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29/09/2006

Un vacarme

medium_11_51_05_571533000_00802244.jpgC’est parti, donc. Ségolène Royal officialisera sans doute ce soir sa candidature à l’investiture socialiste pour les présidentielles de 2007. Dominique Strauss-Kahn l'a fait ce midi. Laurent Fabius dimanche. Et Jack Lang, on ne sait pas.
On n’a pas fini d’entendre parler de cette campagne: ces prochains jours (cela nous épargnera au moins le Mondial de l’automobile), ces prochaines semaines, et tous ces prochains mois jusqu’en avril prochain.
On en parlera notamment, énormément, sur internet. Le "bruit médiatique" n’a jamais assuré une élection, était-il répété ici, l’autre jour. Mais là, les présidentiables socialistes sont carrément à l’origine d’un vacarme.
On le pressentait, on l’a vérifié ce matin. En tapant Dominique Strauss-Kahn sur Google.fr, on obtient plus d'un million de réponses. Avec Laurent Fabius, le moteur de recherche affiche 1,5 million de résultats. Ségolène Royal, elle, les surpasse largement avec ses 4,6 millions de références.
Et Jack Lang, au fond? Depuis des semaines, la rumeur le dit en petite forme. Elle assure notamment qu’il ne décrochera même pas les 30 parrainages de hiérarques socialistes nécessaires au dépôt de sa candidature. On le saura d’ici mardi.
En attendant, l’ancien ministre de la Culture se ravira au constat que, sur le web en tout cas, il casse toujours la baraque: son nom donne lieu à... plus de 17 millions de résultats!
B.DL.

28/09/2006

Un contresens

«Libération», effectivement, n’est pas très en forme en ce moment. «Lionel Jospin jette le gant», titrait-il ainsi ce matin. Or, c’est rigoureusement incorrect.
En français, jeter le gant à quelqu’un, c’est le défier, le provoquer. C’est donc précisément ce que l’ancien Premier ministre a décidé… de ne pas faire, puisqu’il a renoncé à la candidature à l’investiture socialiste pour les présidentielles de 2007.
En revanche, oui, Lionel Jospin a jeté l’éponge: il a abandonné la lutte, renoncé à la compétition.
Jeter l’éponge et non jeter le gant, donc. Mais ce n’est sans doute qu’un détail de pure forme.
B.DL.

Une curiosité

Bertrand Delanoë a décidément des problèmes avec les noms de sites parisiens qu’il décide de rebaptiser.
Après l’inauguration controversée et houleuse, au début du mois, de la nouvelle place Jean-Paul II (le nouveau nom donné au parvis de la cathédrale Notre-Dame), le maire de Paris vient d’être confronté à une deuxième fronde de sa majorité, à propos cette fois de la future dénomination d’un minuscule square du Marais Saint-Paul, dans le quatrième arrondissement.
L’espace se nommera bientôt «square Marie Trintignant», en hommage à l’actrice décédée à l'été 2003 sous les coups de Bertrand Cantat. En début de semaine, les partenaires écologistes et communistes du maire ont voté contre cette proposition, qui, comme pour Notre-Dame, n’a été adoptée que grâce aux voix de la droite.
En effet, la délibération soumise au conseil municipal se bornait à rappeler les «conditions tragiques» dans lesquelles la jeune femme avait trouvé la mort. Les alliés du maire, eux, exigeaient qu’elle fasse explicitement allusion aux violences faites aux femmes et les condamne officiellement.
Bertrand Delanoë n’a rien voulu savoir. Cette pudeur est un peu curieuse.
B.DL.

09:05 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Delanoë, Culture

27/09/2006

Une rengaine

medium_Segolene.jpgDepuis quelques jours, il paraît qu’elle fait fureur sur le net. C’est une chanson (audible ici) qui a été créée en l’honneur de Ségolène Royal par un groupe d’amateurs baptisé, cela ne s’invente pas, «Les gars de la Royal». Et elle s’appelle «Le Sego Royal mix».
Les jeunes chanteurs, très potaches, le précisent sur leur site: ils «n’ont aucun lien direct avec Ségolène Royale (sic), le parti socialiste, ses militants, ses dirigeants, ni ne sont désignés ou mandatés par eux». Et «ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables en cas de victoire de Ségolène Royale (resic) aux élections présidentielles de 2007».
La chanson -- une parodie en fait de «Célimène», de Gilles Sommaire et David Martial (sortie en 1975) -- a donc été écrite «dans une unique optique de divertissement».
Cela donne notamment: «Depuis des mois j’en reviens pas/Je m’demande si je n’rêve pas/ Ya une bombe chez les candidats/ Imaginez une poupée/ La plus belle fille du parti/ Et la plus rayonnante aussi/ C’est une reine, Ségolène/ Elle nous entraîne, Ségolène/ C’est une souveraine, Ségolène/ Record women, Ségolène ». Et ainsi de suite, sur un rythme zouké.
A la fin, à la question «Mais dis-moi, dis-moi, qu’est-ce qu’on fait des autres (présidentiables), alors? », Besancenot est joyeusement renvoyé «au centre de tri», Alliot-Marie à la «corvée d’patates pour le parti», José Bové «dans les radis», de Villiers «au fond du puits» et Marine Le Pen «caissière à Monoprix».
On l'avoue, sur ce dernier point au moins, pourtant si sexiste, on a souri.
B.DL.

PS : Ségolène Royal est-elle en train de devenir une mode musicale? Une lectrice attentive de «Paris Libre», et que l’on soupçonne d’être ségoléniste, signale qu’une autre chanson a été consacrée à la madone socialiste des sondages. C’est la version féminine de la précédente, œuvre de «Classe-Affaires» (un groupe de trois filles: N’gel,Amétys et Natty), qui a voulu «signer là un titre festif rempli d’humour qui n’est rien d’autre qu’un clin d’œil a Ségolène». On peut l’écouter ici. Tout cela va-t-il contribuer à la victoire de l’intéressée?

26/09/2006

Une réussite

A la veille de leurs nouvelles émissions, les animateurs télé font quelque fois de gros effets d’annonce, suivis le jour J par une déception non moins importante. Hier soir, en revanche, avec Frédéric Taddeï, on a été carrément gâtés, si tant est qu’on ait pu douter des capacités du créateur de «Paris Dernière» à nous surprendre.
En effet, la quotidienne culturelle «Ce soir ou jamais!», énorme pari pour France 3, en direct s’il vous plaît, avait franchement de l’allure. Et cela ne tenait pas seulement à ce décor, blanc, déstructuré, animé en arrière-plan par les conversations tranquilles de quelques personnes venues accompagner les invités de l’animateur. C’était aussi cette manière, rare sur un plateau de télé, de ne pas figer la parole de l’autre dans un carcan millimétré, minuté, de ne pas l’interrompre toutes les trois secondes, mais plutôt de laisser surgir un débat spontané, vif, entre les invités.
Taddeï nous l’avait promis: il saurait «ne pas être à l’écran». Il se fit discret mais efficace, provocateur sans être racoleur. On a reconnu aussi, dans les mouvements très fluides de caméras, la patte énergique de «Paris Dernière». Une liberté à l’image qui laisse place aux idées profondes, parce que rien n’est jamais trop lourd.
Après la bonne surprise, l’année dernière, de l’arrivée de Marie Drucker aux commandes du «Soir 3» (désormais programmé à 23 heures pile, au milieu de «Ce soir ou jamais!»), on ne peut que se réjouir de l’arrivée de cette nouvelle émission sur une chaîne décidément de plus en plus dépoussiérée.
C.G.

Un «dérapage»?

medium_aff_avida_une.jpgOn a beaucoup vu cette affiche ces derniers temps sur les grands boulevards parisiens. Elle présente, en gros plan stylisé, un ventre d’obèse. C’est l’affiche du dernier film de Benoît Délépine et Gustave Kervern, «Avida».
Ce film a été généralement plutôt bien accueilli par la critique. Le Bureau de vérification de la publicité (BVP), l’organe qui veille en France à «l’autodiscipline publicitaire», vient cependant, dans son dernier avis, de foudroyer ses réalisateurs et producteurs.
Selon lui, en effet, cette représentation de la nudité, même si elle «peut sans doute être présentée par certains comme esthétique», constitue un «dérapage». Car «la question de la stigmatisation des personnes en surpoids se pose de façon de plus en plus aiguë» en France. Et car «la représentation en affichage et en gros plan d’un bas ventre et donc d’un pubis pose clairement un problème de décence». Le BVP, à cet égard, dit charitablement sa compassion à tous les «passants ébahis» à qui l’affiche a été infligée.
Cet avis ne calmera pas le vieux débat autour de la pudibonderie prêtée au BVP, qui s’est déjà illustré dans le passé par ses condamnations de campagnes de publicité pour de la lingerie féminine.
Il serait peut-être plus utile et/ou neuf de s’interroger sur la croisade un peu à deux vitesses menée par cet organe en faveur de la protection de minorités tournées en dérision par des camelots en mal d’inspiration.
Il n’y a pas si longtemps, en effet, le BVP a laissé diffuser sur toutes les chaînes télévisées de France, et ce pendant des semaines, une pub effarante pour une marque de voiture. Elle présentait un transsexuel de manière particulièrement caricaturale et mettait sur le même pied une opération de changement de sexe et l’échange d’un produit de grande consommation.
Mais cette campagne, sans doute, ne constituait pas un «dérapage».
B.DL.

25/09/2006

Une certaine démagogie

«Aller contre moi, c’est aller contre l’opinion publique». C’était donc la petite phrase du week-end, signée par un Nicolas Sarkozy ravi que les sondages le suivent dans sa croisade contre la «démission» des magistrats face aux délinquants.
C’est une conception de la politique. Elle est commode et utilitariste. Quand on sous-entend, comme Nicolas Sarkozy, «J’ai raison parce que l’opinion a, par principe, raison», on ne prend évidemment que peu de risques de fâcher cette opinion et donc de ne pas être élu.
Heureusement, il est une autre conception de la politique. Celle qui consiste à croire que la valeur, le courage et l’honneur des dirigeants est parfois d’aller à l’encontre de l’opinion: de résister à ses humeurs médiocres, de ne pas flatter ses instincts les plus bas, de la devancer dans ses nécessaires évolutions. Cette conception n’est pas toujours électoralement payante, mais elle mène souvent à des évolutions historiquement marquantes. Elle a guidé la France lorsqu’elle a aboli la peine de mort il y a vingt-cinq ans et bouleversé l’Europe en lançant le couple franco-allemand il y a cinquante ans. A l’époque, certains eurent le courage politique d’«aller contre l’opinion».
Lionel Jospin, ce matin à la radio, s’énervait contre cette «démagogie» ambiante: cette incessante «course à l’opinion» menée par des présidentiables les yeux rivés sur les sondages. On n’était pas loin d’être d’accord avec son désir d’un peu de hauteur. Mais on avait tout de même envie de lui retourner le compliment.
Car que fait donc l’ancien Premier ministre depuis des semaines, avec son jeu si fatigant du chat et de la souris à propos de son éventuelle candidature pour 2007? Si ce n’est, lui aussi, tenter d’appâter et de séduire l’opinion? Essayer de ménager un suspense égotique autour de sa petite personne pour titiller l’intérêt des foules? Attendre l’ultime délai, et donc le dernier frémissement possible des sondages, avant de décider oui ou non de se lancer? Verser donc au moins autant que Sarkozy dans la com’ et la stratégie tactique plutôt que de privilégier le fond?
Avant même d’avoir officiellement commencé, cette campagne présidentielle, décidément, ne vole pas bien haut.
B.DL.

22/09/2006

Un changement

medium_33830.jpgDeux jours de formation informatique à la rédaction de Bruxelles. «La Libre», en effet, change le système qui permet à ses journalistes de visualiser les pages du quotidien du lendemain sur l’écran de leur ordinateur, de rédiger leur article à l’endroit ad hoc, de légender les photos, de consulter les dépêches d’agences de presse, etc.
Le précédent système s’appelait «Hermès». Le prochain se dénommera «Méthode».
Si l’on en croit l’ami «Robert», rien que dans la dénomination, on abandonne donc un programme dédié au «Dieu grec, messager des Olympiens, guide des voyageurs et conducteur des âmes des morts, patron des orateurs». Et on lui préfère un autre, baptisé, on l’imagine, en l’honneur du célèbre Discours de Descartes – et qui devrait donc être très cartésien. Il y a aussi un Méthode «apôtre des Slaves» (825-855) et un Méthode d’Olympe, «évêque en Lycie (IIIème siècle), auteur du «Banquet des dix vierges», mais on suppose qu’en l’occurrence, ce ne sont pas eux qui sont honorés ici.
«Méthode», donc. Soit. Il en faudra un peu dans les mois pré-électoraux à venir, qui seront chauds en actualité.
Et au moins, sans «Hermès», devrait-on échapper au soupçon portant sur une de ses multiples attributions: le dieu du mensonge.
B.DL.

21/09/2006

Un drame oublié

C’était un 21 septembre. On s’en souvient bien.
C’était un vendredi, vers 10 heures du matin. Soudain, les dépêches balisées «URGENT» ont commencé à tomber. Les radios et les télés ont modifié leurs programmes. Les coups de téléphone affolés de la rédaction de Bruxelles n’ont plus cessé. Avec, toujours, cette même et angoissante question: un attentat ?
C’était le 21 septembre 2001, dix jours après l’effondrement des tours du World Trade Center.
Ce n’était pas un attentat. C’était «juste» une catastrophe industrielle majeure, la plus grave que la France ait jamais connue: l’explosion de l’usine AZF à Toulouse. Trente morts, 3.000 blessés, 800 personnes hospitalisées, 28.000 logements endommagés, 15.000 dossiers de réclamations corporelles ouverts, des milliers d’emplois perdus.
11 septembre oblige, cette catastrophe n’a jamais vraiment eu le retentissement médiatique qu’elle aurait amplement mérité.
On a peu dit que l’explosion avait provoqué une secousse équivalente à un séisme de 3,4 degrés sur l’échelle de Richter. On s’est modérément inquiété des conséquences du nuage toxique qui a survolé une grande partie de l’agglomération. On n’a que peu donné la parole aux 5.600 personnes qui, dans les semaines suivant le drame, ont consulté pour des symptômes apparentés à un stress aigu. On a relevé à peine que, dans la zone proche de la catastrophe, un élève sur cinq, un habitant sur dix et 15% des travailleurs ont été blessés.
A l’époque, on s’en souvient, comme il ne s’agissait pas d’un attentat, on n’avait même pas reçu ordre de partir en reportage sur les lieux du drame. On n’avait qu’à peine protesté: le week-end, il est vrai, s’annonçait si radieux à Paris.
Cinq ans plus tard, pas le moindre responsable de cette catastrophe n’a encore été jugé. Ses causes sont toujours controversées. Et nombre de sinistrés attendent encore un emploi ou un logement décent.
Les télés aujourd’hui, sans doute, en parleront un peu.
Un peu.
B.DL.

20/09/2006

Un engouement un peu surfait

Les personnalités politiques françaises, et les présidentiables en particulier, en pincent pour internet. Chaque semaine désormais, ou presque, l’un ou l’autre ténor annonce l’ouverture de son blog.
Mais quel sera l’impact réel d’internet sur le résultat des présidentielles? Ifop vient de se pencher sur la question, et son étude remet un peu les choses à leur place.
L’institut de sondages ne nie pas les potentialités offertes par ce nouveau média en matière politique: l’accès plus facile à l’info, l’interactivité, de nouvelles voies de recrutement (adhésions en ligne, etc.) ou l’ouverture du débat à des publics (jeunes, etc.) qui en étaient jusqu’à présent exclus ou étaient rétifs à des formes d’engagement traditionnelles.
Mais l’étude rappelle aussi deux données rédhibitoires. Un: seule une minorité d’électeurs (44%) se déclarent assez ou beaucoup intéressés par la politique (et internet, manifestement, n'y change rien). Deux, seuls 12% de l’électorat accordent prioritairement leur confiance à Internet pour s’informer en matière politique, loin derrière tous les autres médias (télé, radio, presse, etc.).
L’on sait, du reste, que le public internaute n’est pas du tout représentatif de l’électorat en général: il est beaucoup plus masculin, urbain et appartient proportionnellement davantage aux catégories sociales supérieures que l'électeur moyen.
Du coup, cette conclusion, qui risque de doucher quelques illusions: «Il n’est pas acquis que la fabrique de ce que l’on pourrait appeler une popularité en ligne, et que l’on mesurerait notamment par le nombre de soutiens engrangés, les blogs dédiés à une personne ou le bruit médiatique sur la toile, ne se traduise à terme par une popularité électorale déterminante au moment de voter».
Ce sera, en tout cas, un des éléments intéressants à analyser au lendemain du scrutin.
B.DL.

19/09/2006

Une bêtise de poids

medium_04_39_09_646123000_00788193.jpgLes Français ont donc grossi. Selon une enquête publiée ce matin, portant sur le poids et la taille de 20.000 foyers, on dénombre 12,4% d’obèses dans le pays, soit 9% de plus qu’en 2003. L’obésité morbide, qui met le plus en danger la santé des patients, progresse elle aussi. Elle touche 0,8% de la population. «Cela veut dire que vous avez en France 400.000 personnes qui, pour une taille moyenne de 1,65m ou 1,70 m, pèsent entre 110 et 120 kilos», commentait ce matin un nutritionniste affolé.
On n’a pas été trop étonné à la lecture de ces résultats. Pour constater cette évolution ces dernières années, il suffisait d’un peu ouvrir les yeux dans la rue, de voir ce que les gens mangent au restaurant, ou d’avoir régulièrement fréquenté les piscines publiques de Paris.
Hier soir, en revanche, on a été littéralement effaré en regardant le «Soir 3». Ici aussi, il était question de masse graisseuse, mais dans le sens inverse. On y parlait de la polémique sur les mannequins trop maigres écartés d’autorité des podiums des défilés de Madrid, ce week-end.
Karl Lagerfeld était l’invité de Marie Drucker. C’était une bonne idée. Mais l’homme affichait la moue boudeuse de la starlette qui râle d’avoir vu sa soirée gâchée par un plateau télé qui l’ennuie. Du coup, plus hautain que jamais, il a d’emblée assassiné le «politiquement correct» qui, selon lui, est à l’origine de la décision madrilène. Et, se la jouant très grand artiste incompris et censuré par la bêtise des profanes, a décrété que si cette attitude avait été de mise à l’époque, il n’aurait jamais pu, dans les années 80, lancer Inès de la Fressange.
Pas un mot sur ces mannequins décharnés, blafards et cernés. Pas un signe de compassion pour la souffrance physique et mentale de tous ces ados qui se laissent mourir de faim. Pas une allusion à l’éthique dans le business de la mode. Son propos et son attitude étaient insupportables de suffisance et d’égoïsme.
B.DL.

18/09/2006

Un peu d'air

medium_caniche.jpgJacques Chirac à la radio ce matin, pour 45 minutes d'entretien à bâtons rompus. C’était assez exceptionnel, venant d’un chef d’Etat qui n’a jamais raffolé de l’improvisation et du direct.
Interrogé sur les critiques faites la semaine dernière aux Etats-Unis par Nicolas Sarkozy contre la tendance de la diplomatie française à un certaine «arrogance», voire «grandiloquence». l'hôte de l'Elysée a sèchement asséné que Paris n’avait jamais été dans une attitude de «soumission» à l’égard de Washington. Puis, plus tard: «Je vous donne la position de la France telle qu’elle est aujourd’hui». Sous-entendu: pour la diplomatie de demain, que les Français prennent leurs responsabilités en élisant ou non Sarkozy à la tête du pays.
Pendant tout le week-end déjà, le si américanophile ministre de l’Intérieur en avait pris pour son grade: il a été traité de «petit Bush français» à la Fête de l’Huma dimanche par Marie-George Buffet et de «caniche» de la Maison-Blanche par Laurent Fabius au raout socialiste de Lens samedi. L’intéressé, visiblement, s’en contrefiche: il a vu ce week-end Tony Blair, lui aussi fréquemment rebaptisé «caniche de Bush» par ses détracteurs. Et ce week-end, Ségolène Royal elle s’affichait aux côtés de l’Espagnol Zapatero. Avant et après de nombreuses autres escapades internationales, au programme aussi des Fabius, Jospin, Lang et autres DSK.
Londres, Madrid, Washington, Rome, Bruxelles, des capitales africaines aussi: les prétendants pour 2007 peaufinent donc leur image nationale en se rendant à l’étranger. Au delà des noms d'oiseaux et des effets de communication, cette attention portée à l'international ne peut être que bénéfique pour relever un peu le niveau de cette campagne. Et aérer un débat politique français tout de même souvent très hexagonal, voire par moments franchement égotique.
B.DL.

16/09/2006

Une bouffée d'énergie

medium_15_27_57_615011000_00819428.jpgDes dizaines de milliers de kids hystérisés qui bondissent au rythme de la musique tous en même temps, transformant les boulevards en vagues immenses. Des basses poussées si fort qu’elles font tressauter le ventre. Des coups de sifflet stridents. Des grands ados qui se trémoussent sur les toits des abris-bus ou agrippés au sommet des feux de signalisation. Des voisins qui les imitent avec bonheur sur leurs balcons. Des canons à mousse géants. Des échassiers, des jongleurs, des looks hallucinants. Et, partout, des sourires rayonnants.
Paris, cet après-midi, s’est transformée en gigantesque dance floor à ciel ouvert, à la faveur de la Techno Parade. On n’avait pas trop prévu d’y aller. On est tombé dessus un peu par hasard. Et on y est resté pendant des heures.
Politiquement, d’accord, les slogans lus ça et là n’étaient pas fondamentalement renversants. «Skateboarding is not a crime», «Live for party», «La rage qui vit» (sur le logo détourné de «La vache qui rit»), «No Famine» tout de même – la manifestation était dédiée à l’ONG «Action contre la faim». Et rythmiquement, c’était souvent un peu basiquement binaire.
Mais la foule était tellement impressionnante, la bonne humeur ambiante tellement évidente, que s’en dégageait une énergie renversante. Et, pour tout dire, franchement réjouissante.
B.DL.

19:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Techno, Musique, Paris

15/09/2006

Un peu de fantaisie

Lui, on ne l’a jamais entendu, mais certains de ses collègues dans le métro, oui. On parle de ces conducteurs de trains un peu facétieux qui, par des annonces humoristiques faites au micro, égaient les souvent longs trajets en transports en commun effectués chaque jour par des millions d’habitants de la région parisienne.
Il y a eu longtemps un spécialiste de ce genre d’interventions sur la ligne 8. Chaque fois que le train arrivait à une grosse station de correspondance du RER, il invitait les usagers à avoir une pensée émue pour tous les banlieusards qui poursuivaient leur long voyage et à les saluer affectueusement.
Le plus amusant d’ailleurs, dans ce genre de facéties, est d’observer les réactions des voyageurs. Il y a ceux qui lèvent les yeux au ciel. Ceux qui avaient l’air si sérieux mais qui éclatent de rire. Ceux qui, le baladeur sur les oreilles, ne comprennent pas pourquoi tout le monde dans le train s’agite subitement. Ceux qui lancent de petits regards complices aux autres voyageurs. Ceux qui laissent même tomber leur bouquin pour échanger avec leurs voisins, etc.
Lui donc, dont on entend beaucoup parler en ce moment à Paris, est conducteur de trains sur la ligne D du RER, qu’empruntent chaque jour 450.000 voyageurs. Il adore manifestement «dérider les gens». Imitateur amateur, il diffuse donc toutes ses annonces en prenant les voix de stars: PPDA, Stallone, Claude François, etc. Et il a tellement de succès que l’adresse mail qu’il a ouverte pour recevoir les commentaires des usagers a déjà reçu plus de 800 messages, le plus souvent le soutenant et l’encourageant à continuer.
Jusqu’à présent, la RATP voyait d’un assez bon œil son initiative. «Il fait ses imitations dans le cadre réglementaire de ses annonces. Ses propos sont neutres. Cela apporte de la fantaisie aux voyageurs», déclarait un de ses porte-parole, l’autre jour. A la radio ce matin, toutefois, on a entendu que l’intéressé avait reçu une consigne particulière de sa hiérarchie. A partir du 1er janvier prochain, début de la campagne électorale pour les présidentielles oblige, il ne pourra plus se livrer à son imitation favorite: celle de… Jacques Chirac.
Du coup, les voyages en RER D risquent d’en devenir beaucoup moins drôles.
B.DL.

10:45 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Métro, Paris

14/09/2006

Un beau moment

C’était hier soir. C’était bondé. C’était légèrement snob et mondain. Cela faisait dix ans que les Parisiens attendaient cela. Et c’était un beau moment. C’était la réouverture du Musée des arts décoratifs, installé dans l’aile Marsan du Palais du Louvre, qui avait fermé ses portes dans les années 90 pour de lourds travaux de rénovation.
Ce musée, à l’époque, était connu pour son côté un peu poussiéreux et «fourre-tout», les 150.000 pièces de ses prestigieuses collections permanentes (du mobilier, des retables, des sculptures, des pièces de tissu, des jouets, des objets de décoration, etc.) étant un peu entassées n’importe où et n’importe comment. Dix ans plus tard, le nouveau musée est une réussite (*). Du Moyen Age jusqu’aux années 90, il propose en effet aux visiteurs un éblouissant panorama de l’évolution des arts décoratifs.
Hier, parce qu’il fallait bien faire un choix vu la foule et la masse de choses à voir, on s’est plus spécifiquement intéressé aux sections consacrées au XXème siècle. Art nouveau (dont des meubles venant d’un célèbre hôtel de maître bruxellois), Art déco, modernisme, design, création contemporaine: la qualité des pièces exposées et l’intelligence de leur choix étaient réjouissantes.
On a particulièrement aimé déambuler au sommet de l’édifice. Dans une petite pièce du 9ème étage, sous la voûte métallique, le public est invité à s’affaler dans des fauteuils mythiques des années 60 et 70 – de véritables icônes des arts décoratifs - et à regarder des extraits de films de cinéma les mettant en situation. L’expérience est sympa. En plus, des petites fenêtres du toit, si loin du vacarme permanent et pollué de la rue de Rivoli, on jouit de la plus belle vue qui soit sur le jardin des Tuileries et la tour Eiffel.
Une agréable redécouverte donc. Et une si belle fin de journée.
B.DL.

(*) Hormis quelques détails agaçants mais à la mode manifestement dans la muséographie française contemporaine (puisqu’on les retrouve notamment au nouveau Musée du quai Branly): une climatisation anémiée, des notices de présentation unilingues, les noms des sociétés privées mécènes légitimement mais tout de même un peu trop ostensiblement mis en valeur, des circulations conçues pour «favoriser les surprises et les événements de nature à soutenir l’attention du visiteur» mais qui, pour le coup, ne sont pas toujours très évidentes.

10:25 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Arts, Musées

13/09/2006

Un racisme ordinaire

A Paris, il ne faut pas spécialement être basané pour être victime du racisme ordinaire. Juste une anecdote pour l’illustrer.
Hier soir, au métro Bastille, un contrôle des titres de transport par des agents de la RATP. Un groupe de touristes russes en goguette, complètement perdus, peine à s’expliquer devant une escouade de contrôleurs de la RATP. Qui s’énervent parce que, comme sans doute la plupart des touristes visitant Paris, ils ont confondu billet de métro et billet de RER et ne sont donc pas en règle.
Le ton monte, un peu. Le contact entre les deux groupes passe d’autant moins bien que ces braves agents de la RATP, évidemment, ne parlent que le français et donc sont incapables d’articuler le moindre mot en anglais. On comprend finalement que les touristes, pas vraiment rebelles, paient, sans même trop maugréer, la surtaxe.
Ils ont à peine tourné les talons que les pandores, en public, d’autant plus loquaces qu’ils se savent incompris par les intéressés, se lancent dans une véritable diatribe. Ironisent sur le thème « Ah… elle est belle, la nouvelle Russie!». Se gaussent de tous les clichés sur les Russes «mafieux», «alcooliques», «nouveaux riches», «arrogants». Et on en passe.
On n’a pas vu un seul usager du métro, pourtant encore nombreux à cette heure pas si avancée, faire la grimace devant un tel discours.
A part cela, Paris se réjouit chaque jour - et cette année encore - d’être la capitale au monde la plus visitée par les étrangers.
B.DL.

12/09/2006

Une vocation?

C’est un signe de plus, mais on n'en avait guère besoin, de leur «peopelisation»: les personnalités politiques sont de plus en plus souvent utilisées et détournées, à leurs corps défendant, dans et par des campagnes de publicité.
La dernière en date vient de sortir. Conçue pour la radio Europe 1 autour de son slogan «Parlons nous», elle se décompose en cinq visuels (visibles ici) dont un fait allusion à la politique et est sorti pour la première fois dans la presse lundi matin.
On y voit Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou et Jack Lang (ces deux derniers surtout devenus pour le coup franchement hilarants) relookés, à l'aide d'un montage, en jeunes banlieusards, avec tout l’attirail ad hoc (sweat à capuche, casquette de base-ball, blouson de cuir, piercings, etc.) et surmontant le slogan «Que faire pour que les jeunes croient de nouveau à la politique?».
Au début de l’année déjà, les couples François Hollande/Ségolène Royal et Dominique de Villepin/Nicolas Sarkozy, photographiés eux en situation réelle, avaient été utilisés par une campagne de pub: tiens, pour une radio également (RTL), et accompagnés du slogan «Vivre ensemble».
«Je trouve la méthode discourtoise et déplacée», avait grincé Ségolène Royal. «Les photos sont plutôt sympathiques et souriantes, après tout ça fait du bien», avait commenté Dominique de Villepin. «Mais je ne suis pas sûr que les responsables politiques aient vocation à devenir des mannequins publicitaires», avait ajouté le Premier ministre.
Que les faits semblent donc démentir.
B.DL.

PS: Selon ses créateurs, la campagne d’Europe 1 «recrée une connivence et une empathie », «construit un imaginaire de marque identifiable et différenciant», «délimite un territoire de communication pérenne et évolutif». Bref, «renforce le top of mind». C’est quoi, ce langage? Les pubards sont décidément impayables.

11/09/2006

Une campagne

11 septembre donc. Cinq ans plus tard, en France, dans des cercles sans doute et heureusement restreints, la polémique se poursuit sur les origines et les commanditaires du drame du World Trade Center. Même si Thierry Meyssan, l’auteur controversé de «L’effroyable imposture» - le livre qui consterna tant les Américains -, n’est plus complaisamment invité et mis en valeur par Thierry Ardisson.
Pour preuve, depuis quelques jours, dans le métro parisien, fleurissent des affichettes invitant les usagers à, en substance, réclamer «la vérité, enfin» sur cette catastrophe.
Le groupuscule à l’origine de cette campagne promet d’organiser ce lundi «une journée d’action» dans la capitale française pour faire connaître ses thèses révisionnistes. «Soyez 911!», recommande son site internet, qui invite les gens à arborer des tee-shirts d’un goût très douteux.
«La version officielle» sur cette catastrophe «est fausse», assure le collectif, qui diffuse des pseudo-sondages douteux (affirmant que 2/3 des Français «sont persuadés de la culpabilité du gouvernement des USA» dans cette affaire) et qui, dans son forum, donne la parole à des internautes hurlant à la «manipulation gigantesque», mettant en cause «une branche du gouvernement (américain) ayant des intérêts dans le complexe militaro-industriel».
Sans doute aucune vérité officielle n'est-elle jamais à prendre totalement pour argent comptant. Sans doute existe-t-il encore des zones d'ombre autour du 11 septembre. Sans doute la prudence et le recul, en soi, n'ont rien de mauvais face au flot permanent d'informations qui nous assaille, a fortiori dans le contexte actuel, et si idéologiquement connoté, de la lutte anti-terroriste. Mais là, le ton passablement paranoïaque de tous ces discours, leur anti-américanisme sous-jacent voire leurs relents antisémites font froid dans le dos. Internet est décidément la meilleure et la pire des choses.
B.DL.

09/09/2006

Une évidence un peu sexiste

Arlette Chabot, la directrice de l’info de France 2, nous l’expliquait l’autre jour: la mise en congé, dès janvier, de Béatrice Schönberg de la présentation du 20 Heures, annoncée cette semaine, n’est pas du tout une «punition ». «Elle ne quitte pas la chaîne, mais il s’agit d’éviter toute gêne et tout malentendu pour elle et pour nous», précisait-elle.
C’est donc pour permettre à son ministre de mari, Jean-Louis Borloo, de poursuivre sa vie politique dans la période chaude de la campagne électorale que son épouse a accepté de mettre sa carrière entre parenthèses. En principe, elle devrait retrouver son JT une fois la présidentielle et les législatives terminées - sauf si Jean-Louis Borloo devenait Premier ministre, a précisé France 2.
Quelque part, au niveau d’une certaine éthique de l’information, cette mise en retrait est compréhensible, voire souhaitable, ne fût-ce que pour éviter tout soupçon de partialité dans le chef de la chaîne de service public.
On remarque tout de même que, dans le long débat qui a concerné ces derniers mois le sort de Béatrice Schönberg, personne n’a jamais envisagé… l’hypothèse inverse: la mise entre parenthèses de la carrière professionnelle de son mari, pour que la journaliste puisse, elle, continuer à exercer son métier. Par principe donc, le sacrifice professionnel, en l’occurrence, ne pouvait être que féminin. C’est sans doute politiquement plus réaliste. Mais n’est-ce pas, finalement, un présupposé un rien sexiste ?
A France 2, heureusement, la fiction dépasse parfois la réalité. Hier matin, on a pu se délecter des trois premiers épisodes d’une excellente série de 6 x 52 minutes dont la diffusion débutera le 27 septembre. «L’Etat de grâce» met en scène une femme (Anne Consigny, alias Grace Bellanger) qui accède au poste de Présidente de la République et tombe enceinte quelques mois après son investiture.
Sans déflorer ce petit bijou de drôlerie et d’esprit, réalisé par Pascal Chaumeil (présent déjà sur «Engrenages», la meilleure série française depuis longtemps), on retiendra ce pied de nez à notre monde machiste: une vraie/fausse «Une» de «Paris-Match» montrant Grace aux côtés de son ami, le «First man», et de son chien. Avec ce titre parfait: «Les compagnons de la Présidente».
Ségolène et François seront-ils devant leur téléviseur le 27 septembre ?
C.G.

07/09/2006

Un air d'été

medium_chaleur.jpgD'accord, le sujet n'est pas trop passionnant (*). Mais l'effet était saisissant. Hier à Paris, sans crier gare, on s'est retrouvé brutalement projeté deux mois en arrière.
Les terrasses des bistrots à écran plasma bondées jusque tard dans la soirée. Le silence dans les rues mais les exclamations par toutes les fenêtres ouvertes. Les "Oh!", les "Ah!", les "Ouais!", les "Nooooooon!", les "Bien joué!", les "Zidane, il va marquer!" (non, quand même). Tout un pays rivé devant le téléviseur (12 millions de téléspectateurs pour TF1). Les concerts de klaxon pour aller se coucher. Et avant cela, pendant toute la journée, le bonheur de la canicule de juillet retrouvé: 31 degrés au compteur et le retour des ventilateurs, les bermudas et les petites robes d'été, un sentiment d'infinie légèreté.
On n'est pas du genre nostalgique. Pas la nostalgie dégoulinante du Voulzy des "Derniers baisers", en tout cas ("Le soleil soudain est plus pâle/Et nous n'irons plus danser/Quand vient la fin de l'été/Sur la plage").
Il n'empêche, dix jours à peine après la rentrée, on retournerait déjà bien en juillet. Et on se le referait bien, cet été.
B.DL.

(*)Et ce n'est pas le sujet du jour, c'est clair. Mais bon, que penser de cette fusion Suez-Gaz de France?
-De ces dizaines d'heures annoncées de joutes parlementaires enfiévrées, alors que tout le monde sait très bien que l'issue des débats est pliée?
-De ce gouvernement qui présente le texte comme vital pour le pays, mais dit si peu que sans l'accord de l'Europe et des actionnaires (encore à venir), il sera réduit à néant?
-De ces syndicats qui jurent que seul le maintien de GDF dans le public empêchera une flambée des tarifs, alors que ce même statut public n'a pu empêcher une hausse de 30 % des tarifs ces deux dernières années?
-De cette droite chiraco-sarkozienne qui va batailler pour le projet, alors qu'elle avait promis en 2004 de ne jamais le mener et que nombre de ses hiérarques, en privé, confient leur scepticisme?
-De cette gauche socialiste qui va monter aux barricades, alors qu'il y a quelques années à peine, aux affaires, les Strauss-Kahn et Fabius conduisaient une politique qui, philosophiquement, menait tout droit à cette issue?
Et l'on s'étonnera que l'opinion n'y comprenne rien, ou si peu.