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03/03/2008

Une épreuve

491c1c62177a1937f7f7f1f75280425e.jpgEn parler, c’est, une fois n’est pas coutume, tutoyer la périlleuse frontière entre le blog boulot et le blog perso, vu qu’on n’était pas du tout là en tant que journaliste. C’est aussi faire fuir en un seul clic tous les lecteurs que le sport fait irrémédiablement bâiller. On prend ce double risque. Parce qu’il s’agit tout de même d’un des grands moments de la vie parisienne, et donc qu’il peut aussi avoir sa place ici. Et parce que, on l’avoue, on ne s’en est pas encore tout à fait remis et, dès lors, on manque un peu d’énergie ce matin pour trouver un autre sujet du jour…

Hier donc, c’était le semi-marathon de Paris, un rendez-vous que ne manquent pour rien au monde tous les mordus d’athlé de France et d’au-delà (60 pays étaient  représentés, dont la Belgique avec quelque 150 coureurs).

A l’inverse des 20 kilomètres de Paris, c’est loin d’être une course facile et plaisante. D’abord, parce qu’elle se déroule en plein hiver – mais au moins hier, a-t-on évité la neige. Ensuite, parce qu’il y a foule: quelque 25.000 personnes, ce qui en fait le premier semi-marathon de France en termes de participants. Du coup, pendant les premiers kilomètres, tout le monde se bouscule et joue des coudes, ce qui est moyennement agréable. Enfin, parce que le profil de la course – qui, en gros, va du Bois de Vincennes à l’Hôtel de Ville, et retour – est traître. Relativement «roulant», comme on dit dans le jargon, dans sa première moitié, mais accumulant, dans sa seconde moitié, les raidillons exténuants et les faux plats épouvantables. Monotones, aussi, vu qu’une bonne partie de la course se déroule dans le bois, d’où moins de public et moins d’encouragements et surtout moins de panoramas urbains à admirer entre deux foulées.

«C’était beaucoup moins pénible que ce que tu nous avais décrit!», se réjouissaient  hier deux amis coureurs venus de Bruxelles spécialement pour l’occasion. Quasiment hilares, la ligne d’arrivée franchie. Visiblement shootés par les endorphines et le bon air parisien puisqu’ils en étaient presque à qualifier d’aimable cet infernal parcours. Sans doute n’ont-ils pas vu, à partir du kilomètre 17 ou 18, ces coureurs – souvent des jeunes gaillards en pleine forme, en plus – s’écroulant les uns après les autres d’épuisement sur le macadam, livides de fatigue, anéantis aurait-on dit, KO en tout cas, comme de grands blessés recouverts de couvertures de survie et entourés de pompiers affairés.

Autant on garde à chaque fois un bon souvenir des 20km, autant hier, comme les fois précédentes, on a pris peu de plaisir à ce semi-marathon. On en a même assez bavé, pour tout dire. Résultat des courses – c’est le cas de le dire ;-) –, le résultat a été assez catastrophique. Mais on s’en fiche assez, car une dizaine de minutes en plus ou en moins ne sont rien par rapport aux souvenirs inoubliables que laissent immanquablement ces grandes épreuves parisiennes d’athlétisme.

Il faut voir les métros de la capitale pris d’assaut par des myriades d’athlètes hystérisés. Se perdre sur l’esplanade du Château de Vincennes transformée en gigantesque barbecue à ciel ouvert ou dans le Parc floral reconverti en immense vestiaire. Sentir la pression physique de la foule qui piétine dans votre dos quand le coup de sifflet du départ est sur le point d’être donné. Entendre l’impressionnant martèlement en cadence de milliers de pas sur la chaussée. Assister à la cohue d’innombrables  bouteilles d’eau volant en tous sens après les ravitaillements. S’émouvoir à la vue de ces coureurs qui, même entre inconnus, s’encouragent et s’entraident. Vibrer au spectacle de tous ceux – trop peu entraînés, trop vieux, trop lourds, trop gros, trop ci, trop là –, qui sont toujours en train de terminer leur course si longtemps après votre arrivée. Qui, dans les cent derniers mètres, peinent, soufflent, grimacent, manquent de défaillir, fondent carrément en larmes parfois. Mais s’accrochent, continuent, puisent leurs dernières forces au plus profond d’eux-mêmes. Jusqu’à franchir à leur tour la fameuse ligne d’arrivée, littéralement portés par les applaudissements et les cris d’encouragement de la foule. Ce sont toujours des moments très poignants.

10:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Paris, Sports, Santé

Commentaires

Rhaaaa la côté du kilomètre 12 et le long faux plat qui suit, m'ont achevé

J'étais de ces jeunes gailards en pleine forme qui s'écroulaient à partir du kilomètre 17; mais bon, épreuve finie dans un temps à peine au dessus de 2h07' (loin de vous cher monsieur delattre si j'en crois les classements), malgré qqs centaines de mètres à la marche :)

(Note BDL: Sans le savoir, on a donc croisé dimanche un lecteur de ParisLibre! Voire couru à ses côtés! Comme c'est émouvant ;-) Pour l'édition 2009 de ce semi-marathon, qui sait, y aura-t-il une équipe de "jeunes gaillards" tous lecteurs de ce blog, coureurs de choc et affublés bien sûr d'un tee-shirt adhoc, ce serait merveilleux;-))

Écrit par : Vincent (+ note BDL) | 03/03/2008

Comme j'aurai aimé courir à vos côtés, hélas je devais vous suivre quelques kilomètres à la traîne ;) visiblement, mes performances ne m'auraient pas permis de vous suivre plus de quelques centaines de mètres, au prix d'un effort intense. Mais je relève la proposition pour 2009 :)

Écrit par : Vincent | 03/03/2008

Nous pourrions être trois car j'ai bien l'intention de récidiver l'année prochaine. Mais accepterez-vous les "vieilles gaillardes" (VF1 en 2h13) dans votre groupe ? (;-D. En attendant de tenter de vs suivre en courses, je continuerai à suivre assidûment votre blog.

(Note BDL: Oui évidemment, dans ce cas de figure, tout le monde absolument tout le monde, femmes et hommes, vétérans et juniors, athlètes et débutants, petits et grands, Belges et Français, Parisiens, banlieusards et provinciaux, sarkozystes et royalistes, seraient les bienvenu(e)s dans cette hypothétique et épique équipe de coureurs-blogueurs de ParisLibre. Manquerait juste le tee-shirt fédérateur, et élégant si possible. Mais ne perdons pas espoir puisque le cher Sylvain, un des plus anciens et fidèles lecteurs de ce blog, nous le promet depuis des lustres;-) En même temps, vu l'expérience de dimanche, on proposerait plus de tenter cela au 20 km qu'au semi mais bon, on a le temps d'en reparler. En attendant, bonnes lectures et/ou bonnes courses à toutes et à tous)

Écrit par : Crumble (+note BDL) | 03/03/2008

Ce serait amusant de vous inviter au marathon d'Istanbul, en octobre 2008 (enfin, ça dépend du ramadan, peut-être ce sera en septembre 2008).
Celui de 2007 était très très surprenant pour moi. Certainement impressionnant mais... "pas seulement pour les bonnes raisons".
Le marathon d'Istanbul est la seule occasion de traverser le Bosphore à pie. Car une fois l'an, un des ponts sur le Bosphore est fermé à toute circulation pour laisser place aux coureurs, marcheurs, familles, flaneurs et autres...
La vue est évidemment extraordinaire, on peut assister au aller et venue des énormes bateausur la gorge(bogaz en turc signifie la gorge) , admirer les rives, les palais, les édifices superbes des bords du Bosphore...
Hélas, cette année, ce marathon coincidait avec la fête de la république et, re-hélas, avec la mort de soldats turcs aux frontières de l'Irak... Et dans ce sens, ce marathon fut une grand-messe (passez-moi l'experssion) nationaliste à faire peur, des enfants déguisés en soldats et des heures de slogans guerriers qui donnent froid dans le dos)...
Alors, on vous attends ici pour de belles enjambées...

Écrit par : Estella | 04/03/2008

Le semi marathon avec un tshirt : Blog parisien de lalibre

ca peut se faire ;))
En tout cas, j'en serai avec plaisir

Écrit par : sylvain | 05/03/2008

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