Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

30.04.2007

Un incident

d99f92f18cb7242ec525a8acd40e6fae.jpgCela a chauffé entre les médias et Nicolas Sarkozy hier après-midi au palais de Bercy. En effet, l’obsession sécuritaire de l’ex-premier flic de France commence à vraiment exaspérer les journalistes, tant elle leur complique la tâche.

On a couvert tant de meetings de tant de candidats ce dernier mois qu’on peut en juger en connaissance de cause: ceux de Nicolas Sarkozy sont de loin les plus «fliqués». Tous les trois mètres ou presque, alors qu’ils ont été dûment badgés, les journalistes doivent montrer patte blanche. Où qu’ils veuillent se rendre dans les salles de meetings pour faire leur travail, ils se heurtent à des barrages de barrières Nadar et à des cerbères, vigiles et autres gros bras à deux neurones qui, le plus souvent, les remballent sans ménagement.

Hier à Bercy, ce délire sécuritaire a pris d'hallucinantes proportions. Ainsi, à la fin de la réunion, lorsque les journalistes ont voulu se précipiter dans la salle de presse pour travailler. Pour d’obscures raisons, la porte donnant accès à cette salle avait été condamnée. Plusieurs centaines de confrères se sont donc longuement retrouvés coincés dans un étroit couloir, compressés derrière eux par des milliers de gens voulant quitter la salle.

Le ton est vite monté: en fin de meeting, les journalistes sont mis sous forte pression par leurs rédactions pour envoyer au plus vite textes, photos, sons ou images de la réunion.

Exaspérés, voire pour certains apeurés par la pression de la foule dans un espace aussi confiné, les journalistes ont commencé à tambouriner contre la porte, à hurler, à pester contre la désorganisation ambiante, à accabler  ce candidat qui – il l’a encore répété dimanche – ne les aime pas.Certains, en retour, se sont fait copieusement insultés par des vigiles. Tout ce chahut étant évidemment filmé par des caméras de télé du monde entier.

Il a fallu attendre de longues minutes avant que les organisateurs daignent permettre aux journalistes de faire leur travail. Dans les coulisses, Frank Louvrier, l’omnipotent Monsieur Com’ du candidat de l’UMP, affichait sa tête des mauvais jours, conscient sans doute de l’impact médiatique désastreux de ce genre d’incident.

B.DL.

28.04.2007

Une fête (du travail)

Dernier week-end de terrain avant le week-end fatidique du verdict des urnes. Non sans une certaine excitation, on met donc les bouchées doubles.

Hier soir à Lyon au grand meeting de Ségolène Royal.

Ce samedi en début d’après-midi à Beaubourg pour un tractage avec les jeunes sarkozystes. Puis en fin d’après-midi à Bastille pour un happening artistico-politique contre la politique sécuritaire de l’ex-ministre de l'Intérieur.

Dimanche matin, un marché dans le onzième avec des Jeunes UMP. Dimanche après-midi, le grand meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy.

Ensuite, comme sans doute pour tous les journalistes suivant la campagne électorale, évidemment ni pont du 1er mai, ni jour férié dédié à la fête du travail.

Lundi, scotché toute la journée à l’ordinateur pour, au moins, quelques milliers de signes à écrire.

Mardi, la manifestation en l’honneur de Jeanne d’Arc organisée par le Front national, les traditionnels défilés syndicaux du 1er mai, voire le méga-show «Pour nous, c’est elle» des chanteurs royalistes au Stade Charléty: Benabar, Cali, Disiz la peste, Indochine, Juliette, Les Têtes Raides, Yannick Noah, Olivia Ruiz et on en passe.

Quel merveilleux week-end.

B.DL.

27.04.2007

Un réveil

53004568cb409c7b93c21714d4c5e404.jpgNicolas Sarkozy aime donc «la France qui se lève tôt».

On s’est levé épouvantablement tôt ce matin pour aller bosser. On n’a pas adoré cela. Mais on s’est dit que Nicolas Sarkozy, lui, avait dû l’apprécier. On était toutefois encore un peu trop endormi pour en être vraiment ravi.

En même temps, on s’est levé tôt pour un reportage sur… des anti-sarkozystes. Qui se lèvent tôt chaque matin afin précisément de montrer à Nicolas Sarkozy que tous ceux qui se lèvent tôt en France ne votent pas d’office pour lui. Du coup, au saut du lit, on ne savait plus trop qui maudire pour cette nuit trop courte: Nicolas Sarkozy ou ses ennemis?

On s'est également demandé si Nicolas Sarkozy allait jusqu'à aimer «la France qui se lève tôt» pour manifester contre lui.

On s’est promis de lui poser la question. Tôt ou tard. Enfin, pas trop tôt.

B.DL.  

26.04.2007

Un peu de shopping (10)

Il y avait donc déjà les présidentiables qui donnent dans le merchandising, les commerçants qui exploitent le filon des présidentielles pour vendre tout et n’importe quoi en rapport avec la course à l’Elysée, ou les publicitaires qui singent la campagne électorale pour mieux refiler leur soupe à l’électeur-consommateur.

A dix jours du second tour, la commercialisation à outrance de l’élection présidentielle se poursuit. Et s’amplifie avec deux nouvelles tendances.

L’image commerciale des présidentiables passée à la loupe, d'abord. Une société d’études a interrogé des consommateurs sur les marques qu’évoquent pour eux les quatre principaux protagonistes du premier tour. Résultat? Bayrou fait penser à La Redoute, aux Gîtes de France ou au Petit Marseillais. Le Pen à Monoprix, Carte Noire et Télé Z. Sarkozy à Roger & Gallet, Coca Cola et Chanel. Et Royal à Chanel aussi, à Evian et (bonjour le sexisme) à Cuisine TV.

Les affinités politiques classées selon les habitudes de consommation, ensuite. Une étude publiée ce jeudi dans «L’Argus de l’automobile» révèle que les propriétaires de voitures Renault votent majoritairement Royal. Les automobilistes roulant en Peugeot, en Citroën, en Toyota et en Ford, eux, votent Sarkozy. Quant à Bayrou, il fait  un assez bon score auprès des détenteurs de Volkswagen.

Si donc, rien que ce matin

-vous vous êtes savonné sous la douche avec Roger & Gallet

-vous vous êtes habillé en Chanel

-vous êtes allé en bureau en Toyota

-non sans vous arrêter au Monop

-pour acheter le Télé Z et une bouteille d’Evian

-puis au Relais colis de La Redoute

 ... c’est que vous êtes un brin déstructuré politiquement. Et que vous n’êtes pas sorti de l’auberge pour décider de votre vote dimanche prochain.

B.DL.

25.04.2007

Un monde

b17e152d14dbf9ecca7d3ae9aeae98d5.jpgFrançois Bayrou l’a joué simple pendant toute sa campagne - proche, terroir, tracteur. Cet après-midi, en revanche, il va en mettre plein la vue pour sa grande conférence de presse parisienne, lors de laquelle il se positionnera sur le second tour – il va y avoir foule, on va encore devoir jouer des coudes.

Le candidat centriste aurait-il cassé sa tirelire? Il recevra les médias dans un palace parisien du quartier du Louvre. Un endroit visiblement délicieux, avec un «restaurant boudoir» décoré «néo-moderne» «aux mélanges raffinés de pourpre, velours et soieries», avec aussi une «Terrasse fleurie», véritable «havre de tranquillité», avec encore un piano bar, «lieu de rencontre raffiné et apprécié, paisible et accueillant, aux tons chatoyants rouges, acajou, noirs et or».

Cela dit, en cas de petit coup de fatigue après sa conférence de presse, on se gardera bien de prendre une chambre dans ledit établissement pour y faire une sieste éclair. En effet, le «meilleur tarif garanti» démarre tout de même à 279 euros. Comptez 459 euros (un demi SMIC, quasiment) pour une suite «supérieure non-fumeur, lit Heavenly, accès internet haut débit, chambre spacieuse, salle de bains en marbre» avec en option, la vue imprenable sur les Tuileries et la tour Eiffel, oui madame.

C’est un monde décidément, cette «révolution orange» bayrouïste.

B.DL.

PS: Un «lit Heavenly» donc: mais ce nom ne donne pas du tout envie de dormir! ;-)

   

24.04.2007

Un applaudissement

Permettez moi de m’immiscer un instant dans ce magnifique univers de Paris Libre. Juste le temps d’une petite note, pour vous remercier de votre présence sans cesse croissante sur ce blog et féliciter l'équipe de Paris Libre pour ses 56.000 visiteurs au cours de ces 7 derniers jours.

Longue vie à Paris Libre !

 

Renaud. (rédac chef mutlimédia lalibre.be)

Un peu de shopping (9)

Royal ou Sarkozy à l’Elysée? Plus que treize fois dormir et le suspense cessera. Il y en a que cette incertitude laisse complètement froid. Ainsi, on entendait ce matin à la radio – très distraitement, on l’avoue – le commentateur boursier de service se réjouir de ce que le CAC 40 ne souffrirait de l’accession ni de l’un ni de l’autre des finalistes à la tête de l’Etat. Petits porteurs, dormez donc en paix: tout ira bien le 7 mai.

Les banquiers, d’ailleurs, ne perdent pas le nord. Une grande banque de la place a créé deux sicavs d’actions directement liées au résultat du scrutin présidentiel. Ces  placements se composent d’actions supposées prendre de la valeur dès le lendemain du scrutin selon l’accession à l’Elysée de l’un ou de l’autre candidat.

La première sicav s’appelle «Certificat 100% élections Droite» et parie sur l’élection de Nicolas Sarkozy. Elle comprend notamment des titres de Bouygues (la détaxation des heures supplémentaires devrait profiter  au secteur du BTP) ou d’Accor (pour la même raison, dans l’hôtellerie).

La seconde, baptisée «Certificat 100% élections Gauche», parie sur Ségolène Royal. Elle fait la part belle aux sociétés Carrefour (l’augmentation du Smic va amener plus de monde dans les hypers le samedi) ou Suez (susceptible d’OPA vu l’opposition de la socialiste à sa fusion avec GDF).

Rien que pour voir la tête des banquiers et ce qu'ils auraient fourgué à leurs clients, on regrette un peu un second tour Besancenot-Nihous, Villiers-Schivardi ou Bové-Le Pen.

B.DL.

 

23.04.2007

Un dernier effort

 

7da42d425b2cf109ee900768c325334f.jpgPour les journalistes, les lendemains d’élections sont souvent encore pires que les jours de scrutin.

En effet, la pression et l’excitation retombant tout de même un peu, c’est évidemment à ce moment-là que le corps se relâche et rappelle son exténuement – tiens, comme par hasard, on n’a pas entendu le réveil, les réveils, ce matin...

Mais comme les lecteurs ne se satisferaient pas qu’on tourne la page comme cela, du jour au lendemain, sur un sujet à propos duquel on a tant et tant écrit ces dernières semaines, il faut, même si on a l’impression qu’on a déjà tout dit, ou beaucoup en tout cas, se faire violence, oublier la fatigue et la satisfaction du devoir relativement accompli et y revenir longuement. Avec des analyses, des commentaires, des décryptages, des interviews, des éclairages, des pronostics, des reportages, des remises en situation, et on en passe. Et si possible trouver des angles d’attaque un peu originaux.

On s’y attaque, illico, même dans un état un peu second. Avec tout de même une satisfaction teintée de soulagement: il n’y a plus que quinze jours à tenir. Plus que ou encore quinze jours?

B.DL.

22.04.2007

Un petit bilan

Des nouvelles de l’équipe, après cette soirée électorale.

-Bernard a respecté ses bouclages. Il ne s’est pas beaucoup amusé (il y a plus drôle que d’être scotché pendant huit heures d'affilée au téléphone, aux radios, aux télés et aux dépêches)  mais n’a pas non plus trop stressé;

-Sabine est rentrée sans encombre de son reportage sur la dalle d’Argenteuil, où rien n’a brûlé: c’était même «gentil et calme», nous a-t-elle assuré

-Caroline a trouvé le buffet un peu meilleur au QG de l’UDF qu’à celui du PS. Rue de Solferino, c’était la désorganisation: les journalistes ont dû poireauter jusqu’à 19 heures pour pouvoir entrer. Au QG de l’UMP en fin de soirée, les militants étaient un peu ivres;

-La rédaction de Bruxelles et le sécrétariat soir ont assuré, comme d’habitude;

-La Libre.be et donc Paris Libre ont complètement planté dès la fin de la journée, victimes semble-t-il, comme nombre de sites belges d’information, de l’affluence d’internautes français.

Une journée et une soirée merveilleuses, donc.

B.DL.

 

Une information

82aab4667bd7c4631d6f485c7d3ac939.jpgJour J donc. Votez bien, amis bloggueurs français qui passez par ici.

On prévient déjà: on n’aura vraisemblablement pas le temps ce soir d’alimenter ce blog, en tout cas pas avant la fin de la soirée: ce sera la priorité au journal-papier. Et puis, on n'est pas Morandini: on n'a pas que cela à faire, et la santé de notre ego ne se mesure pas au nombre de connections.

Si on compte bien, avec les présidentielles et les législatives de 2002, les régionales de 2004 et le référendum de 2005, on en est à notre cinquième scrutin depuis qu’on bosse à Paris. Donc on commence un peu à savoir comment cela se passe, les soirées dominicales électorales. Quelques règles de base:

-se dire que tout va bien se passer et qu’en termes de stress, rien ne peut être pire que la soirée du 21 avril 2002;

-ne pas arriver trop tôt au bureau: cela ne sert à rien de s’énerver pendant des heures sur l’ordinateur en attendant le dénouement.

-y arriver détendu. On va donc aller courir quinze bornes au Bois ce midi – on sera beaucoup plus calme après cela.

-le plus anodin en apparence mais le plus important: comme on en a quand même au minimum pour jusqu’à minuit, ne pas oublier… d’apporter son casse-croûte. En effet, le dimanche dans le quartier, il n’y a pas une sandwicherie ouverte. On n’aura évidemment pas le temps d’aller dîner. Et contrairement à ce qui se passe à la rédaction de Bruxelles pendant les soirées électorales, personne ne nous  livrera de pizzas.

De toute manière, entendait-on ce matin en boucle à la radio (les journalistes meublent comme ils le peuvent…), les livreurs de pizzas dans tout le pays ce soir seront aussi débordés qu’un soir de finale de foot.

C’est déjà une information de la journée, et elle sera plus fiable que toutes les rumeurs que vous entendrez d'ici à 20 heures: les Français vont encore prendre des kilos.

B.DL.

Toutes les notes