24.01.2007
Un grand moment
La neige est attendue ce mercredi sur la région parisienne. On s’en réjouit, même si, à Paris, elle ne tient jamais très longtemps et dégénère vite en boue crasseuse. L’hiver semble donc enfin arrivé. Et avec lui, un de ses plaisirs: les marrons chauds.
On en a encore dévoré hier soir du côté des Tuileries, et c’était fabuleux. Les marrons chauds, s’est-on dit alors, comblent vraiment les cinq sens.
-La vue: les yeux qui clignent sous les étincelles des braseros utilisés par les vendeurs à la sauvette, leur manège lorsqu’ils s’éparpillent comme des moineaux à l’approche de la maréchaussée, le teint foncé de la peau de ces vendeurs invariablement Indiens ou Pakistanais, la gentillesse souvent muette de leur sourire.
-Le toucher: les mains gelées qui se réchauffent avec délice en enveloppant le précieux cornet de marrons, la texture bon marché du papier de magazines gratuits utilisé pour ces cornets, les doigts qui s’affairent – cela ne va jamais assez vite, dans ces moments-là – pour décortiquer enfin le premier marron, les légères brûlures des écorces encore trop chaudes.
-L’ouïe: les crépitements des braseros, le sabir incompréhensible des vendeurs conversant entre eux, les coups de klaxon et l’animation urbaine servant de fond sonore à ce moment inopiné de gastronomie: volé avec malice et excitation, comme un baiser, sur un bout de trottoir.
-L’odeur: cette exacte limite entre le caramélisé et le légèrement brûlé qui définit le marron chaud à point.
-Le goût, évidemment: successivement une chaleur réconfortante, une amertume sans agressivité, un croquant tout en convivialité, un fondant divinement subtil. Et immanquablement, des tas de souvenirs qui reviennent.
Le marron chaud, dès l’hiver survenu, cela doit être la Madeleine de Proust de tout Parisien qui se respecte.
B.DL.
11:05 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Météo, Gastronomie




Commentaires
vous avez oubliés de parler du prix ... exhorbitant ! et de ce fait interdit toute envie sans dire non plus que certains marrons ne sont plus chauds mais cramés plus d'une fois sur deux !
Écrit par : stef | 24.01.2007
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