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27/03/2008

Un danger

A la radio ce matin, la satisfaction vraiment très mesurée d’un dirigeant de la préfecture de police de Paris, concernant les chiffres de l’insécurité routière dans la capitale pour 2007, qui viennent de sortir. Certes, jamais on ne s’est aussi peu tué dans les rues de Paris. Avec 37 morts dans les accidents de circulation (contre 64 en 2006), on y enregistre même une diminution historique (-42%) de la mortalité routière. Mais d’autres données sont beaucoup moins réjouissantes.

Le nombre de blessés graves déplorés dans la capitale française a augmenté, passant l’an dernier de 714 à 774. Ce qui fait tout de même plus de 2 blessés graves par jour. Et le nombre de cyclistes tués à Paris a, lui, carrément explosé, passant de 2 à 5 (+150%), alors qu’on a recensé 780 cyclistes blessés. Résultat des courses: alors qu’ils ne constituent que 2 à 3% du trafic, les cyclistes représentent désormais 7% de la totalité des victimes de l’insécurité routière. Selon la préfecture de police, l’an dernier dans la capitale, leur exposition au risque s’est accrue de plus de 37%.

C’est incontestablement l’effet Vélib’. Les chiffres sont éloquents. Un cinquième des cyclistes accidentés à Paris l’an dernier l’ont été… sans la moindre intervention extérieure d’un autre usager de la route! Ce qui, selon la préfecture, «signifie qu’ils n’ont pas su s’adapter au milieu routier». Ce qui indique donc qu’il s’agissait de cyclistes occasionnels maîtrisant mal leur véhicule et/ou connaissant mal la ville et ses dangers. D’ailleurs, quand des «vélibeurs» sont accidentés, leur responsabilité est mise en cause dans 60% des cas, soit deux fois plus fréquemment que la responsabilité des autres cyclistes.

Le «vélibeur» est donc souvent un cycliste inconscient et incivique, et en plus il roule comme un manche: il suffit d’être piéton à Paris pour le constater quasiment chaque jour. On n’est pas sûr, toutefois, que cette réalité suffise à expliquer ces mauvais chiffres de l’insécurité pour les deux roues. Deux autres facteurs, au moins, doivent jouer, qui sont un brin plus embarrassants pour les autorités mais qu'elles devront bien un jour finir par admettre.

D’une part, la dangerosité parfois des aménagements de la ville de Paris. Avec, encore trop souvent, des pistes cyclables au cheminement conçu en dépit du bon sens, quand elles n’abandonnent pas purement et simplement le cycliste complètement démuni en plein carrefour. D’autre part, la qualité du matériel mis à la disposition des «vélibeurs». Structurellement, ces bécanes sont trop lourdes et donc pas assez souples et mobiles. Parallèlement, il n’est pas toujours si facile que cela de fixer son attention comme il le faudrait sur les dangers de la route quand on est, si fréquemment, distrait par un pneu en train de se dégonfler, une selle impossible à bien régler, un panier branlant ou une chaîne qui a l'air de vouloir dérailler.

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