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31/12/2007

Une sélection

fb5c308884375509849a68e16b4ed5f7.jpgEn direct sur Ciel Radio ce matin, en compagnie d’une bande de chroniqueurs et autres joyeux drilles visiblement très en forme – mais comment font-ils donc, de si bonne heure? –, on était invité à sacrifier au rituel de la rétrospective de l’année écoulée. Mais de manière «légère et décalée», via un «Top 3» et un «Flop 3» de 2007 consacrant les grands succès et les échecs marquants des douze derniers de mois en France. Voilà,  en gros, ce que cela a donné.

 

-Top 1: la Rolex. La montre préférée de Nicolas Sarkozy, devenue l’emblème de son style. Un «style bling bling» comme on dit désormais ici: voyant, ostentatoire, limite kitsch. Les Rolex, les chaînettes en or, les lunettes solaires Ray-Ban, le Fouquet’s, etc.: tout cela est très Sarkozy et très «bling bling». Cela peut paraître anecdotique mais cela ne l’est pas, pour deux raisons au moins. D’abord, ce style est parfaitement en accord avec les idées de l’homme. Le Président est décomplexé politiquement. Il l’est tout autant dans son look et dans son mode de vie, quitte à faire nouveau riche ou à friser le mauvais goût (les mocassins à glands, le jean associé à la veste Dior, la gourmette apparente portée par-dessus la chemise, etc.). Ensuite, ce style consacre un tournant. Traditionnellement en France, les dirigeants avaient plutôt le luxe discret, comme ces aristocrates qui trouvent si vulgaires de parler des questions d’argent. L’exemple type, c’était Bernadette Chirac, qui, le week-end, portait des baskets Chanel si délicatement et discrètement élégants. Nicolas Sarkozy, lui, c’est la Rolex, c’est très clinquant. C’est un tout autre rapport avec l’argent.

-Top 2: la doudoune. On croyait ces affreux manteaux d’hiver matelassés, qui vous transforment en Bibendum, réservés aux pistes de ski. Et bien non. En France en 2007, on a vu ça partout, y compris sur le dos des personnalités. On a la doudoune activiste: Augustin Legrand, le charismatique leader des Enfants de Don Quichotte, inséparable de sa doudoune bleu marine. La doudoune «pipol», celle qu’arborent devant les caméras des stars comme Carole Bouquet ou Emmanuelle Béart quand elles visitent des sans-papiers ou des mal-logés. La doudoune politique aussi. Ségolène Royal, sur la Grande muraille de Chine, portait une doudoune blanche version longue, jusqu’aux pieds, restée dans toutes les mémoires. La doudoune donc, c’était visiblement très tendance en France, en 2007.

-Top 3: le Vélib évidemment, et tous ces dispositifs de location de vélos en libre, service à Paris comme en régions. Plus de 10 millions d’utilisateurs rien que dans la capitale. C’est sans conteste LE gros succès français de 2007. Dans l’année écoulée donc, pour être à la page, il fallait faire du vélo habillé en doudoune avec, au poignet, une Rolex  bien apparente.

 

 

 

-Flop 1: le PS français. Pour rappel, il y a un an à cette époque, fin décembre 2006 donc, tous les sondages donnaient Ségolène Royal élue à l’Elysée, devançant largement Nicolas Sarkozy. On sait ce qu’il en est advenu. Un an plus tard, les socialistes français ne sont nulle part. Ils n’ont ni leader, ni doctrine, ni projet, ni alliés, juste des querelles d’ego et des rivalités d’ambitions. Il y a dix ans, la droite française s’était auto-proclamée «la droite la plus bête du monde». Aujourd’hui, on peut se demander si les socialistes français ne sont pas devenus «les socialistes les plus bêtes du monde».

 

-Flop 2: les couples emblématiques de la planète politico-médiatique: les Nicolas et Cécilia Sarkozy, Ségolène Royal et François Hollande ou autres Laurence Ferrari et Thomas Hugues, qui tous se sont séparés en 2007. Cela a entraîné une «pipolisation» de l’actualité qu’on n’avait jamais vue auparavant. Exemple flagrant encore ces derniers jours avec l’escapade du couple Sarkozy-Bruni en Egypte.

 

-Flop 3: les mini-motos. Là, on redevient sérieux. Quitte à plomber l’ambiance, on ne peut pas faire un bilan de cette année 2007 sans rappeler la mort, fin novembre, de ces deux ados de banlieue parisienne tués dans un accident entre leur mini-moto et une voiture de police. Il y a deux ans déjà, fin 2005, deux ados de banlieue avaient trouvé la mort dans des conditions tragiques, grillés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. Deux ans après, on a revu les banlieues qui s’embrasent et les scènes de guérilla urbaine aux portes de Paris. Cette répétition assez déprimante montre bien que la France, ce grand pays qui pourtant donne tant de leçons aux autres, sur certains dossiers politiques essentiels – la jeunesse, l’immigration, l’urbanisme, etc. –, est un pays qui n’avance pas, en tout cas qui réussit beaucoup moins bien que la plupart de ses voisins. Les banlieues, c’est un des grands chantiers qui attendent Nicolas Sarkozy pour 2008, année qui, à cet égard en tout cas, ne pourra pas être pire qu’en 2007.

21/12/2007

Une pause

c0dfef3b2b553bdbb3cac87931d4d7e7.jpgOn s’accorde quelques jours de congé au soleil, pour recharger la machine. Retour à la barre de ce blog le 31, dernier lundi et dernier jour de décembre comme de l’année donc.Ce sera aussi le jour des premiers Voeux solennels du Président Sarkozy à la nation. On est déjà transporté de joie à l’idée de l’écouter. Pour rien au monde bien sûr aurait-on raté cela. Sur cette joyeuse perspective donc, bonnes fêtes à toutes et tous & à bientôt.

20/12/2007

Un cadeau, ou l'autre

Le rituel des cadeaux de Noël. On a trouvé sur le net des tas de présents typiquement parisiens – au choix, délicieusement parisiens, débilement parisiens, fabuleusement parisiens, futilement parisiens, ringardement parisiens, etc. Pour tous les goûts et tous les budgets.

b3cfcf57358483736690c6da1bd91fe2.jpg-Dans cette «société de stickers urbains» qui vend des tas de stickers géants en vinyle, à coller sur les murs de son salon ou de sa chambre à coucher et rappelant la Ville lumière, ce sticker «Val d’Osne», du nom donné au candélabre apparu en 1908 et encore utilisé aujourd’hui à Paris pour supporter l'enseigne lumineuse du métro. 70€ ;

-Un grand classique de la gastronomie parisienne: les célèbres macarons du non moins célèbre salon de thé «Ladurée» – notamment rue Bonaparte, à Saint-Germain des Prés. Chocolat, café, praliné, caramel au beurre salé, vanille, pistache ou framboise: plein d’assortiments sur lesquels se ruer sans hésiter, notre préféré restant évidemment le si fabuleusement écoeurant macaron «Ispahan», à l’eau de rose. 33 € la boîte de 18. Livrables par la société «Gants Blancs Express», oui madame;

bf683ac93c7eb570d2ab8fe8c1950c7b.jpg-Un tee-shirt avec le plus fameux logo de la RATP: le légendaire petit lapin qui, depuis trente ans, met les enfants et leurs parents en garde contre les portes du métro qui pourraient se refermer sur leurs doigts. 100 % coton 190 grammes, 4 tailles disponibles du XS au XL, 15€95. Il y a aussi l'épatante serviette de bain en forme de ticket vert de la RATP, qui en ce moment est soldée à 16€75, ce qui doit vraiment être une affaire;

-Une «montre Joconde», en l’honneur évidemment du grand tableau exposé au musée du Louvre. 25€. Bracelet  plastique uniquement, ce qui n'est pas top, mais on peut compenser cela en associant si élégamment ce cadeau avec un «mug Joconde» (9€);

5e27ec03496bebb4b1aac4585a07c680.jpg-Une «boule de neige Paris Seine», dénichée dans une époustouflante sélection de «plus de 150 souvenirs de Paris et cadeaux de la France, choisis par une équipe de vrais Parisiens». Taille: L=8.9 H=7.6 cm Poids: 225 gr Matériau: plastique. Prix:10 €. Nec plus ultra : «Lorsque l'on fait pivoter la boule, le bateau descend et remonte la Seine». C’est vraiment Noël ;

-Un «tee-shirt aux couleurs de légende», par exemple un tee-shirt reprenant pile-poil la couleur du fantastique sorbet framboise du glacier «Berthillon»: depuis trois générations une institution de l’Ile Saint-Louis. 70 €, mais c’est du jersey double-fil et c’est livré dans un ravissant pot de peinture;

44914b1d40f21ed692159457a3099772.jpg-Un caleçon de type boxer aux couleurs du PSG, le club de foot Paris-Saint-Germain, qu'il faut d'autant plus soutenir qu'il est très mal en point. Coloris rouge, surpiqûres contrastées, ceinture gracieusement logotée, 100% coton, 13 €. De préférence, ne pas l’arborer à Marseille. Et sinon, dans cette boutique, des tas de choses vraiment magnifiques, dont une maquette du Parc des Princes (45 €) et une «piscine gonflable PSG Marine Junior» à 14€90. 

19/12/2007

Un froid

c7d792281ad982c755b91a9f9bf8a604.jpgEn cette période de fêtes de fin d’année, Paris en fait-elle un peu de trop pour briller aux yeux du monde et des touristes? La question, en tout cas, est posée.

 

Il y avait déjà le débat autour de la facture d’électricité engendrée par les illuminations de Noël dans la capitale – 312.000 points lumineux rien que pour les Champs-Elysées –, même si le remplacement des ampoules traditionnelles par des diodes électroluminescentes réduira de 70 % la consommation d’énergie. C’est maintenant la dernière animation touristique de la tour Eiffel qui… jette un froid, au propre comme au figuré.

 

A partir de ce mercredi, à la faveur de l’opération "Rendez-vous aux pôles", les travées du premier étage de la célèbre tour seront recouvertes d’une épaisse couche de neige artificielle. Ensuite, un parcours de 300 mètres permettra aux visiteurs, «en suivant les traces d’animaux laissées ça et là», de s’initier à la marche en raquettes tout en bénéficiant d’une vue imprenable sur la capitale, 57 mètres plus bas. Fin du fin: le «frisson garanti» à l’"Umiak". Dans ce «bar tout en givre», l’on pourra s’offrir «une pause détente dans un décor polaire: sculptures d’animaux arctiques (phoque, renard polaire, guillemot…) en taille réelle et mannequins en costumes traditionnels, fabriqués par les Inuits eux-mêmes».

 

75456488219fcf30df521079b832318e.jpgCette opération se présente comme une initiation du grand public «à la diversité et la fragilité de la faune des régions polaires» ainsi qu’aux «activités menées par les scientifiques en milieu polaire, aux avant-postes du réchauffement climatique».

Mais pareil «blanchiment» de la tour Eiffel ne séduit pas tous les écologistes. Car, comme l’ONG «Robin des Bois» le déplore, cet enneigement artificiel «va consommer plusieurs milliers de m3 d’eau» et relève donc du «gaspillage» très peu écologique. L’association fustige même «une forme de business ludique et de récupération du réchauffement climatique». Et, plus consensuellement, formule un vœux hivernal qui ravira tous les inconditionnels de Paris sous la neige – sublime vision s’il en est, du moins avant que cela dégénère en immonde gadoue – : «Puisse la neige naturelle recouvrir cette poudre aux yeux et transformer vraiment la Tour Eiffel en Père Noël de fer».

18/12/2007

Une réforme

Le Conseil municipal de Paris devrait voter aujourd'hui un des projets de réforme les plus controversés de cette fin de mandature: le nouveau Règlement local de publicité, qui s’attaque à la place prise par l’affichage publicitaire dans la ville et pourrait donc modifier la physionomie de Paris.

 

Cette nouvelle réglementation prévoit l’interdiction à terme des «4 par 3»  (les panneaux de 12 m2), de l’affichage publicitaire à proximité des écoles et des sites historiques (la butte Montmartre, etc.), des enseignes lumineuses sur les façades et les toits des bâtiments haussmanniens, ainsi que des micro-panneaux publicitaires apposés aujourd'hui aux devantures et vitrines des magasins.

 

Résultat: les publicitaires sont littéralement fous de rage. A les en croire, «ce sera 50 % voire les deux tiers du mobilier que les afficheurs devront changer en deux ans, soit plusieurs millions d’euros de pertes pour les entreprises». Les milieux de la presse et de la culture s’alarment aussi: le mictroaffichage réalise jusqu’à 70% de son chiffre d’affaires parisien avec les Unes de presse, les sorties de films, les lancements de disques et la promotion de concerts, de spectacles et d’expositions. Ce nouveau Règlement nuirait donc fortement à la visibilité, et donc à la viabilité, du secteur culturel.

 

Ces opposants à la nouvelle réglementation accusent le maire, Bertrand Delanoë, de s’être exagérément incliné face aux exigences de ses alliés écologistes, voire d’avoir succombé au lobbying des «anti-pubs».

 

Le problème est que même ces derniers ne semblent pas contents. Dans leur dernier communiqué, hier soir, les «Déboulonneurs», qui se livrent à des opérations de commando pour barbouiller les panneaux publicitaires, voient dans ce Règlement un «non événement», «de la poudre aux yeux» même: «Dans les faits, le nombre de publicités a déjà augmenté dans la capitale. L'installation des nouveaux dispositifs Decaux liée au marché des Vélibs les rend plus visibles et plus nombreuses».

Bref, cette réforme mécontente tout le monde en ne satisfaisant personne. C’est le propre du bon compromis, argumentent généralement les hommes politiques quand leurs projets sont confrontés à un tel accueil.

17/12/2007

Une querelle

9818216ce14903b48f2133ef8a65c869.jpgLa vraie vie n’étant pas à Disneyland Paris – mais dans quel monde, décidément, vit-on, avec ces hauts dirigeants qui, à passés cinquante ans, assistent encore à la Parade de Mickey, comme des enfants ? –, faisons résolument l’impasse sur le potin politico-pipol du jour. Et parlons plutôt de l’ambiance qui a régné pendant tout ce week-end autour de Notre-Dame.

 

C’était impressionnant. Dans l’après-midi de samedi, on a compté jusqu’à 17 cars de police et de gendarmerie déployés autour du parvis de la cathédrale. Ce dispositif tout à fait inhabituel faisait évidemment suite au coup de force des militants des «Enfants de Don Quichotte», qui, le matin même, ont vainement essayé d’implanter un campement de tentes de SDF le long de la Seine, aux pieds de la cathédrale. Puis, sous le regard médusé de milliers de touristes, ont été évacués sans ménagement par les forces de l’ordre.

 

d916673120515abf63db0774b7b530f2.jpgJusque tard dans la nuit, le parvis a été transformé en passionnant forum d’échanges et de discussions sur le thème de la lutte contre la pauvreté. Les leaders d’associations caritatives aussi consensuelles que modérées (la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs ou le Secours Catholique) sont venus dire combien, sur le fond, ils soutenaient le constat des «Don Quichotte» selon lequel le gouvernement n’a pas rempli ses promesses de l’hiver dernier relatives à  l’hébergement d’urgence des SDF.

 

Selon les « Don Quichotte », sur les 27.000 hébergements promis dans le pays, 14.000 seulement ont été livrés. La ministre du Logement, Christine Boutin, conteste ces chiffres. Et jure par exemple que sur les 420 places mobilisées actuellement à Paris, 150 seraient encore libres. Selon la ministre, pas un SDF actuellement dans la capitale qui souhaiterait être hébergé ne trouverait portes closes.

dbaf466c61c25b83b0ae14d78d64e3cb.jpgPas facile d’arbitrer cette si fastidieuse querelle de chiffres et de décréter d’autorité qui a tort et qui a raison. Ce qui est sûr, en revanche – on l’a encore constaté hier soir –, c’est qu’en ce moment, il suffit de marcher quelques minutes à peine, la nuit dans le centre de Paris, pour tomber sur des gens dormant dehors.

Si l’on suit le raisonnement de la ministre, toutes ces personnes coucheraient donc sur le trottoir par pure volonté, après avoir sciemment refusé d’être hébergées. Cela paraît tellement simple, comme explication.

14/12/2007

Une extension

06d8ee914611ef496dc69125156763b3.jpgLa venue ici du Libyen Kadhafi (*) a entraîné des désagréments considérables pour de nombreux Parisiens, vu les mesures de sécurité exceptionnelles, et parfois franchement délirantes, qui l’entouraient. On l’a vu mercredi lorsque tous les ponts de Paris furent interdits pour permettre au dictateur de faire une petite croisière sur la Seine. On l'a revu hier au Louvre lorsqu'il a eu l’idée inopinée de faire le tour du musée en une demi-heure chrono et a débarqué sur place avec sa limousine et son cortège de 20 voitures, empruntant une rue de Rivoli déjà chroniquement bouchée, et qui n'en demandait donc pas tant. Et on ne parle pas des embarras de circulation du côté de la Concorde et de Marigny, où le Guide avait établi ses quartiers.

 

Après cette semaine parisienne de folie ponctuée de tant d’énervements, de coups de klaxon, d’embouteillages et de pollution, raison de plus pour ne pas passer sous silence ce qui a tout de même constitué la bonne nouvelle locale de ces derniers jours: l’extension de Vélib’.

 

Lundi, en effet, le conseil municipal de Paris va valider l’élargissement à 30 villes de banlieue du dispositif de location de vélo en libre service  qui connaît un succès phénoménal (90 000 locations par jour en moyenne, 12 millions d’utilisateurs depuis son lancement à la mi-juillet). Courant 2008, quelque 300 stations totalisant 4500 vélos seront installées en grande couronne parisienne et fonctionneront aux mêmes conditions financières et pratiques que leurs homologues parisiennes. Voilà qui facilitera considérablement la tâche des quelque 15% des Vélibistes actuels qui sont des banlieusards, suscitera de nouvelles vocations, et diminuera d’autant la pression automobile sur la capitale.

 

5e27879ce73f11aff1d6d765ea61337e.jpgDans quelques mois, on pourra donc sillonner à vélo une zone immense de la région parisienne. Qui, du nord au sud, s’étend par exemple de Saint-Denis jusqu’au Kremlin-Bicètre et, d’ouest en est, relie des villes comme Saint-Cloud et Nogent sur Marne. Voilà qui va rendre encore plus envieux l’ami belge qu’on avait au téléphone l’autre jour, qui se désespérait qu’avec l’équivalent bruxellois de Vélib’, strictement limité au centre-ville si on a bien compris, il lui était par exemple impossible de pédaler du Parc Royal jusqu’aux étangs d’Ixelles.

Peut-être le bourgmestre de Bruxelles devrait-il prendre des conseils auprès du maire de Paris?

(*) Visite, soit dit en passant, désavouée par une majorité de Français, selon un sondage publié par le journal "Le Parisien" ce matin.

 

13/12/2007

Une accusation

4503e0dbaa033b1e18070fdc13253e85.jpgMouammar Kadhafi aime s’afficher avec des femmes. On l’a encore vu à Paris ces derniers jours avec ses «amazones», ses gardes du corps d’élite en treillis militaire, qui ne l’ont pas lâché d’une semelle, et avec la réception qu’il a donnée hier soir pour plusieurs centaines de femmes au Pavillon Gabriel. Voilà cependant une accusation qui jette une lumière crue sur son comportement présumé avec le sexe féminin.

Cette accusation émane de Memona Hintermann, la grande reportère de France 3, qu’on a toujours trouvée excellente – mais ce n’est que notre humble avis et, serait-elle moins talentueuse, qu’en l’occurrence, cela ne changerait strictement rien. Lundi, la journaliste a révélé sur un plateau télé (on peut visionner cela notamment ici) le souvenir abject qu’elle a gardé du dictateur libyen. C’était en 1984. Elle était en reportage en Libye. A la fin d’une conférence de presse, accuse-t-elle, le colonel a tenté d’abuser d’elle.

Memona Hintermann livre, à l’appui de ses dires, un détail physique du dirigeant libyen. Elle raconte n’avoir échappé à cette tentative de viol que par sa présence d’esprit: elle a feint d’être indisposée, ce qui aurait dissuadé son agresseur présumé. La journaliste assure qu’à l’époque, le dictateur l’a menacée de mort si elle rendait publique cette agression.

Plus de vingt ans ont passé. Memona Hintermann justifie son si long silence par le caractère douloureux de ce souvenir. «C’est le genre de sujet sur lequel on n’a pas forcément envie de revenir», a-t-elle expliqué hier. «J’ai beaucoup réfléchi avant de le faire, mais, franchement, d’un point de vue éthique et personnel, cela fait du bien d’en parler». La journaliste dit également avoir rendu public cet épisode parce que, même vingt ans plus tard, cela lui a aussi fait du bien «de s’insurger contre le fait que cet homme qui a tenté de (la) violer soit soudainement devenu fréquentable».

 Or, depuis, «Kadhafi n’a pas changé», assure la journaliste. Qui, du coup, est «profondément déçue» qu’il soit reçu «sous les ors de la République». «Pour moi (…), le drapeau français, la Marseillaise, les symboles républicains en général, cela veut dire quelque chose. Ce sont des mythes, et je n’accepte pas qu’ils soient ainsi galvaudés. Alors, bien sûr, je suis réaliste, il y a des intérêts économiques importants qui sont en jeu. Mais à ce moment-là, qu’on arrête de faire croire au monde entier qu’on est le pays des Droits de l’homme et qu’on dise clairement qu’on est devenu comme tout le monde».

12/12/2007

Une chance

Des frondes dans la majorité, du grabuge au Parlement, l’Elysée accusée rien moins que de double discours et de mensonge d’Etat, la politique migratoire française mise sur le même pied que les atteintes libyennes aux droits de l’homme: la visite de Kadhafi en France tourne au cauchemar pour ses hôtes.

 

Cette visite est marquée du sceau d'une «espèce d'arrogance et de débauche de frime particulièrement déplacée», a estimé ce matin Bertrand Delanoë. Le maire de Paris a sévèrement critiqué le bilan diplomatique de Nicolas Sarkozy, en particulier en matière de droits de l'homme. Chine, Russie, Libye, «ce n'est pas brillant tout ça» selon le maire, qui s’«inquiète pour la France, pour les valeurs de la République». A la limite, le locataire de l’Hôtel de ville «trouve normal de discuter avec les Chinois, Poutine, même avec Kadhafi. Simplement, s'il faut après amplifier le dialogue, on le fait quand même avec un certain sens de la République». Et plus particulièrement avec la Libye, il faut avoir «le sens des responsabilités et des exigences».

 

Après de tels propos, on pouvait légitimement se demander si le colonel Kadhafi serait reçu à l’Hôtel de Ville. On a passé un coup de fil à la mairie ce matin, pour en avoir le cœur net. La réponse est non. Non, pas par geste politique. Non, pas à cause d’un agenda trop chargé. Mais non, parce que la venue du colonel à Paris constitue une simple visite officielle et non une visite d’Etat. Or, seul le protocole régissant les visites d’Etat impose aux dirigeants étrangers de passage à Paris d’être reçu en grandes pompes à l’Hôtel de Ville.

 

Le maire de Paris peut donc en toute tranquillité déverser son fiel sur le Libyen, dont il n’aura pas ensuite à serrer publiquement la main. C’est une chance pour lui. A trois mois des élections municipales, on imagine l’effet désastreux qu’auraient créé dans l’opinion des photos de lui en train de donner l’accolade au dictateur – a fortiori que sa rivale Françoise de Panafieu, elle, a boycotté la venue du Libyen à l’Assemblée.

 

Tiens, au fond, remarquez comme est bien fait l’«Album photo des chefs d’Etat reçus à l’Hôtel de Ville depuis le début de la mandature», publié sur le site internet de la mairie.Parmi ces chefs d’Etat, figure le si décrié… Vladimir Poutine. Or, autant cet album regorge de clichés de chaleureuses poignées de main entre le maire et des dirigeants étrangers aussi consensuels que le Brésilien Lula, le Libanais Lahoud. l’Afghan Karzaï ou l’Espagnol Juan Carlos, autant la rencontre avec Poutine, elle, a été immortalisée avec la plus grande distance et la plus parfaite sobriété. Sur le cliché, le Russe a même l’air de toiser le Parisien du regard.

 

Le choix de cette photo sinistre n’est évidemment pas dû au hasard. Ce n’est même pas du grand art. C’est juste de la communication politique.

11/12/2007

Un soupçon

a8f284d7e71b146675c7d99dca8b84c6.jpgCette indiscrétion entendue au saut du lit à la radio, ce matin. Qui donnait l’envie de hurler, ou de retourner se coucher et de s’enfouir la tête sous l’oreiller, hébété.

 

Les autorités françaises soupçonnent la présence, dans l’imposante délégation entourant le colonel Kadhafi, actuellement en visite à Paris, des propres agents de sécurité qui ont fait torturer, voire ont eux-mêmes torturé, les infirmières bulgares lors de leur détention.

 

Interviewé ce matin, un des avocats français de ces infirmières n’était pas en mesure d’assurer effectivement la présence de ces tortionnaires présumés. Mais il n’avait pas l’air d’être plus étonné que cela par cette hypothèse. Et il confirmait l’existence de ce soupçon nourri en haut lieu.

 

Le pire, c’est que, même s’il était établi que ces bourreaux font bel et bien partie de la délégation libyenne, ils pourraient probablement regagner sans encombre leur pays.

 

Parce que la justice française a, de tous temps, été extrêmement frileuse à juger les tortionnaires et a même souvent été prise en flagrant délit de complaisance à leur égard – les victimes du génocide rwandais et leurs avocats le rappelleront encore, jeudi à Paris.

 

Parce que, aussi, l’usage diplomatique le veut ainsi. Ce même «usage» qu’invoquait hier Rama Yade, dans sa retentissante interview,  pour justifier le récent coup de fil de félicitations de Nicolas Sarkozy à Vladimir Poutine. Parfois, décidément, il n’y a rien de pire que les usages.

10/12/2007

Une illusion

En ce jour anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la France – patrie des droits de l’homme donc, selon l’expression consacrée – déroule le tapis rouge en l’honneur du colonel Kadhafi. Qui, si tant est qu’il existe une gradation dans l’horreur, est un des pires dictateurs au monde. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les bouquins écrits dernièrement par les infirmières bulgares qui ont été torturées pendant des années dans son pays.

La controverse relative à cette visite officielle prend des allures de tohu-bohu. Même au sein du gouvernement, on grince des dents. Le ministre des Affaires étrangères,  Bernard Kouchner, aura très opportunément des engagements diplomatiques qui ne lui permettront pas d’honorer ce soir le dîner de gala donné à l’Elysée en l’honneur du dictateur. La secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade, n’y assistera pas non plus: tout comme elle n'avait pas été invitée en Chine, elle n’a même pas été conviée. Dans des interviews ce matin, elle a jugé que la France ne devait pas se contenter d’être «une balance commerciale» et a estimé qu'il ne fallait pas que le Président Sarkozy «tourne le dos à la diplomatie des valeurs».

 

Ces semblants de critiques internes sont évidemment de la poudre aux yeux. Elles sont là pour donner l’impression à l’opinion que la politique d’«ouverture» au sein du gouvernement s’accommode y compris des critiques les plus sévères formulées à l’encontre du chef de l’Etat. C’est naturellement une vaste illusion.

 Si on lit ou on écoute bien les propos de Rama Yade, on se rend compte qu'elle critique non le principe de l’accueil à Paris du colonel Kadhafi, mais uniquement sa venue en ce jour historique aussi symbolique que le 10 décembre. Ce qui est très différent, voire finalement très accessoire. Ses si élégants «coups de colère» de ce matin (pour reprendre l’expression entendue en boucle à la radio), son «entretien sans concession» accordé au journal «Le Parisien» ont, tant sur le fond que dans la forme, certainement été avalisés et validés au préalable et en haut lieu. L’annonce que le Premier ministre François Fillon aura «une conversation» avec elle ne doit pas non plus faire illusion: on est évidemment ici, une fois de plus, dans le registre, sinon de la comédie ou du théâtre, du moins du jeu de rôle.

Le procédé est d’ailleurs grossièrement cousu de fil blanc. C’est même un grand classique. Cela s’appelle le rideau de fumée. Et une fois de plus, cette technique a parfaitement fonctionné. La preuve? Ce lundi, dans tous les médias de France, on parlera beaucoup plus des vagues états d’âme de quelques ministres parisiens que du sort des prisonniers politiques libyens.

 

On parlera beaucoup plus de Rama Yade que de… tiens, au fond, à ce moment, aucun nom de grand et emblématique opposant libyen ne vient spontanément à l’esprit. A La Havane ou à Rangoun au moins, des figures marquantes de la résistance à l’oppression sont tolérées, même si elles sont en permanence martyrisées, emprisonnées ou assignées à résidence. A Tripoli, rien. Si ces hérauts/héros existent, on ne connaît même pas leur nom. Nul à l’étranger n’a jamais entendu parler d’eux. En France non plus. C’est tellement plus facile de parler de Rama Yade.

07/12/2007

Une prolongation, ou l'autre

bbec7bcaa8cd3d38ba2293df6d9cada6.jpgUne bonne nouvelle pour les Parisiens, histoire de bien terminer la semaine. Enfin, une bonne nouvelle pour les Parisiens fêtards et couche-tard. On est moins certain, en revanche, que ce soit une bonne nouvelle pour les chauffeurs de taxis et pour les conducteurs des transports publics, qui auront respectivement moins de clients et plus de boulot. A partir de ce jour, l’heure du dernier métro, bus ou tramway (mais pas RER) est repoussée de 1h15 à 2h15 le vendredi soir, comme c’est déjà le cas depuis un an pour le samedi soir.

 

 

Précision à l’attention des distraits et/ou des touristes de passage ici et peu au fait des usages: si vous vous rendez ce soir dans votre station de métro à 2h15 pile poil, il y a malgré tout de fortes chances pour que… vous restiez en rade sur le quai. En effet, cette heure limite de 2h15 s’entend pour l’heure d’arrivée du dernier métro à son terminus. Pour connaître en gros l’heure de passage de ce métro dans chaque station, il suffit de soustraire de cette heure de 2h15 le nombre de stations restant jusqu’à ce terminus multiplié par 1 minute 30 (soit le temps de voyage moyen mis entre deux stations par le métro parisien). Ou, si on est prévoyant, d’aller sur le site de la RATP avant son voyage.

 

Le service de métro prolongé en week-end satisfait manifestement les Parisiens. Selon les estimations, entre 1h15 et 2h15 le samedi soir, on compte en moyenne 37.000 entrées dans le seul réseau du métro. Et, depuis l’extension des horaires, le métro a enregistré 69000 voyageurs supplémentaires entre 20 h et 2h15 le samedi.

5c0c75c2747c1394fac0a4847950e4b1.jpgTiens, parlant de métro, on ne sait si c’est l’impact de l’attentat au colis piégé perpétré hier midi rue Malesherbes – qui aurait accru la vigilance des agents de la RATP ? –, mais, hier soir, c’était la folie des fausses alertes aux paquets suspects. D’où, sur la ligne 8 singulièrement, de gros embarras de circulation, de considérables retards et de jolies bousculades.

C’est bien simple, pour peu, on se serait cru revenu aux récentes grandes journées de grève, avec leur cortège de sensations physiques si délicieuses pour les usagers: les pieds massacrés par la foule, les soupirs du voisin qu’on se prend en pleine face, les mains moites et collantes qui se chevauchent sur la barre, les corps contraints de jouer à touche-touche etc. On adore d’ailleurs tellement cela qu’on va en reprendre un peu mercredi prochain, jour où un nouveau préavis de grève a d’ores et déjà été déposé à la RATP. Sûr que les Parisiens apprécieront moins cette prolongation-là.

 

 

14e9708201d6fbce8fc8220a38e1f4d7.jpgPS: Comme on a longuement poireauté hier, on a eu tout le temps d’observer et d’apprécier cela sur les quais, où il est très souvent reproduit. Avez-vous remarqué comme est particulièrement bien fait le slogan «Attentifs ensemble» qui accompagne le logo appelant les voyageurs à la vigilance (signaler tout colis abandonné, etc.)? C’est même un modèle de communication subliminale. Par la proximité entre les termes «attentifs»  et «attentats», il sous-entend le pire mais sans jamais l’évoquer explicitement.

06/12/2007

Un soupir

On s’était pourtant  réveillé de relativement bonne humeur ce matin. Mais on n’a pas pu s’empêcher de pousser un long soupir, entre lassitude et agacement.

 

C’était à la radio. On ne se souvient plus trop sur quelle chaîne – le niveau général des tranches d’infos matinales est tel, en ce moment, qu’on zappe sans ménagement. Un animateur racontait une anecdote survenue à Paris récemment. Johnny Hallyday allait essayer des costumes chez Dior. Dans cette même boutique de l’avenue Montaigne que Nicolas Sarkozy a l’habitude de privatiser pour ses essayages personnels les soirs de semaine, après 21 heures. Là, le chanteur tombait sur Rachida Dati elle-même en plein essayage. Trouvant cela trop drôle, Hallyday appelait Nicolas Sarkozy sur son portable pour lui narrer la scène. Le Président, à son tour, faisait se marrer l’idole des jeunes en lui révélant qu’il était précisément en train de déjeuner avec la chanteuse pour ados Chimène Badi, dont il est fan. C’était donc l’anecdote politique-pipol du jour. Et, en studio, tout le monde avait l’air de trouver follement épatante cette proximité entre hauts dirigeants de l’Etat et artistes de variété.

 

Dans la foulée, sur une autre chaîne, on feuilletait, visiblement avec ravissement, le dernier numéro de «Match» sorti ce matin. Où, une fois de plus, Rachida Dati minaude comme une top-model, photographiée dans un palace parisien en robes de haute couture. «La Garde des Sceaux ressemble vraiment à Eva Longoria», l'héroïne de sit-com américaines, s’enthousiasmait le confrère au micro.

 

La veille, on avait eu droit à Andrée «Dadou» Sarkozy, la mère du Président, qui, dans un autre illustré de papier glacé, «Point de Vue», avait révélé à la France entière combien elle trouvait ses deux petites-filles «très distantes, très froides, comme leur maman» Cécilia Sarkozy. Imaginez ce que vous ressentiriez si votre propre grand-mère pensait cela de vous et le disait tout haut dans les médias, devant des millions de gens…

 

La veille encore, lundi donc, on avait ressenti ce même sentiment de gêne effarée – ou d’effarement gêné, comme on veut –  en lisant en embargo l’ouvrage de Ségolène Royal, sorti en librairie mardi. La candidate socialiste à l’Elysée y révélait que son ex-compagnon François Hollande avait «récemment parlé de revenir» à la maison. Mais qu’elle lui avait «dit que ce n’était pas une bonne idée». Du coup, ce matin, toutes les critiques de fond faites par le patron des socialistes à l’ancienne candidate (sur son tropisme bayrouïste, son inaptitude à l’autocritique, etc.) étaient rabaissées par les commentateurs à de vulgaires règlements de comptes post-conjugaux.

 

Un soupir, donc. Devant ces déballages d’états d’âme sur la place publique. Cet étalage permanent d’une jouissance si parvenue du pouvoir. Cette mise en scène en direct et en temps réel d’égos surdimensionnés, de caprices d’enfants gâtés. Tout cela manque cruellement de pudeur et d’élégance. Tout cela commence vraiment à friser la vulgarité.

05/12/2007

Un service

fe0c0740e6a1c7028ccf6cb6ad5cb33f.jpgComme les Français sont les champions du monde des blogs, on avait à l’esprit qu’ils étaient également les premiers de la classe européenne en matière d’internet. On avait tout faux.

 

Si l’on en croit la dernière étude d’Eurostat, sortie hier, près d’un Français sur deux seulement (49%) a accès à Internet et un peu plus de quatre Français sur dix (43%) disposent d’une connexion à large bande. En ce qui concerne l’accès des ménages à cette technologie, l’Hexagone est donc loin derrière d’autres pays comme la Belgique, l’Allemagne, les pays scandinaves voire certains Etats de l’ex-Europe de l’Est.

 

En revanche, les Français sont les champions européens dans une activité effectuée sur internet: les appels téléphoniques. Il est vrai que, par rapport aux autres pays européens, la France se distingue par le faible coût des offres multimédias (forfaits ADSL, téléphone, décodeur télé, etc.) proposées par les opérateurs aux particuliers – mais pour une qualité de service souvent pitoyable, nuancent les associations de consommateurs.

 

 

4acd2c74d61d898f9884bd02dfa8d934.jpgAu fond, parlant d’Internet, cette nouvelle qui peut intéresser les lecteurs de ce blog voyageant souvent entre Paris et Bruxelles. Peut-être l’ont-ils remarqué: depuis la mi-novembre, le Thalys est devenu le premier train international à grande vitesse proposant à bord un accès internet à large bande, et ce y compris lors du passage du train en zones couvertes (gares, tunnels, etc.). Le dispositif est testé actuellement, à titre expérimental, dans une rame. Deux rames supplémentaires seront équipées d’ici à la fin décembre. Les 26 rames du réseau Thalys bénéficieront de cette technologie d’ici à l’été.

Jusqu’à la fin des tests, en février, l’accès à internet sera gratuit dans ces trains. Ensuite, a-t-il été confirmé en début de semaine, la gratuité sera maintenue pour les voyageurs de première classe, mais le service deviendra payant en seconde. Ce sera 6€50 l’heure de connexion ou 13€ le forfait de 4 heures.

A terme, cette connexion Wifi à haut débit sera également proposée progressivement sur l’ensemble du réseau de grandes lignes SNCF, en commençant par le TGV-Est.

04/12/2007

Un style

84ce446891e0496d4b03e15cf1add0d6.jpgOn trouve ces indiscrétions délicieuses dans le dernier numéro du mensuel économique «Capital», qui consacre un excellent dossier aux «nouveaux fournisseurs de l’Elysée» - Dior, Mont Blanc ou Ralph Lauren, on ne va pas s’étendre: on connaît cela.

-Nicolas Sarkozy, qui collectionne et adore les montres de grand luxe, jusqu’à les porter façon racaille (au-dessus de sa chemise), possède notamment une «Rolex Daytona en acier sur fond noir à 6300 euros», une «Breitling Navitimer à 3640 euros» et un «Réveil du Tsar de Breguet à 28000 euros»;

-Alors que son prédécesseur Jacques Chirac se goinfrait de tête de veau, d’agneau rosé aux fines herbes ou d’escargots à l’ail, Nicolas Sarkozy, lui, picore «des copeaux de mimolette à 48 euros le kilos», des oeufs à la coque, des yaourts et du fromage blanc à l’aspartame;

-Sa directrice de cabinet à l’Elysée, Elisabeth Mignon, «se déplace en trottinette électrique sous les lambris»;

-L’hôte de l’Elysée va tous les quinze jours chez le coiffeur. Sa coiffeuse s’appelle Salima, elle s’occupe de lui  depuis dix ans, travaille au salon Alexandre Zouari («qui compte Deneuve et Adjani dans sa clientèle»), et «se déplace à l’Elysée pour 300 euros en semaine, 500 le week-end»;

fade323ff055021aedbcaf0f77cba132.jpg-Le Président effectue son jogging chaussé de «Nike Air Requin, modèle dernier cri à 150 euros, qu’il doit changer quatre fois par an s’il ne veut pas se tasser les vertèbres». Mais «les Asics à 80 euros seraient bien mieux pour son dos», si l’on en croit le conseil d’un vendeur de Décathlon cité par le magazine;

-Nicolas Sarkozy «n’a qu’un péché mignon: le cacao». Il en pince pour le chocolat. Sur son bureau, il y a toujours ouverte une boîte de 500 grammes de ganaches, que ses intendants lui achètent à «La Maison du chocolat».

Nicolas Sarkozy est donc un fou de chocolat. Cela ne nous étonne pas. Quelque part, on a toujours été convaincu que cet homme avait un bon fond.

03/12/2007

Un procédé

Cela faisait quelques soirs déjà que le téléphone sonnait à la maison, qu’on décrochait, puis qu’on tombait sur un automate nous priant de patienter, un correspondant cherchant à nous joindre. Comme on trouvait un peu goujat qu’on nous fasse poireauter au téléphone après nous avoir dérangé, on raccrochait chaque fois illico en pestant, sans même donc savoir qui était ce mystérieux correspondant. Un commercial de bas étage sans doute, s’était-on dit chaque fois. Un pauvre travailleur qui, pour gagner (sans doute mal) sa vie, en est réduit à passer ses journées à essayer de fourguer aux gens par téléphone des assurances vie ou des abonnements ADSL, avait-on compati.

Le manège s’était reproduit plusieurs fois. Puis, un soir, voulant tout de même en avoir le cœur net, on s’était résolu de ne pas raccrocher et à suivre les conseils dudit automate: on avait patienté donc.

Au bout de quelques longues minutes de musak innommable, on avait fini par tomber sur un message enregistré. Au bout du fil, la voix non d’un obscur vendeur d’aspirateurs mais…. de la candidate UMP à la mairie du onzième arrondissement: Claude Annick-Tissot, épouse de l’ancien ministre de l’Education Alain Devaquet (qui, dans les années 80, fit descendre dans la rue des centaines de milliers d’étudiants) et proche du Premier ministre François Fillon. La dame nous invitait, par automate interposé, à une réunion de quartier avec Françoise de Panafieu, qui brigue le fauteuil de Bertrand Delanoë à l’Hôtel de Ville. Et, en nous appelant, procédait à une «grande consultation publique pour identifier les priorités qui seront celles de (son) projet municipal».

Si, à trois mois seulement des élections municipales (qui auront lieu début mars), les pontes de l’UMP en sont toujours à sonder les gens par téléphone pour établir leur programme, Bertrand Delanoë peut dormir sur ses deux oreilles.

Si, en plus, ce parti racole ses électeurs avec un démarchage aussi peu sympathique, il risque surtout de se mettre pas mal de Parisiens à dos.

Lors de la campagne pour les dernières élections présidentielles et législatives, d’ailleurs, les organes de contrôle avaient conseillé aux candidats de ne pas recourir au démarchage téléphonique (appels par automates, envois automatiques de textos, etc.), jugé exagérément intrusif. En vertu du Code électoral, ce démarchage est même, depuis samedi,  rigoureusement interdit à tous les candidats aux élections municipales, sous peine d'une amende de 3750 euros et d'un an de prison.

Peut-être faudrait-il rappeler la loi à cette dame ainsi qu’à l’UMP.