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29.12.2006

Une petite pause

medium_Plage_parasol.jpgDerniers articles à boucler, puis départ à la plage ce week-end. Une petite semaine de vacances pour recharger ses batteries. Et prendre les forces nécessaires pour cou(v)rir un marathon électoral qui, dès la mi-janvier jusqu’à la mi-juillet, s'annonce aussi passionnant qu’éreintant.
Du coup, on ne sera pas à Paris pour regarder dimanche soir les derniers vœux présidentiels de Jacques Chirac -- on n’est pas sûr que ce soit fondamentalement très grave.
On sera, en revanche, de retour et fidèle au poste dès le lundi 8 janvier. Aux commandes de ce blog, aussi.
Au fil des mois, nous dit-on d’ailleurs, vous avez été de plus en plus nombreux à lire «Paris Libre». Merci donc pour cette assiduité et cette fidélité. Et au plaisir déjà de vous y retrouver l’an prochain.
D’ici là, belle année à toutes et tous. Et bonnes vacances à celles et ceux qui ont la chance d’en prendre.
B.DL.

28.12.2006

Un sursaut?

medium_drapeaufrancais.jpgEst-ce enfin le résultat du séisme du 21 avril 2002? Les mairies, en ce moment, croulent littéralement sous les demandes d’inscription sur les listes électorales. Elles croulent tellement, en cette dernière ligne droite avant la date limite du 31 décembre, qu’elle ont reçu la consigne d’ouvrir leurs portes samedi matin.
Dans tout le pays, les chiffres relatant la progression du nombre d’inscrits par rapport à la même période de 2001 (lorsque les gens venaient s’inscrire pour pouvoir voter aux présidentielles de 2002) sont impressionnants: +60% à Nancy, +90% à Trappes (Yvelines), de 4.000 à 5.500 inscrits à Saint-Denis, 23.600 inscrits dans la seule ville de Marseille pendant le mois de décembre, etc.
On fait la queue devant les mairies, donc. Bien. Mais il y a encore une double marge dans laquelle de nets progrès civiques pourraient certainement être accomplis.
Un: dans un corps électoral évalué à la grosse louche à 45 millions d’électeurs, entre 2 et 4 millions de gens -- ce qui n’est tout de même pas rien -- ne s’inscriront pas et donc n’iront pas voter.
Deux: entre les inscrits et les électeurs votant effectivement le jour J, il y a encore une déperdition non négligeable. Ainsi, le 21 avril 2002, sur 41.194.689 inscrits, on n’a dénombré que 29.495.733 votants. Au second tour, c’était déjà un peu mieux (32.831.497 votants).
Et les 22 avril et 6 mai 2007?
B.DL.

27.12.2006

Une réelle impopularité

Cinq ans après l’adoption de la monnaie unique, nombre de Français continuent à encore à penser en francs. Selon un sondage TNS Sofres à paraître demain, un Français sur quatre convertit toujours et systématiquement cette monnaie dans sa tête, 23% effectue souvent cette opération mentale, 32% de temps en temps, et seulement 20 % réfléchit exclusivement en euros.
25 % des Français continuent donc à calculer chaque jour qu’une pièce d’1 euro égale 6,56 FF, qu’un billet de 50 euros représente 327,98FF, et qu’il faut très exactement 76€22 pour avoir un vieux billet de 500FF. C’est un effort mental aussi méritoire que bizarre dans la mesure où, pour le taux de conversion, le Français a été particulièrement peu gâté par rapport à nombre de pays européens: allez donc faire des multiplications par 6,56 alors qu’en Belgique par exemple, il suffit de multiplier par 4 et d’ajouter un zéro.
On ne sait si cela contribue à l’impopularité persistante de la monnaie européenne en France. Mais cette impopularité est réelle.
Selon le même sondage, la monnaie unique est jugée une mauvaise chose pour la France par 52 % des Français. Ce désaveu progresse même avec les années: il ne touchait que 45 % de l’opinion il y a trois ans. Et il atteint des proportions beaucoup plus élevées (66%) dans certaines couches de la population comme les ouvriers.
Quasiment tous les Français (94 %), d’ailleurs, sont persuadés que l'euro a eu pour conséquence d'aggraver la hausse des prix. Que le gouvernement n'ait cessé pendant cinq ans de nier l'évidence et de prétendre le contraire n'a sans doute qu'accru encore le ressentiment populaire envers cette monnaie.
B.DL.

26.12.2006

Une sensation

medium_superman.jpgLa trêve des confiseurs donc, selon l’expression consacrée. La période de l’année où notamment l’actualité ronronne, se fait laborieuse, s’avachit un peu pauvre fille comme une dinde sur son plat de Noël face à des convives repus par les biscuits apéritifs.
Il y a des journalistes que ce ralentissement de l’actualité visiblement désespère. En a témoigné ce matin la voix d’outre-tombe du confrère de Rosny-sous-Bois annonçant dans le radio-réveil, un peu tôt il est vrai, l’absence du moindre embouteillage à Paris, en Ile-de-France comme dans toute la France.
Il y a en a d’autres qui se réjouissent déjà à l’idée de trouver enfin le temps de faire tout ce que l’actualité habituellement repousse à plus tard: répondre aux courriers des lecteurs, lire plus que survoler les journaux, jeter un œil sur les dizaines d’essais reçus en service de presse, ranger sa documentation, enfin réfléchir à des sujets dictés par autre chose que l’urgence, etc.
Et puis, cela donne une si curieuse impression de travailler quand tout le monde a l’air d’être en congé. Ce matin en allant au boulot, en remarquant combien les rues de Paris étaient si inhabituellement calmes et vides, on retrouvait ce sentiment qu’on éprouve quand on va courir au Bois dix kilomètres malgré le froid, quand on revient d’une après-midi de shopping sans avoir craqué, ou quand on parvient à s’arrêter après une pâtisserie chez Ladurée: cette frissonnante sensation d’être un peu… un héros.
B.DL.

23.12.2006

Une arnaque?

Un bref aller-retour en Belgique, pour la Noël.
On est peut-être un peu teigneux, mais on a cru remarquer (et notre portefeuille aussi) ces dernières années que plus le Thalys faisait des campagnes de pub pour ses billets à tarif réduit, moins on parvenait en fait à obtenir ce type de billet.
Cette fois encore, alors que le tarif premier prix doit être aux environs de 50 euros, on a payé à peu près le double. Alors qu’on a commandé le billet il y a de longues semaines et qu’on voyagera en heures creuses.
Le voyageur paie-t-il, en fait, toutes ces campagnes de marketing et de publicité?
B.DL.

22.12.2006

Une passoire?

medium_roissy.jpgRares sont les reportages que les chaînes de télévision refusent de distribuer tous azimuts à la presse en amont d’une diffusion. Celui que «Pièces à conviction» consacre ce soir sur France 3 à la sécurité dans les aéroports est de ceux-là. Le rédacteur en chef du magazine d’investigation, Pascal Richard, a préféré le montrer au cas par cas aux journalistes, dans son bureau, pour éviter qu’un référé ne soit déposé et ne mette en péril sa diffusion.
On a donc visionné le sujet sur place en compagnie de journalistes du «Parisien» et de l’AFP. On y voit notamment un expert en sûreté déjouer à de multiples reprises les contrôles dans les aéroports, jusqu’à parvenir à introduire dans des avions une belle imitation de Semtex (un explosif plusieurs fois utilisé dans des attentats), un détonateur et deux cutters. C’est tout simplement ahurissant, et bigrement flippant.
Les responsables d’Aéroports de Paris (ADP) vont encore hurler à l’opération de dénigrement. La dernière fois qu’on avait écrit un papier sur les lacunes sécuritaires à Roissy, le dircom d’ADP avait téléphoné dès sa publication. Puis, aimablement (du genre «Cher ami», etc.) mais fermement, avait déploré qu’on se soit demandé en titre si Roissy était une passoire pour les candidats terroristes – ce qui lui semblait préjudiciable à l’image internationale de la plateforme parisienne.
On se souvient de lui avoir poliment fait remarquer qu'une vague d’attentats -- favorisée par les failles à présent évidentes du dispositif de sécurité -- serait sans doute encore pire en termes d'image que quelques articles de presse ou émissions télé un peu sévères.
C.G. et B.DL.

21.12.2006

Une hécatombe

Début de l’hiver donc, ce soir à minuit. A l’issue de cette saison, comme chaque année en France, une douzaine de SDF au moins trouveront la mort.
Ce chiffre ne regroupe que les sans-abri morts de froid. Selon le décompte effectué par le Collectif «Les morts de la rue» (qui regroupe 40 associations dont Emmaüs, le Secours catholique, les Restos du cœur, etc.), l’an dernier pas moins de 93 miséreux ont trouvé la mort pendant l’hiver.
Ces gens sont «morts de froid à la rue, mais aussi morts en foyer, à l’hôpital, dans des squats, dans des hôtels de passage, dans les gares, etc. et pas seulement de froid mais écrasés, noyés, carbonisés, d’alcool, de drogue, d’épuisement, de suicide…».
Cette année encore, c’est certain, on en parlera si peu.
B.DL.

20.12.2006

Un coup de vieux

medium_ExpoTintin.jpgEvidemment, être replongé comme cela, en quelques secondes et sans crier gare, dans l’univers pictural qui a marqué l’enfance ne rajeunit pas précisément son homme. «L’oreille cassée», «Le lotus bleu», «Objectif Lune», «Les sept boules de cristal»: on fait un grand bond en arrière, non sans une certaine nostalgie, en visitant l’expo qu’à partir de ce mercredi jusqu’au 19 février prochain, le Centre Pompidou consacre au plus célèbre journaliste belge de la planète: Tintin.
Parmi les quelque 300 pièces exposées, on trouve pas mal de choses amusantes: des crayonnés jamais vus, des planches en cours de coloriage, des dessins pour des cartes de vœux, des jurons du capitaine Haddock peints à même le sol, des exemplaires du «Petit Vingtième» (le journal où travaillait Tintin), des auto-caricatures de Hergé, etc.
La promenade est on ne peut plus distrayante, et ravira sans nul doute les Belges de passage à Paris. Et en plus, l’expo est gratuite.
B.DL.

19.12.2006

Un coup de jeune

medium_afficheLaguiller.jpgPour sa campagne présidentielle, Lutte ouvrière s’offre une petite folie. Le parti trotskiste se paie pendant quinze jours 14.000 panneaux publicitaires en 4 par 3 à l’effigie de sa candidate, Arlette Laguiller. Selon les indiscrétions, cette énorme campagne, diffusée sur l’ensemble du territoire national, aurait coûté à ce parti la bagatelle d’un million d’euros rien qu’en location d’espaces publicitaires (*).
Pour sa sixième course à l’Elysée (annoncée comme la dernière après celles de 1974, 1981, 1988, 1995 et 2002), la chef de file de LO, elle, s’offre carrément une petite coquetterie. En effet, n’importe quel quidam ayant croisé ces affiches et les ayant regardées avec un peu d’attention l’aura remarqué: le visage de la candidate y a été très largement rajeuni, soit par un gros travail de retouche, soit par le recours à un cliché pas tout neuf. Au point qu'Arlette Laguiller, qui va sur ses 67 ans, a l’air d’en avoir au minimum quinze de moins.
On ne sait si cela va lui amener des électeurs supplémentaires.
B.DL.
(*) Cherchez l’erreur: pour cette campagne, LO a choisi le géant de l’affichage Clear Channel, la multinationale texane qui, aux Etats-Unis, lors des dernières élections présidentielles, aurait dit-on largement soutenu George Bush.

18.12.2006

Un incroyable succès

Les chiffres ne sont pas encore officiels, mais ils ont commencé à circuler ce week-end et ils le montrent sans conteste: le Louvre est vraiment en train de casser la baraque.
On savait déjà qu’avec ses 65.000 m2 de surfaces, ses 35.000 œuvres exposées et ses 14 kilomètres de salles d’exposition, de réserves et de galeries, il s’agissait du plus grand musée du monde. On n’a jamais douté non plus – mais sans doute n’est-on pas objectif – qu’il s’agit du plus beau musée du monde. Ce qui est plus neuf, en revanche, c’est que d’année en année, le Louvre est en train de devenir le musée le plus fréquenté de la planète.
Il accueille en moyenne 25.000 personnes par jour et 45.000 par dimanche, soit la population d’une ville moyenne. A l’année, quelque 7 millions de visiteurs franchissent ses portes. Les derniers chiffres sont encore plus astronomiques: avec une nouvelle progression de plus de 500.000 visiteurs par rapport à 2005, le Louvre franchirait en 2006 la barre des 8 millions de visiteurs - record jamais enregistré dans toute son histoire.
Le revers de la médaille de cet incroyable succès? Parfois, vu la foule, les visites ne se font plus vraiment dans les conditions de calme et de sérénité requises. A cet égard, on ne saurait trop conseiller aux touristes de passage ici pendant les fêtes de fin d’année d'éviter la Grande pyramide, les vacances de Noël étant, comme nul Parisien ne l’ignore, la période plus fréquentée de l’année pour ce musée.
B.DL.

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