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31/03/2006

Une blonde

Allez, un peu de légèreté en cette fin de pénible semaine. En plus, cela tombe bien, ce sera l'événement-chanson à Paris ce week-end.
Elle est jeune. Elle a un humour grinçant, une voix puissante et un sacré sens de l'autodérision. Elle a fait des études de théâtre et de piano, a accompagné Maurane et a chanté avec Arno. Son premier album, qui sortira début mai, a été produit par Luc Besson. Avant même la sortie de ce disque, elle fait salle comble en ce moment, et jusqu'à samedi soir, à la salle de concerts "L'Européen", place de Clichy. Elle s'appelle Zoé, et c'est la nouvelle coqueluche belge de Paris.
Elle est blonde et Belge, donc. Ce qui lui vaut à chaque interview des questions pleines d'une infinie compassion de nos chers confrères parisiens. L'autre jour encore, dans le "FigaroScope": "Blonde et belge, c'est dur à vivre au quotidien?" Zoé: "On ne peut pas être prétentieux d'être Belge! Les moules et les frites, ce n'est pas le foie gras du Périgord. Notre symbole, c'est quand même un petit bonhomme qui fait pipi". Et un coup de griffe pour conclure: "Je trouve que c'est une grande qualité d'être capable de se moquer de soi. Brel le faisait très bien. Marianne Faithfull disait: "Les Français n'ont pas d'humour, ils ont de l'ironie".
B.DL.

30/03/2006

Un oubli

Une actualité chasse l'autre. En journalisme, c'est la règle du jeu. Cela fait quinze ans qu'on le sait et qu'on le gère assez bien, au quotidien. Ce matin tout de même, en allant au bureau, on avait quelques états d'âme. On passait alors devant le 71, boulevard Beaumarchais: devant "Evenphone" précisément, une petite boutique de téléphonie mobile comme on en trouve des centaines dans le onzième arrondissement (*).
Sur la vitrine, en lettres capitales, on lisait: "ILAN, ON NE T'OUBLIE PAS"- "FRERE". Et on revoyait la photo de ce jeune Juif parisien mort en février après avoir été retrouvé nu, agonisant, jeté comme un déchet le long d'une voie ferrée: il avait été enlevé puis, pendant des semaines, battu, insulté, humilié, torturé par quelques caïds de banlieue dérangés.
Dans les tumultes actuels de la crise, qui donc, hormis ses collègues de bureau, se soucie encore de ce qu'a pu être son calvaire?
B.DL.

(*)Mais le 71 bd Beaumarchais est effectivement situé dans le troisième, merci Benoît: le onzième, c'est de l'autre côté du boulevard.

29/03/2006

Un lendemain de veille

Un peu partout, le long des boulevards, des panneaux disant "Attention, travaux de dégraffitage", des agents de la ville de Paris affairés à tout nettoyer, des employés d'une grand entreprise de mobilier urbain au chevet de panneaux d'affichage. Des tags et des autocollants, par milliers: sur les murs, sur les trottoirs, sur les potelets, sur les panneaux de signalisation, sur les feux lumineux, sur les vitrines, sur les voitures, sur les cabines téléphoniques, partout. "Contrat Pour t'Entuber", "Contrat Poubelle Embauche", etc.
"Refroidi, Sarko!", lit-on sur la devanture d'un grand magasin de produits surgelés. Sur les murs de la Bourse du travail, une plaque commémorative à la mémoire d'un gamin de 20 ans mort en août 1944 pour la Libération de Paris: "Papon, lui, est vivant. Plein aux as et pète la santé. Infâme société". Plus loin, le gérant d'une boutique de téléphonie mobile contemple, effaré, sa vitrine fracassée et un slogan: "NIK LA POLIS!". Une boutique de lingerie et une brasserie ont été touchées, des magasins de sport et d'ameublement ont été épargnés. De nombreux commerces ont encore leurs rideaux baissés. Des cabines téléphoniques et des abribus ont été vandalisés. Au McDo, on s'active à enlever les grands panneaux de bois qui, pendant toute la journée, ont protégé les vitrines. "Ici, on chausse précarité", a-t-il été tagué sur un magasin de chaussures. "Capitalism kills", assure un pochoir montrant un homme le revolver pointé sur la tempe d'un autre. "Consommation=Alién", puis c'est interrompu: une grenade lacrymogène ou un canon à eau sans doute, ou une charge de CRS.
C'était ce matin à Paris, dans le quartier République: lieu d'arrivée hier soir de la gigantesque manifestation contre le Contrat première embauche.
B.DL.

28/03/2006

Une ville en bleu

"En raison d'un mouvement social, le trafic est perturbé sur l'ensemble du réseau", entendait-on toutes les trois minutes sur le quai du métro. Ce n'était pas vraiment le jour, on le savait bien, mais on n'avait pas le choix: on devait impérativement prendre les transports en commun ce matin, grande journée de grève contre le CPE ou pas.
On craignait le pire. Même si, dès hier soir, la RATP avait précisé sur son site web que cette entreprise "n'entre pas dans le champ d'application de la loi qui met en place les CPE" et "poursuit par ailleurs une politique dynamique de recrutement, de qualification et d'insertion de 2.000 jeunes par an".
On avait prévu large: dix minutes par station au lieu d'une minute en temps normal. On est arrivé très à l'avance au rendez-vous. Comme si toute la France laborieuse (sauf nous) avait préféré prendre congé plutôt que de galérer toute la journée, les rues de la capitale étaient vides et calmes comme un dimanche, les quais déserts, les trains pas encore trop retardés, les bus relativement efficaces, leurs usagers un peu cernés de s'être levés plus tôt que d'habitude mais encore tout étonnés de leur bonne fortune.
Et ce matin dans tout Paris, une couleur dominait: le bleu. Bleu des uniformes de CRS déjà déployés sur les boulevards, bleu des cars de gendarmes sur le qui-vive aux grands carrefours, bleu des gyrophares des dépanneuses enlevant par dizaines voitures, camions et même scooters.
Le ciel, une fois de plus, était incroyablement lumineux. Mais on apercevait au loin de gros nuages sombres s'amonceler. On se disait que, peut-être, la météo s'était mise aux couleurs du climat politique ambiant.
B.DL.

11:30 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Actualités

27/03/2006

Une découverte

On l’aime bien, le métro parisien. On l’a toujours aimé, depuis des années.
Ses foules grouillantes. Son bruit strident quand les trains attaquent joyeusement les tournants. Ses voûtes de briques émaillées. Ses noms de station si poétiques : «Bel Air», «Notre Dame des Champs», «Filles du Calvaire», «Château d’Eau» ou «Porte des Lilas», évidemment. Ses vues sublimes de la ville quand il franchit la Seine. Sa chaleur étouffante, même en plein hiver. Son odeur de gomme brûlée. Ses petites souris brunes qui se faufilent entre les rails. Ses grillons, même! De moins en moins nombreux cependant, a-t-on appris récemment. La loi interdisant de fumer dans les lieux publics les a privés de leur nourriture préférée: les mégots. On l’aime bien donc, le métro.
Mais un peu moins tout de même, ces derniers temps. Affublé de béquilles pour quelques semaines, on a découvert subitement la longueur interminable de ses couloirs, le nombre et la raideur de ses escaliers, l’agressivité sans-gêne de ses usagers toujours pressés. On le subit donc un peu, désormais, notre cher métro.
Mais on se réjouit déjà de le redécouvrir bientôt. Comme un vrai Parisien. A toutes jambes.
B.DL.

09:05 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Paris

24/03/2006

Un surnom

C'est évidemment un peu méchant. Mais, il faut bien le dire, vraiment excellent.
Depuis l'irrésistible ascension dans les sondages de sa présidentiable de compagne Ségolène Royal, François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste, aurait été rebaptisé par les services d'ordre de son parti. Le nom de code qui lui aurait été attribué est... "Cécilio". Pour mieux souligner sa position de prince consort. Et en référence ironique à Cécilia Sarkozy, l'ex du ministre de l'Intérieur du même nom.
A l'époque déjà, lors de voyages officiels effectués à l'étranger en compagnie de sa si ravissante et médiatique épouse, le Président Kennedy se présentait à ses interlocuteurs avec humour comme "l'homme qui accompagne Jackie".
Le parallèle ravira sans doute le patron de la rue de Solférino. Il s'en formalisera d'autant moins qu'il est connu pour avoir, en privé, un sens de l'humour perfide et décapant.
B.DL.

Une petite annonce

D’habitude, tout ce qui encombre notre boîte aux lettres -- publicités en pagaille, faux courriers, messages accrocheurs de gourous qui vous promettent de récupérer votre amour perdu, etc. -- finit illico au panier. Que de gaspillage de papier et d’énergie.
Ce matin, cependant, c’est autre chose. Un petit bandeau discret sur lequel il est écrit : "Réalisateur TV ayant du mal à boucler ses fins de mois propose TRAVAUX DE PEINTURE ET PAPIERS PEINTS. Travail sérieux et soigné".
Voilà qui contraste avec cette info de "Satellifax", la lettre quotidienne destinée aux professionnels des médias, selon laquelle les animateurs de la chaîne de télévision privée M6 Benjamin Castaldi et Laurent Boyer gagneraient chacun au moins 30.000 euros bruts par mois.
Ce qui représente des années de travail pour la majorité des Français. On ne vit vraiment pas dans le même monde.
C.G.

23/03/2006

Une mauvaise ambiance

Nouvelle journée de manifestation des étudiants et des lycéens contre le Contrat première embauche (CPE), ce jeudi. "Au début, l'ambiance était bon enfant. Mais maintenant, les manifestants sont de moins en moins sympas, voire carrément agressifs, envers les journalistes", s'était-on entendu dire par un confrère, l'autre jour. On ne l'avait pas trop cru.
Depuis, pourtant, on a lu que, rien qu'en quatre jours, cinq reporters du quotidien "Le Parisien" ont été rossés lors de manifestations ou de rassemblements anti-CPE. Parmi eux, deux jeunes femmes photographes jetées à terre et dépouillées de leur matériel, l'une d'elle traitée en plus de "pute" et de "salope". Charmant.
Cet automne déjà, lors de la crise des banlieues, des journalistes avaient été sciemment pris à partie par des casseurs. Des équipes de certaines chaînes de télévision françaises avaient notamment passé un mauvais quart d'heure après avoir été traitées de "télés Sarkozy" par les émeutiers -- mais là, c'était peut-être un peu moins gratuit.
En France donc, par ces temps chauds, le journalisme de terrain semble redevenu une école quotidienne d'humilité, de modestie et de remise en question permanente. Sur la manière, c'est détestable. Mais sur le fond, c'est assez sain.
B.DL.

22/03/2006

Un baiser

medium_touche1.jpgUn dessin, et en l'occurrence ici une photo, vaut parfois mieux qu'un long discours. A fortiori quand il s'agit d'un des clichés les plus célèbres pris à Paris, dont la vente publique il y a peu a d'ailleurs affolé les enchères.
A l'occasion de la Journée internationale de lutte contre le racisme mardi, SOS Racisme a décidé de reprendre "Le baiser de l'Hôtel de ville" de Robert Doisneau en y faisant figurer des couples mixtes. Pour l'association, "ces couples qui s’aiment en dépit de la violence et du communautarisme" sont "l’emblème de la France métissée" et ''un magnifique symbole pour tous les antiracistes". La campagne d'affichage rappelera que "pendant que certains attisent les haines, une partie de notre pays s’aime et avance malgré les préjugés". Elle se déclinera à partir de ce mercredi sur les façades de la mairie puis sur les panneaux publicitaires dans toute la capitale.
Si l'on en croit le rapport annuel 2005 de la Commission nationale des droits de l'homme, qui a été remis mardi au Premier ministre Villepin, un Français sur trois se considère comme raciste. Un chiffre en progression de 8 pc par rapport à 2004.
B.DL.

09:45 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris

21/03/2006

Un appel à l'aide

Reçu au courrier ce matin un mail d'"appel à l'aide" émouvant. Il émane de Français du bout du monde, qui n'en peuvent plus de n'être "pas entendus". Le message a été envoyé précisément par "750 habitants dont 200 enfants et 100 adultes fragiles, répartis sur 10 îlets situés de 300 à 1200 mètres d’altitude, cernés par des falaises de plus de 2000 mètres, pour la majorité à 4 à 6 heures de marche des routes carrossables".
Ce sont les habitants de Mafate, cirque volcanique sublime --on y a longuement randonné -- de l'île de La Réunion, dans l'Océan indien, à 9.000 kilomètres de Paris. "Nous avons des sujets vulnérables à protéger. Nous avons besoin de vous", crient les habitants de Mafate (www.sosmafate.blogspot.com ). Dans ce cirque, "92 patients victimes du Chikungunya ont été recensés à ce jour, à un rythme actuel de cinq nouveaux patients environ par semaine".
Suit une question: "Combien de drames, d’invalidité, de séquelles faudra-t-il pour être écoutés?"
Selon les derniers chiffres officiels, l'on recense 212.000 cas de Chikungunya à La Réunion, soit plus d'un insulaire sur quatre. L'épidémie y a déjà fait 148 morts.
B.DL.

20/03/2006

Une citation

"Le pouvoir doute, le citoyen s'inquiète et l'autorité faiblit quand la rue devient le lieu d'expression de toutes les contestations. La crainte de la contagion, du dérapage, l'emporte pour paralyser toute initiative. La hantise du pourrissement et de l'irréversible amène les gouvernements à céder. L'épreuve de force tourne presque toujours en faveur des manifestants, parce qu'ils sont le bruit, l'image, le nombre visible, la couleur et la vie contre le silence gris des conseillers et des courtisans.
Jeux de rôles, jeux sans paroles, jeux de symboles, coûteux et stériles, qui appellent d'autres jeux, nourrissent insatisfaction et frustration, entre celui qui crie et celui qui n'entend plus, entre ceux qui croient savoir et ceux qui ne voient pas, ne parlent pas, faute de terrain d'entente, faute de témoins de confiance.
Un pouvoir qui écoute doit, une fois la décision prise, s'efforcer de ne point reculer s'il est persuadé d'oeuvrer pour le bien commun".


Dominique de Villepin, in "Le cri de la gargouille", Editions Albin Michel, 2002.
B.DL.

18/03/2006

Une sacrée imagination

CPE?
"Contrat Première Emmerde"
"Contrat Précarité Emploi"
"Contrat Poubelle Embauche"
"Chômage Pour nos Enfants"
"Contrat Pour t’Entuber"
"Contrat Précarité Exclusion"
"Chômeur Précaire Ejectable"
"Contrat Porteur d’Ennuis"
"Capitalisme Patronat Exploitation"
"Citrons Pressés Essorés"
"Chômage, Précarité, Etudiants"
"C’est Pour mieux Exploiter mon Enfant"
"Crever Pour Eux"

Vu à la manifestation contre le Contrat Première Embauche, ce samedi à Paris.
C.G.

17/03/2006

Un double glissement

Contraste saisissant, hier soir. D’un côté, politiques, syndicalistes, étudiants, lycéens et employeurs qui, à la télé, débattent sur «Comment sortir de la crise?» du CPE -- le ministre de l’Education et un leader étudiant se traitant mutuellement de menteurs. De l’autre côté, au même moment, des manifestants et des CRS qui ne débattent pas mais se battent, carrément. Et une France qui, sur le terrain, s’enlise de plus en plus profondément, de plus en plus visiblement, dans ladite crise.
Librairie saccagée, vitrines de restaurants et de commerces brisées, violentes échauffourées, jets de fumigènes et de cocktails molotov, gaz lacrymogène et canons à eau contre pavés et huées, voitures brûlées, centaines de personnes interpellées : les touristes et riverains du Quartier latin suivaient le spectacle nocturne d’un regard médusé. Et quelques heures plus tôt, de violents incidents déjà avaient éclaté à Rennes, Toulouse ou Montpellier.
Un deuxième glissement est survenu jeudi soir. D’heure en heure, à mesure que les casseurs, les groupuscules et les extrémistes prenaient le pas sur les étudiants, les déclinaisons plus ou moins inspirées du CPE («Contrat première emmerde», «Contrat patronal esclavagiste», «Contrat précarité énervée», etc.) cédaient la place à des slogans nettement plus chauds, genre «Sarko, salaud, le peuple aura ta peau».
L’intéressé, piqué au vif, annonçait derechef sa descente sur le terrain. On se demandait alors où, quand et comment tout cela allait s’arrêter.
B.DL.

16/03/2006

Une coïncidence malheureuse

Depuis ce jeudi matin, a pris fin la période dite de "trêve hivernale" pendant laquelle, chaque année, du 1er novembre au 15 mars, aucune expulsion locative forcée ne peut intervenir, notamment du fait de loyers impayés. C’est une mauvaise nouvelle pour les quelque 3,2 millions de personnes qui, en France, à en croire la Fondation Abbé Pierre, connaissent "une problématique forte de mal-logement».
Environ 140.000 jugements sont prononcés chaque année dans l’Hexagone pour régler les litiges entre locataires et propriétaires, dont un tiers pour la seule région parisienne et une grosse partie pour la capitale. Où, d'après les chiffres officiels, 100.000 personnes attendent un logement social.
C’est cette période qu’a choisie l’Union nationale de la propriété immobilière, qui revendique 200.000 adhérents propriétaires, pour, mercredi, proposer un nouveau titre de contrat de location, dit "contrat à l’essai". Ce contrat, ostensiblement inspiré par le fameux Contrat nouvelle embauche (CPE) qui déchaîne les jeunes, donne la possibilité au propriétaire de casser un bail à l’issue de chaque année et donc de mettre à la rue les locataires à tout moment, en dépit de cette trêve hivernale.
Que des petits propriétaires, pas spécialement fortunés, aient besoin pour vivre du paiement de leurs loyers, nul n’en disconvient. Qu’il puisse y avoir des locataires de mauvaise foi qui utilisent toutes les arcanes de la loi pour ne pas honorer leurs obligations, c’est probable. Mais que ces deux actualités se téléscopent le même jour a tout de même quelque chose de dérangeant.
B.DL.

15/03/2006

Une idée

C’est une idée qui fait son chemin à Paris. A première vue, elle peut paraître franchement anecdotique, voire un peu lourdement symbolique. Mais dans un pays lanterne rouge européenne de la parité -- moins de 15 pc des parlementaires sont des femmes --, on se dit qu’elle ne peut pas faire de mal. Et si l’on donnait des noms de femmes aux futures stations du métro et du tramway parisiens ? Sur les quelque 300 stations actuelles, une seule -- une seule! -- est dédiée à une femme (Louise Michel).
Parmi les noms déjà envisagés : Françoise Sagan, Camille Claudel, Edith Piaf, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Sarah Bernhardt, Marie Curie et Françoise Dolto. Pas mal. Et pourquoi pas George Sand, Arletty, Elsa Triolet, Charlotte Perriand, Colette, Coco Chanel, Niki de Saint-Phalle ou Miss Tic?
Ne restera plus ensuite qu'à modifier les noms de rues. Seules quatre avenues parisiennes portent des noms de femmes. Et sur les 4000 rues de la capitale, à peine une centaine leur rend hommage.
Des noms de femmes, oui. Et puis des noms de blacks, de beurs, de handicapés et de gays. Au 22ème siècle?
B.DL.

09:50 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris

14/03/2006

Une décision difficile

Stéphane Paoli, l’animateur vedette de la tranche matinale d’info sur France Inter, l’a annoncé ce matin: après des années d’ouverture large et indifférenciée, l’antenne de la radio publique sera désormais contrôlée lors de l’émission Radiocom, qui, via le célèbre numéro de téléphone 01 45 24 7000, donne aux auditeurs l’opportunité de s’exprimer sur des sujets d’actualité et de poser des questions aux invités.
A plusieurs reprises ces derniers mois, l’antenne de France Inter avait été monopolisée par des auditeurs profitant de cet espace d’expression pour porter des discours de revendication ou pour mettre directement en cause la déontologie de l’animateur de l’émission, se référant notamment à sa pratique des "ménages" : ces prestations rémunérées d’animation faites en dehors des heures de travail. Lundi matin encore, l’intervention intempestive d’un auditeur avait mis Stéphane Paoli dans l’embarras et motivé l’envoi dans la journée de centaines de mails de soutien à l’animateur.
Désormais donc, les "interventions de contournement" et autres "détournements d’antenne" des auditeurs de Radiocom seront systématiquement et immédiatement coupés. Cette mesure de "censure" est justifiée par le souci de la radio de service public de "faire en sorte que cette antenne reste ouverte à tous" et ne soit plus monopolisée d’autorité par quelques-uns.
Soit. Les prises en otage d’antenne radio effectivement, tout comme les envahissements de plateaux d’émissions de télévision -- vendredi dernier encore, lors de "Thalassa" sur France 3 -- tendent à se multiplier. Sans doute fallait-il y réagir. Mais, sans pour autant tomber dans la complaisance, l’on pourrait peut-être aussi, à long terme plus utilement, s’interroger sur les raisons profondes de ces manifestations, sur le besoin de prise de parole publique qu’elles révèlent, et donc sur les carences qu’elles soulignent, relatives notamment aux programmes radio-télévisés de débat et de médiation, aussi peu ouverts au commun des mortels que très formatés.
B.DL.

13/03/2006

Une séquence culte

«Vous n’avez pas honte d’exister?», hurle Jean Gabin à des cafetiers dans «La traversée de Paris» de Claude Autant-Lara. Appuyé au zinc, il balance un verre de rouge droit devant lui et encourage Bourvil à en faire autant. A leurs pieds, quatre valises remplies de viande de porc destinée au marché noir. Intense jubilation.
Revoir cette séquence, comme d’autres, célèbres, ayant pour cadre un bistrot parisien. Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain dans «Rien sur Robert» de Pascal Bonitzer, Emmanuelle Devos et Romain Duris dans «De battre mon cœur s’est arrêté» de Jacques Audiard, Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil dans «Un cœur en hiver» de Claude Sautet… Tout se joue autour d’un café, d’un coup de rouge. Anonymes parmi les anonymes. Paroles isolées au milieu d’un brouhaha familier. Longs regards. Sentiments violents.
L’expo «Paris au cinéma», à l’Hôtel de Ville (salle Saint-Jean, métro Hôtel de Ville) jusqu’au 30 juin, offre ce montage thématique sur écran géant, ainsi que cinq autres consacrés aux toits de Paris, aux amoureux, aux Parisiennes, aux poursuites ou à la Tour Eiffel.
Une belle promenade aussi dans l’histoire du cinéma: de la lanterne magique des frères Lumière au polar animé en 3D de Christian Volckman.
Et en plus, c’est gratuit!
C.G.

12/03/2006

Une ville, la nuit

Dans la boîte mail ce matin, un message de Madrid : «J'ai reçu cette photo... c'est beau Paris tout de même!». On ouvre le fichier attaché: http://framboise781.free.fr/Paris.htm, en se disant qu’on le savait déjà que c’était beau, en se demandant ce qu’on pourrait encore bien découvrir.
Ladite photo s’affiche. Le choc : les toits de zinc, les lumières, l’ange de la Bastille, la Seine, la ville. On fait défiler le curseur, on tombe à la renverse: rarement avait-on vu panoramique aussi réussi. On recommence, plusieurs fois de suite. On est subjugué.
On se demande si après cela, il est encore nécessaire de bloguer au quotidien sur la chance de vivre et de travailler dans cette ville.
B.DL.
(Photo: Arnaud Frich - http://www.arnaudfrichphoto.com)

10/03/2006

Un âge limite?

En surfant sur les pages télé de Yahoo, on vient de tomber sur cette annonce de casting pour le moins curieuse: "Société de production recherche pour son nouveau jeu une animatrice. Profil: entre 18 et 33 ans. Une jolie voix. Un physique agréable. Naturellement positive et souriante. L'anglais et la connaissance du sport est un plus. Peu ou pas d'expérience accepté."
Que la jeune femme qui désire se jeter dans l'arène du divertissement cathodique doive attendre 18 ans, on peut encore le comprendre. Mais qu'au-delà de 33 ans, elle doive dire adieu à tous ses rêves en la matière... voilà qui nous laisse songeuse.
Après 33 ans, c'est bien connu, les rides apparaissent en une nuit, la colonne vertébrale commence à se tasser, et toute chance de ressembler aux poupées de magazine s'effondre. Quand au sourire naturel... ouf: il nous reste encore quelques mois pour oser l'afficher. Devant pareille inanité.
C.G.

09/03/2006

Une ville formidable

On l’a déjà dit 10.000 fois au moins: à tous ceux -- touristes de passage ici, notamment -- qui pensent que Paris est une ville impitoyable, immense et impersonnelle. Non, Paris est une ville formidable, humaine, attachante, solidaire et conviviale. On se l'est encore dit hier soir en découvrant, Paris Peuplade, une initiative lancée en novembre dernier dans le 17ème arrondissement et qui, depuis, s’est répandue comme une traînée de poudre dans toute la capitale.
Le concept? "Peuplade se donne pour mission d’offrir aux habitants d'un même territoire l’envie et les moyens de vivre ensemble dans un esprit d’ouverture, de liberté, de responsabilité et de justice". En clair? Elle encourage les habitants à concevoir et à lancer, via le web, "des actions de vie sociale": de la promenade à rollers à la rencontre des jeunes mamans du quartier, en passant par un coup de main pour un déménagement ou une soirée jeux de société. "Un rendez-vous pour faire la fête, rencontrer ses pairs, réunir une équipe autour d'un projet, improviser une rencontre collective au coin de la rue... tout est possible, et s'effectue en quelques clics".
Des tas de peuplades ont déjà vu le jour à Paris : les peuplades des musiciens des Epinettes, des informaticiens de Montparnasse, des mères au foyer de la Place de Clichy, des joggers du parc Monceau, des DVD-philes de la Porte d'Orléans, des chanteurs lyriques de l'est parisien, des Bellevillois solidaires, des papis et des mamies du canal de l'Ourcq, des insomniaques du XVIème, etc.
Régulièrement, des "rendez-vous de la peuplade" sont organisés dans un lieu public du quartier : un café, un parc, une piscine, etc. "A ce rendez-vous, on fait ce qu'on veut, on invite qui on veut, on accueille celui qui vient, qu'il fasse partie de la peuplade ou non. La soirée peut avoir un thème ou pas, proposer une activité ou laisser place aux rencontres et aux discussions. L'essentiel est que le groupe soit ouvert, accueillant, et qu'il laisse les participants libres d'aller et de venir à leur gré. Les seuls mots d'ordre d'une peuplade sont : rassemblement, ouverture, indépendance et liberté" .
Epatant.
B.DL.

14:45 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris