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30/03/2007

Un peu de shopping (6)

Les marques et l’actu électorale, suite.
Il y avait les présidentielles. Il y a maintenant les… «pizzadentielles». Dans cette élection, quatre pizzas se présentent aux suffrages de la population. La pizza Margherita par exemple, qui croit «au retour des valeurs de simplicité et de naturel». Ou la Pizza Reine, qui «souhaite redonner leur dignité à tous les jambons, à tous les champignons et aussi à la mozarella» et dont la «royale garniture permet d’élever le débat».
N’importe quoi? Dans une autre élection du même acabit organisée entre le 1er janvier et le 15 mars par une grande marque de crème dessert cette fois, 1.068.497 personnes avaient trouvé le temps de voter.
Etaient en concurrence la crème saveur praliné, candidate de l’Union pour la République gourmande (URP), qui «offrira les saveurs que l’on demande et garantira l’égalité des chances pour tous les gourmands de France», la crème chocolat blanc, pour le Collectif des fondus de chocolat (CFC), qui fera «partager aux Français les plaisirs de la voie lactée», et la crème saveur marrons, candidate du Front de libération des saveurs (FLS), qui promet aux électeurs que «la fin de la traversée du dessert est proche». Le nom du produit élu sera dévoilé le 1er mai.
Plus d’1 million de Français ont donc «voté pour Danette». Les gens ne sont pas tous débordés dans ce pays, visiblement.
B.DL.

29/03/2007

Une (pas) drôle d’idée

medium_18_34_53_456527000_FRANCE_LE_PEN_TOU101.jpgChaque année, le Press Club, une aimable confrérie de journalistes parisiens mondains, décerne son prix «Humour et politique», qui récompense les petites phrases les plus drôles prononcées par les hommes politiques. L’édition 2007 de ce prix, qui sera décernée en juin, risque toutefois d’être moins drôle. Parmi les nominés, en effet, figure le sinistre Jean-Marie Le Pen.
Le multirécidiviste des calembours ignobles et condamnés par la justice a été sélectionné pour la réponse qu’il avait faite à un journaliste l’interrogeant sur le premier voyage qu’il effectuerait à l’étranger s’il était élu à l’Elysée: «Montfermeil». Du nom de la célèbre cité de banlieue parisienne qui, comme chacun sait et comme la plupart des cités, est peuplée majoritairement de Français issus de l’immigration.
Quatre questions.
-Est-ce drôle?
-En présélectionnant cette petite phrase, le jury de ce prix cautionne-t-il ses pénibles sous-entendus racistes?
-Les journalistes étant de si prompts donneurs de leçons, ne devraient-ils pas être les premiers à y réfléchir à deux fois avant de faire n’importe quoi?
-Comme le disait Pierre Desproges, si on peut sans doute rire de tout, peut-on vraiment rire avec n’importe qui?
B.DL.

28/03/2007

Un spectacle

Effarant spectacle à la gare du Nord ce matin. Le magasin de sport qui a été pillé a encore son rideau à moitié baissé et son intérieur jonché de boîtes de chaussures. Sa vitrine a volé en morceaux. Celles de la bagagerie et de la boutique voisines sont étoilées à plusieurs endroits et ne semblent plus tenir debout que par miracle. Plus loin: un distributeur automatique et un Photomaton vandalisés, un escalator saccagé, d’innombrables panneaux publicitaires explosés, des rambardes d’escalier fracassées, des palissades de chantier incendiées, la boutique d’accueil de la SNCF obligée de rester fermée, etc.
Pendant sept heures hier soir, la gare du Nord a été le théâtre de violents affrontements entre jeunes et forces de l’ordre et a vu son fonctionnement considérablement perturbé, au détriment des centaines de milliers d’usagers qui fréquentent cette gare, la plus grande d’Europe.
La France a dû encore donner une belle image d'elle aux milliers de touristes étrangers à peine débarqués de leurs Eurostar et Thalys et dont la première vue de Paris a été le spectacle sans doute consterné de scènes de quasi guérilla urbaine. Structurellement, qu’un différend relatif à un banal contrôle de titre de transport prenne d’aussi hallucinantes proportions en dit long sur l’état des relations sociales dans ce pays, moins de deux ans après l’embrasement des banlieues.
B.DL.

10:30 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Paris, Métro, Social

27/03/2007

Un mouton

medium_21_01_00_411650000_FRANCE_BAYROU_XFM106.jpgPetit-déjeuner en quatrième vitesse à plusieurs centaines de kilomètres de Paris, à Saint-Etienne précisément, où on a passé toute la journée de lundi «embedded with» François Bayrou (*).
Le «journalisme embarqué» n’est pas précisément la facette la plus passionnante du métier. C’est même très moutonnier. On n’a aucune autonomie. On n’a d’autre choix que de se plier au programme officiel et imposé. On ne peut que suivre le troupeau et ressasser sa liberté de mouvement dans le fin fond d’un car bondé de confrères pareillement frustrés. Mais comme, en campagne électorale, c’est le seul moyen d’approcher de près les présidentiables, il faut bien s’en contenter.
Et déjà, ce ne fut pas facile de se faire incorporer. L’état-major du candidat centriste, en effet, y réfléchit à deux fois avant d’accréditer. Officiellement, pour éviter qu’un trop grand nombre de journalistes incorporés préjudicie aux conditions de travail de ces derniers. Plus vraisemblablement, parce que François Bayrou a compris que son statut revendiqué de candidat «anti-système» passe notamment par la maîtrise de l’affluence médiatique autour de lui. Plus un homme politique est noyé sous les perches, les caméras et les flashs de photographes, plus il passe auprès des populations locales qu’il visite pour le candidat de l’«establishment» politico-médiatique parisien. Dès lors, il doit faire le tri dans les demandes d’accréditation, et le couperet tombe évidemment plus volontiers sur la presse étrangère que sur la grande presse nationale.
Pour l’anecdote : comme à chacun de ses déplacements, François Bayrou a pris un malin plaisir lundi à prendre le temps de «parler avec les gens» rencontrés, au point de désorganiser complètement le programme du voyage. Résultat des courses, la plupart des journalistes qui l’accompagnaient ont raté le dernier TGV pour Paris et ont été contraints de passer la nuit à Saint-Etienne. C’est très bien. Rarement on aura vu autant de journalistes parisiens obligés de se coltiner un peu de terrain.
B.DL.

(*) Et non… «in bed with» François Bayrou ! ;-) Pour les éventuels lecteurs de ce blog maîtrisant mal l’anglais, «embedded» signifie donc «incorporé», «embarqué» dans un déplacement officiel, un peu comme (enfin, toutes proportions gardées) les journalistes pendant la guerre d’Irak étaient «embedded» dans l’armée américaine.

26/03/2007

Une chasse

Le scrutin approche à grands pas. Du coup, le ton monte sur le terrain. On en a encore eu une illustration…au marché, dimanche matin.
D’habitude, les militants des différents partis venus distribuer des tracts et tenter de convaincre l’électeur parisien de base entre deux achats y cohabitent en relative harmonie. Et, tels des proxénètes sur le trottoir, se répartissent implicitement les m2 de boulevard en respectant chacun leur zone d’influence. Mais là, à moins d’un mois de l'élection, il n’y a plus de zone de chasse réservée qui tienne: c’est à qui sautera le premier sur le passant, lui fourguera le plus grand nombre de tracts et lui dira le plus de mal possible des autres candidats.
A ce petit jeu, les boucs émissaires dimanche matin, à l’heure où l'on est passé dans notre marché du onzième arrondissement en tout cas, étaient clairement les ségolénistes. Ils faisaient vraiment peine à voir, raillés de toutes parts pour le «coming-out» cocardier de leur candidate, qui a donc prôné ce week-end que chaque ménage français ait son drapeau tricolore pour pouvoir pavoiser lors des grandes occasions.
La poignée de jeunes royalistes - qui manifestement n’en demandait pas tant et n’en menait pas large – s’est fait dévorer à belles dents par les bobos goguenards. Ils n'en ont pas moins tenté de résister avec bravitude aux quolibets. Ce qui leur vaudra sans doute de recevoir une médaille si, le 6 mai, c’est Mme «La France Présidente» (le nouveau slogan de l'intéressée) qui l’emporte.
B.DL.

23/03/2007

Un peu de shopping (5)

medium_pub-quinquennat.jpgEn lançant il y a quelques semaines cette petite rubrique du vendredi sur l’exploitation commerciale des élections présidentielles, on n’était pas vraiment sûr d’avoir assez de matière pour l’alimenter jusqu’au scrutin. De jour en jour, toutefois, cette crainte s’estompe tant le filon apparaît surexploité.
Mais cela continue à ne pas toujours voler très haut. Deux exemples encore.
- Une grande marque de poudre à lessiver a lancé une vaste opération invitant les Français à élire (contre la promesse de «cadeaux mirobolants») leur produit préféré pour le prochain quinquennat. Chaque produit a son programme: le liquide spécial lainages promet «une France plus douce», le produits pour le linge délicat promeut «une France pleine de charme», etc. Chaque candidat a aussi son blog assorti de commentaires d’électeurs (du genre:«Lui au moins tient ses promesses»), ses tracts de campagne, ses vidéos de propagande, etc.
- Encore plus fort: sur ce site, les présidentiables sont comparés... à des yaourts. Il y a le yaourt brassé (pour le candidat qui «brasse de l'air mais à l'arrivée, c'est pareil que les autres»), la crème renversée («une rupture avec les recettes habituelles»), etc. Pour le moment, «Bayrou-crème caramel» l'emporte avec 55% des voix devant «Le Pen-crème brûlée» à 47% puis «Royal-yaourt à boire» et «Sarkozy-crème renversée» à égalité à 23%. Les pubards à l’origine de cette campagne la présentent comme «un éclairage ludique, sans prétention sur cette communication omniprésente, sur ce marketing politique qui veut donner du sens à la moindre poignée de mains, à la plus petite phrase ou à la couleur de la cravate ou du tailleur».
Soit. Ce qui est frappant surtout, c’est qu’il y a manifestement des sociétés pour investir des moyens humains et financiers non négligeables (ces sites sont souvent assez bien faits) dans des opérations de communication dont l’intérêt paraît a priori si ténu.
B.DL.

22/03/2007

Un monde fou

On n’avait jamais vu cela depuis qu’on vit à Paris. Une station de métro complètement inaccessible non parce qu’elle est fermée, mais parce qu’il y a déjà tellement de voyageurs à l’intérieur que, physiquement, plus un seul ne peut y pénétrer.
C’était mercredi soir sur le coup de 22 heures à la station Porte de Pantin, à deux pas du Zénith, là où François Bayrou tenait un méga-meeting. Le candidat centriste a fait le plein: 6500 spectateurs à l’intérieur et paraît-il autant restés dehors faute de place. Jamais en 25 ans de carrière il n’avait rempli une aussi grande salle. Jamais avant hier soir, pour notre part, on n’avait vu autant de Parisiens si ostensiblement ravis de la cohue dans le métro et des perturbations que cette sortie de meeting a occasionnées sur le trafic.
Le candidat de l’UDF a notamment chauffé le Zénith en poussant à fond les décibels de la sono. Et en lui passant en boucle le mythique «Supernature» de Cerrone remixé par le DJ Bob Sinclar: du disco-électro-techno-flamenco sautillant à en faire se relever les paralytiques.
Bayrou, le Cerrone de la politique française? Un tube au départ un peu désuet, puis remis spectaculairement au goût du jour, et qui finit par déplacer les foules?
Le roi du disco français a donné un méga concert de come-back au palais de Versailles, il n'y a pas si longtemps. Bayrou lui donnera-t-il la réplique en faisant de l'Elysée son propre palais?
Première réponse au premier tour. Dans un mois, jour pour jour.
B.DL.

21/03/2007

Un choix

medium_bleu.jpgNicolas Sarkozy a donc choisi: ce sera le bleu. L’UMP a désormais officiellement sa couleur. En avril, ce parti lancera dans tout le pays une grande opération baptisée «Vague bleue», au cours de laquelle tous les partisans de Nicolas Sarkozy seront invités à afficher sa couleur de prédilection.
Le bleu, donc.
C’est la couleur de la mer et du ciel en été, tout cela annoncé le jour du printemps – respect pour le plan de com’, vraiment. La couleur florale du romantique. La couleur des merveilles de Majorelle et d'Yves Klein. La couleur de si beaux yeux. La couleur de la tenue de travail de l’ouvrier. La couleur la plus télégénique. Celle de TF1. La couleur la plus consensuelle, celle que, d'après tous les sondages, les gens habituellement préfèrent, loin devant le rouge et le vert.
Mais le bleu est aussi la couleur du sang des nobles. La couleur des amateurs de bidoche les plus carnassiers. La couleur des hématomes. La couleur des nuits d’explosion en Corse. Celle des gens frigorifiés et des nouveaux-nés cyanosés. La couleur des novices. Et bien entendu celle des uniformes de CRS.
Le bleu. C’est décidément tout un symbole. Tellement un symbole sans doute que Ségolène Royal, dans l’habillage graphique de son site web et de toute sa com' électronique, vient de la bannir. Au profit du rouge.
B.DL.

20/03/2007

Une perle

Sans vouloir paraître le moins du monde donneur de leçons (les coquilles et fautes de français, on connaît cela en presse écrite aussi), la chaleur du direct en télé fait parfois dire vraiment n’importe quoi aux candidats à l’Elysée. Ainsi, cette perle de Nicolas Sarkozy hier soir au 20 Heures de France 2. «Je ne veux pas qu’aucun Français ne soit condamné à l’inactivité», a asséné le candidat UMP.
On en a sursauté. Voulait-il dire en fait: «Je veux qu’aucun Français ne soit condamné à l’inactivité»? Ou, à la rigueur: «Je ne veux pas qu’un (seul) Français soit condamné à l’inactivité»? Mais là -- du moins si on se souvient bien et si on a bien compris les règles grammaticales d’enfance sur les doubles négations qui s’annulent --, il avait l’air de proclamer, avec aplomb qui plus est, le souhait de l’UMP de… condamner tous les Français à l’inactivité.
C’était tout de même un fameux revirement doctrinal, et donc un tournant dans la campagne électorale. Mais comme les agences de presse n’alignaient pas les dépêches urgentes sur cette conversion umpiste aux délices de l’oisiveté, on en a déduit qu’en effet, ce n’était qu’une erreur de français. Et, en stoïque condamné, on en est retourné à nos activités.
B.DL.

19/03/2007

Un candidat

medium_kerel.gifIl s’appelle Constant Kérel. Il est jeune. Il est beau. Il est dynamique, volontaire et intrépide. Il est breton, veuf et père d'un enfant, médecin de formation. Il est député de la 2ème circonscription du Morbihan. En tant que chef de file du Rassemblement des démocrates sociaux (RDS), il a décidé d’être candidat à l’Elysée.
A l’inverse des 110 propositions de Ségolène Royal, lui promet «30 changements garantis». Son RDS, comme l’UDF de François Bayrou, ambitionne de voir «la gauche et la droite rassemblées». Et à l’instar de tous les présidentiables, Constant Kérel a un blog, où il répond personnellement aux questions des électeurs. C’est le candidat qu’on voit le moins souvent à la télévision? Mais c'est celui dont on parle énormément en ce moment.
Et pour cause. Constant Kérel détient un terrible secret sur le Président sortant. Un secret si explosif que sa fille a été récemment kidnappée par les hommes de main de l’Elysée, pour faire pression sur le témoin qui le lui avait révélé. L’enfant n’a pu être sauvé que grâce à un raid spectaculaire à Notre-Dame de Paris. Depuis, Constant Kérel et son précieux témoin ont pris la fuite. Mais ils comptent bien revenir à Paris et parvenir à obtenir la fameuse levée de l’immunité présidentielle.
Y réussiront-ils ? Pour le savoir, il faudra attendre quelques mois, le temps que sorte chez Casterman le prochain numéro des aventures de Constant Kérel: candidat à l’Elysée mais aussi et surtout… héro de bande dessinée.
Ses aventures de présidentiables sont certes un peu trop incroyables pour être vrai, le monde politique dans lequel il évolue est parfois un brin trop caricaturé (valises d’argent liquide et petites pépées à l’Elysée, etc.) pour être crédible, mais ses aventures se lisent sans déplaisir.
En tout cas ce week-end, entre une pile de pensums plus sérieux à finir et de énièmes débats télévisés sur la campagne à se farcir, ce n'était pas désagréable de passer une heure avec un tel candidat.
B.DL.

16/03/2007

Un peu de shopping (4)

Les camelots et l’élection présidentielle, suite. Ce vendredi, deux exemples qui montrent que cela ne vole pas toujours très haut.
-Dans tous les couloirs du métro parisien, cette affiche pour le prochain spectacle de Gérald Dahan. Sous le si fin titre «Erection présidentielle», on voit l’imitateur-humoriste (?), une rose rouge entre les dents, grimacer en se faisant mettre la main au panier par une dame;
-En boucle sur toutes les chaînes de télé en ce moment, ce spot publicitaire pour promouvoir la consommation de viande de veau. Avec, avant le slogan «Bravo le veau», cette accroche: «Veautez!»
Voilà maintenant que l’on prend les électeurs pour des escalopes ou des pièces de haché. Cela renvoie probablement au célèbre «Les Français sont des veaux» du général de Gaulle. Asséné par des vendeurs de bidoche, cela se veut sans doute très drôle. Rira bien qui rira le dernier.
B.DL.

15/03/2007

Un ajout

medium_malbouffe.jpgVraiment bien, cette nouveauté apparue depuis peu sur toutes les chaînes de télé françaises. Tout le monde l’aura sans doute remarqué: les messages publicitaires pour les produits alimentaires se sont vu ajouter un bandeau défilant incitant les consommateurs à, au choix:
-manger au moins cinq fruits et légumes par jour;
-pratiquer une activité physique régulière;
-éviter de manger trop gras, trop salé ou trop sucré;
-éviter de grignoter entre les repas.
Cette campagne est d’autant moins un luxe que la France succombe à son tour et de plus en plus à l’obésité. Selon les chiffres officiels, 16% des enfants sont en surpoids: c’est trois fois plus qu’il y a 25 ans.
Deux réserves toutefois.
-Les annonceurs peuvent décider de ne pas apposer les messages, en échange du versement au ministère de la Santé d’une taxe de 1,5 % du coût de la publicité. Soit. Mais du coup, le téléspectateur moyen ne comprend plus trop pourquoi tel jambon a droit à son bandeau défilant et pas tel autre, risque de se dire que telle barre chocolatée est meilleure que telle autre puisque, avec elle, on ne recommande pas de faire du sport, etc.
-Pour être juste et complet, les pubs pour les produits alimentaires ne devraient pas être les seuls à faire l’objet d’une campagne de prévention. A quand par exemple des spots pour des voitures surlignés d’un message incitant à la mobilité piétonne, elle aussi excellente pour la forme? Ou, tant qu'à faire, des clips d'autopromotion pour des programmes de télé qui inviteraient par la bande le téléspectateur... à éteindre celle-ci plus souvent, au profit d’une séance de footing ou d’un saut à la salle de gym?
Ca évidemment, c'est moins facile.
B.DL.

14/03/2007

Un défoulement

medium_misssysego.jpgA l'approche des présidentielles, on se défoule de plus en plus sur les radios jeunes. Ainsi, sur 88.2, très écoutée dans les quartiers populaires de Paris et en banlieue, les DJ s’éclatent en rivalisant avec des parodies de morceaux de rap sur les présidentiables. Ce n’est pas toujours d’une grande finesse, c’est même parfois franchement sexiste, mais c’est le plus souvent vraiment tordant.
Au choix, on y trouve:
-MC Sarko, flinges, karsher et flashballs pointés: «Article 1: Jamais traiter Sarko comme un chien/ T’as compris cousin? (…) Moi, j’attends pas que ça tombe des urnes/ Si t’es pas n°1 de l’UMP, c’est que t’as rien dans les burnes»;
-Missy Sego, assez drôle relookée en rappeuse: «Vous me prenez pour une chienne/Mais c’est moi qui tient la laisse/ Et c’est moi qui vous promène (…) J’ai du charme et de la classe/J’ai aussi la hargne du chien de la casse (…) On va lui faire mordre la poussière/Le renvoyer chez sa mère la Hongroise dans un charter (…) Ils préféreraient me voir laver les draps plutôt que de voir à mes meetings les Français lever les bras». Avec en prime une voix d’outre tombe de François Mitterrand: «Moi, de là haut, je crois en Sego»;
-MC Jak Chirac, vraiment irrésistible en racaille chic: «J’ai pas envie de prendre ma retraite au bord de la mer avec les mouettes/Je veux pas non plus moisir aux Baumettes avec Bernadette/ Je n’ai rien à perdre/Jak Chirac: toujours un tour dans son sac»
Ces morceaux sont écoutés et téléchargés chaque jour par des milliers de jeunes. S’ils pouvaient être aussi nombreux à aller voter le 22 avril, ce serait fantastique.
B.DL.

13/03/2007

Une étude

C’est ce dont les gens vont parler au bureau aujourd'hui, autour de la machine à café: les résultats de la dernière grande enquête sur les comportements sexuels des Français, qui ont été rendus publics ce matin.
Outre des informations aussi passionnantes que l’âge moyen du premier rapport sexuel (17,6 ans pour les femmes et 17,2 ans pour les hommes) ou la fréquence des rapports entre partenaires réguliers (8,7 par mois), on y trouve une bizarrerie: le nombre de partenaires sexuels sur une vie tel qu’il est déclaré par les femmes (4,4 en moyenne) ne correspond pas du tout à celui revendiqué par les hommes (11,6).
On entendait ce hiatus doctement expliqué à la radio ce matin. «Les hommes et les femmes ne comptabilisent pas de la même manière leurs partenaires sexuels. Les hommes se contentent de faire l’addition, y incluant y compris leurs partenaires d’un soir. Les femmes, elles, ne comptabilisent que les hommes qui ont vraiment compté dans leur vie». Autrement dit et écrit noir sur blanc dans ladite étude: il y a un «clivage entre une sexualité féminine qui renvoie avant tout à l’affectivité et à la conjugalité et une sexualité masculine dont la diversité et la dimension physique apparaîtraient essentiellement comme des caractéristiques biologiques».
L’homme volage et focalisé sur le sexe, la femme fleur bleue rêvant au grand amour: c’était si épouvantablement cliché, si bêtement réducteur comme vision des choses qu’on a failli en avaler notre thé de travers. Mais cela émanait d’une étude scientifique. Donc c’était prouvé et irréfutable. Et le scientifique qui, à la radio, défendait avec conviction ce vieux schéma si sexiste était… une femme. Dès lors on était sans doute prié de se taire.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Femmes, Santé

12/03/2007

Un artiste

medium_chirac.jpgJacques Chirac a donc tiré sa révérence hier soir. Il laissera l’image notamment d’un homme politique qui était infatigable en campagne électorale, considérant qu’une élection n’était pas jouée tant qu’il restait une cage d’escalier à arpenter et une main d’électeur à serrer.
On l’avait beaucoup accompagné sur le terrain aux présidentielles de 2002. Ainsi, quelques jours avant le premier tour, dans un bourg du fin fond de la Corrèze.
Il y était particulièrement apprécié par les petites gens parce que, malgré les ans et l’éloignement, il se souvenait toujours d’eux. On avait ainsi rencontré un vieux paysan adorable prénommé Jean, qui faisait bien 80 printemps et l’attendait patiemment devant une salle de meeting. «Je le connais bien, depuis plus de quarante ans!», nous avait expliqué cet admirateur. «On ne se voit plus que tous les trois, quatre ans mais chaque fois, il vient me saluer personnellement. Et il se souvient de mon prénom!»
Quelques minutes plus tard, en effet, l’hôte de l’Elysée avait avisé le paysan dans son bain de foule, avait levé les bras au ciel, s’était écrié «Jean! Mon petit Jean!», s'était précipité vers lui et l'avait gratifié d'une chaleureuse accolade. Jean en avait eu les larmes aux yeux. Puis, nous avait lancé un «Je vous l’avais bien dit!» victorieux.
On l’avait félicité. On ne lui avait évidemment pas raconté la scène qui avait précédé leurs retrouvailles et dont lui-même n’avait pu être le témoin parce qu’il était moins proche physiquement du Président. Un élu local avait discrètement signalé la présence de Jean à l’hôte de l’Elysée, lui avait murmuré son prénom à l’oreille, l’avait briefé sur son village et sa famille, lui avait rappelé combien ils se connaissaient depuis tant d’années.
En une fraction de secondes, le tour avait été joué. Du grand art.
B.DL.

09/03/2007

Un peu de shopping (3)

Il y avait donc déjà les produits dérivés de l’élection présidentielle: tongs, parapluies, tee-shirts et autres colifichets de fantaisie généralement vendus à prix d’or. Il y a désormais aussi la pub qui, dans ses slogans, s’inspire directement du contexte électoral.
Ainsi, il y a ce héros publicitaire récurrent qui s’illustre par son caractère un peu teigneux et par son leitmotiv «Je l’aurai», adressé à un responsable d'une grande mutuelle qu’il désespère de pouvoir un jour coincer en flagrant délit d’incompétence ou de rapacité. L'homme a été récemment dénommé et est dorénavant affublé, en fin de spots, d’un slogan clairement électoral («Votez Marcel»).
Il y a aussi cette grande marque d’ameublement. Les visuels de sa dernière campagne ont pareillement une dimension électorale. Voir un mouflet gambader sur un moelleux canapé devant le slogan «Ministre du confort de l’Intérieur» n’est sans doute pas innocent. Comme le sous-slogan («Oui au changement») et ses déclinaisons («Oui à la politique de détente» ou «Avis de rêve général»).
Tirer profit du contexte pour attirer l’attention, donc. Ce n’est d’ailleurs pas le monopole de l’affichage. Dans nombre de grands journaux, les annonceurs publicitaires bénéficient de réductions sur le prix de leurs encarts lorsque ceux-ci font directement référence à un fait d’actualité, en rebondissant et en détournant un événement récent. Une prime à la créativité comme à la réactivité, en quelque sorte.
B.DL.

08/03/2007

Une femme

medium_affichebetancourt.jpgOn parlera sans doute très peu d’elle aujourd’hui, même si ce 8 mars est la Journée internationale de la femme: la franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guérilla des FARC, dont le portrait géant a été affiché ces derniers jours sur une bâche de 400m² le long du périphérique parisien (voir photo), entre la Porte de Saint-Ouen et la Porte de Clichy.
Dimanche dans le «JDD», une autre femme, Natalia Rodriguez, enlevée en 2001 et séquestrée par les FARC pendant trois ans, a raconté le calvaire de sa détention.
Ils étaient «entassés à neuf dans une cabane d’à peine 15 m²», avec «défense absolue de parler ou d’écouter la radio après 20 heures» et «interdiction totale d’allumer une lumière le soir». Ils avaient droit à «un savon et du dentifrice pour un mois». Et, en guise de nourriture, à «du riz mal cuit tous les jours, des légumes parfois mais alors recouverts de fourmis, de la viande rarement et le plus souvent en état de décomposition».
Les otages étaient «surveillés 24 heures sur 24» par des gardes se relayant. «Les besoins se font dans un trou creusé dans la terre, là aussi sous surveillance». Et la douche? Elle «se prend sous le regard d’un homme en treillis».
Dans cet univers où l’intimité est bannie, la femme dénudée n’a donc qu’à baisser les yeux et à supporter les regards des mâles. Voire à endurer leurs quolibets, «quand les geôliers se moquent de l’otage».
C'est insupportable.
B.DL.

07/03/2007

Une conversation

Les Français et les langues étrangères: éternel sujet d’émerveillement. On en a encore souri hier, en surprenant une conversation dans le métro.
Un couple de Parisiens moyens, 25-30 ans, main dans la main, charmants, passe devant une affiche publicitaire pour une société de soutien scolaire à domicile. Sur fond de drapeau américain, cette question «Do you understand the sentence you are reading?» (suivie de la réponse «Si oui, remerciez le professeur compétent qui vous a appris l’anglais»).
-Lui : après avoir ânonné la question en anglais, répond: «Yes I am!»
-Elle, après un instant d’hésitation: «Mais, heu, là il ne faudrait pas plutôt dire «Yes I do»?
-Lui, très convaincu, persiste dans son erreur: «Non, non: à L.A ou à New York, quand un mec te demande «Are you French?», tu réponds «Yes I am».
-Elle: «Dis donc, je ne savais pas que tu étais doué en langues, toi!»
-Lui, sourire en forme de banane, la prend dans ses bras.
Ils s’embrassent, langoureusement.
Leur fougue, même unilingue, fait plaisir à voir.
B.DL.

05/03/2007

Un plaisir

Parler de la pluie et du beau temps n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant, évidemment. On veut tout de même évoquer la couleur du ciel de Paris, tôt ce matin: un bleu incroyablement lumineux, sublimement ensoleillé, qui donnait envie de ne pas traîner au lit et d’attaquer derechef la journée.
Hier matin aussi, d’ailleurs, on a été réveillé par les rayons du soleil. On est rapidement parti courir au Bois. Il y faisait divinement doux. Courir en short et en tee-shirt en plein cœur de l’hiver, en croiser même qui s’entraînent carrément torse nu, avait vraiment quelque chose de surréaliste. Sentir à nouveau les éclaboussures de boue sur les mollets au passage des grandes flaques (plaisir favori) était délicieusement régressif. Les sous-bois déjà avaient des parfums de printemps. Il faisait si beau et si chaud (plus de 15 degrés, certainement), le soleil était si haut que, sans s’en apercevoir, on a pulvérisé le chrono.
On était en bonne compagnie, il est vrai. En cette période particulièrement, le Bois de Vincennes est très prisé par les adeptes de la course à pied. Et pour cause: les deux grandes courses printanières de la capitale approchent: le semi (dimanche) et le marathon (le 15 avril) de Paris. Du coup évidemment, au Bois comme sur les trottoirs des tous les arrondissements, cela s’entraîne ferme.
Le spectacle dimanche, a fortiori si la météo se maintient, va vraiment valoir le coup d’œil.
B.DL.

10:40 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Météo, Sports

02/03/2007

Un peu de shopping (2)

medium_bayrou.jpgLes camelots sont tellement à l’affaire avec cette élection présidentielle, et ils vendent tellement tout et n’importe quoi lié au sujet que, si on voulait, on aurait assez de matière pour y consacrer une rubrique hebdomadaire, qui paraîtrait tous les vendredis, veille du shopping rituel du samedi.
Depuis la semaine dernière donc, en faisant un peu les boutiques sur le net, on est tombé sur:
-un marcel de couleur rose taillé S à l’effigie de Ségolène Royal, avec sous la photo de son visage souriant le slogan «ALLEZ LES FILLES!» en lettres capitales, 26 €, «modèle déposé, série limitée»;
-un tee-shirt «anti Ségolène» représentant la candidate du PS en fromagère vendant du hollande, «100 % coton, 180 gr, col et manches en jersey simple contrasté. Coupe ajustée très tendance», 29€ tout de même. Dans la même boutique mais moins chers, un tee-shirt style rap en faveur de Bayrou (22 €) et un tee-shirt «Fruit of the Loom Super Premium à partir de 20.00€» tout noir avec l’inscription «Souviens toi le scrutin dernier» en lettres de sang dégoulinantes;
-«le petit bracelet réversible en silicone noir, qui affiche en boucle le prénom de Ségolène (en rose) sur une de ses faces et, à l’envers, celui de Nicolas (en bleu)». Un objet spécialement designé pour «les indécises, les apolitiques et les girouettes».
-un jeu de billes de billard Chevillotte à l’effigie des présidentiables, «Sarkozy bande Voynet qui pousse Chirac. Objet déjà culte! Le jeu consistera à mettre au trou les candidats non souhaités. C’est aussi un élément de décoration drôle et exceptionnel… un collector»;
-des «trousses à maquillage militantes» estampillées au choix «Vive Sarko!» ou «Vive Ségo!». Argument de réclame: «Les petites Françaises peuvent désormais exprimer leur choix politique, de la même manière que les jeunes Américaines arboraient les tee-shirts «Team Jolie» ou «Team Aniston» lors de la séparation de Jennifer Aniston et Brad Pitt, lequel Brad avait filé avec Angelina Jolie».
On est sûr qu’on parviendra à trouver plus débile et sexiste encore pour la semaine prochaine.
B.DL.