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16/04/2014

Un droit, par intermittence

Femmes, Institutions, Histoire, Elections municipales, Elections européennesFrançois Hollande prononcera un discours sur le sujet, ce mercredi soir: la France célèbre, ces jours-ci, le 70e anniversaire de l'octroi du droit de vote aux femmes. En effet, cette avancée démocratique historique a été consacrée par une ordonnance remontant au 21 avril 1944.

70 ans plus tard, dans l'Hexagone – mais c'est sans doute valable aussi dans d'autres pays où le vote n'est pas obligatoire –, les femmes, à l'instar des hommes, n'ont recours que par intermittence à ce droit. Certes, traditionnellement (lire ici), «la différence de participation (aux scrutins) entre hommes et femmes apparaît faible, au total». Car cette participation dépend surtout de l’âge: «Avant 40 ans, les femmes votent plus souvent que les hommes; entre 40 et 80 ans, il n’y a plus de différence; et après 80 ans, les femmes votent moins souvent que les hommes». Mais, en mars dernier, lors de ces fameuses élections municipales marquées par un record historique d'abstention, les femmes ont encore moins voté que les hommes (voir ). Et, aux élections européennes de la fin mai, le taux d'abstention qui est annoncé dans certaines catégories de l'électorat féminin français atteint des sommets astronomiques. Ainsi (voir ), 86% des femmes entre 18 et 24 ans pourraient bouder les isoloirs.

Le bilan de ce 70e anniversaire est donc très mitigé, en ce qui concerne l'usage qui est fait de ce droit. Ce serait d'ailleurs un utile sujet de réflexion et d'examen de conscience, pour une classe politique qui, nul besoin de le rappeler longuement, est toujours très majoritairement masculine.

15/04/2014

Une leçon de morale

«Un mec qui se conduit comme ça avec les femmes, c’est un goujat!» Sophie Marceau, dixit. Dans le numéro du magazine «GQ» qui sort en kiosques ce mardi. La comédienne – qui n'a jamais caché avoir voté pour Nicolas Sarkozy – y tire à boulets rouges sur François Hollande et sur sa vie privée. Entre autres exclamations énervées: «Quel lâche, il a des maîtresses et, quand on le sait, il refuse d’en parler!»

Après Geneviève de Fontenay (relire ), Sophie Marceau, donc.

Sans passer des heures à cela – qui ne le mérite vraiment pas –, comme il est facile de porter des jugements sur l'intimité d'un homme et sur la vie privée d'un couple, sans rien savoir ni connaître du tout: juste sur base d'échos, d'indiscrétions, de ragots.

Et comme il faut soi-même avoir une vie personnelle absolument irréprochable sur tous les plans, pour ainsi s'arroger le droit de donner publiquement des leçons de morale à autrui.

Misérable.

14/04/2014

Une si maigre consolation

Paris, Tourisme, Social, Economie, PatrimoineUne adresse de grand luxe en moins à Paris, dès aujourd'hui. Puisque c'est ce lundi que le Lutetia, le célèbre hôtel de la rive gauche, ferme ses portes. Pour trois années de gros travaux – l'installation d'une piscine, en sous-sol, est notamment prévue.

On l'avait relaté, à l'époque (relire ): cette fermeture a fait l'objet d'un véritable bras de fer social. Qui a débouché sur plusieurs manifestations dans et aux abords du si sélect établissement – du jamais vu, auparavant. Le contentieux n'est d'ailleurs toujours pas réglé. A la mi-mai, le comité d'entreprise et le syndicat CGT traîneront en justice la direction de l'établissement (un grand groupe isréalien). Ils ne décolèrent pas contre «le dilemme» devant lequel, selon eux, a été placé le personnel de l'hôtel. A savoir, «accepter une baisse dramatique des salaires pendant les travaux, avec l’acceptation du chômage partiel de longue durée. Ou accepter le plan de départ "volontaire", sans certitude d’être réintégré».

En attendant, les quelque 200 employés de l'hôtel auront la consolation de pouvoir acheter à prix préférentiel... des peignoirs de bain siglés Lutetia ainsi que d'autres articles à l'effigie du célèbre établissement, avant que le tout soit mis en vente publique.

Un peignoir siglé. Quelle belle attention. Quel merveilleux signe de générosité. On croit rêver.

11/04/2014

Un casse-tête sécuritaire

Ce sera l'événement du week-end, dans la «Ville lumière». La réouverture, après plusieurs années de gros travaux, du Zoo de Vincennes, rebaptisé Parc zoologique de Paris. Comme vient de le faire savoir (ici) la préfecture, les services de police ont été associés de près au chantier de rénovation des lieux et à la conception des espaces réorganisés. Comme le dit un inspecteur en chef de la santé publique et vétérinaire, «chacun garde en mémoire la mort d’un jeune soigneur de 23 ans: attaqué par un lion, en septembre 2001, dans la fauverie du zoo. Nous devons veiller à ce que ce type d’accident ne se reproduise pas».

On n'a pas forcément cela à l'esprit quand on visite un zoo, mais cet endroit – où cohabitent un millier d'animaux, de 180 espèces différentes – est un véritable casse-tête, en termes sécuritaires. Le premier impératif est évidemment de sécuriser les enclos. Mais ce n'est pas le seul. «Il faut aussi penser à la prévention des risques, notamment chimiques. Avec le stockage de produits dangereux comme l’acide chlorhydrique, pour réguler le pH des bassins, la conservation des médicaments pour les animaux, la sécurisation de cuves de stockage de gasoil pour les camions, penser aux armoires blindées pour enfermer les armes et fusils hypodermiques», etc. Sans oublier de prendre en compte le risque sanitaire, lié par exemple aux infections transmissibles de l’animal à l’homme (type grippe aviaire).

Pour la petite histoire, cette réouverture du zoo a mis à contribution de manière inédite les agents des compagnies motocyclistes de Paris.

Leur travail habituel, ce sont les contrôles de vitesse et d'alcoolémie, l'escorte de personnalités, ou l'encadrement des transferts de détenus. Là, ils ont eu à gérer un convoi exceptionnel assez inhabituel: le transport d'un des futurs pensionnaires du parc zoologique. Un lamantin de 450 kg, en l'occurrence. Qui, pour rejoindre son nouveau bassin, a effectué un trajet de plus de 500 km, tout en étant «maintenu dans son milieu aquatique durant la totalité du périple». La compagnie des motocyclistes parisiens l'a escorté jusqu'à Vincennes, depuis le péage de Senlis. «Mission particulièrement délicate, pour ces fonctionnaires». Mais mission accomplie: «0 coup de frein donné, pour une vitesse moyenne de 80km/h».

C'est merveilleux.

10/04/2014

Un manque de respect

Femmes, Institutions, Personnalités, RoyalNouvel incident à caractère sexiste, hier après-midi, à l'Assemblée nationale – après tant d'autres, déjà (relire ). Ségolène Royal y assistait à sa première séance (en tant que ministre de Manuel Valls) de questions d'actualité au gouvernement. Elle a eu droit à des quolibets et à des railleries. Au moment où elle évoquait François Hollande et la feuille de route qu'il a fixée au gouvernement, les ricanements ont redoublé. Sur les bancs de la droite, où l'on trouve visiblement digne de moqueries la situation de l'ex-couple Royal-Hollande.

«Ce n'était pas méchant!», a minimisé, hilare, le député UMP de Paris, Pierre Lellouche – qui n'a jamais été le plus délicat des parlementaires. «Elle avait l'air tellement heureuse de venir nous expliquer toutes ces choses qu'on est contents pour elle!» Des femmes députées, en revanche, ont estimé que de telles allusions à la vie privée, qui plus est dans pareil cadre, relevaient d'«un manque de décence total», «honteux».

Minable, même, trouve-t-on.

Alors, bien sûr, chacun peut parfaitement penser ce qu'il veut de Ségolène Royal. Et, par exemple, ne pas être fan de son profil idéologique si baroque, de ses postures politiques si souvent agaçantes, et de son appétit médiatique si envahissant. Mais on voit mal comment lui dénier le droit, en tant que personne – qu'elle soit femme ou homme, peu importe –, à bénéficier du respect. Respect qu'elle avait d'ailleurs réclamé dès ses premières interviews radio-télé, aussitôt après sa nomination. Mais manifestement, pour certains hommes, c'est déjà trop demander.

Encore bravo.

09/04/2014

Un «humour décomplexé»

«Voler des poules, c’est cool». «Une petite pièce, pour ma Mercedes». «Plutôt voleur que travailleur». «Des bidonvilles pour tous». «+ d'enfants = +d'argent».

Quelques-uns parmi les slogans entendus place de la République, hier midi. A l'occasion d'un «happening militant» organisé à la faveur de la Journée internationale des Roms. Ce sont des jeunes Roms eux-mêmes qui ont scandé ces slogans. Car, aux yeux d'un responsable des «Enfants du Canal», l'association à l’origine de la manifestation, le fait que les intéressés eux-mêmes reprennent de façon ironique les accusations dont ils sont si souvent l'objet «est le meilleur moyen pour tordre le cou aux préjugés qui circulent à l’égard des Roms». Des préjugés qui ont la vie dure: «A chaque publication dans les médias au sujet de cette population, nous retrouvons toujours ces mêmes clichés, dans les commentaires des internautes: les Roms ont de belles voitures, les Roms sont des voleurs de poules… Ce midi, nous avons également prouvé que les Roms savent manier l’humour, être décomplexés, et qu’ils ont la volonté de s’intégrer».

Moins drôle: lundi, un habitant de Paris a été jugé en correctionnelle, pour avoir agressé un couple de Roms qui campait sur le trottoir en bas de chez lui. Non loin, d'ailleurs, de cette même place de la République. L'individu était poursuivi pour violences volontaires. En janvier, il avait aspergé le matelas de ces Roms d'un produit corrosif à base d'eau de Javel, qu'il avait fabriqué lui-même. A la barre, sa défense a certifié qu'il ne fallait pas voir la moindre connotation raciste à son geste. Juste l'exaspération, qui serait légitime, d'un riverain confronté trop souvent à ce type de cohabitation avec des SDF. Trois mois de prison avec sursis n'en ont pas moins été requis contre lui, ainsi qu'une amende de 1500€.

08/04/2014

Un air de déjà-vu

Personnalités, Communication, VallsLe grand jour de Manuel Valls, ce mardi. Cet après-midi, le nouveau Premier ministre prononce son discours de politique générale, devant l'Assemblée nationale. Qui, ensuite, procédera au vote de confiance.

A Paris, aux devantures des kiosques à journaux, on ne voit plus que lui, depuis sa nomination à Matignon. Dans les magazines de papier glacé, il s'affiche même bras dessus, bras dessous avec Madame. En apercevant cela, on s'est souvenu de ce dimanche après-midi où, sur le divan rouge de Michel Drucker, il avait cru bon de s'épancher, devant des millions de téléspectateurs, sur les conditions dans lesquelles il avait rencontré son épouse, sur son «coup de foudre immédiat» ce jour-là, etc. A l'époque déjà, comme cette semaine à la vue de ces «Unes» de magazines, on a poussé un identique soupir d'agacement: ce déballage est-il vraiment nécessaire?

Il rappelle furieusement, en tout cas, un certain Nicolas Sarkozy s'affichant en «Une» de Match, au début du quinquennat précédent. D'abord avec son épouse Cécilia, puis au bras de celle qui lui succéda, Carla Bruni. A l'époque, les Français n'avaient pas du tout aimé cela. Et ce qu'ils avaient considéré comme de l'exhibitionnisme déplacé avait même sonné le début de la dégringolade de la popularité de l'alors Président – dont il ne se remit jamais, avec les suites que l'on connaît.

Quelques années plus tard, donc, Manuel Valls – censé grand communicant – fait d'emblée le choix analogue de l'étalage de sa vie privée. On verra ce que, cette fois, cela donnera.

07/04/2014

Un moment d'hésitation, révélateur

Un sondage de popularité assez moyen pour l'exécutif Hollande-Valls, publié ce matin (ici). Le hasard a voulu qu'on ait fait partie du panel des personnes interrogées. A dû jouer aussi le fait que nos téléphones n'étant pas sur liste rouge, on est sollicité à longueur de journées par des démarcheurs de toutes sortes, dont des sondeurs. Comme chaque fois, cela a été assez comique de répondre aux questions de la petite main qui, samedi matin, pour l'institut OpinionWay, nous a appelé en vue de cette enquête d'opinions.

Ainsi, la formulation d'une de ses questions en disait long sur l'ambiance anti-politique du moment, dans la population: «De quel parti politique vous sentez-vous le plus proche, ou, disons, le moins éloigné?» Parmi les formations qui étaient suggérées comme réponses à cette question, on a même eu droit au petit parti «Chasse, Pêche, Nature et Traditions», qui, pourtant, a depuis longtemps disparu de la circulation. Parmi les personnalités dont on était prié de dire si on était satisfait («assez ou très») ou mécontent («assez ou très»), figurait un certain... Nicolas Sarkozy. Qui a théoriquement quitté la politique active. On a aussi découvert que, parmi les questions destinées à établir le profil socio-économique du sondé (nécessaire, s'agissant d'une enquête par quotas), figurent, outre les interrogations habituelles (taille et composition du ménage, dernier diplôme obtenu, etc.), une question relative... au permis de conduire: la possession ou non de ce titre, et le nombre de points y figurant – on n'a pas bien vu le rapport.

Surtout, comme chaque fois qu'on a en ligne quelqu'un d'un institut de sondages, on a eu droit à ce délicieux petit moment d'hésitation de notre interlocuteur, après l'énoncé de notre profession. Puis à une requête de sa part de bien vouloir patienter quelques secondes, suivie d'un blanc. Soit sans doute le moment, pour lui, d'interroger son supérieur: sur la catégorie socio-professionnelle dans laquelle il pouvait bien classer cette occupation de journaliste (employé? cadre? profession supérieure?).

En ces temps de précarisation grandissante de la corporation journalistique (relire , par exemple), on n'est jamais assez prudent.

04/04/2014

Un souvenir encore vivace

Personnalités, Histoire, Etrangers, Chirac Dix-huit mois plus tard, il est toujours là, sur la porte d'un immeuble de notre quartier Saint-Sébastien. Ce pochoir qu'on a déjà évoqué (là), représentant le visage de ce bon vieux Jacques Chirac. Depuis qu'il a été apposé, il a été légèrement modifié. Un(e) anonyme, passant par là, y a ajouté deux termes, très connotés en politique française: "bruit" et "odeur".

A l'attention des lecteurs les plus jeunes de ce blog, précisons que cela renvoie à un mémorable dérapage verbal qu'avait commis l'intéressé. C'était en 1991. A l'époque, il n'était pas encore considéré, comme à la présidentielle de 2002, tel un rempart républicain face au Front national. Maire de Paris, il dirigeait un RPR pur et dur, ne répugnant pas à piétiner les terres de l'extrême droite. Dans un discours, à Orléans, Jacques Chirac avait évoqué le sort du Parisien moyen habitant un HLM dans un quartier populaire, comme la Goutte d'Or. Infortuné travailleur se crevant à la tâche et gagnant peu, alors que son voisin de palier, immigré, vit grassement de prestations sociales. "Le bruit et l'odeur" de ce voisinage, ajoutés à cette cohabitation, et "il devient fou", l'honnête travailleur. C'est ce qu'avait lancé Jacques Chirac, sous les ricanements de son auditoire. "Et ce n'est pas être raciste que dire cela!", avait-il même ajouté. 

Ce fut certainement un des épisodes les moins glorieux de sa carrière. Ces deux mots, "bruit" et "odeur", ajoutés par un passant de notre onzième arrondissement sur le pochoir de son visage, témoignent que, près de vingt-cinq ans plus tard, tout le monde n'a pas oublié.

03/04/2014

Un fonctionnement quasi-dynastique

Puisqu'on évoquait hier le nouveau maire de notre onzième arrondissement de Paris, François Vauglin, il a été élu très confortablement, dimanche. Par 64,4% des voix. Or, il y a six mois encore, c'était un parfait inconnu. Neuf Parisiens sur dix des quartiers Bastille-Nation-République qu'on aurait interrogés auraient probablement été complètement incapables de le situer.
 
Ce n'est pas faire injure à ses compétences et talents (éventuels: on ne le connaît pas du tout) que de le signaler: l'homme ne doit son ascension qu'au fait que son prédécesseur a renoncé à son poste, et lui a transmis les clés de la mairie. Ce précédent maire du onzième, le député PS Patrick Bloche, contraint par la nouvelle règle du non-cumul, a préféré conserver son siège de député plutôt que sa mairie d'arrondissement. En 2008, lui-même avait hérité de la mairie à la suite de combinaisons et de tractations politiques opaques, ayant abouti au retrait de son prédécesseur, depuis 1995: l'ancien ministre Georges Sarre. Qui, pour l'anecdote, en 2014, soutenait une liste dissidente   il faut suivre... 
 
Tout cela pour dire que ce mode de fonctionnement partisan quasi-dynastique, dans les bastions socialistes que sont les arrondissements de l'Est parisien, n'a pas contribué à motiver beaucoup l'électeur. Dimanche, dans notre arrondissement, ils ont été 42% à ne pas voter, soit encore davantage que le taux national d'abstention (38%).

02/04/2014

Une mode socialiste?

Paris, Personnalités, ModeSystématiquement de travers, sur ses affiches de campagne électorale: la cravate du nouveau maire de notre onzième arrondissement de Paris, François Vauglin. Qui sait ce détail vestimentaire ne doit-il rien au hasard, mais traduit-il une mode, chez les socialistes français. François Hollande lui-même, si par extraordinaire cela vous avait échappé, est visiblement incapable de faire un noeud correctement. Lui qui, depuis le début de son mandat, s'affiche régulièrement avec une cravate complètement de travers.

Pas sûr, cela dit, que le tropisme vestimentaire «hollandais» de notre nouveau maire le rende populaire aux yeux de celui qui est désormais le plus célèbre des habitants de son arrondissement: le nouveau Premier ministre Manuel Valls.

Ce dernier, en effet, pendant la campagne présidentielle de 2012, alors qu'il était en charge de la com' et de l'image du candidat Hollande, passait ses journées à lui redresser la cravate. Avec, si souvent, un haussement de sourcils irrité.

01/04/2014

Un voisin, au sommet

C'est très anecdotique, mais ce n'est pas, pour autant, un poisson d'avril. Notre onzième arrondissement compte désormais un des siens au sommet du gouvernement. Puisque Manuel Valls, qui réside dans le quartier Bastille, a été nommé Premier ministre, hier soir.

Avis aux amateurs de bleu marine ou de kaki: cela va densifier encore un peu plus le nombre de pandores dans le quartier. Puisqu'il faudra y veiller aussi à la protection et à la tranquillité de cette désormais si haute personnalité.

A ce sujet, un conseil d'ami aux si nombreux Roms qui ont l'habitude d'errer et de camper rue de la Roquette ou boulevard Richard Lenoir. Plus que jamais, ils ont intérêt à marcher droit, à ne pas la ramener. Leur si puissant voisin considérant qu'une majorité parmi eux n'a «pas vocation» à s'intégrer, et donc à rester en France.

31/03/2014

Une victoire, sans euphorie

Paris, Elections municipales, Personnalités, Hidalgo, Kosciusco-MorizetCela nous a peut-être échappé – vu qu'on est resté coincé au bureau, à travailler jusqu'a minuit –, mais, a priori, dans les rues de Paris hier soir, l'annonce de la victoire de la socialiste Anne Hidalgo n'a suscité aucune euphorie. Dans notre onzième arrondissement, en tout cas, nul concert de klaxons ni mouvement de foules, et encore moins de feux d'artifice d'extase populaire. Ce qui a fameusement tranché avec la mémorable nuit qui, à Bastille, avait suivi l'élection de François Hollande à l'Elysée, il y a moins de deux ans (relire ).

Il faut dire que le petit peuple de gauche avait de quoi être KO, avec la claque magistrale qu'ont prise les socialistes dans le reste du pays.

Hier soir, la victoire de la gauche parisienne a été assez nette. Au prochain Conseil municipal de la capitale, elle disposera de vingt sièges de plus que la droite. Cette dernière n'a réussi à conquérir ni le douzième arrondissement, ni le quatorzième, qui lui étaient indispensables pour décrocher la mairie. A 500 voix près (sur 23.000 votants), elle a même failli perdre son fief du cinquième arrondissement, le Quartier latin. Elle ne l'a conservé qu'au prix d'une alliance avec le sulfureux clan Tiberi, du nom de l'ex-maire de Paris, Jean Tiberi (1995-2001). L'UMP peut néanmoins doublement se consoler. Avec la prise du neuvième (en gros, les quartiers Opéra, Cadet, Chateaudun). Et avec l'humiliation qu'elle a infligée aux socialistes dans le quatrième (Beaubourg, Saint-Paul, place des Vosges): ils n'ont conservé cet arrondissement qu'avec une misérable avance de 55 voix (sur 10.000 votants).

Mine de rien, c'est tout de même la troisième fois consécutive qu'une personnalité de droite est mise en déroute, dans la capitale. Nathalie Kosciusko-Morizet en 2014, comme Françoise de Panafieu en 2008, comme Philippe Séguin en 2001.

Rétrospectivement, il y en a un qui, ce matin, doit se dire qu'il a bien fait d'être prudent: l'ex-Premier ministre François Fillon, qui, un temps, avait pensé à briguer l'Hôtel de Ville.

28/03/2014

Une «surinterprétation» qui tombe mal

Des embouteillages d'anthologie dans une grande partie de Paris, hier. Ils coûteront encore quelques voix supplémentaires à la gauche aux élections de dimanche, si les automobilistes parisiens qui en ont fait les frais les mettent sur le compte de la municipalité sortante. Or, en l'occurrence, elle n'y était strictement pour rien.

Puisque la cause de tous ces troubles était la visite d'Etat du Président chinois. La venue de cet hôte de marque – qui a signé pour 18 milliards d'euros de contrats – , a donné lieu à la mise en place d'un dispositif de sécurité rarement vu auparavant. Comme l'intéressé logeait dans un palace des Champs-Elysées, une bonne partie de l'ouest parisien a été bouclée, et donc la circulation considérablement perturbée. Pour ne rien arranger, la RATP a complètement dysfonctionné, ce qui n'a fait qu'ajouter à la confusion générale.

La régie, en effet, a fermé au trafic une quinzaine de stations de métro, et ce pendant plusieurs heures: jusqu'en début d'après-midi, parfois. Or, la préfecture de police n'en demandait pas tant. Elle exigeait les fermetures de stations seulement pendant la demi-heure entourant le moment du passage, dans le quartier, du cortège officiel chinois. Dès lors, la responsabilité du chaos que ces fermetures ont causé aux usagers, la préfecture l'a entièrement rejetée sur la RATP. Qui aurait «surinterprété» ses consignes de sécurité.

Une partie du réseau du métro paralysée pour rien, donc. Le jour même où, pour cause d'alerte à la pollution, les Parisiens était invités à délaisser la voiture, au profit précisément des transports en commun. Encore bravo.

27/03/2014

Une différence de traitement

Paris, Santé, Environnement, Elections municipalesLes semaines passent et rien ne change, à Paris. Ce jeudi encore, la capitale française connaît ce que le jargon technocratique dénomme «un épisode de pollution avec un possible dépassement du seuil d'information de la procédure d'information et d'alerte». En clair, l'air sera une nouvelle fois ultra-pollué, et une fois de plus par les PM10: ces satanées particules fines.

Le stationnement résidentiel est donc gratuit jusqu'à ce soir, dans la «Ville lumière». Et les poids-lourds en transit sont invités à la contourner. La circulation alternée n'a cependant pas été imposée, contrairement à il y a dix jours.

Au gouvernement, on justifie cette différence de traitement par le fait qu'une telle régulation du trafic ne se justifie que quand plusieurs journées consécutives de pollution ont été déplorées, ce qui n'est pas le cas ce jeudi. Les mauvaises langues auront néanmoins vite fait d'avoir une lecture électorale de la chose. Après la claque que le gouvernement a déjà subie dimanche, il ne va tout de même pas prendre le risque d'énerver encore un peu plus les automobilistes-électeurs, ceux venant de banlieue parisienne singulièrement. A trois jours d'un second tour qui, pour lui, pourrait bien être pire encore que le premier.

26/03/2014

Un moyen de pression

Cela tombe mal, pour France Télévisions. Moins de cinq jours avant le dénouement des élections municipales, le syndicat Force ouvrière a déposé un préavis de grève pour dimanche. Du coup, si, d'ici à la fin de la semaine, ce syndicat et la direction du groupe audiovisuel ne sont pas parvenus à s'entendre, c'est carrément la grande soirée électorale de dimanche qui pourrait ne pas pouvoir être diffusée. Le syndicat motive ce moyen de pression par son mécontentement concernant les modes de rémunération des intermittents du spectacle employés par le groupe audiovisuel.

Une soirée électorale annulée à la télévision: ce serait, sauf erreur, une grande première, en France. Dimanche dernier, plus de 8 millions de Français avaient suivi la soirée électorale du premier tour, sur les chaînes du service public.

Cela dit, au vu du taux de participation historiquement bas qui caractérise ce scrutin, on doute un peu que, en cas d'annulation de la soirée de dimanche prochain, le téléspectateur-électeur moyen s'en trouve durablement inconsolable.

25/03/2014

Un facteur aggravant?

Dimanche, au premier tour des élections municipales, plus de quatre Parisiens sur dix n'ont pas voté. C'est encore plus que la moyenne nationale d'abstention (36,45%), qui a pourtant été historiquement élevée.

A dû contribuer à cette démobilisation civique le fait que, cette année, les électeurs parisiens ont reçu très tardivement, dans leurs boîtes aux lettres, les dépliants électoraux des candidats se présentant dans leur arrondissement. Par exemple, les habitants de notre quartier du onzième ont reçu ces prospectus samedi matin . Soit vingt-quatre heures seulement avant l'ouverture des bureaux de vote. Or, qui sait, les électeurs auraient-ils eu le temps de prendre connaissance à leur aise des «professions de foi», comme on dit, des partis en lice que, peut-être, cela les aurait-il incité à davantage aller voter.

A moins que ce soit La Poste qui ait dysfonctionné, l'Etat, pour le coup, dans la capitale en tout cas, ne s'est pas acquitté au mieux de mission d'information électorale. Comme s'il avait traîné les pieds, lui qui, l'an dernier, avait vainement tenté de faire supprimer cette obligation lui incombant (relire ici).

Le ministère de l'Intérieur a beau avoir à sa tête un des membres du gouvernement les plus populaires, Manuel Valls, c'est à se demander, parfois, s'il est géré.

24/03/2014

Une progression, ici aussi

Elections municipales, ParisLe Front national a progressé à Paris y compris, hier: au premier tour des élections municipales. Certes, le parti frontiste a réalisé dans la capitale, comme le veut la tradition électorale, des scores infiniment moindres que dans le reste du pays. Et, bien sûr, il n'a nullement confirmé ces quelques sondages ineptes qui, pendant la campagne, l'avaient vu dépasser les 10% des voix, voire lui avaient promis de devenir le troisième parti de Paris. Mais tout de même, avec quelque 6% des suffrages, le FN a doublé son résultat parisien par rapport aux élections municipales de 2008 (3%).

Comme c'était prévisible, le parti de Marine Le Pen a réalisé ses meilleurs scores parisiens dans les arrondissements les moins aisés, ceux du Nord de la ville: le 18e (6,8%), le 19e (7,9%) et le 20e (7,5%). Mais il a aussi réussi à percer dans des arrondissements de classe moyenne (comme le 13e: 7,5%), ainsi que dans le Paris «bobo» (6,8% dans le 12e).

Et les quartiers les plus chics de la «Ville lumière» ont également, et pas marginalement, voté Le Pen. Ainsi, les listes FN ont recueilli 6% tant dans le 16e arrondissement que dans le 7e (celui de l'ex-ministre Rachida Dati).

21/03/2014

Un signe patent d'agitation

Huit. On les a comptés: il y a huit points d'exclamation, dans la tribune au vitriol – au bazooka, même – que Nicolas Sarkozy publie ce matin, dans «Le Figaro». Ce fameux texte où il compare les procédés des magistrats l'ayant mis sur écoutes (dans le cadre des enquêtes judiciaires le concernant) aux agissements de la Stasi: la sinistre police politique de l'ex-Allemagne de l'Est.

Passons vite sur cette analogie, tant elle est excessive. Et indigne envers les victimes de la Stasi. Cette comparaison à l'emporte-pièce ne fait sans doute que traduire l'état de confusion et d'agitation du signataire du texte.

Un texte qui donc, sur ses quelques milliers de caractères, comprend huit points d'exclamation. Un signe de ponctuation qui, auparavant, n'était pas du tout fréquent, dans le langage écrit des hommes politiques. Ceux-ci, pour paraître posés et sereins, responsables donc, ont toujours privilégié l'assertion à l'exclamation. Les seuls à faire exception à cette règle implicite, ce sont les partis d'extrême droite et d'extrême gauche: leurs communiqués, par nature vindicatifs, ont toujours regorgé de points d'exclamation. Depuis un petit temps maintenant, l'UMP sarkozyste y a aussi un ample recours, dans sa communication. Vendredi, donc, son mentor a montré qu'il était parfaitement au diapason de cette évolution stylistique. Au risque que cela soit pris par le lecteur comme révélateur surtout du fait que, décidément, l'intéressé n'a pas changé: il peine toujours autant à se tempérer.

C'était Laurent Fabius, croit-on se souvenir, qui, lors d'une campagne présidentielle, avait dit cela, concernant Nicolas Sarkozy: «Avant de vouloir présider, il faut se présider». Par son texte, et rien que sur la forme – sans même s'occuper de son fond –, le peut-être futur candidat de la droite à la présidentielle de 2017 montre qu'en la matière, il a encore une marge de progression.

20/03/2014

Une «désinvolture outrancière»

radio,médias,humour,personnalités,internationalPuisqu'on parlait d'Europe1 hier, cette radio vient d'être sèchement rappelée à l'ordre par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). En cause, son humoriste et imitateur star: Nicolas Canteloup.

Début février, dans sa chronique quotidienne matinale «La revue de presque», avait été évoqué le génocide au Rwanda, en 1994. Le CSA a considéré que dans ce cadre, et malgré «la visée humoristique de cette émission», «certains propos ont été marqués par une désinvolture outrancière telle qu’elle pouvait être perçue comme une complaisance à l’égard d’un génocide». Le Conseil est donc «intervenu fermement» auprès de la chaîne, pour lui faire connaître sa désapprobation. Il l'a également sommée «de prendre toutes les mesures nécessaires afin que cette séquence ne soit plus mise à disposition du public sur l’ensemble de ses services, notamment sur son site internet».

Cela nous a peut-être échappé, mais on n'a pas constaté que la radio avait très amplement diffusé cette nouvelle, sur ses ondes.

C'est la deuxième fois consécutive (relire ) qu'un média français se fait sermonner pour une évocation supposément comique d'une tragédie ayant fait 800.000 morts.