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31/05/2006

Une fête

medium_immeuble_en_fte.jpgSelon les estimations qui circulaient ce matin, la «Fête des voisins» a réuni hier soir quelque 4,5 millions de locataires et de propriétaires dans l'ensemble du pays -- et 200,000 rien qu'à Paris. Cette opération, qui en était à sa septième édition, continue donc de bien marcher, malgré qu’il soit de bon ton de la dénigrer en la considérant comme un moment de fausse convivialité obligée.
Au bureau, pas plus que les années précédentes, on n’a eu le temps de passer au drink qui était organisé en fin de journée. Il faut dire qu'on n’avait pas vraiment l’équipement requis: la réception se déroulant dehors, il aurait fallu au moins, par ce temps, un bonnet et une écharpe. A la maison, ladite fête a été déplacée à dimanche, pour pouvoir durer tout l'après-midi. On va donc à nouveau descendre les tables et les chaises longues dans la cour, sortir les nappes à carreaux, apporter le gros rouge et les petits gâteaux.
Il y aura Marcelle, gardienne d'immeuble depuis plus de trente ans: une figure du quartier Bastille, que l'on croirait tout droit sortie du film "Chacun cherche son chat". Il y aura Sylvie, la comédienne, qui prendra des intonations à la Shakespeare pour convaincre les voisins que oui, décidément, ses fenêtres repeintes en bleu lavande donnent un cachet certain à la cour. Il y a aura Geoffroy, l'humanitaire toujours entre deux missions, bronzé toute l'année. Franca, l'experte en jardinage. Pierre, qui ne supporte pas les pots de plantes en plastique. Jane, la musicienne américaine. Et tous les autres.
Tout cela sera sans doute délicieusement mondain et un peu trop ostensiblement convivial. Selon un sondage paru mardi dans "Le Parisien", pour 58 pc des Français, le voisin idéal est celui... qu'on ne voit jamais et qui donc ne vous dérange pas. Et 40 pc des sondés répondent par la négative à la question de savoir si, depuis la canicule meurtrière de l'été 2003, ils sont plus attentifs à leurs voisins, notamment à leurs voisins âgés.
B.DL.

PS : Une opération de maintenance de BlogSpirit a empêché l’alimentation de «ParisLibre» mardi. Pendant toute la journée, on en a été quelque peu perturbé. Du coup, cette question: un blog doit-il être considéré comme un produit addictif ?

29/05/2006

Un climat "assez serein"

Après quatre jours de soleil et de grand bleu, retour à Paris donc, ce matin. Sous une météo de Toussaint. Et, avec ce retour à la réalité, l'actualité qui reprend ses droits: Michelin, Gergorin et autres Villepin.
Ce long week-end, tiens, on l'a notamment passé avec un copain qui bosse à Matignon. La dernière fois qu'on l'avait croisé, en pleine tempête sur le Contrat première embauche (CPE), le garçon -- cerné, livide, épuisé -- avait une mine à faire peur. Aujourd'hui, il est en pleine forme, malgré l'"affaire Clearstream".
"Sous le CPE, on a vraiment fait les cartons", a-t-il confié ce week-end. "L'ambiance était épouvantable. Chaque jour ou presque, le cabinet était traversé de rumeurs de démission. Villepin était terriblement à cran. Là, en revanche, cela se passe plutôt bien. On est en phase avec l'Elysée. Il n'a jamais été question de démission. Du coup, à Matignon, hormis quelques coups de gueule contre l'une ou l'autre fuite de presse ou déclaration de sarkozystes, on gère Clearstream assez sereinement".
Jusqu'à quand? "Sauf coup de théâtre judiciaire, on tiendra jusqu'en juillet, au minimum. Plus vraisemblablement jusqu'en septembre. Voire jusqu'à la fin de la législature, nul ne le sait". Les paris sont ouverts.
B.DL.

24/05/2006

Un air de vacances

Une ambiance un peu étrange, cette semaine à Paris. Les rues sont calmes, les métros moins bondés que d'habitude, les carrefours et grands boulevards moins bruyants de coups de klaxon. Au bureau de poste, à la caisse du supermarché ou au ciné, on fait moins la queue qu'avant. En pause-déjeuner, on a enfin toute la place en terrasse.
Au bureau, le téléphone sonne à peine, le courrier est tellement peu volumineux qu'on a le temps de le lire, la boîte mail ne déborde plus. L'actu ronronne. Les quotidiens sont maigrichons, les flashs radio paresseux, les 20 heures indolents. Même Dominique de Villepin a revêtu ses atours de chevalier blanc du patriotisme économique hexagonal, comme si de rien n'était, comme si le CPE ou "Clearstream" n'avaient jamais existé.
Depuis lundi donc, les Parisiens sont en vacances: ils ont largement anticipé le long pont de l'Ascension. On se décide à les imiter, et à partir ce soir à la plage. Quatre jours dans le fin fond méditerranéen de l'Hexagone, ne fût-ce que pour le plaisir de retrouver ensuite une capitale enfin redevenue vibrionnante à souhait.
On culpabilise un peu? Jacques Chirac lui-même a choisi le soleil du Brésil. Il est bien, finalement, ce Président.
B.DL.

23/05/2006

Un quartier en émoi

Les gens ne parlent que de cela ce matin, dans le quartier. Hier en fin d'après-midi, à vingt mètres à peine des bureaux de "La Libre", dans ce quartier Popincourt du onzième arrondissement depuis longtemps investi par la communauté chinoise, une fusillade a éclaté dans un salon de thé, "La Lanterne Rouge". C'était comme au cinéma. Les deux tireurs présumés ont pris la fuite en sautant par la fenêtre du premier étage, un client est sorti du salon de thé en se tenant le ventre puis s'est écroulé et est mort sur le trottoir. Les pompiers ont dû soigner des blessés à même la rue.
Le fait divers suscite évidemment toutes les rumeurs dans le voisinage. On parle de règlements de comptes internes à la mafia chinoise, de tentative de racket, de salon de thé qui cacherait en fait une salle de jeux clandestine, etc. Le ton général des commentaires n'est pas spécialement compatissant. Cela donne, résumé par le libraire du coin ce matin: "Un Chinois en moins par ici, on ne va pas en pleurer, hein? On aime bien les Chinois, mais en Chine".
Les comités de quartier et la mairie elle-même trouvent ces immigrés beaucoup trop envahissants et pas du tout intégrés. Ils sont très dynamiques, en tout cas. Comme c'est déjà le cas à Belleville ou dans le treizième arrondissement avec les commerces d'alimentation ou les restaurants, dans des portions entières des rues Sedaine, du Chemin Vert ou Folie-Méricourt, on ne voit plus désormais que des boutiques de grossistes de textile aux devantures garnies d'idéogrammes. Les commerces de proximité ont bien failli disparaître du quartier, rachetés les uns après les autres à prix d'or par ces nouveaux arrivés. A toute heure de la journée, quand on se promène dans ces rues, les autocuiseurs exhalent des odeurs de riz parfumées. Et l'on voit en permanence des Asiatiques de tous côtés s'affairer, souvent très jeunes: ahaner en poussant de lourdes charrettes, rentrer des sacs énormes débordant de vêtements, s'interpeller et négocier en pleine rue, se jouer des embouteillages, enchaîner les livraisons sans répit.
Ces gens, visiblement, bossent comme des fous. C'est peut-être aussi un peu pour cela qu'ils dérangent, par ici.
B.DL.

10:30 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Paris

22/05/2006

Un livre

Le général Rondot a donc été emmené manu militari -- quatre policiers pour ce seul frêle septuagénaire -- au pôle financier du Palais de justice de Paris pour y être entendu comme témoin dans l’ «affaire Clearstream».
L’as du renseignement l’avait fait annoncer ce week-end par son entourage: dans son sac, il a glissé une bouteille d’eau, un casse-croûte et… un livre, qu’il entend lire devant ses juges, auxquels il refuse d’adresser la parole tant qu’ils ne lui auront pas octroyé le statut de témoin assisté.
Le général a du goût : «Les sept piliers de la sagesse», de Thomas E. Lawrence (1888-1935), est un grand classique de la littérature anglaise du XXème siècle. Il a aussi de la cohérence dans ses choix littéraires. C’est en effet le récit autobiographique du fameux officier et agent secret Lawrence d’Arabie, qui conduisit la révolte arabe contre les Ottomans pendant la première guerre mondiale et fut incarné à l’écran par Peter O’Toole dans le célèbre film de David Lean.
Le bras de fer entre les juges de «Clearstream» et l’as du renseignement français risque, toutefois, d’être interminable. On vient de le vérifier dans la bibliothèque : «Les sept piliers» compte… plus de 950 pages.
B.DL.

19/05/2006

Un slogan

Les médias français découvrent que Nicolas Sarkozy peut être détesté. Ces vingt-quatre dernières heures, ils ont passé et repassé en boucle les images et les sons du ministre de l'Intérieur copieusement chahuté au Mali, où il assure en ce moment le service après-vente/après-vote de sa fameuse loi sur l'"immigration choisie". Et ces médias, avec un effarement un peu benoît, d'insister sur le slogan qui fut le plus scandé hier à Bamako: "Sarkozy, raciste!".
On s'en est souvenu ce matin: en fait, on l'avait déjà entendu auparavant, ce slogan. C'était à la fin de l'été dernier à Paris, à l'issue de la série noire d'incendies d'hôtels miteux qui coûta la vie à une cinquantaine d'étrangers. A l'époque, l'étoile Sarkozy brillait au firmament des sondages. C'était avant le karcher, la racaille et les banlieues, avant l'irrésistible ascension de Ségolène Royal, avant le tumulte du CPE, avant la descente aux enfers de la droite et l'atmosphère de fin de règne de l'"affaire Clearstream". Nicolas Sarkozy avait commenté de manière laconique le bilan catastrophique de ces incendies, le mettant sur le compte d'une politique migratoire trop laxiste.
C'était un samedi après-midi. On se trouvait à la Goutte d'Or, un quartier parisien dit difficile, où aboutit et s'entasse tout le flot des précarisés, mal logés et étrangers de la capitale. Soudain, au détour d'une rue, avait surgi une manifestation contre le mal-logement et la précarité. Et un slogan, d'une rare violence, avait fusé: "Sarkozy, raciste! Sarkozy, assassin!".
Dans un premier temps, la foule grouillante et bigarrée des riverains s'était saisie, comme médusée d'entendre un tel slogan, qui plus est lancé par de jeunes militants majoritairement blancs. Très vite, cependant, elle avait rejoint le cortège, l'avait salué de salves nourries d'applaudissements et avait repris rageusement l'invective. On avait alors vu des centaines de femmes, d'hommes, de vieux, d'enfants la scander d'une seule voix. Dans les petites ruelles encaissées, bondées et léprosées, on n'avait plus entendu que cela. Le tumulte était assourdissant. Même les habitants restés chez eux avaient accouru à leurs fenêtres pour participer au lynchage et crier leur haine envers le ministre de l'Intérieur.
On s'était dit alors qu'il y avait vraiment un décalage entre une opinion publique globale présentée comme ayant succombé à la "Sarkomania" et le sentiment dominant dans certains quartiers. On avait convenu que ledit présidentiable n'avait guère à s'en soucier, l'écrasante majorité des habitants de la Goutte d'Or n'étant pas autorisés à voter. Et on avait remarqué qu'à l'époque, de ce slogan, les médias français n'avaient nullement parlé.
Les temps changent, donc. Un peu.
B.DL.

10:40 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Actualités

18/05/2006

Une belle mise en scène

"Le corbeau nous dit tout". C'est la "Une " du "Le Parisien" ce matin. Le quotidien a décroché un entretien "capital" avec Jean-Louis Gergorin, dans lequel l'ex-dirigeant d'EADS avoue ce que tout le monde savait déjà: qu'il a été le "corbeau" de l'"affaire Clearstream" . Enfin, un des "corbeaux", celui qui a balancé à la justice les faux listings de comptes bancaires oui, mais des listings qui ne contenaient nulle trace de Nicolas Sarkozy -- on n'est jamais trop prudent dans l'aveu.
Le journal vend très bien l'info. En manchette, il publie une photo (genre photo volée de pararazzi) de son journaliste et de l'industriel en train de converser sur un banc du Jardin du Luxembourg. En intérieur, après le surtitre en gras "EXCLUSIF", il décrit Jean-Louis Gergorin comme "un homme traqué", qui "craint pour sa sécurité". Explique que ce proche de Dominique de Villepin "est suivi en permanence par une équipe discrète d'au moins quatre personnes. Equipés d'oreillette et de micros dans les manches, ces enquêteurs en civil, munis de casques de moto pour les filatures dans Paris, ne le lâchent pas d'une semelle".
Le "corbeau", comme tous les autres protagonistes du feuilleton, ne se sent pas moins une victime: "Cette affaire me hante, me ronge. Depuis dix-huit mois, je cherche moi-même à comprendre si j'ai été manipulé". Et le journal d'en rajouter: "Menaces de mort, opérations de déstabilisation, poison du KGB, pénétrations informatiques secrètes, l'univers de Jean-Louis Gergorin ressemble à un véritable polar".
C'est si cinématographie comme journalisme que cela cadre très bien avec l'autre actualité majeure (et concurrente, donc) de la semaine: l'ouverture du Festival de Cannes. Et qu'on pourrait vraiment en faire un film, de cette si romanesque "affaire Clearstream". Des projets en ce sens existent d'ailleurs déjà, a-t-on entendu l'autre jour à la radio. Mais le film, plus que la justice, dira-t-il la vérité?
B.DL.

17/05/2006

Une vision

L'événement à Paris, aujourd'hui, c'est le foot: le match de finale de la Ligue des champions, au Stade de France. On ne sera pas fâché quand les supporters seront rentrés chez eux.
Hier soir, dans le métro, on les a beaucoup vus, les fans d'Arsenal. Canettes de bière à la main, ils braillaient, s'apostrophaient en hurlant, juraient tous les trois mots, rotaient, s'amusaient à bousculer les voyageurs, à les empêcher d'entrer et de sortir, à les inquiéter en les prenant à partie dans un sabir incompréhensible.
Le spectacle était pénible. Ce n'était même pas la confrontation, qui aurait pu être drôle, entre les bons bourgeois de Paris et la plèbe des footeux. Ce n'était que l'exhibition stérile d'une vulgarité primaire et animale, qui profite de la force donnée par le groupe et l'alcool.
A la station Saint-Michel, un des lascars -- le meneur, visiblement-- avise une ado mignonne sur le quai et lui lance des oeillades lourdement appuyées. En réponse, la jeune fille a le bon goût d'esquisser un pâle sourire. Quand les portes du train bondé se referment en la laissant sur le quai, le colosse (crâne rasé, tatouages criards, cou de taureau, biceps comme des cuisses) soulève son tee-shirt, exhibe son bide gras et velu, le lui montre en le soupesant et en le secouant de ses paluches de mâle fier et échauffé.
Le train file, mais on a le temps d'apercevoir le visage médusé de la gamine. Des rires gras saluent l'exhibition. On est consterné par cette vision aussi sommaire de la masculinité.
B.DL.

10:23 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris

16/05/2006

Un emballement un peu intéressé

L'opinion reste très prudente dans le jugement qu'elle porte sur l'"affaire Clearstream". Selon un sondage rendu public lundi soir, 47% des Français souhaitent que Dominique de Villepin reste à Matignon, contre 46% le mois dernier.
Les journaux, pourtant, depuis des semaines, en font des tonnes sur le scandale. Jour après jour, ils multiplient les manchettes accrocheuses, mettent en scène les rebondissements, tirent à la ligne et meublent en l'absence de faits nouveaux, se rengorgent d'éditoriaux véhéments et donneurs de leçons. Se hasardent même à des comparaisons audacieuses. Ainsi, c'est rien moins qu'au "Watergate" qu'a été comparé ce "Dallas" à la française. Qui paraît certes en dire long sur les moeurs en vigueur au ranch de Matignon, pas trop éloignées de celles de Southfork. Mais est tout de même encore très obscur et tortueux pour qu'on puisse en déduire d'emblée et sans crainte de se tromper qui, vraiment, a voulu tuer JR Sarkozy (*).
Outre le caractère rocambolesque et romanesque de l'affaire, une raison explique peut-être cet emballement médiatique. Selon les résultats d'une étude dont les résultats ont été rendus publics ce matin, ces dernières semaines, les ventes des quotidiens nationaux ont bondi de 25% les jours où ils ont consacré leurs Unes à ce scandale.
B.DL.

(*) Poursuivant dans cette analogie, on verrait assez bien, au risque de paraître un peu discourtois, Jacques et Bernadette Chirac dans les rôles de Jock et Ellie Ewing, les patriarches. Dominique de Villepin ne serait pas mal en Cliff Barnes, le héros que le téléspectateur rangeait dans le camp des gentils mais qui pourrait bien être un méchant. On ne sait si Michèle Alliot-Marie ferait une bonne Pamela. On est sûr, en revanche, que le peu ténébreux Patrick Ollier serait avantageusement remplacé par Alain Madelin, lui aussi faussement dénoncé par le corbeau, dans la peau de Bobby. Et Sue Ellen, la femme de JR? On a bien une idée, mais on ne l'explicitera pas, sous peine de tomber dans le ragot people et sexiste ou de risquer le procès en diffamation.

10:35 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : journalisme

15/05/2006

Une inflation

On connaissait déjà la "sarkomania", les "sarkozystes", les "sarkophiles", les "sarko-compatibles" et les "sarkophobes". Il faut désormais compter avec les "sarkophages". Comme anthropophages: les hommes politiques qui donc se nourrissent quotidiennement de chair sarkozienne, si l'on a bien compris Brice Hortefeux, le créateur dimanche de ce énième néologisme forgé sur le patronyme de l'omniprésent patron de l'UMP.
Au train où vont les choses, on nous infligera sans doute bientôt les "sarkologues" (les experts en dialectique sarkozyste), les "sarkogéniques" (comme télégéniques: ceux qui passent bien en Sarkozie), voire les "sarkogynes" (comme androgynes: ceux qui, selon le moment, sont sarkophiles ou sarkophobes).
En attendant, la personnalisation aussi poussée du débat politique hexagonal donne des discours du type de celui tenu à la radio ce matin par Jean-Louis Debré. En substance: "Vous savez bien que je ne suis pas spécialement sarkophile, mais je ne suis pas non plus sarkophobe, et la création du terme sarkophage par Brice Hortefeux a été à peu près le seul moment un peu drôle de son intervention dimanche".
Le président de l'Assemblée nationale semblait tellement étourdi par la vacuité programmatique d'un tel propos qu'il s'est séparé de son interlocuteur --qu'il avait qualifié précédemment de "Mon pauvre Monsieur" -- par un "Merci, bonsoir!". C'était un peu funky: il n'était tout de même que 8h30 du matin, à peine.
B.DL.

10:31 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Actualités

12/05/2006

«Une petite révélation»

«Le Monde», l’autre jour, l’avait donné Premier ministrable. A l’en croire, il allait revenir à Paris, reprendre les choses en mains et sauver cette décidément si désastreuse fin de quinquennat de son cher Jacques Chirac, qu’il a déjà tant servi, avec un dévouement filial qui frisa l’abnégation. Et qui, par juges interposés, lui coûta sa fin de carrière. Mais voilà: l’intéressé, vendredi, a courtoisement et joliment décliné la proposition.
On parle d’Alain Juppé, évidemment. Dans «Le Monde 2» de ce week-end, l’ancien Premier ministre (1995-1997) paraît ne pas être enchanté par la perspective de replonger jusqu’au cou dans le marigot impitoyable d’une basse politique hystérisée par la proximité des échéances électorales.
Depuis son «retrait» canadien aujourd’hui, l’homme hier si «droit dans ses bottes», si raide jusqu'à sembler inhumain, si acharné au travail, si technocratement parisien, fait savoir qu’il a redécouvert les vertus d'une vie normale: «Aller conduire les filles le matin à l'école, les entendre chanter en chemin, être là quand elles rentrent le soir et même les aider à faire leur devoir… C'est une petite révélation et c'est un bonheur».
Pour le coup, c’est même une grande révélation. Ou une belle opération de communication.
B.DL.

11/05/2006

Un tee-shirt

Mardi soir en meeting à Nîmes, Nicolas Sarkozy a vraiment lancé sa campagne pour les élections présidentielles, ont analysé maints commentateurs, qui ont accueilli souvent de manière dithyrambique son discours. "Un discours présidentiel, un discours manifeste, un discours de très haut niveau, un discours, honnêtement, comme on aimerait bien en entendre de temps en temps, dans tous les partis politiques, dans une période comme celle-là", s'est ainsi enflammé, l'autre jour à la radio, malgré l'heure matinale, l'omniprésent Alain Duhamel.
Sur la toile, en tout cas, on n'a pas attendu mardi soir pour se lancer dans la campagne présidentielle. Les anti-sarkozystes, singulièrement, se mobilisent sur le web. Témoin, le site du Réseau "Réformistes et Solidaires", qui vend des tee-shirts "ANTI SARKO". De small à extra-large , il y en a pour toutes les tailles et ils coûtent 8€50. Les hommes ont droit à l'assez moche coupe "plutôt large" et les femmes au "coton moulant" a priori plus sympa -- on en connaît quelques-un(e)s qui hurleraient au sexisme.
Le forum consacré à cette initiative donne lieu à des débats musclés entre "parasites gauchos" et "mecs de droite machiavéliques". Cela ne vole pas toujours bien haut. Quand par exemple, en guise de critique politique, le patron de l'UMP est traité de "vermine", se voit reprocher son physique de "nain aux grandes oreilles" ou rappeler ses origines hongroises. Les sarkozystes, évidemment, s'arrangent pour inonder et parasiter ledit forum. Un facétieux internaute rebaptisé "Tonton Nicolas", notamment, y réclame "un tee-shirt mais avec écrit "AVEC SARKO" et en dessous U-M-P.org en XL si possible".
En 2007, la guerre des tee-shirts dans les métros? Les "Anti Sarko" contre les "Ségolène, je t'aime", les "Jospin, reviens!" et les "Besancenot, trop beau"? Cela ferait au moins quelques belles images pour les télés.
B.DL.

10:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actualités

10/05/2006

Un symbole

Les membres du collectif "Devoir de mémoire" ont lancé à leur façon la commémoration, ce mercredi en France, de l'abolition de l'esclavage. Dans la nuit de mardi à mercredi, ils ont mené une action symbolique à l'Assemblée nationale.
Leur cible? La statue de Colbert qui trône devant l'édifice symbolisant la démocratie. Le rappeur Joey Starr, le leader trotskiste Olivier Besancenot et quelques autres militants ont recouvert symboliquement cette statue d'un grand drap noir pour rappeler que ledit Colbert, si célébré dans l'Hexagone, avait été aussi un esclavagiste patenté puisqu'il est le père du Code noir.
Les membres du collectif ont été rapidement maîtrisés par les gardes républicains, puis conduits au commissariat pour un contrôle d'identité. Mercredi matin, ils n'en ont pas moins dénoncé "le fait que ce Monsieur, auteur d'un Code monstrueux, trône devant la Maison du peuple".
Ce n'est pas la première fois que des activistes s'en prennent à un monument symbolique. Il y a plusieurs années déjà, une remuante association de lutte contre le sida habituée des actions aux scénographies spectaculaires s'était attaquée rien moins qu'à l'immense statue représentant la République, érigée sur la place du même nom à Paris.
En plein jour, à la stupéfaction des badauds, les militants, équipés de matériel d'alpinisme, étaient montés à l'assaut du colossal monument, flanqué à ses pieds des statues allégoriques de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité. Parvenus au sommet de la statue, il l'avait affublée d'une grande banderole rose rappelant l'écharpe tricolore arborée par les maires. Sur la banderole, un seul mot en lettres capitales: SEROPOSITIVE.
B.DL.

10:15 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Actualités

09/05/2006

Une vie dans un décor

L’autre soir, en se baladant non loin de Pigalle, on est tombé sur un petit attroupement. Quelques spots, un camion régie et une assistante de plateau qui demande gentiment aux passants de bien vouloir attendre que la scène se termine. La scène? Elle se déroule autour d’une table, dans un petit resto italien. On n’en saura pas davantage, si ce n’est que ce tournage qui démarre n’est autre que celui de «L’Etat de grâce», une série de 6 x 52 minutes qui sera diffusée dans quelques mois sur France 2. A noter: à un an des élections présidentielles, le sujet de cette série ne sera pas anodin. L’héroïne, incarnée par Anne Consigny, est une femme qui vient d’être élue à la présidence de la République.
Le tournage d’un téléfilm, d’une série policière ou d’un long métrage est loin d’être un événement dans le quartier -- le cabaret «La nouvelle Eve», par exemple, est très souvent sollicité par les réalisateurs – comme d’ailleurs dans le reste de la capitale. Ce qui donne parfois aux Parisiens l’impression d’habiter dans un décor de cinéma.
Sur le site de la mairie de Paris, des cinéastes comme Cédric Klapisch, Bernardo Bertolucci ou Jean-Pierre Jeunet témoignent en vidéo de leur passion pour la Ville Lumière. Selon les statistiques, un film français sur deux se tourne à Paris, sans compter les productions étrangères et les centaines de courts métrages et de films d’écoles qui s’y installent.
Paris n’a donc jamais cessé de se mettre en scène, avec des retombées évidentes en termes d’emploi ou d’image.
C.G.

10:25 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris

07/05/2006

Un tract

8 mai donc, ce lundi. Encore un long week-end. Mais dans ce pays à nouveau en congé, certains vont descendre dans la rue pour crier.
Le cortège qui défilera à Paris a été baptisé «Marche des indigènes de la République». Sa revendication? «Egalité, justice, dignité pour nos anciens, nos parents, nos enfants». Ces dernières semaines, on a vu partout l’autocollant annonçant cette manifestation, sur la plupart des cabines téléphoniques de la capitale, notamment.
Et il en dit long. C’est la reproduction d’une carte d’identité. Non, prénom? «Indigène de la République». Date de naissance? «Le 17 mai 1802, rétablissement de l’esclavage par Napoléon Bonaparte». Signe particulier du titulaire de la carte? «Noir-e, arabe, musulman-e, discriminé-e, stigmatisé-e, média-bolisé-e». Signature? Une empreinte digitale. Photo? L’ombre d’un visage, barrée de lettres rouges en capitales: «RACAILLE».
Cette marche ouvrira la semaine lors de laquelle, mercredi, pour la première fois, se déroulera en France la Journée nationale de commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette journée se tiendra le 10 mai en référence au vote, le 10 mai 2001, de la loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. C’est une journée «à vivre avec solennité et allégresse», disait dimanche la députée et ex-candidate à la présidentielle Christiane Taubira, à l’origine de la loi de 2001.
Au vu de la tonalité du tract de la «Marche des indigènes», ce sentiment d’allégresse n’est pas partagé par tout le monde.
B.DL.

17:35 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actualités

05/05/2006

Un lâchage

Le silence n'a duré qu'une fraction de seconde. Mais dans l'hystérie habituelle de la tranche d'info matinale et vu le contexte ambiant, il semblait interminable. C'était Michel Roussin qui parlait à la radio ce matin. Michel Roussin, "Le gendarme de Chirac" comme il a été surnommé, et ainsi qu'il a titré son dernier bouquin. Gendarme de Chirac, parce que l'homme est effectivement ancien gendarme, ancien officier d'élite des renseignements, ancien ministre et surtout ancien directeur de cabinet et donc fidèle bras droit du locataire de l'Elysée lorsqu'il était à l'Hôtel de ville et à Matignon.
Pendant toute sa carrière, Michel Roussin a beaucoup protégé Jacques Chirac, jusqu'à se faire silencieusement lourdement condamner dans l'affaire des marchés publics de la Région Ile-de-France. Mais Chirac lui même a-t-il protégé son fidèle serviteur? Lui a-t-il "rendu la pareille"? C'était la question de ce matin. Un silence, donc. Puis cette phrase: "On ne peut pas dire cela". Et ces précisions, désabusées à souhait: "C'est peut-être une constante de la vie politique, qu'il faut prendre en compte quand on s'engage en politique. L'homme politique a sa voie: il continue. Vous, vous vous arrêtez et restez au bord du chemin". Nouvelle question: "Que vous reste-t-il de Jacques Chirac?". Réponse: "Le respect pour le Président et pour les institutions. Pour le reste, les relations se délitent. C'est vrai pour tous les hommes".
Dans la foulée, Michel Roussin en a profité pour balancer sur Dominique de Villepin. "Peut-être qu'on sort des règles habituelles de fonctionnement du service", a estimé cet ex-ponte de la DGSE en commentant les enquêtes sur "Clearstream" commandées par celui qui dirigeait alors le quai d'Orsay. Surtout, l'ex-gendarme a raconté une anecdote qui ne va que renforcer l'image de Villepin homme de cabinet noir. A la veille de sa mise en examen dans le scandale des HLM de Paris, Roussin se souvient d'avoir reçu un coup de téléphone de Dominique de Villepin. Ce dernier, alors secrétaire général de l'Elysée, l'invite à rencontrer dans les plus brefs délais un de ses amis, avocat. Le soir même, Roussin et l'avocat se retrouvent dans un restaurant de la place Saint-Sulpice. L'avocat lui tient ce discours: "On a des infos. Ca va être très chaud pour toi. Ce serait peut-être pas mal que tu prennes un peu de recul". Et de lui citer un certain nombre de pays exotiques où il pourrait confortablement prendre la fuite.
Après les bagarres, complots, manipulations et autres déstabilisations entre sarkozystes et chiraquiens, voilà donc les règlements de comptes entre ultra-chiraquiens. On n'a pas fini d'en voir.
B.DL.

04/05/2006

Un mauvais goût

Ce midi, lors de sa conférence de presse mensuelle à Matignon, Dominique de Villepin a sèchement, et justement, remis à sa place un confrère du "Monde". Ce dernier venait d'avoir le mauvais goût de lui rappeler, ainsi qu'à la meute de journalistes, que les documents sur l'"affaire Clearstream" relatifs au général Rondot publiés par ce journal étaient disponibles et téléchargeables sur le site web du Monde. Foudroyant son interlocuteur du regard, le Premier ministre lui a asséné qu'il n'était "pas correct" de faire ainsi la publicité d'une violation du secret de l'instruction.
Plus globalement, l'hôte de Matignon a jugé que le fait de livrer en pâture à l'opinion de nombreux documents (procès-verbaux d'audition, notes manuscrites personnelles, notes officielles, etc.) aux statuts très différents risquait de favoriser des "amalgames". Et de faire la leçon à son auditoire: "Ce risque, quand on veut faire son travail avec déontologie, est à prendre en compte". Visiblement remonté contre la presse -- mais d'un calme saisissant --, le chef du gouvernement a également invité les journalistes à avoir "des scrupules" sur le choix des mots qu'ils utilisent. Ainsi, et là pour le coup un peu teigneux, il a incendié le confrère du "Nouvel Observateur" qui l'interrogeait sur sa stratégie de "défense". "Je vous arrête tout de suite", l'a coupé le Premier ministre: "Je ne me défends pas: je dis la vérité de ce que j'ai vu".
Avant même son entame, la conférence de presse, évidemment très courue et complètement phagocytée par l"affaire Clearstream" (14 des 17 questions posées par les journalistes) a suscité quelques frayeurs parmi certains invités. D'habitude, en effet, dès leur arrivée à Matignon, les journalistes ont l'autorisation de gagner le petit salon du rez-de-chaussée réquisitionné pour l'occasion. Ce matin, en revanche, ils ont été longuement cantonnés dans une arrière-cour, puis militairement, et dans un silence de mort, alignés par les pandores sur le perron de l'hôtel de maître de la rue de Varenne.
"Bizarre", en ont immédiatement déduit certains confrères. "Mais qu'est-ce qui se passe?", s'interrogeaient d'autres. "Les tireurs d'élite sont sur les toits, prêts à tirer?", rigolait un troisième. Un léger vent de panique a soufflé: ladite scénographie étant habituellement réservée aux déclarations solennelles, l'hôte de Matignon allait-il donc, en guise de conférence de presse, lire un communiqué annonçant sa démission? Après quelques minutes, le suspense était levé, et la presse invitée à entrer. Certains visages se détendaient immédiatement. Sans doute moins par empathie envers le locataire de Matignon que par soulagement sur la quantité de travail et de stress de la journée.
B.DL.

14:55 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journalisme

Une cachette

On le lit dans le procès-verbal d'audition du général Rondot publié par "Le Monde" daté de ce jeudi. C'est évidemment une info à prendre avec des pincettes, puisqu'elle est issue d'un document non-authentifié, qui a fait l'objet d'une fuite (forcément intéressée, comme toute fuite) et qui relève de la violation du secret de l'instruction. Mais, vraie ou fausse, l'anecdote est trop cocasse.
Les juges enquêtant sur l"affaire Clearstream", qui fait trembler Dominique de Villepin, ont donc saisi une série de documents au domicile de l'as du renseignement français, qui réside en banlieue parisienne, à Meudon. Ils ont notamment trouvé ces documents possiblement compromettants dans un placard fermé par une porte blindée. Les magistrats ont dû faire appel à un serrurier pour faire ouvrir cette porte. Selon les déclarations d'audition qui lui sont prêtées, le haut gradé, bon prince, ne leur reproche même pas cette "mesure", qu'il dit comprendre "parfaitement, faute d'avoir pu répondre à votre appel à temps pour vous indiquer où se trouvait la clé de ladite porte".
Mais précisément, où donc était la clé de ce fameux placard blindé? Elle était "cachée dans le fer à repasser qui se trouvait sur une étagère en bois dans ma chambre", aurait répondu le général.
La clé donnant accès à des secrets d'Etat potentiels cachée dans un vulgaire et anonyme fer à repasser! Même 007, sans doute, n'y aurait pas pensé.
B.DL.

03/05/2006

Un bruissement d'ailes

En cette période printanière -- 24 degrés annoncés aujourd'hui à Paris! --, le petit monde de la télé est en ébullition. Bruissements d’ailes sur toutes les chaînes où se réorganisent les grilles pour l’éclosion de septembre. De ces mouvements incessants, quelques échos, encore lointains, nous parviennent.
Comme ce matin, cette info, sortie par «Le Parisien». La journaliste Laurence Ferrari, 38 ans, a annoncé mardi sa démission aux dirigeants de TF1. Cette décision n’est sans doute pas sans rapport avec l’arrivée prévue du journaliste Harry Roselmack pour assurer l’interim de PPDA au « 20 heures », fonction occupée jusque-là par Thomas Hugues, le mari de Laurence Ferrari.
Le souci, c’est que Laurence Ferrari jouait aussi les jokers de Claire Chazal. Elle sera donc probablement remplacée par une journaliste de l’édition matinale de LCI, Mélissa Theuriau, 28 ans. Réaction en chaîne: «Sept à huit», le magazine dominical de TF1 coprésenté par le couple, sera désormais présenté par Thomas Hugues seul. Mais on ne connaît pas encore l’avenir de «Vis ma vie», piloté par Laurence.
S’il pose un problème à TF1, le départ de la journaliste arrange en tout cas Canal+, qui comptait se débarrasser de Karl Zéro, devenu gênant depuis ses dérapages sur l’affaire Alègre-Baudis. «Le Vrai journal» disparaîtra donc à la rentrée, pour laisser place à une émission politique hebdomadaire présentée par Laurence Ferrari. A quelques mois de la présidentielle.
C. G.

02/05/2006

Un chiffre

47. Le nombre a été tracé au feutre sur un bout de carton collé sur l'abribus de la place de la Bastille. A ses côtés, sur les parois de verre, des articles de presse, des tracts, des slogans rageurs: «Risquer sa peau pour dénoncer la misère», «URGENCE», «Un homme meurt devant vous».
L’homme s'appelle Jean-Paul, surnommé «Clocheman». Depuis 47 jours, ce SDF, trente ans d’errance dans les rues de Paris, squatte l’abribus de la Bastille et y observe une grève de la faim, qu’il raconte, via ses amis et soutiens, sur son site internet. Pour obtenir un toit, pour «dénoncer l’indifférence de nos élus envers les sans-abri», pour obtenir des subventions en faveur d’un projet d’association baptisée «Bannissons l’exclusion».
Cette grève de la faim est beaucoup moins médiatisée que celle menée récemment à l’Assemblée nationale par le député centriste Jean Lassalle, pour protester contre un projet de déménagement d’une entreprise japonaise de sa circonscription du Béarn. Il a fallu que plus d’un mois s’écoule pour que les télés s’y intéressent. Il a fallu que les travailleurs sociaux se relayant aux côtés du vieux SDF s’alarment de son état de santé, jugé aujourd’hui dangereusement dégradé. Il a fallu que des personnalités médiatiques -- comme le philosophe Albert Jacquard, ce week-end --, se rendent à son chevet et cautionnent son combat contre l’exclusion.
Ce matin comme les jours précédents, la foule qui emplit à longueur de journées la place de la Bastille s’intéresse un peu à «Clocheman». Lit ses tracts. Discute de son sort. Jette un coup d’œil à l’infortuné gréviste, si faible à présent que son filet de voix en est devenu presque inaudible. Mais finalement s’en détourne assez vite, un peu gênée.
Et ravie semble-t-il de la diversion offerte par les quelques vaches de la «Cow Parade» qui paissent sur le parvis de l’Opéra.
B.DL.

08:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris