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11/07/2014

Une pause estivale, bienvenue

FERMÉécriteau.jpgL'actualité commençant tout doucement à se mettre au rythme estival, et les ministres eux-mêmes allant bientôt partir en vacances, on va s'éclipser, et ce blog partir à la plage: faire une pause de quelques semaines, histoire de reprendre des forces après ces derniers mois si denses et intenses.

«Paris Libre» reprendra son cours normal vers la deuxième quinzaine d'août.

En attendant, bel été à toutes et tous. Et bonnes vacances, si vous aussi avec la chance de pouvoir en prendre.

10/07/2014

Un temps de repos assez bref

«Reposez-vous. Si on peut éviter d’avoir des zombies à la rentrée de septembre, c’est aussi bien. Le repos, c’est normal». C'est, d'après des échos, la consigne que l'entourage de Manuel Valls aurait donnée aux ministres, à l'approche des vacances d'été. Malgré cette invitation à la détente, les membres du gouvernement ne prendront que peu de congés, sitôt achevé le dernier Conseil des ministres de la saison, le 4 août. Quatorze jours maximum, la rentrée du gouvernement étant programmée le 18 août. C'est deux jours de vacances en moins que durant l'été 2013, et six de moins qu'en 2012.

En plus, pendant cette pause estivale, les ministres devront se conformer à une double obligation. Rester en permanence joignables, bien sûr. Et séjourner à 2h30 maximum de Paris, pour être en mesure de regagner rapidement la capitale en cas de crise majeure. Comme chaque été, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, bénéficiera d'une dérogation, qui lui permettra de rentrer dans sa famille en Guyane.

Puisqu'on parle des vacances des éminences, s'il faut en croire un récent sondage (mais oui, on consacre des sondages à cela...), deux Français sur trois (67%) ne partiraient pour rien au monde à la plage avec une personnalité politique. La minorité de sondés qui n'est pas rétive à cette idée jetterait son dévolu sur, évidemment, la jeune et avenante ministre Najat Vallaud-Belkacem (8%), plus populaire en cette matière que sa collègue Ségolène Royal (3%) et même que le duo Valls-Hollande (2% chacun). Nicolas Sarkozy (6%) et même Marine Le Pen (5%) font un score meilleur que celui du tandem exécutif.

L'histoire ne dit pas si ces personnalités seraient ravies, elles, de partager leurs si courtes vacances avec des Français moyens.

09/07/2014

Un exemple de bonne gestion

Partis, UMP, PersonnalitésEtre endetté jusqu'au cou. Mais, malgré tout, donner à autrui, à longueur de journées, des leçons de bonne gouvernance. C'est le paradoxe qu'incarne l'UMP. Puisque, hier soir, l'audit mené sur ses finances a confirmé que le parti sarkozyste était endetté à hauteur de plus de 70 millions d'euros. Après cela, chacun jugera si la première formation de l'opposition est vraiment bien qualifiée pour critiquer à tout bout de champ le gouvernement sur sa gestion des déficits et la réduction des dépenses publiques.

Le plan financier qu'a approuvé l'UMP hier prévoit «un pilotage resserré» de ses dépenses. Toutefois, le «début du désendettement du parti» n'est pas attendu avant la fin 2017. Avec une double réserve. D'abord, à cette période, l'UMP sera encore dans le rouge de 55 millions, ce qui n'est tout de même pas rien. Ensuite, admet-il lui-même, ces «projections s'appuient sur une hypothèse où les perspectives de recettes (adhésions, dons) demeurent incertaines».

C'est le moins que l'on puisse dire. Donner de l'argent, en tant que mécène ou simple adhérent, à une organisation qui, visiblement, le jette par les fenêtres, il faut vraiment avoir envie.

08/07/2014

Un partenariat inattendu

La Française des Jeux érigée au rang de «grand partenaire» du cycle commémoratif du centenaire de la Première guerre mondiale. Cela se passera demain et en grandes pompes, lors d'une cérémonie aux Invalides.

On a été assez surpris, en prenant connaissance de cette information. A priori, on ne voyait pas bien le rapport entre la société aux si matérialistes Euromillions, Loto, Morpions et autres jeux de grattage et de tirage, et le centenaire des valeureux poilus. Et bien oui, il y a un lien. Comme on le précise au ministère de la Défense, la FdJ est «l’héritière de la Loterie nationale venant en aide aux invalides de guerre et aux anciens combattants, et compte encore dans son actionnariat l’Union des blessés de la tête et de la face, les «gueules cassées», et la Fédération Maginot».

Plusieurs grands événements vont d'ailleurs, prochainement, mettre en lumière ce centenaire. Courant juillet, sept étapes du Tour de France traverseront des champs de bataille de 14-18. Et le 14 juillet, le traditionnel défilé militaire de fête nationale, sur les Champs, s'inscrira dans cette dimension mémorielle. «La France sera, ce jour, la capitale mondiale du centenaire, puisqu’elle a invité 80 pays, qu’ils aient été belligérants sur le théâtre européen ou qu’ils aient envoyé des travailleurs en France», se réjouit le ministère de la Défense nationale. Le tableau final du défilé présentera une chorégraphie de José Montalvo, sur le thème «La paix, la jeunesse, l’espoir, le renouveau». Elle sera interprétée par des jeunes de toutes nationalités. Sur les 80 pays invités, 68 ont déjà confirmé qu'ils enverraient bien une délégation de jeunes pour participer à ce spectacle.

07/07/2014

Un sujet de discorde? Pas vraiment

Sports, Télévision, Art de vivre, Femmes, HommesLes Bleus de retour à la maison, la France ayant été battue par l'Allemagne. Un malheur n'arrivant jamais seul, les Français ne peuvent même pas se consoler de leur élimination en se disant qu'au moins, la diminution de la frénésie footeuse à la télé, qu'elle va entraîner, ramènera la paix dans les ménages. La fin, donc, du plan: Monsieur rivé devant sa télé et surtout à ne pas déranger, Madame se morfondant en rêvant de regarder un autre programme. Et bien non. Car, s'il faut en croire un sondage (mais oui, on fait même des sondages là dessus...), cette compétition n'a pas spécialement tendu les relations de couple, dans l'Hexagone.

Ainsi, avant l'entame de ce tournoi, seules 8% des femmes françaises en couple disaient le redouter, et 73% des couples estimaient que cette compétition n'allait changer en rien leur quotidien. Ce serait surtout les célibataires, en fait, qui s'imagineraient que cet événement sportif et télévisuel perturbe la vie des ménages. Encore mieux: 64% des hommes en couple assurent préférer passer une soirée en amoureux plutôt qu'être scotché seul devant la télé, à regarder du foot.

On est, toutefois, un peu sceptique sur ce dernier chiffre. Au vu de l'hystérie, très majoritairement masculine, dont on a été témoin à Paris, ces dernières semaines – pas grand-chose ne semblait être en mesure de détourner les mâles du petit écran.

04/07/2014

Un impact saisissant

Le grand match fatidique, donc, à 18 heures, pour les Bleus. Si la France une fois de plus s'incline face à l'Allemagne, ce sera assurément, pendant tout le week-end, le grand drame national. Pour autant, tout n'aura pas été perdu, pour le Français de la rue. En effet, tout à l'heure, à la sortie des bureaux, il va perdre beaucoup moins de temps... dans les embouteillages.

Depuis le début du Mondial, le phénomène a été observé chaque jour où l'équipe tricolore a joué. Et il a même été quantifié, par une société de services info trafic. Ainsi, le mercredi où, à 21h45, s'est déroulée la rencontre entre la France et l'Equateur, dès entre 17h et 20h, le trafic a baissé de 12% à Paris, de 11% à Lyon et de 9% à Marseille. Et, dans la capitale entre 22 et 23h, soit quand la partie battait son plein, la circulation a carrément chuté de 25%.

L'autre jour, d'ailleurs, au moment où la France rencontrait le Nigéria, Paris n'était plus du tout Paris, et c'en était vraiment saisissant. Très peu de monde (et, singulièrement, beaucoup moins d'hommes que de femmes) dans les rues – hormis, bien sûr, devant les bistrots diffusant la rencontre. Des queues nettement moins longues que d'habitude devant les musées, à l'Opéra, ou aux guichets de La Poste. Pas la moindre attente aux caisses des supermarchés ou aux bornes Vélib'. Et toute la place disponible pour soi sur les bancs publics, dans les bus et métros, à la piscine municipale, ou dans les salles de cinéma. On se serait cru à la mi-août.

Ce soir probablement à nouveau, donc, pour des millions de Français, moins de bouchons, moins de coups de klaxon, moins de stress (au volant, en tout cas), moins d'accidents de la circulation, et moins de pollution. Sans doute est-ce déjà cela.

11:26 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, sports

03/07/2014

Un étonnement ou l'autre

Personnalités, Sarkozy, Valls, Langue française, Justice, Communication«Dans les yeux». Le grand retour radiotélé de Nicolas Sarkozy, hier soir, nous a fait sursauter au moins sur un point. Quand, regardant ses intervieweurs bien droit «dans les yeux», il leur a assuré qu'il n'avait rien à se reprocher. On aurait été lui qu'on se serait bien gardé d'utiliser une telle expression. Si connotée en politique française, depuis que, «les yeux dans les yeux» de toute la classe politique et médiatique, pendant des mois, l'ex-ministre PS Jérôme Cahuzac assura ne pas détenir un compte bancaire non-déclaré à l'étranger. Avant de finir par devoir reconnaître les faits, mettant piteusement son mensonge sur sa «part d'ombre». Pas sûr, dès lors, que Nicolas Sarkozy avait vraiment intérêt à proclamer son innocence «dans les yeux» de ses interlocuteurs, et à travers eux dans ceux des Français

Le matin même, déjà, on avait au moins autant sursauté, à l'écoute cette fois de Manuel Valls. En entendant le Premier ministre lâcher, à propos de Nicolas Sarkozy: «Les faits sont graves». Or, à ce stade, il n'y a pas de «faits»: juste des présomptions pesant sur l'ex-Président, des indices graves et concordants. Ce dérapage faisait furieusement penser à celui qu'avait commis, en juillet 2003, un certain... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Quand il avait annoncé «l'arrestation de l'assassin» en cavale du préfet de Corse, Claude Erignac. Alors qu'Yvan Colonna, à ce moment-là et par la force des choses, n'avait pas encore été jugé et encore moins condamné, donc était présumé innocent. Manuels Valls a beau détester être comparé à Nicolas Sarkozy, là, pour le coup, il lui a fameusement ressemblé, dans son écart de langage.

A la fin de cette journée, d'ailleurs, il était assez stupéfiant de constater que ces deux étrangetés de communication avaient été le fait de deux hommes politiques qui sont pareillement censés être de très grands experts en com', et qui sont à longueur de journées entourés et conseillés par des hauts communicants supposés de choc.

C'est à n'y plus rien comprendre.

02/07/2014

Une fermeture définitive

Nicolas Sarkozy pourrait donc un jour être jugé pour corruption et trafic d'influence actifs, ainsi que recel de violation du secret professionnel: les trois chefs de la mise en examen qui lui a été notifiée, dans la nuit. Pour l'anecdote, si d'aventure et par extraordinaire l'ex-Président venait effectivement à être renvoyé en correctionnelle et à comparaître au Palais de justice de Paris, il ne pourra y bénéficier d'une commodité, dont la fermeture définitive vient d'être confirmée.

On veut parler de ce qui fait figure d'institution, dans le petit monde judiciaire parisien: la buvette du Palais de Justice, de manière plus chic officiellement dénommée le «Buffet du Palais». Depuis 1894, dans un joyeux brouhaha, s'y côtoyaient prévenus, avocats, greffiers, policiers, chroniqueurs judiciaires et magistrats. En mars, l'exploitant avait averti qu'il risquait de devoir bientôt jeter l'éponge, faute de rentabilité suffisante de l'établissement. Ces jours-ci, la fermeture définitive de la buvette a été confirmée. Les lieux seront remis à la disposition du tribunal, en attendant le déménagement de celui-ci, dans quelques années.

Cette buvette n'était pas qu'un endroit de détente, c'était aussi un lieu chargé d'Histoire. En effet, ce local était autrefois affecté à la Conciergerie voisine: la célèbre prison parisienne, aux si illustres pensionnaires – Marie-Antoinette et les Girondins, notamment. Précisément, l'actuel «Buffet du Palais» servait à l'époque de greffe de la Conciergerie. C'était donc là que les quelque 2700 hôtes de la Conciergerie condamnés à mort sont venus signer le registre officiel de leur levée d'écrou, avant de partir pour l'échafaud.

Une page de la petite histoire de la capitale se tourne. Nicolas Sarkozy, s'il est un jour jugé au Palais de Justice de Paris, ne pourra, entre deux audiences, aller refaire le monde à la buvette. Cette perspective ne doit pas exagérément le chagriner. Outre qu'il a d'autres chats, autrement moins anecdotiques, à fouetter, il ne boit jamais d'alcool.

01/07/2014

Une première après l'autre

Justice, Personnalités, SarkozyUn ex-Président après l'autre. Fin 2007, Jacques Chirac était entré dans l'Histoire, en devenant le premier ancien chef d'Etat à être mis en examen. Ce mardi, son successeur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, est carrément devenu le premier ex-hôte de l'Elysée placé en garde à vue. Dans le cadre des soupçons de trafic d'influence qui pèsent sur lui.

La réforme en cours de la garde à vue, qui crée des nouveaux droits pour le justiciable, n'entrera en vigueur qu'en 2015. Dès lors, le justiciable Nicolas Sarkozy ne pourra, dès à présent, en bénéficier. S'il y a une logique dans tout cela, il n'en sera nullement chagriné, puisque son propre parti, l'UMP, a toujours bataillé contre un tel assouplissement, jugé «laxiste», de cette mesure de privation de liberté.

En revanche, la réforme de la garde à vue de 2011 (ici) s'applique bel et bien à l'ex-Président. Elle permet notamment à l’avocat de s’entretenir pendant 30 minutes avec son client avant son placement en garde à vue, de consulter ses procès-verbaux d’audition, voire d'assister aux interrogatoires. Léger problème, dans le cas d'espèce: le propre avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, est... lui aussi et au même moment, dans un bureau différent de la police judiciaire, gardé à vue: dans ce même dossier de trafic d'influence présumé.

Rien n'est jamais simple, décidément, dans les «affaires» des partis politiques français.

30/06/2014

Une semaine par an

Chaque année, les Français passent l'équivalent d'une semaine entière dans les transports pour se rendre au travail. C'est ce qu'il ressort d'une étude, qui évalue à 23,4 minutes le temps moyen du trajet jusqu'au bureau. Cette durée peut fortement varier selon la région. Ainsi, elle n'est que de 17 minutes en Normandie. Mais peut aller jusqu'à 33 minutes à Paris et dans sa région, qui sont connus pour la congestion du trafic automobile et l'état de quasi-saturation des transports publics.

Dans la capitale et sa banlieue, 32% des gens – ce qui n'est tout de même pas rien – mettent en moyenne 45 minutes pour aller bosser. Si on additionne l'aller et le retour, cela leur fait donc 1h30 passée chaque jour dans les transports.

D'où l'importance d'un fonctionnement pas trop mauvais des transports publics, en termes de ponctualité notamment. Or, selon un des derniers bilans que dresse régulièrement (ici) le Syndicat des transports d’Île-de-France, cette ponctualité s'améliore, globalement. Ainsi, au premier trimestre 2014, par rapport à la même période de l'an dernier, elle a progressé dans douze des quatorze lignes du métro, et toutes les lignes ont enregistré une ponctualité au-dessus des 90%, ce qui n'était plus arrivé depuis des années. Les lignes des RER B, C et D et E sont également en progrès. En revanche, cela continue de se dégrader sur le RER A, et plusieurs lignes du Transilien SNCF affichent toujours une ponctualité trop faible.

27/06/2014

Une nuisance qui s'accentue

Paris, SécuritéCela a été le chiffre de la semaine, à Paris, et il y a été énormément médiatisé. 1,5 million. Soit le nombre d'appels intempestifs qu'a reçus la brigade des sapeurs-pompiers de la capitale, en 2013. Des appels «qui n’ont pas concerné les services de secours d’urgence, et ont encombré les lignes téléphoniques du centre opérationnel». 1,5 million d'appels incongrus, sur les 2 millions d'appels parvenus à cette brigade, l'an dernier.

Selon la préfecture de police, «cette situation n’a cessé de s’accentuer, ces trente dernières années». C'est notamment dû à ce que les pompiers appellent les «bruits de poche» (ou de sac à main). A savoir, les appels passés par des portables dont le clavier se déverrouille et compose, sans la volonté du détenteur du téléphone, les numéros 112 ou 18. Le phénomène devient vraiment problématique, pour le Centre de traitement de l’alerte: la plateforme qui gère les appels aux numéros d'urgence, et qui réceptionne quotidiennement plus de 7200 appels. Selon elle, ces appels «sans lien réel avec la notion d’urgence parasitent considérablement le travail des opérateurs».

Aussi, la brigade a réorganisé son fonctionnement. Désormais, le central téléphonique comporte un premier niveau, dit de «débruitage». Son but est précisément de «dépolluer» les appels non désirés. C'est seulement une fois ce tri effectué que l’opérateur chargé du traitement des demandes redirige vers les secours les appels qui le méritent bel et bien.

Paris, Sécurité«L’objectif est de concentrer l’emploi des hommes et des matériels sur les interventions urgentes, de manière à préserver la qualité du service sur les détresses avérées», explique la préfecture.

C'est bien le moins, n'en déplaise et en dépit des facéties de la téléphonie.

26/06/2014

Un humour, involontaire

«Vivez les festivals de l'été avec la SNCF!» C'est la campagne de com' que lancent les chemins de fer français, ce matin. «SNCF soutient une nouvelle fois la musique et la découverte de nouveaux talents cet été, en étant partenaire de nombreux festivals. Avis aux curieux, l’été s’annonce riche en émotions musicales: mise en circulation de 18 TGV 100% Prem’s pour voyager à petits prix, concerts à bord des #TGVLive, animations et découverte de jeunes talents grâce à iDTGV».

Merveilleux.

Et (involontairement) comique. Voilà donc la SNCF qui, après dix mémorables jours de grève, tente à présent de relancer les affaires en s'associant à un secteur des festivals qui va lui-même, très probablement, être perturbé pendant tout l'été par une grève: celle des intermittents du spectacle.

La situation pourrait même devenir surréaliste. Si ces intermittents grévistes estivaux en venaient à imiter leurs homologues cheminots du printemps. En organisant à leur tour, comme l'ont fait des syndiqués à la SNCF pendant dix jours, des sit-in sur des voies de chemin de fer. Pour empêcher le départ de ces trains spéciaux... à destination des festivals eux-mêmes frappés par la grève.

Rien n'est décidément jamais simple, en France.

25/06/2014

Un débat (un peu) rouvert

Paris, Urbanisme, ArchitectureC'est une petite phrase qui n'est pas passée inaperçue, dans les milieux de l'architecture et de l'urbanisme à Paris. Elle concerne les immeubles de grande hauteur. Un tabou, dans la «Ville lumière», a fortiori depuis la construction, en 1976, de l'assez hideuse tour Montparnasse (210 mètres de haut). Petite phrase qu'a prononcée cette semaine la maire, Anne Hidalgo: «Je ne fais pas des tours une obsession ou un tabou». Et son adjoint au Logement d'ajouter, encore plus explicitement: «Nous ne nous interdisons pas de recourir à des immeubles de 50 mètres. Hauteur ne rime pas avec dégradation de la qualité de la vie».

On pourrait en rester là, pour le moment. En effet, le sujet est très sensible chez les écologistes, qui font partie de la majorité municipale.

En tout cas, le «Pacte logement pour tous» qu'a présenté la maire lundi ne s'avance guère sur l'autorisation éventuelle de la construction de gratte-ciel. Tout au plus glisse-t-il, au passage, que «la question de la hauteur (des bâtiments) mérite d'être à nouveau posée aujourd'hui». Et rappelle-t-il que «surélever le bâti» est «une longue tradition parisienne: depuis Henri IV et jusqu'aux années 1970, les règles en matière de hauteur des immeubles parisiens n'ont cessé d'évoluer».

Paris, Urbanisme, ArchitectureCes velléités de relancer le débat permettent, en tout cas, de signaler que s'est enfin débloqué, au printemps, le dossier d'une tour que la crise économique avait, depuis plusieurs années, mis entre parenthèses: la Tour Triangle. A la mi-mai, en effet, une demande de permis de construire a officiellement été déposée, pour ce projet de gratte-ciel de 42 étages et 180 mètres de haut, que le groupe Unibail-Rodamco souhaite édifier dans le quinzième arrondissement. Ce dossier est donc désormais en cours d'instruction à la mairie.

Ce projet pourrait bien rester à jamais – ou un bon bout de temps, à tout le moins – à l'état de vue de l'esprit. Les riverains continuent d'être très remontés (là) contre lui, y voyant «un fiasco urbanistique». Et le bon score réalisé par les Verts aux dernières élections municipales ne plaide a priori pas beaucoup en faveur de son éventuelle autorisation.

24/06/2014

Un début d'évolution de fond?

Mine de rien, c'est peut-être tout un secteur de l'économie parisienne qui commence à changer. Et à s'humaniser, dans ses pratiques sociales. En tout cas, c'est la deuxième fois que des travailleurs en grève obtiennent gain de cause, alors qu'ils opèrent dans un secteur où, pas rarement, la loi de la jungle prédomine, l'employé ayant juste le droit de la fermer.

Dans l’Est de Paris (les environs du Boulevard de Strasbourg et le quartier Château d'Eau), les employées de deux salons de beauté afro sont entrées en résistance. Elles étaient payées au lance-pierre: au pourcentage et au compte-goutte, quand leur patron le voulaient bien. Ce statut professionnel ultra-précaire ne facilitait bien sûr pas leurs démarches en vue d'une régularisation, s'agissant d'étrangères sans-papiers. Dernièrement, après avoir fait grève pendant plusieurs jours, elles ont obtenu un contrat de travail en bonne et due forme, et des modes de rémunération légaux. Au printemps, déjà, un mouvement social analogue avait eu pour cadre une boutique d'onglerie et de manucure du dixième arrondissement, cette fois dans la communauté asiate. Les employés y travaillaient sans avoir été déclarés (certains depuis plusieurs années), ils étaient payés à la tâche, et subissaient des retards de salaire pouvant s'étaler sur plusieurs mois. Pendant plusieurs semaines, ils ont occupé les lieux, jour et nuit. Et ont fini par obtenir un contrat de travail et des fiches de paie, y compris rétroactives.

Dans les deux cas, un syndicat, la CGT, s'est mobilisé aux côtés de ces grévistes, ce qui n'a pas peu contribué à leur victoire. Au passage, l'on peut noter que, à de rares exceptions près (ici, par exemple), ces actions syndicales de défense des travailleurs exploités, parfaitement louables, sont infiniment moins médiatisées que les mouvements de grève menés par ces mêmes organisations – voir, ces dix derniers jours, le rouleau compresseur médiatique sur la «prise en otages» des usagers des chemins de fer par la CGT notamment, la «capacité de nuisance» de ce syndicat, etc.

23/06/2014

Un enracinement dans la misère

Paris, Social, PauvretéLe nombre de SDF à Paris et dans sa région a augmenté de 84%, depuis 2001. C'est le chiffre choc d'une étude qui a récemment été publiée, sur la question. A titre de comparaison, en province, pendant la même période, le nombre de sans-domicile n'a crû que de 11%. Plus que jamais, donc, l’agglomération-capitale concentre la misère sur son territoire. A elle seule, elle accueille – si l'on ose dire – «43% des sans-domicile francophones de toutes les villes de France de plus de 20 000 habitants et même 60% des sans-domicile étrangers, alors que son poids dans la population nationale est de 27%».

Autre enseignement retentissant: les années ont beau passer et les dispositifs d'accueil et d'insertion se développer et être censés devenus plus efficaces, les SDF continuent de s'enraciner dans la misère. Ainsi, «dans l’agglomération parisienne, la moitié des sans-domicile sont sans domicile depuis au moins un an».

L'étude confirme également un autre aspect des choses, que ne peut que constater le Parisien un minimum attentif, dans sa vie quotidienne, à son environnement urbain. A savoir, la part croissante des femmes dans la population SDF, depuis 2001. Certes, celle-ci reste composée majoritairement (59%) d'hommes. Mais «la part des femmes sans domicile est plus importante dans l’agglomération parisienne, où leur nombre a plus que doublé depuis 2001, que dans les autres agglomérations de plus de 200 000 habitants (41% contre 36%)».

11:08 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, social, pauvreté

20/06/2014

Un succès confirmé

Une info légère, pour terminer la semaine en douceur. Mais légère uniquement dans son contenu informatif, pas dans son poids calorique.

Cela a été annoncé et confirmé cette semaine: un deuxième «Burger King» va ouvrir à Paris, le mois prochain. Cette enseigne de restauration rapide avait fait son grand retour dans la capitale française il y a six mois (relire ), après y avoir été absente pendant quinze ans. L'accueil fait à son établissement de la gare Saint-Lazare a été si bon que son chiffre d'affaires a dépassé toutes les prévisions. Dès lors, fin juillet, un deuxième ouvrira. Dans le parc de La Villette, cette fois.

Les hasards de l'actualité sont parfois féroces. Cette annonce survient précisément la semaine où ont été présentées les grandes orientations de la prochaine loi sur la santé. Qui envisage notamment que, sur tous les aliments vendus dans les magasins, et a fortiori les produits alimentaires industriels, soit apposée une signalétique informant clairement le consommateur de la qualité de ces produits, ou non, pour la santé.

L'histoire ne dit pas si les whoppers et autres burgers – qui, au minimum, n'ont aucun intérêt nutritionnel – seront concernés, ou pas, par cette réforme annoncée.

19/06/2014

Une cible de choix

Paris, Culture, Musique, Social, Architecture, ActivismeNouveau coup d'éclat des intermittents du spectacle, à Paris hier. Après avoir occupé, l'autre jour, l'Opéra Bastille, ils ont envahi le chantier de La Philarmonie: l'immense temple de la musique symphonique en cours de construction, portes de Pantin et de La Villette. Ils y ont notamment déployé des banderoles en son sommet, qui ont été vues par des dizaines de milliers d'automobilistes circulant sur le boulevard périphérique situé en contrebas. Et, perchés sur le toit du petit matin jusqu'à la fin de l'après-midi, ils ont nargué les CRS.

Le choix de cette cible ne doit sans doute rien au hasard. On reproche aux intermittents leur régime spécifique d'assurance chômage, déficitaire et donc ruineux pour le contribuable? Mais La Philarmonie elle-même, projet financé par l'Etat et la Ville de Paris, est «un vrai florilège de tout ce qu'il ne faut pas faire, dans la conduite d'un grand équipement public».

Ainsi l'avait qualifié l'auteur du rapport que la commission des finances du Sénat lui avait consacré, en 2012. Pour preuve, son budget prévisionnel est passé de 150 millions d'euros, au début des années 2000, à... plus de 380 millions, aujourd'hui. Soit «une inflation des coûts exorbitante», dixit la Cour des comptes. Pour qui «on pouvait tout aussi bien défendre le principe d'un projet plus sobre, plus économe, limité à la construction d'une grande salle de concerts et jouant en synergie avec les autres espaces du parc de La Villette», la Cité de la Musique singulièrement.

Paris, Culture, Musique, Social, Architecture, ActivismeMais non, on a préféré un «chantier pharaonique» (un bâtiment de plus de 50 mètres de hauteur, etc.), comme le qualifient les intermittents du spectacle. Qui, dans ces conditions, l'ont un peu mauvaise qu'on vienne leur donner des leçons de bonne gestion des deniers publics.

En prime, à en croire ces manifestants, hier, sur ce chantier, ils ont découvert «de nombreux travailleurs roumains, slovaques, polonais, espagnols, portugais, allemands, belges, avec ou sans papiers, intérimaires pour beaucoup d'entre eux». Qui leur «ont fait part de leurs conditions de travail proches de l'esclavage, comme des ouvriers polonais payés 4€ de l'heure».

L'histoire ne dit pas si c'est à un tel tarif horaire que les opposants au régime des intermittents voudraient que ceux-ci soient rémunérés.

18/06/2014

Un silence assourdissant

Rien. Pas un mot. Pas un communiqué d'indignation. Pas une déclaration de compassion. Rien. A moins que, par extraordinaire, cela nous ait échappé, aucune personnalité ni organisation étiquetée à droite – et a fortiori à l'extrême droite – n'a eu un mot, hier, sur le cas du jeune Darius. Ce Rom âgé de 16 ans, qui, en banlieue de Paris, a été enlevé, séquestré et tabassé pendant de longues heures dans une cave – y subissant des «actes de barbarie», a confirmé la procureure –, par des habitants d'une cité voisine le soupçonnant d'être l'auteur d'un cambriolage commis chez eux. Le jeune homme a été retrouvé inanimé, gisant dans un chariot de supermarché. Il est toujours entre la vie et la mort, son pronostic vital restant engagé.

Pas un mot à l'UMP, donc, sur ce drame. Pas le moindre commentaire officiel. Alors que c'est cette famille politique qui, depuis des années, à longueur de journées et de semaines, ne cesse de taper sur les Roms. Mais là, non: rien. Pas un mot.

Sans doute faut-il déduire de ce silence assourdissant que la droite n'est obsédée par la communauté Rom que lorsqu'elle peut l'accuser de tous les maux. Mais pas quand elle est dans le camp des victimes.

17/06/2014

Une tension croissante

Septième jour consécutif de grève, dans les chemins de fer français. Plus les jours passent, plus la tension monte, parmi les usagers. En particulier dans les gares de la région parisienne, qui sont les plus fréquentées du pays – chaque jour, des millions d'usagers transitent par elles.

Les premiers à subir cette tension croissante sont les «gilets rouges»: le personnel embauché par la SNCF (souvent des vacataires ou des jeunes) pour informer les usagers désorientés et leur porter assistance. Eux qui ne sont pour rien dans ce mouvement des cheminots se prennent de plus en plus souvent les réactions de colère voire d'agressivité des voyageurs. Des incidents ont également été déplorés hier, qui était jour du début des épreuves du bac: des usagers ont refusé qu'aient un accès prioritaire aux trains les candidats bacheliers arborant pourtant le badge «Priorité Exams» édité par la SNCF à leur intention. Autres éclats de voix: ceux, de plus en plus fréquents, que suscite la présence, dans les gares, de délégations de syndicats grévistes venus s'assurer que la grève se déroule comme ils l'entendent.

Et les altercations en viennent à se multiplier entre les voyageurs eux-mêmes, loin de la solidarité qui aurait pu unir ces involontaires compagnons d'infortune de galère ferroviaire. On se bouscule pour pouvoir monter dans les trains, on se dispute les rares places assises, on s'agglutine dans des rames encore plus bondées que d'habitude, on s'énerve pour un rien, on s'invective à longueur de journées. Et pour cause, les gens commencent à être épuisés, donc sont sur les nerfs. Eux qui, depuis sept jours, sont contraints à des levers beaucoup plus matinaux et à des retours beaucoup plus tardifs que d'habitude, et ont déjà accumulé des heures et des heures d'interminable attente, sur les quais.

A ce train-là, si l'on ose dire, il ne faudrait vraiment pas que ce mouvement perdure encore trop longtemps. Sous peine que, dans les gares, le climat finisse par devenir vraiment irrespirable.

11:52 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : transports, social

16/06/2014

Une punition levée

Sports, Paris, Football, SécuritéLa décision n'a rien à voir avec la victoire remportée par l'équipe de France hier soir, dès son premier match de Mondial, puisqu'elle a été prise avant cette rencontre. Mais sans doute les supporters jugeront-ils que cette décision tombe d'autant mieux, depuis cette victoire.

Finalement, des matchs pourraient bel et bien être diffusés en public et sur écrans géants, dans Paris. Ce qu'avaient pourtant exclu les autorités, encore récemment.

Ainsi, il y a deux semaines, la mairie avait annoncé qu'aucun dispositif grand public ne serait installé dans la capitale, relatif à ce Mondial. A l'inverse de ce qui s'était passé pour l'Euro 2012 ou lors de Coupes du monde précédentes. Raisons officielles invoquées: le manque d'engouement populaire pour l'équipe des Bleus, et l'austérité budgétaire. Dans les faits et surtout, les autorités ne voulaient pas prendre le risque de voir se reproduire les gros débordements qui, en mai 2013, avaient accompagné le sacre du PSG. A l'époque, des hordes de casseurs avaient déferlé sur les beaux quartiers du Trocadéro. Il était donc craint que des retransmissions publiques, au Champ de Mars par exemple, à nouveau tournent mal. D'autant que le décalage horaire avec le Brésil fait se dérouler certaines rencontres tardivement dans la soirée. Fin de la semaine dernière, toutefois, la mairie avait fait marche arrière. Un écran pourrait donc bien être installé place de l'Hôtel de Ville, à partir des huitièmes de finale. Si l'équipe de France s'y qualifie et donc si trop de public afflue devant la mairie, un deuxième écran serait installé au stade Charléty.

Ce serait, sans doute, de bonne guerre. S'agissant de la capitale d'un pays qui n'a plus eu, depuis longtemps, matières pour lesquelles s'emballer, collectivement.

Et cela lèverait l'impression désagréable donnée par la première décision de la mairie. Celle d'une punition collective – donc par nature injuste –: la majorité paie pour les conneries d'une minorité de casseurs.