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18/01/2008

Un «vandalisme»

48a58f365b1fdaa33c074ecb7641fcce.jpgLe face-à-face a lieu cet après-midi, à 15h30. Dans les bureaux feutrés et si chics du ministère de la Culture, rue de Valois, d’où l’on jouit d’une vue splendide sur les si beaux jardins du Palais Royal. Et ce face-à-face s’annonce tendu. D’un côté de la table, le célébrissime peintre, sculpteur et plasticien français Daniel Buren, dont les bandes verticales alternées blanches et colorées de 8,7 cm de largeur, répétées à l’infini sur d’innombrables supports, ont fait le tour du monde depuis leur invention au milieu des années soixante. De l’autre côté de la table, la ministre de la Culture Christine Albanel. Au centre de leurs discussions, l’avenir d’une des installations d’art contemporain les plus populaires et renommées de Paris: les fameuses colonnes de Buren, dans la Cour d’honneur du même Palais.

 

 

Fin décembre, le plasticien piquait une colère. Il menaçait carrément de démolir lui-même son œuvre si l’Etat persévérait à ne pas l’entretenir correctement. Ce ne sont pas les 260 colonnes proprement dites qui sont endommagées. Au contraire, depuis leur installation en 1986, elles ont même plutôt bien résisté aux affres du temps et aux assauts conjugués provenant des millions d’enfants qui les ont escaladées, de touristes qui s’y sont adossés, de promeneurs qui les ont frôlées et de skaters qui s’y sont juchés. Remarquez aussi que, fait exceptionnel, ces colonnes sont épargnées par les graffitis, ce qui témoigne du lien affectif qui les unit aux Parisiens. En piètre état, en revanche, est le reste de l’installation qui accompagnait à l’origine ces colonnes. Ainsi, depuis huit ans, la fontaine souterraine qui court sous la Cour d’honneur est asséchée et les éclairages multicolores qui devaient mettre le tout en valeur la nuit sont éteints. Ce n’est pas un vice originel de construction qui est en cause, mais un problème d’entretien de l’installation.

 

 

Du coup, Buren crie au «vandalisme d’Etat». Il s’insurge que le ministère de la Culture, propriétaire de l’œuvre, l’ait laissée «dépérir» alors qu’elle est classée aux monuments historiques. «A quoi sert de classer une œuvre si on la mutile faute de soins, de léthargie administrative ou d’incompréhension foncière de ce qu’est l’art?», interroge-t-il. Ce matin, il a réitéré sa menace: estimant son «droit moral» de créateur mis en jeu, il a averti qu’il réclamerait la destruction «de façon radicale» de son œuvre si l’Etat n’enrayait pas rapidement son processus de dégradation.

 

 

La ministre devrait tenter de calmer l’artiste en dégainant un plan pluriannuel de restauration du Palais royal s’étalant jusqu’en 2011. Plan dont bénéficieront, outre les façades de la rue de Valois, les locaux de la Comédie française et la galerie d’Orléans, les fameuses colonnes noir et blanc de Buren. Mais les défenseurs du plasticien dénoncent déjà «une réponse dilatoire». Dès lors, de très rapides travaux provisoires destinés à assurer la durabilité des colonnes, et accessoirement à clore cette vilaine polémique, pourraient être annoncés dès cet après-midi.

Commentaires

Félicitations pour votre nomination à la Coupe de l'Info à Courchevel !
de la part d'une autre candidate.
Bonne route à votre blog.
Christine

Écrit par : Christine | 21/01/2008

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