17/03/2015

Une disparition, si symbolique

La nouvelle avait été éventée à la fin février, et elle vient d'être confirmée: Saint-Germain des Prés va définitivement perdre ce qui a toujours été la librairie le plus célèbre de ce quartier.

La Hune avait été fondée en 1949, par des intellectuels issus de la Résistance. Longtemps située Boulevard Saint-Germain, entre les fameux cafés de "Flore" et des "Deux Magots", elle incarna, pendant des décennies, l'esprit originel de la rive gauche. Ce Paris de la culture et des lettres, renommé dans le monde entier. Ce Saint-Germain mythique, avant que, dès les années 2000, il soit grignoté puis quasi intégralement phagocyté par le business de la fripe mondialisée (les H&M, Zara, etc.).

Rachetée par Flammarion en 1976, La Hune avait quitté son siège historique en 2012, pour s'établir quelques artères plus loin: au coin de la rue de l'Abbaye. Ce qui permit à Madrigall (le groupe né du rachat de Flammarion par Gallimard) de louer à prix d'or (à Vuitton) sa surface du Boulevard. Mais la clientèle de la librairie n'a jamais vraiment suivi. L'évolution des habitudes de consommation culturelle (succès des librairies en ligne, etc.) a achevé de faire plonger le chiffre d'affaires. La direction a alors tenté de redresser les comptes, en réduisant les effectifs. Cela n'a pas suffi. Dès cet été, donc, La Hune devrait fermer ses portes. Et céder la place, possiblement, à une galerie qui vend de la photo bon marché.

Les habitants du quartier et les amateurs de littérature sont, évidemment, consternés. Comme tous ceux qui se faisaient encore une idée (passéiste?) d'un certain Paris. La maire et son équipe ont été saisies par l'opposition de gauche, houspillées pour que la Ville (propriétaire des locaux de la rue de l'Abbaye) se bouge, sur ce dossier. S'arrange pour, au minimum, «garantir la présence pérenne d'une librairie à l'emplacement de La Hune».

C'est encore loin d'être acquis. Mais sans doute serait-ce déjà cela.

16/03/2015

Une envie de départ

Paris, Art de vivre, Economie, EnvironnementHuit habitants sur dix de Paris et de sa région rêveraient d'habiter ailleurs: aimeraient déménager dans une autre région de l'Hexagone. C'est l'enseignement majeur, assez choc, d'une étude qui vient d'être rendue publique. Cela fait à peu près 8 millions d'habitants qui souhaiteraient aller voir ailleurs – ce qui n'est tout de même pas rien.

Ce qui motive principalement ces Parisiens et banlieusards qui sont candidats au déménagement? Une double envie: un coût de la vie moindre, et une qualité de vie meilleure. Rien d'étonnant, cela dit, à ce dernier égard, au-delà d'une certaine image de carte postale, largement surfaite, dont ont toujours bénéficié la «Ville lumière» et – moins – sa région. Dans les faits et au quotidien, la qualité de la vie y est très perfectible. Pour ne prendre que ce seul exemple – mais il y en a tant d'autres qu'on pourrait mettre en avant – , un épisode de pollution atmosphérique est à nouveau prévu (ici) pour la capitale française, demain mardi. Si l'on compte bien, ce n'est jamais que... le huitième, en moins d'un mois.

D'ailleurs, dans la dernière édition en date d'un classement annuel international sur la qualité de vie dans 230 villes du monde, publiée il y a peu, Paris n'apparaît qu'à la 27e position. Certes, elle devance nettement sa grande rivale européenne, Londres (40e). Mais elle arrive aussi très loin derrière des cités comme Vienne, Zurich, Munich, Düsseldorf, Francfort, Genève ou Copenhague.

Et on serait le dernier à parier que l'année prochaine, la «Ville lumière» occupera une position plus avantageuse, dans ce palmarès.

13/03/2015

Un coût de la vie (un peu) amoindri

Tout au long de la semaine, les médias français ont fait un grand écho (voir par exemple ici, ou ), à cette étude qui, il est vrai, a officialisé un tournant, s'agissant de Paris.

Pour la première fois depuis d'innombrables années, les loyers sont en baisse y compris dans la «Ville lumière», qui rejoint donc la tendance générale du reste de la France. Cette baisse est même de 3,5%.

Il faut toutefois nuancer cette bonne nouvelle pour les locataires. D'une part, le niveau moyen du marché immobilier parisien, locatif comme acquisitif, reste prohibitif pour le commun des mortels. D'autre part, cette baisse qui était attendue depuis si longtemps ne signifie pas que le coût de la vie, au global, soit subitement devenu abordable, dans la capitale française.

C'est même plutôt le contraire, s'il faut en croire une autre étude, elle internationale, publiée dernièrement. Elle analyse le coût moyen de quelque 160 produits et services, dans 133 villes du monde. Et là, rien ne change, par rapport à l'année dernière. Paris pointe toujours à la deuxième place de ce classement mondial. Seule Singapour affiche un coût de la vie plus élevé que celui de la capitale française. Celle-ci devance y compris des cités notoirement pas bon marché comme Oslo, Zurich ou Sydney.

Mais bon, les loyers parisiens sont donc en baisse de 3,5%. Sans doute est-ce déjà cela.

12/03/2015

Un «esprit à maintenir»

Paris, Terrorisme«Il est important de rester réveillé, de ne pas reprendre nos habitudes comme avant, de maintenir cet esprit du 11 janvier, et d'entretenir ce site».

Dixit, hier, deux mois jour pour jour après les manifestations historiques du 11 janvier – qui rassemblèrent plusieurs millions de Français dans les rues –, un membre du collectif «17 plus jamais». Ce regroupement informel de citoyens se charge de l'entretien des lieux de recueillement et d'hommage qui ont vu le jour et perdurent à Paris, à la mémoire des 17 victimes des attentats du début de l'année. Qu'il s'agisse, bien sûr, du grand «mausolée» de la place de la République, mais aussi des amoncellements de fleurs, de bougies, de mots et de dessins qui se trouvent toujours rue Nicolas Appert ou boulevard Richard Lenoir.

Ce collectif a proposé aux quelque 8000 internautes qui le suivent de lancer des idées sur ce que devraient devenir ces lieux et sur la manière, dans le futur, de commémorer les événements de janvier. Aux dernières nouvelles, la mairie de Paris penchait pour, au minimum, faire apposer des plaques commémoratives aux endroits où les victimes ont été tuées. Du côté des internautes, on voit plus grand.

Eriger à "Répu" un «Livre d'or géant, protégé sous un abri en verre». Demander à l'Etat d'instaurer une date officielle de commémoration annuelle de ces dramatiques événements. «Planter 17 arbres, un pour chaque victime, à un endroit symbolique de Paris, et les décorer de dessins et messages». Organiser chaque année «un concert pour la liberté d'expression et la paix, la tolérance, le respect, la conscience. Avec des chanteurs qui défendent ces valeurs dans leurs textes». Voire rebaptiser la place de la République en "Place de la liberté d'expression".

Les propositions les plus prisées par les internautes seront proposées par le collectif aux élus de Paris, qui eux-mêmes décideront ensuite de «l'hommage pérenne que la Ville pourrait rendre aux Charlie».

11:49 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, terrorisme

11/03/2015

Un flou artistique

La menace terroriste qui pèse sur la France demeure «élevée». C'est le constat, sans surprise, qu'a fait ce matin le Conseil de Défense. François Hollande l'a réuni à l'Elysée, pour faire le point notamment sur «les moyens de l’Etat mobilisés pour assurer la sécurité de nos concitoyens». Comme attendu, il a été décidé de «maintenir l’engagement des armées sur le territoire national à hauteur de 10.000 militaires, en soutien des forces de sécurité du ministère de l’Intérieur. 7.000 d’entre eux sont déployés dans la durée, principalement pour la surveillance et la protection de sites à caractère confessionnel particulièrement menacés».

Ces sites sensibles sont au nombre de 830. Sur le terrain, cela dit, leur protection est à géométrie variable. On l'avait noté l'autre jour, s'agissant de notre onzième arrondissement (relire ), et c'est toujours valable aujourd'hui.

Reste un point tout de même, sans doute évoqué ce matin à l'Elysée, mais sur lequel rien n'a été communiqué. Et pour cause, c'est un point délicat. Le coût de cette mobilisation sécuritaire «exceptionnelle».

L'opération «Sentinelle», puisque c'est le nom de code qui lui a été donné, engendre un surcoût d'«à peu près un million d'euros par jour», pour l'Etat. C'est le ministre de la Défense lui-même qui a donné le chiffre, dernièrement. En cours depuis la mi-janvier, elle a donc déjà nécessité plus de 50 millions dépensés. L'exécutif a assuré qu'elle se poursuivrait encore pendant «plusieurs mois». Cela renchérira l'addition au minimum d'une centaine de millions.

Pourquoi pas. Mais, à cette heure, aucune explication claire n'a encore été donnée par les autorités, sur la manière dont ces dépenses seront compensées – puisqu'il n'est pas question d'accroître les déficits publics. Dans quels budgets, dans quels délais, et au détriment de quels projets l'Etat va-t-il aller puiser tous ces millions consacrés à «Sentinelle»? Mystère. Flou artistique.

Cela promet pour ce printemps, lors du traditionnelles opérations de contrôle budgétaire.

10/03/2015

Une machine bien huilée

Institutions, Présidence, Communication, Médias, PersonnalitésC'est vers 3 heures du matin qu'a été diffusé le communiqué officiel de François Hollande rendant hommage aux huit Français – dont trois sportifs de haut niveau – victimes hier de l'accident d'hélicoptère qui a endeuillé le tournage de la prochaine émission de téléréalité de TF1, en Argentine.

Cela ne signifie toutefois pas forcément que le chef de l'Etat lui-même ait été tiré du lit par cette actualité, cette nuit.

A l'Elysée, un «Service permanence et information» se charge de la veille des actualités survenant tardivement. Il a pour référent celui ou celle de la dizaine de hauts conseillers du Président qui, à tour de rôle, est d'astreinte cette nuit-là. C'est ce conseiller qui reçoit les premières alertes provenant des aides de camp chargés de surveiller en continu les actualités, puis qui lance la machine à communiquer.

Le conseiller de François Hollande qui coordonne sa communication (Gaspard Gantzer) est tenu d'être joignable et mobilisable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Un communiqué officiel signé par le chef de l'Etat ne doit pas nécessairement être relu et approuvé par lui, avant d'être envoyé aux médias. Le secrétaire général de la présidence (Jean-Pierre Jouyet), son adjoint (Boris Vallaud), le chef d’Etat-major particulier (le général Benoît Puga) et le directeur de cabinet (Thierry Lataste) ont reçu mandat de ce faire.

De manière impérative, l'hôte de l'Elysée est bien sûr systématiquement réveillé si et quand, la nuit, surviennent des événements qui engagent la sécurité nationale (attentats, etc.), des actualités graves concernant des Français à l'étranger (prises d'otages, détournements d'avion, etc.) ou des événements diplomatiques majeurs (décès de chefs d'Etat, etc.). Dans les autres cas (disparitions de personnalités, etc.), c'est au haut conseiller de permanence cette nuit-là qu'il revient de décider de reveiller ou non le grand patron, après en avoir référé à l'un ou l'autre des quatre membres de sa garde rapprochée.

Institutions, Présidence, Communication, Médias, PersonnalitésSous François Hollande, toutefois – comme c'était déjà le cas sous Nicolas Sarkozy –, ces règles habituelles de fonctionnement sont régulièrement bousculées par l'intéressé lui-même. Boulimique de travail, ultra-connecté, drogué d'actualité, il ne se coupe jamais complètement d'elle, quelle que soit l'heure. Très souvent, dès lors, quand survient le coup de fil du permanencier de l'Elysée censé l'informer de tel ou tel événement nocturne, il en est déjà au courant.

Cette nuit, donc, François Hollande lui-même a très bien pu piloter la réaction de l'Elysée au tragique événement.

09/03/2015

Une attaque, si improbable

On avoue que, quand l'info nous est parvenue, ce week-end, on a d'abord cru à un gag. Cela paraissait si improbable. Et puis non, finalement. Le groupe Etat islamique s'est bel et bien attaqué à... Velib.

Samedi, sur le blog du système de location de vélos en libre service de la ville de Paris, en lieu et place des informations habituelles, on trouvait le drapeau noir de Daech, la mention «Hacked by Islamic State» (piraté par l'Etat islamique) et un poème en langue arabe chanté a capella. Manifestement, il ne s'agit pas d'un petit piratage, mais d'une opération d'envergure, qui donne du fil à retordre aux informaticiens de la mairie. Pour preuve, tout au long de la journée, de la soirée puis de la nuit de samedi à dimanche, le blog a affiché «Site en maintenance» comme seul message. Dimanche, il s'est contenté d'un «Le Blog Velib revient lundi. Merci pour votre compréhension». Mais, ce lundi matin, il n'avait toujours pas été remis en état: le même message continuait à s'y afficher.

Ces dernières semaines, déjà, des centaines de sites web français ont été hackés par les égorgeurs d'Irak et de Syrie.

On ignore si, en paralysant cette fois le site de Velib, ils ont l'impression d'avoir fait avancer leur cause de manière décisive. Pour notre part, en tout cas, on peine un peu à comprendre à la fois l'intérêt jihadiste de cette action, pour ses auteurs, et l'importance stratégique de cette cible en particulier.

06/03/2015

Une visibilité toujours aussi faible

Femmes, Audiovisuel, Télévision, Radio, PresseCe vendredi matin, à quelque jours du 8 mars, trois femmes, membres du gouvernement Valls, ont pris leur petit-déjeuner ensemble. Aux côtés de ces ministres de la Culture, des Affaires sociales et des Droits des femmes, un panel de professionnels de l’audiovisuel, de parlementaires, et de dirigeants du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

A l'ordre du jour des discussions, l'éternel sujet de «la place des femmes dans les médias». Il n'a sans doute pas fallu beaucoup de cafés et de croissants pour que ces convives fassent un même constat accablé: la situation, dont on parle pourtant depuis des années, tarde décidément à s'améliorer.

Pour preuve, la dernière analyse en date du contenu de 1200 heures de programmes (hors publicités et bandes annonces) diffusés par seize chaînes hertziennes. Elle a quantifié à 36% seulement la place que les femmes y ont occupée, par rapport aux hommes. C'est encore moins que l'année précédente (37%). Or, s'il faut le rappeler, dans la population française, les femmes sont toujours largement majoritaires (52%), par rapport aux hommes.

Du coup, dernièrement, le CSA a adopté une délibération qui renforce les obligations des médias, notamment en termes de visibilité des femmes à l'antenne. «On ne peut pas vivre en 2015 dans une démocratie où la moitié de la population est considérée comme subalterne» par les médias, a justifié la journaliste Françoise Laborde, ex-membre du «gendarme de l'audiovisuel».

Femmes, Audiovisuel, Télévision, Radio, PresseCela dit, une opportunité va rapidement se présenter aux gouvernants, qui leur donnerait l'occasion d'au moins faire symboliquement progresser le dossier. La présidence de France Télévisions doit bientôt être renouvelée. Qui sait, nommer une femme à la tête du groupe audiovisuel public pourrait contribuer à sortir tout ce petit monde de l'entre-soi masculin?

 

PS: La presse écrite et la radio, cela dit, ne sont pas fondées à faire la leçon à la télévision, sur la question. 20% des intervenants qui apparaissent sur le petit écran en tant qu'experts (=interrogés pour leurs compétences) sont des femmes – contre 80% d'hommes. A la radio et dans les journaux, ce taux féminin chute à 17% et 15%, respectivement.

05/03/2015

Une «position à développer»

Dans la vie, chacun sans doute a les intérêts et les préoccupations qu'il peut/veut. Cela vaut aussi pour les membres du gouvernement. Faisons donc un rapide écho à cette initiative que vient de prendre le ministre des Affaires étrangères – et du Tourisme, n'arrête-t-il pas de rappeler –, Laurent Fabius.

Les sujets de tension et conflits sanglants ne manquent pas, de par le monde? Cette semaine, néanmoins, le chef de la diplomatie française a pris sur son temps pour nommer un... «M. Croisières».

Un «Chargé de mission pour le développement des croisières maritimes et fluviales». Celui qui a été choisi pour occuper ce poste est Jacques Maillot: le fondateur et longtemps dirigeant du groupe «Nouvelles Frontières», grande gueule médiatique du monde patronal, s'il en est.

«Sur ces deux marchés touristiques en pleine croissance» que sont les croisières maritimes et fluviales, «la France occupe aujourd'hui une position en deçà de son potentiel, qu'il s'agit de développer fortement», a justifié le quai d'Orsay. Qui juge qu'avec son «expérience reconnue dans le domaine du tourisme», Jacques Maillot sera le mieux placé pour booster le «made in France», dans ce secteur économique également.

«Cette mission (confiée à l'intéressé) est bénévole», a pris soin de préciser le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Sans doute est-ce déjà cela.

04/03/2015

Une si longue attente

Paris, Histoire, Terrorisme, Justice33 ans que l'on attendait cela, dans le Marais et, au-delà, à Paris et dans tout le pays. Plus de trois décennies après l'attentat antisémite de la rue des Rosiers, la justice française a émis trois mandats d'arrêt internationaux, visant les suspects de cette tuerie qui, en 1982, avait ensanglanté le Marais juif et plongé la France entière dans l'effroi.

Ces trois individus vivent à présent en Norvège, en Palestine et en Jordanie. La France va tenter d'obtenir leur extradition. Si elle arrivait à ses fins, ce serait le deuxième très vieux dossier terroriste parisien qui, coup sur coup, avance spectaculairement, après une interminable attente. En novembre dernier, déjà, avait été extradé vers Paris le Canadien d'origine libanaise Hassan Diab. Il est soupçonné – mais nie catégoriquement – d'avoir fait exploser une moto piégée devant la synagogue de la rue Copernic, dans le 16eme arrondissement, le 3 octobre 1980.

Deux ans plus tard, le 9 août 1982, c'était donc dans le Marais que les terroristes avaient frappé.

Au n°7 de la rue des Rosiers, à l'heure de la pause-déjeuner, un homme avait fait irruption dans le restaurant Jo Goldenberg – adresse fameuse, à l'époque –, puis avait dégoupillé et lancé une grenade dans la salle, qui était bondée. Quatre de ses comparses avaient ensuite ouvert le feu sur les passants, dans la rue. Le bilan avait été terrible: six morts, 22 blessés.

Paris, Histoire, Terrorisme, JusticeCe mercredi matin, réagissant à ce rebondissement inopiné survenant dans ce si vieux dossier, le président de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), visiblement ému, à eu ces phrases: «Aucun criminel, aucun terroriste ne peut se cacher. Où qu'il soit, il est susceptible d'être arrêté, jusqu'à la fin de ses jours. Au-delà de cette affaire, c'est un message envoyé aux terroristes mais également aux victimes, pour garder foi en la justice».