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29/12/2006

Une petite pause

medium_Plage_parasol.jpgDerniers articles à boucler, puis départ à la plage ce week-end. Une petite semaine de vacances pour recharger ses batteries. Et prendre les forces nécessaires pour cou(v)rir un marathon électoral qui, dès la mi-janvier jusqu’à la mi-juillet, s'annonce aussi passionnant qu’éreintant.
Du coup, on ne sera pas à Paris pour regarder dimanche soir les derniers vœux présidentiels de Jacques Chirac -- on n’est pas sûr que ce soit fondamentalement très grave.
On sera, en revanche, de retour et fidèle au poste dès le lundi 8 janvier. Aux commandes de ce blog, aussi.
Au fil des mois, nous dit-on d’ailleurs, vous avez été de plus en plus nombreux à lire «Paris Libre». Merci donc pour cette assiduité et cette fidélité. Et au plaisir déjà de vous y retrouver l’an prochain.
D’ici là, belle année à toutes et tous. Et bonnes vacances à celles et ceux qui ont la chance d’en prendre.
B.DL.

28/12/2006

Un sursaut?

medium_drapeaufrancais.jpgEst-ce enfin le résultat du séisme du 21 avril 2002? Les mairies, en ce moment, croulent littéralement sous les demandes d’inscription sur les listes électorales. Elles croulent tellement, en cette dernière ligne droite avant la date limite du 31 décembre, qu’elle ont reçu la consigne d’ouvrir leurs portes samedi matin.
Dans tout le pays, les chiffres relatant la progression du nombre d’inscrits par rapport à la même période de 2001 (lorsque les gens venaient s’inscrire pour pouvoir voter aux présidentielles de 2002) sont impressionnants: +60% à Nancy, +90% à Trappes (Yvelines), de 4.000 à 5.500 inscrits à Saint-Denis, 23.600 inscrits dans la seule ville de Marseille pendant le mois de décembre, etc.
On fait la queue devant les mairies, donc. Bien. Mais il y a encore une double marge dans laquelle de nets progrès civiques pourraient certainement être accomplis.
Un: dans un corps électoral évalué à la grosse louche à 45 millions d’électeurs, entre 2 et 4 millions de gens -- ce qui n’est tout de même pas rien -- ne s’inscriront pas et donc n’iront pas voter.
Deux: entre les inscrits et les électeurs votant effectivement le jour J, il y a encore une déperdition non négligeable. Ainsi, le 21 avril 2002, sur 41.194.689 inscrits, on n’a dénombré que 29.495.733 votants. Au second tour, c’était déjà un peu mieux (32.831.497 votants).
Et les 22 avril et 6 mai 2007?
B.DL.

27/12/2006

Une réelle impopularité

Cinq ans après l’adoption de la monnaie unique, nombre de Français continuent à encore à penser en francs. Selon un sondage TNS Sofres à paraître demain, un Français sur quatre convertit toujours et systématiquement cette monnaie dans sa tête, 23% effectue souvent cette opération mentale, 32% de temps en temps, et seulement 20 % réfléchit exclusivement en euros.
25 % des Français continuent donc à calculer chaque jour qu’une pièce d’1 euro égale 6,56 FF, qu’un billet de 50 euros représente 327,98FF, et qu’il faut très exactement 76€22 pour avoir un vieux billet de 500FF. C’est un effort mental aussi méritoire que bizarre dans la mesure où, pour le taux de conversion, le Français a été particulièrement peu gâté par rapport à nombre de pays européens: allez donc faire des multiplications par 6,56 alors qu’en Belgique par exemple, il suffit de multiplier par 4 et d’ajouter un zéro.
On ne sait si cela contribue à l’impopularité persistante de la monnaie européenne en France. Mais cette impopularité est réelle.
Selon le même sondage, la monnaie unique est jugée une mauvaise chose pour la France par 52 % des Français. Ce désaveu progresse même avec les années: il ne touchait que 45 % de l’opinion il y a trois ans. Et il atteint des proportions beaucoup plus élevées (66%) dans certaines couches de la population comme les ouvriers.
Quasiment tous les Français (94 %), d’ailleurs, sont persuadés que l'euro a eu pour conséquence d'aggraver la hausse des prix. Que le gouvernement n'ait cessé pendant cinq ans de nier l'évidence et de prétendre le contraire n'a sans doute qu'accru encore le ressentiment populaire envers cette monnaie.
B.DL.

11:05 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Europe, Social

26/12/2006

Une sensation

medium_superman.jpgLa trêve des confiseurs donc, selon l’expression consacrée. La période de l’année où notamment l’actualité ronronne, se fait laborieuse, s’avachit un peu pauvre fille comme une dinde sur son plat de Noël face à des convives repus par les biscuits apéritifs.
Il y a des journalistes que ce ralentissement de l’actualité visiblement désespère. En a témoigné ce matin la voix d’outre-tombe du confrère de Rosny-sous-Bois annonçant dans le radio-réveil, un peu tôt il est vrai, l’absence du moindre embouteillage à Paris, en Ile-de-France comme dans toute la France.
Il y a en a d’autres qui se réjouissent déjà à l’idée de trouver enfin le temps de faire tout ce que l’actualité habituellement repousse à plus tard: répondre aux courriers des lecteurs, lire plus que survoler les journaux, jeter un œil sur les dizaines d’essais reçus en service de presse, ranger sa documentation, enfin réfléchir à des sujets dictés par autre chose que l’urgence, etc.
Et puis, cela donne une si curieuse impression de travailler quand tout le monde a l’air d’être en congé. Ce matin en allant au boulot, en remarquant combien les rues de Paris étaient si inhabituellement calmes et vides, on retrouvait ce sentiment qu’on éprouve quand on va courir au Bois dix kilomètres malgré le froid, quand on revient d’une après-midi de shopping sans avoir craqué, ou quand on parvient à s’arrêter après une pâtisserie chez Ladurée: cette frissonnante sensation d’être un peu… un héros.
B.DL.

23/12/2006

Une arnaque?

Un bref aller-retour en Belgique, pour la Noël.
On est peut-être un peu teigneux, mais on a cru remarquer (et notre portefeuille aussi) ces dernières années que plus le Thalys faisait des campagnes de pub pour ses billets à tarif réduit, moins on parvenait en fait à obtenir ce type de billet.
Cette fois encore, alors que le tarif premier prix doit être aux environs de 50 euros, on a payé à peu près le double. Alors qu’on a commandé le billet il y a de longues semaines et qu’on voyagera en heures creuses.
Le voyageur paie-t-il, en fait, toutes ces campagnes de marketing et de publicité?
B.DL.

22/12/2006

Une passoire?

medium_roissy.jpgRares sont les reportages que les chaînes de télévision refusent de distribuer tous azimuts à la presse en amont d’une diffusion. Celui que «Pièces à conviction» consacre ce soir sur France 3 à la sécurité dans les aéroports est de ceux-là. Le rédacteur en chef du magazine d’investigation, Pascal Richard, a préféré le montrer au cas par cas aux journalistes, dans son bureau, pour éviter qu’un référé ne soit déposé et ne mette en péril sa diffusion.
On a donc visionné le sujet sur place en compagnie de journalistes du «Parisien» et de l’AFP. On y voit notamment un expert en sûreté déjouer à de multiples reprises les contrôles dans les aéroports, jusqu’à parvenir à introduire dans des avions une belle imitation de Semtex (un explosif plusieurs fois utilisé dans des attentats), un détonateur et deux cutters. C’est tout simplement ahurissant, et bigrement flippant.
Les responsables d’Aéroports de Paris (ADP) vont encore hurler à l’opération de dénigrement. La dernière fois qu’on avait écrit un papier sur les lacunes sécuritaires à Roissy, le dircom d’ADP avait téléphoné dès sa publication. Puis, aimablement (du genre «Cher ami», etc.) mais fermement, avait déploré qu’on se soit demandé en titre si Roissy était une passoire pour les candidats terroristes – ce qui lui semblait préjudiciable à l’image internationale de la plateforme parisienne.
On se souvient de lui avoir poliment fait remarquer qu'une vague d’attentats -- favorisée par les failles à présent évidentes du dispositif de sécurité -- serait sans doute encore pire en termes d'image que quelques articles de presse ou émissions télé un peu sévères.
C.G. et B.DL.

21/12/2006

Une hécatombe

Début de l’hiver donc, ce soir à minuit. A l’issue de cette saison, comme chaque année en France, une douzaine de SDF au moins trouveront la mort.
Ce chiffre ne regroupe que les sans-abri morts de froid. Selon le décompte effectué par le Collectif «Les morts de la rue» (qui regroupe 40 associations dont Emmaüs, le Secours catholique, les Restos du cœur, etc.), l’an dernier pas moins de 93 miséreux ont trouvé la mort pendant l’hiver.
Ces gens sont «morts de froid à la rue, mais aussi morts en foyer, à l’hôpital, dans des squats, dans des hôtels de passage, dans les gares, etc. et pas seulement de froid mais écrasés, noyés, carbonisés, d’alcool, de drogue, d’épuisement, de suicide…».
Cette année encore, c’est certain, on en parlera si peu.
B.DL.

10:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Social, Pauvreté

20/12/2006

Un coup de vieux

medium_ExpoTintin.jpgEvidemment, être replongé comme cela, en quelques secondes et sans crier gare, dans l’univers pictural qui a marqué l’enfance ne rajeunit pas précisément son homme. «L’oreille cassée», «Le lotus bleu», «Objectif Lune», «Les sept boules de cristal»: on fait un grand bond en arrière, non sans une certaine nostalgie, en visitant l’expo qu’à partir de ce mercredi jusqu’au 19 février prochain, le Centre Pompidou consacre au plus célèbre journaliste belge de la planète: Tintin.
Parmi les quelque 300 pièces exposées, on trouve pas mal de choses amusantes: des crayonnés jamais vus, des planches en cours de coloriage, des dessins pour des cartes de vœux, des jurons du capitaine Haddock peints à même le sol, des exemplaires du «Petit Vingtième» (le journal où travaillait Tintin), des auto-caricatures de Hergé, etc.
La promenade est on ne peut plus distrayante, et ravira sans nul doute les Belges de passage à Paris. Et en plus, l’expo est gratuite.
B.DL.

19/12/2006

Un coup de jeune

medium_afficheLaguiller.jpgPour sa campagne présidentielle, Lutte ouvrière s’offre une petite folie. Le parti trotskiste se paie pendant quinze jours 14.000 panneaux publicitaires en 4 par 3 à l’effigie de sa candidate, Arlette Laguiller. Selon les indiscrétions, cette énorme campagne, diffusée sur l’ensemble du territoire national, aurait coûté à ce parti la bagatelle d’un million d’euros rien qu’en location d’espaces publicitaires (*).
Pour sa sixième course à l’Elysée (annoncée comme la dernière après celles de 1974, 1981, 1988, 1995 et 2002), la chef de file de LO, elle, s’offre carrément une petite coquetterie. En effet, n’importe quel quidam ayant croisé ces affiches et les ayant regardées avec un peu d’attention l’aura remarqué: le visage de la candidate y a été très largement rajeuni, soit par un gros travail de retouche, soit par le recours à un cliché pas tout neuf. Au point qu'Arlette Laguiller, qui va sur ses 67 ans, a l’air d’en avoir au minimum quinze de moins.
On ne sait si cela va lui amener des électeurs supplémentaires.
B.DL.
(*) Cherchez l’erreur: pour cette campagne, LO a choisi le géant de l’affichage Clear Channel, la multinationale texane qui, aux Etats-Unis, lors des dernières élections présidentielles, aurait dit-on largement soutenu George Bush.

18/12/2006

Un incroyable succès

Les chiffres ne sont pas encore officiels, mais ils ont commencé à circuler ce week-end et ils le montrent sans conteste: le Louvre est vraiment en train de casser la baraque.
On savait déjà qu’avec ses 65.000 m2 de surfaces, ses 35.000 œuvres exposées et ses 14 kilomètres de salles d’exposition, de réserves et de galeries, il s’agissait du plus grand musée du monde. On n’a jamais douté non plus – mais sans doute n’est-on pas objectif – qu’il s’agit du plus beau musée du monde. Ce qui est plus neuf, en revanche, c’est que d’année en année, le Louvre est en train de devenir le musée le plus fréquenté de la planète.
Il accueille en moyenne 25.000 personnes par jour et 45.000 par dimanche, soit la population d’une ville moyenne. A l’année, quelque 7 millions de visiteurs franchissent ses portes. Les derniers chiffres sont encore plus astronomiques: avec une nouvelle progression de plus de 500.000 visiteurs par rapport à 2005, le Louvre franchirait en 2006 la barre des 8 millions de visiteurs - record jamais enregistré dans toute son histoire.
Le revers de la médaille de cet incroyable succès? Parfois, vu la foule, les visites ne se font plus vraiment dans les conditions de calme et de sérénité requises. A cet égard, on ne saurait trop conseiller aux touristes de passage ici pendant les fêtes de fin d’année d'éviter la Grande pyramide, les vacances de Noël étant, comme nul Parisien ne l’ignore, la période plus fréquentée de l’année pour ce musée.
B.DL.

10:45 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Culture, Musées

16/12/2006

Une nouveauté

medium_RATP_Liege.jpgL’événement dans la capitale aujourd’hui, c’est l’inauguration du nouveau tramway: l’aboutissement d’années de débats, de polémiques et de grands travaux.
En plusieurs années de résidence à Paris, on l’avoue, on ne connaît que de nom ces boulevards des Maréchaux concernés. Et on n’est jamais passé une seule fois à Pont du Garigliano, Malakoff, Montrouge ou Porte d’Ivry. On se demande donc si et quand on aura l’opportunité d'un jour utiliser ce nouveau moyen de transport urbain.
On se promet néanmoins de le tester à l’occasion. Ne fût-ce que pour jeter un œil aux œuvres d’art contemporain qui ont été disséminées le long du tronçon de huit kilomètres inauguré ce samedi.
Mais il y a une autre nouveauté relative aux transports parisiens qui est plus centrale, a priori plus visible pour le touriste de base et plus intéressante pour le Belgo-Parisien moyen: les changements récemment intervenus à la station de métro «Liège», dans le neuvième arrondissement.
Depuis 1968, «Liège» était la seule des 298 stations du métro parisien qui fermait ses portes le soir en semaine ainsi que les dimanches et jours fériés. La RATP justifiait cette exception par une fréquentation trop faible de voyageurs. Mais les riverains se sont mobilisés et ont obtenu gain de cause: les horaires de "Liège" ont été harmonisés avec ceux du reste du réseau.
Ce faisant, d’ailleurs, la RATP tient compte – probablement sans le savoir ni s’en soucier- des fameuses subtilités linguistiques belgo-belges. En effet, était-il bien normal que, des deux seules stations du réseau parisien portant un nom belge, il y en ait une, flamande («Anvers», ligne 2), qui fonctionne tout le temps alors que l’autre, wallonne («Liège» donc, ligne 13), soit fermée la moitié du temps?
Il fallait d'urgence mettre un terme à cette discrimination. Avant que la RTBF s’en empare pour une docu-fiction.
B.DL.

15/12/2006

Une attitude, ou l’autre

On a passé l’après midi d’hier au Palais de justice de Paris. L’ambiance y était vraiment électrique. L’instant, il faut dire, était historique. La Cour de cassation devait décider de réhabiliter ou non à titre posthume l’ancien bagnard Guillaume Seznec, mettant ainsi un terme à 80 années de furieuses polémiques suscitées par ce qui constitue sans doute l’énigme judiciaire la plus sensationnelle du XXème siècle.
Avant même l’ouverture de la séance, dès l’entrée dans la salle d’audience, on a compris que, contrairement à toutes les attentes, Guillaume Seznec ne serait pas réhabilité.
Sur les bancs réservés aux requérants, en effet, on affichait des visages sombres et des regards humides. Denis Seznec, le petit-fils de Guillaume, devait sans doute avoir été mis au courant de la nature de la décision: il s’effondra en brefs sanglots avant même le début de la lecture de l’arrêt et tenait déjà entre les mains le texte de son discours fustigeant la décision des magistrats. Nombre de ceux-ci, au demeurant, pendant la bonne heure que prit la lecture de l’arrêt, décochèrent aux descendants Seznec des regards furtifs et bas, comme gênés et compatissants.
Certains de ces si hauts magistrats, en revanche, adoptaient une attitude montrant elle ostensiblement leur ennui d’être ainsi dérangés pour une si poussiéreuse et bassement médiatique affaire. Pendant la lecture de l’arrêt, il est vrai interminable, plusieurs d’entre eux baillèrent à s’en décrocher la mâchoire. D’autres s’offrirent carrément le luxe d’un petit somme réparateur. Il faisait si chaud dans la salle d’audience et le déjeuner venait de s’achever, il est vrai.
B.DL.

14/12/2006

Un canular, donc

medium_couronne.jpgLa Flandre qui déclare son indépendance, la Belgique qui explose, le Roi qui fuit à l’étranger. Ce n’était donc qu’un canular de la RTBF.
Avant même que toutes les radios hexagonales ce matin fassent leurs choux gras de cette «dernière histoire belge», la nouvelle de la fin de la Belgique avait vite traversé la frontière française hier soir. Et quelque peu agité les rédactions.
Ainsi, «le téléphone rouge» d’Europe 1 (la ligne réservée aux auditeurs voulant alerter la radio de leurs scoops) reçut successivement plusieurs appels d’outre-Quiévrain. Ce qui, a-t-on appris à bonne source, plongea le rédacteur en chef de service dans un certain état d’excitation.
Et en début de soirée, une consoeur et néanmoins amie du service politique de France Inter, très belgophile, à son tour s'affolait, appelait à la maison et demandait si elle devait ou non interrompre sa soirée de congé, enfourcher son scooter et filer vers la Maison de la radio.
On n’était pas au courant de l’émission de la RTBF. On n’avait pas du tout entendu parler du canular. D’instinct tout de même, on lui conseilla de rester sagement au coin du feu.
B.DL.

Un assagissement

De très savantes études écrites par des spécialistes l'assurent: la téléréalité est moins voyeuriste. Mais tout de même, «gare aux extrémismes», modèrent Médiamétrie et Eurodata Worldwide TV, dans un rapport qui vient d’être rendu public.
En effet, les émissions trash demeurent. Ainsi, pour la 13ème saison de «Survivor», la chaîne américaine CBS a décidé de placer les candidats dans telle ou telle équipe en fonction de la couleur de leur peau. Puis a dû faire marche arrière devant le tollé suscité par ce casting ethnique. La Grande-Bretagne ne manque pas d’imagination non plus puisqu’elle s’intéresse à des coaches d’un genre un peu particulier. Dans «Your money or your wife» sur Channel 4, des sauveurs viennent en aide à des couples surendettés parce que Madame est une droguée du shopping. Tandis que « Dump your mates in 4 days», sur la même chaîne, montre aux ados comment en quatre jours tourner le dos à leurs copains les plus encombrants. Comment donc larguer les boulets, comme on dit en français.
Le seul mérite reconnu à la téléréalité, qui n’est plus un phénomène depuis longtemps, est d’avoir réveillé la fiction aux Etats-Unis, et par extension, dans de nombreux pays dont la France. Toutefois, malgré l’effort manifeste observé ces derniers mois sur les écrans de l’Hexagone, notamment en matière de séries, on est encore loin d’y atteindre la qualité des séries pionnières made in USA: les «Six feet under», «Lost», «24», «The Shield», et autres «Desperate housewives».
C.G.

13/12/2006

Une si jolie collection

medium_discourssarkozy.jpgNicolas Sarkozy n’est pas du genre à vouloir que ses discours fondateurs sur la France de 2007 se perdent dans les limbes. Depuis plusieurs mois donc, après chaque convention de l’UMP, il les publie aux «Editions de l’Union» et les envoie notamment à tout son fichier presse.
Beau papier, joliment brochés, élégamment mis en page: ces petits livres sont ravissants. Surtout, en couverture, ils ont le chic de reprendre chaque fois en une couleur différente la fameuse photo officielle du patron de l’UMP faite en 2004 par le grand photographe de mode allemand Peter Lindbergh, qui immortalisa précédemment Milla Jovovich, Linda Evangelista, Naomi Campbell ou Claudia Schiffer.
On avait déjà eu droit notamment au petit livre rose («Discours pour la France du travail», Agen, 22 juin 2006), au petit livre vert clair («Discours de Marseille», 3 septembre 2006), et au petit livre orange («Notre République», Périgueux, 12 octobre 2006). Le dernier discours en date, intitulé «La France de la mondialisation» et prononcé à Saint-Etienne le 9 novembre, vient d’être publié. On se demandait quelle allait être sa couleur. Il est vert foncé.
On en connaît qui attendent chaque fois avec impatience la publication du prochain numéro de cette collection. Ce si joli camaïeu, en effet, est on ne peut plus élégant dans une bibliothèque.
B.DL.

12/12/2006

Une affiche

medium_royalaffiche.jpgOn ne voit qu’elle en ce moment sur les murs de Paris. Elle a été tirée à 300.000 exemplaires. Elle est d’ailleurs tellement collée n’importe où et n’importe comment que les maires socialistes pourront désormais difficilement faire des ennuis aux colleurs sauvages d’affiches associatives ou festives qui s’imposent sur les façades.
C’est la première affiche de campagne de Ségolène Royal. Elle a été conçue à la fois par le PS et par l’équipe rapprochée de la candidate. C’est «une campagne d’attente» destinée à occuper le terrain jusqu’en février, moment où sortiront le slogan et l’affiche officiels.
Politiquement comme graphiquement, cette deuxième campagne ne pourra pas être pire que celle-ci.
En effet, le slogan proposé aujourd’hui («Pour que ça change fort!»), qui se veut sans doute très fort, très énergique et très jeune, est tout de même assez faible. La candidate est photographiée en pleine foule; c'est une bonne idée mais le floutage de plusieurs des visages qui l’entourent la fait apparaître comme cernée par des taches de brouillard peu esthétiques. La coexistence des styles romain et italique ne paraît quand même pas terrible. Et un rose plus franc, se perdant moins dans le fond grisé de la partie supérieure du cliché, aurait pu être choisi pour les lettres de son nom.
Celles-ci reprennent la police de caractère qu'utilise en couverture «Le Nouvel Observateur», le newsmagazine qui, justement, avait lancé le premier la «Ségomania» l’an dernier en s’interrogeant en Une: «Et si c’était elle?» C’est sans doute un hasard.
B.DL.

11/12/2006

Un virus

On a appris son existence samedi matin par la radio. Et pendant tout le week-end visiblement, les gens en ont pas mal parlé sur les chats et dans les blogs.
On l’évoque beaucoup, mais pas grand monde ne semble l’avoir reçu. Donc, on n’est pas vraiment sûr qu’il ne s’agit pas d’un gag, d’un ragot, d’un coup de com, voire d’un coup tordu de Françoise de Panafieu.
Il s’agit d’un virus informatique, semble-t-il aussi redoutable que vorace. Il se transmet par courriel d’une boîte électronique à l’autre. Il se dénomme «Ségolène». Il essaie de contaminer les internautes chez qui il s'incruste en leur promettant (faussement bien sûr) en pièce jointe... des photos en petite tenue de la candidate du PS à l’Elysée.
C’est trop nul.
B.DL.

09/12/2006

Un clip

medium_tn_zedess008.2.jpgA cinq mois de l’échéance, le net s’empare plus que jamais des présidentielles. Les clips pro et anti-Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn avaient déjà fait fureur ces derniers mois. Depuis l’officialisation récente de sa candidature, c’est Nicolas Sarkozy qui tient la vedette sur le web.
Parmi les nombreux clips satiriques qui lui sont consacrés, il y en a un qui a l’air de circuler pas mal par mail en ce moment. Il vient d’aussi loin que le Burkina Faso, fabuleux pays d’Afrique de l’ouest, et fera grincer des dents les inconditionnels du patron de l’UMP.
Le chanteur, Zongo Seydou alias Zêdess, qui partage sa vie entre Ouagadougou et la Belgique, y brocarde ce «descendant de l’immigration subie» qui «a inventé l’immigration choisie», celui «qui se vante d’être le roi du charter depuis qu’il est à l’intérieur du ministère». «Au karcher, au charter, il nettoie la France. Attention la racaille, 2007 la délivrance!», chante «l’étalon de la musique burkinabé».
Qui termine son apostrophe au n°2 du gouvernement par cette vacherie bien de saison: «On est pauvres (au Burkina Faso)? Mais ici, il n’y pas de clochards».
B.DL.

PS: Pénible et impardonnable faute de goût tout de même: sur une des pages du site de Zongo, Sarkozy apparaît, via un photomontage, sous les traits d’Adolf Hitler. On va apprécier à l’UMP, où, jeudi à 11h29 précisément, le clip a été envoyé en lien par un internaute malicieux.

08/12/2006

Une émission

medium_postederadio.jpgAu micro de France Inter hier soir, invité par une émission -- «Allo la planète», qu’on ne connaissait pas mais qui a l’air extra -- à parler de notre ressenti d’étranger face à la précarité à Paris, dans le prolongement de la note de «ParisLibre» de lundi.
On l’avoue: on avait un peu accepté l'invitation avec des pieds de plombs. Non à cause de l’heure tardive, mais parce qu’on craignait de se farcir à nouveau un énième talk-show avec des correspondants étrangers conviés pour l’exotisme de leur drapeau national et implicitement réduits à ânonner chacun avec leur accent folklorique des poncifs vaguement impressionnistes et donneurs de leçons – dans une sorte de casting à la Christine Bravo pour animateurs un brin paresseux.
Finalement, ce n’était pas du tout cela, et c’était tellement bien qu’on s’est surpris à rester à l’écoute de l’émission jusqu’à la fin. En effet, en lieu et place de journalistes, il y avait des quidams qui appelaient des quatre coins de la planète. De Bangkok, de Montréal ou de New York, ils racontaient comment, au quotidien, vivaient chez eux les SDF. Lors d’agréables digressions, on eut même droit à un appel du Caire sur les pyramides égyptiennes et à une conversation en direct avec le navigateur Jo Le Guen qui, depuis sa barque dans le fin fond de l’Atlantique, disait son émerveillement devant le spectacle des poissons volants.
Le tout était fluide sans être vide, intéressant sans être ronflant, convivial sans être trivial. Et la programmation musicale était épatante: Higelin, Lily Allen, Ali Farka Touré ou, surtout, Ann Pierlé.
Au même moment, à la télé, Dubosc montrait ses fesses sur M6 et Cauet recevait Ludo de la Star Ac’. On s’est couché en se disant qu’on devrait beaucoup plus souvent commencer sa nuit en écoutant la radio.
B.DL.

07/12/2006

Un lancement si comique

Lancement hier soir donc, en direct sur TF1 et France 2, de la nouvelle chaîne internationale d’info continue France 24. Le 20 Heures de France 2 a amplement relayé l’info, à laquelle il a consacré un sujet de six minutes: une durée très longue dans la conduite toujours aussi serrée de ce journal.
On est allé revoir ce sujet sur le site web de ce JT ce matin. On s’est de nouveau farci ces six interminables minutes juste pour le plaisir de revivre 24 secondes involontairement et doublement si comiques.
Comiques à l’image, d’abord. On est supposé voir à l’écran 24 faisceaux lumineux symbolisant la nouvelle chaîne et censés illuminer les Champs jusqu’à la place de la Concorde. Le problème est que, sur «ces images un peu lointaines», comme en a convenu Pujadas, on n'a pas du tout vu ces faisceaux.
Comiques à l’écoute, ensuite et surtout. En effet, les 24 très solennelles secondes de décompte avant le top de départ ont été assorties d’un tapis musical d’une stupéfiante ringardise: un de ces morceaux de disco dégoulinant à la Barry White qu’on utilisait à la fin des années 70 en fond sonore de sous-séries télé américaines ou d’émissions de variétés familiales tel «Champs Elysées».
Ce double raté était très drôle. Et en même temps tellement ridicule.
Pour ne pas trop désespérer, on s’est immédiatement dit que tout cela était évidemment voulu: que cela avait été manigancé par un jeune réalisateur branché doté d'un redoutable sens de l’humour au second degré.
B.DL.