Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

29/04/2016

Un au revoir

FINBLOG.jpgEt bien voilà: c'est donc la fin de "Paris Libre". Une dizaine d'années après sa création – et 2367 notes ainsi que 2024 commentaires plus tard, nous renseignent les statistiques – , ce blog ferme ses portes, aujourd'hui.

En effet, on quitte à la fois "La Libre", Paris et même la France.

Direction, dès le mois de mai, des contrées plus lointaines. Et de nouvelles aventures, professionnelles comme humaines.

Merci, pendant toutes ces années, d'avoir suivi ces petites chroniques quotidiennes de la vie à Paris, mêlées d'échos du métier de journaliste, correspondant de presse étrangère, en France.

Et à bientôt, qui sait. Ici ou là.

28/04/2016

Une initiative (pas trop) de saison (J-1)

A Paris, dès la semaine prochaine, deux changements, très dans l'air (bobo) du temps. D'une part, les Champs-Elysées qui, un dimanche par mois à compter du 8 mai, seront intégralement dédiés aux piétons (voir ). D'autre part, les week-ends à partir de la même date, l'ouverture ininterrompue, y compris donc en nocturne, de neuf grands parcs et jardins. La mesure vise à «adapter les horaires des espaces verts aux usages des Parisiens, notamment pour ceux qui ne partent pas en vacances, mais aussi à renforcer l'accès aux îlots de fraîcheur que représentent les grands parcs et jardins en cas de canicule».

Lors des pics de chaleur de l'été dernier, déjà (relire ici ou ), des parcs parisiens avaient ouvert en continu. L'initiative avait remporté un franc succès. Un an plus tard, en revanche, et avant même d'entrer en vigueur, elle suscite des récriminations.

Des élus (par exemple ici) et des comités de riverains () maugréent. La mairie a annoncé des «moyens de nettoiement renforcés», l'installation de «bacs à déchet de grande capacité» dans les espaces verts concernés, et «des rondes régulières d’équipes de sécurité», chargées de surveiller l'opération jusqu'au petit matin. Cela ne calme toutefois pas les opposants. Ils jugent de telles mesures d'encadrement «totalement insuffisantes». Et redoutent de subir trois types de désagréments. Des nuisances sonores, des dégradations de ces parcs et jardins, et une hausse de l'insécurité globale.

On verra cet été si leurs appréhensions étaient fondées, ou pas. En attendant, en tout cas, nulle nuisance à redouter. La météo du moment à Paris – digne d'un mois de novembre, donc pas du tout de saison – n'incite aucunement à passer ses soirées, et encore moins ses nuits, dans les parcs.

27/04/2016

Une fête pour toutes, aussi (J-2)

 Sports, Sécurité, Police, Femmes Puisque ce blog parlait de sport, hier, cette demande que le Haut Conseil à l’Egalité hommes-femmes vient d'adresser au gouvernement et aux organisateurs de l'Euro de football, qui se disputera en France pendant un mois à partir de la mi-juin. Demande de faire en sorte que cette grande compétition sportive européenne se déroule dans «un véritable climat de fête non-sexiste», et que l'on soit particulièrement attentif à ce qu'elle soit exempte de toute «violence machiste».

Les contre-exemples sont légion. Voir «les dérives inacceptables» déplorées «lors de grands évènements sportifs ou populaires de même type: coupes du monde de football, fête de la bière de Munich, fêtes de Bayonne, festival de rock de Stockholm, etc.». Les autorités et organisateurs sont donc priés de se bouger pour que, par exemple, «les fans zones d’accès libre, qui réuniront des centaines de milliers de supporters et supportrices, restent des lieux de convivialité, et non de violences»: ouverts à toutes et tous. Ou pour que des campagnes de sensibilisation soient menées à destination des spectateurs, leur rappelant les peines encourues en France par les auteurs de violences à caractère sexuel.

Autre problème mis sur la table: «le recours à grande échelle à la prostitution». Puisque, pour les réseaux prostitutionnels, «ces événements sportifs sont l’occasion de profits gigantesques». A cet égard, on promet bien du plaisir aux forces de l'ordre pour tenter de faire appliquer la loi que le Parlement a votée définitivement, il y a peu. Elle punit d'amende «le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage».

sports,sécurité,police,femmesTout au long des deux ans de parcours parlementaire qu'a nécessité cette loi, les syndicats policiers n'ont pas arrêté de dire et de répéter que les pandores auraient sans doute beaucoup de difficultés – et assurément d'autres chats à fouetter, en ces temps d'alerte terroriste maximale – à prendre les contrevenants sur le fait, condition sine qua non pour les verbaliser.

Il sera donc intéressant de voir, dès la mi-juin, si cette loi est réellement et efficacement appliquée, sur le terrain. Ou, dans la négative, si elle relève avant tout de l'affichage politique.

26/04/2016

Une alliance de circonstance, piquante (J-3)

Paris qui, sur le plan sportif, serait sauvée par Marseille. Ce serait pour le moins piquant. Dans un pays qui, sportivement, a toujours été dominé par la féroce et séculaire rivalité footballistique entre le PSG et l'OM.

Cette improbable alliance de circonstance pourrait bien, néanmoins, devenir réalité, et fameusement servir la "Ville lumière". Dans 17 mois. Quand, en septembre 2017, le Comité international olympique désignera la ville hôte des JO d'été de 2024.

Hier, en tout cas, la maire de Paris, Anne Hidalgo, en a fait des tonnes en termes de com' (comme ici, par exemple) en faveur de Marseille. Puisque la Cité phocéenne pourrait contribuer à la victoire de la capitale française sur les trois autres villes qui sont elles aussi candidates à l'organisation de cet événement: Los Angeles, Budapest et Rome. En effet, dans le cadre de ces JO qui se tiendraient à Paris, les épreuves de voile s'y dérouleraient... à près de 800 kilomètres de distance. Dans le grand bleu méditerranéen. Une tribune de 5.000 places serait notamment érigée sur la corniche de Marseille, d'où les spectateurs suivraient les joutes nautiques. Jusqu'à présent, dans la promo de son dossier, le comité Paris 2024 a surtout vanté la scénographie spectaculaire qui bénéficierait aux épreuves de sports équestres (prévues au Château de Versailles), de beach volley (au pied de la Tour Eiffel) ou de tir à l’arc (sur l’esplanade des Invalides). Incontestablement, les compétitions de voile vues depuis la Corniche offriraient un panorama tout aussi grandiose.

Marseille est un «atout incommensurable pour la candidature de la ville de Paris!», en a déduit Anne Hidalgo, hier. Quitte à faire grimacer les si nombreux Parisiens footeux et un peu à cheval sur les traditions antagonistes, qui donc ne peuvent pas encadrer tout ce qui, de près ou de loin, concerne la Cité phocéenne.

25/04/2016

Une tension qui s'enracine (J-4)

Social, Paris, Activisme, GouvernementNuits décidément agitées en ce moment, dans notre 11e arrondissement. En marge de la mobilisation citoyenne "Nuit Debout", qui continue place de la République.

Ce week-end, pour tenter de calmer un peu les choses, les autorités ont été jusqu'à interdire la vente de boissons alcoolisées en soirée, aux alentours de l'esplanade. Cela n'a pas empêché de nouveaux heurts entre casseurs et forces de l'ordre, échauffourées qui sont monnaie courante dans le quartier, depuis trois semaines. Cette fois, en plus, des véhicules (de police, singulièrement) ont été brûlés.

La permanence du PS dans le 11e, rue Alexandre Dumas, a également été vandalisée. Précédemment déjà, avant même cette mobilisation, des antennes locales de ce parti avaient été victimes de tels agissements, tant en province (voir ici, ou ) que dans la capitale ().

A un an de la fin de son mandat, visiblement, la colère se dirige directement, et plus que jamais, vers François Hollande et tout ce qui le représente. Le maire du 11e a dénoncé cette vague de vandalisme anti-politique, y voyant un phénomène «très inquiétant pour la démocratie».

22/04/2016

Une échéance qui se précise (suite)

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. RIP Prince. Mais Peter Doherty, lui, «la dernière authentique rock star anglaise» (sic), sera en live dans notre onzième arrondissement de Paris. Puisque, cela a été annoncé la semaine dernière (), c'est lui qui sera sur scène au Bataclan, à la mi-novembre, pour sa réouverture. Il a donc été préféré aux autres stars international du rock dont le nom avait circulé (relire ).

Sinon, en attendant, et dans le même registre rock, cette initiative de Metallica. L'autre jour, le groupe californien a annoncé avoir conclu un accord avec une marque de prêt-à-porter française. Pour créer un tee-shirt rendant hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Le produit de sa vente (23 euros) ira à "Ensemble face au terrorisme": le programme de la Fondation de France qui vient en aide aux victimes des tueries et à leurs proches, et soutient des projets visant à prévenir les processus de radicalisation chez les adolescents. Le tee-shirt est assorti d'un cliché pris lors du concert que ce groupe donna jadis au même Bataclan. L'enregistrement de ce concert est d'ailleurs réédité, dans un album spécial intitulé "Liberté, égalité, fraternité, Metallica!".

Un tee-shirt qu'on ne verra pas forcément beaucoup porté dans les rues de notre onzième. Il n'a été édité qu'à 350 exemplaires. Pas mal d'amateurs, dès lors, risquent de ne pouvoir acheter ce «collector» – à supposer qu'il ne soit pas d'ores et déjà épuisé. De même, le concert de Peter Doherty pourrait bien être complet. Les réservations semblent ouvertes, mais, ce matin en tout cas, sur le site web de la salle de spectacles, quand on tentait de réserver un billet pour le soir où la star est annoncée, s'affichait le message «Il n'y a aucune place en vente sur cette séance».

Un succès de foule, cela dit, un Bataclan plein à craquer, ce serait une belle réponse donnée, un an après la si dramatique actualité qui l'a endeuillé. Et une si bonne nouvelle, pour le quartier.

21/04/2016

«Une formidable vitrine»

Paris, Sports, Transports, Patrimoine, EnvironnementDernier jour de circulation à peu près normal, ce jeudi, sur et autour de la prestigieuse esplanade des Invalides. Puisque, à partir de demain 14 heures, il faudra montrer patte blanche pour accéder au secteur, même si on est simple piéton ou riverain. Et il ne sera pas possible d'y circuler en véhicule motorisé, ni a fortiori d'y stationner. Tout cela pour que, le lendemain après-midi, une vingtaine de bolides puissent y évoluer à... plus de 220 km/h.

C'est le Grand prix de Formule E. Depuis des mois (relire ici), cet événement suscite la polémique. Sur son principe même: ses détracteurs y voient une ode à la voiture et à la vitesse, très paradoxale dans une capitale dont les dirigeants affirment à longueur de journées vouloir à tout prix privilégier les «circulations douces». Ces derniers jours, les débats ont redoublé. Relatifs, là, aux aménagements urbains rendus nécessaires par cette compétition, sur lesquels on s'affaire depuis deux semaines.

Pour assurer la sécurisation du périmètre de la course, un millier de blocs de béton ont dû être déposés, ainsi que 400 tonnes de grilles de protection. Et tous les pavés de la place Vauban ont dû être recouverts d'une couche provisoire de bitume, spécialement posée pour l'occasion. L'ensemble du secteur étant classé comme site historique et culturel protégé, ce revêtement de goudron devra être enlevé dès le lendemain de l'événement.

Que les écolos résument à un vrai «désastre écologique». La mairie, elle, balaie ces critiques. A son estime, cette compétition «contribuera au rayonnement de la capitale, et montrera que les voitures électriques ont toute leur place dans le centre de la cité». Même enthousiasme du côté du gouvernement. Pour le ministre des Sports, qui assistera à la course, cette «première (urbaine) en Europe» sera «un véritable accélérateur d’innovations en faveur de la mobilité électrique et de sa promotion». Et «une formidable vitrine du patrimoine et du savoir-faire français».

C'est merveilleux.

20/04/2016

Une séquence très visible

Grosse opération de communication du gouvernement, ces vingt-quatre dernières heures. Sur le front de la sécurité. Mais séquence trop visible pour être parfaite.

Acte un: le ministre de l'Intérieur, hier après-midi, détaille les nouvelles modalités du «schéma national d'intervention des forces de sécurité». Les modalités revues d'opération des trois unités d'élite du GIGN, du Raid et de la BRI. Une réorganisation qui vise à «répondre aux besoins d’urgence et d’efficacité engendrés par une menace terroriste protéiforme». Acte deux, ce matin, , Manuel Valls confirme que le gouvernement demandera au Parlement de prolonger l'état d'urgence de deux mois supplémentaires. Acte trois: dès ce matin et pendant toute la journée, histoire que l'opinion visualise bien la mobilisation des autorités face à la menace, tous les médias vont diffuser en boucle les images spectaculaires de l'intervention menée hier, en fin de soirée, par ces trois unités d'élite.

A Paris-Montparnasse. Quelque 150 membres du GIGN, du Raid et de la BRI ont, conjointement, mis hors d'état de nuire neuf terroristes qui avaient fait irruption dans la gare SNCF, puis pris des otages dans une consigne à bagages ainsi que dans deux rames de TGV. Les djihadistes ont été neutralisés. «Tout a parfaitement fonctionné, ce soir», s'est félicité le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu sur place vers 1h du matin. Bernard Cazeneuve s'est dit «particulièrement fier d'être aux côtés des chefs des trois unités ainsi que du préfet de police, qui sont tous rassemblés pour protéger les Français». 

Juste: ce n'était là qu'un exercice anti-terroriste. Une simulation à grande échelle.

Alors que, selon un sondage réalisé après les tueries de Bruxelles, 87% des Français s'attendent à ce qu’un nouvel attentat majeur frappe l’Hexagone, dans les prochains mois.

19/04/2016

«Une liberté accrue»

Transports, TechnologiesLa RATP et les nouvelles technologies, suite (relire l'épisode précédent ici). Cette fois, la régie des transports parisiens est en délicatesse avec une société basée à Londres et déjà active dans trente métropoles du monde. Citymapper: «the ultimate transport App», comme se baptise – sans immodestie... – cette appli.

Elle permet aux usagers des transports publics de connaître en temps réel l'état du trafic, et donc de calculer les itinéraires les plus adéquats. Oui mais, pour ce faire, elle a besoin des données de circulation de la RATP. Qu'elle accuse de traîner les pieds. Lancée il y a deux semaines, lpétition de Citymapper a déjà recueilli 17.000 signatures. Elle s'indigne que l'on puisse «interdire aux Parisiens de choisir quelle application utiliser pour se déplacer», et donc «empêcher la création de services innovants, au moment où l’Etat essaie d’encourager les start-ups. Dans toutes les autres villes de France et d’Europe, les informations sur les transports en commun, y compris en temps réel, sont à la disposition du public».

La RATP, irritée par le buzz fait par la polémique, a été contrainte d'y réagir (). «La question de l’open data de la RATP est un faux débat. L’ouverture de nos données en temps réel est en marche», a-t-elle assuré. La régie réclame juste du temps («d'ici à la fin 2016»), pour rendre ses données accessibles. Car, argumente-t-elle, si l'on veut mener à bien ce processus, il «nécessite une vraie organisation et des investissements d'une centaine de milliers d'euros».

transports,technologiesAu final, cela dit, la RATP n'aura pas le choix. Comme tous les autres organismes publics, elle sera contrainte d'autoriser le libre accès à ses données d'intérêt général. C'est la loi sur le numérique,  récemment votée, qui le prévoit. En son volet relatif à l'"open data". L'objectif poursuivi est d'aboutir à «une liberté accrue pour la circulation des données et du savoir».

Et cela vaudra y compris pour le cinquième opérateur mondial de transport public, aussi puissant soit-il: présent dans 14 pays, et assurant chaque année plus de 3 milliards de voyages rien qu'en région parisienne.

18/04/2016

Un écolier sur deux

Histoire de commencer la semaine en fanfare, une nouvelle entendue dernièrement sur une radio locale () et qu'on continue à trouver décidément effarante, malgré les jours passant. Cela concerne les enfants de Seine-Saint-Denis, le grand département populaire du Nord de Paris. Et, singulièrement, leurs aptitudes sportives.

Dans ce département, une piscine olympique sera construite, si Paris obtient l'organisation les JO de 2024. En attendant, pour le moment, un écolier sur deux... ne sait pas nager.

C'est beaucoup dû au manque criant d'équipements: on ne compte que 35 piscines dans le "9-3". Pour une population de plus d'un million et demi d'habitants. Ajoutons que la pénurie chronique d'enseignants qui affecte ce département, et fait se mobiliser les parents d'élèves (voir ), ne contribue probablement pas à l'éducation sportive des enfants.

Heureusement que François Hollande avait demandé à être jugé sur le critère de la jeunesse, à l'issue de son quinquennat. Sur la question de savoir si les jeunes seront en meilleure situation à la fin de son mandat par rapport à ce qu'était leur sort en 2012. Jugerait-on l'hôte de l'Elysée sur l'état, non de la jeunesse en général, mais de l'enfance en particulier, et singulièrement à l'aune du sort qui est réservé aux gosses des quartiers urbains les plus déshérités, que cette évaluation ferait mal.

Encore bravo.

 

PS: En revanche, s'il est besoin de le souligner, aucune carence en piscines à Paris même. Et a fortiori dans les quartiers bobos de la capitale, comme notre onzième arrondissement. Là, au contraire, l'évolution a été spectaculaire, ces dernières années. L'amplitude des heures d'ouverture des piscines est désormais telle qu'on peut sans problème s'y rendre dès très tôt le matin, et jusque tard après la nuit tombée.

Sans doute a-t-on les priorités que l'on se donne.

15/04/2016

Un prix à payer

Paris, Banlieues, Economie, Social, Art de vivreParis, ville magnifique. Ville agréable à vivre, aussi, globalement. Mais ville chère, décidément. Une étude vient de quantifier cela de manière précise.

8,8%. Selon les calculs de l'Institut de la statistique (Insee), c'est le surcoût moyen des prix pratiqués en région parisienne, par rapport à la moyenne nationale. C'est dû en grande partie au coût des loyers, qui y sont supérieurs de près de 50% par rapport au reste du pays. Plus largement, les dépenses relatives au logement (eau, entretien, gaz, électricité, etc.) sont plus élevées de 24,7% à Paris et et dans sa banlieue qu'en province. Cet écart vaut aussi pour la santé (des dépassements d'honoraires médicaux plus fréquents dans la capitale qu'ailleurs, par exemple), pour les loisirs, la culture et l’hébergement. Ainsi que, dans une mesure un peu moindre, pour l’alimentation, la restauration, les transports, les meubles et les vêtements.

Ce coût de la vie moins abordable est toutefois pondéré. Par la différence de rémunération: «le salaire horaire net moyen d’un ouvrier ou d’un employé est de l’ordre de 8% à 10% plus élevé» dans la région-capitale qu’en province.

Oui, mais cela ne vaut que pour les Parisiens et les banlieusards qui bénéficient d'une rémunération digne de ce nom. En revanche, pour les exclus, les précaires, les chômeurs en fin de droit, les travailleurs condamnés aux petits boulots à temps partiel, les jeunes peu aidés par leurs parents, les seniors ne touchant que de petites retraites, et pour tous ceux qui peinent à boucler leur fin de mois, le coût de la vie dans la capitale et sa région devient rapidement prohibitif. D'où, sans doute, le succès de la mobilisation actuelle contre la précarité, à Paris. Où, proportionnellement, ce mouvement semble rencontrer davantage d'écho qu'en province – même s'il y a fait tache d'huile.

14/04/2016

Un contraste qui perdure

Un aller-retour rapide en Belgique par le Thalys, et donc l'opportunité de constater la persistance d'un contraste frappant. Entre la façon dont, de part et d'autre de la frontière, sont appliquées les mesures de vigilance antiterroriste, dans les chemins de fer.

On l'avait déjà remarqué en février (relire ), et cela continue à être vrai aujourd'hui: c'est décidément le jour et la nuit, entre les gares de Paris-Nord et de Bruxelles-Midi. Alors que, à la fin de l'an dernier, une vigilance analogue était de mise dans ces deux grandes stations (relire ici). 

Des contrôles renforcés  et donc des queues longuettes à Paris-Nord. L'obligation même, à nouveau, d'ouvrir son manteau et de sortir les mains de ses poches avant de passer les portiques de sécurité. En revanche, toujours aucun contrôle apparent à Bruxelles-Midi, où on continue visiblement à entrer et à sortir comme dans un moulin. Que ce soit sur le quai ou en station, ni vérification du titre de transport, et encore moins de la pièce d'identité, ni palpation de sécurité, ni fouille des bagages. Rien. Alors que la capitale belge est censée être en état d'alerte maximale, moins d'un mois après les terribles attentats du 22 mars.

Ce contraste bruxello-parisien saute d'autant plus aux yeux quand on sort de l'espace de Bruxelles-Midi dédié au Thalys et qu'on fait ne serait-ce que quelques pas dans la gare ou à ses alentours. Là, c'est la profusion de militaires lourdement armés. Et en nombre encore plus important qu'à Paris.

Comprenne qui pourra la logique.

13/04/2016

Un nouvel arrivant, bienvenu

Paris, Terrorisme, SocialLa (bonne) nouvelle de la semaine n'a échappé à aucun des riverains de notre quartier Saint-Sabin: la partie du onzième arrondissement qui fut si endeuillée et traumatisée par les attentats de l'an dernier. Les anciens locaux de "Charlie Hebdo" ont enfin trouvé de nouveaux locataires.

Au 10, rue Nicolas Appert, précisément. Dans le petit hôtel d'entreprises qui hébergeait la rédaction de l'hebdo satirique. Des locaux qui étaient toujours vides, depuis ce 7 janvier 2015 de sinistre mémoire où les frères Kouachi y semèrent la mort. En effet (relire ), la Ville de Paris, propriétaire des lieux, n'était jamais parvenue à trouver de nouveaux locataires. Malgré d'importants travaux de remise à neuf, on ne se bousculait visiblement pas pour occuper ces 280 m² désormais et à jamais si dramatiquement connotés.

Jusqu'à l'annonce, l'autre jour, de la signature d'un bail en bonne et due forme. Par le groupe SOS: une grosse entreprise d'économie sociale, qui va notamment éditer son magazine à cet endroit. «Il y avait une certaine fierté de redonner vie à ces lieux», a témoigné, dans les médias (par exemple ), un de ses dirigeants. «Il ne faut pas céder à la peur, donner le sentiment que les auteurs de la tuerie ont gagné».

Pour le quartier, en tout cas, c'est une excellente nouvelle. Car ces arrivants vont contribuer à lui redonner un peu de vie, de passage et d'animation. En plus, que rêver de mieux, si l'on veut rester fidèle à l'«esprit du 11 janvier», qu'un organisme dont le travail quotidien consiste précisément à réduire les fractures sociales, à construire des ponts, à recréer des solidarités.

Bienvenue à vous, donc, chers nouveaux voisins!

12/04/2016

Une amélioration qui tarde

Cela ne se dégrade pas vraiment. Mais cela ne s'améliore pas non plus considérablement.

C'est, en gros, la conclusion que l'on peut tirer du dernier rapport annuel en date sur la qualité de l'air à Paris et dans sa banlieue, qui a été rendu public il y a peu. Malgré tous les efforts entrepris, près d'1,5 million d'habitants de cette région restent quotidiennement exposés à une pollution atmosphérique qui excède les normes réglementaires. Il s'agit essentiellement des riverains qui résident à proximité des grands axes de circulation (le périph', etc.).

Si l'on regarde la situation polluant par polluant, cela s'améliore un peu en ce qui concerne le dioxyde d'azote. En revanche, la pollution aux particules fines, à l’ozone et au benzène stagne à des niveaux préoccupants.

Ce n'est évidemment pas un hasard politique: le jour même où ce bilan annuel – très moyen, donc – a été rendu public, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal a fait un peu de com'. Elle a annoncé la publication de l'arrêté qui est censé gérer de manière plus réactive et efficace les épisodes de pollution atmosphérique, dans la capitale imposition moins compliquée qu'avant de la circulation automobile alternée, etc. Et, comme cela semble une habitude désormais, la mairie de Paris (voir ici ou ) a réagi tièdement à cette com' ministérielle. Pour l'Hôtel de ville, en effet, le gouvernement ne va toujours pas assez loin, en la matière.

L'Etat et la Ville qui continuent à se chamailler. Et, en attendant, les Parisiens et les banlieusards qui respirent toujours aussi souvent un air empesté. Pas grand-chose ne change, donc, dans les faits.

11/04/2016

Une cible privilégiée

 Social, Activisme, Economie, Paris Pas toujours facile, depuis dimanche, de retirer de l'argent aux distributeurs de billets de notre quartier du onzième arrondissement. Samedi, en effet, en marge d'une nouvelle journée de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail, nombre de ces automates ont été pris pour cible. Taggués, maculés de peinture ou de stickers, dégradés.

C'est peu dire que, dans le quartier, pas mal d'agences bancaires ont, au-delà des DAB apposés sur leurs façades, subi un mauvais quart d'heure. On ne compte plus les vitrines recouvertes de slogans, endommagées, voire brisées. «Non au retour à Germinal. Vive la grève générale!», «Loi El Khomri -Vie pourrie» ou «Occupy SG» sont quelque-uns de ces slogans qu'on a pu lire. La SG mentionnée étant la banque Société Générale, et la référence à l'occupation faisant allusion aux mouvements du style "Occupy Wall Street".

Parmi les portraits des personnalités qui ont souvent été apposés sur ces banques, affiches gratifiées de commentaires peu agréables pour les intéressés, le visage de Pierre Gattaz revient souvent. Le très libéral "patron des patrons", leader du Medef (première organisation d'employeurs), accusé par les manifestants de prôner «la loi de la jungle» sociale et de s'en prendre aux «sans-dents» aux pauvres, ainsi que François Hollande les dénommerait s'il faut en croire son ex, Valérie Trierweiler.

Dans les stations de métro des arrondissements de l'Est parisien, pareillement, il était difficile, ce matin, de trouver un affichage publicitaire pour une banque qui n'avait pas été badigeonné d'invectives («VOLEURS!», etc.). Là aussi, c'est la Société générale surtout qui a vu ses campagnes de pub prises pour cible.

 Social, Activisme, Economie, Paris Pourquoi elle particulièrement, et non la BNP Paribas ou d'autres grandes banques françaises? C'est sans doute dû à son implication présumée dans le scandale mondial des "Panama Papers", relatif aux paradis fiscaux, qui a été révélé la semaine dernière.

Cela a d'ailleurs valu à une des agences parisiennes de cet établissement bancaire d'être peinturlurée, par les activistes, d'une déco toute en couleurs exotiques et chatoyantes. Qui ressemblait bien à ce que l'on imagine être un coucher de soleil au Panama.

08/04/2016

Un court-circuit, symptomatique

C'était couru d'avance, mais, visiblement, la mairie de Paris n'avait pas anticipé cela. La principale actualité de la semaine, dans la "Ville lumière", a été quelque peu court-circuitée par le climat social et revendicatif agité du moment, en France.

L'inauguration en grandes pompes de la "Canopée". L'immense structure (18.000 écailles de verre, 7.000 tonnes de poutres métalliques) qui recouvre désormais le futur nouveau Forum des Halles, lui toujours en cours de réaménagement. Sitôt ce mastodonte architectural dévoilé au public, il a été investi par les intermittents du spectacle. Eux qui sont chroniquement mobilisés ne jouent pas un petit rôle dans le mouvement actuel de revendication (les "Nuits debout", etc.) parti de Paris et qui, depuis, a fait tache d'huile en province et même en Belgique.

Ces intermittents s'inquiètent notamment de l'avenir de leur régime d'assurance chômage. Il est déficitaire et doit être renégocié, d'ici à l'été – avec, sans doute, de douloureuses économies à la clé. L'occasion était donc trop belle, pour eux, de «prendre possession de cette énième vitrine clinquante de la Ville de Paris: plus d’un milliard d’euros de budget, dont 14% de dépassement» par rapport aux estimations initiales. L'occasion aussi, en ces temps de mobilisation de la jeunesse contre la précarité, de se montrer dans «une immense zone de chalandise qui regroupe nombre d’entreprises et de magasins qui exploitent au quotidien des précaires (étudiants, travailleurs pauvres, personnes sans papiers), obligés d’accepter des boulots pourris pour survivre».

Paris, Architecture, Urbanisme, Social, Activisme, CultureLe coup de force des intermittents, cela dit, s'il a fait grimacer des élus de Paris, n'a globalement pas gâché la fête. Ni n'a empêché les Parisiens d'affluer dans ce centre commercial qui, bientôt, sera complètement relifté.

Une méga opération urbanistique qui, on peut le noter au passage, ne réussit toujours pas à faire l'unanimité. La pompe et les flonflons des discours d'inauguration n'ont pas fait taire les critiques qui, depuis le début, accompagnent ce projet. A propos de son gigantisme, de son coût, de sa physionomie, et des nuisances que le chantier a entraînées, pour le quartier. Chantier débuté dès 2011, et qui ne s'achèvera pas avant 2018 – on n'a donc pas fini d'en parler.

07/04/2016

Une reprise qui se fait attendre

Morose, se confirme-t-il, le climat des affaires dans le secteur du tourisme, à Paris. Alors que, normalement, en cette période pascale, l'affluence étrangère devrait être à son comble.

D'après les chiffres qui circulent, le secteur continue, cinq mois plus tard, d'être touché de plein fouet par l'impact des attentats de la mi-novembre. Les réservations d'hôtels affichent toujours une baisse de 15% depuis le début de l'année, et c'est encore pire pour les établissements de très grand luxe et autres palaces (jusqu'à 20% de manque à gagner, par rapport à l'an dernier). Même le créneau particulier, et habituellement très rentable, du tourisme d'affaires (congrès, salons professionnels, séminaires, etc.) accuse le coup. C'est préoccupant pour la capitale, car ce type de tourisme représente à lui seul 40% des nuitées hôtelières, rapportant chaque année plus de 5 milliards d'euros de retombées économiques à la ville et à sa région.

Pour, toutefois, ne pas dresser un tableau trop sombre, noter l'une ou l'autre éclaircie qui semble se profiler, dans la "Ville lumière". Ainsi (voir par exemple ici), après plusieurs mois qui, là aussi, furent dévastateurs, un rebond de fréquentation paraît se confirmer concernant les salles de spectacle, les cinémas et les restaurants – fût-ce de manière inégale pour ces derniers, notamment en fonction du quartier concerné.

En somme, les touristes étrangers tardent toujours à revenir, mais les Parisiens se sont remis à sortir.

Sans doute est-ce déjà cela.

06/04/2016

Un intérêt à préciser

Télévision, TechnologiesCocorico du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), . Car, ces jours-ci , la France a franchi «avec succès» une nouvelle étape dans la modernisation de la télé numérique. Désormais, les téléspectateurs peuvent «bénéficier sur tout le territoire métropolitain de quinze chaînes nationales gratuites supplémentaires et de chaînes locales diffusées en qualité Haute Définition, grâce notamment à la généralisation de la norme de compression MPEG-4».

Sans doute est-ce merveilleux.

Ce que le CSA ne dit pas, c'est que ce nouveau changement est très profitable aussi pour les chiffres officiels relatifs à la consommation des ménages, et donc pour l'économie. Puisque, cinq ans seulement après le passage de l'Hexagone à la télé numérique, il a de nouveau conduit d'innombrables téléspectateurs à devoir aller acheter, dans les magasins, les éternels adaptateurs indispensables pour pouvoir continuer à regarder la télé.

Pas davantage, n'est explicité par le CSA ou par le gouvernement l'intérêt qu'il y a à regarder désormais en haute définition des programmes qui, en général, d'un niveau qualitatif, restent tout de même très perfectibles. Merci donc, trop aimable, pour ce changement de forme. Mais à quand enfin la révolution de fond, dans la télévision?

Nous, en tout cas, de cette télé française, on se passe très bien, depuis que notre téléviseur n'a pas survécu au passage à la TNT (relire ). Désormais, sur l'ordinateur ou le smartphone, on regarde uniquement les JT, les grands programmes d'information, et un peu de télé d'info continue. Puis, on passe à autre chose: à d'autres activitéset toujours avec plaisir.

05/04/2016

«Un plus bas niveau depuis dix ans»

Puisque, la semaine dernière, ce blog évoquait le problème des embouteillages en France, et puisque cela va une fois de plus bouchonner pas mal dans Paris, ce mardi – encore une journée de manifestations prévue, avec son cortège habituel d'embarras de circulation –, des nouvelles du périphérique. Un premier bilan, en l'occurrence, deux ans après l'entrée en vigueur de la limitation à 70km/h de la vitesse maximale de circulation qui y est autorisée.

Cela avait été un fameux changement, à l'époque. Plus de vingt ans que, sur ce boulevard, la rocade périurbaine la plus fréquentée d'Europe (1,3 million de véhicules par jour), la limite était fixée à 80km/h. Il avait donc fallu des années d'intenses débats (relire ici ou ) avant que la réforme soit mise en œuvre.

Deux ans plus tard, l'impact éventuel de ce changement sur la pollution atmosphérique et sonore reste à démontrer. De même, sur la fluidité du trafic. En revanche, en termes d'accidentologie, l'évolution est notable. Le nombre d'accidents y a diminué de 15,5%, pour s'établir «à son plus bas niveau depuis dix ans». 601 blessés corporels par an, précisément. Contre 627, un an plus tôt. Et un seul tué à la suite d'un accident de circulation survenu sur le périph'. Contre sept, un an plus tôt.

Sans doute est-ce déjà cela. Même si la baisse globale de l'intensité de la circulation automobile en France, due au ralentissement de l'économie – que ce blog notait, jeudi dernier – a peut-être aussi joué.

04/04/2016

Une course aux clichés

Tourisme, InternationalAprès «Les Français parlent aux Français», voici «Les touristes parlent aux touristes».

C'est le gimmick de com' du dernier volet en date de #ParisWeLoveYou, qui a été annoncé ce lundi. Cette vaste campagne internationale de promotion tente de relancer le tourisme dans la capitale française, les attentats de novembre ayant fait dégringoler la fréquentation internationale.

Dès les beaux jours de mai, Paris sera donc le théâtre d'une grande «Selfie Race». Cette «opération digitale et participative» visera à ce que le plus grand nombre possible de Parisiens et de touristes étrangers réalisent des autoportraits photographiques dans des lieux emblématiques de la "Ville lumière", puis partagent ces clichés sur les réseaux sociaux. L'objectif étant que, diffusés en masse dans le monde entier, ces vues personnalisées de Paris incitent les communautés de ces photographes amateurs à venir, à leur tour, visiter la ville et sa région. Une carte interactive recensera l’ensemble des selfies mentionnant le hashtag #ParisWeLoveYou. Histoire de favoriser l'émulation entre les participants à cette course et donc, espère-t-on, d'accroître encore le buzz global qu'elle suscitera, un système de points permettra de suivre en temps réel «les meilleurs contributeurs» à cette opération. Et ceux-ci «seront récompensés pour leur engagement».

Conseil d'ami, du coup, au quidam qui, cet été, visitera Le Louvre, Orsay, Versailles ou la tour Eiffel: plus que jamais, y redoubler de prudence, pour ne pas se prendre un coup de perche à selfie, par inadvertance. Ce n'est pas toujours si simple que cela, vu l'agitation qui règne souvent dans ses attroupements de touristes et le nombre de visiteurs qui utilisent de tels gadgets.

Qui, du reste, sont censés interdits, désormais, dans un grand nombre de sites touristiques parisiens (voir par exemple ici ou ). Mais, d'après ce qu'on a pu constater, cette prohibition reste assez largement théorique.