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14/07/2015

Une petite pause

FERMÉécriteau.jpgLes rites républicains estivaux du défilé du 14 juillet et de l'interview télévisée présidentielle qui le suit n'ayant pas donné lieu à des actualités inopinées et majeures, qui auraient retardé notre départ en vacances, on ne va pas faire le malin plus longtemps. Et donc, on va prendre la poudre d'escampette. Direction, des contrées plus délassantes et exotiques que le Paris quotidien du boulot.

Du coup, ce blog va se faire sa petite pause annuelle d'été.

Il rouvrira ses portes, joliment requinqué, pendant la deuxième quinzaine d'août.

En attendant, bel été à toutes et tous. Et bonnes vacances à celles et ceux qui ont la chance d'en prendre.

A bientôt.

Un apanage assez récent

Le kaki et le bleu marine plus que jamais couleurs dominantes, à Paris ce 14 juillet. Dans le défilé militaire bien sûr, mais aussi dans le dispositif de sécurité qui l'entoure – vu le contexte d'alerte anti-terroriste. Pas moins de 11.200 membres des forces de l'ordre sont mobilisés pour assurer la sécurité sur la voie publique. Rien que le long du parcours du défilé, 3000 policiers vont veiller au grain, dont bon nombre d'agents en civil. Sans compter que, pour contenir la foule, encadrer ses allées et venues et empêcher les stationnements de véhicules, 10.000 barrières métalliques, carrément, ont été déployées. Soit l'équivalent d'une longueur totale de «près de 25 kilomètres», a calculé la préfecture de police de Paris.

C'est donc peu dire que, ce mardi, on ne va pas déambuler où et quand on veut, sur les Champs et à leurs alentours.

Une artère que le grand public associe d'office à cette "kaki pride" estivale annuelle, or, pour la petite histoire, elle n'a pas toujours eu l'apanage de ce défilé.

Ce n'est même que depuis l'année 1980 que celui-ci se déroule systématiquement sur la «plus belle avenue du monde». De 1974 à 1979, en revanche, sous le septennat Giscard donc, le lieu de célébration de la parade militaire a varié. Les Parisiens eurent ainsi droit à des défilés de 14 juillet au Cours de Vincennes (1975), à l'École militaire (1977), et même sur l'axe majeur de notre bon vieux onzième arrondissement, pourtant à l'origine – il y a vraiment très longtemps – une terre de gauche pas rarement antimilitariste. Ainsi, en 1974, le défilé se déroula entre Bastille et République. Et, en 1979, dans le sens inverse, il partit de "Répu" pour aboutir à Bastille.

François Hollande, lui, en matière de défilé du 14 juillet, reste donc les deux pieds bien plantés dans la tradition post-giscardienne – n'en déplaise à son grand slogan de campagne de 2012 («Le changement, c'est maintenant»).

13/07/2015

Une précaution, élémentaire

«Il ne s’agit pas d’un défilé au rabais». C'est ce que dit et répète en boucle, depuis des jours, le ministère de la Défense. A propos du défilé militaire de fête nationale, demain sur les Champs-Elysées. Cette "kaki pride" sera plus courte (d'un quart d'heure) que les éditions précédentes. Sa phase motorisée sera «quelque peu raccourcie» (25 à 30% en moins). Certains fleurons de l'équipement militaire tricolore (les chars de combat AMX Leclerc, par exemple) brilleront par leur absence. Et les «présentations publiques» du matériel à la population, menées habituellement dans l’après-midi et «prolongeant le lien armée-Nation», n’auront pas lieu.

C'est «la conséquence de l’engagement actuellement très intense des militaires», sur le terrain et en France même: l'opération "Sentinelle", en cours depuis les attentats de janvier. C'est aussi dû au degré d'alerte et de vigilance anti-terroriste: à son niveau maximum en ce moment, en région parisienne notamment. Nul besoin de prendre encore des risques supplémentaires, en faisant s'éterniser les rassemblements de foule sur la voie publique.

Défense, Armée, Institutions, Folklore, HistoireEn termes de risques, après un long bras de fer, il a été décidé de ne pas en faire courir aux invités d'honneur de ce défilé: les trois forces de réaction aux attentats (GIGN, Raid et BRI), qui s'illustrèrent en janvier.

Elles insistaient pour que leurs membres défilent cagoulés, afin que leur anonymat soit protégé. Mais, en termes de symbole, cela paraissait un peu difficile. Un compromis a donc été trouvé. Ces unités d'élite défileront coiffées de leurs casques avec visières de protection, ce qui rend leurs membres difficilement reconnaissables. Et l'on peut imaginer que des instructions ont été données en haut lieu aux réalisateurs de télé qui filmeront le défilé, pour qu'ils ne zooment pas sur les intéressés.

On doit cette prudence à un précédent mémorable, qui remonte à plus de dix ans. Il avait suivi le plus haut fait d'armes du GIGN.

A savoir, en décembre 1994, sur le tarmac de l'aéroport de Marignane (Marseille), l'assaut donné au commando du GIA algérien qui s'était emparé de l'Airbus Air France assurant la liaison Paris-Alger. Après cette mission réussie, les membres du GIGN avaient été reçus en grandes pompes à l'Elysée, et les médias les avaient amplement photographiés, dans les salons comme sur le perron du palais présidentiel. Ces clichés, plus tard, avaient été découverts, placardés aux murs d'une cellule islamiste qui avait été démantelée. Et certaines de ces photos étaient même assorties de la mention de l'identité et d'adresse des intéressés, que les islamistes étaient parvenus à retrouver sur base des photos des visages. Ce qui avait évidemment fait de ces hommes des cibles potentielles toutes désignées.

10/07/2015

Une gratification supplémentaire

Une prime de 150 euros par mois. Ou d'un peu plus de 200 euros pour six semaines. C'est ce qu'a annoncé le ministre de la Défense hier aux 7000 soldats de l'opération "Sentinelle", qui, depuis les attentats, sont déployés dans tout le pays, pour sécuriser l'espace public – plus de la moitié de ces militaires (4000) sont affectés en région parisienne. Cette "indemnité pour sujétion spéciale d’alerte opérationnelle" sera versée avec effet rétroactif au 7 janvier, et bénéficiera à tous les grades, jusqu'à celui de capitaine. Le gouvernement justifie cette «gratification supplémentaire» par «l’effort et les sujétions particulières» qui sont demandés à ces militaires, «dans la durée et en dépit de conditions encore souvent difficiles».

Des conditions qui vont (un peu) s'améliorer. Le déploiement d’infrastructures légères d'hébergement y contribuera, de même que «la réévaluation des standards d’alimentation». En outre, la Défense a signé des accords avec la SNCF, pour que ses hommes et leurs familles bénéficient de tarifs avantageux. Des conventions analogues ont été conclues avec des parcs de loisirs (relire ) et des salles de cinémas. Toutes ces mesures ont un coût global de 94 millions d'euros.

En revanche, en termes de confort de travail de ces militaires, personne ne semble avoir pensé à une chose: à leur tenue.

C'était frappant ces derniers jours, quand on a frisé les 40°. Il fallait voir ces soldats en train de dégouliner en plein soleil, forcés de se coltiner, outre une bonne quinzaine de kilos d'armement et d'équipement (gilet pare-balles, etc.), un uniforme à la Robocop, pas du tout de saison. Il n'est bien sûr pas question de les faire patrouiller dans les rues en tongs. Mais des alternatives existent. Par exemple, les militaires français déployés dans le cadre d'opérations militaires extérieures se déroulant dans les pays chauds (Sahel, etc.) bénéficient d'un uniforme beaucoup plus adapté (shorts, etc.). De même pour les gendarmes et policiers qui sont affectés dans les départements français d'outre-mer, si on a bonne mémoire – longtemps qu'on n'a plus eu la chance d'aller là.

Mais, qui sait, le sujet va-t-il venir de lui-même sur la table, cet été: si le thermomètre, en juillet en en août, recommence à s'envoler.

09/07/2015

Un traumatisme durable

Paris, Police, Sécurité, TerrorismeGrosse agitation hier, dans notre quartier du onzième arrondissement. Des policiers, des gendarmes et des militaires, lourdement armés, qui débarquent en nombre, sans crier gare. Interdisent à la circulation un tronçon entier du boulevard Richard Lenoir. Evacuent sans ménagement les passants. Ordonnent même aux badauds en train d'observer la scène depuis leur balcon de rentrer chez eux et de s'éloigner des fenêtres. Des bandelettes de plastique "Police" déroulées un peu partout. Des véhicules de secours acheminés, au cas où.

Un colis suspect. A quelques mètres de la rue Appert: celle de la rédaction de "Charlie Hebdo", là où les terroristes ont semé la mort, le 7 janvier. Colis découvert quasiment six mois jour pour jour après ce terrible attentat. Et alors que, la veille, il a été révélé que, dans le Midi, l'armée s'est fait voler des dizaines de grenades, de pains de plastic et de détonateurs.

Ce n'était qu'une fausse alerte: aucun explosif. Mais, au vu de l'ampleur du dispositif déployé, les forces de l'ordre ont envisagé le pire, étant donné ces particularités de lieu et de calendrier.

Et, à en juger aux visages tendus des riverains témoins de cette alerte, elle a immédiatement ravivé chez eux le souvenir de la tuerie du début de l'année.

Ce quartier, comme traumatisé, parviendra-t-il un jour à oublier?

08/07/2015

Un succès improbable

C'est le succès le moins attendu de l'été, dans les librairies de France. A en croire hier la direction du "Guide du Routard", depuis quelques semaines, les ventes de l'ouvrage de cette collection qui est consacré à la Grèce, ne reculent pas, non, mais... s'envolent. Le bond constaté par rapport aux ventes de l'été dernier serait même de plus de 20%.

Les touristes français ne seraient donc pas du tout inquiétés par la crise financière que traverse ce pays, et par son impact pourtant très sonnant et trébuchant: la limitation des possibilités de retrait d'argent aux distributeurs automatiques, et les problèmes de liquidités que vont incessamment connaître les banques locales – elles seront bientôt à cours de cash.

Qui sait même la fronde d'Alexis Tsipras contre «l'Europe austéritaire» fait-elle de son pays, aux yeux de certains Français, une destination tendance? A moins que ces touristes voient dans leur choix d'y partir en vacances une façon de soutenir la population?

 

PS: La même collection n'a pas précisé l'état des ventes de son guide relatif à la Tunisie. Là, vu les récents attentats, il n'y a sans doute aucune surprise de librairie à attendre – ce sera assurément la Bérézina.

07/07/2015

Une étourderie rafraîchissante

paris,météoUn dysfonctionnement administratif qui est applaudi par la population, c'est trop rare pour ne pas le signaler.

Il s'est produit samedi dans la nuit, à Paris. Dans un des parcs qui – ce blog l'évoquait, l'autre jour – sont ouverts exceptionnellement au public jusqu'au petit matin, afin de permettre aux riverains de venir s'y rafraîchir de la canicule.

Tout se passait très bien ce soir-là, dans des Buttes-Chaumont bondées de familles venues nombreuses se reposer et s'aérer après une journée torride. Quand subitement, vers 23h30, s'est déclenché... le système d'arrosage automatique des pelouses. Personne semble-t-il, à la Ville, n'avait pensé à le déprogrammer.

Pique-niques noyés, dormeurs réveillés dans leur sommeil, hamacs et chaises longues détrempés: la "pluie" diluvienne a été telle qu'elle a créé une jolie pagaille, dans le parc. Mais, passé le premier moment de surprise, pas grand monde n'a protesté. Au contraire: cette douche froide, fût-ce un peu tardive, fit le bonheur de nombreux riverains – et en premier lieu, bien sûr, des enfants.

L'histoire ne dit pas si un fonctionnaire du service des espaces verts a, ou non, été tancé pour cette étourderie.

06/07/2015

Un si «beau voyage»

Près de six trains sur dix (59%) qui circulent en région parisienne sont dépourvus de système de climatisation ou de réfrigération. C'est valable aussi pour à peu près la même proportion de RER. Du coup, évidemment, en ces temps où, à Paris et en banlieue, la température extérieure oscille entre 30° (aujourd'hui) et 40° (certains jours de la semaine dernière), c'est peu dire que les usagers dégustent.

Une association d'utilisateurs de la ligne L a invité les voyageurs à se munir d'un thermomètre, afin de mesurer la température dans la rame qu'ils utilisent, puis de diffuser leurs mesures. Résultat? Là aussi, très souvent, on a dépassé les 35° voire approché les 40°. Cela a donné lieu, sur les réseaux sociaux (voir par exemple ), à pas mal de coups de gueule.

Contre cette «chaleur suffocante», qui «liquéfie» des «usagers à bout». Et contre ce mode de déplacement décidément «pas humain», qui leur est imposé. «Quel beau voyage, digne des Indes de Kipling», a ironisé un voyageur. «Merci pour ce moment», a renchéri un autre. Le sommet du cri du coeur, entre exaspération et suffocation, allant à ce «PUTAIN, DÉMARREZ CE PUTAIN DE TRAIN QUI NOUS SERT DE SAUNA, LES GARS!»

C'est dans ces moments qu'on se sent vraiment ultra-privilégié d'habiter dans l'hyper-centre de Paris, et donc de ne pas avoir à se coltiner chaque jour un enfer pareil.

03/07/2015

Un air de Midi méditerranéen

Paris, Banlieues, Environnement, Météo, Médias Cela ne se passe pas dans le Midi méditerranéen, mais aux portes de Paris. Dans des localités de ses départements limitrophes, situées à quelques dizaines de kilomètres à peine de la «Ville lumière».

Plusieurs hectares de forêts et de cultures partis en fumées depuis le week-end dernier, en Seine et Marne. Pas plus tard qu'hier encore, des feux de chaume et de récolte sur pied dans l'Essonne. Dans ce seul département, complètement à sec – les dernières grandes pluies remontent à début avril –, une centaine de départs de feu rien que ces dernières semaines. Les pompiers en état d'alerte, à cause d'un «risque élevé» de propagation des incendies vers les zones habitées. Feux qui, selon l'Office national des forêts, ont déjà dévasté 13 hectares boisés en région parisienne, cet été.

A Paris même, la nuit dernière et cette nuit, cinq grands parcs (Monceau, Buttes-Chaumont, Martin-Luther-King, Montsouris et André-Citroën) ne ferment désormais plus leurs portes. Ils sont accessibles y compris la nuit, pour permettre aux riverains d'«accéder à des espaces de fraîcheur, indispensables en période de canicule». De mémoire de Parisien, on n'avait jamais vu cela. Selon les écolos, à l'origine de la mesure, dans ces espaces verts, il n'est pas rare que la température soit «inférieure en moyenne de 2 ou 3°», ce qui «compense l'effet d'îlot de chaleur urbain à Paris».

Paris, Banlieues, Environnement, Météo, Médias Sinon, en boucle sur toutes les chaînes de radio et de télé, à la demande du Conseil supérieur de l’audiovisuel et du ministère des Affaires sociales et de la Santé, sont diffusés des messages de prévention sanitaire, qui recommandent de prendre garde aux fortes chaleurs et d'être attentif à autrui. Ils sont notamment destinés aux millions d'automobilistes et d'usagers des transports publics qui, dès ce soir, premier week-end de juillet oblige, prendront le chemin des vacances.

On ne va bien sûr pas trop plaindre ces chanceux qui partent à la plage, mais enfin, c'est peu dire qu'ils vont avoir chaud, très chaud, avant d'y arriver: sur les autoroutes et dans les gares et trains bondés.

02/07/2015

Un mets très en vogue

Les dernières nouvelles du «pays de l'exception culturelle» que se targue d'être la France, y compris et a fortiori en matière gastronomique. Des nouvelles à propos d'un mets qu'on ne trouve pas trop de saison, par ces temps de canicule, mais, après tout, chacun ses goûts.

A en croire une étude parue dernièrement, en 2014, il s'est vendu 1,07 milliard de burgers dans l'Hexagone. C'est près de 10% de plus qu'en 2013. Analyse des professionnels de la restauration: «Traditionnellement perçus comme emblématiques de la cuisine américaine, les burgers représentent aujourd'hui un marché important de la restauration rapide en France. À l'opposé du phénomène de la malbouffe, les points de vente de burgers se multiplient, appuyés par la création de réseaux de franchise dont certains se démarquent par leurs qualités gustatives haut de gamme et l'efficacité de leur concept».

Populaires, donc, les burgers. Cela n'a pas empêché les élus de Paris, mardi, de se prononcer contre le projet d'installation d'un McDonald's en plein coeur du Boboland parisien: à l'angle des rues Réaumur et des Petits-Carreaux, dans le quartier Montorgueil (2e arrondissement). Pour le maire (écologiste) de cet arrondissement, «avec l'arrivée d'un restaurant de 160 places, c'est tout le travail qui a été fait dans le quartier sur la qualité alimentaire et la protection de l'artisanat qui risque de s'effondrer comme un château de cartes».

Par trois fois, déjà, la Ville a refusé les demandes de permis de construire déposées par McDo pour ce projet. Et, en mai, une centaine de riverains ont manifesté contre son arrivée dans le quartier.

L'histoire ne dit pas si les gamins de ces manifestants, qui passent sans doute leurs journées au MacDo ou au Burger King, faisaient partie, ou non, du cortège.

01/07/2015

Une troisième peine

Paris, Banlieues, Transports, Météo, TerrorismeLa pollution atmosphérique, la canicule, et... les problèmes de RER. C'est la troisième plaie de la semaine, pour les Parisiens et les banlieusards.

Le réseau a été perturbé hier, et le sera jusqu'à la fin de la semaine. C'est dû à la météo. Quand la température dépasse les 45° au niveau des voies de chemin de fer, les rails courent le risque de se dilater. Sous peine que les voies dévient de leur tracé originel, ces rails doivent donc être régulièrement inspectés, mais aussi ménagés. Raison pour laquelle, dès hier, le flux du trafic a dû être adapté et la vitesse de circulation des trains réduite – à 40 ou 100 km/h, selon le tronçon et le train concernés. Cela occasionne des retards pouvant aller jusqu'à 15 minutes.

Les usagers du RER n'avaient sans doute pas besoin de cela. A fortiori vu la chaleur épouvantable qui règne dans tant de stations et de rames de ce réseau – qui n'est pas marginalement vétuste, donc pas climatisé.

Dans leur malchance, toutefois, ces usagers rendront grâce (un peu) au hasard du calendrier. En effet, ces perturbations seraient-elles survenues il y a quinze jours qu'elles se seraient encore plus mal passées. En revanche, en cette première semaine de juillet, une partie de la ville a déjà commencé à se vider: direction la plage. La pression du nombre des usagers est donc (un peu) moindre.

Ce matin, d'ailleurs, et sans attendre le grand exode d'août, le changement de physionomie de la ville était frappant, par rapport à hier 30 juin. Déjà (un peu) moins de monde, de trafic, de bruit et d'agitation. Nul sans doute ne s'en plaindra, vu la température ambiante.

.

PS: Rien à voir, mais tout de même. Un petit air de vacances également pour le dispositif de vigilance anti-terroriste, en tout cas dans notre quartier du onzième arrondissement. Pour preuve, ce matin, pas le moindre policier, gendarme ou militaire n'était de faction devant l'ex-rédaction de "Charlie Hebdo", rue Nicolas Appert. C'est la première fois que cela arrive depuis le meurtrier attentat qui y a été perpétré, le 7 janvier.

30/06/2015

Une double peine

Les petits vieux et les personnes fragiles vont doublement déguster, à Paris. Une canicule: 40° en journée, et pas moins de 25° la nuit. Et, en plus, un épisode de pollution atmosphérique. Les particules fines ne sont, cette fois, pas en cause: c'est une pollution à l'ozone. Comme déjà vendredi et comme encore demain mercredi, les seuils d'alerte devraient être atteints, voire dépassés, ce mardi, dans la capitale française.

Les autorités sont évidemment sur les dents. Nul n'a oublié la conséquence sanitaire de la canicule historique de l'été 2003: 19.000 décès prématurés. Depuis, des mesures ont été prises, tant en termes d'organisation des pouvoirs publics que de sensibilisation de l'opinion et d'équipement des maisons de repos. Mais c'est peu dire que la situation ne s'est pas vraiment améliorée aux services des urgences des hôpitaux. «On est au bord de la rupture!», s'alarmait le dirigeant du syndicat des médecins urgentistes, ce matin sur une radio.

C'est donc là encore et toujours que, ces jours prochains, cela pourrait à nouveau coincer. Avec, comme il y a douze ans, des conséquences dramatiques?

29/06/2015

Un tarif qui devient prohibitif

arts,culture,musées,gouvernement,economieUn peu de culture, pour bien débuter la semaine. Mais, en l'occurrence, une mauvaise nouvelle. En provenance du Louvre – qui, décidément, n'en rate pas une (relire ici, ou ). A partir de mercredi, le prix du billet d'entrée y passera à 15€. Contre 12€ aujourd'hui.

L'institution argumente que, de la sorte, les expositions temporaires deviendront, bien plus qu'aujourd'hui, la «porte d'entrée vers le musée». Car ce billet à 15€ donnera accès aussi bien aux collections permanentes qu'aux expositions. Et elle fait valoir que c'est même une diminution de tarifs: aujourd'hui, le billet jumelé (donnant accès aux expos et aux collections) est à 16€. Il n'empêche, dans les faits, la majorité des quelque 9 millions de visiteurs annuels du Louvre choisissant de visiter soit ses collections, soit une expo, la plupart du temps, ils paieront davantage qu'auparavant.

Derrière ces arguments spécieux, se cache en fait une nécessité beaucoup plus prosaïque. Vu les baisses des dotations que lui verse l'Etat, Le Louvre doit, comme les autres musées, accroître sa part d'autofinancement. Et il estime que cela passe notamment par une hausse de ses tarifs.

Ces trois euros de plus n'incommoderont sans doute pas exagérément les touristes étrangers, qui constituent 70% de sa clientèle. En revanche, pour une famille nombreuse venue de province passer quelques jours de vacances dans la capitale, 15€ par personne, cela commence à faire cher – a fortiori que les audioguides, bien sûr, ne sont pas compris dans le tarif.

A part cela, en 2012, le candidat François Hollande avait notamment promis, s'il était élu à l'Elysée, de «soutenir l'accès à la culture et à la création artistique».

Encore bravo.

26/06/2015

Une communication très orientée

Une fois n'est pas coutume, un sujet très léger, pour bien achever la semaine. Un petit retour sur cette controverse assez ridicule qu'a provoquée Ségolène Royal, l'autre jour, à propos du Nutella – si par extraordinaire cela vous avait échappé, un résumé de cela par exemple .

De tout ce débat, les Français ont sans doute retenu qu'ils n'avaient pas à culpabiliser: pouvaient continuer à engouffrer leur pâte à tartiner préférée, au petit-déjeuner ou au goûter. A fortiori – cela leur a été dit et répété – qu'elle a un petit côté «made in France». Mais oui, le Nutella, en Normandie, ce sont des centaines d'emplois.

Oui, mais non.

Autant on peut argumenter pour ou contre le côté écologiquement correct de ce produit, ou pas, autant il est difficile de lui trouver le moindre bénéfice en termes de santé. Vu que le Nutella, c'est avant tout, et pas qu'un peu, ... du sucre et du gras.

A ce sujet, une union de consommateurs a mis en ligne une petite vidéo qui déconstruit bien la communication de Ferrero. Elle relève que les campagnes publicitaires de cette marque relatives au Nutella mettent en avant les composants de ce produit qui sont valorisants (les noisettes, le lait et le cacao). En revanche, elles ne précisent bien sûr pas que les deux tiers de la recette de la pâte à tartiner proviennent de deux ingrédients qui, eux, d'un point de vue nutritionnel, n'ont rien d'affriolant: le sucre et l'huile – qui ne contribuent pas peu à l'obésité infantile.

C'est vieux comme le monde, cette technique publicitaire. Mais cela continue à marcher, visiblement.

Longue vie, donc, au Nutella.

25/06/2015

Un (léger) désir

Personnalités, Strauss-Kahn, Justice, Economie, FemmesIls sont minoritaires dans l'opinion, mais tout de même pas en nombre négligeable. A en croire un sondage rendu public ce jeudi, 38% des Français souhaitent un retour de Dominique Strauss-Kahn dans la vie publique. L'électorat de gauche est partagé à parts égales sur cette éventualité, qui est majoritaire (54%) chez les sympathisants socialistes.

Une part de ces inconditionnels de DSK doit sans doute considérer qu'il a été victime d'une machine médiatico-judiciaire qui, pendant trois ans, l'a broyé, pour finalement le relaxer. En revanche, à moins que le scabreux, voire le glauque, soit devenu tendance en France, il est plus douteux que cette envie de lui soit stimulée par l'aperçu de sa vie privée qu'a donné ses comparutions judiciaires. On peut d'ailleurs noter que les femmes (33%) sont moins nombreuses que les hommes (44%) à vouloir son retour.

Sans doute, donc, est-ce avant tout l'économiste Strauss-Kahn qui est regretté par ses supporteurs. Qui ont la «nostalgie de sa parole économique», dixit le sondeur Bernard Sananès.

C'est parfaitement leur droit, mais c'est tout de même assez piquant, et doublement.

D'une part, et principalement, autant plus grand monde au PS ne se réclame de l'homme Strauss-Kahn – jugé définitivement trop sulfureux – , autant la ligne politico-économique qu'il incarne (le social-libéralisme, pour dire vite) est majoritaire, dans ce parti comme au gouvernement. Les Valls, Macron et autres Sapin font-ils autre chose que du strauss-kahnisme? On ne peut donc pas dire qu'il y ait un vide doctrinal à combler, en la matière. D'autre part, et accessoirement, les hasards de l'actualité veulent que ce sondage tombe au lendemain de la publication des derniers chiffres mensuels en date du chômage, qui, une fois de plus, sont mauvais. Et donc illustrent bien l'efficacité très perfectible de cette ligne économique social-libérale.

24/06/2015

Une apparition très inattendue

Plus grand-chose ne nous étonne, en politique française. Mais là, on l'avoue, on ne s'y attendait pas du tout, donc on a été un peu surpris. L'apparition, dans le débat hexagonal, ... de Gandhi.

C'est au centriste François Bayrou que l'on doit cette apparition inattendue. Ce matin, l'ex-ministre de l'Education – très lettré, et qui aime le rappeler – a raconté que l'Indien, chaque matin, quand il s'installait à sa table de travail, ne manquait jamais de saluer à haute voix «les espions». Manière de leur faire savoir, ainsi qu'à leurs commanditaires, qu'il n'était pas dupe de la surveillance dont il faisait l'objet. On avoue platement qu'on ignorait cette anecdote historique.

François Bayrou l'a narrée en réagissant au scandale qui a éclaté hier soir: la révélation, dans le cadre de WikiLeaks, de la mise sur écoutes de trois Présidents français (François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac), par la NSA américaine. Révélation qui, évidemment, depuis, suscite un tombereau de réactions indignées, à Paris.

«Un jeu de rôles», «du théâtre»: c'est ce que relativisaient, assez justement, quelques éditorialistes en train de débattre sur une télé, ce matin. Le portable d'Angela Merkel elle-même ayant été longtemps écouté – à supposer qu'il ne le soit plus, actuellement –, nul, bien sûr, en haut lieu à Paris, n'imaginait une seule seconde qu'un traitement différent avait été réservé aux plus hauts dignitaires français.

23/06/2015

Un «engouement populaire» (paraît-il)

Paris, International, SportsGrosse opération de communication à l'Hôtel de Ville, à midi. Car Paris, ce mardi, confirme qu'elle est bien officiellement candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2024. Qui sait la quatrième fois sera-t-elle la bonne? Ses trois tentatives précédentes d'organiser cet événement sportif mondial avait toutes échoué.

Si l'on en croit le dernier sondage en date, les habitants de la Région parisienne soutiennent massivement le projet. Ils n'en ont pas moins mis du temps avant de s'enthousiasmer. Il y a quelques mois encore, à l'image de la maire elle-même, Anne Hidalgo – qui, houspillée par François Hollande, a fini par se bouger –, ils n'avaient pas l'air très emballés. La peur de se prendre une quatrième gifle consécutive?

Mais à présent, donc, les habitants de la «Ville lumière», seraient conquis. On est prié de s'en référer aux enquêtes d'opinion pour s'en convaincre, puisqu'aucune consultation en bonne et due forme de la population parisienne n'a eu lieu, avant l'officialisation de cette candidature.

En ce qui concerne notre modeste petite personne de Parisien moyen, en tout cas, depuis six mois que cette idée de candidature circule, pas un habitant de la capitale – pas un seul –, parmi tous ceux que l'on côtoie dans la vie quotidienne (dont pas mal de sportifs amateurs), ne nous a jamais parlé de ces JO de 2024 à Paris. L'«engouement populaire» allégué par les médias, les sondeurs et les politiques, donc, on ne l'a pas vraiment ressenti.

Mais on n'a jamais prétendu non plus être d'office un Parisien complètement représentatif.

22/06/2015

Une fête, malgré le contexte

Hier, comme chaque 21 juin, la Fête de la Musique. C'est peut-être/sans doute la moindre des choses, mais on peut tout de même saluer qu'elle ait été maintenue. Alors qu'en région parisienne (mais aussi dans les Alpes maritimes), "Vigipirate", le plan de vigilance antiterroriste, est à son degré d'alerte maximum.

A Paris, singulièrement, ce n'était pas gagné d'avance de laisser ainsi les foules se réunir sur la voie publique et de faire en sorte que tout se passe bien, d'un point de vue sécuritaire. Alors que les forces de l'ordre sont sur les dents voire sont à bout, elles qui ont été tant sollicitées depuis les attentats de janvier. Et pourtant, tout s'est globalement bien passé: aucun incident majeur n'a été déploré. Même François Hollande s'est offert un bain de foule sans encombre – ni enthousiasme exagéré du public... –, dans les jardins du Palais royal.

Que ce rite musical annuel ait été maintenu en dépit de ce contexte si tendu, et que cette mauvaise ambiance n'ait apparemment pas nui aux découvertes culturelles, ce doit être la bonne nouvelle de ce début de semaine.

 

PS. Légère agitation ce matin, dans notre 11e arrondissement. Rue Nicolas Appert, sur le coup de 10 heures, une escouade d'experts de la police scientifique a débarqué sur les lieux de l'attentat du 7 janvier: dans l'immeuble où était établie la rédaction de "Charlie Hebdo". Pour encadrer leur arrivée, d'innombrables cerbères, lourdement armés, avaient été déployés. L'histoire ne dit pas quelles investigations et constatations doivent encore être menées sur la scène de crime, près de six mois après qu'il a été commis.

19/06/2015

Un talent qui manquera

Littérature, Culture, Personnalités, Paris, Histoire«La foule ondule et fait ressac. Soudain, elle s'égrappe, bouscule, emporte le policier, submergé par la vague. Il recule et tangue dans la débandade, le corps serré contre des édredons de poitrines, des poings prêts à cogner ou des rebonds de ventre. Il s'emboîte et se rebiffe. Mais peine perdue. Ce n'est plus lui qui gouverne. C'est le courant. C'est la mer.

Il perd la direction qui le mène. Il hume des odeurs d'aisselles, des transpirations intimes, des haleines d'oignon et de vin. Il rouspète mais il n'est rien.

La vague est plus forte. La mer est plus forte.

Il est tiré à diable et le peuple l'emporte».

Ne pas achever la semaine sans saluer la mémoire de Jean Vautrin, décédé mardi. Car, à notre sens, il fait partie des écrivains qui ont le mieux décrit Paris. Et, avec sa monumentale fresque (plus de 600 pages) «Le cri du peuple», il a inscrit en lettres d'or dans le patrimoine littéraire français le si passionnant moment historique que fut La Commune de Paris: ce soulèvement populaire qui, au printemps 1871, fit trembler la «Ville lumière», puis fut réprimé dans le sang.

Plus de dix ans déjà qu'on a lu ce livre – adapté ensuite en BD par Tardi – et on en garde encore un souvenir vivace. Incroyable roman: foisonnant, truculent, prenant. On y repense chaque fois que le hasard de nos pérégrinations dans Paris nous conduit à Butte aux Cailles ou dans d'autres quartiers ayant vécu si intensément La Commune, quartiers que Vautrin narra si bien.

Littérature, Culture, Personnalités, Paris, HistoireQuelques lignes de lui encore, donc, pour le plaisir.

«Fosses communes. Horribles fosses du square de la Tour-Saint-Jacques, du Père-Lachaise, noirs suaires, entassements de cercueils. Salle des fusillés, tombereaux de cadavres, champs de massacrés! Au pied des murs, le long des ruisseaux, devant les hôpitaux, les frères assassinés reposent.

Les minutes béquillent. La morale fane. Les corps sont blasés. En tous points de la capitale monte une horreur visible».

18/06/2015

Une invitation «à partager»

Quittant la maison ce matin, découvert dans la boîte aux lettres une invitation. Signée "Les voisins de Charlie".

Il s'agit d'«un collectif d'habitants créé à la suite des attaques de janvier», qui ont endeuillé notre quartier Saint-Sabin, dans le onzième arrondissement. Il regroupe des riverains notamment de la rue Nicolas Appert. A savoir, la ruelle derrière chez nous, dont toute la France, sous le choc, découvrit l'existence, le 7 janvier. Car c'était là qu'était installée la rédaction de "Charlie Hebdo". Elle a déménagé, depuis, mais, plus de cinq mois plus tard, les gendarmes stationnent toujours en permanence dans cette allée, et des touristes du monde entier continuent de venir la visiter.

Cet attentat a évidemment traumatisé, et durablement, tous les habitants du quartier. Il n'en a pas moins laissé les membres de ce collectif bien «décidés à réinsuffler de la vie, de la joie et de la citoyenneté dans notre village». Ce dimanche, donc, ils invitent «avec joie» les riverains à participer à un «brunch de quartier», à «partager» autour d'«une grande table commune». Cela se déroulera dans cette même rue Nicolas Appert.

A en juger aux logos figurant sur le bristol des "Voisins de Charlie", plusieurs commerces du quartier sont partenaires de l'opération, et elle a reçu le soutien de la mairie de Paris.

Bien. A la fois cette solidarité de tous, et ce désir de recréer du lien.