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30/06/2006

Un départ

Ambiance nostalgique et souriante la nuit dernière, sur France Inter. A minuit, une quinzaine de copains s’étaient réunis autour de Macha Béranger pour la toute dernière émission «Allô Macha»: Jean-Claude Brialy, Nicole Calfan, Raphaël Mezrahi… ou Paty, sa voyante, qui lui prédit en direct qu’elle monterait sur les planches et ferait de la télé! De quoi rassurer cette grande dame de la radio, qui se fait jeter après 29 ans de réconfort apporté aux paumés, aux esseulés.
Comme a dit Brialy, «ça ne gênait personne», pourtant, cette émission. Depuis l’annonce il y a trois semaines de son départ, Macha croule sous les messages de soutien de personnes anonymes ou non. Alain Delon fut le premier à avoir pris l’antenne pour manifester sa grogne, suivi de Patrick Sébastien, Laurent Ruquier, Michel Drucker…
Dans son dernier mot à ses auditeurs, Macha, «bien élevée», remercia le nouveau patron d’Inter, Frédéric Schlesinger, de lui avoir offert champagne et petits fours, et involontairement un «sondage du cœur». Et de l’égratigner au passage pour avoir disloqué cette «belle famille des sans sommeil». «Je ne vais pas vous dire adieu et au revoir», conclut-elle, parmi mille mercis et quelques sanglots difficilement contenus.
Quelques heures plus tôt, c’était Alain Rey, 77 ans, qui avait donné son «mot de la fin», éjecté lui de la tranche du 7-9 de France Inter à la rentrée. Chapeau bas à eux deux.
(C.G.)

29/06/2006

Une phrase

"S'il apparaissait que je suis le mieux placé pour rassembler les socialistes, pour rassembler la gauche, pour rassembler le pays, pour assumer la charge de l'Etat, exercer la fonction présidentielle dans la situation difficile de la France aujourd'hui, et bien sûr pour proposer aux Français des orientations pour sortir de la crise dans laquelle nous sommes, alors je me poserais la question".
L'événement finalement, dans la prestation télévisuelle de Lionel Jospin hier soir, n'était pas tant la confirmation du caractère non définitif de son retrait de la vie politique annoncé le 21 avril 2002: au vu de la stratégie de communication de l'intéressé ces derniers mois, c'était cousu de fil blanc. Il était plutôt dans la confirmation que Lionel Jospin... parle toujours non le français mais le Lionel Jospin.
On lit et on relit cette phrase, et on se dit que, vraiment, elle est très jospinienne. C'est du Lionel Jospin, donc ce n'est pas fondamentalement médiocre, mais c'est tellement désincarné, technocratique, long, ennuyeux, tellement peu charnel, si cérébral. Où se cachent donc le désir et le plaisir dans cette offre de service au pays?
Lundi déjà, Jacques Chirac n'avait pas explicitement exclu qu'il ne se représenterait pas. Du coup, resurgit l'hypothèse d'un match retour en 2007 de la finale manquée de 2002. Au vu des sondages, on n'y est pas encore. Mais si le second tour opposait effectivement ces deux 'has been' de la politique, donnerait-il à beaucoup de jeunes l'envie d'aller voter?
B.DL.

28/06/2006

Un sacré culot

Rentré vers 22h30 à la maison hier soir. Au moment précis où on franchissait le portail de la cour, une ovation retentissait. Ce n'était pas précisément pour notre popularité dans la copropriété, mais parce que Vieira venait de marquer un but décisif contre les Espagnols. Le bistrot du coin était tellement bondé de supporteurs que la foule débordait sur le trottoir. Les vingt minutes suivantes ont été rythmées par d'immenses exclamations. Et, au coup de sifflet final, c'est un véritable tumulte qui a envahi tout le quartier.
C'était assez amusant. Pendant une partie de la nuit, les concerts de klaxon ont retenti. Les gens ont bu, dansé et même joué au foot dans la rue. Des gros machos ont dansé comme des éphèbes délicats sur Gloria Gaynor. Même la vieille gardienne de la cour, pourtant pas commode (mais fan de Zizou), n'a pas bronché.
En contemplant tout cela, on se disait qu'après une année tellement lourde -- les émeutes dans les banlieues, les déboires amoureux de Cecilia Sarkozy, la crise du CPE, les "affaires", la fin de règne de Chirac, la déroute française à l'Eurovision, la dégringolade du CAC, le départ à la retraite de Macha Béranger, etc. -- , les Français avaient sans doute besoin et mérité un peu de liesse et de légèreté.
Ce matin à Paris, à la radio, à la télé, dans les journaux et dans la rue, l'affaire prenait un tour carrément christique, puisque on parlait ni plus ni moins de "résurrection". Tous les commentateurs, les éditorialistes, les sélectionneurs de bistrot et autres sportifs de télé encensaient, extatiques, une équipe qui avait "retrouvé un souffle, une envie, une âme".
Ces quinze derniers jours, pourtant, on avait cru comprendre que ces Domenech, Zidane, Thuram, Makelele, Henry et autres Abidal n'étaient qu'une bande de bras cassés condamnés à l'hospice. Ce renversement était tout de même un peu agaçant.
B.DL.

27/06/2006

Un air de campagne

Le chanteur Cali, a-t-on donc appris ce matin, a refusé à Laurent Fabius le droit d'utiliser son tube "C'est quand le bonheur" en fond musical de ses meetings électoraux.
Le choix par les politiques des chansons accompagnant leur entrée en scène, censées hystériser les militants, est souvent du plus haut comique. On se souvient ainsi d'une Michèle Alliot-Marie déboulant dans la salle surchauffée d'un meeting de l'UMP (ou du RPR, on ne sait plus) au son de... "Sex bomb" (authentique).
Pour éviter pareilles bévues, on a très charitablement consacré notre petit-déjeuner à l'élaboration du programme musical idéal pour les candidats à la présidentielle de 2007.
En gros, cela donnerait ceci:
-Jacques Chirac: "Attends ou vas t'en" (Lio), "Never say goodbye" (The Communards), ou "I am still standing" (Elton John);
-Dominique de Villepin: "On reste seuls au monde" (Joseph d'Anvers)
-Nicolas Sarkozy: "Entre elle et moi" (Les Valentins)
-Ségolène Royal: "Rose hybride de thé" (Emilie Simon)
-François Hollande: "Kiss from a rose" (Seal) ou "Le fou de la reine" (Henri Salvador)
-Dominique Strauss-Kahn: "Possibly maybe" (Bjork)
-Laurent Fabius: "Waiting for my lucky day" (Chris Isaak)
-Jack Lang: "Unfinished fantasy" (Massive Attack)
-Lionel Jospin: "L'enfer enfin" (Etienne Daho)
-Marie-George Buffet: "Bom dia tristeza" (Maria Bethania)
-Arlette Laguiller: "Déjà vu" (Jay Jay Johansson)
-Olivier Besancenot: "Smalltown boy" (Jimmy Sommerville)
-Philippe de Villiers: "(Don't) Give hate a chance" (Jamiroquai)
-Jean-Marie Le Pen: "Nebel" (Rammstein)
B.DL.

26/06/2006

Un gâchis?

C'est le succès incontestable du week-end -- et on ne parle pas de la qualification des Bleus au Mondial. Ces trois derniers jours, il fallait faire entre 1h30 et 3h30 de queue avant de pouvoir entrer et visiter le nouveau "musée Chirac", quai Branly. Ce temple rutilant dédié aux arts premiers, qui a ouvert ses portes au grand public vendredi matin, a déjà accueilli près de 30.000 visiteurs.
Ce grand projet culturel suscite donc, outre un concert d'applaudissements médiatiques, un fort engouement public. Et les rares voies discordantes s'en retrouvent complètement inaudibles. Ainsi, personne ou presque n'a parlé du dernier livre publié par Bernard Dupaigne, un ethnologue réputé du Musée de l'homme, l'institution hier si prestigieuse du Trocadéro et qui, pour le coup, voit son aura un peu éclipsée par le succès du paquebot de Jean Nouvel.
Intitulé "Le scandale des arts premiers" (éditions Mille et une nuits), cet ouvrage est une charge au vitriol contre "la débauche de luxe" du "palais" du quai Branly, dont on apprend par ailleurs qu'il aurait été construit en zone inondable. L'auteur dit éprouver un sentiment de "grand gâchis". Il craint le pire pour l'avenir de certaines de ses collections. "Ils se vantent d'exposer les instruments de musique dans une grande colonne au centre. Mais elle n'est pas climatisée et ces instruments demandent une surveillance constante". L'ethnologue fustige aussi le parti pris du nouveau musée. "Au quai Branly, ils ont choisi les plus beaux objets du monde sur de seuls critères esthétiques. Pour certaines populations, pourtant, un objet n'est beau que s'il est utile".
Ce week-end, en tout cas, le Parisien moyen ne s'est visiblement pas trop posé de questions, et s'est satisfait de la beauté.
B.DL.

23/06/2006

Une affaire importante

Bon, on ne plaisante plus visiblement, aujourd'hui. C'est un pays entier qui sera à l'arrêt, devant sa télé, ce soir sur le coup de 21 heures. L'heure est grave, manifestement. "La France tremble", titre ainsi, en Une "Le Parisien" ce matin. Comme il y a vingt-cinq ans ans, parlant d'un sanglant fait divers, Roger Giquel avait ouvert son journal de 20 heures avec un mémorable "La France a peur".
Selon un sondage, seuls 32 pc des Français pensent que les Bleus vont se qualifier pour la suite de la compétition de la Coupe du monde de football, et 59 pc sont d'un avis contraire. Les femmes, apprend-on, sont plus sceptiques que les hommes. Les pessimistes sont plus nombreux chez les jeunes, chez les sympathisants de droite et chez les habitants des communes rurales.
On n'aura pas l'occasion de suivre le match ce soir, ni d'être tenu au courant de son évolution. En fin de soirée, toutefois, quelques pas dans les rues de Paris, un coup d'oeil aux terrasses des cafés, un regard aux mines des usagers du métro suffiront pour en connaître le résultat. Il faudra vraiment, à ce moment, prendre garde de s'afficher très en accord avec l'humeur ambiante.
B.DL.

22/06/2006

Une réussite

On n'a eu que peu de temps de profiter de la Fête de la musique, hier soir. Mais en moins d'une heure, dans les quartiers Bastille, Charonne et Voltaire, on a pu croiser huit styles musicaux différents: du chant choral, du rock français, du reggae, du rap, du country texan, du slam, du brésilien et, disons, du post punk.
Tout n'était pas toujours très abouti, et quelques gouttes de pluie ont empêché qu'on se sente vraiment en été. Mais, dans l'ensemble, c'était enlevé, convivial (*), imaginatif, mélangé, dynamique et festif. Si parisien, donc!
B.DL.

(*) Pas tant que cela, finalement. Les chiffres sont tombés en fin de matinée: rien qu'à Paris, plus de 150 personnes ont été arrêtées et 110 placées en garde à vue hier soir, pour des dégradations, des jets de projectiles, de violences et des vols commis en marge de cette Fête de la musique.

21/06/2006

Un sombre présage?

C'est l'été donc aujourd'hui, et il continue de faire chaud. Du coup, jusque tard le soir, les Parisiens vivent les fenêtres ouvertes. Dans cette capitale surpeuplée, qui affiche en certains de ses arrondissements une densité de population supérieure à celle de Manhattan, ce n'est pas anodin. En ces temps de Mondial, par exemple, cela permet de suivre les matchs de foot sans même allumer son téléviseur, grâce aux beuglements de joie ou aux cris de désolation de tout le quartier.
Les Bleus n'ont donc plus que quelques jours pour convaincre. Cela ne semble pas trop bien parti. "Le Monde" est tellement pessimiste qu'il en vient à comparer Raymond Domenech à Dominique de Villepin, ce qui n'est ni encourageant, ni très charitable. Et le journal "La Provence" révélait ce matin que l'affiche géante du portrait de Zidane qui ornait depuis des années la corniche de Marseille n'avait pas résisté aux rafales de mistral et venait de s'envoler. Un sombre présage?
Il ne faudrait tout de même pas trop minimiser l'impact d'une éventuelle élimination des Bleus. Selon une étude du très sérieux Massachusetts Institute of Technology publiée hier, une défaite en Coupe du Monde de football est toujours sanctionnée à la Bourse du pays vaincu. En moyenne, un revers subi en match de premier tour, même pas éliminatoire, plombe le marché boursier du pays concerné de 38 points de base. Lors des matchs éliminatoires, une telle défaite fait carrément chuter les marchés nationaux de 49 points de base.
Avec une voix catastrophée, un chroniqueur financier ce matin expliquait à la radio que, transposée à la France et au poids financier du marché boursier parisien, une telle chute du CAC représenterait au bas mot le poids du budget annuel de la Justice.
On essayait de ne pas trop stresser notre petit-déjeuner en se disant que, depuis le scandale d'Outreau ou autres fiascos judiciaires retentissants, l'opinion française avait bien compris et enregistré que, de toute manière, ce budget de la Justice était ridiculement peu élevé. Et que, malgré toutes les promesses et efforts de ces dernières années, il demeurait sans commune mesure avec celui de pays voisins comparables, comme le Royaume-Uni. On se console comme on peut.
B.DL.

20/06/2006

Une humiliation

medium_villepin-cpe.jpgLa dégringolade continue pour Dominique de Villepin. Dimanche déjà, le baromètre mensuel de l'Ifop le créditait de 23 pc d'opinions favorables seulement, un niveau de popularité encore plus bas qu'en pleine crise du Contrat première embauche et en dessous désormais de son si malaimé prédécesseur, Jean-Pierre Raffarin. Avec 73 pc de mécontents, l'hôte de Matignon est désormais dans le rouge dans toutes les catégories de l'électorat et dans toutes les formations politiques, auprès des sympathisants de l'UMP y compris.
Ce matin, nouvelle humiliation pour le chef du gouvernement. Le baromètre présidentiel TNS-Sofres ne le crédite plus que de 4 pc d'intentions de vote au premier tour des présidentielles de 2007. C'est près de huit fois moins que le résultat prêté à Nicolas Sarkozy. C'est un score inférieur à ceux réalisés en 2002 par le chasseur Jean Saint-Josse ou le trotskiste Olivier Besancenot. Et ce serait même insuffisant pour que le candidat Villepin puisse ne fût-ce que voir ses dépenses de campagne électorale remboursées.
Pour mesurer l'ampleur de la dégringolade subie par le chef du gouvernement, il faut se remémorer quelle était sa situation l'été dernier. A l'époque, 57 pc des Français jugeaient qu'il ferait un excellent candidat pour 2007.
B.DL.

19/06/2006

"Une initiation"

Il n'y avait pas encore trop foule ce matin au vernissage de presse du Musée du quai Branly. Ou plutôt si, il y avait beaucoup de monde, mais l'édifice était tellement grand qu'on ne se marchait pas encore trop sur les pieds.
C'est d'ailleurs la première chose qui frappe le visiteur à la découverte de l'immense paquebot de Jean Nouvel: son énormité, son gigantisme. Pour le coup, c'est vraiment un grand projet culturel présidentiel. Un peu mégalomane? Très massif en tout cas, si ostensible. Interminable parfois dans sa déperdition volontaire d'espace, comme cette sinusoïde de 180 mètres de long qui sert de rampe d'accès au musée et est censée représenter un cours d'eau à remonter avant d'atteindre le coeur du projet: les collections.
Celles-ci sont évidemment magnifiques. Tant et tant d'oeuvres sont réunies qu'il faudra sans doute des années avant de toutes les connaître et de les apprivoiser. On est loin ici de l'intimité si émouvante et sobre du Pavillon des sessions, au musée du Louvre.
Certains éléments du bâtiment (les boîtes multicolores de sa façade, le mur végétal de 800 m2, la palissade de verre de 200 mètres de long rappelant la Fondation Cartier, la terrasse et la vue extraordinaire qu'elle offre sur Paris, etc.) fonctionnent a priori mieux que d'autres. La pénombre des salles de collection met souvent très bien en valeur les oeuvres. Mais tout comme la fluidité voulue des espaces et le nombre réduit de vues dégagées sur l'extérieur, elle ne facilite vraiment pas une perception d'ensemble de l'édifice par le visiteur. Pour preuve, on a consacré une heure à admirer les collections et à peu près autant à trouver le chemin vers la sortie, non sans revenir involontairement chaque fois aux mêmes endroits sans jamais parvenir à se repérer.
Ce matin d'ailleurs, entre les lignes, Jean Nouvel semblait justifier le caractère un peu confus -- déroutant, en tout cas -- de l'itinéraire qu'il avait créé. "Ce projet, c'est moins une architecture qu'un territoire", expliquait l'architecte éternellement tout de noir vêtu. "C'est le territoire de l'homme. C'est un peu un sas. Il faut y voir une sorte de rituel". ''Une initiation, en quelque sorte?", interrogeait une collègue, qui semblait ravie d'avoir trouvé ce si joli mot. Le bâtisseur était aux anges: lui-même n'aurait sans doute pas mieux dit.
B.DL.

Une grande tradition

Méga-show médiatique au Musée du quai Branly ce matin, qui ouvre ses portes à la presse aujourd'hui,avant son inauguration officielle par le Président Chirac demain et son ouverture au grand public vendredi.
On y court. D'abord, parce que cela fait tout de même cinq ans qu'on attend l'achèvement de cet immense chantier parisien. Ensuite, parce que, vu le retentissement médiatique de son ouverture, il faudra sans doute autant d'années pour pouvoir visiter ce musée sans devoir faire des heures de queue avant d'entrer. Enfin, parce qu'il s'agit tout de même du legs majeur de l'ère Chirac.
Les grands chantiers culturels parisiens sont une tradition présidentielle typiquement française. De Gaulle avait déménagé les Halles à Rungis, Pompidou inauguré le centre culturel du même nom, Giscard lancé le musée d'Orsay et la Villette, et Mitterrand évidemment signé la Grande Arche, le Grand Louvre et la Grande Bibliothèque. "Tous les présidents ont eu l'envie de faire quelque chose qui témoigne de leur passage", analysait l'autre jour le Conservateur du patrimoine et historien de l'architecture Georges Poisson. Selon ce spécialiste des grands chantiers présidentiels de la Ve République, si la culture est au centre des préoccupations des hôtes de l'Elysée, "il faut peut-être y voir une survivance monarchique. C'est une tradition française très forte. Nos rois ont été de grands mécènes et protecteurs des arts. Cela relève du fait du prince. Cela n'existe qu'en France".
Pour l'historien d'ailleurs, le Musée du quai Branly devrait être le dernier de ces grands chantiers. "L'époque où un Président se sentait investi d'une mission d'une telle envergure est révolue", selon lui. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont-ils du même avis?
B.DL.

16/06/2006

Un manque d'imagination

medium_metro1.jpgOn l'a appris ce matin: le trafic du métro parisien sera perturbé par une grève mercredi. Les syndicats entendent ainsi protester contre le projet de la direction de la RATP de prolonger l'offre de service d'une heure le samedi soir, les veilles de fêtes et à terme le vendredi soir.
Les dernières rames arriveraient à leur terminus à 2h15, contre 1h15 actuellement. Ce serait utile pour la majorité de Parisiens, qui ne sont pas motorisés et qui sont aujourd'hui souvent obligés d'écourter leurs soirées en ville pour pouvoir attraper le dernier métro -- les rares taxis libres étant pris d'assaut, à ces heures. Cela permettrait aussi de diminuer le nombre de gens qui prennent le volant ou enfourchent leur scooter dans un état d'ébriété avancé. Selon la RATP, ce prolongement de l'offre n'augmenterait globalement pas le temps de travail des personnels et entraînerait même la création de 140 emplois. Mais les syndicats, eux, ne veulent pas en entendre parler, estimant leurs affiliés déjà suffisamment surchargés, voire exploités.
Soit. Le problème, le cas présent, est que la journée d'action de mercredi coïncidera avec la tenue de la Fête de la musique. Les perturbations du métro contrarieront sans doute peu les touristes et les Parisiens aisés habitant les arrondissements centraux (où, quoi qu'on en dise, continue de se dérouler la majorité des animations musicales les plus prestigieuses): en fin de nuit, ils pourront sans trop de problème rentrer à pied chez eux ou trouver un taxi. En revanche, pour les banlieusards ou les Parisiens moins fortunés relégués dans les arrondissements proches du périphérique, ce mouvement de grève risque bien de leur gâcher la Fête.
Rien que cette inégalité dans les désagréments subis par les usagers est gênante. Tout comme le manque d'imagination des syndicats. Pour le coup, pour un soir au moins, pour le plaisir de tous en tout cas, n'aurait-ils pu imaginer un mode de revendication et de protestation un peu plus original et festif que la sempiternelle grève?
B.DL.

15/06/2006

Une différence?

medium_cecilia_sarkozy.jpgElle est donc revenue. On parle évidemment de Cecilia Sarkozy. Résumé des épisodes précédents: elle était partie, elle était revenue, elle était repartie, et maintenant elle est à nouveau revenue.
Ce n'est pas le ministre d'Etat qui l'a directement et explicitement annoncé. Nicolas Sarkozy, en effet, à l'époque où ses déboires conjugaux l'avaient placé dans la tourmente médiatique, avait promis qu'il ne communiquerait plus jamais sur sa vie privée.
La bonne nouvelle a donc été distillée en trois temps. Un: le teasing. Jeudi dernier, Cecilia et Louis Sarkozy ont fait une brève apparition lors de la grande conférence de presse sur l'insécurité de leur époux et père, ce qui n'a évidemment pas échappé aux quelque 150 journalistes présents et a lancé les ragots dans le tout-Paris. Deux: la mise en scène. Hier, la "vie apaisée" à nouveau du plus célèbre couple de la droite française s'étalait, si jolies photos à l'appui, en couverture et sur trois pages de "VSD". Trois: la confirmation. Le beaucoup plus sérieux magazine "Le Point" explique en substance ce matin que Cecilia et Nicolas ont certes chacun de très fortes personnalités, mais entretiennent une relation tellement fusionnelle que leurs retrouvailles étaient évidemment inévitables.
Bien. On remarque la différence de forme dans la communication de Nicolas Sarkozy relative à sa vie privée. On perçoit moins, en revanche, un changement de fond sur la médiatisation de celle-ci. En gros, et c'est le seul changement, ce n'est plus Nicolas Sarkozy qui annonce à la France entière qu'il porte à nouveau son alliance mais "VSD" qui, extatique, s'en charge.
Cette si subtile différence suffira-t-elle à empêcher les échotiers de se focaliser sur l'annulaire du ministre lors de ses prochaines apparitions télévisées? On en doute.
B.DL.

14/06/2006

Une idée vachement bien (suite)

C'est un peu décalé par rapport à l'actualité du jour, on en convient. Mais enfin, ce n'est pas beaucoup moins préoccupant que la prestation des Bleus hier soir. On veut parler de l'accueil réservé par les Parisiens (par des Parisiens, en tout cas) à la "Cow Parade".
Cette manifestation artistico-caritative itinérante passée par Bruxelles notamment puis débarquée à Paris fin avril tourne visiblement au cauchemar pour ses organisateurs. En effet, plus qu'à Londres, à New York, à Dublin ou à Moscou, les 150 sculptures de verre et de résines exposées sur la voie publique et représentant de paisibles ruminants sont ici la proie de très nombreuses déprédations.
Une dizaine d'oeuvres sont en permanence à réparer: du jamais vu depuis la création du concept, à Zurich en 1998. L'une d'elle, qui était exposée sur la si belle et chic place de Fürstenberg, est arrivée à l'atelier quasiment irrécupérable: elle avait été entièrement repeinte. Dans le Quartier latin, le célèbre slogan "Mort aux vaches!" a été apposé sur nombre de sculptures. Un membre de l'équipe volante des "réparateurs" de vaches a été agressé en plein travail: il a pris un coup de poing dans la figure, asséné par un spectateur mécontent que cette exposition ne se déroule pas en banlieue. Enfin, dans le quartier des Champs-Elysées, une vache (celle entièrement habillée par des couvertures du magazine "Photo") vient d'être dérobée par deux personnes qui, devant les riverains médusés, l'ont embarquée sur la galerie de leur véhicule.
"C'est triste", a commenté l'autre jour un organisateur. "On souhaitait offrir une fête à tous les Parisiens et certains gâchent tout". C'est surtout très con pour tous les bénéficiaires des projets de développement menés par l'"Africa Alive Foundation" (qui se bat contre le sida et la malnutrition en Afrique) et le Programme alimentaire mondial de l'Onu. Ces sculptures, en effet, doivent être prochainement mises en vente aux enchères au profit en partie de ces deux associations.
B.DL.

13/06/2006

"Une catastrophe programmée"

Une nouvelle journée torride donc -- et on ne parle que de la météo, pas de l'actualité sportive --: 31 degrés prévus aujourd'hui à Paris.
Ces derniers jours, on revit un peu la canicule de l'été 2003. Les petits vieux qui marchent encore plus lentement que d'habitude dans la rue ou se regroupent pendant des heures à l'ombre des squares et des parcs, bouteille d'eau minérale ou brumisateur à la main. Les gens qui se plaignent à longueur de journées. Le choix, au bureau, entre une moiteur insupportable ou ces satanés courants d'air qui font tout s'envoler. Les queues qui s'étirent devant les piscines à la pause-déjeuner. Les télés et les radios qui meublent sur les vendeurs de ventilateurs ou de climatisation débordés. L'étuve du métro; on conseille particulièrement la vieille ligne 4, on se croirait à Tokyo en plein mois d'août (*).
Il y a trois étés, on se souvient bien de ce que cela avait donné en France: une quinzaine de milliers de morts, au bas mot. Et l'été prochain, au fond, si la canicule se reproduisait? Ce week-end, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a assuré que la situation était sous contrôle dans les hôpitaux. Un responsable de l'association des médecins urgentistes l'a toutefois vigoureusement démenti. Selon lui, "à la veille de la période de l'été, c'est une catastrophe programmée. Aux urgences des hôpitaux, on ne saura pas de nouveau quoi faire des patients".
B.DL.

(*) On ne croyait pas si bien dire. Une bonne heure plus tard, on vient de le lire dans "Le Parisien" du jour: "28 degrés hier après-midi dans les couloirs de la station Opéra, 30 degrés sur les quais de la ligne 4, 33 degrés dans la rame à Barbès-Rochechouart, et même 35 degrés une fois les portes fermées, sur le RER B entre Châtelet et gare du Nord". Cinq des quatorze lignes de métro seulement (1, 7, 8, 13 et 14) sont équipées d'un système de ventilation forcée. "Un moindre mal, car l'air y est brassé... mais pas refroidi".

12/06/2006

Une habitude

medium_boc_04_pizza_pix.jpgOn l'a entendu ce matin au saut du lit, dans la bouche d'un chroniqueur économique des plus sérieux: à peine entamé, le Mondial de foot a déjà modifié les habitudes de consommation des Français.
Ainsi, depuis jeudi soir, les chiffres de vente... des pizzas (achetées en supermarchés ou livrées à domicile) ont explosé. Ces derniers jours, ils ont enregistré une croissance de 50 à 60 pc, selon l'intérêt du match du soir diffusé à la télé. Très logiquement, les spécialistes s'attendent à ce que, pour l'entrée en lice des Bleus demain, cette croissance tourne au boom: + 100 pc!
La pizza, donc. On aime assez. Surtout celle à la roquette et au jambon fumé, avec les copains du mardi soir, près des Beaux-Arts. Mais par ces temps caniculaires (32 degrés aujourd'hui à Paris), on est franchement moins pizza que tomate-mozzarella ou melon Serrano. On se l'est encore dit samedi soir, lors d'un délicieux plan pétanque-pique-nique au bassin de la Villette. A minuit au bord du canal, les pieds dans l'eau ou presque, on se serait cru à la plage.
Mais là aussi, les habitudes, des Parisiens cette fois, ont changé. Encore relativement paisibles il y a dix ans, les berges du canal St-Martin, du parc de la Villette jusqu'à République, sont désormais noires de monde dès les premiers beaux jours, et ce jusque tard dans la nuit. Pour l'intimité et l'originalité donc, les Parisiens champêtres (ils existent, oui) vont devoir trouver un autre endroit.
B.DL.

10:30 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Football, Paris

10/06/2006

Une fronde

Il y a quelques jours, on apprenait que Macha Béranger s’était fait salement dégager de France Inter: plus de contrat à la rentrée pour celle qui, depuis 29 ans, avec fidélité et constance, apporte son réconfort et son écoute aux noctambules désemparés, de minuit à une heure du matin du lundi au jeudi sur la radio de service public.
Que l’on accroche ou pas à sa voix profonde et rauque, il faut reconnaître la singularité de Macha. Elle fait partie des grandes voix de la radio. Et voilà que pour rajeunir l’antenne, le nouveau directeur général d’Inter, Frédéric Schlesinger, ex-patron d’un “Mouv’” très branchouille, a décidé de lui couper la parole et les vivres. Par jeunisme?
Depuis, Macha est assaillie de coups de fil et de courriels d’auditeurs. La vague de soutien a envahi l’antenne, chacun y allant de son couplet pour encourager la dame et s’insurger contre sa mise à l’écart. “Ne nous abandonnez pas!”, clament-ils en chœur, les uns ayant même décidé de lancer des pétitions ou un comité de soutien, voire se proposant d’occuper le hall de Radio France.
Deux questions.
Un: à quoi sert-il de supprimer “Allô Macha”, alors que cette émission réunit quotidiennement quelque 150.000 auditeurs, une moyenne haute pour un magazine de la nuit. Et qui, de surcroît, comme toutes les autres émissions entre minuit et 6 heures, n'est pas comptabilisée dans l'audience globale de France Inter?
Deux: la voix, au contraire de l’image, ne prend pas de rides, non?
(C.G.)

09/06/2006

Une attente

On n'a jamais été très foot, et ce n'est pas pour faire snob ou se rendre intéressant. D'ailleurs, à partir de ce soir et pendant ces prochaines semaines, on va sans doute se sentir un peu seul.
En guise d'expérience un peu perso de ce sport, on ne se souvient que de deux anecdotes.
D'abord, un soir de la fin des années 90 à Rio de Janeiro, où on était de passage pour le boulot. De manière un peu impromptue, on avait été invité à assister au match de finale du championnat du Brésil, dans le mythique stade de Maracana. Botafogo? Flamingo? On a oublié le nom du vainqueur: une équipe avec un nom de plage carioca, certainement. On a gardé le souvenir d'une triple immensité. Immensité du stade et de la foule: dans une telle masse, on s'était senti minuscule, pas trop à l'aise. Immensité de cet engouement populaire, festif, coloré et baroque: on avait été beaucoup plus fasciné par le spectacle des tribunes que par le déroulement de la partie. Immensité d'un malaise devant ce défoulement collectif si mâle, si brut, si bruyant, si grégaire. Si violent aussi, dans ses rixes entre supporteurs rivaux et dans le spectacle de ces pères de famille abandonnant des mois de salaire de misère pour un précieux billet d'entrée acheté au marché noir.
Ensuite, un soir de l'été 1998, à Paris déjà, non en tant que correspondant permanent mais résident occasionnel. Après une soirée tranquille passée à bouquiner, on était sorti prendre l'air dans le quartier, tellement il faisait étouffant. Les rues du Marais, ce soir, étaient complètement désertes: pas un passant, pas un touriste, pas une voiture. A un moment, une clameur s'était échappée de toutes les fenêtres ouvertes: les Bleus venaient de remporter la finale. On avait vu ensuite la foule envahir toute la capitale et exulter longuement. Des jeunes gens à moitié nus et ivres avaient bu du champagne dans les fontaines de la place de l'Hôtel de Ville. On avait mal dormi, tant le vacarme des coups de claxon, jusqu'au petit matin, avait été assourdissant.
De pareilles scènes de liesse se reproduiront-elles cette année dans la capitale? Dominique de Villepin, dans une interview, vient de confier qu'il nourrissait "beaucoup d'attente, beaucoup d'angoisse". D'assez belle humeur ce matin, on prend soudain la décision de faire preuve de beaucoup d'empathie, ces prochaines semaines.
B.DL.

08/06/2006

Une question de standing

Depuis l'hiver, un groupe de SDF a établi ses quartiers aux pieds de l'immeuble de bureaux occupé par "La Libre", boulevard Richard Lenoir, transformant une bonne partie du flanc arrière du bâtiment en cour des miracles, terrain de camping, dortoir et/ou bistrot à ciel ouvert, selon l'heure de la journée. Les occupants de l'immeuble n'en peuvent plus.
Dans les ascenseurs, ces derniers jours, un avis a été placardé. "Assez parlé dans les couloirs: agissons!", suggère-t-il. Les résidents sont invités à signer une pétition contre ce voisinage et à "profiter de la campagne de propreté annuelle de la mairie" dans l'arrondissement pour dénoncer la situation au cabinet du préfet de police, dont le numéro de téléphone et l'adresse sont affichés.
Dans l'entrée, près des boîtes aux lettres, un résident a placardé des photos de la misère de ces SDF. Il s'énerve qu'on ne puisse pas "empêcher les clochards d'uriner dans les ascenseurs, de déféquer ou faire l'amour dans les escaliers". Ne supporte plus de "se faire insulter si on les dérange en rentrant chez soi".
"Cela ne peut que déprécier le standing de notre immeuble", conclut-il. Et de s'interroger. Si ses photos étaient mises en vitrine de l'agence immobilière du coin, "quel prix on donnera pour nos appartements dits de standing?"
En contemplant toute cette agitation ce matin, on s'est mis quelques instants dans la peau d'un SDF -- un exercice très confortable, on en convient. Et on s'est posé une question. Que trouverait-on plus minable: se faire traiter de sale et de puant par ses voisins ou se voir reprocher d'être à l'origine de la dépréciation immobilière d'un quartier?
B.DL.

07/06/2006

Un soupir

Tout ça pour ça, a-t-on envie d'écrire ce matin -- au risque de passer à nouveau pour, disons, aigri. On l'attendait depuis presque deux mois, depuis qu'il avait cessé de paraître à la mi-avril. Il est réapparu dans les kiosques aujourd'hui: le nouveau "France Soir".
Une nouvelle maquette, à peine moins hideuse que la précédente. Et, au fil des pages, un casting effarant: Mariah Carey (ses "photos intimes" et ce gros titre, tellement intéressant: "Diva...moi? Non, jamais!"), "Un chien tué à la grenade", "Les putes de Laon iront à pied", Jazmin Frace (le dernier enfant naturel en date d'Albert de Monaco), Evelyne Thomas, le feuilleton estival de M6, huit pages de turf, Johnny "le vieux lion rugit toujours", Hugh Grant, des jeux et des quizz pour la plage, Guy Roux, Pascal Sevran, le Mondial, la météo. Point final.
Ce matin chez Fogiel à la radio, les nouveaux patrons du quotidien populaire tenaient des propos au moins aussi consternants que le contenu de leur feuille de chou. Ils revendiquaient "des articles courts", "une titraille forte", "un maximum de photos", un journal "qui doit pouvoir être lu très rapidement" par des lecteurs qui n'ont "pas envie du copié-collé du journal de 20 heures de la veille" mais veulent "picorer une multitude d'informations".
A la question de savoir quelle information essentielle ils retiraient de l'entretien "EXCLUSIF" de Mariah Carey annoncé avec tapage en Une, les patrons de "France Soir" restaient a quia. Puis, après un long moment d'hésitation révélateur, concluaient en substance: "C'est vrai, on n'apprend rien de vraiment neuf sur Mariah Careh. Mais on en a l'exclusivité".
L'exclusivité de la vacuité. Pas mal, comme ligne éditoriale.
B.DL.