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30/04/2007

Un incident

d99f92f18cb7242ec525a8acd40e6fae.jpgCela a chauffé entre les médias et Nicolas Sarkozy hier après-midi au palais de Bercy. En effet, l’obsession sécuritaire de l’ex-premier flic de France commence à vraiment exaspérer les journalistes, tant elle leur complique la tâche.

On a couvert tant de meetings de tant de candidats ce dernier mois qu’on peut en juger en connaissance de cause: ceux de Nicolas Sarkozy sont de loin les plus «fliqués». Tous les trois mètres ou presque, alors qu’ils ont été dûment badgés, les journalistes doivent montrer patte blanche. Où qu’ils veuillent se rendre dans les salles de meetings pour faire leur travail, ils se heurtent à des barrages de barrières Nadar et à des cerbères, vigiles et autres gros bras à deux neurones qui, le plus souvent, les remballent sans ménagement.

Hier à Bercy, ce délire sécuritaire a pris d'hallucinantes proportions. Ainsi, à la fin de la réunion, lorsque les journalistes ont voulu se précipiter dans la salle de presse pour travailler. Pour d’obscures raisons, la porte donnant accès à cette salle avait été condamnée. Plusieurs centaines de confrères se sont donc longuement retrouvés coincés dans un étroit couloir, compressés derrière eux par des milliers de gens voulant quitter la salle.

Le ton est vite monté: en fin de meeting, les journalistes sont mis sous forte pression par leurs rédactions pour envoyer au plus vite textes, photos, sons ou images de la réunion.

Exaspérés, voire pour certains apeurés par la pression de la foule dans un espace aussi confiné, les journalistes ont commencé à tambouriner contre la porte, à hurler, à pester contre la désorganisation ambiante, à accabler  ce candidat qui – il l’a encore répété dimanche – ne les aime pas.Certains, en retour, se sont fait copieusement insultés par des vigiles. Tout ce chahut étant évidemment filmé par des caméras de télé du monde entier.

Il a fallu attendre de longues minutes avant que les organisateurs daignent permettre aux journalistes de faire leur travail. Dans les coulisses, Frank Louvrier, l’omnipotent Monsieur Com’ du candidat de l’UMP, affichait sa tête des mauvais jours, conscient sans doute de l’impact médiatique désastreux de ce genre d’incident.

B.DL.

28/04/2007

Une fête (du travail)

Dernier week-end de terrain avant le week-end fatidique du verdict des urnes. Non sans une certaine excitation, on met donc les bouchées doubles.

Hier soir à Lyon au grand meeting de Ségolène Royal.

Ce samedi en début d’après-midi à Beaubourg pour un tractage avec les jeunes sarkozystes. Puis en fin d’après-midi à Bastille pour un happening artistico-politique contre la politique sécuritaire de l’ex-ministre de l'Intérieur.

Dimanche matin, un marché dans le onzième avec des Jeunes UMP. Dimanche après-midi, le grand meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy.

Ensuite, comme sans doute pour tous les journalistes suivant la campagne électorale, évidemment ni pont du 1er mai, ni jour férié dédié à la fête du travail.

Lundi, scotché toute la journée à l’ordinateur pour, au moins, quelques milliers de signes à écrire.

Mardi, la manifestation en l’honneur de Jeanne d’Arc organisée par le Front national, les traditionnels défilés syndicaux du 1er mai, voire le méga-show «Pour nous, c’est elle» des chanteurs royalistes au Stade Charléty: Benabar, Cali, Disiz la peste, Indochine, Juliette, Les Têtes Raides, Yannick Noah, Olivia Ruiz et on en passe.

Quel merveilleux week-end.

B.DL.

27/04/2007

Un réveil

53004568cb409c7b93c21714d4c5e404.jpgNicolas Sarkozy aime donc «la France qui se lève tôt».

On s’est levé épouvantablement tôt ce matin pour aller bosser. On n’a pas adoré cela. Mais on s’est dit que Nicolas Sarkozy, lui, avait dû l’apprécier. On était toutefois encore un peu trop endormi pour en être vraiment ravi.

En même temps, on s’est levé tôt pour un reportage sur… des anti-sarkozystes. Qui se lèvent tôt chaque matin afin précisément de montrer à Nicolas Sarkozy que tous ceux qui se lèvent tôt en France ne votent pas d’office pour lui. Du coup, au saut du lit, on ne savait plus trop qui maudire pour cette nuit trop courte: Nicolas Sarkozy ou ses ennemis?

On s'est également demandé si Nicolas Sarkozy allait jusqu'à aimer «la France qui se lève tôt» pour manifester contre lui.

On s’est promis de lui poser la question. Tôt ou tard. Enfin, pas trop tôt.

B.DL.  

26/04/2007

Un peu de shopping (10)

Il y avait donc déjà les présidentiables qui donnent dans le merchandising, les commerçants qui exploitent le filon des présidentielles pour vendre tout et n’importe quoi en rapport avec la course à l’Elysée, ou les publicitaires qui singent la campagne électorale pour mieux refiler leur soupe à l’électeur-consommateur.

A dix jours du second tour, la commercialisation à outrance de l’élection présidentielle se poursuit. Et s’amplifie avec deux nouvelles tendances.

L’image commerciale des présidentiables passée à la loupe, d'abord. Une société d’études a interrogé des consommateurs sur les marques qu’évoquent pour eux les quatre principaux protagonistes du premier tour. Résultat? Bayrou fait penser à La Redoute, aux Gîtes de France ou au Petit Marseillais. Le Pen à Monoprix, Carte Noire et Télé Z. Sarkozy à Roger & Gallet, Coca Cola et Chanel. Et Royal à Chanel aussi, à Evian et (bonjour le sexisme) à Cuisine TV.

Les affinités politiques classées selon les habitudes de consommation, ensuite. Une étude publiée ce jeudi dans «L’Argus de l’automobile» révèle que les propriétaires de voitures Renault votent majoritairement Royal. Les automobilistes roulant en Peugeot, en Citroën, en Toyota et en Ford, eux, votent Sarkozy. Quant à Bayrou, il fait  un assez bon score auprès des détenteurs de Volkswagen.

Si donc, rien que ce matin

-vous vous êtes savonné sous la douche avec Roger & Gallet

-vous vous êtes habillé en Chanel

-vous êtes allé en bureau en Toyota

-non sans vous arrêter au Monop

-pour acheter le Télé Z et une bouteille d’Evian

-puis au Relais colis de La Redoute

 ... c’est que vous êtes un brin déstructuré politiquement. Et que vous n’êtes pas sorti de l’auberge pour décider de votre vote dimanche prochain.

B.DL.

25/04/2007

Un monde

b17e152d14dbf9ecca7d3ae9aeae98d5.jpgFrançois Bayrou l’a joué simple pendant toute sa campagne - proche, terroir, tracteur. Cet après-midi, en revanche, il va en mettre plein la vue pour sa grande conférence de presse parisienne, lors de laquelle il se positionnera sur le second tour – il va y avoir foule, on va encore devoir jouer des coudes.

Le candidat centriste aurait-il cassé sa tirelire? Il recevra les médias dans un palace parisien du quartier du Louvre. Un endroit visiblement délicieux, avec un «restaurant boudoir» décoré «néo-moderne» «aux mélanges raffinés de pourpre, velours et soieries», avec aussi une «Terrasse fleurie», véritable «havre de tranquillité», avec encore un piano bar, «lieu de rencontre raffiné et apprécié, paisible et accueillant, aux tons chatoyants rouges, acajou, noirs et or».

Cela dit, en cas de petit coup de fatigue après sa conférence de presse, on se gardera bien de prendre une chambre dans ledit établissement pour y faire une sieste éclair. En effet, le «meilleur tarif garanti» démarre tout de même à 279 euros. Comptez 459 euros (un demi SMIC, quasiment) pour une suite «supérieure non-fumeur, lit Heavenly, accès internet haut débit, chambre spacieuse, salle de bains en marbre» avec en option, la vue imprenable sur les Tuileries et la tour Eiffel, oui madame.

C’est un monde décidément, cette «révolution orange» bayrouïste.

B.DL.

PS: Un «lit Heavenly» donc: mais ce nom ne donne pas du tout envie de dormir! ;-)

   

24/04/2007

Un applaudissement

Permettez moi de m’immiscer un instant dans ce magnifique univers de Paris Libre. Juste le temps d’une petite note, pour vous remercier de votre présence sans cesse croissante sur ce blog et féliciter l'équipe de Paris Libre pour ses 56.000 visiteurs au cours de ces 7 derniers jours.

Longue vie à Paris Libre !

 

Renaud. (rédac chef mutlimédia lalibre.be)

Un peu de shopping (9)

Royal ou Sarkozy à l’Elysée? Plus que treize fois dormir et le suspense cessera. Il y en a que cette incertitude laisse complètement froid. Ainsi, on entendait ce matin à la radio – très distraitement, on l’avoue – le commentateur boursier de service se réjouir de ce que le CAC 40 ne souffrirait de l’accession ni de l’un ni de l’autre des finalistes à la tête de l’Etat. Petits porteurs, dormez donc en paix: tout ira bien le 7 mai.

Les banquiers, d’ailleurs, ne perdent pas le nord. Une grande banque de la place a créé deux sicavs d’actions directement liées au résultat du scrutin présidentiel. Ces  placements se composent d’actions supposées prendre de la valeur dès le lendemain du scrutin selon l’accession à l’Elysée de l’un ou de l’autre candidat.

La première sicav s’appelle «Certificat 100% élections Droite» et parie sur l’élection de Nicolas Sarkozy. Elle comprend notamment des titres de Bouygues (la détaxation des heures supplémentaires devrait profiter  au secteur du BTP) ou d’Accor (pour la même raison, dans l’hôtellerie).

La seconde, baptisée «Certificat 100% élections Gauche», parie sur Ségolène Royal. Elle fait la part belle aux sociétés Carrefour (l’augmentation du Smic va amener plus de monde dans les hypers le samedi) ou Suez (susceptible d’OPA vu l’opposition de la socialiste à sa fusion avec GDF).

Rien que pour voir la tête des banquiers et ce qu'ils auraient fourgué à leurs clients, on regrette un peu un second tour Besancenot-Nihous, Villiers-Schivardi ou Bové-Le Pen.

B.DL.

 

23/04/2007

Un dernier effort

 

7da42d425b2cf109ee900768c325334f.jpgPour les journalistes, les lendemains d’élections sont souvent encore pires que les jours de scrutin.

En effet, la pression et l’excitation retombant tout de même un peu, c’est évidemment à ce moment-là que le corps se relâche et rappelle son exténuement – tiens, comme par hasard, on n’a pas entendu le réveil, les réveils, ce matin...

Mais comme les lecteurs ne se satisferaient pas qu’on tourne la page comme cela, du jour au lendemain, sur un sujet à propos duquel on a tant et tant écrit ces dernières semaines, il faut, même si on a l’impression qu’on a déjà tout dit, ou beaucoup en tout cas, se faire violence, oublier la fatigue et la satisfaction du devoir relativement accompli et y revenir longuement. Avec des analyses, des commentaires, des décryptages, des interviews, des éclairages, des pronostics, des reportages, des remises en situation, et on en passe. Et si possible trouver des angles d’attaque un peu originaux.

On s’y attaque, illico, même dans un état un peu second. Avec tout de même une satisfaction teintée de soulagement: il n’y a plus que quinze jours à tenir. Plus que ou encore quinze jours?

B.DL.

22/04/2007

Un petit bilan

Des nouvelles de l’équipe, après cette soirée électorale.

-Bernard a respecté ses bouclages. Il ne s’est pas beaucoup amusé (il y a plus drôle que d’être scotché pendant huit heures d'affilée au téléphone, aux radios, aux télés et aux dépêches)  mais n’a pas non plus trop stressé;

-Sabine est rentrée sans encombre de son reportage sur la dalle d’Argenteuil, où rien n’a brûlé: c’était même «gentil et calme», nous a-t-elle assuré

-Caroline a trouvé le buffet un peu meilleur au QG de l’UDF qu’à celui du PS. Rue de Solferino, c’était la désorganisation: les journalistes ont dû poireauter jusqu’à 19 heures pour pouvoir entrer. Au QG de l’UMP en fin de soirée, les militants étaient un peu ivres;

-La rédaction de Bruxelles et le sécrétariat soir ont assuré, comme d’habitude;

-La Libre.be et donc Paris Libre ont complètement planté dès la fin de la journée, victimes semble-t-il, comme nombre de sites belges d’information, de l’affluence d’internautes français.

Une journée et une soirée merveilleuses, donc.

B.DL.

 

Une information

82aab4667bd7c4631d6f485c7d3ac939.jpgJour J donc. Votez bien, amis bloggueurs français qui passez par ici.

On prévient déjà: on n’aura vraisemblablement pas le temps ce soir d’alimenter ce blog, en tout cas pas avant la fin de la soirée: ce sera la priorité au journal-papier. Et puis, on n'est pas Morandini: on n'a pas que cela à faire, et la santé de notre ego ne se mesure pas au nombre de connections.

Si on compte bien, avec les présidentielles et les législatives de 2002, les régionales de 2004 et le référendum de 2005, on en est à notre cinquième scrutin depuis qu’on bosse à Paris. Donc on commence un peu à savoir comment cela se passe, les soirées dominicales électorales. Quelques règles de base:

-se dire que tout va bien se passer et qu’en termes de stress, rien ne peut être pire que la soirée du 21 avril 2002;

-ne pas arriver trop tôt au bureau: cela ne sert à rien de s’énerver pendant des heures sur l’ordinateur en attendant le dénouement.

-y arriver détendu. On va donc aller courir quinze bornes au Bois ce midi – on sera beaucoup plus calme après cela.

-le plus anodin en apparence mais le plus important: comme on en a quand même au minimum pour jusqu’à minuit, ne pas oublier… d’apporter son casse-croûte. En effet, le dimanche dans le quartier, il n’y a pas une sandwicherie ouverte. On n’aura évidemment pas le temps d’aller dîner. Et contrairement à ce qui se passe à la rédaction de Bruxelles pendant les soirées électorales, personne ne nous  livrera de pizzas.

De toute manière, entendait-on ce matin en boucle à la radio (les journalistes meublent comme ils le peuvent…), les livreurs de pizzas dans tout le pays ce soir seront aussi débordés qu’un soir de finale de foot.

C’est déjà une information de la journée, et elle sera plus fiable que toutes les rumeurs que vous entendrez d'ici à 20 heures: les Français vont encore prendre des kilos.

B.DL.

21/04/2007

Une précaution

Les veilles de dimanches électoraux ne sont pas toujours des jours de détente et de repos pour les journalistes ayant suivi la campagne électorale.

On devrait en profiter pour se reposer, rattraper les dizaines d’heures de sommeil en retard? Mais le stress montant du jour J ne favorise pas les grasses matinées.

Pour se changer les idées, alors? S’oxygéner le corps et l’esprit afin d’arriver relativement détendu au bureau demain? Mais il y a tellement de travail en retard, tant de journaux qu’on n’a pas eu le temps de lire ces derniers jours et qu’il faut bien ne serait-ce que survoler, tant de derniers détails à peaufiner pour l’organisation de la soirée électorale, qu’il est difficile de faire autre chose.

Il y a aussi les «papiers-martyrs» à préparer. Ce n’est pas un secret, c’est même une vieille recette de journaliste. Les deux petites heures entre l’annonce du résultat (à 20 heures) et le bouclage de la première édition (à 22 heures) ne permettent pas d’écrire des milliers de lignes. Donc, si on ne veut pas se planter le soir dit, il faut arriver avec des papiers d’analyse sinon à 100 % rédigés la veille, du moins déjà globalement pensés de manière à ce qu’ils puissent cadrer avec à  peu près tous les cas de figure qui pourraient sortir du scrutin. De manière à ce qu’ils n’aient plus qu’à être copiés-collés en quatrième vitesse dans le journal pendant la soirée électorale. Quitte à ce que les papiers relatifs aux scénarios qui ne se sont pas réalisés ne soient évidemment jamais publiés ni lus par personne: c’est ce qu’on appelle les «papiers-martyrs».

La veille du 21 avril 2002 déjà, on avait fait cela: on s’était tapé un premier jet d’édito sur Le Pen au lieu de Jospin au second tour, papier à priori très «martyr» et donc qu’on avait écrit sans aucun enthousiasme et même en soupirant, avec à chaque paragraphe ou presque des envies d’envoyer promener l’ordinateur et de sortir profiter du beau temps. On l’avait tout de même achevé, en se disant qu’on ne savait a priori jamais ce qui pouvait se passer.

Le lendemain soir, quand la nouvelle du séisme était tombée, on était trop content d’avoir pris cette précaution. B.DL.

20/04/2007

Une chaude soirée (bis)

00face4b3b974aa49c4ea5424cf9d0b2.jpgBayrou à Bercy mercredi soir, c’était l’étuve. Royal au Parc des expositions de Toulouse jeudi soir, ce fut carrément la canicule. Des gens se sont même évanouis tellement la foule était dense et la température insupportable.

Ce fut aussi très chaud pour les médias. La candidate socialiste, fidèle à son habitude, a pris tellement de retard sur son programme qu’elle a souverainement énervé et désorganisé la meute de journalistes qu’elle traînait derrière elle. Le groupe, censé arriver vers 17h30 au meeting, n’y est parvenu que peu avant 19 heures, soit quelques minutes à peine avant le début du discours de François Hollande.

Du coup, on a dû se résoudre, vu la pagaille, à faire une croix sur un des deux papiers que «La Libre» avait prévu de consacrer à ce déplacement. Et encore, le papier rescapé n’a-t-il été envoyé qu’à 21h50 passées: dix minutes de plus, et le bouclage de la première édition était loupé.

On a aussi vu des journalistes radio obligés de faire leur billet en direct pour le JP depuis le car de presse coincé dans les embouteillages.

Et des photographes ont raté les plus beaux clichés du début des festivités pour avoir été longuement retardés. Puis, cerise sur le gâteau, maintenus à distance loin de la scène où s’exprimait le Premier ministre espagnol Zapatero, dont la cohorte impressionnante de démineurs, de chiens renifleurs et autres agents de sécurité craignait visiblement des attentats de l’ETA.

«Si elle est élue et qu’elle gère le pays comme elle a géré sa campagne électorale, cela promet», marmonnait en fin de soirée, dans le car de retour vers le centre-ville, une paparazza aussi exténuée qu'excédée par ces conditions de travail vraiment pas trop royales.

B.DL.

 

19/04/2007

Une chaude soirée

62592d1ac4fd2897f4c918d27a7a531a.jpgOn a eu chaud hier soir au meeting de Bayrou. Chaud parce que, avec 15.000 fans hystérisés, Bercy était une étuve. Chaud parce que le candidat centriste a commencé son meeting avec une bonne heure de retard (ce qui n'a pas facilité la tâche des journalistes tenus à des horaires de bouclage déjà ardus) et parce qu'on n'a eu la connection Wifi qu'à 21h30 passées (Imaginez le stress pour envoyer les papiers à 22 heures).

Sur le coup de 23 heures, Bayrou, les mains dans les poches et qui avait tombé la veste, a débarqué dans la salle de presse pour 20 minutes de "off" impromptu. Avec dans les bras quelques bouteilles de Bordeaux 2003 (Château Segonzac La Forêt, pour les connaisseurs) pour arroser la fin de campagne.

Le candidat centriste avait la banane. Les sondages ne sont pas terribles pour lui? Il a affiché un large sourire taquin. Il en a visiblement d'autres, confidentiels, qui le ravissent. Il a d'ailleurs cité les résultats de l'un d'eux qui étaient sidérants.

Info ou intox? C'était du "off". Donc ses propos ne pouvaient pas être cités. Mais il savait bien que leur teneur allait évidemment être répercutée et faire en quelques heures le tour du tout-Paris. Dès lors, il pouvait difficilement, même en "off", s'afficher perdant.

Vivement dimanche soir.

B.DL.

 

18/04/2007

Une journée

La journée-type du journaliste de base les derniers jours avant une élection présidentielle. Pour expliquer et évidemment pas pour se plaindre – tant de journalistes sont au chômage.
1) 13h: sauter dans le TGV;
2) Manger un sandwich mou. Résister à l’endormissement en se rappelant les innombrables papiers qu’on devra encore écrire dans les jours à venir, commencer à rédiger. Se dire après deux heures, quand la batterie de l’ordinateur est à plat, qu’on ferait mieux de voyager en première classe, où chaque siège a sa prise électrique;
3) 17h: arriver dans une ville dont on ne verra jamais rien, rejoindre le lieu du meeting;
4) 18h: «stylo-trottoir»: interview-express d’une dizaine de militants de base censés représenter l’opinion de la salle;
5) 18h45: se battre pour une place sur les bancs de la presse ;
6) 19h-21h30: rédiger ses papiers tout en écoutant et en prenant note du discours du présidentiable du jour, se battre avec l’informatique, suer à grosses gouttes quand on perd la liaison à cause d’une borne Wifi surchargée par le nombre de collègues travaillant dessus, regretter la carte GPRS qui coûtait si cher mais qui marchait toujours et partout, envoyer les papiers à Bruxelles à la dernière minute;
7) 22h: se rendre compte qu’il n’y a plus rien à manger au buffet des journalistes et que la navette vers les hôtels vient de partir, trouver un hypothétique taxi;
8) 23h: arriver à l’hôtel juste à temps pour le «Soir 3», manger un infâme plat surgelé mal réchauffé, consulter les dépêches d'agences de presse, penser à la note du blog à rédiger au petit-déjeuner;
9) 24h: se détendre: la journée de travail est terminée;
10) Toujours trop tôt: se réveiller, expédier le petit-déjeuner, acheter les quotidiens du matin à la gare, sauter dans le TGV;
11) voir point 2) sauf le sandwich mou
12) 11h: arrivée à Paris, un saut à la maison: se changer (tout de même;-), jeter un œil au courrier, arroser les rosiers;
13) 12h: arrivée au bureau: saluer les collègues en coup de vent, jeter un œil au courrier, téléphoner à la rédaction, croiser les doigts pour qu’il n’y ait pas de papiers d’actu à rédiger, régler les derniers détails du meeting du soir avec des attachés de presse jamais joignables;
14) retour au point 1)
On recommence.
B.DL.

17/04/2007

Une lettre (suite)

On ne l’imaginait évidemment pas, on ne le souhaitait d’ailleurs pas spécialement: Nicolas Sarkozy ni semble-t-il ses conseillers ne lisent «Paris Libre».
Pour preuve, lors de son grand meeting ici à Metz, ce soir, le candidat de l’UMP en a de nouveau fait des tonnes sur le calvaire de la jeune «Shofrane», de Ghofrane donc, comme relevé hier.
Une âme charitable parmi les bloggueurs serait disposée à passer un coup de fil au QG de l’UMP pour les prévenir de cette erreur, légère au départ mais qui commence à être un brin ostensible ?
B.DL.

Un choix si consensuel

medium_plusbellelavie.jpgAu palmarès des émissions de télévision plébiscitées par les candidats à l’Elysée, c’est… «Thalassa» qui arrive en tête.
Interrogés cette semaine par les magazines «Télé 7 jours» et «Télé 2 semaines», José Bové, François Bayrou, Dominique Voynet, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen assurent que la très populaire émission de France 3 consacrée à la mer fait partie de leurs programmes préférés. Le JT est également cité par quasiment tous les candidats.
Globalement, la téléréalité les fait fuir, en particulier Ségolène Royal, qui répond plutôt par la négative lorsqu’on lui parle de petit écran. Seul le feuilleton «Plus Belle la vie» apparaît dans ses préférences, aux côtés la série «Thierry la Fronde» dans les années 60 et des débats politiques, qui font partie de ses souvenirs les plus marquants.
Avec des références comme «Arrêt sur images» pour Bayrou, «Ripostes» et les reportages animaliers pour Le Pen, «Ushuaïa», le Tour de France ou «Vu du ciel» pour Sarkozy, la série «Chez Maupassant» pour Marie-George Buffet, les goûts des candidats apparaissent très classiques.
Seule la candidate écologiste Dominique Voynet prend un peu de risques en admettant avoir accroché aux aspérités des séries américaines comme «Six feet under», «Oz» ou « Twin Peaks». Bayrou, lui, ne manquerait pour rien au monde (hors campagne électorale, bien sûr) «Caméra Café». Quant à Gérard Schivardi, fan du rugby à la télé, il n’a pas peur d’afficher son goût pour la série tropézienne et passablement ringarde «Sous le soleil».
La perle revient à Olivier Besancenot, dont le service de com’ a répondu à «Télé 7 jours»: «Monsieur Besancenot ne répond pas aux questions personnelles». Il n’a peut-être pas tort, finalement. Qu’apporte ce genre d’informations aux électeurs?
C.G.

16/04/2007

Une lettre

Nicolas Sarkozy ce soir au 20 Heures de TF1 a rendu hommage à la jeune femme de 23 ans qui avait été lapidée en 2004 à Marseille et dont les meurtriers, des mineurs, ont été condamnés vendredi soir à de lourdes peines. Il s’est montré ému par le calvaire enduré par cette jeune femme, «martyrisée par des barbares» parce qu’elle ne voulait pas leur donner le code de sa carte bleue. Et le candidat de l’UMP de promettre que, s’il est élu, il sera «le Président qui défendra les victimes et parlera en leur nom».
Soit. Après tout, il n’y a aucune raison qu’à quelques jours à peine des élections, le candidat de l'UMP n’ait pas le droit de faire dans le registre compassionnel qu’ont exploité nombre de ses concurrents.
Il y juste un problème. Ladite jeune fille était prénommée Ghofrane. Or, sur TF1, Nicolas Sarkozy l’a rebaptisée «Shofrane».
Les lecteurs sarkophiles objecteront, agacés: mais que diable change donc une seule lettre?
On n’est pas sûr que l’erreur aura été jugée aussi anodine par la mère de Ghofrane, qu’avait longuement rencontrée Nicolas Sarkozy dimanche. Et qui a dû être un brin décontenancée en constatant devant son poste de télé que ce candidat qui s’était montré si «bouleversé par ce qui est arrivé à sa fille», 24 heures plus tard à peine, avait déjà oublié son prénom.
B.DL.

Un marathon

Le marathon de Paris hier, donc. Avec la chaleur, ce fut apocalyptique, nous confiait un ami au téléphone hier soir, qui, en effet, semblait si exténué qu’il en avait presque perdu la voix.
Campagne électorale oblige, on a dû faire une croix sur la mythique course parisienne, qu’on a modestement remplacée par une bonne heure de footing au Bois à la nuit tombée samedi – un grand moment d’été et de nature tout de même.
De quoi s’échauffer pour se farcir dimanche ce qui a constitué le marathon des journalistes suivant la campagne électorale: aligner dans la foulée les meetings de Le Pen au Palais des Sports, d’Arlette Laguiller au Zénith et de José Bové à Jaurès, le tout en quelques heures seulement.
C’était donc l’autre marathon de Paris. Ce fut au moins aussi chaud et éprouvant que le premier.
B.DL.

13/04/2007

Un peu de shopping (8)

medium_publingerie2.jpgEn partance pour Nancy, pour un dîner avec Philippe de Villiers. Retour à Paris samedi, quelques heures de repos, puis on enchaîne dimanche avec le «souk populaire» de José Bové à Jaurès, la grande manif des antifrontistes à Montparnasse et le méga-meeting de Jean-Marie Le Pen au Palais des sports. La semaine prochaine, on accélère encore le tempo: mardi avec Nicolas Sarkozy à Metz, mercredi à Bercy avec François Bayrou, et jeudi à Toulouse avec Ségolène Royal et le Premier ministre espagnol Zapatero. Vivement donc la fin de la campagne, car on commence à (un peu) fatiguer.
Les camelots aussi, visiblement. Témoin, le bon goût de la dernière campagne de pub pour la marque de lingerie Triumph. «Enfin une candidature bien soutenue!» ou «Avec moi, pas d’abstention», s’exclament les mannequins, en allusion claire aux élections.
Le groupement féministe «La Meute», qui lutte contre les publicités sexistes, n’a pas apprécié. Pour elle, «utiliser en ce moment le vocabulaire de la politique pour vendre des sous-vêtements, c’est profiter de l’énergie du processus démocratique. C’est chercher à dévaloriser des femmes qui se présentent à nos suffrages en les associant à des corps offerts et à des slogans à double sens». Le titre du communiqué de l'association est lui aussi un modèle de bon goût: «Le choix des (b)urnes».
B.DL.

12/04/2007

Une grande tradition

Les petites phrases ont de tout temps constitué une grande tradition dans la politique française. Et en campagne électorale, elles sont évidemment incontournables.
Il existe désormais un site internet qui leur est entièrement consacré, et qui invite notamment les internautes à voter pour leurs citations préférées. Quant à l’Institut national de l’audiovisuel (INA), sa dernière initiative en date rencontre un incroyable succès: elle consiste à proposer aux détenteurs de téléphone mobile de télécharger des petites phrases en guise de sonnerie (3€ le téléchargement + le coût du sms, tout de même).
Parmi lesdites sonneries mises en vente, quelques propos devenus fameux:
-«Paris blessé, Paris brisé, Paris martyrisé. Mais Paris libéré» (Charles de Gaulle, 1er janvier 1944)
-«La réforme oui, la chienlit non» (Georges Pompidou, 19 mai 1958)
-«Je vous ai compris» (Charles de Gaulle, 4 juin 1958)
Je voudrais regarder la France au fond des yeux» (Valéry Giscard d’Estaing, 16 avril 1974)
-«Le pacifisme est à l’ouest et les euromissiles sont à l’est» (François Mitterrand, 13 janvier 1983)
-«Je vous demande de vous arrêter» (Edouard Balladur, 24 avril 1995)
-«Il y a un vote protestataire parce qu’il y a de quoi protester» (Lionel Jospin, 2 mai 1995)
-«Abracadabrantesque!» (Jacques Chirac, 21 septembre 2000)
-«Notre route est droite mais la pente est forte», (Jean-Pierre Raffarin, 3 juillet 2002)
Et, bien sûr, le si merveilleux «Au revoir» lancé par VGE aux Français le 19 mai 1981, dans un discours télévisé d’adieu censé solennel mais qui restera surtout dans l’Histoire comme un grand moment comique.
Dans vingt ans, téléchargera-t-on avec autant de nostalgie les tirades sur l’ordre juste de Ségolène Royal ou sur les prédispositions génétiques à la pédophilie de Nicolas Sarkozy?
B.DL.