Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

04.03.2008

Un sport

C’est un peu comme courir le marathon. Quand on est journaliste de presse étrangère travaillant en France, courser des personnalités en campagne électorale, c’est un sport. Certes, dans les campagnes pour les élections présidentielles, les candidats à l’Elysée sont plutôt accessibles aux médias étrangers. Car, quand on ambitionne de devenir chef de l'Etat, se déplacer entouré de reporters de CNN ou du «Herald Tribune» peut évidemment contribuer à asseoir une stature internationale. En revanche, dans les campagnes locales, les grandes stars de la politique hexagonale se montrent moins immédiatement accueillantes envers la presse internationale. Logique. Ces candidats doivent se montrer proches de l’électeur local et de ses préoccupations. Une trop grande cohue médiatique autour d’eux peut donc les desservir, en donnant à l’électeur de base le sentiment que ces candidats viennent de haut et, très intéressés, ne font que passer avec leur Cour dans le quartier.

A chaque élection autre que présidentielle qu’on a couverte depuis qu’on travaille à Paris, on a été confronté au même problème. Et on est à nouveau en plein dedans, en ce moment. On a toutes les peines du monde à boucler quelques mini-reportages de terrain, pourtant très anodins, sur telle ou telle sommité en campagne – dont, charitablement, on taira les noms ici.  Non que leurs états-majors vous raccrochent au nez comme ils le faisaient sans vergogne il y a quelques années encore, après vous avoir benoîtement avoué que la presse étrangère n’était pas leur «priorité de communication» – sans même laisser le temps d’expliquer que votre job à vous, ce n’est pas la communication mais l’information. A présent, c’est plus subtil. On est très courtois avec vous au téléphone, on dit toujours qu’on va vous rappeler, mais on vous rappelle rarement ou carrément jamais. Et quand vous demandez telle ou telle précision d’agenda, comme par hasard le responsable n’est jamais là ou l’agenda n’est jamais finalisé. Autant de désagréments qui ne sont naturellement jamais infligés aux collègues de TF1 ou du «Monde».

C’est de bonne guerre, et on ne le prend pas spécialement pour nous. Mais cette attitude est rarement très productive, car elle a surtout le don d’exciter le journaliste de base. Pour qui, du coup, cela devient comme un jeu, une espèce de safari, de se taper l’incruste dans les meetings, de débusquer par des voies détournées les agendas ministériels cachés, d’embarrasser de pauvres secrétaires (qui n’en peuvent rien et ne demanderaient pas mieux) en les prenant en flagrant délit de dissimulation, etc. Le plumitif parvient généralement toujours à ses fins mais, en attendant, il a perdu tant de temps.

Tiens, au fond, autre grand classique des campagnes électorales françaises: il y a toujours un type particulier de personnalités politiques qui, elles, en revanche, sont en permanence charmantes, efficaces, courtoises, accueillantes et entièrement disponibles pour la presse internationale. Ce sont les leaders… des formations d’extrême droite ou d’extrême gauche. Vous êtes journaliste étranger et voulez le numéro de portable d’Olivier Besancenot ou d’Arlette Laguiller? Il n’y a quasiment qu’à les demander à leurs services de presse. Vous désirez faire un marché avec Marine Le Pen dans le Pas de Calais? C’est organisé en un seul coup de fil, on vous reçoit sur place avec le sourire en plus, et vous avez même des chances de prendre un café en tête à tête avec elle. Quel bonheur.

Commentaires

çà c'est bin vrai la blondasse était sur mon marché ce matin et il y avait plus de journaliste(5/6 au plus) que de participants à la liste fn d'Arras et il ne prennent en photo que les commerçants qui lui serrent la pince donc vous n'aurez pas la mienne!

Écrit par : michel | 05.03.2008

Les commentaires sont fermés.