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11/07/2007

Une adresse, ou l'autre

Vous raffolez de «travailler plus pour gagner plus». Mais, au bureau, vous vous octroyez tout de même encore une pause déjeuner. Et vous rêveriez, entre deux bouchées, d’apercevoir l’auteur élyséen de ce si laborieux slogan. Voici deux adresses où vous aurez des chances de le croiser depuis qu’il a pris l’habitude d’inviter ses hôtes à déjeuner en ville et non plus à l’Elysée.

-«Les Cocottes», dans le septième, au 135 rue Saint-Dominique précisément (rue sinistre à mourir le soir, mais pleine de people politiques en journée). C’est là qu’en début de semaine, le chef de l’Etat a invité à déjeuner Bruno Julliard et les autres leaders syndicalistes étudiants. Choix très branché puisque cet établissement a été encensé par le dernier «Figaroscope», la meilleure chronique gastronomique hebdomadaire de la presse parisienne. Cela donne: «un restau-comptoir où les appétits beaux quartiers s’essaient à une gastronomie horizontale, un appétit travelling, un épatant food corridor, 50 mètres de tortore (*), la faim perchée au bar, à pratiquer, de potron-minet à près de minuit, en solitaire ou en équipée sonore, l’envie montée sur tabouret, le temps d’une ardoise comme il plaît où la salade César, le potage du jour et le flan aux œufs coudent à coudent avec le pigeon petit pois, le mijoté en fonte et le clafoutis à la française». Menu à environ 30 euros, restau noté trois cœurs (pour «Réservez maintenant») par nos confrères du Fig.

-Chez «Laurent», avenue Gabriel, «au cœur d’un luxueux jardin bordant le palais de l’Elysée». C’est là que Nicolas Sarkozy a invité à déjeuner début juillet Jean-Claude Mailly, le patron du syndicat Force ouvrière. Un brin plus chic: le chef, Alain Pégouret, est  un élève de Joël Rebuchon, «une des légendes de la gastronomie française». Du coup, le «menu d’été» s’envole à 150 euros: «Araignées de mer dans ses sucs en gelée, crème de fenouil. Morilles étuvées et délicate royale, cappuccino. Epaule d’agneau de lait des Pyrénées confite aux épices d’un tajine, côtes caramélisées et bayaldi d’aubergines. Voiture de fromages. Soufflé à la fleur d’orangers». On y aurait été invité à déjeuner en tête à tête par l’hôte de l’Elysée (hypothèse aussi comique que mirifique), on aurait plutôt mangé à la carte, du genre: «Caviar d’artichauts bretons et cœurs en vinaigrette. Filet de saint-pierre poêlé, ravioles de poivrons rouges aux coquillages, crème légère de carottes au gingembre et lime. Rhubarbe laquée à la fleur d’hibiscus» (208€ au total, tout de même). La promo du resto l’assure: «L’été venu, quand Paris redevient vivable pour quelques temps, déjeuner là et paresser l’après-midi sous les marronniers est un vrai bonheur. L’harmonie des hommes et des lieux concourt à faire de votre passage chez Laurent un moment privilégié».

Cela garde des bons côtés, «rupture» sarkozyste ou pas, d’être Président.

 

(*) Première fois qu’on tombe sur ce mot. Si c’est votre cas aussi, la définition du Petit Robert : Tortore n.f.-1878, de tortorer. Argotique. Nourriture, bouffe. «Si tu bannis la tortore de ta vie, il te reste quoi, à cet âge? » (San-Antonio)

En même temps, si «Le Figaro» se met à parler comme San-Antonio, on n'en sortira pas.

Commentaires

Faut dire que si c'est Cécilia qui fait a manger à l'élysée....

Écrit par : sylvain | 11/07/2007

il n'y a pas de bons côtés à bouffer un smic quand d'autres ne sauront jamais à quoi ressemble une morille !
quelle honte ! et Mailly qui le lendemain tout sourire s'exclame "c'était trés bon chez Laurent !" sans même se remettre en cause ....

Écrit par : stef | 12/07/2007

Et après, ca dit aux gens : mettez vous en greve, battez vous, on vous comprend :)

J'adore les syndicats français !

Écrit par : sylvain | 12/07/2007

Les commentaires sont fermés.