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26.07.2006

Un peu de repos

medium_parasol.jpgC'est enfin le Jour J, le jour du départ en vacances, ce soir.
On en profitera d'autant plus cet été que, journalistiquement, l'année a été aussi passionnante qu'éreintante: la flambée des banlieues, la crise du Contrat première embauche, l'affaire Clearstream, etc. D'autant plus aussi que l'automne promet tout autant d'intenses moments de travail, avec le véritable lancement de la campagne pour des élections présidentielles très indécises.
Cet été comme les autres, le premier objectif des vacances sera de se déconnecter. Sinon de l'actualité (jamais totalement évidemment, comme tout journaliste normalement constitué), du moins déjà de l'écriture au quotidien et des servitudes de l'informatique, avec notamment un vrai programme de désintoxication aux mails et aux blogs.
"Paris Libre" se met donc en vacances pour quelques semaines. S'agissant non d'un blog perso mais d'un blog boulot, on ne se voyait pas trop y raconter nos anecdotes de plage. Sauf actualité majeure d'ici là, qui imposerait un retour précipité au bureau, on s'y replongera le lundi 28 août, pour la suite de ces petites chroniques sur la vie de journalistes étrangers à Paris.
Au plaisir, déjà, de vous y retrouver. Et en attendant, bel été à toutes et à tous.
B.DL.
PS: Comme chaque été depuis plusieurs années maintenant, les dix premiers jours de vacances au moins, on aura l'impression de les passer au coeur du sérail politico-people parisien. Géographiquement, en effet, on sera quasiment voisins du couple François Hollande-Ségolène Royal, en partance eux aussi avec leurs enfants ce soir pour leur résidence de Mougins. On se promet d'emblée d'y penser le moins possible. Cela ne va pas être trop ardu.

25.07.2006

Un "calvaire"

medium_soleil.jpgLes Parisiens n'en peuvent plus. Après trois semaines de canicule, et alors que la température dépassera à nouveau les 37 degrés dans la capitale ce mardi, ils ne parlent plus que de la chaleur et de ses inconvénients.
Il n'y a qu'à les observer un peu dans la rue pour le constater: certains commencent littéralement à se traîner, visiblement exténués par la mauvaise qualité de ces dizaines de nuits successives elles-mêmes étouffantes.
Dans le pays, le nombre de morts augmente de jour en jour et a désormais dépassé la quarantaine: record européen, à nouveau. Mais tous les experts l'assurent, à longueur de journées: on n'est pas dans une situation de catastrophe sanitaire comme en 2003. Les médias utilisent néanmoins des mots très forts, parlent notamment du "calvaire" qui va perdurer. On avait pourtant cru comprendre qu'en ce moment, le "calvaire" était plus au Liban qu'en France.
A Paris, la canicule déjoue même les plans de communication les plus aboutis. Ainsi, les organisateurs de "Paris Plage" sont, dit-on, subermergés par les plaintes d'estivants agacés par le nombre insuffisant de parasols mis à leur disposition. Et les journaux locaux déconseillent aux Parisiens d'aller jouer les plagistes sur les berges de la rive gauche, pourtant supposées l'attraction majeure de cette édition: l'ensoleillement, beaucoup plus fort que sur les berges de la rive droite, y serait insupportable.
Le soleil oblige même, parfois, à de savantes manipulations. Ainsi, les organisateurs du "Beach Volley World Tour", qui réunit jusqu'à la fin de la semaine les meilleures équipes mondiales de beach-volley sur le Champ-de-Mars -- on essayera d'aller y faire un tour, évidemment --, ont-ils dû recourir à 3 000 tonnes de sable d'un type très spécial. Ce sable a été spécialement confectionné puis tamisé de manière à ne pas trop éblouir les joueurs (et les caméras de télé), à ne coller que très faiblement à leur peau dégoulinante de sueur, et surtout à ne pas trop absorber la chaleur du soleil, afin de ne pas brûler les pieds nus des sportifs.
Se brûler les pieds nus sur le sable? Ou se consumer à petit feu dans un bureau et face à un ordinateur surchauffés? Entre ces deux "calvaires", on le sent, on ne va plus hésiter très longtemps.
B.DL.

24.07.2006

Une inaction coupable

medium_sdf.jpgIl ne fallait pas être très finaud pour le pressentir, et on avait d’ailleurs soulevé, ici même, le problème depuis plusieurs semaines déjà. Les campements de tentes de SDF s’étant multipliés dans la capitale depuis l’hiver, les problèmes de cohabitation avec les riverains excédés par ce voisinage se multiplient avec les chaleurs de la canicule, et la situation se dégrade désormais dangereusement.
Boulevard Jules Ferry, les comités de quartier exigent le déménagement d’un campement, qu’ils jugent envahissant, bruyant, insalubre et insécure. Le long des voies sur berges, les SDF ont été invités à déguerpir pour ne pas gâcher le paysage de l’opération «Paris Plage». Et ce week-end, près de la gare de l’Est, quatre tentes ont carrément été dévastées par un incendie, qui pourrait être criminel.
Alors qu’il est confronté depuis plus de six mois à cette situation, le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour éviter qu’elle dégénère. Tout au plus un médiateur vient-il d'être nommé. Et une centaine de places supplémentaires d’hébergement d’urgence seront ouvertes cette semaine dans la capitale. Mais ce sera très insuffisant: on dénombre actuellement plus de 300 tentes de SDF dans Paris.
Ce soir, les associations pour le droit au logement manifestent devant le cabinet du ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo. Elles réclameront notamment la réquisition des plusieurs milliers de logements vides qui, malgré tous les engagements, sont toujours recensés dans la capitale.
Le mois prochain, plus grave encore, on célébrera le premier anniversaire du début de la série noire des incendies d’hôtels de transit miteux, qui, l’été dernier, coûtèrent la vie à une cinquantaine de personnes à Paris – dont de nombreux enfants. Là aussi, sans doute, le même constat désespérant d’inaction et d’indifférence devra être dressé. Et le pire, c'est qu'il n'étonnera vraisemblablement pas grand monde.
B.DL.

21.07.2006

Une pensée

medium_DrapeauBelge2.gifOn n’a jamais été très cocardier ; c’est sans doute dû au statut d’expatrié. On n’a jamais trop, non plus, éprouvé le mal du pays ; au contraire, chaque jour ou presque, l’idée nous traverse, fugace, qu’on a une chance folle de vivre à Paris.
En ce vendredi, toutefois, on a une petite pensée pour le plat pays. Et pour cause. Aujourd’hui, 21 juillet, c’est la fête nationale belge. Et c’est donc … congé !
Un jour comme celui-ci, en tout cas, on se sent plutôt content d’être Belge.
B.DL.

20.07.2006

Une nouvelle bien de saison

medium_Pastis.jpgS’hydrater : c’est donc le mot de la semaine. On n’a lu, vu et entendu que lui, ad nauseam.
A en juger à la quantité et au contenu des verres qui trônent sur toutes les tables des terrasses des cafés, les Parisiens assoiffés qui, lors de leur pause-déjeuner ou à la sortie de leur boulot, se précipitent au bistrot pour se rafraîchir de la canicule n’ont pas toujours compris une chose: que le litre et demi de liquide qu’il convient, selon le sacrosaint conseil de l’été, d’ingurgiter quotidiennement se réfère exclusivement à une quantité d’eau – ou en tout cas à une quantité de liquide non alcoolisé.
A ce sujet, en profitant de la maigreur de l’actualité pour remettre un peu d’ordre au bureau, on vient de retomber sur une dépêche qu’on avait soigneusement mise de côté il y a quelques semaines, puis qu’on avait oubliée. Et pourtant, Dieu sait si elle relate une évolution culturelle d’importance.
Pour la première fois dans l’Hexagone, le pastis – bien sûr la boisson reine de tout été français qui se respecte – vient d’être détrôné par le whisky. Avec 112 millions de litres en 2005 (soit une progression de 3 pc), les ventes de whisky ont dépassé celles des alcools anisés (109 millions) en France.
L’honneur hexagonal n'est toutefois pas totalement perdu : le géant français Pernod Ricard représente à lui seul plus du quart des ventes de whiskys en France.
B.DL.

19.07.2006

Une vague nostalgie

"Paris Plage" commence, donc. Ce matin, on s'est souvenu de ce qu'était la plage à Paris avant la grande opération estivale annuelle de Bertrand Delanoë.
C'était il n'y a pas si longtemps: à la fin des années 90 ou au début des années 2000. A l'époque, le long des voies sur berges, il n'y avait rien. Les voitures y étaient déjà interdites à la circulation en août, mais, pour le reste, il n'y avait rien. Ni brumisateurs géants, ni cours de taïchi, ni murs d'escalade, ni vendeurs de chiens chauds, ni pétanque, ni concerts de reggae, ni trampolines, ni locations de chaises longues: rien. Pas même et surtout pas la foule.
A l'époque, on pouvait s'allonger le long de la Seine et y paresser pendant des heures au soleil sans être troublé par le moindre bruit, hormis les clapotis du fleuve et le vague ronronnement des bateaux de touristes. Il suffisait de fermer les yeux pour se sentir à la mer. Et quand on décidait de les rouvrir, on avait le spectacle de la plus belle perspective urbaine et fluviale au monde rien que pour soi. Quand on avait trop chaud, on pouvait aller bouquiner, seul ou presque, à l'ombre des arbres si splendides des quais Henri IV ou des Célestins. Et le soir, on s'y réunissait jusqu'à pas d'heure entre copains: les pique-nique n'étaient pas encore à la mode à Paris -- cela semble si loin.
"Paris Plage, pour ceux qui n'ont pas l'occasion ou les moyens de partir à la mer, c'est vraiment les congés payés du XXIème siècle!", s'enthousiasmait un élu écologiste parisien, ce matin. On en convenait de bonne grâce. On se demandait alors, en culpabilisant un peu, si notre sentiment vaguement rétif à l'égard de la populace grouillante de "Paris Plage" était voisin de celui qu'avaient éprouvé les grands bourgeois de l'été 36 à la vue des foules de néo-estivants ouvriers débarquant sur leurs si belles et chères plages, à la faveur des premiers congés payés.
On se disait que ce n'était pas possible, qu'on était bien un peu nostalgique mais qu'on était assurément plus bienveillant.
B.DL.

18.07.2006

Une trouvaille astucieuse

medium_eventail.jpgLes quêteurs et autres bonimenteurs du métro ont toujours un mal fou à attirer l'attention des voyageurs et à susciter leur générosité. Ces derniers jours, pourtant, ils ont beaucoup de succès.
En effet, depuis que la canicule s'est abattue sur Paris, les plus astucieux d'entre-eux ne prennent même plus la peine d'essayer de refiler aux usagers leurs éternels journaux de SDF, improbables colifichets pour sourds-muets et autres guides des restaurants pas chers de la capitale. Ils ont trouvé beaucoup mieux: ils vendent... des éventails!
Ce midi, il est vrai, dans notre train de la ligne 5, il faisait vraiment caniculaire. En temps normal à Paris, même en plein hiver, il fait toujours dix degrés de plus dans le réseau de métro qu'à l'extérieur. En ce moment, il y fait donc beaucoup plus que torride: l'atmosphère y est carrément irrespirable. Le pauvre hère qui y vendait des éventails (au prix de deux euros la pièce) était dès lors submergé par la demande. Et, dans chaque rame, voyait son maigre stock chaque fois pris d'assaut.
Pour le coup, les regards d'habitude si las voire hostiles des usagers à son endroit étaient devenus courtois, complices, bienveillants sinon carrément amicaux, et le bonhomme n'en revenait visiblement pas.
On se réjouissait d'une si improbable adéquation entre l'offre et la demande, de cette alliance aussi inattendue que baroque contre les éléments.
B.DL.

Une étuve

Trouver "des nouvelles fraîches" donc, comme on dit dans le métier. En ce moment, c'est vraiment, et doublement, mission impossible.
D'abord, il ne se passe plus rien: la France entière semble déja partie à la plage. Ces derniers jours, le téléphone a tellement peu sonné qu'on a décroché à plusieurs reprises le combiné pour s'assurer que la ligne n'avait pas été coupée. Hier, on a lu des dizaines de pages du dernier livre de Nicolas Sarkozy pour rien. Et ce matin, on l'a écouté pendant des dizaines de minutes à la radio également pour rien. Hormis de la mise en scène narcissique, c'était si vide.
Ensuite, il fait vraiment trop chaud pour des nouvelles fraîches. Même la météo perd la boule. 36 degrés, 37 ou de 38 à 40 degrés dans la capitale aujourd'hui? On a tout entendu et son contraire ce matin.
Au bureau de presse européen partagé par "La Libre", boulevard Richard Lenoir, dans le onzième, on s'organise pour affronter la canicule. Certains journalistes ont carrément annoncé que, tout en n'étant pas encore en vacances, ils travailleraient désormais chez eux. D'autres ont opté pour le look plage: tongs, bermuda et chemise à fleurs. On s'attend à voir apparaître les brumisateurs. La terrasse orientée à l'est, torride dès 8 heures du matin, est condamnée jusqu'en fin de matinée et sert de refuge l'après-midi. La terrasse côté sud-ouest, caniculaire dès 13 heures, est rafraîchie régulièrement et jusqu'en début de soirée par de grands coups de tuyau d'arrosage. Un énorme parasol immaculé y a été déployé et des stores vénitiens ont été apposés devant les baies vitrées des bureaux pour couper les rayons du soleil. On éteint les ordinateurs pendant la pause-déjeuner, pour réduire la température ambiante de quelques précieux degrés. On évite les lampes halogènes. Et dès l'arrivée au bureau, on prépare pour toute la troupe de grandes rasades de thé vert à la menthe qu'on met illico au frigo, pour les ressortir glacées dans l'après-midi.
Mais, malgré toutes ces précautions, tout le monde se pose la même question: tiendra-t-on encore longtemps?
B.DL.

17.07.2006

Une vision débile

Il y a quelque chose d'un peu agaçant dans tous ces commentaires lus, vus et entendus autour de Harry Roselmack, qui entame sa carrière à TF1 ce soir. On ne parle pas ici du débat autour de la couleur de peau du joker de PPDA; tout a été dit. Mais de ces réflexions autour de "la beauté" de l'intéressé, qui, assure-t-on, aura un impact si fort sur l'audimat féminin.
A en croire ces commentaires, qui se veulent sans doute si délicieusement malicieux -- et qui sont d'ailleurs invariablement délivrés par des journalistes mâles --, l'arrivée du beau Harry boostera dès ce soir l'audience du 20 Heures de TF1. Car des millions de téléspectatrices, complètement sous le charme, se fidéliseront à ce rendez-vous juste pour les si beaux yeux de l'intéressé.
Selon ce shéma, la téléspectatrice moyenne regarderait donc moins un JT pour le fond des infos que pour la forme: pour la couleur de la cravate du présentateur en somme, la beauté de son visage, ou la blancheur de son sourire. Le téléspectateur moyen, lui, serait évidemment exclusivement intéressé par le fond des JT: la pertinence des infos, la ligne rédactionnelle, etc.
Nulle place, dans un cadre aussi éculé, pour des téléspectateurs mâles, mêmes hétérosexuels, qui décideraient de rester fidèles à un présentateur simplement parce qu'ils sont sensibles à son charme. Et pour des téléspectatrices qui feraient le choix de zapper un JT qu'elles jugent peu intéressant, même si celui-ci est présenté par un canon de beauté.
C'est évidemment une vision aussi sexiste que débile des choses.
B.DL.

PS: "Bonsoir à tous. Voici les titres de l'actualité". Oubliés le "Bonsoir à toutes et à tous", ou le "Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonsoir": Harry Roselmack a donc choisi le genre masculin, englobant comme chacun sait, pour faire ses premières salutations aux téléspectateurs.
Pour le reste, dans les dix premières minutes de son premier JT, le débit du nouveau présentateur était épouvantablement rapide et saccadé: on se serait davantage cru à France Info en pleine période de crise de l'actualité qu'à TF1 en plein mois de juillet.
L'homme, heureusement, s'est assez rapidement détendu. Son port de tête était étrangement un peu décalé vers la gauche. Ses "gimmicks" de lancement des sujets ("On fait le point avec untel", "Alors, etc") étaient parfois d'arvoriens. Mais son sourire à la fin, effectivement, était ravageur.

14.07.2006

Un réveil national

C'était ce matin, beaucoup trop tôt pour un lendemain de bal du 13 juillet, et c'était tellement bizarre qu'on croyait à nouveau faire un mauvais rêve. Comme une bonne partie de la ville sans doute, on a été tiré du lit par le vacarme assourdissant produit par une escouade d'hélicoptères Gazelle, Tigre et Puma. Géographiquement, on n'a pas encore compris pourquoi ils avaient cru bon de survoler le quartier Bastille pour rejoindre le défilé des Champs.
B.DL.

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