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31/07/2007

Une chance, ou pas

38c9007254b4682aa3020606f51e4468.jpgOn n’avait jamais vraiment songé à tout cela auparavant, sans doute parce qu’on n’est pas d’un naturel très anxieux. Et puis ce matin dans le métro, on est passé  par la station «Opéra» en cours de rénovation et on a vu ces amoncellements énormes de vieux fils électriques pendouillant au plafond comme des lianes usées. On a alors mieux compris pourquoi les Parisiens n’étaient vraisemblablement pas à l’abri d’un court-circuit comme celui survenu sur la ligne 13 dimanche matin, qui a déclenché un début d’incendie entre les stations «Varenne» et «Invalides», a intoxiqué 35 voyageurs et en a conduit 15 à l’hôpital.

Des agents de la RATP ont convenu que si l’incident s’était produit en semaine pendant les heures de pointe, le nombre de blessés aurait été considérablement plus élevé.C’est déjà ce qu’avait dit le Bureau enquête Accident (BEA) à la suite de l’incendie survenu à la station «Simplon», sur la ligne 4, le 6 août 2005, qui avait fait douze blessés: «Cet accident aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves dans des circonstances différentes (heures de pointe, incendie en tunnel,...)». C’est encore et toujours ce qu’avaient estimé les responsables de l’aéroport de Roissy quand, en mai 2004, un dimanche matin très tôt à nouveau, une partie de la verrière du terminal  2 E s’était effondrée sur quelques rares voyageurs présents malgré l'heure matinale, faisant tout de même 5 morts et 4 blessés.

Par son injustice, la chance (=, très basiquement, ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment) a décidément quelque chose de réellement indigne mais du coup de profondément rassurant, pensait-on ce matin (*).

Et puis, arrivé à la station Bastille, dont on croit connaître sur le bout des doigts les innombrables et interminables couloirs souterrains, on s’est demandé un fugace instant si on parviendrait à se retrouver dans ce dédale et à s’en extirper si, à cause d’une catastrophe, on était un jour amené à devoir le parcourir dans l’obscurité complète, dans les fumées et dans une foule paniquée. On s’est très vite chassé l’interrogation de la tête, tant la perspective était horrifique.

(*) La chance n’a pas toujours souri aux usagers du métro parisien, cela dit : 83 morts en août 1903 à cause de l’incendie dû à un court-circuit dans une motrice, à la station «Couronnes».

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