26.10.2006
Une évidence
Hier en fin de soirée, en sortant d’une grande brasserie de la place de la Bastille, on a l’œil attiré par un attroupement d’une demi-douzaine de jeunes et à peu près autant de policiers. Les premiers oscillent entre le look rappeur-capuche, artiste de rue, étudiant bohême et banlieusard en virée à Paris. Les seconds, comme l’atteste leur uniforme, font partie de la brigade des policiers à vélo.
Ce qui frappe dès le premier regard, c’est la similitude de l’âge de tous ces gens, qu’ils appartiennent à l’un ou l’autre camp: dans les 25 ans, guère plus. Puis, c’est la cordialité voire la convivialité des échanges entre les deux groupes. Tout le monde se sourit, se tutoie, se connaît manifestement bien. On parle même de musique et de foot. On passe visiblement un bon moment ensemble.
En les voyant, on a repensé à la célèbre engueulade qu’avait adressée au début de son mandat Nicolas Sarkozy à des policiers, de Toulouse si on se souvient bien. «La première tâche des policiers n’est pas de jouer au football avec des gamins mais d’enquêter et d’interpeller les criminels et les délinquants», avait dit en substance le ministre de l’Intérieur à des pandores pétrifiés d’être humiliés face à des caméras de télé. Le ministre avait ensuite enterré la police de proximité.
Cette dernière n’est sans doute pas la panacée décrite par la gauche, qui s’en sert un peu comme d’un alibi pour cacher les faiblesses de son propre bilan sécuritaire. Il n’empêche, si cette police n’avait pas été démantelée, les émeutes des banlieues auraient-elles pris une telle ampleur? Hier soir, en tout cas, en observant nos gaillards, on les imaginait vraiment mal se caillasser et se bastonner.
C’est tellement une évidence qu’on ne comprend toujours pas comment la droite a pu l’oublier: quand on se connaît, quand on s’est déjà croisé dans le quartier, quand on s’est salué, quand on s’est parlé, quand des liens même ténus ont été noués, a priori, on a tout de même tendance à se taper moins rapidement dessus.
B.DL.
11:00 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sécurité, Banlieues, Sarkozy




Commentaires
Dire que les émeutes n'auraient pas eu ou moins eu lieu avec la police de prox, je ne suis pas sur.
Je ne comprend pas un truc : La police n'est elle pas de nature une "police de proximité", elle est au service du citoyen pour faire respecter la loi non?
Écrit par : sylvain | 27.10.2006
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