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25/11/2014

Un fléau qui tarde à être réduit

Femmes, Sécurité, Police, Gouvernement, ParisPas moins de quatre ministres en visite dans notre onzième arrondissement parisien, ce matin. En ce mardi qui, en France comme ailleurs, est la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, sa collègue de la Santé, Marisol Touraine, ainsi que leurs homologues en charge de l'Intérieur et des Droits des femmes sont allés rendre visite au commissariat central de police du onzième. Ils y ont évoqué le problème posé par les simples «mains courantes» qui y sont souvent déposées après des violences faites aux femmes, en lieu et place de plaintes en bonne et due forme. Puis ils ont échangé avec des associations et des intervenants spécialisés, qui accompagnent les victimes.

Des femmes qui, année après année, un plan gouvernemental après l'autre (voir ), voient leur nombre rester globalement stationnaire, malgré parfois quelques signes encourageants (relire ici). Cela reste vrai en France en 2014, comme cela avait déjà été le cas en 2013, en 2012 et auparavant: une femme y décède tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Et l'on estime qu'elles sont près de 216 000, âgées de 18 à 75 ans, à être soumises à la violence physique et/ou sexuelle de leur ancien ou actuel partenaire. Selon les données officielles, seules 16% de ces victimes portent plainte.

Cela mérite bien une visite ministérielle au commissariat, sous l'oeil des caméras. En attendant d'éventuels résultats.

24/11/2014

Un sentiment d'insécurité

Un sondage passé assez inaperçu ce week-end, mais pourtant pas inintéressant et touchant de près la vie des gens – la vie des Parisiens, singulièrement. Près d'un Français sur deux utilisant les transports publics (47%) s'y sent en insécurité, souvent ou parfois.

Ce sentiment est un peu moindre (45%) dans le métro, mais il est majoritaire (53%) parmi les usagers du RER. Ces chiffres sont tous deux en régression (-4) par rapport aux résultats d'une même enquête l'an dernier, mais, d'une année à l'autre, des constantes demeurent, dans le regard porté par l'opinion sur la sécurité. Ainsi, les femmes (49%) se sentent moins à l'aise dans les transports publics que les hommes (44%). Les jeunes (56%) y ont également davantage d'appréhensions que les personnes âgées (37%). Et, en région parisienne, le sentiment d'insécurité n'est plus limité à 47% comme à l'échelle nationale, mais il atteint carrément 57%. Il touche donc quasiment six usagers sur dix.

C'est donc l'occasion ou jamais de le rappeler. Comme ce blog l'a déjà plusieurs fois évoqué (relire par exemple ici ou ), dans les transports publics de la capitale française ainsi que de sa région, l'insécurité et la délinquance ont tendance à régresser, et ce depuis plusieurs années.

Mais visiblement pas assez pour que cela influe sur le ressenti des usagers.

21/11/2014

Une grande fatigue, visiblement

Parlement, Institutions, Gouvernement, Personnalités, Histoire Les vacances de Noël approchent tout doucement et c'est heureux, car, au Parlement, certains commencent à fatiguer, visiblement. Du moins, s'il faut en juger aux arguments à l'emporte-pièce qu'ont brandis deux élus UMP, ces derniers jours.

Ainsi, hier, un député sarkozyste a carrément comparé la carte de la France telle que veut la redessiner François Hollande à celle, jadis, ... du maréchal Pétain. C'était lors du débat sur la réforme territoriale: le fameux projet de réduire le nombre de Régions que compte l'Hexagone. L'homme prône la réunification de la Bretagne dans ses cinq départements historiques, grâce au rattachement de la Loire atlantique et de sa capitale, Nantes – aujourd'hui dans la Région Pays de Loire. Mais tel n'est pas le projet du gouvernement. Il «confirme la décision de Vichy!» a, dès lors, tonné ce député UMP, jeudi. Historiquement, c'est effectivement sous Vichy, en 1941, que furent créés les Pays de la Loire. Mais politiquement, évidemment, un tel rapprochement, hier, a fait scandale. Dans l'hémicycle, le tumulte suscité par ce «raccourci historique» et ces propos «abjects» a été tel qu'il a fallu suspendre la séance quelques instants, pour que le calme revienne.

Vendredi, déjà, un élu UMP avait dérapé, au Sénat cette fois. Il s'agissait, là, des obligations et contrôles imposés aux parlementaires, dans le cadre de la moralisation de la vie politique: les déclarations de patrimoine et d'intérêts qui leur sont exigées, etc. Au moins quatre sénateurs et députés UMP sont dans le collimateur de la justice, à cet égard. Ils sont soupçonnés de n'avoir pas déclaré des avoirs détenus à l'étranger. Vendredi, leur collègue sénateur s'est emporté contre cette entreprise de transparence et de moralisation, mettant en garde qu'elle... ne «tombe dans un régime de Gestapo!»

Parlement, Institutions, Gouvernement, Personnalités, Histoire Vichy, la Gestapo.

Autant, bien sûr, l'on peut toujours, parfaitement, et ô combien critiquer l'action de la majorité Hollande-Valls, autant en arriver à de tels arguments historiques, aussi crétins, cela doit vraiment être le signe d'une très grande fatigue nerveuse.

 

PS: Et, charitable, l'on ne s'étendra pas outre mesure sur le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Qui a suggéré hier... de rouvrir le bagne de Cayenne, pour y enfermer les jihadistes revenus d'Irak ou de Syrie. Ces pauvres hommes politiques ont vraiment grand besoin d'un peu de congé.

20/11/2014

Une évidence confirmée

Le chiffre a été rendu public hier, et il n'a sans doute étonné aucun Français. Depuis le début des années 2000, le nombre de sans-domicile fixe recensés dans ce pays a crû de 44%.

La quantification de cette tendance lourde – si visible quotidiennement, dans les rues de Paris et d'ailleurs – est issue de la dernière édition en date du «Portrait social» de l'Hexagone, que dresse chaque année l'Institut de la statistique (Insee). Il chiffre à 81.000 adultes et 31.000 enfants le nombre de SDF (sur)vivant en France métropolitaine en 2012, dans les agglomérations d'au moins 20.000 habitants. Nul doute que cette estimation se situe dans la fourchette la plus basse, et que le nombre de SDF a continué à croître entre 2012 et 2014.

A ce propos, l'association ATD Quart Monde a réalisé dernièrement un sondage assez éclairant sur les préjugés qu'ont les Français à l'égard de la pauvreté. Il confirme combien les idées reçues sur le sujet ont la vie dure.

Ainsi, pour ne prendre que deux chiffres issus de cette enquête d'opinion, 71% des sondés sont convaincus que les pauvres ne paient pas d'impôts. Alors que, comme tout le monde, ils doivent acquitter la TVA – qui frappe y compris, fût-ce à des taux réduits, les produits et services de première nécessité (nourriture, transports, etc.). Et sept Français sur dix considèrent qu'il est facile d'obtenir des aides sociales, en France. Alors que le poids et la complexité de la machinerie bureaucratique qui caractérise ce pays, déjà pénibles à gérer pour le Français moyen, deviennent des obstacles souvent insurmontables pour les plus exclus et les plus précarisés. Ce qu'illustre sans doute la part importante de Français qui ne sollicitent pas les aides sociales auxquelles ils auraient pourtant droit – ATD situe ce taux de non recours entre 29 et 70%, selon les prestations et les droits concernés.

11:57 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : social, pauvreté

19/11/2014

Une erreur, si improbable

Institutions, Gouvernement, Parlement Manuel Valls n'en a décidément pas fini, avec les parlementaires socialistes. On l'a encore vu hier après-midi, à l'Assemblée nationale.

Déjà, depuis sa nomination à Matignon, le Premier ministre était confronté aux états d'âme des députés PS «frondeurs». Qui, fâchés avec sa ligne social-libérale, s'abstiennent lors du vote de chaque texte important. Hier encore, sur le projet de budget 2015, 37 de ces députés – soit, en gros, un cinquième des effectifs socialistes à l'Assemblée, ce qui n'est tout de même pas rien – se sont abstenus. Mais voilà qu'en plus, à présent, l'hôte de Matignon doit compter avec... les députés PS étourdis.

Pour preuve, hier, deux socialistes ont malencontreusement voté contre ce projet de budget, alors qu'ils comptaient l'approuver. Les votes ne pouvant plus être modifiés après la clôture du scrutin, leurs suffrages sont définitivement perdus, pour le gouvernement. Tout au plus, pour la forme, les apparences seront sauvées grâce aux dispositions du règlement de l'Assemblée relatives aux opérations de vote (voir ). Elles permettent que le détail nominatif des votes, qui figure dans les annales de l'Assemblée, soit «accompagné de mises au point lorsqu’un député s’est trompé sur le sens du vote qu’il souhaitait émettre, ou lorsqu’il n’est pas parvenu à émettre son vote par erreur de manipulation».

Au passage, autant par principe l'erreur est humaine, autant, en l'occurrence là, dans des circonstances aussi solennelles et pour des textes législatifs aussi importants, on a vraiment dû mal à imaginer comment il est possible de se tromper carrément de suffrage.

Institutions, Gouvernement, Parlement Quand les députés ne votent pas à main levée, par «assis et levé» ou à l'aide d'une urne placée soit sur la tribune des orateurs, soit dans un salon contigu à l'hémicycle, ils le font grâce à un petit boîtier électronique situé devant leur pupitre. Ce boîtier comprend en tout et pour tout trois boutons poussoirs: vote pour, vote contre, abstention. Ce qui, en termes de compréhension intellectuelle et de manipulation technique, ne paraît tout de même pas la mer à boire.

Encore bravo, donc.

18/11/2014

Un vieux réflexe, si primaire

Les hommes, décidément, ne changent pas. Les mâles, veut-on dire. On a pu le remarquer une nouvelle fois dans les commentaires médiatiques consacrés à la séance agitée qu'a vécue le Conseil de Paris, hier midi. Si par extraordinaire cela vous avait échappé, le fameux projet de Tour Triangle, que ce blog a déjà beaucoup évoqué, a été rejeté, par 83 voix contre 78. Mais la maire, Anne Hidalgo, a introduit un recours contre ce vote. Car, alors que le scrutin avait été déclaré secret, les opposants à la tour (dont la sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet), protestant contre cette procédure opaque, ont exhibé leurs bulletins de vote devant les caméras. Du coup, aux yeux d'Anne Hidalgo, le scrutin est entaché d'irrégularité et son résultat doit être annulé.

Beaucoup d'agitation sur le sujet dans les médias pendant toute l'après-midi hier, et pendant toute la soirée, et ce matin encore. Avec, tel un réflexe pavlovien, à nouveau ces mêmes ricanements à connotation sexiste, dans la bouche de commentateurs masculins.

Ces railleries à propos de «ce duel de femmes impitoyable» Morizet vs Hidalgo. Un «crêpage de chignons» mâlement analysé avec des sourires en coin, sur le mode «Ca chauffe, décidément», quand la politique est faite par des femmes. On a même eu droit, dans ces doctes éditoriaux, à un «C'est une Espagnole!». Lancé par un commentateur goguenard faisant référence aux origines ibères de la maire, donc bien dans la lignée des clichés les plus éculés sur les Espagnols par nature au sang chaud.

Tout au long de la campagne pour les élections municipales, déjà (relire ), la lutte de ces deux femmes pour le fauteuil de maire avait eu droit à une abondance de commentaires et de réflexions machistes.

Rien ne change, somme toute.

17/11/2014

Une première en vue, à Paris

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLa décision a été prise sans tambours ni trompettes, il y a peu, mais elle pourrait bien faire date, dans la petite histoire de Paris. Dès l'an prochain, en effet, c'est tout un arrondissement qui pourrait basculer en zone 30, ce qui serait une première pour la capitale française.

En plus, ce n'est pas le moindre des vingt arrondissements, puisqu'il fait partie du centre historique de la «Ville lumière». Le troisième, en l'occurrence. Le Haut Marais, autrement dit, soit toute la zone allant des Arts & Métiers à la Place des Vosges. Une zone très densément peuplée, ses quelque 35.000 habitants se pressant sur une superficie d'à peine un peu plus d'1 km², et traversée par des voies de circulation souvent très étroites.

L'autre jour, prenant notamment en compte ces deux spécificités, les élus parisiens ont acquiescé au voeu de leurs homologues du troisième, prônant la mise à l'étude du passage de l'ensemble de l'arrondissement en zone 30. L'expérimentation sera doublée par l'autorisation du double sens de circulation pour les vélos. Aux yeux des promoteurs du projet, cette réduction de 50 à 30 km/h de la vitesse maximale autorisée – hormis sur les grands axes – permettra de «sécuriser les circulations douces» (piétons et cyclistes) et sera «un levier» dans la lutte contre la pollution atmosphérique, au bénéfice de la population mais aussi du patrimoine bâti.

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLes élus socialistes et écologistes ont voté avec enthousiasme cette décision, qui a été saluée par les associations de lutte contre la délinquance et l'insécurité routières.

En revanche, la droite UMP s'y est opposée, et les groupements d'automobilistes ont hurlé. Ainsi, selon l'Automobile Club de France, si Paris continue à gérer de la sorte les circulations motorisées, elle «risque de devenir bientôt une ville où il sera devenu complètement impossible de rouler» en voiture.

Un «Bobo-land» en somme, et plus que jamais – pour reprendre le sobriquet par lequel est si souvent surnommé le Haut Marais.

14/11/2014

Un chantier «insupportable»

Alors que l'on s'approche du moment fatidique de la décision – début de la semaine prochaine – concernant la construction, ou non, de la fameuse Tour Triangle (voir ), le plus gros chantier urbanistique de l'ère Delanoë fait reparler de lui. A savoir, le réaménagement du Forum des Halles, dans le quartier Châtelet. Un projet gigantesque s'il en est, puisque son coût total dépasse le milliard d'euros et qu'il nécessite au moins huit années de très lourds travaux.

Paris, UrbanismeOn reparle de ce chantier, parce que ses riverains n'en peuvent visiblement plus. Cela fait déjà quatre années qu'ils le subissent. Outre qu'il est mouvementé (relire ici), il se déroule parfois y compris en soirée, la nuit et le week-end. A leurs yeux, cet aménagement en cours provoque des nuisances qui ont acquis désormais un «caractère insupportable». Une pétition a donc été lancée, à l'attention de la mairie, en vue d'obtenir des dédommagements pour les dommages subis. Au bénéfice des particuliers habitant le quartier, elle réclame le remboursement des taxes locales qu'ils ont payées en 2013. S'agissant des commerçants des environs immédiats du chantier, «dont la survie est menacée» du fait des perturbations qu'il entraîne, une compensation financière est demandée, correspondant à la chute de leur chiffre d'affaires.

La mairie n'a pas encore réagi. Sûr qu'elle va accueillir de gaieté de coeur ces revendications financières, elle qui se débat déjà dans une situation budgétaire très tendue.

13/11/2014

Une sanction confirmée

Ce sont les «Immortels» qui vont grimacer. Il y a peu (relire ici), dans un avis comiquement énervé, les honorables membres de l'Académie française avaient fait la leçon à la classe politique, sur la question de la féminisation des noms de fonction. Cette «mise au point» avait fait suite à la sanction infligée à un député UMP. Un soir de débats, à l'Assemblée nationale (relire ), invoquant les règles du bon français, il avait persisté à refuser de donner du «Mme la présidente» à sa collègue qui présidait la séance. Hier, en dépit du soutien implicite que lui a accordé l'Académie, et malgré une pétition signée par plus d'une centaine de députés sarkozystes, la sanction frappant ce parlementaire a été confirmée.

La décision a été prise par la plus haute instance collégiale de l'Assemblée. Elle réunit, outre le président, tous les vice-présidents, questeurs et secrétaires de cette chambre. Par 11 voix contre 6, elle a validé, en dernier recours, l'amputation, pendant un mois, du quart de l'indemnité parlementaire de l'intéressé. Soit une perte sèche de 1.378 euros, ce qui n'est tout de même pas rien pour un écart de langage.

Qui sait ce député s'en consolera-t-il en constatant que la polémique qu'il a suscitée n'a pas peu contribué à renforcer sa notoriété, le sortant du quasi anonymat dans lequel il était, en dehors de sa propre circonscription électorale, avant cet incident. Sans doute cet accès à la célébrité (linguistique, en tout cas) n'a-t-il pas de prix.

12/11/2014

Un geste fort, un site impressionnant

Histoire, Architecture, PatrimoineOn ne manquera pas, à l'occasion, d'aller jeter un oeil, in situ, au monument qu'a inauguré François Hollande hier, dans le cadre des cérémonies du 11 novembre. «L'Anneau de la mémoire». Il est signé par l'architecte Philippe Prost. Et est situé aux confins du Pas de Calais, à Ablain-Saint Nazaire: entre Arras, Liévin et Béthune.

Architecturalement, le geste est spectaculaire. Un immense anneau de 345 mètres de périmètre, constitué de plaques de métal hautes de trois mètres. Il s'étend sur une parcelle de deux hectares, et se déploie par moments entre ciel et terre, littéralement: suspendu dans les airs, se jouant des déclivités du terrain. Sur les flancs de cet anneau, ont été gravés les noms des quelque 579.000 soldats qui, pendant la Première guerre mondiale, sont tombés dans les régions de l'Artois et de la Flandre française.

Politiquement, le monument a pris le parti de ne pas faire de tri entre les nationalités de ces morts. «L'Anneau de la mémoire», dès lors, rend hommage également à des soldats allemands. Cette démarche réconciliatrice, trans-frontières, si elle a été couramment utilisée à l'étranger, dans nombre de monuments aux morts, est assez nouvelle s'agissant de la France.

Cet édifice, en tout cas, conférera encore plus d'intérêt et de valeur au site, plus vaste encore, qui l'accueille: la Nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette. Depuis près de cent ans, 45.000 militaires y reposent.

Histoire, Architecture, PatrimoineOn en a éprouvé la sensation chaque fois qu'on s'y est rendu: c'est un lieu vraiment impressionnant.

Par la thématique douloureuse qu'il incarne, bien sûr. Mais aussi par le silence, inouï, qui y règne.

Et par son immensité, au coeur de plaines surgies de nulle part, à longueur d'années battues par les vents. Et qui exsudent une infinie désolation, parfaitement à l'image de ce que fut cette fracture sanglante de l'Histoire.

10/11/2014

Un accueil assez tiède

Quatre jours plus tard, on attend toujours l'enthousiasme général... 

 

Jeudi soir, en clôture de son show radiotélé, François Hollande avait sorti un lapin parisien de son chapeau: son soutien à la candidature de la «Ville lumière» aux Jeux Olympiques de 2024 (et à l'Expo universelle de 2025). Mais c'est un accueil finalement assez tiède qui lui est réservé. Ce qui, du reste, n'est jamais qu'une confirmation (relire ).

 

«Avoir des rêves, c'est magnifique. Les réaliser, c'est encore mieux», avait réagi, dès vendredi, la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo. «Je sais ce qui se passe quand le rêve se fracasse à la dure réalité...», avait-t-elle ajouté, en allusion à l'échec qu'ont essuyé les trois dernières candidatures de la capitale française pour un tel événement. «Cela me choque que, aux Français qui sont au chômage, François Hollande n'ait rien d'autre à proposer que d'avoir les Jeux dans vingt ans!», a fustigé, hier soir, l'ex-ministre UMP Bruno Le Maire.  «Je ne crois pas que ce soit la priorité des Français», avait commenté, auparavant, la sénatrice (centriste) de Paris Chantal Jouanno. «Compte tenu de la situation économique de notre pays» et de «l’expérience des JO dans plusieurs capitales», il faudrait plutôt privilégier une candidature à l’Expo, a estimé François Fillon.

 

Les promoteurs du projet n'en sont pas moins galvanisés par le soutien de François Hollande. Ils ont déjà imaginé un «village olympique éphémère sur les bords de la Seine», «entièrement démontable» après les Jeux, la transformation du Trocadéro en «Place des médailles», et la projection sur l'Arc de Triomphe des visages des médaillés olympiques, les soirs de leurs victoires.

 

Paris a jusqu'à septembre pour se décider. Les villes retenues officiellement candidates seront listées par le CIO en mai 2017 – ouh là: en plein dénouement des prochaines élections présidentielles... Et c'est en septembre de la même année que la ville lauréate sera désignée. Du coup, si d'aventure la France se lançait dans une telle démarche de candidature, la décision fatidique couronnant ce processus tomberait dès la première rentrée de son prochain Président.

 

Un beau cadeau de bienvenue, en somme. Ou un gros boulet, à traîner pendant tout son quinquennat.

07/11/2014

Un certain mérite

Personnalités, TélévisionIls ont du mérite, les Français. Hier soir, ils ont été 7,9 millions à regarder la grande soirée spéciale de mi-mandat de François Hollande, sur TF1. Une émission sans relief ni intérêt particulier, mais qui comptait beaucoup de déjà-vu et énormément de déjà dit.

7,9 millions, c'est un audimat honorable, sans plus. Par comparaison, l’interview de Nicolas Sarkozy sur France 2, le 22 septembre dernier, avait rassemblé 8,5 millions de téléspectateurs. C'est toutefois un score inespéré, pour François Hollande. Vu son impopularité record, il pouvait craindre que ses concitoyens désertent en masse le petit écran. Sans doute une part de voyeurisme populaire (Va-t-il parler de Valérie Trierweiler et de ses escapades en scooter? Va-t-il se faire descendre en flammes par les Français choisis pour dialoguer avec lui?, etc.) explique-t-il ce résultat d'audience pas trop mauvais.

Il a du mérite de garder le moral, François Hollande. Lui qui, dès le lendemain matin de son grand show radiotélé de mi-mandat, est d'ores et déjà détrôné, à la Une des flashs horaires des radios et de la conduite des télés d'info continue. Détrôné par... les déboires judiciaires de Nabilla, la bimbo de la téléréalité.

Mais sans doute ne faut-il jamais désespérer de rien.

06/11/2014

Un désenchantement, un désintérêt?

Le temps passe, et tout s'efface. En mai 2012, François Hollande était «le Président des bisous», comme il s'était lui-même décrit. En novembre 2014, alors qu'il est exactement à la moitié de son quinquennat, il n'est plus que le chef d'Etat le plus impopulaire de toute la Ve République, avec à peine un Français sur dix qui lui fait encore confiance. Et, ce jeudi 6 novembre, sur cette même place de la Bastille qui, il y a trente mois, le 6 mai 2012, avait fêté sa victoire pendant toute la nuit (relire ici), les lycéens manifestent. Contre «les violences policières» selon eux à l'origine de la mort d'un jeune manifestant écologiste, il y a quinze jours dans le Tarn.

Ce soir, à la télé, l'homme de l'Elysée va tenter de rebondir. Essayer de remonter la pente, lui qui a dégringolé dans les abysses de l'impopularité – mais peut-il vraiment tomber encore plus bas? Le désenchantement populaire à son égard est tel qu'il n'est même pas assuré de faire un bon audimat. Nombre de téléspectateurs risquent bien de zapper, de ne même pas s'intéresser à ce qu'il va dire pour se justifier et pour tenter de se relancer.

Au passage, si effectivement les téléspectateurs fuient TF1, ce sera une double perte, pour la chaîne privée. Elle qui, déjà, pour laisser la place à cette soirée présidentielle spéciale, a annulé quatre coupures publicitaires avant, pendant et après l'émission. Soit une perte nette de 2 millions d'euros.

05/11/2014

Une inversion de tendance

Paris, Société, Femmes, FamillePrès de quarante ans que l'on n'avait pas vu cela, à Paris. Pour la première fois depuis 1975, la natalité est en baisse, dans la capitale française.

Selon les derniers chiffres publiés cette semaine (relatifs à l'année 2012), 28.945 bébés voient le jour chaque année, dans la "Ville lumière". C'est 1,2% de moins que l'année précédente. Et c'est à comparer avec les quelque 32.000 naissances qui ont été enregistrées à Paris dix ans plus tôt: en 2002.

De fortes disparités de natalité existent entre arrondissements parisiens. Ainsi, dans le si chic sixième arrondissement, la natalité progresse de plus de 10%. En revanche, dans le très bobo deuxième ou dans le bourgeois huitième, elle dégringole de 17% et de 10% respectivement. La mise en regard de ces tendances avec la sociologie des quartiers concernés, cela dit, n'est pas vraiment éclairante: aussi bien des arrondissements très aisés que des arrondissement moins bourgeois, voire populaires, enregistrent des hausses ou des baisses de natalité, selon les cas.

Dès lors, pour expliquer ce phénomène inédit depuis si longtemps, les démographes en sont réduits à le relier plutôt à des facteurs parisiens très globaux. Par exemple, la crise structurelle des modes de garde d'enfants, dans la capitale (manque chronique de places de crèches, etc.). Ou le coût du logement, qui a atteint des niveaux prohibitifs. Ou encore l'insécurisation du parcours professionnel des femmes, due à la crise économique, et qui les pousse à reporter les projets de maternité.

La région parisienne dans son ensemble affiche tout de même encore un taux de natalité qui est supérieur à la moyenne nationale. C'est très largement dû à la banlieue, et grâce à la part de sa population qui est issue de l'immigration.

04/11/2014

Une «agression psychologique»

Dans la boîte électronique, un courriel assez improbable. Expéditeur? «Les Z'Amis de Frigide Barjot». Le comité de soutien à l'ineffable Virginie Merle-Tellenne, ex-égérie de la croisade contre le «mariage pour tous». Mercredi dernier, elle et sa famille ont été définitivement expulsées du logement social qu'elles occupaient, à Paris. Un (très) vaste appartement, et accessoirement aussi le QG de «La Manif pour Tous» de la fin 2012 au printemps 2013. Un an plus tard, ces «Z'Amis» ne décolèrent pas. Et, au passage, réécrivent l'histoire.

Ainsi, à les en croire, la famille Merle-Tellenne a été expulsée «en raison de son engagement pour la filiation biologique dans le respect de toutes les familles». Ils sont donc des «boucs émissaires» victimes d'«une décision politique». Ce déménagement forcé n'est rien d'autre qu'«une agression psychologique, qui vise à traumatiser, pour mieux la faire taire, le leader historique et avec lui tous les citoyens qui proposent une alternative réaliste, et garante des droits des couples homosexuels, à la loi Taubira». Conclusion enflammée du comité de soutien: «C'est vous tous qui êtes muselés, et derrière la négation du courant que vous formez, c’est le pluralisme de la démocratie qui est bafoué».

C'est, pour le moins, une façon tronquée de présenter les choses. La famille Merle-Tellenne a été expulsée de son logement pour avoir sciemment enfreint les règles du bail social qui le régissait. En effet, une partie de cette habitation était sous-louée à la (florissante) société de production et d'édition du mari de Madame, le dénommé Bruno-«Basile de Koch». En outre, cette décision d'expulsion a fait l'objet d'un très long processus juridique, au cours duquel Frigide Barjot a eu toutes les occasions de faire valoir ses arguments. Processus à l'issue duquel les magistrats ont pleinement validé la mesure la frappant.

Les fans de l'intéressée qui seraient chagrinés par «l'agression psychologique» dont elle serait victime n'en sont pas moins, à présent, invités à donner leur obole () à son mouvement, afin de lui assurer «un nouveau départ». Direction? Les élections prévues en 2017. Motivation? «Soutenir le seul candidat qui s'engagera, dans sa profession de foi et son programme, à réformer la filiation de la loi Taubira, dans le respect de tous les couples».

Cela promet.

03/11/2014

Un engouement, dans l'entre-soi

Arts, Culture, Musique, Belgique, Paris, SocialUn peu de culture, pour bien débuter la semaine. Constater que, décidément, les années ont beau passer, une certaine culture belge reste tout de même furieusement à la mode, à Paris. Hier soir encore, c'est ce qu'on s'est dit.

A Garnier. Au vu de la ferveur, impressionnante, de l'ovation qui a salué – comme tous les soirs, paraît-il – «Rain»:  le spectacle que la danseuse et chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker avait jadis créé à La Monnaie de Bruxelles, et que l'Opéra de Paris reprend, en ce moment. Un talent fou, une maestria technique hallucinante, une vitalité époustouflante, et une beauté totale (musique de Steve Reich, costumes signés Dries Van Noten, etc.). L'engouement parisien pour cette chorégraphie est tel qu'il n'y a évidemment plus une place de libre, et ce malgré des tarifs absolument prohibitifs.

A ce sujet, sans doute est-ce enfoncer une porte ouverte que d'en faire le constat, mais cela ne fait jamais de mal non plus de le souligner: à l'Opéra de Paris, cela continue à fonctionner terriblement dans l'entre-soi. A Garnier, en tout cas (c'est moins forcément systématique à Bastille), comme si souvent dans les grandes institutions culturelles parisiennes (Théâtre des Champs-Elysées, etc.).

arts,culture,musique,belgique,paris,socialOn n'a pas pu, hier, observer tous les visages de tout le public, mais, d'après ce qu'on en a vu, outre qu'il y avait très peu de jeunes (quelques trentenaires, tout au plus), il n'y avait... que des blancs. Sur un bon millier de spectateurs, à moins que cela nous ait échappé, pas un black, pas un beur. Quelques touristes asiatiques, oui, mais, pour le reste, tous des blancs.

Cela aussi, c'était assez saisissant.

31/10/2014

Une marotte, décidément

A chaque fois qu'une élection se profile à l'horizon, le gouvernement revient à la charge sur cette question. Tout comme il avait envisagé de le faire lors des dernières élections européennes (relire ici ou ), l'exécutif aimerait, au scrutin régional et départemental de l'an prochain, se passer d'envoyer la propagande électorale par voie postale. Cela lui ferait économiser quelque 130 millions d’euros, ce qui serait toujours ça de pris dans le contexte budgétaire actuel.

L'autre jour, à l'Assemblée, la droite UMP s'est à nouveau énervée, sur le sujet. Pour les sarkozystes, ce serait «une véritable atteinte à la démocratie, notamment pour les personnes âgées, pour nos concitoyens les plus modestes, ou pour ceux ayant des difficultés à se déplacer». Dans un pays qui est toujours marqué par une double fracture: «fracture numérique et fracture générationnelle»: «plus de 20% des Français n’ont toujours pas accès à Internet». Aux yeux de l'opposition, si l'on veut vraiment «assurer une égalité d’accès à l’information électorale», il faut impérativement que le numérique soit «utilisé en complément du papier, et non en substitution à ce dernier».

 

Interpellé, le ministre de l'Intérieur n'a pas trop fait le fier. Certes, sur le principe, il a défendu la «décision de dématérialiser la propagande électorale, par souci de modernisation et aussi – il faut le dire – d’économies». Et il a rappelé que, «dans la plupart des pays de l’Union européenne, la dématérialisation de la propagande électorale a été réalisée depuis de nombreuses années, sans que, pour autant, l’information et le taux de participation aux élections ne s’en trouvent affectés». Dans les faits, cependant, le ministre n'a pas exclu que, lors de ce scrutin à nouveau, l'on «continue à acheminer la propagande électorale par voie postale, tout en mettant en œuvre concomitamment une communication par internet. Cela permettrait d’engager une expérimentation et de tester cette mesure, en vue de sa généralisation ultérieure».

 

Au total, du coup, cette réforme pourrait bien être une nouvelle fois repoussée à plus tard. Sans que, pour autant, la droite accuse le gouvernement d'être incapable de réformer.

 

Pour une fois que majorité et opposition seraient d'accord sur quelque chose....

30/10/2014

Une humiliation judiciaire

Justice, Transports, Métro, ArtsC'est une gifle judiciaire qui a été assénée à la RATP, hier. Le tribunal correctionnel de Paris a purement et simplement annulé les poursuites que la régie des transports parisiens avait intentées à un artiste de rue avec lequel elle est en conflit. Les juristes de la RATP avaient si mal ficelé le dossier, en termes de procédure, que les magistrats ont carrément décrété la nullité totale de leur citation.

Le justiciable en question était Thoma Vuille, un artiste-graffeur franco-suisse âgé de 37 ans. Alias «M. Chat». Depuis la fin des années 90, il dissémine son gros chat jaune et hilare (inspiré du «grinning cat» d'«Alice au pays des Merveilles») un peu partout dans l'environnement urbain. Il a acquis une notoriété internationale lorsque, en 2004, le grand cinéaste Chris Marker a consacré un «street movie» («Chats perchés») à cet artiste ainsi qu'à son personnage. Depuis, Thoma Vuille expose dans des galeries jusqu'à New York ou Hong Kong. Ce qui lui vaut d'être régulièrement dénigré par nombre de street artists, qui le jugent complètement récupéré par le système (commercial).

Mercredi, il était donc traîné en justice par la RATP. Sur la base de la loi punissant « le fait de tracer des inscriptions, signes ou dessins sans autorisation préalable sur des façades, véhicules, voies publiques ou mobilier urbain». Auparavant, il avait refusé de payer les 1.800 euros d'amende que lui réclamait la RATP. L'objet du délit? Une dizaine de têtes de matous qu'il avait dessinées en mai dernier, sur les murs de la station de métro «Châtelet-Les Halles» en cours de rénovation. «Une blague», pour «faire sourire les usagers du métro». Une intervention éphémère, présentée comme recouvrant avantageusement «des murs gris tristes» qui, de toute façon, étaient sur le point d'être recouverts de carrelage. «Je ne suis pas quelqu'un de malveillant: je respecte les gens et les lieux où je peins», s'était-il justifié. «J'ai juste humanisé un lieu, un couloir de transit complètement gris, juste mis de la couleur. Les gens qui disent que mon graffiti est sale ne prennent jamais le métro».

Justice, Transports, Métro, ArtsLa RATP n'a rien voulu entendre. Comme elle l'a fait – mais là, sans succès – avec «M. Chat», elle dépose systématiquement plainte contre X, pour dégradation, chaque fois qu'elle découvre des interventions de ce type. Plainte «sans appréciation de la qualité artistique des actes concernés». Et que ces interventions plaisent au public, ou non; dans ce dossier, 20.000 personnes ont signé une pétition en ligne de soutien à Thoma Vuille.

La société de transports consacre chaque année un budget de 20 millions d'euros – ce qui n'est tout de même pas rien – à la traque et au nettoyage des tags et autres interventions commis dans son réseau, puis à la remise en état de ses installations.

29/10/2014

Une courtoisie matinale

Moment cocasse des matinales radio-télé, ce mercredi. La précédente ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, était invitée à commenter le fait que Fleur Pellerin, qui lui a succédé à ce ministère, n'a jamais lu le moindre livre de Patrick Modiano – on évoquait cela, lundi. «Je n'ai pas à commenter l'action ou les déclarations de mon successeur. Vous comprenez bien que ce ne serait pas courtois de ma part...», a-t-elle lâché, sourire en coin.

Parce que la courtoisie a ses limites, un coup de griffe a tout de même été donné, d'une manière sournoisement – et comiquement – implicite: «Sans les livres, pour paraphraser Nietzsche, la vie serait une erreur», a relevé l'ancienne ministre. Sur un air je-dis-cela-je-dis-rien, qui, en fait, en disait long, a fortiori quand on connaît l'inimitié entre les deux femmes.

Fleur Pellerin, à cette heure en tout cas, n'a pas encore tweeté si elle avait lu ou non, ou simplement si elle connaissait ou pas, l'auteur d'«Ainsi parlait Zarathoustra».

28/10/2014

Un silence, si assourdissant

Personnalités, Gouvernement Environnement, Royal, Police, JusticeOù est passée Ségolène Royal? Elle est habituellement très avide des médias. Mais là, cela fait deux jours qu'elle se tait sur un sujet qui, pourtant, agite tout le pays et est du domaine de ses compétences. La mort d'un jeune manifestant, en marge d'une manifestation écologiste, ce week-end, contre un projet de barrage, dans le Tarn.

A l'heure en tout cas où ces lignes sont écrites, la ministre de l'Ecologie, à moins que cela nous ait échappé, n'en a pas encore dit le moindre mot.

Qu'elle ne s'exprime pas sur l'enquête judiciaire en cours – pour déterminer les circonstances exactes, et donc les responsabilités, de cette mort –, c'est parfaitement légitime, et même très sain: que la Justice fasse son travail, sans intrusion du politique. Mais qu'elle se taise y compris sur un projet d'infrastructure avec lequel elle avait elle-même, jadis, pris (un peu) ses distances, c'est déjà moins normal. De même, hier, elle a laissé s'exprimer seuls les deux experts qu'elle avait mandatés pour évaluer l'intérêt de ce projet («médiocre», selon eux). Enfin, que, deux jours plus tard, la ministre de l'Ecologie n'ait même pas ne serait-ce que publiquement accusé réception des demandes qui lui sont faites de retirer le label d'utilité publique dont bénéficie ce barrage, c'est assez sidérant.

Ce silence traduit probablement l'embarras de Ségolène Royal. Embarras dû notamment au fait que ce sont des élus socialistes, ses propres camarades, qui, dans le Tarn, sont derrière ce projet. Politiquement, donc, l'absence médiatique de l'intéressée sur ce sujet (*) est parfaitement explicable.

Personnalités, Gouvernement Environnement, Royal, Police, JusticeIl n'empêche, ce silence, on le trouve, pour tout dire, un peu lâche.

Il est d'ailleurs si assourdissant qu'il ne pourra probablement pas durer encore très longtemps.

 

(*) Silence sur ce sujet, mais, depuis dimanche, Ségolène Royal a publié au moins une demi-douzaine de communiqués de presse, sur «la préfiguration de l’Agence française pour la biodiversité»,«la Conférence internationale sur le changement climatique», et blabla. Politiquement, évidemment, ce sont des thèmes plus confortables.