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19/05/2008

Une substance (suite)

6d4e458882c139d3a5e09e8f531a6097.jpgCe n’est pas forcément ce qu’il y a de plus intéressant dans l’actu du jour, mais c’est probablement ce que les gens vont en retenir: après avoir chassé le tabac des lieux de convivialité, le gouvernement français s’attaque donc à l’alcool. Selon «Le Parisien» de ce matin, sur le bureau du Premier ministre François Fillon, figure une note officielle de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) lui recommandant de serrer vigoureusement la vis contre toutes les pratiques incitatives à la consommation d’alcool.

Visée: l’«happy hour», ces tarifs avantageux pratiqués par les bars à l’heure de l’apéro, pour s’attirer la clientèle dans l’espoir qu’elle reste en soirée. Une pinte de bière pour le prix d’un demi, c’est le genre de tarifs pratiqués à Paris pendant ce créneau horaire. Invoquant notamment l’alcoolisme grandissant chez les jeunes, la Mildt recommande à François Fillon d’interdire purement et simplement ces tarifs promotionnels. D’autres offres assimilées à l’«happy hour» sont visées: l’«open bar», la vente d’alcool à la bouteille dans les discothèques, etc.

Si une telle mesure est prise, les fêtards pourront toujours se rabattre sur les boissons énergisantes comme le Red Bull. En effet, dans un spectaculaire retournement de situation depuis la dernière note sur le sujet (ici), le gouvernement vient finalement d’autoriser la commercialisation en France, dès la mi-juillet, de la célèbre boisson ailée dans sa version originelle: à base donc de taurine, cette fameuse substance aux effets si controversés. En quinze jours, toutes les réserves sanitaires émises envers la taurine, qui avaient justifié le lancement sur le marché hexagonal uniquement d’une version allégée du Red Bull, ont donc volé en éclats, comme par magie. C’est le fruit d’un lobbying redoutable, exercé à coups d’avocats impitoyables. Le fabricant de Red Bull (troisième boisson non alcoolisée la plus consommée au monde derrière Coca et Pepsi) avait introduit plusieurs procédures devant le tribunal administratif de Paris, et réclamait 300 millions d’euros de dédommagement à l’Etat français pour avoir refusé la commercialisation de son produit. Grâce à l’accord qui vient d’intervenir avec Bercy, Red Bull a retiré sa plainte.

L’avantage à cette info, c’est qu’au moins elle donne la valeur marchande du fameux principe de précaution, clé de voûte du processus décisionnel français: il vaut donc 300 millions d’euros.

Commentaires

Bienvenue dans le tout sanitaire, le tout bien pensant :

Fumez plus, buvez plus, baisez plus .... vivez plus

Écrit par : sylvain | 19/05/2008

Si on vous suit, Sylvain, l'amour physique serait donc une substance addictive nuisible à la santé, comme les 2 autres ??? Flute alors... moi qui croyais justement que ça brûlait les calories mieux qu'une tisane chinoise aux plantes ;)

Écrit par : Catherine | 20/05/2008

Aucune idée la dessus Catherine... mais juste pour souligner que de nos jours, on termine par tout interdire "pour notre bien" ...

Écrit par : sylvain | 21/05/2008

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