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14/01/2008

Un chantier

9a116bd31c6179484d8f2da294c8df92.jpgOn vient de le constater en passant devant: les travaux de rénovation si longtemps attendus avancent bien à notre cher Opéra Bastille. L’illustre notamment la présence désormais, au bout de la rue de Lyon, d’une plate-forme de chantier aménagée de manière à permettre l'acheminement et le déchargement des matériaux sans nuire à la circulation de la place.

 

C’est la façade de l’Opéra qui est en cours de restauration. Lors de la construction de cet immense paquebot, entre 1985 et 1989, les 36 000 plaques de pierre calcaire blanche qui la composent avaient été mal fixées au corpus de béton de l’édifice. Du coup, en 1990, l’une de ces plaques (qui pèsent 60 kilos chacune) s’était décrochée puis fracassée trente mètres plus bas, sur la chaussée. Depuis cet accident, 12 000 m2 de filets de protection avaient dû être déployés sur une grande partie de la façade de l’Opéra pour éviter de nouveaux écroulements.

Ces filets sont parvenus au bout de leur durée de vie, rongés par l’usure, la pollution et les intempéries. Ce sont donc d’abord eux qui vont être remplacés. Ensuite seulement, l’on s’attaquera à la façade proprement dite. Ce sera un chantier de grande ampleur: pas moins de 30 % des 36 000 plaques devraient être remplacées. La facture des travaux sera astronomique: rien que le remplacement des filets coûtera 100 000 euros.

c9d18974f34635821738be5d227e40ce.jpgPour la petite histoire et pour mémoire, les malfaçons entachant Bastille avaient découlé de la volonté absolue du Président Mitterrand de faire se coïncider l’inauguration de ce grand chantier culturel avec la tenue des festivités commémorant le Bicentenaire de la Révolution française de 1789 - qui avait eu pour haut fait d’armes, chacun le sait, la prise de la Bastille. Du coup, les entreprises avaient été cornaquées par le pouvoir politique pour achever le bâtiment à un train d’enfer, et certains corps de métier avaient bâclé leur travail.

Ce n’est d’ailleurs pas le seul défaut ayant affecté un grand chantier culturel parisien. La Cité de la Musique, parc de la Villette, souffre elle aussi de gros vices de construction, qui touchent le bâtiment du Conservatoire national supérieur de musique. L’été dernier, après une procédure judiciaire interminable de douze années, l’Etat a obtenu réparation de la plupart des désordres constatés, la responsabilité de ses constructeurs et de l’architecte Christian de Portzamparc étant reconnue. Plus récemment encore, début décembre, la Cour des Comptes, dans un rapport de 150 pages accablant et controversé, a fustigé les dérapages de trente grands chantiers culturels (musée du Quai Branly, Cinémathèque, Grand Palais, etc.) tous entrés dans l’Histoire pour leurs retards de livraison et/ou l’explosion de leur budget. 

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