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31/07/2007

Une chance, ou pas

38c9007254b4682aa3020606f51e4468.jpgOn n’avait jamais vraiment songé à tout cela auparavant, sans doute parce qu’on n’est pas d’un naturel très anxieux. Et puis ce matin dans le métro, on est passé  par la station «Opéra» en cours de rénovation et on a vu ces amoncellements énormes de vieux fils électriques pendouillant au plafond comme des lianes usées. On a alors mieux compris pourquoi les Parisiens n’étaient vraisemblablement pas à l’abri d’un court-circuit comme celui survenu sur la ligne 13 dimanche matin, qui a déclenché un début d’incendie entre les stations «Varenne» et «Invalides», a intoxiqué 35 voyageurs et en a conduit 15 à l’hôpital.

Des agents de la RATP ont convenu que si l’incident s’était produit en semaine pendant les heures de pointe, le nombre de blessés aurait été considérablement plus élevé.C’est déjà ce qu’avait dit le Bureau enquête Accident (BEA) à la suite de l’incendie survenu à la station «Simplon», sur la ligne 4, le 6 août 2005, qui avait fait douze blessés: «Cet accident aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves dans des circonstances différentes (heures de pointe, incendie en tunnel,...)». C’est encore et toujours ce qu’avaient estimé les responsables de l’aéroport de Roissy quand, en mai 2004, un dimanche matin très tôt à nouveau, une partie de la verrière du terminal  2 E s’était effondrée sur quelques rares voyageurs présents malgré l'heure matinale, faisant tout de même 5 morts et 4 blessés.

Par son injustice, la chance (=, très basiquement, ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment) a décidément quelque chose de réellement indigne mais du coup de profondément rassurant, pensait-on ce matin (*).

Et puis, arrivé à la station Bastille, dont on croit connaître sur le bout des doigts les innombrables et interminables couloirs souterrains, on s’est demandé un fugace instant si on parviendrait à se retrouver dans ce dédale et à s’en extirper si, à cause d’une catastrophe, on était un jour amené à devoir le parcourir dans l’obscurité complète, dans les fumées et dans une foule paniquée. On s’est très vite chassé l’interrogation de la tête, tant la perspective était horrifique.

(*) La chance n’a pas toujours souri aux usagers du métro parisien, cela dit : 83 morts en août 1903 à cause de l’incendie dû à un court-circuit dans une motrice, à la station «Couronnes».

30/07/2007

Un homme épatant

Petit pincement au cœur tout de même hier soir, en apprenant la mort de Michel Serrault.

On avait croisé le comédien l’été dernier à Paris, un peu par hasard, à l’occasion d’une interview au débotté pour remplacer un confrère malade, si on se souvient bien. On y était allé, on l’avoue, avec des pieds de plombs. Les confidences des stars de cinéma, Zaza Napoli et tout cela, on en soupirait déjà. En plus, le sujet n’était pas facile: le papier s’insérait dans une série d'articles de fond sur les personnalités et leur rapport à la foi, au sacré, à la religion, etc. On n’avait pas eu le temps de préparer l’entretien. Enfin, c’était un lundi matin tôt et, comme tous les lundis matins tôt, on était mal réveillé.

Le rendez-vous avait été fixé dans un palace de l’avenue Montaigne (soupir, à nouveau). On avait retrouvé l’acteur un peu perdu, minuscule, dans un énorme et moelleux canapé. Impayable avec son petit costume de dandy et, sur le nez, des lunettes de soleil démesurées. Il était couvert du regard par son entourage comme s’il était une petite chose fragile et précieuse.

L’entretien s’était merveilleusement déroulé. Tout de suite, le contact était passé. L’homme était charmant et son propos passionnant. Serrault professait et pratiquait un christianisme pragmatique, attentif, proche des gens, tolérant et profondément ancré dans le social. Autant il s’enthousiasmait pour le petit curé de campagne à l’écoute de ses ouailles ou pour l’ermite ascétique, autant il vomissait les hiérarques romains pétris de certitudes, engoncés dans leurs privilèges et donneurs de leçons. De tout son être, se dégageaient une grande humanité, une réjouissante humilité et surtout, évidemment, un extraordinaire sens de l’humour: cet homme malicieux et taquin, qui cultivait beaucoup l’autodérision, était décidément fabuleusement drôle. Rarement avait-on autant ri dans une interview - et celle-ci pourtant avait beaucoup de profondeur.

On se souvient qu’après avoir pris congé de l’intéressé, on s’était dit que le journalisme, décidément, avait cela d’enthousiasmant qu’il improvisait parfois d'épatantes rencontres.

27/07/2007

Une leçon de français

39e7f70b4edbd099e1d805130a3fb720.jpgUn sourire pour terminer la semaine. C’est un site web qui est destiné aux étrangers de passage ici et désireux de comprendre toutes les subtilités de la langue française. Conçu par le Comité du tourisme d’Ile de France – des fonctionnaires qui cultivent l’humour et le second degré: bien! –, il fait fureur en ce moment, notamment car il reprend des campagnes de promotion délirantes et décalées. Ainsi, cette pub pour le Mondial de Rugby montrant des rugbymen qui… se galochent en pleine mêlée.

On y trouve notamment des leçons de «street french». Sous forme de petites vidéos délicieuses, elles ambitionnent d’enseigner au touriste moyen «how to parler a real parisian». Ainsi, le visiteur étranger est averti que l’expression «poser un lapin» ne veut pas dire «to leave a rabbit» (mais «to stand someone up»), que «chanter comme une casserole» n’a rien à voir avec les «saucepans» (mais signifie «to sing out of tune») et que «se faire plaquer» ne fait pas le moins du monde allusion au rugby.

Avant quelques «Idées et secrets» de plans touristiques supposés parigots branchés (mais pas follement originaux: le canal Saint-Martin, le Showcase ou l’Hôtel Amour, très déjà vu tout cela), on trouve aussi, sur ce «C’est so Paris», un «Lingo quiz» grâce auquel tout étranger en visite dans la capitale française n’ignorera plus le sens d’expressions aussi folkloriques que «ramener sa fraise» ou «appuyer sur le champignon». Et surtout la plus sublime sans doute: «pousser mémé dans les orties».

26/07/2007

Un tabou

Une petite note bienvenue ce matin dans le tonitruant (et légitime) concert médiatique de protestations à propos de ce pauvre Tour de France mort assassiné par le dopage. A France Info, un spécialiste avait l’outrecuidance de rappeler que le dopage ne concernait pas que le seul milieu sportif mais, culte sociétal généralisé de la performance à tout prix oblige, s’était depuis longtemps étendu au milieu professionnel en général.

En France, selon les statistiques officielles, un cadre sur cinq peut être considéré comme dopé. Puisque, pour travailler, tenir le coup et résister au stress, il a besoin de sa dose quotidienne d’anxiolytiques, antidépresseurs, hypnotiques, psychotropes et autres excitants. Ce taux de 20% de travailleurs dopés peut même être considéré comme très sous-estimé dans certaines professions particulièrement soumises au stress (pompiers, conducteurs de TGV, etc.).

Tiens, notait-on ce matin en entendant cela : pas un mot de la politique, milieu professionnel pourtant ô combien stressant par ses mœurs impitoyables et exténuant par ses horaires de travail chroniquement à rallonge.

Le dopage en politique, c’est vraiment un des derniers tabous de l’information en France – dans les autres pays aussi. On en a encore eu l’illustration lors de la campagne pour les élections présidentielles. Quand on leur posait la question de savoir comment donc leurs poulains faisaient pour tenir physiquement le coup pendant ces mois harassants de campagne, les communicants des candidats à l’Elysée servaient invariablement aux médias (comme ici) des recettes délicieusement anodines et naturelles: vitamine C, siestes et chocolat noir.

C’est évidemment se moquer du monde. 

25/07/2007

Un palmarès

29ff734498e6a3a7846a3ee8ab838d04.jpgC’est un palmarès annuel qui renseigne utilement chaque été, vers la mi-juillet, sur l’état du tourisme parisien: les chiffres de fréquentation des principaux sites de la capitale.

La dernière livraison de ce hit-parade, qui porte sur l’année 2006, confirme l’excellente tenue de Paris: ses 50 premiers sites culturels, en effet, ont enregistré 69 millions d’entrés, soit 7 millions de plus qu’en 2005 (+ 11%). Onze sites enregistrent une fréquentation annuelle supérieure à un million de visiteurs et totalisent donc à eux seuls plus de 80 % des visites touristiques effectuées dans la capitale.

Il n’y a pas de changement dans le classement de tête du tableau. Notre-Dame, qui a accueilli 13,6 millions de visiteurs l’an dernier, occupe toujours la première place du podium, suivie du Sacré Cœur de Montmartre (10 millions), du Musée du Louvre (8 millions), de la Tour Eiffel (6 millions) et du centre Pompidou (5 millions). Le Louvre et la Tour Eiffel ont battu en 2006 leurs records de fréquentation.

La plus forte progression en termes de visites revient logiquement au Petit Palais (800000 visiteurs), qui vient d’être sublimement rénové – on conseille particulièrement la terrasse sur le jardin. Le palais de Tokyo, le Musée de la mode et les Catacombes de Paris enregistrent également une progression importante de leur fréquentation.

Grands perdants, en revanche, sont l’Institut du Monde arabe (-34% de fréquentation), le Musée Guimet (-21%) et le Musée de la Marine (-51 %).

La désaffection dont ils souffrent est un peu étrange. En effet, ces deux derniers musées ont des collections splendides. Quant à l’Institut, il offre depuis sa terrasse la plus belle vue de la ville  sur Notre-Dame.

Mais peut-être vaut-il mieux ne pas l’ébruiter, afin que les amoureux de Paris puissent continuer à jouir de ces trésors sans les inconvénients de la foule.

24/07/2007

Un mot, ou l'autre

1b026c0d0733c3cbfb81b41c9e405356.jpgDobar den : Bonjour.

Dovich dane : Au revoir.

Léka nocht : Bonne nuit.

Mersi : Merci.

Dobré : Bien.

Frantsouzin : Français

Quelques mots de bulgare pour Nicolas et Cecilia Sarkozy, afin qu’ils puissent deviser avec les infirmières libérées de Libye.

Quelques adresses parisiennes dans la foulée, si vous voulez ce soir arroser comme il se doit ce «grand succès de la diplomatie française» - on imagine que les Français seront particulièrement bien reçus par ces restaurateurs - et/ou voir si le couple élyséen poussera le dévouement humanitaire et le plan de communication jusqu’à faire honneur à la gastronomie locale

-«La Thrace», 11, rue de Bagnolet, Paris 75020, Métro A.Dumas;

-Le Village bulgare», 8 rue de Nevers, Paris 75006, Métro Odéon;

-«Troïka», 92 rue des Dames, 75017, Métro Villiers.

Dans ce dernier établissement, qui est une épicerie, on trouve paraît-il toute une série de «produits bulgares en conserve» ainsi que le réputé «vin bulgare Mavrud de Assenovgrad».

Au passage, quelques plats typiques:

-Kiopolou, pâté d’aubergines et de poivrons ;

-Salade snéjanka, ou tzatziki ;

-Banitsa aux épinards;

-Purzheni Chushki Sirene : poivrons farcis aux fromages;

-Salade Chopska : «son nom provient de Chops, le nom donné aux Bulgares qui habitent dans la région de Sofia». Plat d’autant plus populaire qu’il comporte joliment les trois couleurs du drapeau bulgare: le blanc (feta), le vert (concombre) et le rouge (tomates).

Un plat aux couleurs nationales! Quelle belle idée! A quand un menu officiellement labellisé bleu-blanc-rouge en France pour le 14 juillet?

23/07/2007

Un extraordinaire engouement

On n’a vu qu’eux pendant tout ce week-end dans les rues de Paris, dans tous les arrondissements, à toute heure du jour et de la nuit, enfourchés par un peu tout le monde: jeunes ou vieux, touristes ou Parisiens, bobos, cadres ou étudiants, habitués des plaisirs de la petite reine ou novices semblant réellement enthousiasmés.

Une semaine après son lancement, dimanche dernier, «Vélib» connaît un incroyable succès populaire. La mairie comptabilise 70.000 utilisations quotidiennes. Quelque 25.000 abonnements annuels ont déjà été souscrits. Et chaque jour, 2.000 abonnements quotidiens et 20.000 abonnements hebdomadaires sont enregistrés.

Revers de la médaille: comme cela avait été le cas en 2005 aux débuts de «Vélov» à Lyon, le nouveau système connaît quelques légers ratés - il faudra évidemment un peu de temps avant qu’il soit totalement rôdé.

Les vélos dûment remis à leurs points d’attache à l’issue de la location mais que la machine refuse de considérer comme tels (et qui continuent donc à être facturés à leurs emprunteurs), les stations erronément affichées comme vides par l’ordinateur alors pourtant qu’elles alignent les bécanes en rangs serrés, les cartes bleues refusées pour d’obscures raisons, les bornes dans les quartiers les plus touristiques bondées à longueur de journées et où donc les vélos ne peuvent être rendus: on a eu vent d’une kyrielle d’anecdotes ce week-end.

Mais contées le plus souvent avec un sourire bienveillant – preuve que le dispositif est d’ores et déjà adopté par les Parisiens.

20/07/2007

Une institution

5237de91e2aa2236efb310e6f3f27e4c.jpgPour preuve que cela commence vraiment à sentir les vacances: «Paris Plages» débute ce vendredi.

L’opération commence à devenir une vénérable institution estivale, puisqu’elle en est déjà à sa sixième édition. Et chaque été, la foule en plus grand nombre répond présent à cet incontournable rendez-vous: l’an dernier, pas moins de 4 millions d’estivants avaient participé à cette opération. Parmi eux, tous les gens qui ne partent pas en vacances ainsi que d’innombrables gamins de banlieue qui en profitent pour venir s’éclater et profiter du soleil à Paris, dans un cadre sublime qui plus est.

Corollaire de cet incroyable succès populaire: dès la mi-juillet et pour un bon mois, les Parisiens qui ont horreur de la foule doivent se replier de plus en plus loin pour prendre le soleil au calme et au bord de l'eau. L’été dernier, fuyant les parasols, les palmiers, la pétanque, les murs d’escalade, le beach-volley, le badminton, la piscine flottante, les bals musette et les autres innombrables activités proposées le long des berges, beaucoup s’étaient réfugiés le long du canal Saint-Martin. Cet été, il va falloir trouver un autre endroit: en effet, après la rive droite et la rive gauche, «Paris Plages» s’étend désormais jusqu’au bassin de la Villette.

Allez, même si on n’y participera guère, on trouve cela plutôt bien.

01:05 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Paris, Tourisme, Social

19/07/2007

Un attirail

Les rues qui commencent à se vider, les employés qui prennent le temps d’allonger leur pause déjeuner, les queues moins longues dans les supermarchés, le trafic automobile un peu moins dense, les gens qui s’attardent en terrasse le soir, et des touristes par paquets à chaque coin de rue: cela sent furieusement les vacances approchant, à Paris en ce moment.

Dans les partis politiques aussi, d’ailleurs, flottent des odeurs de plage et d’ambre solaire. Ainsi, l’UMP relance aujourd'hui sa si belle opération «Caravane de l’été», qui la verra arpenter jusqu’à la fin août 28 plages des côtes atlantique et méditerranéenne.

L’été dernier, les estivants aux anges croisés par la caravane s’étaient vus offrir de splendides tongs aux couleurs du parti du Président, avec le logo de l’UMP habilement gravé en relief sur la semelle de manière à ce que son empreinte soit laissée à chaque pas sur le sable. Après le succès électoral mémorable dudit parti aux présidentielles et aux législatives, on était donc vraiment très impatient de découvrir la collection 2007 de ces gadgets de plage.

Cet été, en fait, les fans de l’UMP auront droit au «gratuit de l’été, un petit journal ludique proposant des jeux, un quizz et un bulletin d’adhésion», ainsi qu’à des «sucettes, crayons, freesbies et surtout le ballon de rugby de plage, clin d’œil à la Coupe du Monde, l’événement sportif de la rentrée».

C’est tout? Même pas de ballons de plage à l’effigie du Président? De shorts de jogging estampillés NYPD? De crème solaire bleu blanc rouge? De matelas gonflables rehaussés du portrait de François Fillon?

Les sarkozystes qui veulent vraiment emballer cet été sur la plage devront donc se rabattre sur la magnifique boutique en ligne de l’UMP. Où y trouve toujours de vraies merveilles. Comme cette serviette de plage «rayures blanches/bleues, broderies arbre blanc- 140 x 90 com, 20€», ce ballon de foot «cuir blanc, motif arbre blanc et rouge, 20€ » ou ce porte-clés «cristal lumineux, gravure 3D, lumière bleue 10€».

En attendant déjà avec excitation la rentrée pour frimer au bureau avec cette ineffable calculatrice «gomme souple bleu- gravée logo UMP » - 8 €, ce n’est pas cher, Madame.

11:10 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Politique, UMP, Sarkozy

18/07/2007

Un peu d'ordre

3399f8b5e028792d1ffe2bfd6be7fb1c.jpgParis est la capitale au monde avec le parc hôtelier le plus dense: 75.840 chambres réparties dans 1459 établissements différents, 155.000 chambres si l’on prend en compte l’ensemble de la région parisienne. Cette ville est donc particulièrement concernée par le dernier projet en date du ministre du Tourisme: remettre de l’ordre dans le système de classification des hôtels par étoiles.

Il faut dire que le système actuel est vieux de plus de 20 ans et que plus grand monde ne s’y retrouve. La France se distingue des autres pays en la matière parce que notamment les étoiles sont attribuées (par les préfets) sur des critères purement quantitatifs (nombre d’ascenseurs, superficie de la chambre, etc.) et non qualitatifs (qualité de l’accueil, etc.). Et parce que le niveau maximal est le «quatre étoiles luxe» et non le cinq étoiles ou plus, comme la plupart du temps à l’étranger.

Dès septembre, l’Hexagone adoptera un classement plus en harmonie avec ce qui se fait déjà dans le reste de l’Europe. Cela devrait satisfaire les trois quarts des clients qui disent se fier aux étoiles pour choisir leur hôtel. Reste que ce système de classification devrait n’avoir toujours qu’une valeur purement indicative et ne jamais donc garantir aux clients un niveau de prestation et de prix. C’est particulièrement vrai à Paris

L’écrasante majorité (78%) des hôtels qu’on y trouve sont labellisés deux ou trois étoiles, pour seulement une demi-douzaine de palaces (les Ritz, Crillon, Bristol, Meurice et autres George V bien connus) et 34 établissements zéro étoile (on se demande à quoi cela ressemble). Officiellement, le prix moyen d’une chambre deux étoiles à Paris est de 72,2€. Mais, dans les faits, on peut trouver une deux étoiles à partir de soixante euros tout comme on peut être amené à payer 160€.

On comprend que les touristes parfois s’y perdent un peu.

11:10 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris, Tourisme

17/07/2007

Un danger

Dans la foulée de la note d’hier, on a croisé ce matin quelques «vélibistes»«vélistes»? «vélicyclistes»? Le néologisme n’a pas encore été formé, mais cela ne va certainement pas tarder –, quelques cyclistes parisiens néophytes donc, qui n'en menaient pas large.

C’était une petite famille de touristes, irlandais si l’on a bien reconnu leur accent. Ils arrivaient place de la Bastille côté Marais et voulaient en sortir côté Saint-Antoine. Mais se demandaient comment diable ils allaient bien pouvoir traverser sans encombre cette place à longueur de journées noire de voitures roulant à tombeaux ouverts. Après plusieurs minutes de conciliabules visiblement stressés, ils décidèrent,  penauds, de descendre de leur monture et de traverser la place par les passages pour piétons avec leurs vélos à côté d’eux.

Les voyant si prudents, on a poussé un soupir de soulagement. Les chiffres d’accidentologie pour Paris et pour les cyclistes, en effet, ne sont pas bons.

En 2006, sur 4709 tués de la route, 1346 l’ont été en ville. Parmi eux, 64 personnes ont trouvé la mort rien qu’à Paris, et 9000 y ont été blessées. Depuis 2002, la baisse du nombre de tués en ville (35,3 %) est nettement moindre qu’à la campagne (40,6%). Très exactement 181 cyclistes ont trouvé la mort sur les routes de France en 2006, contre 180 en 2005. Et en un an, le nombre de cyclistes blessés et hospitalisés a augmenté de 4,7%.

En lançant «Velib» dimanche, les autorités auraient tout de même pu/dû  rappeler ces chiffres à tous ces neo-cyclistes parisiens. Ils s’imaginent sans doute tous les plaisirs que va leur procurer la découverte de Paris à vélo. Mais sont-ils aussi conscients des dangers potentiels de cette activité dans une ville où, globalement, comme dans toutes les grandes capitales du monde, les gens roulent comme des fous?

16/07/2007

Un succès

a894cfe52223d9e2615166b0cd706b22.jpgOn ne voyait qu’eux hier après-midi dans les rues de Paris: les fameux vélos Vélib avec leur tête si bizarre - un phare central en forme d’œil de cyclope et un guidon qui rappelle des cornes de bovidé. Avec plus de 22.000 locations le jour de sa mise en service, ce nouveau système de vélos en libre-service a manifestement réussi son entrée.

On se demandait quelle tête allait tirer ce matin le petit loueur de bicyclettes dont la boutique se trouve à côté du bureau. En fait, il arborait son sourire habituel et ne semblait pas le moins du monde craindre cette nouvelle concurrence. D’ailleurs,  malgré l’heure matinale, une kyrielle de touristes faisaient déjà le pied de grue devant sa vitrine.

Et pour cause: financièrement, il faut vraiment y réfléchir à deux fois avant de recourir à Vélib, tant le système de tarification est assez traître. La première demi-heure d’utilisation est gratuite et les deux demi-heures qui suivent sont relativement bon marché (respectivement 1 et 2 €)? Oui, mais après, à raison de 4€ la demi-heure, la facture grimpe très vite.

Emprunter un Vélib pour des sauts de puce cyclistes et bien veiller chaque fois à le remettre à une borne avant la demi-heure fatidique peut donc être très intéressant: on  disposera ainsi d’un vélo quasi gratuitement (seul devra être acquitté le prix de l’abonnement).

En revanche, garder la même bécane toute l’après-midi puis enchaîner la soirée avec elle – pour un plan parisien classiquement estival, genre: un déjeuner sur l’herbe au Bois suivi d’une balade pour digérer, d’une après-midi de shopping au centre-ville et d’un dîner en terrasse le soir, avec quelques tours de roue pour rentrer chez soi au lieu du sempiternel dernier métro – coûtera en gros, sans compter l’abonnement, de trente à quarante euros. Soit plus de deux fois plus que si ledit vélo avait été loué dans le circuit traditionnel...

11:05 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Paris, Transports

13/07/2007

Un défilé, ou l'autre

Le grand jour, le grand soir: les fameux bals des pompiers du 13 juillet. Ce vendredi, on fera la fête jusqu’aux petites heures dans pas moins d’une quarantaine de casernes de Paris et des environs.Les petites robes d’été, les beaux officiers, les flonflons et l’accordéon: ce sera, comme à chaque veille de fête nationale, un grand moment si folklorique de culture parigote et franchouillarde.

Avec, cerise sur le gâteau, le traditionnel grand bal populaire à Bastille qui est consacré cette année à l’Afrique. Amadou et Mariam, Alpha Blondy, Johnny Clegg, Mory Kanté ou les Tambours de Brazza écoutés les pieds dans l’eau du Port autonome, avec en plus aujourd’hui sur la capitale enfin une vraie météo d’été: cela va faire du bien.

On ne restera toutefois pas jusqu’à l’aube à ces agapes. En effet, on sait déjà que demain matin, toujours trop tôt, on sera tiré du lit par le vacarme assourdissant des escouades d’avions et d'hélicoptères traversant le ciel de Paris pour gagner en rangs serrés le défilé militaire des Champs-Elysées.

Il y aura, cela dit, dans l’après-midi, un autre défilé demain à Paris. Celui, plus pacifique, organisé par la Brigade activiste des clowns, qui convie «l’ensemble des sans-culottes et autres insoumis-e-s» à un défilé «mili-terre» pour «la gloire et l’honneur de la Surprise Patrie». Connaissant la réjouissante insolence, l’humour délicieusement impertinent et le sens impayable de la mise en scène de cette bande de joyeux drilles, ce défilé-là promet d’être autrement plus amusant.

12/07/2007

Un agacement

a01050583231f0d4ffc28899b4e7019d.jpgLéger soupir d’agacement tout de même en entendant, hier soir et ce matin en boucle à la radio, la dernière polémique en date entre les paparazzi et Ségolène Royal. Après avoir été photographiée à la plage en Corse avec sa fille Clémence, la candidate malheureuse à l’Elysée crie au «harcèlement» et porte plainte en justice.

D’abord, quand on a atteint un tel niveau de notoriété, effectivement certaines choses deviennent un peu difficiles à faire, comme rester incognito en maillot de bain sur une plage, une plage publique en tout cas. C’est un peu la rançon de la gloire. Sans doute ce manque d’intimité ne doit-il pas être très agréable à vivre pendant quelques semaines ensoleillées par an. Mais pour autant, a fortiori quand les clichés ont été pris dans un lieu public et qu’ils n’ont rien de dégradant, rend-il la vie fondamentalement insupportable au point de pousser de si hauts cris et d’en faire quasiment une affaire d’Etat?

Ensuite, dans ce cas précis, ce procès fait à la pipolisation de l’information est tout de même énorme. Venant de quelqu’un qui a consacré tant d’efforts à se mettre en image. Qui a tant joué sur son physique et son apparence pour nouer ce lien si particulier avec le peuple. Qui – on l’a bien vu sur le terrain, pendant la campagne – entretient avec les photographes un rapport si fascinant car si ambigu, fait autant de défiance que de connivence. Et qui, évidemment, a tant intégré sa famille et ses enfants à ses plans de communication.

Certes, on peut juger qu’une société a un léger problème quand elle considère comme une information – et donc la serine à longueur d’échos voire de chroniques à la radio – le fait que, cet été à la plage, Ségolène Royal ne porte plus un bikini mais un maillot une pièce.

Mais on peut aussi trouver magnifique et très salutaire le résumé fait de la situation par un de ces fameux clichés de plage volés: il montre Ségolène Royal, la grande pourfendeuse des magazines poubelle, plongée avec une délectation et un plaisir ostensibles dans la lecture... d’une de ces feuilles de chou.

11/07/2007

Une adresse, ou l'autre

Vous raffolez de «travailler plus pour gagner plus». Mais, au bureau, vous vous octroyez tout de même encore une pause déjeuner. Et vous rêveriez, entre deux bouchées, d’apercevoir l’auteur élyséen de ce si laborieux slogan. Voici deux adresses où vous aurez des chances de le croiser depuis qu’il a pris l’habitude d’inviter ses hôtes à déjeuner en ville et non plus à l’Elysée.

-«Les Cocottes», dans le septième, au 135 rue Saint-Dominique précisément (rue sinistre à mourir le soir, mais pleine de people politiques en journée). C’est là qu’en début de semaine, le chef de l’Etat a invité à déjeuner Bruno Julliard et les autres leaders syndicalistes étudiants. Choix très branché puisque cet établissement a été encensé par le dernier «Figaroscope», la meilleure chronique gastronomique hebdomadaire de la presse parisienne. Cela donne: «un restau-comptoir où les appétits beaux quartiers s’essaient à une gastronomie horizontale, un appétit travelling, un épatant food corridor, 50 mètres de tortore (*), la faim perchée au bar, à pratiquer, de potron-minet à près de minuit, en solitaire ou en équipée sonore, l’envie montée sur tabouret, le temps d’une ardoise comme il plaît où la salade César, le potage du jour et le flan aux œufs coudent à coudent avec le pigeon petit pois, le mijoté en fonte et le clafoutis à la française». Menu à environ 30 euros, restau noté trois cœurs (pour «Réservez maintenant») par nos confrères du Fig.

-Chez «Laurent», avenue Gabriel, «au cœur d’un luxueux jardin bordant le palais de l’Elysée». C’est là que Nicolas Sarkozy a invité à déjeuner début juillet Jean-Claude Mailly, le patron du syndicat Force ouvrière. Un brin plus chic: le chef, Alain Pégouret, est  un élève de Joël Rebuchon, «une des légendes de la gastronomie française». Du coup, le «menu d’été» s’envole à 150 euros: «Araignées de mer dans ses sucs en gelée, crème de fenouil. Morilles étuvées et délicate royale, cappuccino. Epaule d’agneau de lait des Pyrénées confite aux épices d’un tajine, côtes caramélisées et bayaldi d’aubergines. Voiture de fromages. Soufflé à la fleur d’orangers». On y aurait été invité à déjeuner en tête à tête par l’hôte de l’Elysée (hypothèse aussi comique que mirifique), on aurait plutôt mangé à la carte, du genre: «Caviar d’artichauts bretons et cœurs en vinaigrette. Filet de saint-pierre poêlé, ravioles de poivrons rouges aux coquillages, crème légère de carottes au gingembre et lime. Rhubarbe laquée à la fleur d’hibiscus» (208€ au total, tout de même). La promo du resto l’assure: «L’été venu, quand Paris redevient vivable pour quelques temps, déjeuner là et paresser l’après-midi sous les marronniers est un vrai bonheur. L’harmonie des hommes et des lieux concourt à faire de votre passage chez Laurent un moment privilégié».

Cela garde des bons côtés, «rupture» sarkozyste ou pas, d’être Président.

 

(*) Première fois qu’on tombe sur ce mot. Si c’est votre cas aussi, la définition du Petit Robert : Tortore n.f.-1878, de tortorer. Argotique. Nourriture, bouffe. «Si tu bannis la tortore de ta vie, il te reste quoi, à cet âge? » (San-Antonio)

En même temps, si «Le Figaro» se met à parler comme San-Antonio, on n'en sortira pas.

10/07/2007

Un objectif, ou l'autre

ca7b703e703e1b1a3d917c12d7abd6b4.jpgLe Président Sarkozy vient donc de fixer comme objectif à Martin Hirsch de réduire la pauvreté d’au moins un tiers en cinq ans. Cet objectif chiffré figure dans la lettre de mission que le chef de l’Etat a adressée hier à l’ex-patron d’Emmaüs, reconverti Haut commissaire aux Solidarités actives.

La petite main du service de presse de l’Elysée qui a transmis cette lettre aux journalistes a oublié de désactiver, avant l’envoi, la fonction «Suivi des modifications» figurant sous l’onglet «Outils» du document en format Word. Cette étourderie informatique permet, du coup, de suivre les derniers cheminements de la pensée élyséenne.

Ce n’est pas inintéressant. Ainsi, on s’aperçoit qu’il arrive au Président de succomber au politiquement/lexicalement correct. Dans la dernière version de son texte, les pauvres sont rebaptisés «personnes en situation de pauvreté». Un peu comme Christine Boutin parle des «personnes homosexuelles» ou comme les balayeurs de rues sont appelés «techniciens de surface».

On voit aussi que Nicolas Sarkozy sait faire preuve de modestie: une phrase particulièrement ambitieuse («Nous souhaitons qu’aux yeux du monde, la France renoue avec son idéal de réussite au service de la solidarité») a été prudemment supprimée.

On voit surtout que le cœur même de son texte a fait l’objet d’une dernière modification. L’avant-dernière version de sa lettre de mission, en effet, parlait de réduire la pauvreté non d’un tiers mais «de moitié en cinq ans».

Un tiers ou une moitié? On croyait naïvement que ce genre d’arbitrage politique majeur se réglait à l’issue d’une négociation-marathon en bonne et due forme, dans un bureau, entre deux hommes, en présence de nombreux experts et sur base d'innombrables rapports. Mais non, l’activation d’une simple fonction informatique suffit semble-t-il à régler l’affaire.

La France compte aujourd’hui 7 millions de pauvres. Ce nombre aurait-il été réduit de moitié, il en serait resté 3,5 millions en 2012. Mais non: après le passage de la touche «Delete» et le rabaissement de cet objectif à un tiers, il en restera finalement, en gros, 5 millions.

Un simple trait de plume informatique, une seule ligne rouge bien propre sur l’écran de l’ordinateur précédée d’un «Supprimé» en grasses a donc condamné 1,5 million de personnes à vivre 5 années de plus dans la rue. L’informatique, si désincarnée, c’est décidément merveilleux.

09/07/2007

Une charte

-«Je prends le temps de renseigner le visiteur»;

-«Pour lui répondre, je mets à profit ma connaissance de sa langue»;

-«J’indique au visiteur ce que j’apprécie à Paris»;

-«Je suis fier de ma ville, première destination touristique au monde».

Tels sont les premiers engagements, basiques au point d’en être comiques, figurant sur la «Charte du parisien et du visiteur», qui sera lancée ce lundi à Paris à l’occasion de la première «Journée du tourisme».

Cette Journée vise notamment à conscientiser le Parisien moyen à la nécessité de mieux accueillir le visiteur étranger. En effet, selon une étude du cabinet Global Market Inside, sur les soixante plus grandes destinations touristiques au monde notées en fonction de l’accueil, Paris n’arrive qu’à la cinquante-deuxième position.

A en croire les données de l’Office du tourisme, cela n’empêche pas le visiteur étranger de donner, à l’issue de son séjour, une note globale de 17/20 à la capitale française. Ville où il dépense en moyenne 209 euros par jour. Et où, dans 97 % des cas, il a la ferme intention de revenir.

Paris, première destination touristique au monde donc, a accueilli l’an dernier 9,5 millions de visiteurs. En 2007, ils seront encore plus nombreux – il n’y a qu’à prendre la ligne de métro n°1 en ce moment pour s’en faire une idée. Et d’ici à 2020, avec le boom attendu du tourisme indien et chinois, ils pourraient être 20 millions.

L'Office du tourisme en profite pour taper sur le clou et, afin de sensibiliser le Parisien, pour dresser le portrait de sa ville si elle était désertée par les étrangers. «Si le tourisme n’existait pas à Paris? Un emploi sur cinq serait supprimé. La Tour Eiffel aurait disparu, comme c’était prévu à l’origine. Les prix des transports en commun seraient nettement plus élevés. Orsay serait toujours le nom d’une gare. Les Grands magasins seraient de 25 à 30% plus petits. Une pyramide n’aurait pas jailli au milieu du Louvre. Le Moulin Rouge ne serait plus que le nom d’un tableau. Et Paris, ville-lumière, serait éteinte au moment des fêtes». En effet, il y a perspectives plus réjouissantes.

06/07/2007

Un double anniversaire

4db531b771c911dcce86c0c59b5e55f4.jpgLa célèbre agence de presse photo Magnum et les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP) fêtent cette année leurs 60 ans. Elles ont décidé de célébrer ce double anniversaire en mettant sur pied à Paris une exposition gratuite et à ciel ouvert, les devantures des kiosques servant de supports d’exposition aux clichés les plus fameux de l’agence.

Depuis hier et jusqu’au 25 juillet, vingt photographes (dont les célèbres Raymond Depardon et Martin Parr) exposent donc leurs oeuvres en alternance et en grand format sur soixante kiosques de la capitale, comme c’est en ce moment le cas à Bastille.Cette exposition se veut un hommage à la liberté d’expression et au droit à l’information.

Si, accessoirement, elle pouvait aussi attirer un peu plus de clients dans les kiosques, ce serait une bonne chose. A Paris, en effet, le nombre de kiosques s’est effondré.

Les gens lisent de moins en moins les quotidiens. Le nombre de magazines et de suppléments aux quotidiens ne cesse de croître, ce qui oblige à de lourdes et incessantes manutentions. La commission (autour de 19%) touchée par les kiosquiers sur le prix de vente des publications n’est pas suffisante pour leur permettre de vivre confortablement. Ajoutés à cela l’exiguïté du lieu de travail, le froid en hiver et la canicule en été régnant dans ces petits édicules, les horaires à rallonge et la concurrence des gratuits distribués en rue, les candidats kiosquiers ne se bousculent pas au portillon.

Depuis 2005, tout de même, grâce notamment aux aides des pouvoirs publics, ont pu être rouverts une trentaine des 80 kiosques qui avaient fermé ces cinq dernières années dans la capitale. Mais sur les quelque 300 restants, nombre sont encore vides faute d'occupants – et c’est du coup tout leur environnement urbain immédiat qui y perd en animation.

05/07/2007

Une surveillance

127991ee6727d61ee59a995a28b42fa3.jpgCela a été décidé hier en Conseil des ministres et cela confirme ce qu’avait déjà annoncé le nouveau préfet de police de Paris lors de sa récente installation: vu l’actualité terroriste récente en Angleterre notamment, le plan «1000 caméras» pour Paris va être relancé d’urgence.

La capitale française est en retard sur son homologue britannique en matière de vidéosurveillance. On compte 65.000 caméras sur la voie publique à Londres, contre 30.800 à Paris, dont 11.000 dans les réseaux de transport et 330 seulement dans les rues proprement dites.

Les 1000 caméras supplémentaires destinées à la capitale (dont coût 44 millions d’euros, tout de même) viendront renforcer la surveillance de lieux touristiques (place Beaubourg, Champ de Mars, Montmartre, etc.) et des axes supposés les plus criminogènes (les boulevards et places du nord-est parisien).

Le nombre de caméras surveillant les rues de la ville va donc passer du simple au triple. Du coup, immanquablement les uns vont crier à Big Brother, à «l’atteinte intolérable aux libertés» et à la «société fliquée». Et les autres forcément applaudir des deux mains et assurer que le renforcement du dispositif de surveillance ne nuira qu’«aux gens qui ont des choses à cacher». Un débat si prévisible qu'il est déjà  limite ennuyeux. 

11:00 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Paris, Sécurité

04/07/2007

Un prix

b0e63950aa33ec0f1a883a00026c7b04.jpgPatrick Devedjian est le lauréat de l’édition 2007 du «Prix Press Club humour et politique». Le secrétaire général de l’UMP a été récompensé mardi pour avoir lancé, le 14 mai dernier, alors qu’il faisait encore des mains et des pieds pour devenir ministre, la petite phrase suivante: «Je suis pour un gouvernement d’ouverture, y compris aux sarkozystes, c’est tout dire».

Ce n’est pas littéralement à mourir de rire, mais c’est en tout cas plus drôle que l’injure infâme, d’un sexisme effarant, qu’a lancée dernièrement l’intéressé à l’adresse d’une ex-députée centriste.

Mardi, le jury de journalistes et d’humoristes (tous mâles?) ayant couronné Patrick Devedjian a relégué l’incident et la polémique qu’il a suscitée au rang de «pseudo-affaire d’Etat». Et a donné l’impression d’en minimiser l’importance  - ne fût-ce que symbolique - en jugeant l’affaire représentative tout au plus de «la dérive d’une information peopolisée et diabolisée». Ce n’est pas la première prise de position étrange de ces honorables confrères (lire ici).

Nous, en tout cas, au lieu de ce souvent pénible Patrick Devedjian, on aurait plus volontiers couronné l’impayable Jean-Pierre Chevènement pour son «François Hollande propose des assises de la gauche. Pourquoi des assises? La correctionnelle suffirait». François Bayrou surtout, pour son magnifique et mémorable «J'ai été longtemps un jeune conformiste. Et sans doute, formiste était-il de trop».

François Bayrou a beaucoup perdu dans ces élections. Espérons qu’il aura gardé au moins son sens de l’humour.