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15/02/2008

Une sécurité

bf8076e9d784f701255250cb9953c86b.jpgQuinze points. Si l’on en croit le dernier sondage publié cette semaine, Françoise de Panafieu, la candidate UMP à la mairie de Paris, a quinze points de retard sur Bertrand Delanoë – il y a de quoi en perdre son sang-froid (*) . Dans son programme, figure notamment l’engagement d’installer chaque année dans Paris 500 caméras de vidéosurveillance supplémentaires. Ce qui ferait 3.000 caméras au cours de la mandature. Elles seraient «mises dans des endroits qui doivent être particulièrement surveillés». Ces dernières années déjà, la vidéosurveillance s’est beaucoup développée à Paris. A chaque grand carrefour ou presque, il suffit de lever les yeux pour apercevoir des caméras.

Cet engagement électoral représente «un très gros investissement», admet la candidate UMP. C'est le moins que l'on puisse dire. Une caméra du type de celles qui surveillent les rues de Paris, cela coûte au bas mot 30.000 euros. Soit, pour 3.000 unités, une facture d’achat de 90 millions d’euros. Montant auquel il faut ajouter 20.000 euros de frais de fonctionnement par an et par caméra. Ce qui fait encore 10 millions d’euros à débourser en plus chaque année.

De telles dépenses sont-elles justifiées? Les statistiques officielles, en tout cas, montrent que l’insécurité est plutôt sous contrôle dans la capitale.

A en croire la préfecture de police, pour la sixième année consécutive, la délinquance générale (tous types de faits confondus) a encore baissé à Paris en 2007: précisément de 4,4% par rapport à 2006. La violence contre les personnes a reculé de 5,7% (une première depuis 2004), les atteintes aux biens ont baissé de 8,1%, et la criminalité économique a régressé de 5,2%. Mais la plus forte baisse (10,1%) enregistrée en matière de criminalité dans la capitale provient… de la délinquance sur la voie publique. Or, c’est précisément à la surveillance de la voie publique que contribuera ce bataillon de nouvelles caméras – paradoxe tout de même un peu curieux.

(*) Hier, pour tout argument, elle a traité Bertrand Delanoë de «tocard». Selon elle, c’est un mot «sympa». Selon le dictionnaire, cela désigne un «mauvais cheval, aux performances irrégulières», une «personne incapable, sans valeur». Voilà qui, en tout cas, rehausse le niveau du débat.

Commentaires

Mais, dites donc, on dirait que le tout sécuritaire revient aussi fort que les sondages baissent! 100 millions pour des caméras à Paris, 1000 policiers déplacés ce matin à Villiers-le-Bel pour arrêter 30 types (qui devaient l'être, bien sûr, vu la gravité des faits, là n'est pas le problème), mais bon, arrestations après dénonciations sous X moyennant récompense, ça ne sent pas très frais...

Tiens, là aussi, il y avait des caméras mais pas de surveillance manifestement, plutôt des caméras destinées à montrer au bon peuple comment on va mater les quartiers en déshérence...

Du reste, pour les rapports aimables Delanoë / de Panafieu, je pense que nous ne faisons pas assez d'efforts créatifs pour comprendre le vocabulaire UMP: quand le Président avait traité David Martinon d'"imbécile" devant une journaliste américaine, c'était aussi une marque d'affection caractérisée. On l'a bien vu la semaine dernière, Martinon, c'est le chouchou de la famille Sarkozy ;)

Écrit par : Catherine | 18/02/2008

Franchement, je ne vois pas le problème des caméras dans les lieux publics.

Les dénonciations, j'ai un avis mitigé. Certes, on peut facilement arriver à des excès dans un état policier mais nous sommes toujours en démocratie et je ne vois pas le problème d'aider la police.
Quand des sauvageons (@Copyright Jean Pierre C) brulent, dévastent des biens, on devrait regarder et ne rien dire ? Désolé, je ne vois pas la vie citoyenne comme ca ...

Écrit par : sylvain | 21/02/2008

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