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22/05/2015

«Un dumping social»

Il n'a pas l'air d'être trop bien parti, ce grand plan que le gouvernement avait lancé dernièrement (relire ici), destiné à renforcer l'attractivité touristique de Paris notamment en améliorant sa desserte par taxi, depuis les aéroports de Roissy et d'Orly.

Les autorités croyaient avoir amadoué les taxis parisiens en leur concédant une voie dédiée sur une portion de l'autoroute A1, à l'heure de pointe matinale. La profession a apprécié, mais, pour autant, elle n'est pas prête à avaler l'idée d'un «forfait-taxi pour les trajets Paris aéroports». Hier jeudi, dans Paris, une manifestation de taxis, assez suivie, a protesté contre ce projet.

Il s'agirait de déterminer un montant fixe pour la course entre Paris et ses aéroports, semble-t-il autour de 50-55 euros. Mais les chauffeurs s'indignent (là, par exemple) à l'idée qu'une tarification forfaitaire les oblige à «travailler la nuit et le jour pour le même prix, les jours ouvrés et le dimanche et les jours fériés aux mêmes tarifs», et à «gagner le même revenu, que la course dure trente ou soixante minutes». A leur sens, ce serait du «dumping social», qui ne pourrait «que dégrader les conditions de travail des chauffeurs et par là même la qualité de service au public». Pas question pour eux, donc, de sortir du mécanisme actuel de tarification au compteur. Tout au plus se disent-ils prêts à discuter de l'instauration éventuelle d'un tarif plafond, qui ne pourrait pas être dépassé.

L'Autorité de la concurrence devrait rendre son avis sur le sujet en juin. Mais il se dit que le gouvernement pourrait ne pas même attendre cet avis, et imposer sa réforme dès la semaine prochaine.

Un tel passage en force serait assez inédit. En effet, dans le passé, très rares ont été les gouvernements qui ont osé heurter de front le lobby des taxis, dont les manifestations (opérations escargot, blocages des grands axes, etc.) sont souvent très perturbatrices de la circulation, et donc redoutées par les gouvernants. Même Nicolas Sarkozy, à l'époque où il était à l'Elysée, s'était bien gardé de suivre les recommandations que Jacques Attali lui avait faites, de réformer de fond en comble cette profession.

21/05/2015

Un démarrage fulgurant

Paris, Musique, CultureEnfin une bonne nouvelle, pour La Philarmonie. Cet immense temple parisien de la musique, qui a été inauguré en janvier à La Villette. Jusqu'à présent, ce paquebot culturel avait surtout fait parler de lui pour l'envolée de son coût et de ses délais de construction (relire ici, par exemple). Mais là, il semble susciter l'engouement.

550.000, c'est le nombre de visiteurs que La Philarmonie a accueillis, en quatre mois. C'est plus que prévu, et cela lui permet d'afficher un taux de remplissage de 96% pour ses concerts. Surtout, un quart du public des concerts provient des quatre arrondissements populaires du Nord-Est de Paris, et 10% rien que du 19e, où l'institution s'est établie. Dans le même temps, le public d'origine – celui de la Salle Pleyel, donc majoritairement issu des beaux quartiers de l'ouest parisien – a visiblement suivi, lui aussi. Il a pris sans heurts ses nouvelles habitudes dans ce grand ensemble situé pourtant dans un environnement sociologique moins favorisé et dans un cadre urbain plus ingrat: en contrebas du périphérique.

Les finances de l'institution seront stabilisées si, à l'avenir, ce succès se confirme. Mais ce n'est pas gagné d'avance. Car, si La Philarmonie n'a pas désempli dès son ouverture, c'est aussi et surtout parce qu'elle a eu le nez fin. Parce que, d'entrée de jeu, elle a programmé une exposition thématique très populaire, et qui avait déjà remporté un grand succès à l'étranger: la rétrospective consacrée à David Bowie. Il faudra donc voir si, par la suite, des choix de programmation moins immédiatement consensuels remporteront tout autant l'adhésion du public.

11:59 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, musique, culture

20/05/2015

Une décontraction très nouvelle

Quand les magazines de papier glacé entrent en collision avec les débats à l'Assemblée. Hier après-midi, les députés sarkozystes ont mené la charge contre le gouvernement, qu'ils accusent de «complicité hypocrite» avec le «proxénétisme procréatif». C'est tout le débat à propos de la GPA, ou gestation pour autrui: le recours à l'étranger, par des Français, à des mères porteuses. Et voilà que ce matin, dans «Gala», un animateur télé de la chaîne M6 s'affiche, tous sourires (), avec son petit Elliot: enfant de trois mois issu d'une GPA menée aux Etats-Unis.

Ce n'est pas la première fois qu'une personnalité cathodique française a recours à une mère porteuse, mais jamais auparavant (à moins que cela nous ait échappé) cette démarche n'avait été rendue publique aussi ouvertement, et assumée avec autant de décontraction.

Du coup, il sera intéressant de voir si le gouvernement va faire semblant de rien. Ou, au contraire, faire en sorte que des poursuites soient diligentées contre l'intéressé. Puisque, théoriquement, il est passible de peines de prison et d'amende (voir ici). Intéressant aussi de voir la consigne que Nicolas Sarkozy va donner à ses troupes. Les envoyer descendre en flammes cet animateur télé? Ou, au contraire, ne pas faire trop de vagues sur ce cas précis, pour ne pas risquer de se mettre à dos l'électorat des jeunes accros à ce genre de programmes télévisés ainsi qu'à l'humour potache qu'affectionne ce présentateur.

Reste à voir également si un "coming out" de ce type est de nature, ou non, à faire évoluer le jugement que porte l'opinion sur le recours aux mères porteuses. Un jugement qui a basculé, à l'occasion de la grande bataille de 2013 sur le «mariage gay». Auparavant, les Français n'étaient pas spécialement opposés à la GPA. Mais, à présent (voir , par exemple), ils la désapprouvent majoritairement.

19/05/2015

Un privilège à relativiser

paris,banlieues,logement,social,art de vivreHabiter à Paris et dans sa région: le rêve. C'est souvent l'idée qu'on s'en fait quand on n'y réside pas, et a fortiori quand on voit cela depuis l'étranger. Une étude statistique publiée ce matin vient relativiser ce privilège supposé.

Ainsi, en région parisienne, 19,5% des logements sont considérés comme surpeuplés, soit trois fois plus qu'en province (6%). C'est bien sûr dû au fait que la capitale et sa banlieue se distinguent par l'exiguïté de leurs habitations: elles «accueillent en moyenne 2,3 habitants, soit autant qu’au niveau national, alors que le nombre moyen de pièces et la surface habitable moyenne y sont nettement plus faibles». N'en déplaise au cliché de Paris et ses grands appartements haussmanniens, dans la «Ville lumière», «la part des logements surpeuplés dépasse 25%».

Des logements trop petits, donc. Et, en plus, pas forcément en très bon état. Ou, du moins, pas toujours confortables.

Ainsi, un quart des résidences principales situées en région parisienne ont un problème d’humidité. A Paris intra muros, ce taux monte à 28,6%, «du fait de l’ancienneté et de la vétusté d’une partie du parc» résidentiel. Dans la capitale, 6% des logements connaissent également des soucis d'infiltrations d’eau, soit davantage que dans le reste du pays.

Enfin, en 2013, près d'un Parisien sur quatre (23,4%) a déclaré avoir eu froid dans son logement. Ce n'est pas seulement dû au fait que, cette année-là, la France a connu «l’un des hivers les plus froids depuis vingt ans». Cet inconfort thermique est aussi la conséquence des qualités des logements: en région parisienne, «les deux causes du froid (dans l'habitation) les plus souvent citées par les ménages sont la mauvaise isolation et les installations de chauffage insuffisantes».

Mais à part cela, bien sûr, habiter à Paris est un bonheur permanent.

18/05/2015

Un trait d'union, bienvenu

On peut n'y voir qu'une passerelle, sans grand intérêt. On peut aussi considérer que c'est l'amorce du début de la réduction de la fracture entre Paris et sa banlieue: deux territoires qui se côtoient, mais qui manquent si souvent de pont et de lien entre eux.

Le périphérique ne coupe dorénavant plus totalement la «Ville lumière» des communes situées de l'autre côté de ce boulevard. Pour la première fois, en effet, une passerelle piétonne a été aménagée au-dessus de ce périph'. Elle relie Paris et Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Longue de 65 mètres, pesant 120 tonnes, réservée aux piétons et aux vélos, elle surplombe désormais le boulevard périrurbain le plus fréquenté d'Europe.

Les habitants pourront donc aller et venir beaucoup plus aisément qu'auparavant d'une rive à l'autre de la rocade. L'espoir est que cela crée des liens, non seulement individuels, mais aussi collectifs.

Bien.

15/05/2015

Un objectif ambitieux, une origine inchangée

métrofemmes.jpgUne femme à la tête de la RATP. Voilà qui ne pourra pas faire de mal à la mobilisation décrétée contre le fléau des violences et des agressions qui, dans le réseau parisien de transports en commun, visent spécialement les femmes.

L'intéressée, Elisabeth Borne, vient de voir son projet de nomination validé par le Sénat et l'Assemblée. Il ne manque donc plus qu'un arrêté pris en Conseil des ministres, pour qu'elle puisse entrer en fonctions. Lors de son audition par les parlementaires, elle a promis de faire de la régie parisienne «l'entreprise de référence, en termes de mobilité durable». La barre est donc placée haut. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle a du pain sur la planche, vu l'état général actuel du réseau.

La future PDG, qui dirigera 55.000 salariés, sort du sérail politique. En effet, elle vient du cabinet de la ministre des Transports, Ségolène Royal, cabinet qu'elle dirigeait. C'est un grand classique, à la régie parisienne. Pour preuve, à sa tête, Elisabeth Borne remplacera Pierre Mongin. Ce dernier avait été nommé à la présidence de l'entreprise publique en 2006, par le Premier ministre d'alors, Dominique de Villepin, dont il dirigeait le cabinet.

Force est donc de constater que, malgré le grand slogan de campagne de François Hollande («Le changement, c'est maintenant»), les plus hauts postes publics restent squattés par des personnalités qui, toutes, sont extrêmement marquées, politiquement. Sans que ce constat conduise à (préj)juger négativement les qualités de la future patronne de la RATP – ses 10 millions d'usagers quotidiens constateront très vite, dans leur vécu journalier, si l'on progresse, ou non, vers son si ambitieux objectif d'«entreprise de référence».

13/05/2015

Un réseau condamné

Condamnés à de la prison ferme, pour des vols. La Justice a-t-elle considéré qu'il fallait frapper fort, alors que, ces dernières années à Paris, ont successivement éclaté plusieurs scandales du même acabit (relire par exemple ici ou )? Toujours est-il qu'elle vient de condamner à des peines de prison les piliers d'un réseau qui sévissait à Orly.

 

Des bagagistes de cet aéroport pillaient les valises des voyageurs. Trois d'entre eux dévalisaient les soutes des avions, pendant que le quatrième faisait le guet sur le tarmac. Leur manège a duré pendant au moins deux ans, entre 2009 et 2011, certains ayant même avoué l'avoir débuté dès 2007. Articles de maroquinerie, bijoux, téléphones, tablettes, consoles de jeu, caméscopes ou appareils photo numériques: leur larcin, quand il a été mis au jour par les policiers, ressemblait à une véritable caverne d'Ali Baba, haut de gamme.

 

L'autre jour, donc, les quatre piliers de ce réseau ont été condamnés à des peines de prison ferme (allant de six à neuf mois) ainsi qu'à des amendes et à trois ans d'interdiction de travailler dans un aéroport. Treize autres personnes, sous-fifres du réseau, ont écopé de prison avec sursis et d'amendes, pour abus de confiance et recel.

 

Un jugement qui, en tout cas, ne tombe pas à n'importe quel moment: à l'approche des vacances, qui vont drainer des millions de voyageurs à Roissy et à Orly.

12/05/2015

Un presque homonyme

Paris, Banlieues, Transports, Métro, Sécurité, Police, Femmes3502 voleurs à la tire interpellés dans les transports publics parisiens, en 2014. Soit presque dix par jour, ce qui n'est tout de même pas rien.

Et aussi 882 receleurs de téléphones et autres appareils volés à des usagers. Et 1252 détenteurs d'armes prohibées – pas mal de couteaux en circulation, visiblement, dans les bus et le métro... – et 109 détrousseurs matinaux de voyageurs fatigués ou de fêtards éméchés. Sans oublier, dans les six gares que compte la capitale, 95 voleurs de bagages arrêtés.

Tel est le bilan de la Brigade des réseaux franciliens (BRF), pour l'an dernier. Il a été dressé hier par la préfecture de police de Paris, qui a félicité pour son action ce «bras armé de la police régionale des transports».

Police qui a désormais un nouveau grand patron. Le commissaire divisionnaire Jean-Marc Novaro, c'est son nom. Il s'en est donc fallu de peu (deux lettres) pour que la capitale et sa région aient à la tête de leur police des transports un homonyme du commissaire Navarro: le plus célèbre flic parisien de la télé...

L'intéressé connaît le terrain. Ces trois dernières années, en effet, au titre de détaché du ministère de l’Intérieur, il a officié comme directeur de la sécurité de la RATP. Lundi, le préfet de police lui a fixé comme priorité notamment la lutte contre les violences faites aux femmes.

Paris, Banlieues, Transports, Métro, Sécurité, Police, Femmes«Professionnalisme, dialogue et performance»: c'est ce que promet () ce commissaire Novaro pas Navarro. Vu l'ampleur prise par le fléau des agressions à caractère sexuel perpétrées dans le réseau des transports publics (ce blog l'évoquait, dernièrement: ici), c'est peu dire qu'il a du pain sur la planche.

Et donc qu'il est particulièrement attendu au tournant.

11/05/2015

Une faute de goût réparée

L'initiative se justifie bien sûr en soi, mais elle peut aussi être vue comme l'implicite réparation d'une grosse faute de goût.

L'Assemblée nationale vient de lancer le cycle de cérémonies commémorant Olympe de Gouges (1748-1793): grande figure de la Révolution, guillotinée sous la Terreur. C'est à elle que l'on doit la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, et notamment cette formule célèbre: «La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune». Il y a quelques mois, des énergumènes des services de l'Assemblée avaient cru bon, pour rendre hommage à cette féministe, de réaliser à son effigie... un tablier de cuisine (). Intégré à la boutique en ligne de l'Assemblée, l'article n'y était resté que quelques heures, puis en avait été retiré vu le tollé. On a encore vérifié ce matin, en parcourant en vitesse les rayons de ce magasin, on n'y trouve désormais plus trace de cette initiative si douteuse, ni du moindre article pouvant paraître péniblement sexiste.

En lieu et place de cette bévue, le président de l'Assemblée a, l'autre jour, dans un discours solennel, vanté les qualités et le legs de cette «femme extraordinaire, qui eut l'audace, dans cette période troublée de la Révolution, de réclamer des droits pour les esclaves, les indigents et les femmes». Et d'annoncer qu'en octobre prochain (à l'occasion de la célébration du 70e anniversaire de l'élection des premières femmes députées), un buste de cette figure historique serait officiellement installé, dans l'enceinte de l'Assemblée.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, 222 ans après la mort de l'intéressée.

07/05/2015

Un effet induit

Paris, Banlieues, Terrorisme, Sécurité, TransportsLa délinquance et l'insécurité ont dégringolé en France, et singulièrement à Paris, depuis les attentats de janvier. Et c'est très probablement dû à Vigipirate, le dispositif de vigilance antiterroriste – qui, en région parisienne notamment, a été relevé à son niveau maximal d'alerte.

Les derniers chiffres en date de l'Observatoire national de la délinquance sont assez spectaculaires. En ce qui concerne par exemple les vols perpétrés sur le réseau ferré de la région parisienne, qui est «l’un des principaux espaces de déploiement des forces de l’ordre et des militaires du plan Vigipirate». Pendant les trois semaines de janvier qui ont suivi les attentats, ces vols ont été «en baisse de près de 40% par rapport aux mêmes semaines de 2014». Puis, lors des six semaines suivantes, les baisses mesurées ont à nouveau été «fortes», «sans atteindre de tels niveaux» (aux alentours des 30%). En mars, encore et toujours, une réduction a été enregistrée, dans la zone de 20%. Ce n'est que depuis la fin de ce mois-là que la diminution est retombée sous la barre des 10%.

Il faut être prudent avant d'attribuer de manière certaine cette dégringolade à la "peur du gendarme" subitement déployé en masse dans les rues. En effet, «dès la première semaine de l’année 2015, celle qui s’est conclue le mercredi de l’attaque de l’hebdomadaire "Charlie Hebdo", le nombre de faits de vols sur le réseau ferré d’Île-de-France était en forte baisse». Et, en novembre 2014, pareillement, le nombre de faits de vols a connu des diminutions hebdomadaires de 25%. Il n'empêche, les experts en criminalité jugent vraiment «très singulières, au regard de l’ensemble des statistiques hebdomadaires», ces variations observées lors des trois semaines de janvier ayant suivi l’attaque contre "Charlie". Ils estiment donc «légitime» le «scénario d’un effet du plan Vigipirate» sur ce type de délinquance et de criminalité, même si cet effet, «avec le temps, se serait réduit progressivement».

En d'autres termes, Vigipirate, qui a pour but de «terroriser les terroristes» (comme dirait Charles Pasqua), incite visiblement aussi les «sauvageons» (comme les appelait Jean-Pierre Chevènement) et autres petits malandrins à se tenir à carreau.

Sans doute est-ce déjà cela.

06/05/2015

Une «maladresse», on va dire

Une chaîne de télé française rappelée à l'ordre à propos d'un commentaire déplacé relatif à des citoyens belges. Ce n'est pas si fréquent, et pourtant cela vient de se passer.

Hier soir, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fait savoir () qu'il était intervenu auprès de LCI: la chaîne d'info continue du groupe TF1. En cause, un sujet qu'elle a diffusé en boucle, relatif au scandale d'évasion fiscale qui éclabousse la banque suisse HSBC. Le journaliste de LCI, évoquant le type de clients de la banque impliqués dans cette affaire, a cru bon de les énumérer de la sorte: «Dans cette banque-là, il y avait des trafiquants d’armes internationaux, des trafiquants de drogue. Il y avait des gens qui ont financé Al-Qaïda. Il y a des diamantaires juifs d’Anvers qui avaient des comptes très importants à Genève».

Pour le "gendarme de l'audiovisuel", «faire état de la judéité des personnes mises en cause, dans une énumération faisant référence à des trafiquants d’armes, de drogue et des personnes ayant financé Al Qaïda, peut contribuer à alimenter les amalgames et à encourager les discriminations». Or, LCI et toutes les radios et télés françaises en général sont contractuellement tenues de «respecter les différentes sensibilités politiques, culturelles et religieuses du public» de «ne pas encourager des comportements discriminatoires en raison de la race, du sexe, de la religion ou de la nationalité», et de «promouvoir les valeurs d’intégration et de solidarité».

Le CSA attribue cet écart, non à une volonté délibérée, mais à la «maladresse» du commentateur concerné. Préférons, en effet, pour le bon moral de tout le monde dans ce pays, voir les choses sous cet angle.

05/05/2015

Un grand n'importe quoi

Partis, Personnalités, Le Pen, Droit, Famille, FemmesPuisque, vu l'actualité d'hier soir, ce blog peut aujourd'hui difficilement parler d'autre chose que de la famille Le Pen – décidément, et plus que jamais, la famille Addams de la politique française –, peut-être quelqu'un devrait-il signaler deux choses à Jean-Marie Le Pen.

D'abord, puisqu'il veut «répudier» sa fille Marine et faire en sorte qu'elle ne puisse plus porter son patronyme, l'informer que la répudiation des femmes (qu'elles soient épouses ou filles) n'est pas permise, en droit français. S'agissant du mariage, cette façon de le dissoudre qui découle de la volonté unilatérale du mari, donc est par essence inégalitaire, ne peut jamais avoir cours en France, en tout cas entre époux Français "de souche" (pour prendre un terme bien lepéniste), les choses étant moins claires (voir par exemple ici) quand il s'agit de statuer sur la reconnaissance ou non, par la justice française, d'une mesure de répudiation prononcée à l'étranger.

Du reste, il est assez piquant de voir le chef historique d'une formation d'extrême droite en arriver à prôner une sanction relevant du droit musulman, alors que son parti dénonce en boucle «l'islamisation» de l'Hexagone.

Ensuite, signaler à Jean-Marie Le Pen que, s'il ne peut répudier sa fille, il peut, éventuellement, la déshériter. La procédure, cela dit, n'est pas simple, le Code civil français imposant traditionnellement, lors d'une succession, une part réservataire pour chacun des enfants – mais le processus d'harmonisation européenne pourrait bientôt nuancer cela (lire par exemple ).

Du reste, il serait assez piquant de voir Jean-Marie Le Pen en arriver à faire le malin sur la question de son héritage. Alors que lui-même est soupçonné d'avoir planqué en Suisse des millions d'euros, notamment en pièces d'or et en lingots – ses explications sur le sujet tardent à venir, d'ailleurs.

04/05/2015

Un ultime sursis octroyé

Les médias français en ont relativement peu parlé, ces derniers jours, mais c'est pourtant une fameuse épée de Damoclès qui pèse désormais sur l'Hexagone, et qui concerne Paris au premier chef.

La Commission européenne a adressé au gouvernement Valls une sèche mise en garde (ici), l'invitant à prendre enfin «des mesures ambitieuses, rapides et efficaces» pour lutter contre la pollution de l'air. En cause, cette pollution aux particules fines qui pose tant de problèmes à la «Ville lumière» et à la plupart des agglomérations du pays. Bruxelles rappelle que «les chiffres des autorités françaises les plus récents montrent que le problème de pollution de l'air persiste et que les limites maximales journalières pour ces particules sont dépassées dans dix zones». Or, souligne sèchement la Commission, «la France n’a pas adopté les mesures qui auraient dû être appliquées depuis 2005, pour protéger la santé de ses citoyens». Alors qu'en février 2013 encore, Bruxelles avait mis une énième fois Paris en demeure de se bouger, sur la question.

L'Europe donne à la France un dernier délai de deux mois, pour s'activer. Sinon? «La Commission pourra saisir la Cour de justice de l'Union européenne». Et cette juridiction pourrait infliger à la France des amendes dont le montant pourrait atteindre des dizaines de millions d'euros.

Ségolène Royal n'a toujours pas réagi. Il va être intéressant de voir comment la ministre de l'Ecologie va gérer ce dossier. Elle qui vient d'avoir une violente passe d'armes avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui reproche au gouvernement son apathie sur le fléau de cette pollution – voir comment Ségolène Royal, hostile à toute «écologie punitive», n'a cessé de traîner les pieds chaque fois qu'elle a dû valider la mise en place de la circulation automobile alternée, dans la capitale.

30/04/2015

Un grand objectif, et des outils pour l'atteindre

paris,transports,tourisme,gouvernementPas encore trop d'embouteillages en bordure de Paris hier, qui était pourtant le grand jour où a été relancée une expérimentation qui, en 2009, quand elle avait été une première fois tentée (relire ), avait causé pas mal de pagaille dans la circulation.
 
En l'occurrence, la circulation – chroniquement très dense – sur l'autoroute A1, à l'approche de la capitale. Depuis hier, entre 6h et 10h du matin et sur cinq kilomètres entre La Courneuve et le Stade de France, ne sont autorisés à circuler sur la voie de gauche que, outre les bus, les taxis et les cars de navette venant de l'aéroport de Roissy CDG. Le but de cette voie dédiée est de leur faire gagner une petite dizaine de minutes sur leur temps de parcours habituel vers la «Ville lumière». A terme, quand la «période de tolérance» sera passée, tout automobiliste qui s'aventurera sans autorisation sur cette voie de circulation se prendra 135 euros d'amende.
 
Les taxis sont ravis. Les autres usagers de l'A1 grimacent, apeurés à l'idée que, comme il y a six ans, cette expérimentation aggrave encore un peu plus leurs embarras de circulation. Ce ne fut pas le cas dès hier, mais sans doute uniquement grâce au fait que le trafic est réduit en ce moment dans et autour de Paris, en cette période de congé scolaire.
 
paris,transports,tourisme,gouvernementCette initiative fait partie d'un plan plus vaste que le Conseil des ministres a approuvé hier, et qui vise un grand objectif: que la France, à terme, accueille 100 millions de visiteurs annuels (contre 84 millions, aujourd'hui). Outre cette expérimentation sur l'A1, le gouvernement promet «l’amélioration de l’accueil à Roissy et à la Gare du Nord», un «forfait-taxi pour les trajets Paris aéroports», ou «la mise en place du dispositif "Visa en 48h" en Chine (+60% de visas accordés en 2014), Afrique du Sud, Inde et dans les pays du Golfe». Justification de cette mobilisation: «Le tourisme est une priorité et un investissement d'avenir. Il crée des emplois non délocalisables. C'est l’une des premières industries de la France. Chaque euro investi dans la promotion de la destination France et dans les infrastructures touristiques exerce un effet rapide et bénéfique sur l’ensemble des territoires».
 
Autant de sujets passionnants de réflexion pour tous les Parisiens et banlieusards usagers de l'autoroute A1, si, dès la fin du congé scolaire, à cause de cette expérimentation, ils passent encore un peu plus de temps qu'avant dans les embouteillages.

29/04/2015

Un «métier d'avenir» (paraît-il)

Si d'aventure ce blog est lu par des étudiant(e)s en journalisme et en communication, voilà qui va les intéresser. En France, ces secteurs sont officiellement considérés comme des «métiers d'avenir». Puisqu'ils figurent dans le volumineux rapport sur "Les métiers en 2022", qu'a publié hier le très sérieux institut "France Stratégie": le nom un peu moins technocrate qui est désormais celui de l'ex-Bureau du Plan.

Ce document examine les perspectives d’embauches par métier, d'ici à 2022. Il table sur «l’essor des métiers de la communication, de l’information, de l’art et des spectacles», étant donné la croissance attendue de la communication multimédia, des activités audiovisuelles, et de la consommation de services de loisir.

La France compte actuellement 170.000 professionnels de la communication et de l’information. 97.000 emplois supplémentaires devraient être créés dans ces métiers sur la période 2012-2022, «soit une hausse annuelle moyenne de 1,6%, bien supérieure à celle projetée pour l’ensemble des métiers (0,7%)». On n'embauchera pas spécialement dans la presse écrite, secteur «connaissant une crise depuis dix ans, en raison de la chute du nombre de lecteurs et de la mutation du modèle économique consécutive à l’avènement du numérique». En revanche, «les métiers de la communication et de la publicité, qui ont eux réussi à s’adapter au numérique», pourraient connaître des scénarios «de nature à dynamiser encore l’emploi».

Bien entendu, pour faire partie des heureux élus, il faudra avoir des «compétences numériques», qui «seront de plus en plus indispensables». Et habiter Paris plutôt que le Limousin, ces métiers étant «très concentrés géographiquement» («En 2010, l’aire urbaine de Paris regroupe 54% des professionnels de l’information et de la communication»).

Voilà donc les futurs grands communicants de demain prévenus.

 

PS: Juste, on trouve discutable d'amalgamer en une seule catégorie, comme le fait "France Stratégie", les «métiers de la communication, de l’information, de l'art et des spectacles». D'abord, que l'on sache, le journalisme est rarement de l'art. Surtout, l'associer aux spectacles donne l'impression de cautionner le désastreux engouement de la presse pour l'"infotainment" (= l'info divertissement), si misérablement racoleur.

28/04/2015

Une idée fixe, toujours aussi discutée

Musées, Culture, Arts, Economie, GouvernementAvec le printemps et les beaux jours, c'est aussi, à Paris, le retour d'une idée fixe qui, décidément, d'une année à l'autre, ne passe visiblement pas.

A savoir, la décision prise l'an dernier par Le Louvre (relire ici, par exemple) de mettre entre parenthèses, pendant la haute saison touristique, le système en vigueur depuis 1998, qui veut que l'accès aux collections permanentes de tous les musées soit gratuit chaque premier dimanche du mois. En vertu de cette réforme, ce dimanche 3 mai – puisqu'on est désormais en haute saison –, les visiteurs du plus grand musée du monde devront payer. Il faudra attendre début octobre pour retrouver la gratuité dominicale d'accès à ces collections, une fois par mois.

Pour l'association Louvre pour tous, c'est un «symbole fort et quelque part désespérant». Car, «si les conditions de visite sont ce jour-là parfois pénibles pour les visiteurs et pour les personnels, le premier dimanche du mois gratuit au Louvre est une rare réussite de cette démocratisation culturelle tant recherchée et tant vantée par les politiques de tous bords». Dès lors, une pétition () a été lancée, pour réclamer la levée de cette restriction saisonnière de la gratuité d'accès. Elle a déjà recueilli quelques milliers de signatures.

En revanche, on attend toujours de connaître l'avis sur la chose de la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. Qui, à moins que cela nous ait échappé, ne s'est pas encore prononcée sur cette réforme si discutable. Sans doute a-t-elle d'autres chats à fouetter, qu'elle juge plus prioritaires.

27/04/2015

Une pingrerie assez misérable

Euro Disney moins généreux que la mairie de Paris. C'est ce qu'on peut déduire de l'annonce faite par la ville, l'autre jour, relative aux militaires qui sont mobilisés dans la capitale et sa région en vertu du plan de vigilance antiterroriste "Vigipirate".

Pendant leur temps libre, ces militaires auront accès gratuitement aux établissements culturels et de loisirs municipaux. Ils seront quelque 4.000 à se voir donc proposer «des laissez-passer pour visiter les expositions temporaires dans les musées de la Ville de Paris, des places pour les matchs du Stade Français, et des invitations pour la Foire de Paris, la Tour Eiffel ou encore le Parc zoologique de Paris».

En revanche, un tel «geste de reconnaissance envers nos soldats» (dixit la maire de Paris, Anne Hidalgo), EuroDisney n'a pas souhaité le faire. Le mois dernier, une centaine de militaires mobilisés dans le cadre de "Vigipirate" avaient sollicité un tarif réduit pour visiter Disneyland Paris, lors d'un jour de permission. La direction du parc d'attractions les a envoyés sur les roses. Non parce que l'attraction touristique la plus fréquentée d'Europe (14 millions de visiteurs annuels) revendiquerait une avarice digne du célèbre Oncle Picsou, mais parce qu'elle n'a «pas d'accords particuliers» avec la Défense, qui permettraient à ses hommes de bénéficier d'un tel geste commercial.

L'armée étant une Grande muette, l'histoire ne dit pas si ce refus cinglant a été apprécié à sa juste valeur par les soldats qui, depuis janvier, renforcent la sécurisation même du site de Marne-la-Vallée. Histoire de ne tout de même pas trop se faire mal voir par la troupe, le parc a assorti son refus de ses «remerciements» pour «l'investissement» des militaires déployés en région parisienne, «dans le cadre de (leur) mission difficile».

Sans doute est-ce déjà cela.

24/04/2015

Une grande première, si tardive

Télévisions, Médias, FemmesComme quoi, il ne faut jamais désespérer de rien: tout arrive (parfois).

C'est donc une femme qui va diriger France Télévisions. A l'issue d'une procédure laborieuse et contestée, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fini hier par nommer () Delphine Ernotte à la tête du groupe audiovisuel public. Jusqu'à présent, tout au long de son histoire, France Télévisions avait été dirigé par des hommes. Ce blog le notait, l'autre jour (relire ): le fait qu'une femme accède à sa tête va peut-être, qui sait, l'inciter à enfin donner, sur ses antennes, une juste place aux femmes, quantitativement et qualitativement.

L'intéressée n'a jamais occupé la moindre responsabilité dans le monde de la télé. C'est ce que notaient ce matin, en faisant la moue, nombre de commentateurs – davantage des hommes que des femmes, cela dit. Comme si, pour autant, elle n'avait pas de solides compétences en gestion, elle qui a dirigé un groupe (France Telecom/Orange) d'une taille autrement plus imposante que France Télé. Et comme si les précédents patrons du groupe audiovisuel qui étaient issus de la télé sont tous restés dans les mémoires pour leur parfaite gestion du paquebot français de la télé... Du reste, puisque ces commentateurs réticents semblent l'avoir oublié, rappelons que Bertrand Meheut, pareillement, l'homme qui préside le groupe Canal+ depuis plus de dix ans, était complètement étranger au monde des médias, avant d'accéder à ce poste.

Il n'en demeure pas moins que, en effet, cette désignation de la nouvelle patronne de l'audiovisuel public français a un côté effarant – mais dont l'intéressée n'est nullement responsable. La moindre des choses eut été que les auditions des candidats à ce poste soient publiques. C'est visiblement trop demander au CSA, et c'est bien dommage.

La prochaine fois peut-être, à l'occasion de la nomination de la personne qui succédera à Delphine Ernotte, la France innovera de manière historique sur ce plan-là, cette fois.

Il ne faut jamais désespérer de rien: tout arrive (parfois).

23/04/2015

Un changement de garde

Aucun renforcement notable du dispositif de sécurité autour des églises, dans notre onzième arrondissement en tout cas. C'est ce qu'on a pu constater ce matin. Au lendemain de l'annonce qu'un projet d'attentat a été déjoué dimanche, visant une ou des églises en banlieue de Paris.

En revanche, là où le changement est notable – a fortiori dans notre quartier endeuillé par les attentats de janvier –, c'est dans la manière qu'ont les forces de l'ordre d'opérer. Au fil des semaines, elles en sont arrivées à privilégier autant que possible les gardes mobiles, par rapport aux gardes statiques. Laisser des gendarmes, des policiers ou des militaires stationnés à longueur de journées et en permanence devant des lieux susceptibles d'être visés par un attentat, cela coûte cher, en termes financiers et humains. Dès lors, ces gardes statiques et permanentes sont de plus en fréquemment remplacées par des surveillances ponctuelles et tournantes.

On comprend bien la logique d'un tel changement de garde, mais, visiblement, cela ne contribue pas à détendre le climat.

C'est ce qu'on s'est encore dit cette semaine. En assistant fortuitement au débarquement de militaires affectés à de telles gardes mobiles, devant un grand centre communautaire juif du quartier (que ce blog a déjà évoqué: ). Ils étaient une dizaine. Des paras, en treillis de combat. Armés comme s'ils étaient au Mali. Et qu'on n'avait jamais vus auparavant, dans le quartier. Ils se sont postés à tous les coins de la rue, ont monté la garde pendant une heure, ont toisé du regard quiconque, passant ou riverain, qui osait s'approcher, puis sont repartis. Cette apparition si massive et soudaine a tendu le quartier. On a vu des mamans dont les gosses étaient en train de jouer dans un square voisin regrouper leur progéniture, puis s'en aller vite fait. On a entendu des «Il se passe quelque chose?», dans la bouche de riverains. On a croisé des regards inquiets.

C'était une ambiance qui contrastait vraiment avec celle que l'on vit quotidiennement, depuis janvier, dans les lieux du quartier qui, eux, sont surveillés de manière statique et permanente. A ces endroits, à force de se côtoyer, riverains, gendarmes et policiers en sont venus à se connaître, à échanger, voire à sympathiser. On se salue, on se sourit, on bavarde un peu. Dans un souci commun de rendre le moins désagréable possible pour tout le monde ce dispositif d'alerte sécuritaire maximale, si pesant. Et qui devient si durable – bientôt quatre mois, déjà.

22/04/2015

Une nouvelle offensive

paris,transports,tourisme,economie,environnementUne nouvelle étape, dans l'impitoyable guerre des prix que se livrent les compagnies aériennes traditionnelles et leurs rivales à bas coût. Cette fois, l'escarmouche a lieu sur le champ de bataille parisien. Elle oppose Air France à EasyJet. Et concerne le business très lucratif des navettes entre la capitale française et l'aéroport de Roissy CDG.

Aujourd'hui, seules deux possibilités s'offrent à qui n'est pas motorisé, souhaite se rendre à Roissy, mais ne veut prendre ni le RER (avec la qualité de service qu'on lui connaît), ni le taxi (dont coût, une cinquantaine d'euros). Soit le Roissybus, opéré par la RATP à un tarif analogue à celui du RER (11€). Soit les cars Air France, plus confortables mais plus chers: 17€ voire 17.50€, en fonction du lieu parisien de départ ou d'arrivée. Un gros changement est annoncé, à partir du mois prochain. Si l'on s'y prend un peu à l'avance, on pourra effectuer un tel trajet pour... six à huit fois moins cher.

EasyJet, en effet, a décidé de casser les prix, sur ce marché. Le 15 mai, sa filiale EasyBus inaugurera un service de navettes reliant directement Roissy au quartier Louvre-Palais Royal, pour un tarif de départ de... 2 euros. Ces minibus de 16 places opéreront 80 rotations par jour, à raison de deux par heure. Leur réservation se fera uniquement par internet (). En vertu du principe régissant le low cost, plus l'on réservera à l'avance, plus le tarif sera avantageux. Quelque 26.000 sièges sont d'ores et déjà mis en vente, depuis le 31 mars dernier. Ces minibus seront prioritairement destinés aux passagers voyageant sur EasyJet, mais ils seront accessibles également aux clients d'autres compagnies aériennes. La société opère déjà de telles navettes à bas coût à partir ou vers les aéroports de Genève, Gatwick, Luton et Stansted.

L'histoire ne dit pas (encore) si ces minibus carbureront ou non au diesel. Et donc s'ils contribueront ou pas à gratifier les touristes qu'ils transportent d'une atmosphère parisienne encore un peu plus polluée qu'à son habitude. En tout cas, au moment où la mairie entend interdire le centre-ville aux cars de tourisme, si polluants, les professionnels du secteur semblent avoir déjà trouvé la parade: les minibus.