26.10.2006
Un destin
Yassin Chafahi, 17 ans, vient à peine d’arriver à Paris. Orphelin, il a fui l’Afghanistan, ce pays qui ne l’a «pas protégé». Il est complètement perdu dans les méandres de l’administration française. Et surpris de voir d’autres gamins, venus notamment de l’Est, mendier dans le métro ou dormir dehors.
Difficile parfois, de raconter son histoire. «Si je parle, les arbres s’arrachent. Si j'écris, les stylos se cassent », dit-il en voix off.
Sous la tutelle de l’association France Terre d’Asile, Yassin a entamé des démarches pour obtenir le statut de réfugié mineur isolé. En attendant, avec en poche une carte de séjour temporaire, il dort dans un petit hôtel de Pigalle et va à l’école. Il est le seul à vivre sans famille. Et il en souffre, ne sachant plus bien où se situent les contours de son identité.
Pour ce documentaire sensible et discret intitulé «Ado d’ailleurs» et diffusé sur Arte ce soir, à 22h35, Didier Cros est parvenu à nouer une relation de confiance avec Yassin. Nous entrons, par ses images, dans un monde à part, si difficile à imaginer pour celui qui n’a pas vécu les mêmes choses. «Personne ne regarde le réfugié, il n’intéresse personne. Qui est avec nous, hein?», lance Aslan, l’ami de Yassin.
De temps en temps, ce dernier sourit, espère. Parfois, son regard s'égare.
Ce n'est plus un simple numéro noyé dans les chiffres abstraits et sans âme de l'immigration. Ce n’est plus un de ces nombreux réfugiés qu’on croise tous les jours à Paris, dans la rue ou dans le métro. Et que souvent, on ne voit même pas.
C.G.
17:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Etrangers, Réfugiés, Paris




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