02.09.2010
Un abîme
La première? Comme s'en réjouissait un JT cette semaine, le nombre de palaces hôteliers ne cesse d'augmenter dans la Ville lumière. Il y avait déjà le «George V», le «Bristol», le «Meurice», le «Fouquet's Barrière» ou le «Royal Monceau». Il faudra bientôt compter également avec le «Mandarin», le «Shangri-La» ou le «Peninsula», dont les travaux d'aménagement ont beaucoup progressé cet été. Autant d'établissements de très grand luxe qui facturent leurs suites à «des tarifs allant de 1000 à 10.000 euros» la nuit, avait l'air de s'extasier le confrère de la télé. Deuxième actualité? C'est l'Agence France presse qui l'a donnée lundi, mais elle a fait, elle, beaucoup moins de bruit. On la cite texto: «Vingt-quatre personnes sans domicile fixe (SDF) sont décédées en juillet et en août en France, a annoncé aujourd'hui le collectif «Les Morts de la rue», en précisant que cette liste n'est pas exhaustive. Ces 24 décès portent le nombre de SDF décédés depuis le début de l'année à 173».
On ne voit pas trop ce qu'on pourrait rajouter.
10:41 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, art de vivre, tourisme
01.09.2010
Une histoire belge
C'est un sujet bien plus léger que celui d'hier. Très anecdotique même. Mais on va l'évoquer aujourd'hui puisque c'est la dernière histoire belge qui circule à Paris. Et, si l'on en juge au nombre de Parisiens qui nous en ont parlé dernièrement, l'anecdote circule pas mal ici. Elle concerne Vélib, le fameux système parisien de location de vélos en libre service. L'autre jour, deux de ces bicyclettes parisiennes ont été retrouvées... à Bruxelles!Après avoir manifestement été volés à Paris, ces vélos avaient, 300 kilomètres plus loin, été sagement accrochés aux bornes de l'équivalent bruxellois de Vélib. Qui est tout autant signé Decaux et qui, dès lors, bénéficie d'un système d'accrochage identique à celui de son cousin parisien. Depuis, ces deux vélos parisiens égarés ont été rapatriés en camion jusqu'à la Ville lumière. L'anecdote a permis d'apprendre que, depuis le lancement de Vélib il y a trois ans, pas moins de 8000 de ces vélos ont déjà été dérobés. Dérobés y compris, dans de rares cas, à destination de l'étranger – ainsi en 2008, un touriste parisien avait pris une photo d'un Vélib sur lequel il était tombé par hasard lors d'un voyage dans le fin fond de la Roumanie.
Au-delà de l'aspect moral de la chose – enfreindre la loi, privatiser un moyen de locomotion relevant tout de même d'un service au public, etc etc –, on n'a pas encore très bien compris le but que poursuivaient les malandrins. Mais, vu le poids effarant de ces vélos, vu donc leur relatif inconfort, vu aussi leur état général, souvent très dégradé, on espère vraiment pour ces brigands qu'ils n'ont pas accompli en Vélib la route de Paris à Bruxelles.
10:57 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : transports, paris, belgique
31.08.2010
Une récidive
Le temps passe, mais, à Paris, certains décidément n'évoluent pas. Vers la mi-juin, on avait évoqué (ici) l'émoi suscité dans la capitale – et au-delà: dans le reste du pays – par la tentative de groupuscules liés à l'extrême-droite de tenir un apéro géant dit «Saucisson & pinard» (clairement exclu aux musulmans, donc) à la Goutte d'or (quartier parisien à forte population issue de l'immigration). Depuis, près de trois mois ont passé. Mais d'aucuns ont envie de récidiver. On pourrait en avoir l'illustration ce samedi à Paris.
Ce jour-là, en effet, en plein centre-ville, est programmé un «grand apéritif républicain». Présenté comme en faveur d'«une certaine idée de la France». Pour que les choses soient claires, il s'agit de dénoncer «la montée de l'offensive islamiste sur le territoire français». Des initiatives du même acabit sont annoncées le même jour dans plusieurs villes de province: Bordeaux, Lyon, Strasbourg ou Toulouse. Parmi les organisateurs, on retrouve des ex-militants dévoyés d'une certaine «gauche» ultra-républicaniste, sécuritaire et anti-communautariste – genre Chevènement. Ils assurent que leur «conception de la Nation n’est absolument pas ethnique». Mais n'en condamnent pas moins le modèle français d'intégration des minorités issues de l'immigration, modèle qu'ils veulent remplacer par un régime d'«assimilation» pure et simple. Tout comme les amateurs de cochon et de vin rouge avaient, en juin, comparé à la Résistance aux nazis leur «entrée en résistance face à l'islamisation de la France», on a à nouveau droit à un alibi historique: l'apéro du 4 septembre se veut commémoratif de la journée du 4 septembre 1870, qui avait vu la proclamation de la IIIème République.
Le maire (écologiste) de l'arrondissement parisien où se tiendrait cette manifestation a demandé son interdiction à la préfecture de police.
12:04 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : activisme, immigration, racisme
30.08.2010
Une reprise
Reprise de ce blog ce lundi, après la petite pause de l'été. Un été qui, finalement, a été météorologiquement plutôt moyen à Paris – on en gardera notamment le souvenir des pluies diluviennes et de l'horrible climat de Toussaint qui ont marqué les quelques jours autour du 15 août. Un été qui, en outre, a tout de même été politiquement assez tendu, trouve-t-on. Ce week-end, deux petites actualités à Paris ont assez bien illustré ce climat orageux.
La première est survenue samedi soir au parc de La Villette – dont, au passage, les animations (cinéma en plein air, etc.) ont, en juillet comme en août, connu à nouveau un succès de foule impressionnant. Avant-hier à La Villette, se déroulait «Le Grand Ramdam», une grande fête populaire axée sur la découverte des musiques du Maghreb, organisée aux heures de rupture du ramadan. Oublieux de la grande impopularité actuelle du gouvernement et du Président Sarkozy, les ministres Frédéric Mitterrand et Fadela Amara ont cru bon d'y prendre la parole en public, entre deux concerts. Mal leur en a pris: ils ont été copieusement hués par des milliers de spectateurs. La deuxième illustration du climat de tension actuel, on l'a trouvée dans les colonnes du journal «Le Monde» de ce même week-end. «La RATP veut doter ses agents de sécurité de gilets pare-balles», y a-t-on lu avec stupéfaction. Une innovation vestimentaire que les vigiles de la société de transports parisienne justifient par l'évolution selon eux dramatique du climat d'insécurité dans la capitale et sa banlieue et par la multiplication des actes d'incivilité voire d'agressivité dont ils sont victimes dans leur travail quotidien.
Sinon, pour tout de même ne pas d'emblée plomber l'ambiance de cette rentrée, parlant de reprise, une bonne nouvelle concernant Paris s'est confirmée cet été. En effet, juillet comme août ont consacré la reprise, assez spectaculaire, de l'activité touristique dans la capitale française – comme dans l'ensemble du pays d'ailleurs. On y a retrouvé les niveaux de fréquentation d'avant la grande crise financière internationale de l'hiver dernier. A Paris, les palaces comme les campings ou auberges de jeunesse n'ont pas désempli, si bien qu'à la fin de l'année, la capitale devrait à nouveau atteindre voire dépasser le cap annuel des 36 millions de nuitées hôtelières. Vu le poids du secteur du tourisme dans l'économie parisienne (son impact en termes d'emplois, singulièrement), c'est sans doute déjà ça.
11:03 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, culture, sécurité
01.08.2010
Une pause
Août est arrivé. Et, comme chaque année, Paris est en train de se vider. C’est vraiment frappant depuis le début de ce week-end. En haut lieu également, il y a comme un air de vacances. Les parlementaires sont partis à la plage depuis plusieurs jours déjà. Les membres du gouvernement s’apprêtent à faire de même: le dernier conseil des ministres a lieu mercredi. Jour où le chef de l’Etat et madame (son tournage avec Woody Allen achevé) s’en iront également vers la Méditerranée. Même les fins limiers de la brigade financière chargés de la fameuse affaire Woerth-Bettencourt – le feuilleton politico-financier de l’été – devraient normalement, dès la semaine prochaine, passer au régime estival. Tout ce beau monde ayant décidé d’un peu se reposer, on ne va pas faire le malin: on va donc pareillement partir en vacances d’été.
Sauf actualité majeure et incontournable qui nous contraindrait de rentrer plus tôt de la plage, retour dans ces colonnes à la fin du mois. Dans ce blog qui, cela dit au passage, a vu sa fréquentation s’envoler ces derniers mois. Cet hiver déjà, la dernière fois qu’on avait évoqué le sujet (ici), on avait remarqué qu’avait été pulvérisé l’étiage traditionnel dans lequel se situait «Paris Libre» depuis son lancement. Le mouvement s’est poursuivi au printemps, quand a été franchie la barre des 10.000 visiteurs par mois. Et cela continue puisque, pendant le mois de juillet, vous avez été près de 12.000 à passer par ici.
Soyez-en sûrs: on ne souligne pas cela pour se vanter. Mais pour remercier. Dès la rentrée, on essaiera de continuer à être digne de votre fidélité. A bientôt.
12:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
30.07.2010
Un classique de l'été
Dès le retour des beaux jours, c'est un grand classique (relire ici, par exemple) à Paris et dans sa région: la sécheresse et les risques de pénurie d'eau. Cette année à nouveau, la capitale française n'y échappe pas. Dès la fin juillet, la préfecture a estimé qu'on avait atteint le seuil de vigilance. Et a donc invité (là) les Parisiens à faire un usage «raisonné» et «économe» de l'eau potable. En cause, la situation de deux rivières de la région qui alimentent la capitale en eau potable: elles ont atteint le «seuil d'alerte», voire carrément le «seuil de crise». L'on sait aussi que, dans l'est du bassin parisien, après un hiver moins pluvieux que d'habitude paraît-il -on ne l'avait pas remarqué-, le niveau des nappes phréatiques est très bas. D'ailleurs en Seine et Marne (grande banlieue Est), un arrêté préfectoral interdit déjà de remplir sa piscine, de laver sa voiture ou même d'arroser sa pelouse.
A Paris, la mairie suit la situation en temps réel et pour cause: la capitale française consomme chaque jour entre 500.000 et 700.000 m3 d'eau. Pour l'anecdote, si la canicule frappe la ville au mois d'août, il n'est même pas sûr que ses habitants auraient forcément le loisir de pouvoir tout de même un peu se rafraîchir en passant devant des fontaines publiques. En effet, un bon quart des 275 fontaines disséminées dans la capitale sont à l'arrêt: fermées pour des problèmes d’étanchéité ou pour des travaux d'entretien ou de restauration. Cela tombe plutôt mal.
10:40 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, paris
29.07.2010
Un air irrespirable
L'air en France est toujours aussi pollué. Le gouvernement lui-même a bien dû le constater, en dévoilant hier le bilan de la qualité de l'air dans l'Hexagone en 2009 (*). «On n'arrive pas vraiment à améliorer la situation, voire elle se dégrade pour tout ce qui est les particules, dioxydes d'azote ou l'ozone», a admis la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Seul point positif: une amélioration en ce qui concerne les polluants lourds comme le plomb. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, on déplore chaque année en France 42.000 morts prématurées liées à des problèmes de qualité de l'air. Sans compter d'autres conséquences néfastes dues à la pollution? L'autre jour, l'un ou l'autre média français (ici, par exemple) n'a pas manqué de faire écho à une étude scientifique coréenne rapportée récemment par la très sérieuse revue «The New Scientist».Elle montre que le risque de suicide est de 9% plus élevé dans les deux jours suivant un pic de pollution par les particules fines, par rapport au nombre de suicides commis les jours bénéficiant d'un faible taux de ces mêmes particules. Ce taux de suicide accru ces jours-là concerne surtout les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires déjà liées à la pollution. Auparavant, une étude scientifique taïwanaise avait déjà montré que les personnes souffrant d’asthme lié à la pollution avaient deux fois plus de risques de se suicider que les autres.
Paris et sa banlieue ne sont bien sûr pas épargnés par cette plaie de la pollution. Le dernier bilan annuel en la matière le reconnaît d'entrée de jeu: «la qualité de l'air quotidienne (y) reste insatisfaisante pour certains polluants, plus particulièrement au coeur de l'agglomération parisienne et à proximité du trafic». Quelque 3 millions d'habitants de la région parisienne sont «potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation et qui, de plus, marquent une certaine stabilité». Cela promet pour les semaines à venir, août étant statistiquement le mois le plus chaud de l'année en France et donc souvent aussi le mois où l'on compte le plus grand nombre de jours d'alerte à la pollution atmosphérique. Encore heureux qu'à cette période de l'année, Paris traditionnellement se vide de ses habitants, qui en majorité émigrent vers des lieux de villégiature où l'air est (censé) moins irrespirable.
(*) Curieux, d'ailleurs, pour ce gouvernement qui communique tant et plus, à longueur de journées et en temps réel: ce matin, sauf erreur, ledit document ne figurait nulle part sur les sites web du ministre de l'Environnement ou de sa secrétaire d'Etat. Sans doute parce qu'il est des bilans sur lesquels il ne vaut mieux pas s'appesantir.
10:53 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, santé, gouvernement, paris
28.07.2010
Une fameuse nuance
Qui a dit que Nicolas Sarkozy était insensible aux critiques? A 17 heures ce mercredi, se tient à l'Elysée le sommet si controversé consacré à la communauté des gens du voyage. Or, manifestement, les communicants en chef de la Présidence sont soucieux de quelque peu rectifier le tir à ce sujet.
En effet, dans l'agenda officiel du chef de l'Etat, ce sommet est très sobrement présenté comme étant une «réunion ministérielle pour faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms». C'est une fameuse nuance par rapport à la dénomination initiale de cette réunion. A l'origine, Nicolas Sarkozy avait parlé d'un sommet sur «les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms» - allusion aux violents heurts et graves dégradations commis il y a peu, dans le Loir et Cher (Région Centre), par des membres de cette communauté endeuillés par la mort d'un des leurs: jeune braqueur présumé tué par la police. Une telle approche présidentielle, exclusivement sécuritaire, de la situation de cette communauté a suscité un tollé. Voilà la droite accusée de dérive ethnique dans sa politique sécuritaire. Et voilà Nicolas Sarkozy décrié comme s'étant une fois de plus laissé emporter dans un «tourbillon populiste», destiné à «inventer une nouvelle catégorie de boucs émissaires».
Sans doute les éminences participant à ce sommet n'auront-ils pas le temps, avant de se rendre à l'Elysée, de relire – comme on l'a fait hier soir - «Les Bijoux de la Castafiore», la BD de Hergé. C'est bien dommage.
Car, dans cette aventure de Tintin – qui, si on ne s'abuse, date du début des années 60 –, sont déjà évoqués les conditions de vie catastrophiques réservées à cette communauté des gens du voyage, la stigmatisation dont elle est si souvent victime, et les clichés («voleurs de poules», etc.) qui lui ont toujours été accolés. Pour la petite histoire, et si vous n'aviez pas gardé un souvenir précis de cette lecture de votre enfance, les romanichels établis sur un campement voisin du château de Moulinsart avaient été injustement soupçonnés d'avoir dérobé l'émeraude de la fameuse cantatrice, qui à longueur de journées, saisit d'effroi sa fidèle camériste en s'écriant: «Ciel! Mes bijoux! Irmâââ! Mes bijoux?!?». Mais, en fait, ledit vol avait été commis par une pie, dans le nid de laquelle Tintin avait découvert également des éclats de verre, une bille d'agate et un monocle...
11:17 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, sécurité, gouvernement, langue française, bande dessinée, belgique
27.07.2010
Une épidémie
Sophie Marceau vient d'avoir la varicelle. Sous peine de casser illico le mythe du journaliste d'office et par définition ami des stars, précisons d'emblée que, si on a appris cette nouvelle, ce n'est pas parce qu'on est intime avec l'intéressée mais simplement parce qu'on la lue ce week-end dans un magazine féminin – comme quoi, pour s'informer de l'actualité, on lit vraiment de tout. D'un intérêt très relatif, cette info sur l'état de santé de l'actrice préférée des Français? Oui, si ce n'est qu'elle nous donne l'occasion d'évoquer l'épidémie de varicelle qui frappe en ce moment la capitale française. Selon les données collectées dernièrement par les médecins du réseau Sentinelles, qui surveillent l'évolution des épidémies dans chaque région , 82 cas de varicelle par 100.000 habitants ont été recensés à Paris et dans sa région. C'est quasiment deux fois plus que l'incidence de cette maladie dans le reste du pays (45 cas pour 100.000 habitants). Bénigne chez les enfants en bonne santé, la varicelle peut entraîner des complications graves chez les nourrissons les plus fragiles et chez les femmes enceintes.D'un point de vue sanitaire, décidément, cet été 2010 en France n'est pas une longue saison tranquille. Tandis que des Parisiens sont couverts de boutons, à Marseille, c'est une autre alerte qui, il y a peu, a été lancée par le ministère de la Santé. A propos d'une maladie qui, il y a quelques étés déjà, avait défrayé la chronique dans la capitale notamment (relire ici ou là): le chikungunya. Alerte a été donnée car, pour la première fois, le fameux moustique tigre, qui propage cette maladie, a été repéré en plein coeur de la cité phocéenne. Même si, dans le Midi, on est encore loin du stade de l'épidémie, rappelons qu'en 2005 et en 2006 dans l'île française de La Réunion (océan indien), le chikungunya avait frappé plus de 250.000 personnes, dont quelque 250 en étaient décédées.
On y repensait pas plus tard que l'autre soir sur le quai d'une station de métro, nous réjouissant d'être à Paris et non à Saint-Denis (Saint-Denis de La Réunion, pas le Saint-Denis de la banlieue Nord de Paris). En effet, en quelques minutes à peine, on a été piqué plusieurs fois par les moustiques – qui visiblement pullulent cet été dans le réseau de la RATP, sans doute vu la météo torride dont a bénéficié Paris jusqu'à récemment.
11:33 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : santé, paris, métro
26.07.2010
Un délit de faciès
Aujourd'hui, un sujet parfaitement de saison mais néanmoins pénible. En France visiblement, le racisme et l'intolérance ne prennent pas de vacances. Même en ces temps estivaux synonymes théoriquement d'insouciance, même dans des lieux de villégiature à l'atmosphère censée conviviale, décontractée et bon enfant, certains Français continuent de subir des discriminations liées à leurs origines. C'est ce que vient d'à nouveau montrer SOS-Racisme.
Ce week-end, en effet, la section départementale des Alpes maritimes de cette association a procédé à sept opérations de testing dans différents campings de la Côte d'Azur, opérations ayant été enregistrées avec des caméras ou des micros cachés. Des tests pareils à ceux souvent pratiqués par cette association aux entrées de discothèques. Cette fois donc, des campings étaient testés. Se présentaient successivement à la réception des candidats campeurs fictifs parfaitement similaires. Similaires par leur âge, leur apparence vestimentaire, leur courtoisie et leur capacité d'élocution, leur situation administrative en règle, leur équipement ou leur requête d'hébergement: un emplacement pour une tente. Différait juste leur faciès: certains de ces testeurs étaient issus de l'immigration, maghrébine ou africaine. Dans deux cas sur sept – ce qui n'est tout de même pas rien –, il a été répondu à ces campeurs-là que le camping était complet. Mais quand, immédiatement après (et sans qu'entre-temps, un emplacement ait été libéré), des testeurs blancs se présentaient à la même réception, comme par miracle, le camping n'était plus complet et un emplacement était disponible.
«Nombre de Français continuent chaque jour d'être victimes de ce qu'il faut bien appeler un délit de faciès», a déploré ce matin le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo. A savoir sont victimes d'«une série de stéréotypes et de préjugés» projetés sur eux simplement en raison de la couleur de leur peau ou de leur l'origine géographique familiale, réelle ou supposée. Un tel comportement discriminatoire, qu'il ait lieu au camping ou ailleurs, est passible de peines allant jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Théoriquement. Si la justice et la police ne sont pas elles aussi parties à la plage.
11:26 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : racisme, activisme, immigration, jeunes
23.07.2010
Une interdiction
En cet été où, à Paris, l'on s'agite un peu (ici, notamment) sur la question des terrasses de bistrots ou de restaus à interdire ou non aux fumeurs, entre en vigueur l'interdiction de vendre du tabac aux jeunes de moins de 18 ans – et non plus seulement de moins de 16 ans, comme depuis 2003. En effet, a-t-il été annoncé ce vendredi, a été publié le décret d'application punissant d' une contravention de quatrième classe (135 €) les buralistes enfreignant cette prohibition. Selon des chiffres officiels – mais reflètent-ils la réalité? –, le tabagisme tend à reculer chez les jeunes Français, même s'il reste important. A 16 ans, 58 % des garçons et 61 % des filles déclarent avoir déjà fumé une cigarette dans leur vie; ils étaient près de huit sur dix dans ce cas en 1999. Année où 31 % des ados disaient fumer quotidiennement – contre 17 % en 2007.Voilà pour la situation. Reste l'application de cette nouvelle interdiction. A en juger par les nombreux témoignages de buralistes entendus depuis ce matin, cela risque de ne pas toujours être facile. Ces commerçants se voient mal, comme des policiers, demander à leurs jeunes clients d'exhiber une pièce d'identité – juridiquement, du reste, on se demande s'ils en auraient le droit. Et ils craignent des réactions hostiles, voire violentes, de jeunes qu'ils refuseraient de servir.
Une excuse facile pour ne pas se conformer à la loi? Pas sûr. Ces dernières années à Paris, on a déjà été témoin, à l'une ou l'autre occasion, de tensions de cet acabit. Aux caisses d'épiceries ou de supermarchés, où, désormais, est systématiquement affiché qu'il est interdit de vendre de l'alcool aux mineurs. On y a déjà été témoin soit d'éclats de voix, en cas de refus de vente à des jeunes, soit (plus fréquemment) de non-applications manifestes de la loi. «Avec le salaire que je gagne et les horaires que je me tape, vais pas en plus risquer de prendre sur la gueule», se souvient-on même d'avoir entendu dire en substance une employée d'un Franprix qui, ce soir-là, venait d'encaisser pas mal de canettes de Kro payées par une bande d'ados en goguette. A l'époque, aucun des clients ayant entendu sa réflexion n'avait protesté.
15:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tabac, santé, jeunes, gouvernement
22.07.2010
Une (double) évacuation
Joli – ou affreux, c'est selon – catapultage de l'actualité, ces derniers jours à Paris. Par catapultage, on entend la rencontre fortuite entre deux actualités survenant au même moment, n'ayant théoriquement rien à voir l'une avec l'autre, mais dont la coïncidence fait sens. Ces deux actualités parisiennes ont la Seine pour point commun.
D'une part, le long des voies sur berges, vient d'être lancée la neuvième édition de Paris Plages. Comme chaque fin juillet, pour laisser la place à l'animation vedette de l'été, les flots incessants de voitures qui, à longueur d'années, monopolisent les rives du fleuve ont été repoussés sur les quais en hauteur. D'autre part, autre évacuation, au même moment et aux abords du même fleuve, mais cette fois sur le bras de la Seine qui, passé le port autonome de Bastille, devient le canal Saint-Martin. Là, sous l'oeil des CRS, ont été évacués non des bagnoles, mais des gens: les quelque 200 «habitants» du mini-bidonville qui, depuis plusieurs mois, avait été érigé sous deux ponts de ce canal. Là, sous ces tentes et abris de fortune, (sur)vivaient quelque 200 étrangers, pour la plupart venus d'Afghanistan et candidats réfugiés politiques. La mairie comme le tribunal administratif ont estimé que ce campement posait de graves problèmes de salubrité et de sécurité publiques. Les exilés ont été orientés vers des centres d'hébergement.
L'installation de Paris Plages et l'évacuation d'un bidonville. «Ca n'a rien à voir», a bougonné le maire Bertrand Delanoë, agacé d'être interrogé par les médias sur la coïncidence entre ces deux événements. Dans le compte-rendu télévisuel de ces deux actualités, en effet, on a pu voir que cela n'avait rien à voir. D'un côté, on parlait sable chaud et palmiers, brumisateurs et ambre solaire, murs d'escalade, compétition de skate et ateliers smoothies. C'était le visage le plus souriant, le plus insouciant, le plus léger de l'été à Paris. De l'autre côté, on parlait hygiène et insalubrité, exil et asile, errance et désespérance. C'était la face la plus glauque de la réalité estivale dans la capitale. A la télé, de JT en JT, on passait sans crier gare d'un sujet à l'autre. Avec une fluidité et une décontraction totalement décomplexées. C'était vraiment bien, cette aisance télévisuelle. C'était très confortable.
11:11 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, etrangers, pauvreté, delanoë
21.07.2010
Un Belge (mal en point)
En ce 21 juillet – pour les lecteurs non belges de ce blog: jour de fête nationale en Belgique – , cette vision surgie l’autre jour au coin d’une rue de notre quartier Saint-Sébastien, dans le onzième arrondissement. Tintin gisant sur le sol, le corps transpercé par une sagaie, à côté de son chien Milou tout aussi mal en point, touché par une flèche. On ignore si, dans cette grande fresque murale, le sort infligé par cet artiste de rue au plus célèbre reporter de la BD belge relève du pur exercice créatif ou symbolise l’état de la Belgique et/ou de sa corporation journalistique.
12:44 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arts, bande dessinée, belgique
20.07.2010
Une tension
Bon courage si vous devez, ces jours-ci, vous rendre dans un aéroport français, et plus spécialement utiliser l’une ou l’autre des deux grandes plateformes aéroportuaires parisiennes: Roissy ou Orly. En effet, c’est peu dire que la situation risque d’y être confuse et donc les attentes et retards nombreux. Car, dès ce soir et jusqu’à jeudi, un mouvement de grève des contrôleurs aériens, contre un projet de réorganisation européen, entraînera nombre de perturbations: 20% des vols seront annulés à Roissy et 50% carrément à Orly.
Dès avant même l’entame de ce mouvement de grève, du reste, le climat a été assez tendu à Roissy comme à Orly, ces dernières heures.
En effet, à Orly depuis lundi, les personnels des parkings se croisent les bras contre un projet de restructuration qui, craignent-ils, entraînera de nombreuses suppressions de postes. Tandis qu’à l’aéroport Charles de Gaulle ce matin encore, plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre ont dû être déployées pour sécuriser la base arrière des taxis, située derrière le terminal T3. Hier, cette base a été le théâtre d’un mouvement de grève musclé. Les taxi parisiens protestent contre un arrêté préfectoral limitant leurs courses à deux par jour sur cet aéroport. La profession ne supporte plus ces arrêtés préfectoraux à répétition, qui selon elle ont pour seul effet de «laisser le champ libre aux taxis clandestins, motos taxis et shuttles (navettes), qui font du racolage directement dans les terminaux». Ce n’est pas la première fois que les taxis parisiens et la préfecture s’opposent sur la question de la desserte de Roissy (relire ici ou là, par exemple): un problème que, visiblement, les autorités ont toutes les peines à résoudre.
Ce climat de tension dans ces deux aérogares, risque, ce mardi, d’être d’autant plus mal vécu par les usagers que le climat aujourd’hui à Paris sera orageux, au sens propre du terme: 33 degrés à l’ombre prévus dans la capitale française… Cela promet.
12:51 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, paris, social
19.07.2010
Un rejet
En cette période de départ assez généralisé à la plage, au-delà d'actualités plus fondamentales, un des sujets de préoccupation du Français moyen doit sans doute être la silhouette et, pour tout dire, les kilos superflus. Reparlons donc aujourd'hui de la lutte contre l'obésité et plus précisément des fast-foods. Car, l'autre jour, est passé assez inaperçu le rejet par le Parlement d'une proposition de restriction qui aurait pu concerner ce type de restauration
Deux députés du Nouveau Centre (l'appendice centriste de l'UMP) voulaient «instaurer une mesure très concrète pour lutter contre l’obésité, véritable pandémie du 21ème siècle». Cela concernait les écoles. Dans le prolongement de l'interdiction des distributeurs de friandises et de boissons sucrées en milieu scolaire, en vigueur depuis 2005, il s'agissait cette fois interdire l’implantation de fast-foods dans un rayon de 200 mètres autour des lieux de scolarisation. Dans les Etats américains où pareille restriction existe, elle donnerait des résultats: «le nombre des enfants obèses (y) est inférieur de 5 %» par rapport aux Etats où les fast-foods sont autorisés à proximité des écoles.
Mais cette proposition a fait l'objet d'un tir de barrage de l'UMP, et a donc été rejetée.
Ces fast-foods «s’installeront à 201 mètres» des écoles, a soupiré une députée sarkozyste . Et «la liberté d’entreprendre»?, s'est épouvanté un de ses collègues. Pour qui, de toute manière, s'agissant d'obésité, au lieu de «désigner des boucs émissaires», on ferait mieux d'«arrêter de stigmatiser» les fast-foods, «la cause principale des problèmes alimentaires de notre pays ne résidant pas là». Car en France, «notre mode de consommation n’a rien à voir avec le mode de consommation américain. Nous ne grignotons pas. Nous n’allons dans les fast-foods qu’une fois par mois. Et, lorsque nous y allons, c’est pour consommer un repas complet». De même, a assuré un député – qui avait visiblement été briefé par les lobbyistes de McDo ou de Quick –, «les fast-foods distribuent une fois par semaine des sachets de fruits!». Enfin, si une telle restriction s'appliquait aux abords des écoles, on en arriverait à terme à «interdire les fast-foods à proximité des édifices publics, des églises, etc. Les choses pourraient devenir bien compliquées!»
Le ministre de l'Agriculture a applaudi à toutes ces critiques. Et fait rire l'Assemblée en relevant que, si une telle interdiction était votée, les fast-foods seraient mis sur le même pied que... les sex-shops, eux déjà prohibés aux abords des écoles. Et de conclure: «Je n’imaginais pas que (nous allions être) amenés à faire des comparaisons entre McDonald’s et sex-shops! Tout d’un coup, j’en viens à voir différemment l’enseigne «M» du McDonald’s, mais peut-être ai-je l’esprit mal tourné...»
Ha ha ha.
11:54 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, santé, obésité, jeunesse
16.07.2010
Une phobie
Il se passe décidément tous les jours quelque chose dans les transports en commun parisiens. Ce vendredi a priori, on avait prévu d'évoquer autre chose ici, de plus fondamental. Et puis, ce matin, on est tombé sur une petite anecdote racontée par le journal «Le Parisien»: une scène de la vie quotidienne très dérisoire, mais qu'on a trouvée si épatante qu'on n'a pas résisté à la tentation de lui consacrer la note du jour de ce blog.
Cela s'est passé l'autre matin dans le tramway T2, direction Saint-Cloud. Comme le narre le confrère, «il est 9 heures, le tramway est bondé. Une femme se lève pour descendre puis s’arrête, le regard dans le vague. Soudain, elle faiblit. Clémence, une habituée du T2, l’attrape par un bras tandis qu’un homme se précipite pour la soutenir. La passagère reprend alors connaissance. Au bout de quelques minutes, pressé par le machiniste qui doit redémarrer, le trio descend sur le quai pour attendre les secours. «Vous êtes malade? Vous avez déjeuné ce matin?» La femme d’une vingtaine d’années bredouille quelques mots et éclate en sanglots. Et puis, la vérité apparaît, presque surréaliste». La vérité? Cette passagère du tramway s'est évanouie sous le coup de l'émotion. Sous l'emprise de la «peur panique, viscérale» qu'a subitement provoquée chez elle, au moment où elle s'apprêtait à descendre du tramway, la vue d'une autre voyageuse. Qui avait pour seul signe distinctif d'arborer, comme pas mal de Parisiennes, de très longs ongles manucurés. Manque de bol: ce matin-là, elle a croisé sur son passage notre infortunée jeune fille trop sensible, qui a... la «phobie des grands ongles». Parce qu'elle a «été traumatisée il y a quelques années par des films d’horreur où le méchant étripait ses victimes avec les ongles. Sans doute le célèbre Freddy Krueger, avec ses lames de rasoir à la place des doigts… Et ce jour-là, il a suffi d’une voyageuse aux longs ongles manucurés pour réveiller ses pires cauchemars».
Une telle émotion à fleur de peau, on trouve cela merveilleux. Une sensibilité à ce point exacerbée, simplement par un film d'horreur de série B, on trouve cela touchant. Une phobie si dérisoirement hollywoodienne, on trouve que cela ne s'invente pas. C'est presque trop beau pour être vrai. Un scénariste aurait imaginé cette scène de panique manucurée se déroulant dans le tramway T2, les producteurs du film l'auraient sans doute recalée, la jugeant pas assez crédible. Mais à Paris, décidément, tout a l'air toujours possible.
11:02 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, cinéma
15.07.2010
Une fatwa
Ces jours-ci, la France fête le vingtième anniversaire de la loi réprimant les propos à caractère raciste, antisémite ou xénophobe. C'est le moment qu'a choisi le Front national pour jeter l'opprobre sur une artiste qui, dernièrement, a fait parler d'elle en se convertissant à la religion musulmane, en vertu de quoi elle n'apparaît plus en public que coiffée d'un couvre-chef. On veut parler de Diam's. Ce soir, la rappeuse doit se produire à un festival de musique, dans une bourgade du Var (Provence). Mais son concert pourrait bien être perturbé par des agitateurs du parti de Jean-Marie Le Pen, le FN ayant réclamé (ici) en vain l'interdiction de cette prestation. Pour les frontistes, en effet, Diam's est une «personnalité néfaste», «médiocre». Qui, dans ses chansons (proférées qui plus est «dans un français approximatif») «vomit toute la haine qu’elle porte en elle contre la France et envers les Autorités et la République». Le FN a donc prévenu: la venue ce soir d'une telle artiste sur des terres où l'extrême droite est si bien implantée ne peut qu'«engendrer désordre civil et insécurité».
Le FN en veut notamment à Diam's pour sa chanson «Ma France à moi». Dans laquelle la rappeuse dit notamment: «Ma France à moi, c'est pas la leur, celle qui vote extrême/ Celle qui bannit les jeunes, anti-rap sur la FM/ Celle qui s'croit au Texas, celle qui a peur de nos bandes/ Celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante/ Celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des Choristes/ Qui laisse crever les pauvres, et met ses propres parents à l'hospice». Ou encore: «Non, ma France à moi c'est pas la leur qui fête le Beaujolais/ Et qui prétend s'être fait baiser par l'arrivée des immigrés/ Celle qui pue le racisme mais qui fait semblant d'être ouverte/ Cette France hypocrite qui est peut-être sous ma fenêtre». Pour le FN, de tels textes sont évidemment insupportables. En outre, sans doute le parti de Jean-Marie Le Pen n'a-t-il pas encore pardonné à Diam's sa chanson intitulée «Marine», en référence à la fille du patron du FN. Cela donnait notamment ceci: «Marine/ Regarde-nous/ On est beau/ On vient des 4 coins du monde/ Mais pour toi on est trop/ Ma haine est immense quand je pense à ton père/ (...). T'as fait la même connerie que lui/ Penser que le blanc ne se mélange pas à autrui/ Marine/ On ne s'ra jamais copines parce que je suis une métisse/ Et que je traîne avec Ali».
Les organisateurs du festival et la mairie concernée ont évidemment catégoriquement rejeté la fatwa du Front national: «Diam's viendra bien. C'est de la musique et elle a le droit de s'exprimer, comme tout le monde». Puisque le parti de Jean-Marie Le Pen a, paraît-il, de nouveau le vent en poupe en France en ce moment, rappelons que, dans les villes qu'il dirigea jadis (Vitrolles, Marignane, Orange, Dreux etc.), en matière culturelle, le FN n'a pas rarement pris des mesures clairement excluantes: déprogrammation de spectacles, refus d'autorisation d'expositions, purges, dans les bibliothèques publiques, des livres jugés immoraux, diminution voire arrêt de subventions aux théâtres pas assez dans la norme, etc, etc. Depuis, de toute évidence, l'extrême droite n'a pas évolué d'un iota.
10:55 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : culture, musique, le pen, jeunes
14.07.2010
Une série noire
Paris, Ville lumière si l'on en croit son surnom. Et plus que jamais en ce 14 juillet, quand les réjouissances pyrotechniques et patriotiques la font, selon l'expression consacrée, briller de mille feux? Et bien non. Pas du tout. Car, en ce moment, la capitale française ne mérite pas trop son appellation illuminée. En effet, depuis trois semaines, elle est victime d'une série noire – c'est le cas de le dire – assez spectaculaire de pannes géantes d'électricité, qui ont affecté plusieurs arrondissements du sud de la ville. La dernière en date, début de cette semaine, a encore plongé une dizaine de milliers d'habitants dans l'obscurité pendant des heures entières. Et, dernièrement, plusieurs sites parisiens emblématiques ont été victimes de perturbations de leur alimentation électrique: la tour Montparnasse, l'Hôpital Pompidou, l'Institut Pasteur et même... la fameuse prison de La Santé. Des générateurs ont dû y être déployés en urgence.
EDF invoque la météo, torride dernièrement ici: «par un temps pareil, la température du goudron de la chaussée peut monter jusqu'à 60 degrés». Les 10.000 kilomètres de câbles électriques qui courent dans le sous-sol parisien, le plus souvent enfouis juste sous la couche de bitume, sont soumis à rude épreuve. Et, fréquemment, fondent, quand ce ne sont pas les transformateurs qui carrément explosent. Les syndicats d'EDF, eux, ont une explication plus prosaïquement sonnante et trébuchante à cette série noire. A les en croire, elle ne serait que le résultat d'années de manque d'investissements dans la sécurisation du réseau électrique – ce qu'EDF dément.
Avis donc au 1,7 million de foyers de la capitale reliés à ce réseau: quand il fait chaud, il n'est pas anormal de se retrouver sans électricité. C'est comme ça. On n'y peut pas grand-chose. A ce discours officiel, les Parisiens victimes de ces pannes géantes – commerçants ayant dû fermer boutique ou simples particuliers privés d'ascenseurs et d'eau chaude ou ayant dû jeter à la poubelle le contenu de leur réfrigérateur – rétorqueront sans doute deux choses. Que 30 degrés en plein mois de juillet, ce n'est finalement pas si exagéré ni exceptionnel. Et que, tout de même, dans la cinquième puissance économique mondiale qu'est la France, cela pourrait et devrait être mieux géré.
11:10 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : services publics, economie, art de vivre, paris
13.07.2010
Un regard
Quel regard les Parisiens portent-ils sur leur ville? Ils sont heureux d'y vivre, mais identifient bien ses carences. Vient de le confirmer un sondage réalisé par TNS auprès des habitants de six mégapoles mondiales: Paris, Chicago, Londres, Bombay, Pékin et Sao Paulo. Paris tire plutôt bien son épingle du jeu. En effet, 82% de ses habitants interrogés disent être satisfaits voire très satisfaits d'y vivre. Et près de six Parisiens sur dix (58%) envisagent sereinement d'y voir grandir leurs enfants ou petits-enfants.
L'évolution future de la Ville lumière, toutefois, les inquiète. 47% des Parisiens s'attendent à ce que la situation s'y dégrade ces prochaines années: c'est deux fois plus que la part des sondés qui voient plutôt la vie à Paris s'améliorer (24%). En attendant, tous les aspects de la la vie quotidienne parisienne ne plaisent pas aux habitants. Avant la pollution et l'insécurité, c'est surtout le prix des logements qui les préoccupe: sept Parisiens sur dix s'en soucient.
Autre motif d'insatisfaction: pour 64% des Parisiens, la ville est globalement polluée. Assez logiquement, 57 % des sondés prônent le développement du tramway Le rapport de force est un peu moins net en ce qui concerne la place future de la voiture dans la cité. Certes, une courte majorité (52%) de Parisiens préconise une réduction de cette place, via par exemple des mesures comme la généralisation des couloirs de circulation réservés aux bus ou la multiplication des zones interdites à toute circulation automobile. Mais tout de même encore 48% des habitants de la capitale, à l'inverse, souhaitent qu'une plus grande place y soit faite à la voiture: création d'emplacements de stationnement, de voies rapides protégées réservées aux voitures, etc. A noter aussi que les Parisiens ne sont visiblement pas encore prêts à se passer de bagnole: 67% des sondés veulent garder leur véhicule s'ils en ont un ou voudraient en avoir un s'ils n'en ont pas. Et seulement 12% des personnes interrogées se disent prêts à renoncer à leur auto.
11:21 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, international, art de vivre, environnement, transports
12.07.2010
Une sauvagerie
Ce week-end en pleine rue au coeur de Paris, un jeune homme est mort... pour une cigarette. Il devisait sur un banc tranquillement, avec des copains. Il a refusé de se faire taxer une clope par un passant. Qui, mécontent, l'a poignardé dans le dos. Il est mort peu après son admission aux urgences de La Pitié-Salpétrière. Il y a moins d'un mois déjà, en banlieue de Paris, un jeune automobiliste avait perdu la vie sur une bretelle d'accès à l'autoroute A13. Battu à mort lors d'une expédition punitive. L'automobiliste avec qui sa voiture venait d'avoir un léger accrochage avait appelé ses copains en renfort, ne supportant pas que le jeune homme réclame de rédiger un constat à l'amiable.
Ces deux morts si absurdes témoignent sans doute d'une certaine sauvagerie ordinaire. Qui n'est probablement pas propre à Paris ou à la France, mais illustre la perte de valeurs qui, à notre époque, frappe certains.
Dans notre vie quotidienne parisienne, on n'est pas rarement témoin d'incidents très banals et qui dégénèrent en une violence – uniquement verbale dans ces cas, heureusement – dont la gratuité nous sidère toujours. Deux exemples récents. L'autre jour à la sortie de notre station de métro Richard Lenoir, une vieille dame se prend la porte en pleine figure. «Ah, ben, merci pour la porte, madame!», lance-t-elle, dépitée, à celle qui l'a précédée: visiblement trop pressée pour lui tenir la porte. «De rien, madame!», répond ironiquement l'autre, en ricanant. «Mais enfin madame, vous pourriez tout de même faire un peu attention aux autres!», rétorque la vieille. «Mais je vous emmerde, madame!», lui réplique l'autre du tac au tac. Autre exemple. A côté de la maison, débouche une ruelle théoriquement interdite à la circulation mais régulièrement empruntée par les scooters, au coin de laquelle s'est installée la terrasse d'un petit resto. L'autre soir en rentrant du boulot, on tombe sur un scooter qui débouche à vive allure du minuscule passage. Puis qui, après avoir dû piler et déraper pour tourner, slalomme entre les tables de la terrasse en remettant bruyamment les gaz, afin de poursuivre sur sa lancée. Les gens en train de dîner apprécient modérément le vacarme et les gaz d'échappement. L'un d'eux le signale, même pas méchamment, au motocycliste, lui proposant d'aller continuer son rodéo ailleurs. En retour, il se prend une volée d'insultes: traité de «sale connard de bobo» par le conducteur, qui lui conseille de suivre le traitement qu'a récemment préconisé Anelka à Domenech.
On veut croire que cette muflerie agressive n'a, en dépit du cliché du Parisien teigneux, rien du comportement typiquement parisien. Mais, plus généralement, traduit les tensions que génère parfois la vie en milieu urbain densément peuplé et en permanence agité. Il n'empêche, quand cette tension urbaine de tous les instants prend des proportions mortelles, cela devient flippant.
11:44 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, art de vivre



