Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

12/02/2016

Une masculinité, plus que jamais (suite)

Femmes, Gouvernement, PersonnalitésGrosse agitation dans la mouvance féministe, depuis hier soir (voir , notamment). Elle a réagi dès les minutes qui ont suivi l'annonce de la composition du nouveau gouvernement Valls. Le secrétariat d’Etat aux Droits des femmes y est désormais intégré au ministère de la Famille et de l’Enfance, et non plus aux Affaires sociales. Selon les protestataires, cela traduit «le mépris» du duo Hollande-Valls pour les femmes.

Y compris les milieux féministes proches du Parti socialiste sont vent debout. «Mettre sous un même ministère la famille, l’enfance et les droits des femmes, n’est-ce pas enfermer les femmes dans le rôle stéréotypé qui leur est assigné depuis des siècles: celui d’épouse et de mère?», a interrogé, ainsi, la présidente (PS) du Haut Conseil à l’Egalité. Et, sur les réseaux sociaux, évidemment, les femmes s'énervent. Imaginant, par exemple, sous un prochain gouvernement socialiste, un ministère «de la Famille, de lEnfance, des Droits des femmes, du Tricot, du Ménage et de la Cuisine».

Sinon, au sein de ce gouvernement, la parité hommes/femmes a été rétablie. Elle qui n'était plus de mise depuis le départ de Christiane Taubira.

Mais, pour donner une idée de la répartition des rôles, les Affaires étrangères, la Défense, la Justice, l'Intérieur, l'Economie ou les Finances sont aux mains d'hommes. En revanche, c'est à des femmes qu'ont été confiés les secrétariats d'Etat en charge, au hasard, de l'Artisanat et de l'Economie sociale, de la Biodiversité, ou de l'«Egalité réelle» (?).

Encore bravo.

11/02/2016

Une collision douloureuse

Le projet de révision constitutionnelle adopté en première lecture hier, par les députés. A une majorité assez large, mais le fameux article relatif à la déchéance de nationalité pour actes terroristes, lui, est passé vraiment ric-rac: avec 14 voix d'avance seulement, sur quelque 300 votants. Cela promet, pour la suite du parcours parlementaire de ce texte.

Dans cette affaire de nationalité, il est frappant de constater combien, dans de nombreux cas, l'histoire personnelle et familiale vient entrer en collision avec l'histoire de la République en train de s'écrire. Un choc douloureux, qu'ont notamment exprimé trois élus, pour ne citer qu'eux, ces derniers jours.

Ainsi, ce député centriste (ici) qui, à la tribune de l'hémicycle, a peiné à retenir ses larmes. A l'évocation de son grand-père. Lui aussi député, qui avait voté contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (grand utilisateur de la déchéance de la nationalité) et qui, parce qu'il était dans la Résistance, était «qualifié de terroriste, par l'occupant nazi». Ou cet autre élu (), lui eurodéputé sarkozyste, qui, sur un plateau de télé, brandit une copie d'un décret publié au Journal officiel en 1941, sous Vichy. Le décret qui priva de sa nationalité son grand-père, amiral dans les Forces françaises libres. Ou encore ce député socialiste (ici), descendant d'une famille ayant, en 1957, «fui l'Egypte parce que juifs». Et dont la propre mère fut longtemps apatride, «avant d'être naturalisée française, comme toute la famille».

Rarement avait-on vu autant d'élus, dans un laps de temps aussi court, évoquer d'une telle manière leur histoire personnelle.

Signe que, au-delà des stratégies parlementaires, des postures politiques et des clivages traditionnels, ce projet de réforme se distingue vraiment des autres. Car il ravive des souvenirs, rouvre des plaies, remue les âmes. Et remet en lumière les complexités de l'histoire nationale.

Ce que François Hollande et Manuel Valls, à l'évidence, n'avaient pas mesuré.

10/02/2016

Une «hauteur» de vues, vraiment ?

Institutions, Langue française, Gouvernement, Parlement«Etre à la hauteur». C'est ce que Manuel Valls ne cesse de réclamer à la classe politique, depuis les attentats du 13 novembre. Il le fit encore en boucle tout au long du débat parlementaire qui, ce mercredi, se conclut (provisoirement) par le vote des députés (en première lecture, seulement) sur le projet de révision constitutionnelle (déchéance de la nationalité pour les condamnés pour terrorisme, etc.) . Mais, dans le camp même du Premier ministre, on n'est pas toujours «à la hauteur». Deux exemples, issus des échanges que les députés ont eus cette semaine, à propos de ce cette réforme.

D'abord, les quolibets, dignes d'une cour d'école, que deux députés socialistes ont lancés à un de leur collègue sarkozyste. Qui venait de nuancer de la sorte «l'état de guerre» sans cesse invoqué par Manuel Valls, pour justifier ce texte: «La guerre étrangère désigne les conflits entre États-nations, auxquels nous ne sommes pas confrontés actuellement, grâce à Dieu». Sacrilège: invoquer le divin (fût-ce en une tournure de phrase très commune en langue française) dans le temple républicain de la laïcité qu'est l'Assemblée. Cela lui a valu des «Calotin!» et autres «À bas la calotte!».

Ensuite, la réplique qui a été faite à un autre député de droite, qui, lui, faisait l'analogie entre ce texte de loi et «un mauvais film, dont le titre est "Il faut sauver le soldat Hollande"». Puis prévenait le chef du gouvernement: «Ne comptez pas sur moi ni sur un nombre important de parlementaires de droite et de gauche pour être les figurants de ce film». Le chef de file des députés PS, piqué au vif, lui a lancé: «Il y a les soldats et les planqués, Monsieur!», «Planqué!».

Réduire ses contradicteurs à des tire-au-flanc. A des déserteurs, en somme. A des traîtres à la patrie, donc – alors même que l'on parle de déchéance de la nationalité. Outre que ce n'est pas «à la hauteur», le recours à de tels arguments d'autorité a un nom, et il est particulièrement malvenu, dans le contexte. Puisque ce n'est rien d'autre que du terrorisme intellectuel.

Encore bravo.

09/02/2016

Une gêne, visiblement

Encore une réouverture d'un établissement de l'Est parisien qui a été frappé par les attentats du 13 novembre. Mais cette réouverture-là fait moins l'unanimité, et les médias n'en font pas des tonnes à son sujet. Comme si tout le monde était un peu gêné.

Le restaurant "Casa Nostra", dans notre onzième arrondissement: rue de la Fontaine au Roi. Il a fait scandale quand, dans la foulée des tueries, des médias l'ont accusé – tournage en caméra cachée à l'appui – d'avoir vendu à la presse à sensation des images de vidéosurveillance du soir du 13 novembre. Cela conduisit la mairie de Paris à ne pas lui verser la subvention qu'elle a allouée aux autres commerces mis à l'arrêt par les attentats.

Le gérant de l'établissement a porté plainte en diffamation contre l'émission de Canal+ qui a fait ses choux gras de l'affaire. A l'en croire, les images qui l'incriminent ne sont qu'«un montage». L'homme estime avoir été piégé. Ces jours-ci, il tente une contre-offensive médiatique (, par exemple). La Justice tranchera.

En attendant, visiblement, on ne se bouscule pas, dans son restaurant. Alors que le grand public se précipita dans chacun des autres établissements endeuillés par les tueries, dès qu'ils rouvrirent.

08/02/2016

«Une première phase satisfaisante»

Paris, Propreté, Environnement, Tabac, PoliceCela n'a l'air de rien comme sujet, mais c'est tout de même un enjeu de propreté, pour Paris. Puisqu'il est à l'origine de 350 tonnes de déchets par an: les mégots dans les rues.

On en sait désormais un peu plus sur ce que donne cette petite révolution dans les usages que la capitale française a lancée, en octobre dernier. Verbaliser (68 ou 180€) le jet de mégots par terre (relire ici ou ).

En quatre mois, vient de préciser la mairie, 800 procès-verbaux ont été dressés. Un chiffre que les autorités municipales jugent «satisfaisant pour une première phase». Et qui fait suite au démarrage en fanfare de l'expérimentation: 350 contrevenants verbalisés pendant le seul premier mois d'application de la mesure. La prévention, cela dit – et c'est heureux –, n'a pas été oubliée: 30 000 corbeilles de rue avec éteignoir ont été installées, «c’est-à-dire en moyenne une tous les 100 mètres». A cet égard, la semaine prochaine, les élus de la capitale adopteront un «grand plan de renforcement de la propreté» (), qui comprend notamment la distribution de 125.000 cendriers de poche (en plus des 50.000 qui ont déjà été écoulés).

Dans un autre registre, concernant une autre pollution, 50 sanisettes supplémentaires vont être installées, ainsi que 150 autres qui, elles, seront ouvertes toute la nuit. Pour tenter d'enrayer un autre fléau de la "Ville lumière". Les rues qui, au petit matin, sentent la pissotière – on connaît bien cela dans nos arrondissements de l'Est parisien, avec les quartiers très animés la nuit comme Bastille, Oberkampf, le Marais ou le Canal Saint-Martin.

05/02/2016

Une certaine confusion

Heureusement que près de dix ans séparent encore les Français de cette échéance (éventuelle), parce que, visiblement, ils ont encore besoin d'un temps de réflexion pour se faire une idée claire à son sujet. L'exposition universelle de 2025, à laquelle Paris et sa région sont candidates.

81% des sondés (voir ) trouvent que c'est «une bonne chose» que l'Hexagone brigue l'organisation d'un tel événement, lui qui n'a plus accueilli d'Expo universelle depuis 1937. Mais sept sondés sur dix préféreraient qu'il soit réparti dans les grandes villes françaises, et non concentré dans la seule région parisienne. Or, à ce stade, une telle extension n'est pas du tout envisagée. Et, si 89% des Français ont une bonne image de cet événement, ils s'opposeraient à ce qu'il soit financé par les pouvoirs publics, lui voulant un financement uniquement privé. Or, cette éventuelle Expo s'appuierait en partie sur les infrastructures que l'on construirait pour les JO de 2024 (si Paris obtient bel et bien ces Jeux), qui, elles, seront pour une part financées par les pouvoirs publics.

Bref, encore beaucoup de conditionnel pour ce projet, et donc autant de confusion dans les esprits. Qui sait les années passant permettront-elles d'y voir un peu plus clair.

04/02/2016

Une mobilisation encore incomplète

Femmes, Sécurité, Transports, MétroL'an dernier, 114 agressions sexuelles perpétrées dans les transports publics parisiens ont été élucidées. Le chiffre a été donné hier, par la préfecture de police de Paris. Ces agressions sont imputées à vingt "frotteurs". Ainsi que l'on surnomme les individus qui profitent de la cohue des heures de pointe pour agresser sexuellement leurs victimes.

Dans le cadre du dernier plan en date du gouvernement pour lutter contre le harcèlement sexiste, une unité spéciale a été créée au sein de la la police parisienne des transports. En outre, plusieurs jugements ont été prononcés à l'encontre de tels harceleurs. Il semble donc que les autorités commencent enfin à se bouger contre les auteurs de violences sexuelles dans les transports – un vrai fléau quotidien, pour tant d'usagères.

Juste, certains élus politiques, eux, mériteraient visiblement toujours d'êtres un peu secoués.

Ainsi, il semblerait (voir ici ou ) que, dernièrement, soit passées à la trappe du Sénat toutes les dispositions relatives au harcèlement sexiste, qui étaient contenues dans la future loi renforçant la sécurité dans les transports publics – loi née à la suite de l'attaque du Thalys, cet été. Pour d'obscures raisons techniques, ce volet du texte a été retiré, et n'a donc pu être débattu (). Il imposait notamment aux sociétés de transport de former leur personnel de sécurité à la problématique des violences sexuelles.

Encore bravo.

03/02/2016

Une coquette somme

64,9 milliards d’euros. Le montant a été dévoilé dernièrement, par le gouvernement (). Il correspond aux achats que les Français ont effectués sur internet, en 2015. C'est une hausse de 14,3% en un an. Quelque 835 millions de transactions (+19%) ont été totalisées. Et 2,3 millions de nouveaux acheteurs supplémentaires recensés. En outre, à en croire la fédération française de l'e-commerce et de la vente à distance, «en 2015, le taux de satisfaction des clients a été de 98%» , autre chiffre record.

Tout irait donc bien et même dans le meilleur des mondes, pour l'e-commerce français. Mais ce tableau mirifique doit être doublement nuancé.

D'abord, comme nul ne l'ignore plus, une part importante de ces e-achats est réalisée auprès de filiales françaises de multinationales qui, grâce à de savants mécanismes d'optimisation fiscale, continuent de payer, dans l'Hexagone, un montant ridiculement peu élevé d'impôts et de taxes. Ensuite, ce boom de l'e-commerce français en 2015 est en partie artificiel, et même dramatiquement conjoncturel: lié aux attentats de la mi-novembre. Car, à Paris comme en province, ils ont vidé les grands magasins traditionnels, de nombreux acheteurs jugeant plus prudent de faire leur shopping de fin d'année sur le net.

Il n'en demeure pas moins que, à en croire un récent sondage, les Français imaginent le commerce de demain à la fois fortement dématérialisé et connecté. Pour sept sondés sur dix, on comptera beaucoup moins de magasins physiques en 2030 qu’aujourd’hui. Et près de huit Français sur dix considèrent que, dans ces rares commerces non virtuels qui subsisteront, les caisses physiques auront été remplacées par des systèmes de paiement dématérialisés.

Sans doute faut-il juger cette perspective merveilleuse.

02/02/2016

Un marketing curieux (encore et toujours)

cinéma,culture,publicité,commerce,etrangers,racisme,immigrationSortie en salles, demain mercredi, du film "Chocolat". Il narre le destin de Rafael Padilla (1865-1917). «Clown nègre», premier artiste noir de la scène française, coqueluche du tout-Paris à l'époque – il inspira même Toulouse-Lautrec. Succès probable, pour ce film, ne serait-ce que parce que le personnage de "Chocolat", nom de scène de cet artiste, est campé par Omar Sy: une des personnalités préférées des Français.

Puisque c'est bien dans le sujet de la représentation «des races» – comme dirait l'ex-ministre sarkozyste Nadine Morano –, signalons la chose, au passage: la poursuite de la distribution, dans les magasins de la chaîne Monoporix, d'un produit dont le marketing avait pourtant été très contesté, il y a six mois (relire ). Des tablettes de chocolat dont l'emballage est illustré par des photographies de visages de jeunes Africains ou Antillais. Le degré de noirceur de leur peau étant censé illustrer le type de chocolat vendu: au lait ou pas, etc.

Accusé de «racisme ordinaire», Monoprix avait assuré n'avoir jamais eu «aucune intention de heurter». Puis avait annoncé qu'elle était «en train de faire évoluer ce pack» controversé. Mais on trouve toujours ces chocolats présentés de la sorte dans les rayons de tous les Monop' de France et de Navarre, ainsi que (mais en partie seulement, à première vue) sur la boutique en ligne de cette enseigne. Seule différence: les réseaux sociaux, qui s'étaient beaucoup mobilisés sur l'affaire il y a six mois, sont, depuis, passés à autre chose.

L'histoire ne dit toujours pas si les clients et consommateurs de Monop' trouvent cela appétissant.

01/02/2016

Un choix discutable

TF1 investit notre quartier Saint-Sabin. Via une société de production audiovisuelle, la chaîne de télé a fait interdire le stationnement dans trois rues de cette partie du onzième arrondissement. Pour y procéder au tournage de scènes en vue d'un prochain épisode de "Profilage". Sa série policière à succès, visiblement: les épisodes de la saison 6 ont été regardés par «7.2 millions de téléspectateurs en moyenne, soit 30% de part de marché, dont 31% des femmes de moins de 50 ans».

Jusque là, rien que de très banal, dans une ville comme Paris où ont lieu à peu près dix tournages chaque jour. Habituel, si ce n'est que les trois artères concernées par ce tournage en particulier (rues Saint-Sabin et Nicolas Appert, Boulevard Richard Lenoir) sont précisément... celles qui ont servi de cadre à l'attentat du 7 janvier 2015: celui perpétré contre "Charlie Hebdo".

Du coup même si, évidemment, il faudra un jour tourner la page , est-il bienvenu de tourner un téléfilm policier dans un tel décor? Là même où, il y a un an seulement, des tueries tout sauf fictives ont eu lieu? Là où, par exemple, un policier a été abattu comme un chien: achevé de balles tirées à bout portant, alors qu'il gisait sur la chaussée? Est-ce vraiment de bon goût?

Ce matin, en tout cas, on s'est d'autant plus posé la question en passant devant l'immeuble de la rue Appert où se trouvait la rédaction de "Charlie". On y a constaté, médusé, que, aux pieds du bâtiment, venaient d'être enlevés l'ensemble des fleurs, bougies, dessins et écrits qui, il y a quelques jours encore, s'amoncelaient sous la plaque commémorative inaugurée en début d'année.

Ce "mémorial" était dans un état globalement correct. Pas pire, en tout cas, que celui qui, à quelques mètres de là, subsiste devant le Bataclan. Du coup, une interrogation. L'a-t-on nettoyé uniquement car il aurait fait tache sur les images à tourner pour TF1? En somme, a-t-on balayé un peu de l'histoire d'un quartier – histoire si dramatique, en plus –, juste pour pouvoir raconter de belles histoires aux amateurs de séries policières d'un soir?

29/01/2016

Une «fiction collective et poétique »

paris,arts,culture,sciencesUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. De l'art urbain, en l'occurrence. Et du spectaculaire, en plus.

Cela se passe le long du périph' parisien, le boulevard périurbain le plus fréquenté d'Europe. Cette semaine, y a été inaugurée une installation lumineuse monumentale, destinée à y rester dix ans. Elle transforme complètement la physionomie des immenses silos de béton (40 mètres de haut, 20 mètres de diamètre) qui s'élèvent quai d'Ivry, dans le treizième. Grâce à une quarantaine de projecteurs leds installés à leurs pieds, ces édifices monumentaux, sitôt la nuit tombée, s'éclairent de couleurs qui rappellent celles des aurores boréales. "Solar Wind". C'est le nom de cette installation. Elle est due à l'artiste plasticien Laurent GrassoPrix Marcel Duchamp 2008, et qui illumina déjà, précédemment, La Samaritaine et le Palais de Tokyo.

Il s'agit ici d'une oeuvre qui se veut poético-scientifique. N'ayant jamais été très porté sur les sciences, on n'est pas sûr d'avoir parfaitement compris, mais donc, les couleurs illuminant les tours varient en intensité et en teintes en fonction de l'activité solaire et des mouvements cosmiques (voir ), un algorithme créé pour l'occasion traduisant les données recueillies par les chercheurs du Centre d'études spatiales (CNES).

paris,arts,culture,sciencesL'effet visuel créé par ce «moteur de fiction collective et poétique» paraît aussi saisissant que réussi.

Il viendra bien à point, en tout cas, pour détendre (un peu) le million d'automobilistes qui, chaque jour ou presque, pestent contre les embarras de circulation qui font la réputation de ce boulevard – et cette semaine plus que jamais, le périph' ayant été plusieurs fois bloqué par les manifestations des taxis en colère.

28/01/2016

Un remerciement fleuri

«Afin de remercier Madame Taubira d'avoir défendu avec force, conviction et passion l'égalité pour tous, déposons une rose rouge devant le ministère de la Justice, ce vendredi 29 janvier à partir de 18h».

C'est le message qui, hier, après l'annonce de la démission de la garde des Sceaux, a été posté sur Facebook. L'"event" est organisé par deux hommes; donc probablement deux bénéficiaires de la loi Taubira de 2013, qui a ouvert le mariage à tous les couples.

Ce matin, près de 500 participants à cette initiative s'étaient annoncés. C'est encore loin de représenter la grande popularité de l'ex-ministre, dans le communauté gay – où, il y a deux ans, furent même créés... des tee-shirts "Team Taubira". Mais si, demain, tous ces participants annoncés joignent effectivement le geste à l'engagement virtuel, cela fera tout de même un joli amoncellement de roses, devant son ex-ministère.

D'autres fleurs, cela dit, pourraient bien se joindre à cet hommage. Plus funèbres.

En effet, sur les réseaux sociaux, circule l'idée d'apporter demain plutôt des chrysanthèmes. En témoignage, là, de peine et de regret. Concernant, par exemple, le renoncement de François Hollande à "la PMA pour toutes" (procréation médicalement assistée). Ou les restrictions frappant les mariages de couples gays composés de Français et de ressortissants étrangers.

27/01/2016

Une masculinité, plus que jamais

gouvernement,personnalités,femmes,justiceIls ne perdent pas de temps, décidément, les instituts de sondage. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a démissionné ce matin, et, en fin d'après-midi déjà, une enquête d'opinion est venue donner le sentiment des Français sur cette actualité. Dans le pays du monde qui, avec les Etats-Unis, est le plus grand consommateur de sondages politiques.

81% des personnes interrogées approuvent son départ du gouvernement. Mais, à gauche, ils sont moins nombreux (68%) à s'en féliciter. Sans surprise, pour une ministre aussi clivante, son bilan à la Justice est descendu en flammes par les sondés de droite et salué par ceux de gauche.

Puisque, tout au long de cette journée politiquement agitée, les médias français l'ont assez peu souligné, signalons deux conséquences annexes de cette démission. Un: le gouvernement Valls n'est plus paritaire, vu qu'il compte désormais davantage d'hommes que de femmes. Deux: dorénavant, en attendant un probable remaniement en février, tous les ministères régaliens (la Justice, l'Intérieur, les Affaires étrangères et la Défense) sont au mains d'hommes.

Sans doute est-ce le reflet du très mâle contexte sécuritaire ambiant, de mise depuis les attentats du 13 novembre.

26/01/2016

Une impopularité, et comment

Déjà envolé, le regain de popularité dont le duo Hollande-Valls a bénéficié après les attentats du 13 novembre, dû au durcissement de sa politique sécuritaire. A en croire le dernier sondage en date, publié ce mardi, tant le chef de l'Etat que son Premier ministre perdent à nouveau cinq points. Ils sont désormais redescendus à seulement 22% et 35% d'opinions favorables, respectivement.

Plus grave, le chef du gouvernement vient de déposer plainte pour... menaces de mort, après des messages particulièrement hostiles et violents reçus sur sa page Facebook. Cela s'est passé la semaine dernière, mais la chose n'a été dévoilée qu'aujourd'hui – non par un communiqué officiel (silence total en haut lieu, sur le sujet), mais par une fuite dans la presse.

La police judiciaire de Paris a confié l'enquête à sa brigade de répression de la délinquance contre la personne. L'auteur des messages menaçants encourt deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

25/01/2016

Un bug «exceptionnel»

 Paris, Métro, TransportsTrafic normal sur l'ensemble de la ligne 1 du métro, ce matin. Après les énormes problèmes qu'a connus, pendant une bonne partie du week-end, cette ligne qui est une des plus fréquentées de la capitale: 750.000 voyageurs chaque jour.

Du jamais vu, depuis son automatisation: la panne complète de tout le système d'exploitation qui, en temps normal, assure la transmission des informations du poste de commandement centralisé, situé à Bastille, vers les rames. Du coup, celles-ci ne pouvant fonctionner à l'aveugle, la coupure générale de l'alimentation électrique sur toute la ligne. Et l'arrêt complet du trafic. Le bug, survenu vendredi en fin d'après-midi, n'a été résolu que samedi dans la matinée. Entre-temps, une quarantaine de rames bloquées en gares ou dans les tunnels ont dû être évacuées.

Les réseaux sociaux se sont déchaînés (, par exemple). La RATP a beau avoir mobilisé «une centaine d'agents» pour les opérations d'évacuation puis avoir présenté ses plates excuses aux voyageurs pour cet «incident exceptionnel», elle s'est fait incendier par ses usagers. «Cette ligne est vraiment pourrie! Depuis l'automatisation c'est encore pire!!», lui a-t-il été lancé. Ou «On se fiche de vos excuses et vous n'aurez jamais ma compréhension. Il est temps de passer aux dédommagements». Ou «Ce n'est pas en mobilisant 80 idiots que vous réglerez un mauvais fonctionnement chronique». Ou «Mais quels gros nazes! Et c'est comme ça tous les jours». Ou encore «Vous ne contrôlez plus vos machines... Résultat, on reste là à galérer dans les bouches de métro dans le froid, merci hein».

Ce sont particulièrement les modalités d'évacuation de milliers d'usagers puis ses suites qui ont énervé. «Je n'ai jamais vu un truc pareil. Un manque de professionnalisme certain». «Trop aimable (les excuses), on aurait préféré que vous renforciez la logistique, surtout à la Défense. 1 bus toutes les 15 minutes c'est léger». «Non mais ouvrez les portes!!!!!!!!» des rames immobilisées. «Juste sortir! Ca devient étouffant et les enfants commencent à flipper!». Sans oublier cette remarque liée au contexte sécuritaire ambiant: «Evacuation bien compliquée... Alors que tout le monde est calme et coopératif... On n'ose imaginer d'autres circonstances...»

 Paris, Métro, TransportsAu-delà de ces désagréments, cette défaillance majeure du système de pilotage automatique est une catastrophe en termes d'image, pour une RATP qui se vante d'avoir pris «le leadership mondial» dans ce type de pilotage. Et, qui sait, cela promet-il, pour l'avenir. Puisque la prochaine ligne très fréquentée qui est en cours d'automatisation, la 4, bénéficiera du même système d'exploitation que celui qui a magistralement planté sur la 1, ce week-end.

22/01/2016

«Une initiative déplacée»

Ne pas partir en week-end sans faire écho à ce qui a sans doute été l'info parisienne la plus improbable de la semaine. La "Ville lumière" va bientôt accueillir... une course automobile.

Un Grand Prix, non de Formule 1, mais de Formule E: son équivalent pour les voitures électriques. Ce sera le 23 avril. Une vingtaine de monoplaces rivaliseront en faisant des boucles à plus de 200 km/h autour de l'Esplanade des Invalides, sur un circuit de deux kilomètres. Des tribunes pouvant accueillir 15 000 personnes seront construites spécialement pour l'occasion. Jamais depuis la Libération (le Grand Prix Automobile de Paris, au Bois de Boulogne en 1945), un tel événement n'avait été organisé dans la capitale française.

Le patron de la Fédération internationale de l'automobile, Jean Todt, ne se tient plus: «C'est un rêve d'un demi-siècle qui se réalise», et ce sera «notre meilleur ambassadeur pour montrer le développement de la technologie». Dans la foulée, la maire de Paris, Anne Hidalgo, est sûre que la compétition «va permettre de donner un bon coup d'accélérateur à la mobilité électrique». Mais tout le monde n'est pas aussi enthousiaste.

Les élus Verts de la capitale font la grimace. Et, hier, ils ont été relayés () par les associations d'usagers des transports publics, du vélo, etc., qui y voient «une initiative déplacée». A leurs yeux, «cette promotion inattendue et consternante de la vitesse (230 km/h annoncés!), sous prétexte d’écologie, est perverse: on sait que la vitesse est la cause principale des accidents routiers. Elle est totalement contradictoire avec la volonté affirmée par ailleurs d’apaiser Paris, d’y réduire la place de la voiture, d’y encourager la marche et l’usage du vélo par la généralisation des zones 30. Bien loin d’être "un signal fort adressé au monde", cette initiative est nocive pour l’image internationale de Paris: imagine-t-on un tel rodéo à Copenhague ou Amsterdam, villes où la voiture a été remise à sa juste place sans être exclue, et où le bien-être des habitants est une priorité des élus?».

La seule consolation des opposants à cette initiative est acoustique. Au moins, les bolides qui participeront à la compétition seront-ils entièrement silencieux, loin du raffut assourdissant qui est celui des compétitions de Formule 1.

Sans doute est-ce déjà cela.

21/01/2016

Une si grande demande

Paris, Terrorisme, Gouvernement, SantéCe jeudi, Christiane Taubira dresse un bilan de la prise en charge des victimes des attentats du 13 novembre. A cette occasion, la ministre de la Justice a prévu de rencontrer les dirigeants de la nouvelle association qui vient de se créer, baptisée "13 novembre fraternité et vérité" (voir notamment ). Elle regroupe des rescapés ainsi que des familles et des proches des personnes tuées dans ces attentats.

A ce sujet, ce chiffre qu'on a découvert un peu par hasard, l'autre jour, alors qu'on parcourait distraitement la gazette locale de notre onzième arrondissement.

1500. Soit le nombre de riverains et de témoins directs des tueries du 13 novembre à Paris, qui, tout au long du mois qui a suivi, ont été accueillis et pris en charge par la cellule d'urgence médico-psy mise en place à la mairie du 11e, aussitôt après les attentats. 1500 personnes «non blessées physiquement mais choquées», qui avaient donc grand besoin des conseils des spécialistes réquisitionnés pour cette cellule: psychiatres, psychologues et infirmiers.

1500 personnes prises en charge en un seul mois, soit une cinquantaine de consultations chaque jour. C'est dire – s'il en était besoin – la grande demande d'assistance qu'il y eut dans le quartier, et la détresse qu'y provoqua cette actualité si traumatique.

20/01/2016

Une baisse continue

Le froid freinant la dispersion des polluants, un épisode de pollution atmosphérique est en cours ce mercredi, à Paris. Et ce sera sans doute encore le cas demain jeudi. A nouveau cette satanée pollution par les particules fines PM10. Alors que, hasard de l'actualité, les députés viennent de voter (voir ) la proposition de loi prévoyant l'automaticité du déclenchement de mesures d’urgence, en cas de pics de pollution.

Ces particules fines sont dues notamment – mais pas seulement – à la pollution automobile. C'est donc l'occasion d'évoquer cette étude parue il y a quelques jours et qui a fait beaucoup parler d'elle, dans la capitale française. Et pour cause: elle confirme une évolution majeure, concernant les modes de déplacement qui y ont cours.

En 2014 (la dernière année étudiée), la circulation automobile dans Paris intra-muros a encore baissé de 4%, par rapport à l'année précédente. Il se confirme donc, plus que jamais, que le trafic automobile est en chute libre, dans la "Ville lumière". On le constate depuis 2001. Au total, ces quinze dernières années, ce trafic y a été réduit de 30%  ce qui n'est tout de même pas rien.

Cela dit, avec une vitesse moyenne de circulation qui, sur les grands axes de la capitale, est limitée à 15,2 km/h seulement, on comprend un peu que les automobilistes rechignent à prendre le volant – quand ils ont la possibilité d'opter pour un autre mode de déplacement.

Cette baisse du trafic automobile se répercute sur les chiffres de l'accidentologie. Le nombre d'accidents de la route déplorés dans la capitale est en légère baisse (-2%). Ce qui fait tout de même encore plus de quinze accidents de la route chaque jour, dans Paris.

19/01/2016

Un simple rappel à la loi

Arts, Culture, Justice, Musées, ActivismeSa garde à vue a été longue, mais, finalement, elle s'est conclue sans aucune suite judiciaire. Hier, la femme qui, ce week-end, devant le tableau "Olympia", s'était exhibée nue au musée d'Orsay – et que ce blog évoquait, hier – ne fera pas l'objet de poursuites. Elle a bénéficié d'un simple rappel à la loi, et a été remise en liberté. «Tout ça pour ça. On a voulu lui faire peur et l'intimider», n'en a pas moins dénoncé son avocat. Selon qui il est «urgent de réformer le texte réprimant l'exhibition sexuelle, pour ne pas confondre le geste d'un pervers sexuel et celui d'un artiste».

Dans l'immédiat, en tout cas, l'intéressée s'en tire bien. Puisque, théoriquement, sa «performance artistique» aurait pu la conduire en prison. Le Code pénal, en effet, punit (ici) d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende toute «exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public».

D'autres femmes, d'ailleurs, n'ont pas eu droit à une telle mansuétude. Ainsi, il y a un peu plus d'un an, la justice a condamné à un mois de prison avec sursis et 2000 euros d'amende une militante du groupe Femen jugée pour exhibition sexuelle. Quelques jours avant la Noël 2013, elle avait fait irruption, seins nus, dans l'église de la Madeleine, à Paris. Pour protester contre les projets de loi anti-IVG alors en préparation en Espagne. Le parquet avait requis jusqu'à quatre mois de prison (avec sursis) à son encontre. L'intéressée, à sa sortie du tribunal, s'était insurgée que son «acte militant féministe» soit qualifié d'exhibition sexuelle.

Arts, Culture, Justice, Musées, ActivismeOnt également été renvoyées en correctionnelle, pour le même motif, ses trois collègues activistes qui avaient fait sensation à l'ouverture du procès de Dominique Strauss-Kahn, en février dernier, à Lille. Elles s'étaient jetées sur sa voiture à son arrivée au palais de Justice, leurs corps maculés de slogans en faveur de la pénalisation des clients et des souteneurs des prostituées.

Rien de tel, donc, aucune poursuite en vue, concernant l'incident de ce week-end au musée d'Orsay.

Musée qui, au passage, avait vu juste. Pour sa fameuse exposition consacrée aux "Images de la prostitution, 1850-1910", celle-là même qui a servi de cadre à la «performance artistique» de samedi. Puisqu'une des affiches de promo de cette expo proclamait...: «Emmenez vos enfants voir des gens tout nus». Prémonitoire.

18/01/2016

Un samedi au musée

Une nouvelle sans doute un peu légère pour un début de semaine, mais elle est si improbable qu'on n'y résiste pas. En pensant à la tête qu'ont dû tirer les visiteurs du musée d'Orsay, ce week-end. A la vue d'une femme qui, samedi, s'est allongée... entièrement nue, devant "Olympia", le célèbre tableau d'Edouard Manet.

Adoptant la même position que le personnage du tableau, elle a revendiqué une performance artistique. «Elle portait une caméra portative, pour pouvoir filmer la réaction du public», a expliqué son avocat. Il y a deux ans, déjà, dans le même musée, l'intéressée s'était exhibée devant "L'origine du monde", de Courbet. Samedi, les agents d'Orsay ont fait évacuer la salle puis l'ont priée de se rhabiller. Devant son refus, ils ont appelé la police, qui l'a amenée et placée en garde à vue pour exhibition sexuelle - elle y est toujours, à cette heure. Son avocat y voit «l'expression d'une pudibonderie judiciaire inquiétante», selon lui de mauvais augure pour «tous les artistes performeurs qui souhaitent s'exprimer de manière trop libre dans l'espace public».

Au moins, dans ce cas présent, aucun dommage n'a été causé à la peinture. Contrairement à ce qui s'était produit à la Fondation Lambert, à Avignon, en 2007. Une jeune femme avait alors embrassé une toile du peintre américain Cy Twombly, invoquant «un acte d’amour et un acte artistique». Les traces de rouge à lèvres qu'elle avait laissées avaient nécessité la restauration du tableau. En instance puis en appel, l'"artiste" avait été condamnée à une amende, des dommages-intérêts, des travaux d’intérêt général et le remboursement des frais de restauration. "J'ai trouvé le tableau encore plus beau", avait-elle avancé, pour sa défense. Le commissaire de l'exposition, lui, avait qualifié son acte de «viol», et l'artiste s'était dit «horrifié».