Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/11/2006

Un raté, donc

Soirée un peu agitée hier: à peine était-on rentré à la maison, vers 20 heures, qu’il fallait repartir au bureau pour couvrir la déclaration impromptue de candidature de Nicolas Sarkozy, qui n'était prévue à l'origine que ce jeudi.
Hier soir, et on l’a écrit, on n’excluait tout de même pas à 100% l’idée que la fuite vers «Libé» de son entretien à la presse régionale ait été organisée par l’intéressé lui-même ou par son entourage. Histoire d’à nouveau s’assurer les gros titres des 20 heures mercredi soir (avant un grand show télé ce jeudi soir) et de faire la Une de tous les quotidiens ce jeudi matin.
Une nuit plus tard, ce n’est pas l’hypothèse la plus retenue, même si on la lit encore ça et là. Nicolas Sarkozy aurait donc réellement été victime d’une fuite qu’il n’a pas orchestrée.
S’il l’avait lui-même ourdie, en tout cas, ce serait un fameux fiasco. Le président de l’UMP, en effet, réussit le tour de force de mécontenter à peu près tout le monde.
Mécontenter les journaux régionaux victimes de la fuite, bien sûr. Mécontenter aussi les quotidiens régionaux qui n’ont pas eu le privilège d’être convoqués à Beauvau pour l’interview. Mécontenter encore la presse parisienne, qui déteste par-dessus tout passer après la presse de province. Mécontenter son entourage sans doute, qui a dû lire ce matin les éditoriaux majoritairement narquois relatifs à ce non événement ainsi que les commentaires hilares des professionnels de la com sur la forme qu’il a prise. Mécontenter Chirac peut-être, puisque l’annonce de la candidature de son éternel rival a finalement eu lieu le jour de son anniversaire.
Voilà donc une campagne élyséenne qui commence de manière un peu laborieuse.
B.DL.

29/11/2006

Un an de plus

medium_bougies.jpgLe Président Chirac fête ses 74 ans aujourd’hui. Comme chaque année, ni fleurs, ni couronnes, ni communiqué ne sont prévus par l’Elysée: cela fait longtemps qu’on n’y communique plus sur l’âge du capitaine.
Avec la charité que l’on doit sans doute à un vieil homme en fin de carrière, même les sarkozystes épargnent le chef de l’Etat. Ainsi ce matin, le député Claude Goasguen, qui n’est pourtant pas commode, s’est contenté de lui souhaiter de pouvoir dès l’an prochain assouvir sa passion pour les voyages sans cette fois l’omniprésence pesante de gardes du corps. Sa collègue Nadine Morano, autre sarkozyste de choc, s’est prise pour Marilyn Monroe face à John Kennedy et a entonné «Happy birthday, mister President» en direct à la radio: cela dénotait un sens de l’humour bienvenu mais c’était assez ridicule. Enfin et surtout, Nicolas Sarkozy en personne n’a pas écouté ses plus perfides conseillers, qui lui conseillaient de déclarer sa candidature pour 2007 le jour même de l’anniversaire du chef de l’Etat, histoire d’encore un peu plus le ringardiser.
Après s’être haï pendant plus de dix ans, ces deux hommes finiront par s’aimer.
B.DL.

28/11/2006

Une rencontre

Croisé ce matin en partant au boulot, dans les rues du quartier Bastille, un couple de petits vieux en train d’y faire un vacarme phénoménal. Trognes de vrais parigots, casquettes de poulbot sur la tête, ils faisaient actionner un orgue de Barbarie à tue-tête tout en faisant la quête.
En voyant ainsi matérialisée une telle image d’Epinal d’un vieux Paris populaire et folklorique qu’on croyait depuis longtemps disparu, on s’est demandé si on était bien réveillé.
On a invariablement la même impression le dimanche matin au grand marché du boulevard Richard-Lenoir, en croisant le rémouleur ou le rempailleur: deux autres petits métiers qui, dans cette grande ville si moderne, doivent paraître si délicieusement surannés comme on dit, oui madame.
B.DL.

10:45 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris, Folklore

27/11/2006

Un détail ou l'autre

medium_21_03_59_176141000_00870790.jpgDans les congrès de parti comme dans la vie de tous les jours, il y a des petits détails qui parfois en disent long. Ainsi, hier matin à la Mutualité:
-Ségolène Royal a laissé aux «éléphants» le rituel des bousculades médiatiques. Sans doute pour encore mieux se distinguer d’eux, elle a préféré une arrivée discrète en voiture et une entrée par une porte dérobée aux quelques pas dans la cohue des caméras.
-à la façon dont ils avaient été placés dans la salle (à plusieurs rangées de sièges de la star du jour) ou à l’indifférence télégénique suscitée par leur arrivée, de nombreux ex-ministres jospinistes (Guigou, Trautmann, Glavany, etc.) ont pu constater qu’ils étaient définitivement «has been». A l’inverse, le congrès a consacré le retour d’anciennes stars (Edith Cresson, Yvette Roudy, Jean-Louis Bianco, etc.), qui avaient complètement disparu de la circulation. C’est le fait du Prince.
-Ségolène Royal a tendu la main à Laurent Fabius, mais celui-ci lui a fait la bise. Elle avait fait la même chose avec Lionel Jospin à La Rochelle.
-Le même Laurent Fabius est resté assis lors de l’ovation debout que le congrès a dédiée à François Hollande.
-Anne Sinclair, si omniprésente ces dernières semaines, n’était pas là.
-A l’issue de son discours, François Hollande, par quelques petits gestes discrets, a tenté de faire monter toutes les stars du parti sur l’estrade pour une grande et belle photo de groupe autour de l’héroïne du jour. Raté: celle-ci s’est fait acclamer seule.
-Dominique Strauss-Kahn est apparu complètement abattu à la fin du congrès, lorsque la caméra qui filmait l’événement pour le retransmettre sur écran géant effectuait un ultime travelling dans la salle. Visage sombre et dramatiquement fermé, endossant sa veste d’un geste las, physiquement totalement seul dans des premiers rangs déjà désertés. Il semblait littéralement atterré.
B.DL.

26/11/2006

Un sacre un peu laborieux

Dimanche matin avec les socialistes à la Mutualité, pour le congrès d’investiture de Ségolène Royal.
Le sacre a été laborieux. La sono était à ce point catastrophique que certains militants, mi figue mi raisin, se demandaient si des fabiusiens, dans les coulisses, ne l’avaient pas sabotée. Etait-elle exténuée ou sous l’emprise d’une trop forte émotion? La Reine de la matinée a délivré une prestation très moyenne: discours rempli de petites phrases et de grands slogans tant de fois déjà entendus ces dernières semaines, ton plus scolaire que jamais, souffle court, sourire figé – elle a été nettement moins bonne que lors de ses dernières prestations de campagne. Et en fin de matinée, les problèmes techniques s’accumulant, l’intervention par vidéo du socialiste danois Poul Rasmussen dut carrément être annulée.
On était vraiment à un monde du sacre du Bourget, lorsque Nicolas Sarkozy avait été élu à la présidence de l’UMP: un show d’une redoutable efficacité, véritable modèle de professionnalisme – qui avait coûté plusieurs millions d’euros il est vrai.
En termes de com et d’organisation de grands événements politico-médiatiques donc, les socialistes auront semble-t-il bien besoin des cinq mois qui les séparent des présidentielles pour refaire leur retard sur l’UMP.
B.DL.

24/11/2006

Une pratique curieuse

On avait déjà cru le remarquer auprès de collègues en suivant l’intéressée sur le terrain. On en a maintenant la confirmation: les journalistes (enfin, des journalistes) appellent désormais Ségolène Royal par son prénom. Ces jours-ci dans les rues de Paris, on ne peut que s’en rendre compte à la vue des abribus ou des kiosques où sont placardées les couvertures de deux news-magazines: «Le roman de Ségolène» («Le Nouvel Obs») et «La vraie nature de Ségolène» («Le Point»).
Ce parti-pris relève-t-il de l’affectif et révèle-t-il donc une adhésion politique? Ce serait parfaitement le droit de ces magazines, mais il serait plus sain et honnête qu’ils l'explicitent à leurs lecteurs.
S’agit-il simplement pour ces journalistes de s’inscrire dans un mouvement de mode, les gens semblant effectivement avoir davantage tendance à dire «Ségolène» que «Ségolène Royal»? Le rôle des médias, croyait-on, n’est pas de suivre la foule mais de garder du recul.
Peut-être la candidate socialiste bénéficie-t-elle de ce traitement en vertu du genre qui est le sien? Dans ce cas, cela relèverait du sexisme le plus idiot.
On ne voit donc guère que l’étourderie et la légèreté pour expliquer un tel égarement journalistique. Mais ce qui se tolère dans le feu de l’action -- voir Arlette Chabot sur France 2 qui, l’autre soir, commentait en direct l’investiture de l’intéressée et appelait cette dernière par son prénom, avant de s’en excuser -- s'explique moins dans le cas de médias papier ayant tout le temps de réfléchir et de peaufiner avant de boucler.
Si ce phénomène continue, les journalistes n’auront bientôt plus guère que deux solutions.
Soit appeler tous les candidats aux présidentielles par leur prénom. «Jean-Marie à la recherche de ses 500 signatures» en couverture de «L’Express», «Jacques se tâte pour 2007» en ouverture du 20 Heures de France 2, «Nicolas karshérise la racaille» en Une du «Monde»: cela ferait sérieux.
Soit à nouveau, mais cette fois à raison, supporter les couplets dénonçant la consanguinité de la classe politico-médiatique, la connivence complaisante et malsaine existant parfois entre politiques et journalistes.
B.DL.

23/11/2006

Une flambée

medium_immobilier_Paris.jpgOn ne l’avait pas remarqué dans la rue, mais cela doit être vrai puisque c’est le dernier rapport de l’INSEE, rendu public ce matin, qui le dit: il y a moins de pauvres en France.
Enfin, un peu moins. Sur la période 1996-2004, le taux global de pauvreté dans le pays a régressé de 13,5% à 11%. Mais quelque 7 millions de Français demeurent encore sous le seuil officiel, fixé à 790 euros de ressources mensuelles.
Ce sont toujours les statistiques qui le disent: si la pauvreté globale régresse, les inégalités, elles, augmentent. Et parmi les facteurs qui les encouragent, il y a bien sûr la flambée de l’immobilier.
A cet égard, une autre étude qui vient de sortir, émanant de l’Observatoire sur le financement du Logement, apporte des éléments intéressants. Elle chiffre le coût concret de cette flambée pour les gens: 100.000 euros, ou 10 m2 de surface.
En 1992, en effet, le prix moyen d'un achat immobilier en France s’élevait à 88.000 euros, et cet achat portait sur un logement d’une superficie moyenne de 103m2. En 2006, ce prix moyen a grimpé à 183.000 euros alors que la superficie, elle, a dégringolé à 92m2.
Ce dernier chiffre constitue une moyenne nationale et vaut donc évidemment pour le pays dans son ensemble, et pas spécialement pour Paris. En cinq ans de résidence ici, en effet, on n’y a pas encore rencontré un seul heureux détenteur d’un appartement de 92 m2...
B.DL.

10:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Social, Logement

22/11/2006

Une question de profil

C’est un «testing» géant: 6461 vrais-faux CV envoyés en réponse à 1340 offres d’emploi, pour servir à l’élaboration d'un baromètre national sur la discrimination à l’embauche: une première en France. Les résultats de cette enquête viennent de tomber. Ils sont édifiants.
Ils indiquent notamment que parmi tous les profils discriminants fermant la porte à l’emploi, le pire est celui de l’âge. Ainsi, dès 48 ans, un candidat reçoit trois fois moins de réponses positives à ses demandes d’embauche et a seulement 32% de chances d’être convoqué à un entretien. Juste devant lui: le candidat au patronyme maghrébin, qui n'a qu'un rien plus de chances (36%) d’être convoqué. Le candidat handicapé, la femme mariée ayant trois enfants et le demandeur d’emploi souffrant d’un physique désavantageux sont eux un peu moins mal lotis sur la grande échelle de la discrimination.
Le baromètre ne parle pas des mères de famille quinquagénaires, d’origine maghrébine, affublées d’un handicap et d’un physique disgracieux. Statistiquement, pourtant, leurs chances de trouver un emploi ou simplement de décrocher un entretien d’embauche doivent être... proches de zéro.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Social, Emploi

21/11/2006

Une première visite

medium_logo_france_24.jpgA 21 heures piles, deux génériques retentissent en même temps dans les deux régies news. Au même moment et suivant le même conducteur, deux journalistes, un francophone et un anglophone, présentent un journal de 10 minutes, chacun dans sa langue. Les sujets, montés de manière identique, sont commentés en français d’un côté et en anglais de l’autre. Les deux régies se font face. De part et d’autre, les «tops» de lancement et les décomptes se font indifféremment en anglais et en français.
En passant d’une régie à l’autre, on s’aperçoit au bout de quelques minutes que les sujets ne sont plus les mêmes. Petit couac: la chef d’édition du journal francophone s’est trompée dans le conducteur.
Bienvenue à France 24, la future chaîne française d’information internationale voulue par le Président Jacques Chirac, que l’on a visitée hier soir.
Visible sur Internet le 6 décembre, la chaîne démarrera 36 heures plus tard sur le câble et le satellite en Europe, au Proche et Moyen-Orient, en Afrique et dans les villes de New York et Washington D.C. Ce lancement d’une télé dans deux langues différentes et simultanées est une première en France.
Du coup, évidemment, de nombreux réglages techniques restent à faire et des habitudes de travail à créer. Des journalistes de 27 nationalités sont amenés à collaborer, à travailler le plus souvent en binôme sur les mêmes journaux. Un exercice d’autant plus complexe que les deux langues n’occupent pas le même temps d’antenne (les choses sont dites évidemment en moins de mots en anglais).
«Les anglophones doivent davantage laisser parler les images dans les sujets», nous explique un réalisateur. Alors, imaginez la complexité lorsque l’arabe viendra s’ajouter en juin 2007 (sur une tranche de quatre heures), et l’espagnol en 2009…
C.G.

20/11/2006

Un soir ou jamais

Il arrive que des infos arrivent sur les ondes… sans avoir de réel fondement. C’est le cas de cette rumeur concernant l’arrêt possible de «Ce soir ou jamais».
La quotidienne culturelle de Frédéric Taddéi, sur France 3, cherche encore son audience. Avec une moyenne de 7% de parts de marché et 560 000 téléspectateurs, l’émission, pourtant souvent de bonne facture, n’a pas encore atteint les 10, voire les 12% de parts d’audience annoncés par le directeur des programmes de France 3, Vincent Meslet. Cependant, il ne serait pas question d’y mettre un terme.
«L’émission se cherche encore. Et le public est enthousiaste», confie-t-on à France 3. Sans vouloir outre mesure «communiquer» sur le sujet pour l’instant. Preuve que «Ce soir ou jamais» évolue tout de même sur un fil.
C.G.

17/11/2006

Une prédiction

Ségolène Royal investie pour l'Elysée donc, et haut la main qui plus est.
C’est curieux: on ne l’a ni entendu ni vu rappelé cette nuit et ce matin, malgré l’avalanche de commentaires qu’a suscitée l’investiture de la madone du Poitou-Charentes. Il y a bien longtemps, bien avant même que les magazines et les télés ne succombent l’an dernier à la «Ségomania» et que les sondages commencent à s’affoler, une personne avait vu venir le coup: avait prédit l’investiture de l’intéressée. Et à l’époque, sa prédiction soit était passée complètement inaperçue, soit avait fait rire aux éclats la plupart des analystes et observateurs tant elle semblait hétérodoxe. Cette personne, à l’époque, c’était un certain… Jean-Marie Le Pen.
Le patron du Front national a donc au moins du flair politique, et même un flair certain.
Raison de plus, peut-être, pour écouter sa dernière prédiction en date, qu’il serine depuis quelques semaines dans une indifférence pareillement générale. Le leader du FN assure qu’au printemps prochain, non seulement il remportera le premier tour des présidentielles mais qu’en plus, cette fois, il remportera le second tour.
Cela paraît vraiment énorme. Comme il y a deux ans l'hypothèse Royal à l'Elysée paraissait énorme?
B.DL.

16/11/2006

Un problème horaire

medium_images.2.jpgLes premières tendances sur le vote ce jeudi des socialistes en vue de l’investiture pour 2007 ne seront connues qu’entre minuit et une heure du matin. C’est le plus mauvais cas de figure possible pour les journalistes de presse écrite.
En effet, la dernière édition de «La Libre» est bouclée à minuit, avec des possibilités de prolongation jusqu’à une heure quand l'actualité urgente vraiment le commande. Là, malgré l'élasticité du bouclage, le délai sera trop serré pour se risquer à publier un papier pariant sur telle ou telle issue du scrutin.
Et ne parlons même pas de la première édition, celle qui dessert les pays étrangers (et donc la France) : elle est bouclée elle à 22h30. Or, à cette heure-là, on ne disposera ce soir que de premières fuites, forcément intéressées, relatives au taux de participation.
D’habitude, dans les configurations de bouclage de ce genre, n’importe quel journaliste de base s’en tire avec une astuce: le recours au titre bateau mais toujours commode, qui serait ici quelque chose comme «Les socialistes ont choisi leur candidat». Mais là, c’est raté: puisqu’il y a un risque de second tour, il se pourrait bien que vendredi matin, les socialistes n’aient rien choisi du tout.
On va donc devoir meubler avec un papier dit de remplissage, qui n'apportera strictement aucune information neuve mais résumera en gros tout ce qu'on a dit sur le sujet dernièrement. Le seul intérêt de ce genre de journalisme est d'occuper l’espace. Et donc, à défaut d’informer le lecteur, d’au moins ne pas lui donner l’impression qu’on a oublié la grosse actualité du jour.
Aujourd'hui en tout cas, on envie les collègues de la presse écrite du soir. Au «Monde», ainsi, les papiers sont bouclés en fin de matinée, un délai évidemment idéal dans ce cas de figure.
B.DL.

15/11/2006

Un avis partagé

Une légère saturation, écrivait-on. «Moi aussi, je suis complètement désocialisée!», confiait l’autre soir une proche de Ségolène Royal, en souriant tout de même.
On lui disait que c’était bientôt fini. Que la vie normale (manger autre chose que des sandwiches sur le pouce, sortir le soir ailleurs que dans des meetings, distinguer la semaine de travail et le week-end de repos, etc.) reprendrait dans quelques semaines à peine. Et qu’à la faveur de la trêve des confiseurs, on allait tous enfin pouvoir se reposer.
«Ah ouais, tu crois? Je suis loin d’en être sûre…», s’entendait-on répliquer: «Ségolène aura à peine soufflé trois jours qu’elle sera déjà repartie».
Cette dernière phrase était dite sur un ton délicieux, entre «Elle est insupportable» et «Elle est formidable».
B.DL.

14/11/2006

Un hymne

Les riverains du gymnase Japy, dans le onzième arrondissement, ont bien dû l’entendre hier soir, tant la sono du meeting était tonitruante: Ségolène Royal a choisi «Du courage!», la très énergisante chanson de la grande Sophie, comme hymne de campagne.
Mais ladite chanson a été un peu tronquée, voire carrément tronçonnée, comme la candidate socialiste dirait d’une certaine vidéo pirate qui fait fureur sur internet. Qu’on en juge au verbatim ci-dessous: les phrases en italique sont les paroles originelles du morceau de la grande Sophie. Les passages soulignés sont ceux qui ont été repris et remixés par l’équipe de Ségolène Royal et que l’on entend lors de ses meetings.

Des guerriers à la télé
Des héros dans ma salle à manger
J’en ai lu des histoires vraies
Mais la question que j’me pose
Sans cesse où je pourrais trouver

Du courage, du courage, du courage !
Du courage, du courage, du courage !
Du courage, du courage, du courage !
Du courage, du courage, du courage !

Tu vois, c’est tellement mieux
Quand on est sûr de soi
Que l’on porte au bout des doigts

Des guerriers à la télé, des héros dans ma salle à manger
J’en ai lu des histoires vraies
Mais la seule question que j’me pose
Sans cesse où je pourrais trouver

Du courage, du courage, du courage !
Du courage, du courage, du courage !
Du courage, du courage, du courage !
Du courage, du courage, du courage !

(...)

Exit donc les détails sur la salle à manger et les héros de télé, qui ont sans doute été jugés comme renvoyant trop au foyer. Surtout, en une habile ellipse, la chanson de départ, qui était plutôt une interrogation sur la façon de trouver de l’encouragement, a, grâce aux coupes, été transformée en une exaltation du courage enfin trouvé.
C’est évidemment à cela que servent les grands communicants dont s'entourent les personnalités politiques.
B.DL.

13/11/2006

Une légère saturation

medium_14_01_35_561281000_FRANCE_SEGOLENE_ROYAL_SPIN102.jpgDernière ligne droite donc, enfin, avant la désignation jeudi du candidat socialiste à l’Elysée.
Derniers sondages un peu partout ce matin. Et encore plus certainement demain et les jours suivants – il y en a pourtant déjà eu une bonne trentaine depuis le début de la campagne interne au PS, devenue dès lors un vrai business pour certains.
Dernier grand reportage en préparation sur le sujet, à boucler mercredi soir.
Et dernière soirée sacrifiée aux socialistes: un énième meeting à couvrir ce soir – mais au moins Ségolène Royal a-t-elle choisi un gymnase à deux pas du bureau, dans le onzième arrondissement.
On avoue qu’on n’est pas fâché d’en voir la fin et qu’à force d’avoir tant écrit sur le sujet ces dernières semaines, on commençait à quelque peu saturer.
Pour le coup donc, sur ce point en tout cas, on est très ségoléniste: on aimerait vraiment bien en finir dès jeudi et ne pas devoir se farcir un second tour - il doit bien y avoir une vie en dehors du parti socialiste.
B.DL.

11/11/2006

Un changement

En 2004, quand on suivait Ségolène Royal en campagne électorale (c’était alors pour les élections régionales), on était habituellement en petit comité: une poignée de journalistes, de caméras et de photographes, et c’était tout. C’était convivial, décontracté, familial presque. Très pratique surtout pour les journalistes désireux d’approcher un peu le personnage pour mieux le cerner.
Ainsi, à l’époque, le dimanche matin dans les petits villages du fin fond du Poitou-Charentes, avant d’aller déguster tous ensemble du chabichou sur les marchés, on pouvait sans problème prendre un café avec elle sur une terrasse au soleil: il y avait tout au plus une demi-douzaine de personnes à table, aucune pression médiatique donc, et du coup des conditions idéales réunies pour le «off».
En 2006, en revanche, suivre l’intéressée en campagne électorale pour l’investiture en vue de l’Elysée est une autre paire de manches.
Ainsi, ce samedi dans le Pas-de-Calais, pas moins d’une trentaine de journalistes, de photographes et de cameramen l’accompagnaient. Il fallait donc jouer des coudes ne fût-ce que pour apercevoir l’intéressée, perdue la plupart du temps derrière une forêt de caméras, de perches de son et de flashs de photographes.
Si l’étoffe d’un homme politique se mesure notamment à la cohue médiatique et aux bousculades qu’il suscite lors de ses déplacements et si cette règle vaut aussi pour une femme politique, alors pas de doute: en deux ans, Ségolène Royal a acquis une indéniable stature.
B.DL.

10/11/2006

Un souvenir un peu affolant

Départ en campagne électorale à nouveau en fin d’après-midi, pour être sur le pied de guerre dès demain matin tôt afin de passer la journée en compagnie de Ségolène Royal dans le Pas-de-Calais.
Lens, Liévin, Béthune, Arras. Des rencontres avec les élus locaux, des cérémonies commémoratives, des visites de quartiers, des réunions avec des associations: même et y compris dans la dernière ligne droite de la course à l’investiture, la favorite des sondages va accumuler les kilomètres et aligner les poignées de mains.
La dernière fois qu’on avait fait les marchés et suivi à la trace une candidate dans cette région à la veille d’une élection, c’était avec… Marine Le Pen. On en avait d’ailleurs gardé un souvenir un peu affolant, tant l’engouement populaire pour l’intéressée était évident. La fille du leader du Front national avait passé sa journée à se faire photographier par les petites gens et à recevoir les félicitations et les embrassades de commerçants. Elle avait même osé s'offrir une pause-café avec sa petite troupe dans un resto tenu par des musulmans. Et n’y avait pas spécialement été mal accueillie.
B.DL.

09/11/2006

Une femme

medium_MISSSORCIERES2.jpgOn loupe trop souvent des expos pour ne pas se promettre que celle-là au moins, on fera l’impossible pour aller la voir. Actualité envahissante ou pas, horaires de travail débordants ou pas.
Une galerie de la rive gauche consacre en ce moment une rétrospective à Miss.Tic, cette artiste plasticienne qui, depuis plus de vingt ans déjà, garnit les murs de Paris de ses pochoirs parfois drôles, parfois cruels, souvent bien vus, à l’occasion un peu déjà vus, mais la plupart du temps délicieusement malicieux.
Au fil du temps certes, comme Ernest Pignon-Ernest, l’intéressée a un peu perdu de l’aura de ses débuts. La preuve en est que des galeristes de Saint-Germain des Prés s’y intéressent et que ses œuvres s’arrachent désormais à prix d’or.
Mais même devenue commerciale, Miss.Tic fait et fera toujours partie d’une certaine culture de rue de la capitale. Avec ses «silhouettes de femmes élégantes, parisiennes et délurées, qui clament à la face de la ville leurs espoirs et leurs désespoirs moulés dans leurs paroles comme dans leurs habits noirs érotiques et ironiques, libres et prisonnières de leurs fantasmes et de leurs rêves, une et multiples».
B.DL.

09:05 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Arts, Expos, Paris, Femmes

08/11/2006

Un petit accroc

Le trafic des trains est donc à nouveau très perturbé aujourd’hui. On ne va pas relancer le débat sur les grèves dans les transports publics et leurs inconvénients pour les usagers: le sujet a déjà été amplement évoqué et commenté ici. En revanche, on est tombé sur une petite info relative à la SNCF certes annexe et un peu anecdotique, mais qui, curieusement, n’a été que peu relayée.
On parle de ces fameux «TGV Lacroix», du nom du grand couturier Christian Lacroix, qui avait été chargé au début de l’année par la SNCF du relooker la moitié de la flotte des trains rapides. A l’époque, l’intéressé et le service de com des chemins de fer en avaient fait des tonnes sur «le nouveau confort de voyage» créé, sur l’«esprit harmonisant technicité et sérénité» qui avait été privilégié, et sur la nouvelle parure pleine d’«élégance» et de «vitalité» qui avait été imaginée par le styliste, grâce notamment à un ample recours aux couleurs acidulées.
Le problème, c’est que ces «TGV Lacroix» sont… aussi beaux que fragiles. La SNCF est très discrètement en train de remplacer la totalité de la moquette usée de ces dizaines de nouvelles rames, qui n’a pas résisté aux assauts des voyageurs.
On n’ose imaginer ce que cet accroc de déco va coûter.
B.DL.

07/11/2006

Un symbole?

medium_16_25_30_654763000_SWITZERLAND_WHO_GE120.jpgLe grand magazine américain «Time» consacre cette semaine sa couverture aux «Héros des soixante dernières années». A Paris, ce classement ne va évidemment pas échapper aux déclinologues: ces essayistes qui diagnostiquent le déclin de l’Hexagone et nourrissent les discours politiques en faveur de la rupture. Ils risquent même d’y voir un triple symbole.
D’abord, parmi les innombrables personnalités citées, ne figurent jamais qu’une dizaine de Français à peine, ce qui n’est pas énorme. Ensuite, il s’agit en majorité de personnalités décédées depuis bon nombre d’années (le général de Gaulle, le commandant Cousteau, la styliste Coco Chanel, l’écrivain Simone de Beauvoir, le cinéaste François Truffaut, l’Européen Jean Monnet). Enfin, alors que d’autres pays alignent eux des «héros» beaucoup plus jeunes, les derniers lauréats français encore en vie (Bernard Kouchner, Jean-Claude Killy, Paul Bocuse) ont tous déjà largement dépassé le cap de la soixantaine.
Au demeurant, la publication de ce classement intervient précisément au moment où Bernard Kouchner, le membre le plus en vue de ce trio de survivants, vient de se prendre une gifle monumentale dans la course à la présidence de l’OMS. Il y a des semaines comme ça…
B.DL.