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04/04/2008

Un gage

159c16aef361fbc8e13a7804a39b5989.jpgMalbouffe en France, suite. Nouveau rappel, annoncé ce matin, de tonnes de steaks et de viande surgelés potentiellement avariés. Ce sera sans conteste l’info la moins ragoûtante de cette journée. Plus globalement, mauvaise période décidément pour les gourmets. Outre donc les merguez et les boulettes de boeuf pourries, on a eu successivement droit, en quelques jours, à la mozarrella à la dioxine, à la ricotta à la listeria et aux vins rouges aux pesticides. Ce dernier scandale, s’il a également touché d’autres pays, a particulièrement éreinté la France puisque des traces de produits chimiques ont été découvertes jusque dans des bouteilles millésimées de grands crus classés (Pessac Léognan, Saint-Estèphe, Pomerol et autres merveilles) et dans du vin labellisé bio.

Ce nouveau coup porté à la réputation du vin n’a pas empêché le lancement d’une innovation très particulière concernant ce produit. Cela se passe au Crédit Municipal de Paris, l’ancien Mont-de-Piété, autrement dit «Ma Tante» comme l’appellent les Parisiens (*). Cette «banque de proximité à vocation sociale», la plus ancienne institution financière publique de la capitale – elle a été créée en 1777 –, a accordé l’an dernier plus de 100.000 prêts sur gage. Et depuis peu, elle offre la possibilité à ses emprunteurs de mettre en gage… leurs bouteilles de grands vins.

Le montant du prêt accordé correspondra à 50% de la valeur du breuvage mis en gage, celle-ci étant estimée par un expert en fonction de la valeur des bouteilles en vente aux enchères publiques. Les bouteilles seront gardées dans les caves – «totalement sécurisées, avec une température et une hygrométrie régulées et optimales» – de «Ma Tante», qui occupe un somptueux édifice classé du quartier du Marais. Si l’emprunteur ne parvient pas à rembourser son prêt à la date convenue, ses grands crus seront mis aux enchères.

Toutefois, que les oenophiles sans scrupules, qui acceptent de se faire plaisir sur les malheurs financiers des autres, ne se réjouissent pas trop vite. En effet, ces ventes aux enchères motivées par des défauts de remboursement ne devraient pas être très nombreuses: 93% en moyenne des objets déposés en gage au Crédit Municipal sont récupérés par leur propriétaire…

(*) Ce sobriquet vient de François-Ferdinand-Philippe d’Orléans, Prince de Joinville (1818-1900) et troisième fils du roi Louis-Philippe.Ne souhaitant pas révéler à sa mère, la reine Marie-Amélie, qu’il avait mis sa montre en gage au Mont-de-Piété pour honorer des dettes de jeu, il prétexta, lorsque celle-ci s’étonna un jour de ne pas la lui voir porter, l’avoir oubliée chez sa tante.

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