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08/10/2007

Une fête

c4d8a4acbfeb2071a99894030271d201.jpg«Paris est une fête», écrivait Ernest Hemingway dans les années 30 déjà. Samedi soir, c’était plus que jamais le cas. Quelque 2 millions de fêtards ont envahi les rues de la capitale française. La douceur du climat, les innombrables animations programmées dans le cadre de la «Nuit Blanche» et, bien sûr, la victoire inattendue des Bleus face aux Néo-Zélandais ont littéralement hystérisé les rues de la capitale. Sans aller jusqu’aux Champs – il faut vraiment adorer la foule pour s’y risquer, ces soirs-là –, on a vécu cette explosion collective de joie dans les rues du onzième puis du Marais. Et c’était aussi réjouissant qu’impressionnant.

De tous côtés, les drapeaux tricolores avaient été déployés. Depuis leurs balcons, dès la fin du match, les gens hélaient les passants et les exhortaient à manifester leur joie. Sur les grands boulevards, les voitures circulaient à tombeaux ouverts en klaxonnant à tue-tête. Dans les ruelles bondées, des «vélibistes» extasiés slalommaient dans la foule, guidon dans une main, canette de bière dans l’autre. Un peu partout en rue, des gens hilares vous accostaient  pour tout et pour n’importe quoi, avant tout pour exprimer leur joie. Vers 1 heure du matin, la place de l’Hôtel de Ville, où plus tôt 25.000 personnes avaient suivi la partie sur écran géant, avait toutes les apparences d’un énorme champ de bataille tant les reliefs de la fête étaient nombreux et divers. Et dans les fontaines de la place paraît-il, des jeunes gens délurés se sont baignés comme ils l’avaient fait ce mémorable soir d’été 1998 où l’Hexagone avait remporté la Coupe du monde de foot.

Sur le chemin du retour, notre convive de «Nuit Blanche», pareillement originaire d’un plat pays beaucoup moins cocardier, en avait volontiers convenu: au-delà des réserves d’usage (*), la vue de tous ces visages souriants, par delà les générations, petits et grands, invariablement peinturlurés aux trois mêmes couleurs, vibrant à l’unisson, communiant dans une même ferveur, avait quelque chose de profondément touchant.

(*) La frontière ténue entre le légitime et enthousiasmant sentiment d’appartenance à un même peuple et le culte rance d’une identité national(ist)e excluante, la vulgarité des foules avinées, etc.

11:05 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Sports

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