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29/06/2007

Une disparition

d06c90cc4882af48df035aa9932686ba.jpgCe n’était qu’une famille de papier? Copiée-collée sur un mur anonyme par un artiste lambda voulant partager au commun des mortels sa créativité? Oui. Mais c’était vraiment une famille du quartier.

De mois en mois, elle s’agrandissait sous le regard intrigué des riverains. On ne compte plus le nombre de fois où on a fait un crochet par cette rue un peu triste que cette petite famille égayait, à deux pas de la station de métro St-Sébastien-Froissart.

Il y avait une femme en bleu obèse mais si belle qui fumait, rappelant la scie «Je ne veux pas travailler, mais je fume...» de Pink Martini. A ses côtés, avaient successivement vu le jour un «salary-man» tokyoïte en diable accompagné d’un enfant aux phylactères obscurs, un pantin désarticulé vaguement médiéval, et une mystique qui semblait sortie tout droit des «Dialogues des Carmélites» de Poulenc. On les avait tant vus qu’on les connaissait vraiment bien, qu’on les saluait presque affectueusement, à chaque passage, comme de vieux copains.

Et puis soudain, jeudi soir, on a remarqué qu’ils avaient disparu, à l’occasion sans doute d’une récente opération de nettoyage. Une famille en papier rayée comme ça du mur sans crier gare. Du jour au lendemain, d’un soir à l’autre. Comme une vulgaire famille de sans-papiers expulsée. Pourtant, ces petits personnages colorés ne gênaient guère. Ils avaient été collés avec soin et précaution par leur auteur. Et ne dépareillaient vraiment pas sur ce mur aveugle, qui ne servait que de pissotière âcre aux pochards du coin.

Sans doute réapparaîtront-ils vite ailleurs: c’est ce qui fait le charme et la vie des murs de Paris. En attendant, on ne voit plus à leur place que quelques pelures de papier misérables, tremblotant sous la pluie et le vent. Et leur mur – net, sec, froid, désincarné – n’a même pas été repeint.

f5468bba864a03725869f8d37e7abc53.jpgPS: N’a pas été effacé, tout de même, le dernier membre en date de la petite famille du Passage St-Sébastien: un garçonnet en pochoir recroquevillé sur le trottoir, qui a l’air de porter tout le poids du monde sur ses épaules et est marqué par une grosse flèche rouge, comme pour mieux souligner le caractère éphémère de sa survie. Veille néanmoins sur lui, menaçante sur ce grand mur soudainement assaini, une silhouette en papier de vertèbres et de crâne de tyrannosaure préhistorique. Avertissement comique à tous les hygiénistes de passage.

00:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Culture

28/06/2007

Un coin de paradis

Dans la foulée de la note un brin libidineuse d’hier, ce chiffre impressionnant: 46 % des usagers des transports en commun en France s’y sont déjà… fait draguer. C’est une des conclusions d’une enquête très sérieuse menée récemment par la Sofres pour le compte d’un exploitant privé de réseaux de transports.

16 % des utilisateurs réguliers du métro, du RER ou du train ont déjà essayé d’y séduire un ou une inconnue. 62 % y ont déjà engagé la conversation avec quelqu’un qu’ils ne connaissaient pas.

Il est déjà arrivé à 58 % des voyageurs de rencontrer plusieurs fois de suite la même personne par hasard dans les transports en commun. Une large majorité (75 %) a réagi, soit en souriant à cette personne (86 %), soit en engageant avec elle la conversation (80 %). Mais un quart de grincheux ont fait semblant de rien. Cela doit être ces mêmes 25% de voyageurs qui disent avoir déjà été incommodés par la présence d’un couple qui s’embrassait. Quand des relations se nouent entre voyageurs, elles se prolongent parfois: 25 % des usagers ont poursuivi à l’extérieur une relation entamée dans les transports. Dans 89 % des cas, il s’agissait d’une relation amicale. Dans 9 %, cela a carrément tourné à l'idylle.

Les auteurs de l’étude en concluent que le métro, le RER ou le train sont les lieux merveilleux de tous les possibles, entre le pays de Candy et celui des Bisounours en somme. Ils qualifient le temps passé dans les transports en commun «de moments de vie d’une grande richesse: un temps pour soi». Et en veulent notamment pour preuve le fait que «de nombreux usagers (54 %) laissent de côté tous les supports de l’imaginaire (musique, livres, etc.) pour laisser toute la place à leur vie intérieure et à leur désir de rêverie».

Précisons néanmoins que la rêverie, la vie intérieure, le temps pour soi et les moments d’une grande richesse, ce n’est tout de même pas 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Ceux qui en douteraient peuvent tenter l’expérience dans la foule hystérisée de la station Madeleine à la sortie des bureaux, dans les trains surchauffés et cahoteux de la ligne 4 ou dans ceux, légendairement bondés et désorganisés, de la ligne 13.

27/06/2007

Un désir, ou pas

71cc0f640520c716cfe0c28f328e123c.jpgUn mythe s’écroule, aujourd'hui. Les meilleurs amants du monde, les Français? Plus vraiment. Selon la dernière enquête Durex, menée auprès de 26000 hommes et femmes dans 26 pays, seuls 25% d’entre eux se disent satisfaits sexuellement, contre 44 % en moyenne pour le reste du monde. Sur terre, seuls les Japonais font moins bien (15 %). Pourtant, avec 120 rapports déclarés par an, les Français ont une activité sexuelle plus importante que nombre d’autres nationalités. Détail qui tue: ils ne consacrent en moyenne que quinze minutes à un rapport, c’est encore moins que la moyenne mondiale, qui est déjà très expéditive (18 minutes).

«SOS désir» titrait du coup très sérieusement, en Une, le quotidien «Le Parisien» ce matin.

Dans les rues du onzième arrondissement, d’ailleurs, un petit plaisantin (*) a visiblement entrepris de réveiller la libido des habitants, en affublant les plaques des rues de dessins suggestifs.

Ainsi, boulevard Richard Lenoir, une paire de seins a remplacé sur la plaque le nom du manufacturier en l’honneur duquel l’artère a été baptisée - sa profession apparaissant encore toutefois sous lesdits attributs féminins, ce qui fait tout de même un peu bizarre. Un peu plus loin, rue Saint-Sabin, ce sont des jambes de pin up qui agrément désormais la plaque.

be9f653813161966e12391a4e4224bf3.jpgAlors que les tags et les graffitis se renouvellent habituellement très rapidement sur les murs de Paris, ces atours féminins sont là depuis plusieurs semaines et personne encore n’a osé y toucher.

 

(*) Une femme est peut-être bien à l’origine de cela mais, on l’a vérifié au dictionnaire, le terme plaisantin n’existe pas au féminin. Encore une illustration du sexisme de la langue française.

10:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Femmes, Santé

26/06/2007

Une consolation?

Paris compte une station de métro en plus depuis ce matin: la 298ème très exactement. «Olympiades», c’est son joli nom, allonge la ligne automatique n°14 – celle qui ne s’arrête jamais, même pendant les grèves – loin dans le treizième arrondissement, aux confins méridionaux de la capitale. Bonne nouvelle donc pour les 30.000 habitants de ces nouveaux quartiers jusqu’à hier soir encore très isolés, et notamment pour les étudiants de la toute nouvelle fac Tolbiac.

Tiens, la RATP a réagi à l’affaire des pics de pollution de microparticules enregistrés dans le métro, que l’on avait évoquée l'autre jour (ici). Elle assure que dans ses cinq stations tests (Franklin Roosevelt, Châtelet, Nation, Auber et Les Halles), les taux de pollution enregistrés restent en dessous de la moyenne autorisée. Mais reconnaît qu’aux heures de pointe, dans le RER surtout, les seuils maximaux sont très largement dépassés.

Des travaux sont en cours pour améliorer cela. En attendant, les voyageurs parisiens sont priés de se consoler en pensant à leurs collègues du métro londonien, où, comme le rappelle aimablement la RATP, les chiffres de pollution sont encore bien plus élevés. 

25/06/2007

Un appel

0944e189d8a69f4006b7298ce5d71c94.jpgEric O Chet: une signature que l’on voit pas mal en ce moment sur les murs de Paris, au bas de grands pochoirs interpellant les gens.

Ainsi ce matin encore, boulevard Richard Lenoir. «Dans l’espoir qu’à l’autre bout du monde, quelqu’un tourne son regard vers eux, rie et souffre à leurs côtés».

En lettres capitales bleues. Sous un buste de femme non autrement identifié. Il aurait pu être celui d’une Marianne. Il rappelle «L’Orpheline au cimetière», ce magnifique portrait de femme peint par Eugène Delacroix, petit tableau accroché au Louvre mais que généralement, pas grand monde ne voit.

Qui est cette femme? Que veut dire Eric O Chet? Qui sont ces «eux» à l’autre bout de la terre pour lequel l'artiste nourrit de l’«espoir»? A-t-on raison de voir du sang africain dans ces traits de femme? Faut-il se saisir d’être tombé sur ce pochoir précisément le matin où, à Paris, les grands du monde se penchent sur le sort du Darfour martyrisé?

Sans doute tout cela n’a-t-il rien à voir. Vraisemblablement, de toute façon, le saura-t-on jamais. A Paris comme ailleurs, les murs disent mais n’expliquent pas. Interpellent tout au plus, mais ne suscitent qu’un dialogue muet. Ce matin, au demeurant, cet appel mystérieux ne semblait remarqué que par bien peu de gens parmi les si nombreux passants.

10:45 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris, Culture

22/06/2007

Une remise en beauté

e24492694abf1a1553647f5bd0edd0c0.jpgL’été donc, depuis hier, avec ses plaisirs associés: les flâneries, les pique-niques, les après-midi à bouquiner dans les jardins des Tuileries, du Luxembourg ou du Palais Royal, les dîners en terrasse, etc. Cet été, cependant, se déroulera sans deux lieux mythiques de la vie parisienne, souvent jugés incontournables pour les touristes de passage ici.

Le célèbre restaurant «La Tour d’Argent» – outre la gastronomie (depuis 1582 !), assurément une des plus belles vues de Paris sur Notre-Dame – a fermé ses portes cette semaine pour trois mois de lourds travaux de rénovation. C’est le plus gros chantier mené dans l’édifice depuis 1937, année où il a été rehaussé et coiffé d’un sixième étage – à l’esthétique qu’on a d’ailleurs toujours trouvée douteuse. Le restaurant rouvrira le 17 septembre, avec de nouvelles cuisines.

«Le Flore» fermera également cet été (du 23 juillet au 19 août), pour la première fois depuis plus de vingt ans. Le fameux établissement du boulevard Saint-Germain va bénéficier d’importants travaux de réaménagement dans les cuisines du premier sous-sol, tandis que le décor de la salle principale sera évidemment précieusement préservé mais entièrement rafraîchi (les guéridons retapés, les banquettes de moleskine restaurées, les peintures refaites, etc.).

Vivement sa réouverture. Un mois d’août sans au moins un bel après-midi passé en terrasse à observer la faune du «Flore», ce ne serait ni l’été, ni Paris.

21/06/2007

Une tradition

L’été aujourd’hui, donc. Et, évidemment, comme chaque 21 juin, la Fête de la musique, un des meilleurs produits d’exportation français puisqu’elle se déroulera cette année dans 400 villes situées dans 130 pays différents – et pour la première fois à New York.

Dans le quartier, on aura le choix. Si l’on en croit le programme officiel, on aura notamment droit, pêle-mêle, à la chorale des agents de la ville de Paris (au musée Carnavalet), à des fanfares (au Carreau du Temple), aux «Dindons virtuels»  («rock, reprises des Beatles aux White Stripes», à Bastille), à un «warm up électro» (boulevard Richard Lenoir) et à du «jazz-salsa-électro, ambiance cocktail» (à Saint-Ambroise).

Comme chaque année, les consignes de la préfecture de police de Paris (pas de ventes à la sauvette de merguez et de Kro, respect d’«un niveau sonore supportable pour le voisinage», extinction des feux à minuit et demi, etc.) seront joyeusement ignorées.

Comme chaque année, rappelait le médecin urgentiste Patrick Pelloux à la radio ce matin, des milliers de fêtards devront être hospitalisés dans des états pas possibles: la Fête de la musique, après la Saint-Sylvestre, est la deuxième nuit la plus chargée de l’année pour les services d’urgence.

Comme chaque année, djeuns et forces de l’ordre vont s’asticoter et démentir l’adage selon lequel la musique adoucit les moeurs - rien qu’à Paris, 150 arrestations et 110 placements en garde à vue ont eu lieu dans la soirée du 21 juin 2006 pour troubles à l’ordre public.

Une tradition décidément en tous points merveilleuse.

11:05 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Culture, Musique, Paris

20/06/2007

Une précaution, ou l'autre

f110b48075d2e37eece021bb5055213e.jpgDétenteurs d’un blackberry, attention. Selon le très sérieux et officiel Secrétariat général de la défense nationale, ces petites merveilles de la technologie posent de réels problèmes de sécurisation des données. Fabriquées par une société canadienne, utilisant pour transmettre leurs messages des serveurs basés notamment aux Etats-Unis, elles seraient la proie rêvée de tous les espions de haut vol ou de bas étage car n’offriraient que d’infimes garanties en termes de confidentialité.

Dès lors, dans une note comminatoire édictée il y a 18 mois, la Défense nationale française a banni le blackberry de tous les ministères, de Matignon, et évidemment aussi et surtout de l’Elysée.

Franche parano ou élémentaire principe de précaution? A l’Elysée en tout cas, on ne plaisante pas avec ces choses-là.

Et, visiblement, on s’y croit. Il est vrai que, comme vient de déclarer Nicolas Sarkozy, depuis le remaniement ministériel mardi, «il y a deux femmes noires sur la scène politique internationale: Condi Rice et Rama Yade».

Voilà donc mis sur le même pied rien moins que le chef de la diplomatie du plus grand pays du monde et la nouvelle secrétaire d’Etat française aux Affaires étrangères - sans doute talentueuse mais à ce stade tout de même encore très jeune et néophyte.

Par précaution, on dira que cette tirade sarkozyste illustre non l’effarante vanité de son auteur mais son sens décidément irrésistible et bienvenu de l’humour.

Et l'on supputera que dans les hautes sphères de Washington, cette nouvelle Condi Rice à la française fait non se gondoler mais bel et bien trembler.

19/06/2007

Un luxe

0493e4391b154010a3c6d75617e943eb.jpgOn ne se le dit pas chaque jour, mais on se fait tout de même de temps à autre la réflexion: le coût de la vie n’arrête pas d’augmenter à Paris. L’édition 2007 de l’étude annuelle de Mercer Consulting sur les villes les plus chères du monde, qui vient de sortir, le confirme d’ailleurs.

Dans ce palmarès de 143 villes établi sur des paramètres comme le coût du logement, des transports ou de l’alimentation, Paris occupe désormais la treizième place. La capitale française a encore progressé de deux places en un an. Elle talonne dorénavant des cités comme Saint-Pétersbourg, Oslo, Zurich et Milan – Moscou, Londres et Séoul se partageant le podium.

Bruxelles est loin derrière: à la 44ème place seulement des villes du monde les plus chères. Mais avec Athènes, Birmingham, Berlin ou Glasgow, elle fait partie des cités où le coût de la vie a le plus augmenté l’an dernier.

18/06/2007

Une singularité

Sacré Parisiens: ils n’en feront toujours qu’à leur tête – politiquement y compris. Hier, à l’occasion du second tour des législatives, cela s’est doublement vérifié.

D’abord, alors que le pays dans son  ensemble a peu voté, les Parisiens eux se sont davantage mobilisés.

Ensuite et surtout, alors que l’Hexagone a voté à droite – même si c’était plus une vaguelette bleue qu’un tsunami –, Paris a voté à gauche. Plus que jamais d’ailleurs, puisque les socialistes ont remporté une circonscription supplémentaire. Une circonscription symbolique même: la huitième, qui correspond au douzième arrondissement (nos voisins de l’autre côté de Bastille, donc), qui bascule historiquement puisqu’elle avait toujours été à droite depuis 1958.

«Boboland» s’ancre à gauche: le maire Bertrand Delanoë peut dès lors voir venir les municipales de manière relativement tranquille.

Elles viendront d’ailleurs bien vite, ces élections. Dans neuf mois déjà, on y sera. C’est dire qu’à peine la grande séquence électorale de 2007 achevée, une nouvelle campagne, aussi longue et haletante que celles des présidentielles et des législatives, redémarrera dès après l’été.

Raison de plus pour, en attendant, essayer de se changer les idées.

15/06/2007

Un numéro

93e784fcc5aa8db5cabfd8daf632613c.jpg01 45 30 30 30. Ce nouveau numéro de téléphone, mis en service ce vendredi, va vite devenir ultra populaire auprès des Parisiens. Sept jours sur sept et 24 heures sur 24, en effet, il met en relation avec la centaine de stations de taxi parisiennes équipées de bornes d’appel.

Cela peut paraître très anecdotique vu/lu de l’étranger. Mais cela va représenter un progrès considérable dans la qualité de vie du Parisien moyen.

En effet, Paris a beau avoir la densité de taxi la plus importante d’Europe, les 15.000 voitures qui y officient peinent à satisfaire la demande à certaines plages horaires. C’est surtout vrai le week-end vers 2 h du matin, au moment où ferment les bistrots. Trouver un taxi à cette heure peut vraiment être la croix et la bannière.

Le temps d’attente trop long aux heures de pointe a évidemment été soulevé lors de la dernière enquête de qualité effectuée dans ce secteur. Elle a révélé que les taxis parisiens bénéficiaient d’un taux de satisfaction très honorable (62,2%) de la part de leur clientèle. La propreté du véhicule, les conditions de confort, et la connaissance de la ville par le chauffeur sont jugées très satisfaisantes. En revanche, la maîtrise des langues étrangères par les chauffeurs et l’impossibilité fréquente de payer par carte ou chèque posent problèmes.

Comme l’amabilité des chauffeurs? Le caractère un brin teigneux du taximan parisien moyen relève largement du cliché. L’enquête le dit d’ailleurs assez bien. L’accueil du client est jugé très satisfaisant dans neuf cas sur dix, mais l’absence de sourire est tout de même notée dans quatre cas sur dix.

En fait, l’amabilité du chauffeur varie souvent en fonction de la destination. Pas de problème pour les courses dans Paris intra-muros (le taximan est sûr de retrouver rapidement et facilement un client) ou vers les aéroports d’Orly et Roissy (lourdement facturées). En revanche, reconnaît-on au Comité régional du tourisme, pour les courses en petite couronne, «il y a une baisse notable de l’amabilité du chauffeur, qui empoche peu et risque de rentrer à vide». Trop sympa pour les banlieusards.

11:10 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Transports

14/06/2007

Un nouveau lieu

f680392e7affadf8548176b3221f7ca7.jpgInauguration cet après-midi de la Pinacothèque de Paris et vernissage de sa première grande expo, consacrée au Roy Lichtenstein. On n’a jamais été petits fours et mondanités, mais on va tout de même essayer d’y faire un saut, ne fût-ce que pour jeter un œil aux œuvres du maître du Pop Art, qu’on n’avait plus vu en rétrospective à Paris depuis 1982.

Dans une ville, un nouveau lieu culturel, c’est toujours une bonne nouvelle. Même si là, le concept n’est pas vraiment neuf. La Pinacothèque de Paris, en effet, avait déjà ouvert ses portes il y a quatre ans avec une mémorable expo sur Picasso. A l’époque, elle s’était installée rue de Paradis, dans le dixième arrondissement, à deux pas de la gare de l’Est.

On avait alors applaudit l’installation enfin d’une grande infrastructure culturelle dans un quartier populaire, qui tranchait avec la tradition voulant qu’à Paris, la culture soit surtout concentrée dans les quartiers centraux, touristiques et aisés.

Mais quatre ans plus tard, pour d’obscurs «problèmes de sécurité et de servitudes de passage», la Pinacothèque a dû déménager. Cet après-midi, elle ouvrira donc ses portes rien moins que place de la Madeleine, «l’une des plus célèbres places du monde; carrefour où s’expriment les tendances internationales de la mode, de la gastronomie, références d’un certain art de vivre à la française».

Commercialement, un tel emplacement sera sans doute beaucoup plus rentable pour les promoteurs de ce lieu. Culturellement, cependant, un tel déménagement rendra leur projet beaucoup moins intéressant.

Voire un brin gênant. Comme si les Parisiens des quartiers populaires ne méritaient, en guise d’infrastructures culturelles, que des panneaux de basket, des rampes de skate, des ateliers de rap ou de vagues aires de jeux.

13/06/2007

Un espace

278e54234a3e9b4569349e6ebd7339f2.jpgParis manquerait-il de lieux d’expression publique? D’endroits où afficher ses idées? D’espaces ouverts où le tout venant peut s’exprimer?  N’importe quel Parisien un minimum attentif a dû se poser la question.

Depuis le printemps, en effet, et bien plus que pendant la campagne de 2002, les murs de la capitale, déjà habituellement très bien garnis de messages en tous genres, abondent et débordent littéralement de tags et de graffitis à caractère politique.

Après les présidentielles, la campagne législative qui s’achève a encore renforcé le phénomène. Les nettoyeurs ont beau effacer plus vite que leur ombre, réapparaissent immédiatement les inscriptions appelant à voter pour tel ou tel, au contraire recommandant de ne pas voter du tout, critiquant tel ou tel aspect de la vie publique, criant tel ou tel malaise, revendiquant telle ou telle chose, prenant à témoin la ville entière, par passant anonyme interposé, de tel ou tel problème de société. Au point que ces messages soient en ce moment bien plus visibles sur les murs parisiens que ceux qui y figurent en dehors des périodes électorales: grafs, pochoirs, dessins, etc.

L’autre jour, sur un grand boulevard près de République, on a vu sur un mur, soigneusement collée, une mince et longue bandelette de papier blanc. Elle était baptisée «espace libre d’expression» et précédée comme achevée par de grands guillemets. Les gens étaient invités à y exprimer leur pensée, celle-ci étant ensuite relayée par un site web.

Mais, visiblement, cela ne marchait pas. Alors que les murs à ses côtés n’étaient pas peu tagués, personne n’avait écrit quoi que ce soit sur la bandelette. Et on ne se bouscule manifestement pas sur le site. On s’est, du coup, posé deux questions.

Favoriser une parole de rue en voulant l’encadrer, est-ce d’office l’intimider et à terme la tuer?

Pour avoir de la valeur, un espace d’expression doit-il obligatoirement être volé et non aimablement concédé?

12/06/2007

Un slogan, ou l'autre

-«Beau! Grand! Notre Président!»

-«Des cartes de crédit pour les tout petits!»

-«Johnny reviens, tu paieras moins!»

-«Mireille Matthieu, c’est pas que pour les vieux!»

-«Plus de banques, moins de saltimbanques!»

-«Sur les pavés, nos beaux souliers!»

-«Un vrai statut pour les majorettes!»

-«Viens danser avec Gilbert Montagné!»

Tels sont quelques-uns des slogans qui seront scandés cet après-midi à Paris, à l’occasion de la grande «manif de droite».

Ce happening politico-artistico-ludique décalé est organisé par la Fédération des arts de la rue et des collectifs d’intermittents, un mouvement de gauche évidemment, qui entend ici tourner (gentiment, on imagine) en dérision la France de droite. Les manifestants sont donc priés de venir déguisés en hommes et femmes de droite (jupes plissées, serre-tête, imperméables, etc.). Les slogans «portant des mots grossiers seront exclus purement et simplement du cortège». Les banderoles et pancartes devront évidemment «être soignées (faites à l’ordinateur ou en broderie, pas au marqueur»).

En 2003, lors d’une première «manif de droite» de cet acabit, quelques centaines de protestataires avaient (sagement, bien sûr) scandé des slogans comme «On aime, on aime les OGM», «Respectez les passages cloutés», «Star Academy, c’est pas si mal que ça», «Pas d’allocs pour les dreadlocks» ou «Jésus, reviens avec Jean-Pierre Raffarin».

Le plus drôle serait évidemment qu’à cette manifestation, des tas de gens vraiment de droite, mais non dénués d’humour et de second degré, participent. Et qu’elle soit suivie d’une fausse «manif de gauche» tout aussi férocement caricaturale et donc jubilatoire.

11/06/2007

Une apathie

e241e95e14b18062703dab86729f3f2c.jpgPlus de huit Français sur dix avaient voté aux élections présidentielles d’avril et mai derniers. Dimanche, au premier tour des législatives, seuls six sur dix ont pris la peine d’aller voter. Du coup, en cinq semaines à peine, l’Hexagone est passé d’un «sursaut civique» historique, unanimement salué, à un record d’abstention d’une ampleur jamais vue en Cinquième République.

En un bon mois, les électeurs de droite se sont endormis sur leurs lauriers, les électeurs de gauche sont encore visiblement en plein coma présidentiel, et les électeurs du centre se mordent les doigts: la faible participation, en effet, a rehaussé le seuil de qualification au second tour et a donc renforcé encore un peu plus la bipolarisation du paysage politique.

Dans une rue populaire du onzième arrondissement, ce grand tag avait été apposé par une main anonyme, pour inciter les électeurs à se bouger. Il vient d'être nettoyé par les services de la propreté. Si tant est que ce genre d’exhortation murale ait le moindre effet sur le passant-votant moyen, on aurait peut-être pu le laisser quelques jours de plus.

08/06/2007

Une animalité

Fin de la campagne ce soir pour les législatives. Dans le quartier, les affiches électorales les plus taguées ont sans doute été celles de… Cindy Lee.

La présidente fondatrice du «Parti du plaisir», stripteaseuse et modèle de charme dans la vie civile, déjà candidate à plusieurs élections dans le passé, milite pour «une France bien dans sa peau». Et veut être élue «pour qu’un brin d’hédonisme souffle sur l’Assemblée nationale».

Dans le programme de cette Cicciolina à la française, figurent pêle-mêle l’instauration de «cours de séduction et de confiance en soi dans les lycées, afin d’aider les jeunes à devenir des adultes décomplexés et bien dans leur peau», la mise sur pied «de villages verts en zone urbaine, pour un meilleur cadre de vie», l’imposition d’une taxation réduite pour les produits bio ou l’instauration d’«une journée nationale de l’amour, de la fraternité et de la laïcité».

Dans la septième circonscription de Paris, les affiches de cette bimbo peroxydée et siliconée n’ont pas peu détonné parmi tous les panneaux électoraux si gris. Elles ont été très souvent affublées de graffitis vulgaires, sexistes et machistes.

Qu’une candidature folklorique de cet acabit fasse sourire ou lever les yeux au ciel, soit. Qu’elle irrite par l’image de la femme et de la politique qu’elle véhicule, pourquoi pas. Mais qu’elle suscite une agressivité et une haine aussi animales, on en est resté pantois.

11:00 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Elections, Femmes, Paris

07/06/2007

Une nuisance

3d57ca4cb73d38ab576a2dba968173d8.jpgTout nu à vélo. A défaut d’être confortable, ce sera médiatique: les activistes du collectif «Vélorution» organisent samedi à Paris une «manifestion cyclonudiste» pour «rappeler la vulnérabilité des cyclistes face aux véhicules à moteur et la nécessité d’en finir avec la civilisation du pétrole, de la puissance et de la pollution».

Au même moment, sont dévoilés les résultats catastrophiques d’une étude sur la pollution de l’air en région parisienne, menée pendant huit mois par un bureau d’études indépendant.

Entre autres nouvelles flippantes, on y lit qu’à Paris, la pollution, due au trafic notamment, est tellement forte qu’elle va jusqu’à... s’engouffrer dans le réseau de métro, où «les concentrations de particules fines peuvent aller jusqu’à 300 microgrammes par m3», soit six fois la norme de l’OMS. Voilà les 3 millions d’usagers quotidiens du métro et du RER parisiens avertis.

Quand on évoque cette pollution due à la circulation, on incrimine généralement les voitures. Les scooters, dans le genre, ne sont pas mal non plus – tout Parisien a un jour été pris à la gorge par les émanations du pot d'échappement d'un scooter démarrant près de lui.

Selon une étude elle aussi récente, les oxydes d’azote, monoxydes de carbone et autres hydrocarbures imbrûlés qu’ils émettent, et qui ont «des conséquences directes sur la santé», le sont à des hauteurs «très supérieures à celles des voitures à essence les plus récentes». C’est une nuisance d’autant moins négligeable que le nombre de 2 roues motorisées a explosé dans Paris ces dix dernières années: il a crû de 25% entre 1997 et 2001 et de 20% depuis 2001. 

06/06/2007

«Une issue»

C’est ce matin en page 16 du «Matin Plus», le quotidien gratuit de Vincent Bolloré, l’ami de Nicolas Sarkozy. On peut y lire enfin le fameux article sur les policiers de Roissy, que la rédaction en chef de ce titre avait décidé in extremis de ne pas publier le 25 mai dernier, car il était «outrancier» et «extrêmement désagréable pour la France».

Les journalistes avaient hurlé à la «censure» - énième controverse du genre après des incidents similaires survenus dans des médias du groupe Lagardère, détenu par un autre ami notoire du nouveau chef de l’Etat. Le groupe Bolloré a fini par faire marche arrière et publier ledit texte en demandant à ses lecteurs d’y réagir. «Une issue heureuse» selon les journalistes, qui estiment que leur «mobilisation a payé».

Au même moment, dans une tribune conjointe publiée par «Le Monde», les trois syndicats de journalistes SNJ, CGT et CFDT appellent «à une grande vigilance les 38.000 journalistes (de France) pour qu'ils s'opposent publiquement à toute tentative de remplacer le devoir d'informer par la volonté de plaire».

05/06/2007

Un chantier d'été

ec36ffcdff048e8ea4fb50ac89b4d619.jpgJournée mondiale de l’Environnement, ce mardi. A Paris en ce moment, on y travaille tant à l’environnement que les trottoirs sont, de tous côtés, transformés en gruyère. C’est le vieux projet «Vélib», système de location de vélos en libre service, qui commence à prendre forme – enfin, tant il semble que Paris soit un peu en retard en la matière sur les autres grandes capitales européennes.

Ce dispositif permettra aux Parisiens et aux touristes d’emprunter des vélos dans n’importe quelle station Vélib puis de les déposer dans n’importe quelle autre, le choix de la station étant relativement facile puisqu’elles seront «distantes de 300 mètres environ».

Ces bicyclettes sont annoncées comme mixtes, «adaptées à tous, hommes et femmes», munies d’«un changement de vitesse simple et rapide, sans risque de déraillement», d’une selle réglable en hauteur, de bandes réfléchissantes sur les roues et, fin du fin, d’un feu arrière éclairant même à l’arrêt. Les trente premières minutes d’utilisation seront gratuites, puis le coût de leur location sera débité sur la carte bleue à raison de deux tarifs d’abonnement possibles: 1 euro par jour ou 5 euros la semaine.

Le service fonctionnera 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, ce qui permettra donc les balades au clair de lune en bord de Seine et les pique-niques  improvisés en forêt. D’autant que, comble du bonheur bobo, ces vélos seront munis d’un «panier avant de grande capacité».

Voilà une nouvelle qui sent furieusement l’été.

04/06/2007

Un problème?

8640e35c39244c9ebea389c837eecd70.jpgPremier tour des élections législatives dimanche. Au fond, la France aurait-elle un problème avec les candidats députés qui sont issus de l’immigration?

Déjà, ils sont vraiment très peu nombreux à se présenter et le seront aussi peu demain à siéger– «Libé» le découvre ce matin: c’est formidable. Mais en plus, leur propagande électorale semble être particulièrement la cible des vandales.

On l’a vu l’autre jour dans le treizième arrondissement, avec les affiches lacérées d’un candidat d’origine asiatique. On l’avait constaté un peu plus tôt dans le dix-huitième, avec les inscriptions racistes et islamophobes apposées sur les panneaux occupés par une candidate maghrébine du MoDem. Et on s’en est aperçu à nouveau ce matin dans le onzième: toutes les affiches d’un candidat antillais de l’UMP ont été dégradées, alors que celles des autres candidats étaient parfaitement intactes.

A moins que ces trois cas en quelques jours seulement ne relèvent que de la coïncidence?