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18/12/2014

Une légèreté confondante

Social, Economie, International, Consommation, Gouvernement, Macron Ce serait un comble, mais, visiblement, on ne peut pas l'exclure. La France s'apprête à déréguler le travail du dimanche, notamment pour concurrencer les multinationales de l'e-commerce comme Amazon, qui réalisent un gros chiffre d'affaires dans l'Hexagone le septième jour, mais, grâce à de savants mécanismes d'optimisation fiscale, paient peu ou pas d'impôts dans ce pays. Tant qu'à faire, juge le gouvernement, mieux vaut que les Français adeptes du shopping du dimanche aillent dépenser dans des grands magasins pas virtuels qui, eux, sont fiscalement plus civiques. Pourquoi pas, sur le principe économique. Sauf que, dans les faits, cette libéralisation du travail dominical pourrait bénéficier à des grands magasins qui, comme leurs concurrents sur le net, usent et abusent de l'optimisation fiscale.

Pour preuve, la réponse à une question qui, hier à l'Assemblée nationale, a été posée au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, par la députée de Paris Sandrine Mazetier (PS). «Avez-vous au moins la certitude que les propriétaires du Printemps Haussmann, eux, paient bien des impôts en France?». Question pas idiote. Le fameux grand magasin du Boulevard Haussmann est désormais la propriété du Qatar (*). L'an dernier, il a été racheté par un fonds d'investissements basé au Luxembourg, une coquille vide mystérieuse voire opaque, derrière laquelle on trouve probablement l'émir en personne, le cheik al-Thani, et/ou son clan.

La réponse du ministre a été d'une légèreté confondante. Sourire en coin, il a balayé l'interrogation d'un revers de la main. «Concernant le Printemps Haussmann, n'ayant pas les dernières informations, je me garderais de tenir des propos enregistrés, qui pourraient me retomber dessus. Je prends note de votre point et l'indiquerai à Christian Eckert et Michel Sapin», les ministres du Budget et des Finances.

Social, Economie, International, Consommation, Gouvernement, Macron On croit rêver. Emmanuel Macron – puisqu'on ne va pas lui faire le procès d'intention de la dissimulation – ignore donc le régime fiscal du groupe Printemps et de son vaisseau-amiral, le Printemps Haussmann.

Certes, un ministre de l'Economie ne doit pas forcément être au courant de tout. Mais là, tout de même. Le groupe Printemps, ce sont 16 grands magasins, 3400 employés, et un chiffre d'affaires de plus d'1,5 milliard d'euros. Et le Printemps Haussmann, ce sont 40.000 visiteurs par jour – le double, pendant la période des fêtes de fin d'année. Ce n'est donc pas l'épicerie du coin, dont les affaires n'ont pas d'intérêt pour les gouvernants.

Encore bravo.

 

(*) Le Qatar qui, au passage, depuis l'ère Sarkozy, bénéficie en France d'une convention fiscale particulière, l'exonérant de tout impôt sur les plus-values immobilières.

17/12/2014

Une lutte renforcée

Près d'un Français sur deux utilisant les transports publics (47%) s'y sent en insécurité, souvent ou parfois. Ce blog avait évoqué le chiffre, dernièrement (relire ). Le gouvernement y a réagi, hier. A la faveur d'une réunion au sommet du Comité national de la sécurité dans les transports en commun.

La secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes participait à cette instance, et pour cause: les femmes (49%) se sentent moins à l'aise dans les transports publics que les hommes (44%). Dès lors, un groupe de travail spécifiquement consacré aux violences faites aux femmes et aux comportements sexistes dans les transports a été créé. Il devra «élaborer des propositions concrètes pour prévenir et lutter contre ces violences», et s'assurer d'«une large sensibilisation du public» à ce fléau.

Concernant cette fois l'ensemble des usagers des transports, femmes ou hommes, le gouvernement a pris note des évolutions positives en matière de délinquance, sur ce terrain: la baisse des atteintes aux personnes à des fins non crapuleuses ou des atteintes aux biens non violentes, par exemple. En revanche, il a bien dû acter la hausse des violences crapuleuses (+16%). Décision a dès lors été prise de «renforcer la lutte contre les infractions, incivilités et fraudes commises à bord des trains».

Concrètement, la réglementation va être assouplie afin de donner davantage de possibilités aux agents de sécurité d’opérer en civil. Le nombre d’infractions successives qui caractérise le délit dit de «fraude d’habitude» sera abaissé de dix à cinq. La coordination entre la police, la gendarmerie et les transporteurs sera renforcée. Et un «droit de communication» sera ouvert au bénéfice de ces opérateurs, qui facilitera l'échange d'informations entre eux et donc l’identification des fraudeurs et des fauteurs de troubles.

Rendez-vous l'an prochain, pour évaluer l'efficacité éventuelle à la fois de ces mesures sur le terrain et de leur impact sur le ressenti qu'ont les usagers de la sécurité régnant, ou non, dans les transports publics.

16/12/2014

Un intérêt assez relatif

Elections municipales, élections européennes, International, BelgiquePuisque François Hollande a évoqué hier soir le droit de vote des étrangers non-européens aux élections municipales françaises, ces chiffres qui viennent de sortir, et émanent de l'Institut de la statistique (Insee). Ils éclairent sur ce que fut la participation des ressortissants de l'Union européenne aux deux scrutins tenus en France en cette année 2014 qui s'achève: les élections municipales de mars et les européennes de mai. De ces données, l'on peut déduire que cette participation électorale des étrangers UE est finalement assez faible – même si elle progresse, au fil des ans.

Ainsi, sur les 1,2 million d'Européens résidant dans l'Hexagone, seuls 278.000 (23%) étaient inscrits pour l'élection municipale, et 245.000 (20%) pour les européennes. Près de 90% de ces électeurs européens inscrits venaient de six pays: le Portugal, le Royaume-Uni, l’Italie, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne. Le taux d’inscription en vue des municipales culminait pour les Danois (43%), suivis des Néerlandais (42%) et des Belges (41%). Selon l'Insee, «le fait que le vote soit obligatoire en Belgique et qu’il l’ait été jusque dans les années 1970 aux Pays-Bas pourrait expliquer les taux plus élevés pour ces deux nationalités. On observe, de même, des taux supérieurs à la moyenne pour les ressortissants du Luxembourg, pays où le vote est également obligatoire».

De façon symétrique, les Français résidant dans un pays étranger de l’UE peuvent participer à l'élection des eurodéputés de ce pays. Là aussi, à la faveur des scrutins de 2014, on est globalement resté dans le même étiage. Ainsi, sur les 473.000 Français remplissant les critères pour voter dans un autre pays de l’UE, seuls 20% étaient effectivement inscrits. Des disparités existaient toutefois, selon le pays de résidence (39% d'inscription pour les Français inscrits en Espagne, par exemple). En dehors de ces exceptions, ce taux moyen est donc, pareillement, assez faible. Il doit cependant être nuancé. Depuis 2014, en effet, les Français établis à l’étranger peuvent plus aisément qu'auparavant prendre part à l'élection européenne se déroulant dans leur propre pays, via un vote désormais autorisé dans les consulats de France.

15/12/2014

Une si longue attente

Sept ans. Il aura donc fallu sept ans pour que le Musée de l'Histoire de l'Immigration soit inauguré: ce soir, par François Hollande. Il est ouvert depuis la fin 2007, mais jamais il n'avait eu droit à la moindre consécration officielle. Avant lui, aucune autre grande institution culturelle parisienne n'avait bien sûr jamais été traitée de la sorte.

Le si long délai avant cette reconnaissance s'explique par la thématique du musée, qui entend souligner les apports des migrants à la société française. C'était le projet qu'avait lancé jadis Jacques Chirac. Mais il aboutit alors que, à l'Elysée, venait d'être élu un Nicolas Sarkozy qui mit d'emblée la barre à droite toute, sur les questions d'immigration (l'époque Eric Besson, ministre «de l'Immigration et de l'Identité nationale», etc.). Dès lors, jamais il ne voulut inaugurer ce musée. Il faut dire que le comité scientifique qui l'encadre a connu pas mal de dissensions, notamment d'ordre politique. Enfin, pendant plusieurs semaines, l'immeuble fut occupé par des centaines d'étrangers sans-papiers y revendiquant leur régularisation, ce qui acheva de le rendre définitivement infréquentable, aux yeux des gouvernants.

Sept ans plus tard, donc, ce lundi, l'institution est enfin honorée officiellement. Qui sait cela attirera-t-il l'attention du grand public sur ce musée, qui, trouve-t-on, le mérite bien.

Pour son contenu, d'abord. On y a déjà vu l'une ou l'autre exposition thématique bien intéressante. Pour le contenant, ensuite. Le Palais de la Porte Dorée, qui l'accueille, est une splendeur de l'Art déco (notamment son bas-relief, sublime, de plus de 1000 m2). Et il a été si bien restauré qu'il fait désormais partie, à notre avis, des plus beaux édifices monumentaux de la capitale.

12/12/2014

Une réapparition

Femmes, Hommes, Art de vivreUne nouvelle très légère, une fois n'est pas coutume et pour bien terminer la semaine. Miss France 2015 ayant à peine été élue, le week-end dernier, voilà à présent le grand retour de Mister France.

Cette compétition était en sommeil depuis 2011. La voilà donc qui renaît. L'objectif est d'élire «un homme responsable, avec des projets, des idées qu'il va pouvoir faire partager. Il va pouvoir exprimer sa vision de l'avenir et être le représentant d'une génération ambitieuse, énergique et volontaire». Avis aux lecteurs de ce blog qui seraient tentés: le casting est ouvert (). Conditions pour candidater: être célibataire, de nationalité française, âgé de 18 à 35 ans et mesurer plus d'1m78. Sont également requis le sens de l'humour, le goût de l'expression en public, le fait d'avoir «une passion, des projets, un talent» ainsi que «du charme». Et, bien sûr, il convient d'être «irrésistible».

Il y a quelques semaines, un sondage () avait décrit l'homme idéal, tel que les Françaises l'imaginent. L'attention à l'autre (caractéristique plébiscitée par 46% des sondées), le sens de l'humour (28%) ainsi que la capacité d'écoute (27%) avaient été cités très largement avant les qualités liées au physique. Les termes «viril» et «sexy», par exemple, n'avaient remporté que 3% des suffrages. «Finies la virilité et l'ère du macho bling-bling, place à l'homme sensible et attentionné!», en avait déduit la Sofres. «La personnalité prime très largement le physique», s'était extasié l'institut de sondage.

Mais bien sûr. Comme si le concours Miss France venait de couronner une femme au physique complètement anecdotique, mais à la personnalité absolument éblouissante. Et comme si les votants pour ce titre de Mister France réapparaissant allaient élire un candidat à la plastique très moyenne, mais aux neurones prodigieux.

11/12/2014

Une si grande amabilité

Le groupe Canal+ adore visiblement Nicolas Sarkozy. Ou, en tout cas, il table sur sa victoire à l'élection présidentielle de 2017, et donc essaie d'emblée de se faire bien voir par lui.

Pour preuve, sa chaîne de télé D8 diffuse ce soir «Little french songs in America». Il s'agit d'un documentaire sur les coulisses de la tournée aux Etats-Unis de Carla Bruni. Nicolas Sarkozy lui-même y apparaît, bien sûr. Et, évidemment, sous un jour éminemment favorable, bien dans le ton dominant du documentaire: si aimable.

Il y a un an, déjà, la même chaîne D8 avait diffusé, en prime time, un documentaire sur le couple Sarkozy-Bruni, signé par une amie intime de l'ex-Première Dame: la réalisatrice et ex-top model Farida Khelfa. Le film – le publi-reportage, devrait-on plutôt écrire – relatait la vie quotidienne et familiale du célèbre couple. Il dégoulinait tellement de complaisance envers l'ex-Président qu'à l'époque, il avait fait beaucoup jaser.

Bis repetita, donc, ce soir. A nouveau, Canal contribue au «story-telling» sarkozyste.

Le procédé devient si voyant qu'on ne trouverait pas complètement idiot que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) enfin se prononce sur la chose. Ces publi-reportages successifs de D8 ne doivent-ils pas être pris en compte dans le calcul du temps d'antenne consacré par cette chaîne à la droite sarkozyste?

10/12/2014

Une vigueur matinale

Personnalités, Social, Economie, GastronomieL'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, dit l'adage. Nicolas Sarkozy l'avait recyclé en boucle, quand il était à l'Elysée. Il y célébrait à longueur de journées «la France qui se lève tôt». Par opposition subliminale (à peine) aux chômeurs paressant au lit en d'interminables grasses matinées, sûrs de pouvoir bénéficier de «l'assistanat» si généreusement dispensé par l'Etat.

Le «patron des patrons», Pierre Gattaz, doit être fan de Nicolas Sarkozy. Puisque, ce matin, il a annoncé que, vendredi, il se lèverait à l'aube carrément. Ce jour-là, en effet, le président du Medef, première organisation d'employeurs française, va visiter le marché matinal de Rungis, en banlieue parisienne. C'est le plus grand marché de gros au monde. Et, de l'avis du syndicat patronal, le commerce de gros est vraiment une «filière d’excellence»: «Qualité et diversité des produits, TPE et PME travaillant ensemble, forte exposition internationale... autant d’atouts à valoriser et qui montrent que notre pays à tout pour réussir».

Concrètement, le «patron des patrons» débarquera dès 5h00 du matin au «Secteur de la Marée». Puis, il enchaînera avec le «Secteur des produits carnés». Au «Pavillon de la triperie», «une démonstration de découpe de tête de veau» est d'ores et déjà prévue. Viendront ensuite le «Pavillon de la volaille et du gibier», puis les aires du marché qui sont dévolues aux produits laitiers et avicoles, aux fruits et légumes, et enfin à l'horticulture, aux fleurs coupées et à la décoration.

Personnalités, Social, Economie, GastronomieLe Medef a fixé rendez-vous à la presse à... 3h45 tapantes, pour couvrir cette visite. La viande n'étant pas du tout notre fort en général et encore moins la triperie, a fortiori au saut du lit, on hésite quelque peu à s'accréditer.

Mais on est très impressionné par la vigueur et l'appétit matinaux de ce si vénérable héraut de «la France qui se lève tôt».

09/12/2014

Un «produit toxique»

Un coup d'éclat à Paris hier, lié à un fleuron de la culture belge. La bande dessinée, en l'occurrence. Et en particulier Tintin, et le débat lancinant sur les relents racistes que d'aucuns prêtent aux premiers albums que publia Hergé chez Casterman, dans les années 30.

Au magasin FNAC du Forum des Halles, le «Groupe d’intervention contre le racisme» a mené un raid contre «Tintin au Congo». Une cinquantaine de ses militants ont, sur tous les albums de cette BD qui figuraient en rayons, apposé des stickers où l'on pouvait lire: «Produit toxique, relents racistes, peut nuire à la santé mentale». Le fait que cette action militante survienne à ce moment de l'année ne doit bien sûr rien au hasard: il s'agit de toucher le plus de consommateurs possibles, en cette période de fêtes «où l’on vend le plus d’albums pour la jeunesse».

Depuis deux ans, les anti-«Tintin au Congo» français réclament aux éditions Casterman et à la société Moulinsart qu'elles insèrent dans cette BD un encart avertissant les lecteurs de son caractère «raciste et colonialiste». Leur requête s'est toujours heurtée à un mur. Les éditeurs de Tintin basent leur refus sur une décision de la justice belge, qui, en 2012, a débouté un étudiant congolais porteur de la même demande. Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, en revanche, les albums «Tintin au Congo» sont vendus précédés d'une préface ou accompagnés d'un bandeau avertissant les lecteurs du contexte historique et idéologique particulier de l'époque où ils ont été créés.

A moins que, par extraordinaire, cela nous ait échappé, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'a pas réagi à cette action, ni à cette requête. Elle se tait même dans toutes les langues. Evidemment, s'agissant en France d'un sujet bien trop brûlant pour permettre des postures politiques consensuelles.

08/12/2014

Un tour de vis annoncé

Transports, Sécurité, PoliceC'est ce qui s'appelle faire preuve de réactivité. Une semaine après la publication de chiffres montrant l'incivilité des cyclistes, à Paris comme ailleurs – ce blog les avait évoqués: ici –, voilà que des mesures sont d'ores et déjà envisagées, destinées à serrer la vis. Elles pourraient même être annoncées dès la fin de la réunion, ce lundi matin, du Conseil national de la sécurité routière (CNSR).

Ainsi, l'on pourrait étendre aux agglomérations «le principe d'amendes minorées adaptées aux cyclistes». Aujourd'hui, théoriquement, les infractions au Code de la route commises à vélo sont passibles d'un PV allant de 11€ (pour une infraction de première classe) à 135€ (infraction de quatrième classe). Dans les faits, cependant, les pandores verbalisent très rarement les cyclistes. Demain, si la réforme est adoptée, neuf infractions à vélo parmi les plus graves (sens interdits ignorés, feux rouges et stops grillés, conduite tout en téléphonant, etc.) seraient sanctionnées par une amende dont le montant serait divisé par deux. Pourquoi? Parce qu'une expérimentation de ce dispositif menée à Strasbourg depuis 2012 a montré que diminuer les montants des amendes dont les cyclistes sont passibles, cela ôte visiblement des remords aux policiers pour verbaliser ce type d'usagers. Pour preuve, dans la capitale alsacienne, plus de 833 PV ont été dressés à des cyclistes, depuis le début de cette expérimentation. Et, dans le même temps, l'on y a constaté une baisse de 38% des accidents de vélo.

Ce matin, la décision pourrait également être prise de lancer une grande «campagne de sensibilisation au respect de la règle», à vélo. L'on pourrait aussi acter que les caméras de video-surveillance en ville puissent désormais être utilisées pour avérer des infractions commises avec ce type de moyen de transport. Enfin, dans les agglomérations, le port du casque à vélo pourrait dorénavant être systématiquement conseillé, sans pour autant être rendu obligatoire.

Les traumatismes crâniens représentent 70% des blessures graves des cyclistes. Rien qu'à Paris pendant les sept premiers mois de l'année, 450 cyclistes ont été blessés dans un accident de la circulation. Soit une hausse de 9% par rapport à la même période de l'an dernier.

05/12/2014

Une si belle découverte

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et même une belle histoire, qui a été rendue publique cette semaine.

Elle a pour cadre, non Paris, mais Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Dans les fonds anciens de la bibliothèque de cette municipalité, on a retrouvé, par le plus grand des hasards, une édition originale... de William Shakespeare. Une édition rarissime, même, puisqu'elle est datée de 1623.

Littérature, Culture, International L'ouvrage a été authentifié par d'éminents spécialistes de l'auteur. Il est intitulé «Mr. William Shakespeare, comedies, histories and tragedies: First Folio: published according to the original copies». Il contient 36 pièces, qui furent imprimées sept ans après la mort du dramaturge. Il s'agit d'un «first folio», or les manuscrits de ce type sont considérés comme des références. En France, jusqu'à présent, il n'en existait qu'un seul exemplaire, conservé à la Bibliothèque nationale.

Originellement, cette pièce rare provient de la bibliothèque d'un collège de Saint-Omer, qui, à la Renaissance, accueillait des étudiants anglais. Elle a été redécouverte fortuitement, à l'occasion de recherches effectuées en vue de la préparation d'une exposition consacrée à l'histoire des relations entre la région de Calais et l'Angleterre.

L'autre jour, le porte-parole du quai d'Orsay – qui a assez peu l'occasion de s'exprimer sur des questions de littérature et de culture – a salué cette belle découverte. «Au-delà de son intérêt scientifique, (cet ouvrage) témoigne de la richesse des liens historiques entre la France et le Royaume-Uni», s'est-il félicité.

04/12/2014

Un lifting bien nécessaire

Cela fait très longtemps qu'à Paris l'on parlait de ce chantier, mais c'est hier seulement qu'il a été officiellement confirmé. Il ne sera pas mince, puisqu'il engloutira la bagatelle de 192 millions d'euros de budget, et s'étalera sur 27 mois. Et il concernera un des édifices les plus emblématiques de la "Ville lumière", connu même dans le monde entier.

A savoir, la Grande Arche de la Défense. Qui, vingt-cinq ans après son inauguration, a mal vieilli. Cela fait plusieurs années déjà que son toit est inaccessible, à cause d'un accident survenu dans un des ascenseurs y menant. Les dalles de marbre qui décorent l'extérieur de l'édifice sont branlantes. Certains de leurs éléments se décrochent même, parfois – on en a été témoin, la dernière fois qu'on a pique-niqué d'un sandwich, sur l'esplanade... – , ce qui a nécessité la pose de filets de sécurité. Sans parler de l'amiante qu'on trouve dans le bâtiment. Enfin, ce colosse est particulièrement énergivore et donc pas du tout environnementalement correct. Alors que, paradoxe, il héberge notamment une partie des services... du ministère de l'Ecologie.

Bref, la Grande Arche va être complètement remise à neuf, et l'on promet même monts et merveilles: la création d’une promenade "Entre ciel et Terre" sur son toit, etc. (voire ).

Au passage, l'ampleur des moyens qu'il faut consacrer à ce chantier confirme que, décidément, on n'a jamais fini de payer la facture des grands travaux parisiens de l'ère Mitterrand. Ce qu'avait déjà montré le dépérissement pitoyable, toutes ces dernières années, de l'Opéra Bastille. Qui lui aussi a terriblement mal vieilli, et dont le chantier de rénovation (relire ici ou ) a coûté un fameux paquet de millions.

03/12/2014

Une petite musique

personnalités,institutions,musique,hollande,internationalOn aura décidément tout vu à l'Elysée, sous François Hollande. Tout vu et même tout entendu, en l'occurrence.

Hier soir, en effet, dans les salons du palais présidentiel, le prestigieux orchestre de la Garde républicaine a carrément joué... du ABBA. Les valeureux militaires mélomanes y sont notamment allés d'un «Fernando» endiablé, qui, paraît-il, restera dans les annales des soirées élyséennes. C'était à l'occasion du dîner d'Etat donné en l'honneur du roi Carl XVI Gustaf et de la reine Silvia, en visite cette semaine en France. Le dîner a réuni quelque 200 convives, qui donc ont festoyé en se trémoussant (un peu) sur ABBA.

Cela change fameusement par rapport aux notes d'Albéniz, le célèbre pianiste et compositeur espagnol, qui, il y a sept ans, avaient retenti dans le palais présidentiel. Lors de la cérémonie d'investiture du prédécesseur de François Hollande, un Nicolas Sarkozy à l'époque époux de Cécilia Attias, arrière-petite fille d'Isaak Albéniz.

La Garde républicaine jouant du ABBA à un dîner d'Etat: on imagine sans peine la moue des déclinologues et autres contempteurs de François Hollande. Sans doute auraient-il préféré qu'en lieu et place du groupe kitsch-pop des années 70, l'Elysée opte pour les vocalises de la grande mezzo-soprano suédoise Anne Sofie von Otter.

Auquel cas, cela aurait permis à François Hollande de vanter, au passage, le «made in France». Puisqu'un des derniers disques de l'artiste, intitulé précisément «Douce France», rend hommage à la mélodie et à la chanson tricolores, de Saint-Saëns à Debussy en passant par Barbara, Ferré, Trénet ou Moustaki.

Mais sans doute aucun haut communicant de l'Elysée n'y avait-il pensé.

02/12/2014

Un texte dangereux?

La fin de l'après-midi et la soirée pourraient être chaudes, ce mardi à Paris. Quelques heures après le vote, par les députés, de la résolution invitant l'exécutif à reconnaître la Palestine. Au moins 130 pays dans le monde ont déjà approuvé un tel texte, mais la chose prend une dimension particulière en France. Et pour cause: l'Hexagone accueille à la fois la population de confession musulmane la plus nombreuse d'Europe, et la troisième plus importante communauté juive au monde (après Israël et les Etats-Unis).

Selon certaines sources, le vote des députés pourrait être rapidement suivi par des rassemblements inopinés – donc interdits, car pas déclarés préalablement aux autorités. Ces attroupements seraient notamment le fait d'organisations de jeunesse sionistes ultras (Ligue de défense juive, Betar, etc.). La semaine dernière, déjà, à l'appel notamment de ces groupuscules, une manifestation tendue s'était déroulée à proximité du Parlement. Drapeaux israéliens noués autour du cou, les manifestants avaient brandi des pancartes hostiles à «une résolution qui encourage les terroristes». Plusieurs journalistes et photographes, pris à partie, insultés et menacés par des manifestants, avaient été contraints de quitter les lieux. Le même jour, dans le camp adverse cette fois, un rassemblement s'était tenu en faveur d'«un Etat palestinien dans tous ses droits». «Palestine vivra, Palestine vaincra», «Nous sommes tous des Palestiniens», avaient scandé les manifestants.

Ce texte va «jeter de l'huile sur le feu» entre les communautés, en France même: c'est le cri d'alarme qu'a lancé, ce matin, un dirigeant d'une association de lutte contre l'antisémitisme. Cela a aussi fait partie des arguments qu'ont dit et répété les opposants au texte, lors du débat parlementaire. Cet après-midi, les députés n'en approuveront pas moins la résolution, et très largement. Il faudra donc rester attentif à ses éventuelles répercussions sur le terrain, et notamment sur le terrain parisien. En effet, dans certains quartiers de la capitale française (du côté du 19e arrondissement, par exemple), les relations intercommunautaires sont déjà extrêmement tendues.

01/12/2014

Une obligation permanente de «mesure»

Télévision, Médias, JournalismeElles continuent décidément de faire débat, les règles qui obligent les télés françaises à traiter dignement y compris les actualités les plus dramatiques et macabres: les actes et faits de guerre, et, plus globalement tout ce qui a trait à la souffrance humaine. Pour preuve, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient à nouveau d'intervenir à deux reprises sur la question. Il s'agit encore et toujours de cette charte qu'on a déjà évoquée dans ce blog (relire ici ou , par exemple). Elle interdit notamment aux télés de «présenter de manière manifestement complaisante la violence ou la souffrance humaine», et leur impose de faire preuve de «mesure» lorsqu’elles diffusent des images «concernant une victime ou une personne en situation de péril ou de détresse».

Cela oblige souvent les chaînes à recourir au floutage. Ce que n'a pas totalement fait, cet été, I>Télé. A l'occasion d'un reportage sur la Syrie, elle a diffusé des images non floutées de cadavres de soldats, gisant au sol. Ce qui lui a valu une plainte. Le CSA a cependant dédouané la chaîne. Car les visages des victimes, eux, étaient bel et bien floutés, un avertissement sur le caractère choquant de la séquence avait été préalablement adressé aux téléspectateurs, la diffusion était «justifiée par les nécessités de l’information», et les journalistes avaient «fait preuve de réserve s’agissant de l’authenticité des images diffusées». Le plaignant, dès lors, a été débouté.

En revanche, le «gendarme de l'audiovisuel» a été plus nuancé s'agissant d'une séquence relative à un fait divers diffusée dans le magazine «Enquête exclusive», sur M6. Elle montrait les derniers instants d'une jeune touriste en vacances à l'île de La Réunion, victime d'un grave accident de canyoning. Ses proches avaient saisi le CSA, «profondément meurtris» d'avoir vu, à la télé, l'agonie de l'intéressée. M6 n'a pas été rappelée à l'ordre, car elle avait correctement flouté le visage de la victime. Néanmoins, «comprenant le désarroi que la diffusion de cette séquence a suscité chez les plaignants», le CSA a fait en sorte que la séquence ne soit plus jamais rediffusée, et qu'elle soit même retirée de l’offre de programmes disponibles en télévision de rattrapage.

28/11/2014

Une mauvaise réputation partagée

Un sujet plus léger que ceux des derniers jours, pour bien terminer la semaine.

Et, en l'occurrence, une bonne nouvelle pour les automobilistes parisiens. Puisque, visiblement, ils ne sont pas les seuls à mériter la réputation d'être des conducteurs pénibles (teigneux, non respectueux des réglementations, etc.). Les cyclistes parisiens ne semblent guère faire mieux.

Ainsi, selon un sondage publié cette semaine, dans la «Ville lumière», 88% des cyclistes reconnaissent avoir déjà commis une infraction. 75% admettent circuler sur les trottoirs, 55% tourner sans l'avoir signalé au préalable, et 55% franchir les feux signalisation au rouge. Enfin, seuls 41% portent un casque, 44% des vêtements et accessoires réfléchissants, et un quart utilise encore un vélo sans phare à l’avant ou à l’arrière, ce qui est pourtant obligatoire.

«Il y a un vrai sentiment d’impunité», parmi ces cyclistes, selon le responsable de la prévention de la compagnie d'assurances MMA, qui a commandité ce sondage. Pourtant, les enjeux en termes de sécurité ne sont pas minces. Pour preuve, les années ont beau passer, la mortalité chez les usagers des deux roues ne régresse pas, à Paris comme ailleurs. En 2013 en France, on a déploré 147 décès de cyclistes. Et, à en croire les chiffres de la Sécurité routière, depuis le début 2014, ce taux de mortalité est en hausse de 6%.

27/11/2014

Un progrès, mais très incomplet

Femmes, Institutions, Parlement, Histoire, Personnalités, MédiasNeuf femmes. L'Assemblée nationale qui, il y a quarante ans jour pour jour, examina la loi Veil sur la dépénalisation de l'IVG comptait en tout et pour tout, dans ses rangs, neuf femmes. Siégeant aux côtés de 481 hommes – l'Assemblée n'avait à l'époque que 490 sièges (contre 577, aujourd'hui). Simone Veil elle-même estima, un jour, que cette si criante inégalité homme-femme qui caractérisait alors la représentation nationale n'avait pas peu contribué au caractère extrêmement tendu – et agressif à son égard – des débats parlementaires à propos de cette loi. «Ils voulaient se payer une femme...», confia-t-elle jadis, lors d'une interview télé.

Plusieurs médias, hier, ont rediffusé ce passage de son interview. Tout comme, en boucle et pendant toute la journée, ils ont insisté sur ces seules neuf députées qui, à l'époque, siégeaient dans cette Assemblée si mâle – et si âgée et blanche, ajoutera-t-on.

Si ces mêmes médias avaient voulu être parfaitement complets, s'ils s'étaient montrés soucieux de ne pas risquer de donner l'impression qu'il s'agit d'une ère sexiste désormais complètement révolue, ils auraient pu signaler, au passage, quelle est la part de femmes que compte, aujourd'hui, le Parlement.

A l'Assemblée, elles sont 155. Pour 422 hommes. Au Sénat, elles sont 87. Pour 261 hommes.

Femmes, Institutions, Parlement, Histoire, Personnalités, MédiasDes progrès ont donc été accomplis, en la matière.

Ce qui n'empêche pas que, quarante ans après le vote de la loi Veil, la représentation parlementaire française reste très majoritairement mâle – et âgée, et blanche, ajoutera-t-on. Puisque, en gros, elle est à 75% masculine.

Mais dans quarante autres années, qui sait, ce sera la parité.

26/11/2014

Une croisade qui n'en finit pas

Quarante ans plus tard, la France se remémore l'âpre combat qu'elle a dû mener pour l'avortement. La loi Veil, qui dépénalisa l'IVG, n'a été votée qu'au début de l'année 1975, mais c'était dans ces jours de la fin novembre 1974 que le Parlement avait débuté le débat houleux relatif à ce texte de loi. Cet après-midi, l'Assemblée votera une résolution solennelle, qui réaffirmera «le droit fondamental» à l'IVG et la nécessité de continuer à veiller à son accès effectif, pour toutes les femmes.

Un accès contre lequel, quarante ans plus tard, certains continuent de militer. Au sein d'une mouvance anti-IVG qui est sortie galvanisée de la grande croisade des anti-«mariage pour tous», en 2013 – les activistes «pro-vie» (anti-IVG, en clair) ayant d'ailleurs toujours constitué un des piliers constitutifs majeurs de «La Manif pour tous».

A Paris, la justice a eu à statuer sur un des hérauts de cette cause anti-IVG, dernièrement. Le Dr Xavier Dor, octogénaire, pédiatre à la retraite, et dirigeant d'une association de défense des «tout-petits». L'homme a un lourd casier judiciaire, lui qui a déjà été condamné une dizaine de fois pour des actions anti-IVG. Cette fois, il était rejugé en appel pour avoir fait intrusion à deux reprises, en juin 2012, dans des locaux parisiens du Planning familial. Il y avait abordé une femme qui attendait de consulter en vue d'une IVG, et lui avait donné une médaille de la Vierge Marie ainsi qu'une paire de chaussons pour bébés. Xavier Dor a une nouvelle fois été condamné en appel, comme il l'avait déjà été en première instance. Condamné à 10.000€ d'amende, pour délit d'entrave à l'IVG.

L'an dernier, ce délit a été durci, et son champ étendu (voir par exemple ). A l'origine, il ne s'appliquait qu'aux actes «commis en vue d’empêcher ou de tenter d’empêcher une interruption volontaire de grossesse», au sein des établissements médicaux. Désormais, il punit également l'entrave au libre accès à l'information sur cet acte médical, ainsi que les tentatives de blocage des centres qui le pratiquent.

25/11/2014

Un fléau qui tarde à être réduit

Femmes, Sécurité, Police, Gouvernement, ParisPas moins de quatre ministres en visite dans notre onzième arrondissement parisien, ce matin. En ce mardi qui, en France comme ailleurs, est la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, sa collègue de la Santé, Marisol Touraine, ainsi que leurs homologues en charge de l'Intérieur et des Droits des femmes sont allés rendre visite au commissariat central de police du onzième. Ils y ont évoqué le problème posé par les simples «mains courantes» qui y sont souvent déposées après des violences faites aux femmes, en lieu et place de plaintes en bonne et due forme. Puis ils ont échangé avec des associations et des intervenants spécialisés, qui accompagnent les victimes.

Des femmes qui, année après année, un plan gouvernemental après l'autre (voir ), voient leur nombre rester globalement stationnaire, malgré parfois quelques signes encourageants (relire ici). Cela reste vrai en France en 2014, comme cela avait déjà été le cas en 2013, en 2012 et auparavant: une femme y décède tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Et l'on estime qu'elles sont près de 216 000, âgées de 18 à 75 ans, à être soumises à la violence physique et/ou sexuelle de leur ancien ou actuel partenaire. Selon les données officielles, seules 16% de ces victimes portent plainte.

Cela mérite bien une visite ministérielle au commissariat, sous l'oeil des caméras. En attendant d'éventuels résultats.

24/11/2014

Un sentiment d'insécurité

Un sondage passé assez inaperçu ce week-end, mais pourtant pas inintéressant et touchant de près la vie des gens – la vie des Parisiens, singulièrement. Près d'un Français sur deux utilisant les transports publics (47%) s'y sent en insécurité, souvent ou parfois.

Ce sentiment est un peu moindre (45%) dans le métro, mais il est majoritaire (53%) parmi les usagers du RER. Ces chiffres sont tous deux en régression (-4) par rapport aux résultats d'une même enquête l'an dernier, mais, d'une année à l'autre, des constantes demeurent, dans le regard porté par l'opinion sur la sécurité. Ainsi, les femmes (49%) se sentent moins à l'aise dans les transports publics que les hommes (44%). Les jeunes (56%) y ont également davantage d'appréhensions que les personnes âgées (37%). Et, en région parisienne, le sentiment d'insécurité n'est plus limité à 47% comme à l'échelle nationale, mais il atteint carrément 57%. Il touche donc quasiment six usagers sur dix.

C'est donc l'occasion ou jamais de le rappeler. Comme ce blog l'a déjà plusieurs fois évoqué (relire par exemple ici ou ), dans les transports publics de la capitale française ainsi que de sa région, l'insécurité et la délinquance ont tendance à régresser, et ce depuis plusieurs années.

Mais visiblement pas assez pour que cela influe sur le ressenti des usagers.

21/11/2014

Une grande fatigue, visiblement

Parlement, Institutions, Gouvernement, Personnalités, Histoire Les vacances de Noël approchent tout doucement et c'est heureux, car, au Parlement, certains commencent à fatiguer, visiblement. Du moins, s'il faut en juger aux arguments à l'emporte-pièce qu'ont brandis deux élus UMP, ces derniers jours.

Ainsi, hier, un député sarkozyste a carrément comparé la carte de la France telle que veut la redessiner François Hollande à celle, jadis, ... du maréchal Pétain. C'était lors du débat sur la réforme territoriale: le fameux projet de réduire le nombre de Régions que compte l'Hexagone. L'homme prône la réunification de la Bretagne dans ses cinq départements historiques, grâce au rattachement de la Loire atlantique et de sa capitale, Nantes – aujourd'hui dans la Région Pays de Loire. Mais tel n'est pas le projet du gouvernement. Il «confirme la décision de Vichy!» a, dès lors, tonné ce député UMP, jeudi. Historiquement, c'est effectivement sous Vichy, en 1941, que furent créés les Pays de la Loire. Mais politiquement, évidemment, un tel rapprochement, hier, a fait scandale. Dans l'hémicycle, le tumulte suscité par ce «raccourci historique» et ces propos «abjects» a été tel qu'il a fallu suspendre la séance quelques instants, pour que le calme revienne.

Vendredi, déjà, un élu UMP avait dérapé, au Sénat cette fois. Il s'agissait, là, des obligations et contrôles imposés aux parlementaires, dans le cadre de la moralisation de la vie politique: les déclarations de patrimoine et d'intérêts qui leur sont exigées, etc. Au moins quatre sénateurs et députés UMP sont dans le collimateur de la justice, à cet égard. Ils sont soupçonnés de n'avoir pas déclaré des avoirs détenus à l'étranger. Vendredi, leur collègue sénateur s'est emporté contre cette entreprise de transparence et de moralisation, mettant en garde qu'elle... ne «tombe dans un régime de Gestapo!»

Parlement, Institutions, Gouvernement, Personnalités, Histoire Vichy, la Gestapo.

Autant, bien sûr, l'on peut toujours, parfaitement, et ô combien critiquer l'action de la majorité Hollande-Valls, autant en arriver à de tels arguments historiques, aussi crétins, cela doit vraiment être le signe d'une très grande fatigue nerveuse.

 

PS: Et, charitable, l'on ne s'étendra pas outre mesure sur le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Qui a suggéré hier... de rouvrir le bagne de Cayenne, pour y enfermer les jihadistes revenus d'Irak ou de Syrie. Ces pauvres hommes politiques ont vraiment grand besoin d'un peu de congé.