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26/07/2006

Un peu de repos

medium_parasol.jpgC'est enfin le Jour J, le jour du départ en vacances, ce soir.
On en profitera d'autant plus cet été que, journalistiquement, l'année a été aussi passionnante qu'éreintante: la flambée des banlieues, la crise du Contrat première embauche, l'affaire Clearstream, etc. D'autant plus aussi que l'automne promet tout autant d'intenses moments de travail, avec le véritable lancement de la campagne pour des élections présidentielles très indécises.
Cet été comme les autres, le premier objectif des vacances sera de se déconnecter. Sinon de l'actualité (jamais totalement évidemment, comme tout journaliste normalement constitué), du moins déjà de l'écriture au quotidien et des servitudes de l'informatique, avec notamment un vrai programme de désintoxication aux mails et aux blogs.
"Paris Libre" se met donc en vacances pour quelques semaines. S'agissant non d'un blog perso mais d'un blog boulot, on ne se voyait pas trop y raconter nos anecdotes de plage. Sauf actualité majeure d'ici là, qui imposerait un retour précipité au bureau, on s'y replongera le lundi 28 août, pour la suite de ces petites chroniques sur la vie de journalistes étrangers à Paris.
Au plaisir, déjà, de vous y retrouver. Et en attendant, bel été à toutes et à tous.
B.DL.
PS: Comme chaque été depuis plusieurs années maintenant, les dix premiers jours de vacances au moins, on aura l'impression de les passer au coeur du sérail politico-people parisien. Géographiquement, en effet, on sera quasiment voisins du couple François Hollande-Ségolène Royal, en partance eux aussi avec leurs enfants ce soir pour leur résidence de Mougins. On se promet d'emblée d'y penser le moins possible. Cela ne va pas être trop ardu.

25/07/2006

Un "calvaire"

medium_soleil.jpgLes Parisiens n'en peuvent plus. Après trois semaines de canicule, et alors que la température dépassera à nouveau les 37 degrés dans la capitale ce mardi, ils ne parlent plus que de la chaleur et de ses inconvénients.
Il n'y a qu'à les observer un peu dans la rue pour le constater: certains commencent littéralement à se traîner, visiblement exténués par la mauvaise qualité de ces dizaines de nuits successives elles-mêmes étouffantes.
Dans le pays, le nombre de morts augmente de jour en jour et a désormais dépassé la quarantaine: record européen, à nouveau. Mais tous les experts l'assurent, à longueur de journées: on n'est pas dans une situation de catastrophe sanitaire comme en 2003. Les médias utilisent néanmoins des mots très forts, parlent notamment du "calvaire" qui va perdurer. On avait pourtant cru comprendre qu'en ce moment, le "calvaire" était plus au Liban qu'en France.
A Paris, la canicule déjoue même les plans de communication les plus aboutis. Ainsi, les organisateurs de "Paris Plage" sont, dit-on, subermergés par les plaintes d'estivants agacés par le nombre insuffisant de parasols mis à leur disposition. Et les journaux locaux déconseillent aux Parisiens d'aller jouer les plagistes sur les berges de la rive gauche, pourtant supposées l'attraction majeure de cette édition: l'ensoleillement, beaucoup plus fort que sur les berges de la rive droite, y serait insupportable.
Le soleil oblige même, parfois, à de savantes manipulations. Ainsi, les organisateurs du "Beach Volley World Tour", qui réunit jusqu'à la fin de la semaine les meilleures équipes mondiales de beach-volley sur le Champ-de-Mars -- on essayera d'aller y faire un tour, évidemment --, ont-ils dû recourir à 3 000 tonnes de sable d'un type très spécial. Ce sable a été spécialement confectionné puis tamisé de manière à ne pas trop éblouir les joueurs (et les caméras de télé), à ne coller que très faiblement à leur peau dégoulinante de sueur, et surtout à ne pas trop absorber la chaleur du soleil, afin de ne pas brûler les pieds nus des sportifs.
Se brûler les pieds nus sur le sable? Ou se consumer à petit feu dans un bureau et face à un ordinateur surchauffés? Entre ces deux "calvaires", on le sent, on ne va plus hésiter très longtemps.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Canicule, Paris

24/07/2006

Une inaction coupable

medium_sdf.jpgIl ne fallait pas être très finaud pour le pressentir, et on avait d’ailleurs soulevé, ici même, le problème depuis plusieurs semaines déjà. Les campements de tentes de SDF s’étant multipliés dans la capitale depuis l’hiver, les problèmes de cohabitation avec les riverains excédés par ce voisinage se multiplient avec les chaleurs de la canicule, et la situation se dégrade désormais dangereusement.
Boulevard Jules Ferry, les comités de quartier exigent le déménagement d’un campement, qu’ils jugent envahissant, bruyant, insalubre et insécure. Le long des voies sur berges, les SDF ont été invités à déguerpir pour ne pas gâcher le paysage de l’opération «Paris Plage». Et ce week-end, près de la gare de l’Est, quatre tentes ont carrément été dévastées par un incendie, qui pourrait être criminel.
Alors qu’il est confronté depuis plus de six mois à cette situation, le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour éviter qu’elle dégénère. Tout au plus un médiateur vient-il d'être nommé. Et une centaine de places supplémentaires d’hébergement d’urgence seront ouvertes cette semaine dans la capitale. Mais ce sera très insuffisant: on dénombre actuellement plus de 300 tentes de SDF dans Paris.
Ce soir, les associations pour le droit au logement manifestent devant le cabinet du ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo. Elles réclameront notamment la réquisition des plusieurs milliers de logements vides qui, malgré tous les engagements, sont toujours recensés dans la capitale.
Le mois prochain, plus grave encore, on célébrera le premier anniversaire du début de la série noire des incendies d’hôtels de transit miteux, qui, l’été dernier, coûtèrent la vie à une cinquantaine de personnes à Paris – dont de nombreux enfants. Là aussi, sans doute, le même constat désespérant d’inaction et d’indifférence devra être dressé. Et le pire, c'est qu'il n'étonnera vraisemblablement pas grand monde.
B.DL.

21/07/2006

Une pensée

medium_DrapeauBelge2.gifOn n’a jamais été très cocardier ; c’est sans doute dû au statut d’expatrié. On n’a jamais trop, non plus, éprouvé le mal du pays ; au contraire, chaque jour ou presque, l’idée nous traverse, fugace, qu’on a une chance folle de vivre à Paris.
En ce vendredi, toutefois, on a une petite pensée pour le plat pays. Et pour cause. Aujourd’hui, 21 juillet, c’est la fête nationale belge. Et c’est donc … congé !
Un jour comme celui-ci, en tout cas, on se sent plutôt content d’être Belge.
B.DL.

20/07/2006

Une nouvelle bien de saison

medium_Pastis.jpgS’hydrater : c’est donc le mot de la semaine. On n’a lu, vu et entendu que lui, ad nauseam.
A en juger à la quantité et au contenu des verres qui trônent sur toutes les tables des terrasses des cafés, les Parisiens assoiffés qui, lors de leur pause-déjeuner ou à la sortie de leur boulot, se précipitent au bistrot pour se rafraîchir de la canicule n’ont pas toujours compris une chose: que le litre et demi de liquide qu’il convient, selon le sacrosaint conseil de l’été, d’ingurgiter quotidiennement se réfère exclusivement à une quantité d’eau – ou en tout cas à une quantité de liquide non alcoolisé.
A ce sujet, en profitant de la maigreur de l’actualité pour remettre un peu d’ordre au bureau, on vient de retomber sur une dépêche qu’on avait soigneusement mise de côté il y a quelques semaines, puis qu’on avait oubliée. Et pourtant, Dieu sait si elle relate une évolution culturelle d’importance.
Pour la première fois dans l’Hexagone, le pastis – bien sûr la boisson reine de tout été français qui se respecte – vient d’être détrôné par le whisky. Avec 112 millions de litres en 2005 (soit une progression de 3 pc), les ventes de whisky ont dépassé celles des alcools anisés (109 millions) en France.
L’honneur hexagonal n'est toutefois pas totalement perdu : le géant français Pernod Ricard représente à lui seul plus du quart des ventes de whiskys en France.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Canicule, Paris

19/07/2006

Une vague nostalgie

"Paris Plage" commence, donc. Ce matin, on s'est souvenu de ce qu'était la plage à Paris avant la grande opération estivale annuelle de Bertrand Delanoë.
C'était il n'y a pas si longtemps: à la fin des années 90 ou au début des années 2000. A l'époque, le long des voies sur berges, il n'y avait rien. Les voitures y étaient déjà interdites à la circulation en août, mais, pour le reste, il n'y avait rien. Ni brumisateurs géants, ni cours de taïchi, ni murs d'escalade, ni vendeurs de chiens chauds, ni pétanque, ni concerts de reggae, ni trampolines, ni locations de chaises longues: rien. Pas même et surtout pas la foule.
A l'époque, on pouvait s'allonger le long de la Seine et y paresser pendant des heures au soleil sans être troublé par le moindre bruit, hormis les clapotis du fleuve et le vague ronronnement des bateaux de touristes. Il suffisait de fermer les yeux pour se sentir à la mer. Et quand on décidait de les rouvrir, on avait le spectacle de la plus belle perspective urbaine et fluviale au monde rien que pour soi. Quand on avait trop chaud, on pouvait aller bouquiner, seul ou presque, à l'ombre des arbres si splendides des quais Henri IV ou des Célestins. Et le soir, on s'y réunissait jusqu'à pas d'heure entre copains: les pique-nique n'étaient pas encore à la mode à Paris -- cela semble si loin.
"Paris Plage, pour ceux qui n'ont pas l'occasion ou les moyens de partir à la mer, c'est vraiment les congés payés du XXIème siècle!", s'enthousiasmait un élu écologiste parisien, ce matin. On en convenait de bonne grâce. On se demandait alors, en culpabilisant un peu, si notre sentiment vaguement rétif à l'égard de la populace grouillante de "Paris Plage" était voisin de celui qu'avaient éprouvé les grands bourgeois de l'été 36 à la vue des foules de néo-estivants ouvriers débarquant sur leurs si belles et chères plages, à la faveur des premiers congés payés.
On se disait que ce n'était pas possible, qu'on était bien un peu nostalgique mais qu'on était assurément plus bienveillant.
B.DL.

18/07/2006

Une trouvaille astucieuse

medium_eventail.jpgLes quêteurs et autres bonimenteurs du métro ont toujours un mal fou à attirer l'attention des voyageurs et à susciter leur générosité. Ces derniers jours, pourtant, ils ont beaucoup de succès.
En effet, depuis que la canicule s'est abattue sur Paris, les plus astucieux d'entre-eux ne prennent même plus la peine d'essayer de refiler aux usagers leurs éternels journaux de SDF, improbables colifichets pour sourds-muets et autres guides des restaurants pas chers de la capitale. Ils ont trouvé beaucoup mieux: ils vendent... des éventails!
Ce midi, il est vrai, dans notre train de la ligne 5, il faisait vraiment caniculaire. En temps normal à Paris, même en plein hiver, il fait toujours dix degrés de plus dans le réseau de métro qu'à l'extérieur. En ce moment, il y fait donc beaucoup plus que torride: l'atmosphère y est carrément irrespirable. Le pauvre hère qui y vendait des éventails (au prix de deux euros la pièce) était dès lors submergé par la demande. Et, dans chaque rame, voyait son maigre stock chaque fois pris d'assaut.
Pour le coup, les regards d'habitude si las voire hostiles des usagers à son endroit étaient devenus courtois, complices, bienveillants sinon carrément amicaux, et le bonhomme n'en revenait visiblement pas.
On se réjouissait d'une si improbable adéquation entre l'offre et la demande, de cette alliance aussi inattendue que baroque contre les éléments.
B.DL.

15:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Canicule, Paris, Métro

Une étuve

Trouver "des nouvelles fraîches" donc, comme on dit dans le métier. En ce moment, c'est vraiment, et doublement, mission impossible.
D'abord, il ne se passe plus rien: la France entière semble déja partie à la plage. Ces derniers jours, le téléphone a tellement peu sonné qu'on a décroché à plusieurs reprises le combiné pour s'assurer que la ligne n'avait pas été coupée. Hier, on a lu des dizaines de pages du dernier livre de Nicolas Sarkozy pour rien. Et ce matin, on l'a écouté pendant des dizaines de minutes à la radio également pour rien. Hormis de la mise en scène narcissique, c'était si vide.
Ensuite, il fait vraiment trop chaud pour des nouvelles fraîches. Même la météo perd la boule. 36 degrés, 37 ou de 38 à 40 degrés dans la capitale aujourd'hui? On a tout entendu et son contraire ce matin.
Au bureau de presse européen partagé par "La Libre", boulevard Richard Lenoir, dans le onzième, on s'organise pour affronter la canicule. Certains journalistes ont carrément annoncé que, tout en n'étant pas encore en vacances, ils travailleraient désormais chez eux. D'autres ont opté pour le look plage: tongs, bermuda et chemise à fleurs. On s'attend à voir apparaître les brumisateurs. La terrasse orientée à l'est, torride dès 8 heures du matin, est condamnée jusqu'en fin de matinée et sert de refuge l'après-midi. La terrasse côté sud-ouest, caniculaire dès 13 heures, est rafraîchie régulièrement et jusqu'en début de soirée par de grands coups de tuyau d'arrosage. Un énorme parasol immaculé y a été déployé et des stores vénitiens ont été apposés devant les baies vitrées des bureaux pour couper les rayons du soleil. On éteint les ordinateurs pendant la pause-déjeuner, pour réduire la température ambiante de quelques précieux degrés. On évite les lampes halogènes. Et dès l'arrivée au bureau, on prépare pour toute la troupe de grandes rasades de thé vert à la menthe qu'on met illico au frigo, pour les ressortir glacées dans l'après-midi.
Mais, malgré toutes ces précautions, tout le monde se pose la même question: tiendra-t-on encore longtemps?
B.DL.

17/07/2006

Une vision débile

Il y a quelque chose d'un peu agaçant dans tous ces commentaires lus, vus et entendus autour de Harry Roselmack, qui entame sa carrière à TF1 ce soir. On ne parle pas ici du débat autour de la couleur de peau du joker de PPDA; tout a été dit. Mais de ces réflexions autour de "la beauté" de l'intéressé, qui, assure-t-on, aura un impact si fort sur l'audimat féminin.
A en croire ces commentaires, qui se veulent sans doute si délicieusement malicieux -- et qui sont d'ailleurs invariablement délivrés par des journalistes mâles --, l'arrivée du beau Harry boostera dès ce soir l'audience du 20 Heures de TF1. Car des millions de téléspectatrices, complètement sous le charme, se fidéliseront à ce rendez-vous juste pour les si beaux yeux de l'intéressé.
Selon ce shéma, la téléspectatrice moyenne regarderait donc moins un JT pour le fond des infos que pour la forme: pour la couleur de la cravate du présentateur en somme, la beauté de son visage, ou la blancheur de son sourire. Le téléspectateur moyen, lui, serait évidemment exclusivement intéressé par le fond des JT: la pertinence des infos, la ligne rédactionnelle, etc.
Nulle place, dans un cadre aussi éculé, pour des téléspectateurs mâles, mêmes hétérosexuels, qui décideraient de rester fidèles à un présentateur simplement parce qu'ils sont sensibles à son charme. Et pour des téléspectatrices qui feraient le choix de zapper un JT qu'elles jugent peu intéressant, même si celui-ci est présenté par un canon de beauté.
C'est évidemment une vision aussi sexiste que débile des choses.
B.DL.

PS: "Bonsoir à tous. Voici les titres de l'actualité". Oubliés le "Bonsoir à toutes et à tous", ou le "Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonsoir": Harry Roselmack a donc choisi le genre masculin, englobant comme chacun sait, pour faire ses premières salutations aux téléspectateurs.
Pour le reste, dans les dix premières minutes de son premier JT, le débit du nouveau présentateur était épouvantablement rapide et saccadé: on se serait davantage cru à France Info en pleine période de crise de l'actualité qu'à TF1 en plein mois de juillet.
L'homme, heureusement, s'est assez rapidement détendu. Son port de tête était étrangement un peu décalé vers la gauche. Ses "gimmicks" de lancement des sujets ("On fait le point avec untel", "Alors, etc") étaient parfois d'arvoriens. Mais son sourire à la fin, effectivement, était ravageur.

14/07/2006

Un réveil national

C'était ce matin, beaucoup trop tôt pour un lendemain de bal du 13 juillet, et c'était tellement bizarre qu'on croyait à nouveau faire un mauvais rêve. Comme une bonne partie de la ville sans doute, on a été tiré du lit par le vacarme assourdissant produit par une escouade d'hélicoptères Gazelle, Tigre et Puma. Géographiquement, on n'a pas encore compris pourquoi ils avaient cru bon de survoler le quartier Bastille pour rejoindre le défilé des Champs.
B.DL.

13/07/2006

Un peu de cuisine interne

Cela n'a pas forcément grand intérêt, mais c'est à ce genre de détails que l'on mesure les particularités de la vie de travailleur expatrié. Quel jour férié de fête nationale un Belge travaillant en France est-il supposé observer? Chaque année au mois de juillet, on y songe.
Prendre congé le 21 juillet, jour de la fête nationale belge? Mais en France, le 21 juillet est évidemment un jour d'activité normale. Si ce Belge est journaliste, il aura donc vraisemblablement de l'actualité française à couvrir et devra dès lors travailler. Prendre congé le 14 juillet alors, comme tous les autres travailleurs de France, pays complètement à l'arrêt ce jour? Mais le 14 juillet n'étant pas férié en Belgique, les collègues sont généralement demandeurs de papiers, français notamment, pour alimenter les pages. A fortiori qu'à cette date, le Président de la République donne chaque année sa traditionnelle interview télévisée, qui fait généralement l'actualité de la semaine et signe de facto la fin de la saison politique.
Pour le coup, on se retrouvait donc souvent à bosser à la fois le 14 et le 21 juillet. Et, par conséquent, à être le seul citoyen au monde, ou à peu près, à ne bénéficier d'aucun jour férié de fête nationale.
Ce n'est pas dramatiquement grave. Mais on a quand même décidé, il y a quelques années, d'instaurer un nouveau régime de travail pour les jours de fête nationale. Le 21 juillet, on travaille, mais a priori uniquement s'il y a de l'actu. Le 14 juillet, on travaille d'office, mais a priori une demi-journée seulement: grasse matinée jusqu'à 13 heures, puis Chirac à la télé au petit-déjeuner, puis exégèse de la pensée élyséenne l'après-midi.
On ne l'a jamais caché: ce régime a surtout pour gros avantage de permettre d'amplement profiter des bals populaires, bals de pompiers, flonflons et autres réjouissances du 14 juillet, qui, comme chacun sait, ont surtout lieu le soir du 13 juillet. Et auxquels, évidemment, tout observateur un peu sérieux de la vie hexagonale se doit d'assister, ne fût-ce pour garder ce précieux contact avec le terrain.
On y court donc illico, en n'écoutant à nouveau que notre strict devoir.
B.DL.

Un été sarkozyste

medium_tong-ump-nice.jpgAoût approchant, des dizaines de millions de Français s'apprêtent à partir à la plage. Cet été encore, ils y croiseront "les Jeunes Populaires", qui écumeront quelque 80 stations balnéaires de l'Hexagone pour inviter les vacanciers à "imaginer la France d'après" et à adhérer à l'UMP.
Dans le sac de plage que ces jeunes sarkozystes distribueront aux estivants, on trouve de tout: des bonbons, un repose-tête et même des tongs dont la semelle a été conçue pour laisser l'empreinte du sigle du parti sur le sable. On va certainement se les arracher à Six-Fours-les Plages, Palavas-les-Flots et Cavalaire-sur-Mer.
Dans ce kit de plage, on trouve aussi un magnifique "petit journal ludique". Après des mots fléchés, un jeu des 7 erreurs, une page de coloriage pour les gosses et des grilles de Sudoku, figure un "quizz UMP". Treize questions permettent à l'estivant moyen de mesurer son degré de sarkophilie. Si le vacancier obtient une majorité de cercles à ses réponses, il est fin prêt pour "imaginer et construire la France d'après" avec Nicolas et Cecilia. S'il obtient une majorité de triangles, il partage, malgré quelques divergences, "une majorité de points de vue" avec l'UMP. S'il obtient une majorité de carrés, il a hélàs "des idées différentes" des sarkozystes.
Pour obtenir une majorité de carrés, il faut faire très fort. Il faut avoir répondu par exemple que l'amélioration de l'apprentissage des langues étrangères à l'école et l'accroisssement du budget de la Culture sont inutiles, que le chômage ne peut pas baisser, que l'écologie est sans intérêt, que la régularisation de tous les sans-papiers s'impose et que la Justice doit être plus lente. Il faut donc être très peu sarkozyste.
Mais, précise le "petit journal ludique", l'UMP ouvre grand ses portes à ces estivants y compris. Car avoir "des idées différentes" est "une richesse". Et car "l'UMP reste une formation populaire et ouverte à tous, où chacun a le droit de s'exprimer".
A neuf mois des élections présidentielles, que ne ferait-on pas pour ratisser large. Y compris le sable des plages.
B.DL.

12/07/2006

Une question d'honneur, donc

medium_mousquetaire.jpgFrance Info le répète en boucle depuis 7 heures du matin, donc c'est que cela doit être un peu vrai. Aujourd'hui, le pays tout entier (nous aussi dès lors, en déduit-on) est "suspendu aux lèvres de Zinedine Zidane". Qui, chez Denisot à 20 heures ce soir, doit s'expliquer sur son fameux "coup de sang" (comme on dit ici) de dimanche.
On est assez rarement d'accord avec Yves Thréard. Mais ce matin, on trouve que l'éditorialiste du "Figaro" voit plutôt juste lorsqu'il s'énerve un peu que, cent ans jour pour jour après la réhabilitation du capitaine Dreyfus, le 12 juillet 1906, l'Hexagone se passionne surtout pour "l'honneur d'un autre capitaine": celui des Bleus.
Cette passion commence d'ailleurs à franchement faire délirer certains. On ne parle pas tant de Bernard-Henri Lévy, qui, dans le "New York Times", transforme cette pitoyable affaire de coup de boule en véritable drame de la mythologie antique: cette vision des choses et ce style si ampoulé sont finalement plus comiques que tragiques. On se réfère par exemple au papier signé ce matin dans "France Soir" (d'accord, c'est "France Soir"), par Gilbert Collard (d'accord, c'est Gilbert Collard).
L'ineffable star du barreau trouve carrément que "Zidane, en réagissant ainsi, a agi en homme d'honneur". Décrète que la maîtrise de soi est "souvent l'alibi de la trouille" et est l'apanage du quidam qui "a une petite idée de soi-même". Qualifie ce coup de tête de "grandiose" car il "remet d'un coup les valeurs à leur place". Et conclut en rangeant le capitaine des Bleus dans l'histoire littéraire française: "Zidane est sorti par la très grande porte où devaient l'attendre, ravis, les trois Mousquetaires et Cyrano de Bergerac".
On s'est bien couché un peu tard hier, mais là, on se pince tant on croit être encore en train de rêver.
B.DL.

10:50 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Football, Zidane

11/07/2006

Une effarante bienveillance

On n'en croit décidément ni ses oreilles, ni ses yeux devant l'effarante complaisance avec laquelle est traitée l'"affaire Zidane" en France.
On ne se réfère pas spécialement à ce sondage publié ce matin dans "Le Parisien", qui indique que 52 pc des Français comprennent et 61 pc pardonnent le coup de tête que le capitaine des Bleus a asséné dimanche au défenseur italien Marco Materazzi: sans doute ne peut-on demander à une opinion de brûler aussi rapidement ce qu'elle a adoré si longtemps. On en veut plutôt à tous ces médias qui semblent avoir abdiqué leur responsabilité.
En clair? A ces commentateurs arrogants qui justifient la "réaction aussi formidable que spontanée" de Zidane au nom de son "honneur bafoué". Au quotidien "L'Equipe" qui a corrigé ce matin son édito pourtant plutôt juste d'hier. A ces radios ou télés, qui, depuis dimanche soir, manient l'euphémisme et la litote: ne parlent plus de coup de tête mais de "coup d'éclat", transforment un acte de violence anti-sportif en simple "geste brutal", réclament non des excuses mais de simples "explications", trouvent que ces explications relèveraient non pas de la moindre des choses mais "du panache". Et on a même entendu sur les ondes des animateurs qui trouvaient très drôle que, demain, quand un jeune voudra menacer un autre d'un coup de boule, il lui dira: "Fais gaffe! Je vais te faire un Materazzi!"
Cette légèreté est consternante. On préférait nettement, ce matin à la radio, le ton du jeune Samir Mihi, cet éducateur de Clichy-sous-Bois qu'on avait longuement rencontré lors des émeutes des banlieues, cet automne. Lui ne prenait pas du tout ce coup de boule à la légère ou à la rigolade. Et expliquait combien, vu la valeur de "modèle" de Zidane, cela allait être difficile d'expliquer à tous ces jeunes de banlieue "que ce ne sont pas des choses à faire, qu'on ne répond pas à une insulte par un coup de tête". Bon courage, en effet.
B.DL.

10/07/2006

Une énormité

La Coupe du monde est terminée, mais on n'a évidemment pas fini d'en parler. Ce matin, tant à la radio que dans les journaux ou dans les conversations à la boulangerie, chez le kiosquier ou devant la machine à café, on ne parle que de cela à Paris comme dans le reste de l'Hexagone.
Les Français n'ont pas seulement gagné le Mondial, ils ont surtout "perdu une star". Et les éditorialistes de pleurer "le mythe brisé", de se lamenter sur "la sortie ratée" de "ce Dieu du stade qui n'est qu'un homme".
On parle évidemment du "coup de sang" -- du coup de tête donc, pour dire les choses telles qu'elles sont -- asséné par Zinedine Zidane au défenseur italien Marco Materazzi à la 110ème minute de la partie. Quelle mouche a donc piqué "l'icône nationale"? Et, surtout, comme se demande "L'Equipe" ce matin, comment expliquera-t-on son geste anti-sportif aux dizaines de millions de ses jeunes supporteurs qui n'ont qu'un rêve: devenir les Zidane du 21ème siècle?
La plupart des commentateurs le soutenaient mordicus: si Zidane avait pété un plomb, c'était forcément parce que l'Italien l'avait délibérément provoqué, l'avait intentionnellement insulté de manière gravissime pour le pousser à la faute et donc entraîner son expulsion. Mais quelle insulte pouvait donc se révéler si blessante pour faire ainsi perdre son sang froid à l'"idole des banlieues"?
Dans la logorrhée matinale des supputations, des exégèses et des commentaires, on retenait surtout une insulte présumée, à l'écoute de laquelle on sursautait effectivement. Materazzi, à en croire cette indiscrétion, aurait en fait traité Zidane de "terroriste".
Cela paraît tellement énorme. Et puis, on se dit que, pour expliquer, justifier et donc quelque part, plus tard, exorciser "un drame national", il faut peut-être une énormité.
B.DL.

09/07/2006

Une si longue attente

Incroyable, dimanche soir peu avant 20 heures, le nombre de passants parisiens qui pressaient le pas pour regagner leur domicile ou pour gagner le bistrot du coin et tenter d’y trouver une illusoire petite place dans la foule. Incroyable aussi combien les voitures et les scooters roulaient vite. Rarement sans doute a-t-on brûlé autant de feux rouges dans la capitale qu’en ces quelques minutes fatidiques d'avant match.
Le début de la soirée, on avait décidé de le passer au cinéma. On s’était dit que ce serait là sans doute le seul lieu au calme de toute la ville. Les salles, effectivement, étaient désertes. Jamais en quelques années de Parisien on n’avait pas dû faire la queue un dimanche soir à l'UGC des Halles.
Deux bonnes heures plus tard, le match s’éternisait. La ville n’existait plus que par attroupements compacts autour d’écrans géants. A chaque coin de rue, il y avait foule, mais entre ces masses agglutinées, il n’y avait – littéralement – personne : pas un passant, pas une voiture, pas un chat, pas un souffle. Deux millions de Parisiens semblaient skotchés à leur téléviseur. La cité paraissait comme suspendue.
Par les vitrines ou dans les terrasses, on voyait les gens se prendre la tête entre les mains, froncer les sourcils, se cacher les yeux pour ne pas voir la télé, suer parfois, à grosses gouttes. Les prolongations, comprenait-on, étaient terminées. Venait le temps des tirs aux buts. «Barthez!», «Barthez!», «Barthez!» : de toutes les fenêtres ouvertes, un même cri retentissait.
Suivirent quelques exclamations. Puis quelques minutes encore, et un long silence. Place des Vosges, un serveur de restaurant sortait en terrasse et pestait : «Bon, ben c’est les Italiens qui l’ont, ces connards!». Quelques touristes aussi endimanchés que bien élevés prenaient prudemment une mine affligée de circonstance.
Les foules, atterrées, sortaient des bistrots. Des gens se prenaient dans les bras, d’autres pleuraient. Beaucoup restaient immobiles, hébétés. Certains s’asseyaient sur le trottoir, le regard vide, la mine basse. «Allez, ce n’est pas si grave ! », entendait-on murmurer. Puis, plus loin: «Et bien, vive la France quand même!».
Devant la pizzeria «Bella Angela», une poignée de jolies Italiennes improvisaient quelques bas de danse pendant que leurs compagnons faisaient exploser des pétards. «Italiens, fils de pute!», leur lançait-on d’une voiture passant en trombe, avec doigts d’honneur à l’appui.
Arrivé à la maison, on branchait France Info. Les commentateurs fustigeaient l’arbitrage, rappelaient les récents scandales du foot sale italien, ne s'offusquaient même pas que Zidane ne vienne pas chercher sa médaille d’argent. On entendait la foule du bistrot du coin se disperser. «On est en finale!», «On est en finale!», tentaient bien l’un ou l’autre supporteur, pour remonter le moral ambiant. En vain.
Le match, si long, était terminé. La fête du siècle dans les rues était annulée avant même d’avoir débuté. Mais la vie normale, dès demain, allait enfin recommencer.
B.DL.

07/07/2006

Un flottement

medium_karcher.jpgOù est donc Nicolas Sarkozy? Le grand patron de l'UMP, d'habitude médiatiquement si omniprésent, est un peu absent de toute l'agitation politico-médiatique autour du Mondial de foot. Ainsi, à l'inverse de Chirac et Villepin, on ne l'a pas encore vu parader dans les tribunes officielles des stades ou poser pour les paparazzi et les caméramen avec la sacrosainte écharpe des Bleus autour du cou.
Officiellement, l'intéressé fait son métier de "premier flic de France": il évite que les soirées de liesse populaire ne dégénèrent trop. Certains murmurent toutefois que le ministre de l'Intérieur a été victime de la prudence exagérée de ses conseillers en communication. Dès le début du Mondial, ceux-ci lui auraient conseillé de ne pas trop associer son image au parcours des Bleus, qu'on croyait à l'époque peu prometteur, et d'axer plutôt sa com estivale sur le tour de France, sportivement moins risqué. Le ministre peinerait à présent à inverser cette stratégie médiatique qui s'est avérée trop pessimiste.
Une autre thèse circule pour illustrer sa discrétion. Depuis les violences urbaines de l'automne et ses dérapages au karcher, Sarkozy est fâché avec l'un ou l'autre pilier bleu, Lilian Thuram singulièrement. La popularité de la sélection française dans les banlieues prendrait un peu trop à contre-pied celle de Nicolas Sarkozy et expliquerait ses flottements de communication. Un calicot brandi l'autre jour sur les Champs, et filmé par toutes les télés de France, a bien résumé la difficulté du travail d'image actuel du ministre. Il disait: "Les racailles vont vous ramener la coupe du monde. C'est pas magnifique?".
Le ministre peut d'autant plus être embarrassé qu'il doit se coltiner en ce moment le délicat dossier des jeunes sans-papiers promis à l'expulsion, et qui sont pour une bonne part de la même origine que ces footballeurs "black-beur" adulés par l'opinion. Dans la gestion de ce dossier, d'ailleurs, Sarkozy cafouille. Début de semaine déjà, il avait dû remettre au pas son médiateur national Arno Klarsfeld, qui s'était imprudemment engagé à ce que, à la prochaine rentrée scolaire, pas une chaise d'écolier ne soit inoccupée dans les salles de classe. Hier à nouveau, il a dû corriger un haut fonctionnaire de la préfecture de police cette fois, qui avait assuré que plusieurs milliers de familles seraient régularisées.
Deux gros flottements politico-médiatiques en Sarkozie, en quelques jours seulement. Cest assez rare pour être souligné. Et cela témoigne peut-être, effectivement, d'un certain malaise de l'intéressé.
B.DL.

06/07/2006

Une légère saturation

On se souvient qu'il y a un mois, on avait fait voeu d'empathie. On s'oblige donc, de bonne grâce, à se réjouir de l'accession hier soir des Bleus en finale du Mondial. Il n'empêche, après le chahut de la soirée et de la nuit, on s'est dit au réveil ce matin que, pendant la Coupe du monde en tout cas, ce n'était visiblement pas un privilège et un plaisir permanents d'habiter au coeur même de Paris, à deux pas des grands boulevards les plus fréquentés par les foules en liesse.
On commence d'ailleurs à un peu saturer de l'omniprésence médiatique de cet événement. De ces métaphores footballistiques qui ont phagocyté tout le reste de l'actualité. De la vue en boucle de cette camaraderie si primairement virile. Du lexique guerrier de ces commentateurs télé et de la pauvreté de leur vocabulaire. Du nationalisme cocardier de tous ces sportifs du dimanche et autres sélectionneurs de bistrot.
Et de la débilité parfois décidément insondable de cette allégresse footeuse. Deux jeunes supporteurs des Bleus, cette nuit, ont trouvé la mort. Le premier ici à Paris, à la station Opéra, en tombant du toit d'une rame de métro où il était monté on ne sait trop pourquoi. Le second à Lyon, en se jetant d'un pont dans la Saône pour honorer on ne sait trop quel pari alcoolisé. Dira-t-on jamais assez l'ineptie de ces deux morts?
B.DL.

PS: En début d'après-midi, le bilan officiel de la nuit est tombé: outre les deux cas déjà cités, deux décès supplémentaires sont à déplorer. A Montpellier, un jeune de 24 ans originaire de Seine-Saint-Denis a été frappé d'un coup de couteau à la gorge aux alentours de minuit, dans les désordres ayant accompagné les mouvements de foule consécutifs à la fin du match. Une demi-heure plus tôt, près de Lens, une jeune femme de 20 ans perdait la vie. Elle était assise, le corps penché à l'extérieur, sur la portière d'un véhicule de supporteurs qui paradait en ville. Le conducteur a dû faire une embardée pour éviter un piéton. La jeune fille a percuté une barrière métallique et a été tuée sur le coup. On arrête quand ces idioties?

05/07/2006

Une certaine agitation

Jour J donc, aujourd'hui. Pas moins de trois stades de football de la capitale ouvriront exceptionnellement leurs portes ce soir pour retransmettre en direct et sur écran géant la rencontre avec le Portugal, devant quelque 80.000 spectateurs attendus.
Les champs-Elysées seront interdits à la circulation automobile dès 20 heures pour pouvoir accueillir la grande foule, a fortiori en cas de victoire des Bleus. Quatorze compagnies de CRS et de gendarmes mobiles, deux compagnies d'intervention, d'innombrables agents des brigades anticriminalité et des hommes du service régional de police des transports seront déployés sur "la plus belle avenue du monde". Au total, plus de 2.000 fonctionnaires la quadrilleront pour assurer la sécurité de la foule et éviter les débordements.
C'est un peu moins, tout de même, que les 3.000 agents qui avaient été mobilisés un samedi soir de cet automne, au plus fort de la crise des violences urbaines, lorsque les rumeurs les plus folles avaient annoncé des descentes massives de banlieusards en colère sur les Champs-Elysées...
B.DL.

04/07/2006

Un détail

medium_pizzeria.jpgUn concert de louanges (syndicales notamment, c'est tout dire venant des cheminots) accompagne donc la nomination de Louis Gallois à la tête d'EADS. A l'Aérospatiale puis à la SNCF, cet homme s'est bâti une réputation de gestionnaire efficace, de conciliateur social hors pair, de bon communicateur et de fin politique, à l'aise aussi bien avec les gouvernements de gauche que de droite -- rappelons que ce chevènementiste à l'origine a été nommé par Alain Juppé.
Louis Gallois a aussi un autre atout, qui n'a peut-être pas été assez souligné ces derniers jours. C'est un homme d'affaires qui a toujours su rester en contact avec le monde réel.
Ainsi, depuis quinze ans, il figure dans le fin fond du classement des grands patrons les mieux payés de l'Hexagone. Il a toujours fui comme la peste toute marque ostensible de richesse. Malgré son irrésistible ascension dans les hautes sphères du business hexagonal, il continue à habiter le même pavillon de banlieue. Et, comme un de ses proches nous l'avait autrefois confié, le week-end, il fréquente toujours aussi régulièrement, en famille, la pizzeria de son quartier.
Un ténor du CAC 40 qui déjeune à la pizzeria du coin avec le petit peuple, sans le faire exagérément savoir qui plus est. Ce n'est pas qu'un détail. Cela devrait peut-être être rendu obligatoire à partir d'un certain niveau de rémunération et/ou de responsabilité.
B.DL.