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28/02/2006

Un spectacle un peu laborieux

On espère que, si elle décroche la mairie de Paris en 2008, Françoise de Panafieu gèrera un peu mieux la Ville que sa communication. Ce matin, en effet, sa première grande conférence de presse de candidate investie par l'UMP était un peu laborieuse.
Moche quartier, alors que Montorgueil ou Arts et Métiers n'étaient qu'à deux pas. Moche brasserie: faux vieux, fausses dorures, fausses patines, fausses plantes, faux Art déco, seul son nom ("La Ville de Paris") importait manifestement. Mauvaise organisation: cinquante journalistes, caméramen et photographes confinés comme des volailles dans un espace de 10m2, obligés donc de grimper sur les tables et de s'escalader les uns, les autres. Et la télé du bistrot dont on a oublié de demander de couper le son. Et un miroir en guise de décor, comme ça le spectacle reflété de la cohue distraira bien le téléspectateur des propos tenus.
Surtout, des images qui ne trompent bas. L'ex-maire Jean Tiberi rayonnant d'être traité avec tous les égards par celle qui, il y a cinq ans, l'avait rebaptisé "le nain de jardin". Pierre Lellouche l'ambitieux, dissimulant mal son sourire en coin sardonique de faiseur de roi. Claude Goasguen assurant se ranger sans état d'âme ni contraintes, ni remords aux côtés de sa grande rivale, quitte à lui sacrifier demain son poste de chef de file UMP au Conseil de Paris et donc, sans doute, de briser net sa carrière.
Et des poignées de mains, des embrassades, des sourires, des yeux mouillés, des professions de foi d'union et d'amitié un peu trop visiblement ostensibles.
"Quelque chose d'inéluctable est en train de se dire et de se passer autour de cette table", assurait, le port altier, celle qui se voit déjà déloger Bertrand Delanoë. Il y a encore du travail, pensait-on, au vu de toutes les imperfections du spectacle.
B.DL.

Un machisme effarant

"France Soir" est un journal en voie de disparition, et donc a priori, rien que par principe, un titre à protéger. Mais le ton de ce quotidien populaire est décidément pénible.
On en a encore l'illustration ce mardi matin, avec le dossier intitulé "Ces femmes, c'est de la dynamite", consacré aux femmes politiques que l'opinion "plébiscite" mais dont "les familles politiques se méfient": Ségolène Royal et Françoise de Panafieu singulièrement. Ce prétendu hommage rendu aux "bandidas" et autres "amazones" de la politique suinte en fait un machisme et un sexisme rances.
Parlerait-t-on d'un François Hollande, d'un Nicolas Sarkozy, d'un Bertrand Delanoë, d'un Jack Lang ou d'un Philippe Douste-Blazy, insisterait-on aussi lourdement sur leur apparence "bourgeoise jusqu'au bout des ongles", relèverait-on leur "look psychorigide", dénigrerait-on leurs vêtements "un peu plucheux, un peu mémère (une sous marque?)", regretterait-on leur "frange coiffée comme deux rideaux"?
Roselyne Bachelot, jadis, avait bien raison de déplorer que l'on s'intéresse plus à la couleur de ses robes qu'à ses propos. Cette gauloiserie française est insupportable.
B.DL.

10:20 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Actualités

27/02/2006

Un souvenir

Ce lundi au Palais de Justice de Paris, s'ouvre le procès de l'islamiste Rachid Ramda, le financier présumé de la campagne d'attentats parisiens du GIA algérien, en 1995. Cette vague d'attentats avait fait une dizaine de morts et près de 200 blessés. Elle avait eu pour cadre les transports en commun de la capitale, métro et RER, mais aussi la voie publique.
Ainsi, le 3 septembre 1995, une bouteille de gaz avait explosé Boulevard Richard Lenoir, dans le onzième arrondissement, à deux pas de l'immeuble occupé aujourd'hui par "La Libre". L'attentat avait été conçu pour tuer: la bouteille avait été remplie de mitraille et de clous et avait été dissimulée sous un étal d'un marché très fréquenté. Heureusement, on n'avait déploré à l'époque qu'une poignée de blessés.
On pense encore souvent à cette sauvagerie le dimanche matin, en arpentant les allées bondées, vivantes et colorées de ce marché.
B.DL.

10:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris

24/02/2006

Un nom idiot

Un saut à la rédaction de Bruxelles. Le Thalys donc, pour la 3000ème fois ou presque.
Et, avant même d'embarquer, la certitude de se hérisser lorsqu'on entendra -- en quatre langues différentes chaque fois, évidemment -- , que le "Moving bar" va ouvrir, que le "Moving bar" est ouvert, que le "Moving bar" attend notre visite, que le "Moving bar" va fermer dans dix minutes, que le "Moving bar" est fermé, que le "Moving bar" se réjouit de nous revoir prochainement.
"Moving bar", qui plus est prononcé "Moooooving baaaaaar" en insistant bien: on a rarement vu appellation commerciale aussi idiote. Combien le créatif (?) qui a imaginé cela a-t-il donc été payé par la SNCF?
B.DL.

23/02/2006

Une pensée

C'était ce midi sur le Pont des Arts, le plus beau de Paris -- mais aujourd'hui franchement gris. Une bonne centaine de militants et de passants se répartissent des cornets en papier remplis de milliers de pétales de rose multicolores. Dans la foule, des t-shirts avec un nom, un visage: "Ingrid". Et ces mots: "No más secuestros! Libérez-les! Libérez-la!"
Une forêt de micros et de caméras. Des écharpes tricolores en nombre. Jack Lang, Françoise de Panafieu, Claude Goasguen ou Marek Halter. "Tant qu'il y a quelques télévisions, quelques personnalités, quelques journalistes, ces personnes-là sont protégées", explique l'écrivain. Un bateau des "Vedettes du Pont neuf" approche, vide. Il passe et repasse sous le pont en faisant hurler longuement une sirène stridente. Sur son toit, une banderole: "Des preuves de vie, maintenant!"
Les pétales sont lancés dans la Seine. "Quatre ans, c'est trop, trop, trop longtemps", murmure Mélanie Betancourt, la voix nouée. "On ne se bat pas que pour maman. On se bat pour les 5000 otages qui sont emprisonnés dans la jungle" de Colombie, ajoute son jeune frère.
La voix claire de l'adolescent s'éteint. Des applaudissements. Puis le silence. Une dernière fois, la sirène du bateau pousse son sinistre gémissement. Des gens fondent en larmes. D'autres se prennent dans les bras.
B.DL.

Un courrier

Au courrier ce matin, un billet d'avion électronique Air France Paris-Los Angeles, avec numéro de vol, carte d'embarquement, poids maximum des bagages autorisés, et tout et tout.
On se dit qu'après quinze ans de carrière, on a enfin trouvé un aimable donateur/bienfaiteur/mécène parmi tous nos lecteurs. On se réjouit déjà à l'idée d'aller jouer les sirènes à la plage: Malibu, Santa Barbara et Pacific Palisades en plein hiver, finalement il y a pire.
Et puis, on décrypte, en tout petit, "This does not constitute a document of carriage/Ceci ne constitue pas un titre de transport". Hum, ce n'est que l'invitation au vernissage de presse de la prochaine grande exposition du Centre Pompidou, baptisée "Los Angeles 1955-1985".
En guise de vacances au soleil, on se contentera donc des créations de David Hockney, Bill Viola ou John Baldessari et des projets fous du bureau d'archi Morphosis. On se dit que c'est déjà bien.
B.DL.

22/02/2006

Un vent de fronde

“ Ne laissons pas saboter la télévision régionale ”. La pétition lancée par blablasurla3.free.fr a été signée par plus de 5.600 personnes: des élus, des professionnels de la télé… et des téléspectateurs indignés par la suppression de la seconde tranche d’info régionale de l’actuel “12-14”, remplacée par le “Midi Pile” dès lundi prochain. Même les marins brestois se sont manifestés!
France 3 réorganise ses journaux de la mi-journée autour d’une unique tranche d’infos régionales lancée à 12 heures, suivie d’une tranche consacrée à l’info nationale et internationale à 12h30, présentée par Jean-Sébastien Fernandes. Mais la grogne en régions (France 3 Ouest et France 3 Nord-Pas-de-Calais-Picardie en tête) ne faiblit pas.
Difficile d’admettre que l’info laisse place à 13 heures à deux divertissements, entre autres pour ne plus faire de l’ombre au JT d’Elise Lucet…
C. G.

Un réveil un peu tardif

Le ministre de l'Outre-Mer, François Baroin, débarque donc ce mercredi matin à l'île de la Réunion, pour une visite de deux jours. Quelque 300 militaires et 6 tonnes de fret acheminés par le ministère de la Défense l'ont précédé la veille.
Ce n'est pas trop tôt. Selon la presse locale, l'épidémie du Chikungunya a déjà causé la mort de 70 personnes. D'après les estimations les plus minimales, plus de 110.000 Réunionnais sont touchés par le virus, soit 15 pc de la population totale de l'île.
Si donc on transposait cette épidémie à l'échelle de la métropole, 9 millions de Français en seraient atteints. Sûr que, dans ce cas, on en parlerait un peu plus.
B.DL.

21/02/2006

Un débat si parisien

"Aimez-vous Brahms?", demandait Françoise Sagan, il y a longtemps. "Aimez-vous Ingres?", interrogera l'honnête Parisien, jusqu'à la fin du printemps.
Mercredi, en effet, s'ouvre au Louvre la grande rétrospective consacrée au père du célèbre violon, qui figure d'ailleurs en bonne place dans l'exposition. Une rétrospective qui fera l'événement: on n'a plus vu Ingres à Paris depuis près de quarante ans.
Delacroix ou Ingres? C'est l'opposition majeure, la rivalité historique. On l'avoue: on a toujours été très Delacroix. On l'aime tant que, depuis des années, chaque fois que l'on passe devant l'église Saint-Sulpice, même si on les a déjà vues mille fois, on va admirer ses fresques si puissantes. En revanche, on n'a jamais été très Ingres, qu'on a toujours réduit à un monsieur un peu ennuyeux, à l'académisme un brin poussiéreux. L'occasion était donc belle, mardi après-midi, d'aller remettre en question toutes ses fières certitudes et de réessayer Ingres. D'autant que, dans le catalogue de ladite exposition, un docte professeur trouvait Delacroix "vulgaire" dans ses "artifices dramatiques évidents".
A l'issue du vernissage, cependant, on persistait et on signait. Même si "La Grande baigneuse" évidemment, "La femme nue dormant" aussi, et l'un ou l'autre très beau dessin effectivement, avaient de quoi séduire. Sous la Grande Pyramide, bondée comme il se doit, le débat se poursuivait. Ingres ou Delacroix? Delacroix ou Ingres? On discutait de tous côtés, on argumentait à tout rompre, et déjà on s'admonestait.
Cela va durer comme ça jusqu'à l'été. Cela changera des couloirs de bus et de la pénurie de crèches.
B.DL.

Une redoutable sobriété

Après un ultime meeting au Cirque d'hiver hier soir, s'ouvre ce mardi matin la procédure de désignation par les militants de l'UMP du candidat de ce parti pour les prochaines élections municipales à Paris, en 2008. La députée Françoise de Panafieu fait figure de favorite pour remporter ces primaires. Précédemment, elle s'était fait connaître comme "jupette" -- le surnom donné aux femmes ministres exclues sans ménagement du gouvernement Juppé (1995-1997)-- puis comme adepte du patin à roulettes.
L'emportera-t-elle face à ses concurrents puis face à l'ultra-populaire Bertrand Delanoë? Rien n'est moins sûr. Mais ce qui est certain, c'est que, le cas échéant, elle ne pourra pas arroser dignement sa victoire.
Bertrand Delanoë, en effet, pour souligner lourdement combien lui ne se disperse pas en frais de bouche et autres agapes, s'apprête à mettre en vente la prestigieuse cave à vin patiemment constituée sous les mandats de ses prédécesseurs Jacques Chirac et Jean Tiberi. Quelque 6.000 bouteilles, essentiellement de très grands crus français, seront ainsi mises sur le marché. Les grands argentiers de la Ville espèrent retirer de cette vente une recette de 500.000 euros.
C'était de loin la nouvelle la plus rafraîchissante entendue ce matin.
B.DL.

11:15 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris

20/02/2006

Un conseil d'ami

Avis aux touristes belges de passage ici aujourd'hui, qu'ils soient piétons ou conducteurs: les automobilistes parisiens risquent d'être encore plus teigneux que d'habitude.
D'abord, parce que c'est ce lundi que prennent fin les congés scolaires pour la zone de Paris. Après quinze jours de relative accalmie donc, les embouteillages sont de retour dans la capitale. Ensuite, parce que c'est aujourd'hui aussi qu'entre en vigueur une décision controversée prise récemment par le Conseil régional d'Île-de-France: l'augmentation de 39 pc du montant de la carte grise; un "coup de bambou", hurle le lobby automobile.
La droite parisienne, qui se choisit ces jours-ci son candidat pour les municipales de 2008, pourra au moins compter sur les voix des automobilistes. C'est déjà cela.
B.DL.

12:05 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris

19/02/2006

Une indélicatesse

Depuis ce week-end donc, la France est devenue le sixième pays d'Europe touché par l'épizootie de grippe aviaire. Pour le premier producteur et exportateur de volailles d'Europe, c'est une très mauvaise nouvelle économique. C'est potentiellement aussi une source de préoccupation pour l'opinion.
Le gouvernement Villepin a donc décidé samedi de mettre en place un numéro de téléphone où les professionnels et le grand public peuvent venir chercher des conseils et de l'information. Bien. Mais il ne s'agit pas d'un numéro vert gratuit. C'est un numéro indigo, payant donc, surfacturé même: à 12 centimes d'euros la minute.
Les aviculteurs angoissés à l'idée de se retrouver sur la paille, les promeneurs désorientés par la découverte d'un oiseau mort, les consommateurs de poulets inquiets, les citadins entourés en permanence de nuées de pigeons apprécieront sans nul doute cette pingrerie.
B.DL.

15:35 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Actualités

17/02/2006

Un amateurisme ruineux

On le supposait dans un article l'autre jour: l'épopée rocambolesque de l'ex-porte-avions "Clémenceau" n'a pas seulement nui à l'image internationale de la France et de son Président: elle va aussi coûter un argent fou. Quelques centaines de milliers d'euros, avait-on avancé. On était largement en-dessous de la réalité.
D'après les chiffres qui circulaient vendredi, le gouvernement évaluerait à présent à un million d'euros la facture totale de ce fiasco politico-maritime. L'opposition multiplie ce chiffre par deux. Et les associations par 5 ou 7.
En tous les cas, ce sera de trop.
B.DL.

Un tournage à l'abri

Pas de chance. Pour une fois qu’une série télévisée d’été décide de poser ses caméras ailleurs que sur la Côte d’Azur ou en Bretagne, voilà qu’un bug s’en mêle.
En tournage à La Réunion, l’équipe des “ Yeux du volcan ” prend, depuis la fin janvier, toutes les précautions nécessaires pour repousser le fameux moustique responsable du Chinkungunya. “Ils ont le moral, personne n’est malade ! On continue ”, nous assurait vendredi soir l’attachée de presse du projet, à France 2.
Il est vrai que le tournage se passe à l’Ouest de l’île, côté le moins humide, donc le moins exposé. Que les plateaux sont démoustiqués tous les deux jours. Et que des litres de répulsif ont été mis à disposition des comédiens et des techniciens.
Presque un détail, quand on dispose d’un budget de 8 millions d’euros.
C. G.

Une question

C'est le ministre de la Santé Xavier Bertrand qui vient de donner le chiffre, et il a claqué comme une gifle assénée au petit matin. Depuis son arrivée dans l'océan Indien l'an dernier, le virus du Chinkungunya a touché 110.000 personnes dans l'île de la Réunion.
Rien que depuis janvier 2006, cette maladie virale transmise par les moustiques, qui provoque des douleurs articulaires et musculaires invalidantes et pénibles, a frappé 100.000 Réunionnais. Aujourd'hui, la maladie progresse au rythme de 22.000 à 23.000 nouveaux cas par semaine.
Nul besoin d'en rajouter, face à un tel fiasco sanitaire. Juste une question, évidente mais que, bizarrement, on n'a que peu ou pas entendu poser. Aurait-on géré l'affaire avec autant de légèreté si elle avait eu pour cadre non un caillou volcanique situé à des milliers de kilomètres de Paris, mais n'importe quel département métropolitain?
L'Hexagone, décidément, a un problème avec son outre-mer.
B.DL.

10:35 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actualités

16/02/2006

Un voisin

Il est jeune, 20 ou 25 ans à peine. Pas mal, mais des yeux exagérément cernés, une mauvaise mine et un regard prématurément vieilli.
Avec sa doudoune bleue, il est seul, taiseux, immobile, forcément sombre sur son bout de trottoir. Depuis quelques semaines, il habite au pied du bureau de "La Libre", dans une tente de camping que lui a prêtée Médecins du Monde, qu'il a plantée en bas de l'immeuble.
On ne lui a jamais parlé, ni même trop regardé. Chaque fois qu'on le croise, ce midi encore, on n'en est pas forcément fier. Mais on ne sait vraiment pas que dire ni faire.
La misère à Paris est chaque hiver plus effarante. Et la gauche de Bertrand Delanoë, pourtant au pouvoir depuis mars 2001 déjà, n'y a strictement rien changé.
B.DL.

Un ton curieux

On aime bien d'habitude l'interview d'Elkabbach sur Europe 1, au saut du lit le matin: son ton incisif, son air de vieux routier de l'info auquel on ne la fait pas, son timbre de voix si caricatural. Mais là, ce jeudi matin, cela n'allait pas.
L'invité du jour était Alvaro Gil-Roblès, l'auteur d'un rapport assassin sur le système carcéral et judiciaire français. Un rapport tellement accablant que, s'il avait été publié dans n'importe quel autre pays, il aurait suscité une véritable tempête. Et non, comme ici, quelques vaguelettes entre deux résultats français à Turin et trois ronds dans l'eau du "Clémenceau".
"Vous n'êtes resté que quelques jours en France?", "A partir des sept prisons que vous avez visitées, vous pensez vraiment pouvoir généraliser?", "Vous n'avez donc que la France dans le collimateur?" En quelques questions, sans s'attaquer au fond, Elkabbach a montré tout le scepticisme que lui inspire le rapport du commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe. Puis, comme pour faire oublier les carences hexagonales, a zappé sur la situation carcérale dans d'autres pays et sur Abou Ghraïb. Avant de remercier Gil-Roblès pour ses "conseils" à la France. Par la magie de la radio, le réquisitoire venait donc de se transformer en conseil. Le petit-déjeûner s'en trouvait évidemment beaucoup plus consensuel.
La veille au soir déjà, sur le 19-20 de France 3, le ministre de la Justice Pascal Clément avait péniblement levé les yeux au ciel quand il s'était vu rappeler par Audrey Pulvar que plusieurs condamnés à la perpétuité viennent de réclamer de pouvoir bénéficier de la peine de mort. "Moi, je ne plaisante pas avec cela", s'était irrité en substance le Garde des Sceaux. "Mais ces prisonniers non plus!", avait rétorqué son interlocutrice. Le ministre avait esquivé. Et s'était bien gardé de répéter cette phrase terrible qu'il a dite lui-même il y a quelques semaines: "Certaines prisons sont quasi-invisitables tellement on a honte" (Il s'agit de l') "un des points les plus douloureux de la démocratie française".
B.DL.

10:45 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : journalisme

15/02/2006

Un bug inquiétant

Le secret médical en France est une institution, un dogme qu'on ne transgresse jamais, même dans des circonstances exceptionnelles. On en a encore eu l'illustration lors des hospitalisations à Paris des Présidents palestinien puis algérien Arafat et Bouteflika, qui ont donné du fil à retordre aux médecins militaires et donné lieu à des communiqués d'une rare opacité.
Ce secret d'habitude si bien gardé, cependant, ne pèse pas lourd face à une autre grande spécificité hexagonale: la lourdeur de sa gigantesque machinerie bureaucratique et ses récurrentes failles informatiques.
C'est "Le Canard Enchaîné" qui l'a révélé ce mercredi matin, et l'information a stupéfié le pays entier. Jusqu'à dimanche dernier, à cause d'un bug, les dossiers médicaux censés confidentiels des particuliers repris dans une base web de l'assurance maladie ont été en libre accès, consultables donc par le tout internaute venant. "Le Canard" a ainsi pu constater que ni le Président Chirac, ni le ministre de l'intérieur Sarkozy n'avaient encore, comme l'impose pourtant une récente réforme de l'assurance maladie, choisi de médecin traitant. Philippe Douste-Blazy lui-même, père de ladite réforme lorsqu'il était à la Santé, ne s'est pas toujours pas conformé à cette obligation.
Le bug, depuis, a été réparé: les dossiers médicaux des citoyens et des huiles sont retournés à la confidentialité qu'ils n'auraient jamais dû quitter.
Jusqu'au prochain accroc?
B.DL.

11:30 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journalisme

14/02/2006

Un homme fatigué

Une centaine de journalistes, des dizaines de caméramen et de photographes, une effervescence digne des grands jours: c'est un sportif qui a fait l'actualité médiatique ce matin à Paris. Un ancien sportif, en fait: l'ex-joueur de l'Olympique de Marseille et champion d'Europe Jean-Jacques Eydelie, qui sort mercredi un livre controversé dans lequel il règle ses comptes avec l'ancien patron de l'OM, Bernard Tapie.
Aujourd'hui au RMI, Jean-Jacques Eydelie est visiblement un homme fatigué. La calme assurance qu'il s'est efforcée d'afficher dans son affrontement d'1h30 avec la meute de journalistes a mal dissimulé son regard épuisé et sa voix lasse. Sans doute encore déçu de sa prestation chez Fogiel dimanche, l'ancien joueur de l'OM a refusé toutes les interviews après sa conférence de presse.
Son éditeur, le sourire aux lèvres, a reconnu que l'"effervescence médiatique" régnant depuis quelques semaines autour de l'ouvrage avait permis de porter son tirage à 30. 000 exemplaires. Une affaire d'argent, que ces confessions à retardement? Les deux co-auteurs du livre ont reçu 27.000 euros d'à-valoir, a-t-on appris mardi. Mais il n'est pas exclu qu'une bonne partie de cette somme s'envole en condamnations pour diffamation. Mardi matin déjà, Eydelie avait à ses côtés une avocate du barreau de Paris spécialisée en droit de l'image et des médias.
"Ce n'est pas une question d'argent", a assuré l'ex-champion d'Europe. Qui assure avoir écrit son livre dans le seul but d'être en paix avec lui-même et dit n'avoir à présent qu'un seul objectif: trouver un travail dans l'univers du ballon rond.
Pas sûr que toute l'agitation autour de ses Mémoires y contribuera.
B.DL.

13/02/2006

Un accent si typique

La directive Bolkestein revient donc, cette semaine. Et la France d'à nouveau s'enflammer, comme lors du référendum sur la Constitution européenne l'an dernier.
Mais on ne peut que le constater: en un an, nos chers Français n'ont guère fait de progrès en langues étrangères. A l'époque, Elisabeth Guigou, plus drôle que jamais, avait très sérieusement expliqué à ses compatriotes que le nom de l'ex-commissaire européen devait se prononcer "Bolkestine" . On a pu le relever sur toutes les radios ce lundi matin: c'est toujours cette hilarante prononciation qui a droit de cité ici.
L'an dernier à Paris, devant la presse étrangère, l'intéressé s'était beaucoup amusé des lacunes linguistiques hexagonales. Et, l'air de rien, la bouche en coeur, avait dit sa préférence de voir son patronyme plutôt prononcé à la façon d'Einstein.
B.DL.