30.05.2008
Un style
Une femme, retour d’une journée de shopping, s’adresse à son mari qui fait la moue en la voyant essayer les chaussures qu’elle vient d’acheter: «J’achète deux paires parce que, quand tu fais cette tête, ça m’enlève la moitié du plaisir». Une autre, au volant de sa voiture, tente d’amadouer un pandore sur le point de la verbaliser: «Je préfère ne pas vous remettre mes papiers, si vous êtes marié: ils empestent le parfum». Deux copines attablées dans un bistrot parisien: «Tu crois qu’ils ont remarqué, à Cannes, que nous boudions le Festival?» Une mère en vison sermonne une ado boudeuse: «Mais Françoise, je ne comprends pas ce qui t’empêche de vivre intensément avenue Foch». Deux copines encore, bavardent à la plage: «Il me demande si je suis libre ce soir. Ai-je une tête à avoir une soirée libre?» Un couple en tenue de soirée sur un balcon, elle répond à son prétendant: «Il y a en moi plusieurs femmes. Comment voulez-vous que je puisse me contenter d’un seul homme?» Plus tard, la même en robe de nuit et au téléphone: «Quelle surprise, Henri, de vous entendre avec le faux numéro que je vous ai donné». Ces réparties, c’est du Kiraz tout craché. Edmond Kirazian dit Kiraz, le célèbre dessinateur de presse, qui depuis la fin des années 50, croque les Parisiennes dans des magazines de papier glacé: «Jours de France» pendant trente ans, puis «Match», «Gala», «Elle», «Playboy», etc. Les Parisiennes de Kiraz, sur leurs vertigineux talons hauts, ont fait le tour du monde. Leurs silhouettes longilignes ont même été exportées jusqu’au Japon. Elles ont aussi fait de la pub pour des édulcorants, des boissons gazeuses ou des panties. Et n’ont pas peu contribué à populariser le cliché mondial de la Parisienne élégantissime. De leur père spirituel, le couturier Christian Lacroix dit d’ailleurs qu’il n’avait pas son pareil pour «dessiner des décors formidables et capter l’essence de la mode».
Carnavalet, le musée de l’Histoire de la Ville de Paris (ici), rend hommage en ce moment à Kiraz, en lui consacrant une rétrospective qui réunit plus de 200 de ses œuvres: gouaches, dessins, esquisses ou croquis. En visitant l’expo, cela saute aux yeux: Kiraz, c’est vraiment un style. Aussi enlevé sur la forme (ses gouaches sont toujours très joliment colorées) que connoté sur le fond.
La Parisienne, la vraie, probablement se bat avec les horaires des crèches, transpire en Vélib’, peste contre des taxis inexistants, arrive en retard au spectacle, fraude dans le métro, n’a pas le temps d’arroser les plantes de son balcon, râle de ne plus pouvoir fumer au café, milite dans un comité de quartier, sacrifie quelques calories à un bon verre de vin, et fait surtout du shopping en période de soldes. La Parisienne de Kiraz, elle, passe ses journées dans les grands restaurants, dans les boutiques de luxe, au volant de son cabriolet, en rendez-vous galants, en vacances à la plage ou au manège équestre. Significatif: parmi toutes les oeuvres de Kiraz exposées, une seule et unique montre une Parisienne se livrant à une activité quotidienne dénuée de glamour: descendre les poubelles.
La Parisienne, la vraie, a probablement un caractère bien trempé, mais son tempérament ne se laisse pas résumer par quelques réparties en forme de clichés. La Parisienne de Kiraz, elle, de dessin en dessin invariablement depuis trente ans, est parfois spirituelle, toujours ravissante, mais le plus souvent passablement nunuche : sorte de poupée Barbie réduite à sa frivolité affective ou vestimentaire. La Parisienne de Kiraz, finalement, est un peu à la Ville Lumière ce que Carrie Bradshaw, de «Sex and the City», est à New York.
Du coup, en parcourant l’expo hier, on n’était plus trop sûr que cette futilité féminine ainsi honorée, supposément rafraîchissante, n’était pas en fait très agaçante par sa misogynie sous-jacente. On remarquait alors que, parmi les visiteurs, l’écrasante majorité était des femmes. Et que des éclats de rire guillerets et des murmures amusés fusaient régulièrement de leurs bouches.
10:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Expositions, Femmes, Humour, Presse, Sexisme
29.05.2008
Une dispute
L’obectif? «Recycler la colère, l’énervement et le stress». Le principe? «Il vaut mieux se disputer sans raison avec le premier venu qu’avec ses proches». Le concept? Le collectif fixe sur internet un lieu et une heure de rendez-vous dans Paris. Ensuite, «on y va, on s’insulte, on se dispute et on se crie dessus». On se dispute donc entre gens qui ne se connaissent pas le moins du monde, qui n’ont a priori rien à se reprocher, et qui n'ont dès lors pas la moindre raison de se disputer. Mais tous ensemble, pourtant, on joue voire on surjoue la dispute. L’avantage? «Ces disputes sont impersonnelles. Personne ne se sent visé. Personne n’est blessé. Et on peut rentrer chez soi ou à son boulot détendu, calme, en ‘socio durable partner’ accompli».
On irait bien.
10:35 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Social, Santé, Culture, Humour
28.05.2008
Une addiction
Des semaines que son visage s’étale en grand format sur les panneaux publicitaires des couloirs du métro de Paris. Cette fois, ça y est, elle est là. Ce mercredi, Carrie Bradshaw, alias Sarah Jessica Parker, débarque dans 500 salles de cinéma de Paris et de France avec ses copines Samantha, Miranda et Charlotte pour l’adaptation en long métrage de la cultissime série télé «Sex and the City». Le film devrait faire un tabac. L’autre jour déjà, venue à Paris présenter et dédicacer la nouvelle (et très chère) gamme de parfums qu’elle vient de lancer, Sarah Jessica Parker a bien failli provoquer une émeute tant ses fans étaient nombreux. N’importe qui ayant regardé ne serait-ce qu’un seul épisode de «Sex and the City» pourra le confirmer: Carrie Bradshaw est une passionnée de chaussures. En vraie «fashion addict», elle ferait n’importe quoi pour une paire de Manolo Blahnik. Du coup, l’institut de sondages TNS-Sofres profite de l’arrivée sur les grands écrans français de l’icône new-yorkaise de la mode pour rendre publics les résultats d’une enquête d’opinion essentielle, réalisée il y a quelques mois, sur… les Françaises et les chaussures.
Ce sondage indique qu’un peu plus de 4 femmes sur 10 (42%), contre à peine 2 hommes sur 10 (17%), aiment s'arrêter pour regarder les vitrines des magasins de chaussures, voire ont du mal à résister à la tentation de rentrer dans ce magasin quand elles ont aperçu un modèle qui leur plaît. Seules 20% des femmes disent ne pas faire attention aux devantures des magasins de chaussures.
En moyenne, les Françaises possèdent 9 paires de chaussures (contre 6 pour les hommes). La moitié d'entre elles (50%) en possèdent 7 paires ou plus, contre 28% des hommes seulement qui sont dans ce cas. Les femmes détenant plus de 9 paires de chaussures font partie des catégories aisées (avec un record de 14 paires en moyenne) mais appartiennent aussi aux catégories moyennes supérieures (11). Onze, c’est le nombre moyen de paires de chaussures que l’on retrouve dans la garde-robe des Parisiennes.
Seules 13% des Françaises admettent posséder un grand nombre de chaussures, voire avouent, comme Carrie Bradshaw, les collectionner. Six Françaises sur dix considèrent détenir un nombre raisonnable de chaussures. Cette notion de raison, toutefois, est éminemment variable. Pour preuve, 33% des Françaises possédant plus de 20 paires de chaussures trouvent cette quantité raisonnable…
10:35 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Télévision, Mode, Luxe, Femmes
27.05.2008
Une obsession
«Il ne peut y avoir de régularisation massive et générale». Brice Hortefeux doit souffrir du syndrome du disque rayé. Dans une énième interview ce matin, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale – quelle dénomination si connotée décidément, même un an après on ne s’y est toujours pas fait – Brice Hortefeux donc a répété pour la énième fois sa position sur le dossier des travailleurs sans-papiers en grève depuis des semaines pour obtenir des titres de séjour. Ce ministre a-t-il l’impression d’être si peu entendu quand il parle, qu’il répète à longueur de journées, de semaines et de mois le même laïus, sans évoluer d’un iota?
A moins que Brice Hortefeux et derrière lui Nicolas Sarkozy ne commencent à se sentir quelque peu gênés aux entournures par ce dossier. Qui, de semaine en semaine, en vient à physiquement cerner les lieux les plus symboliques du pouvoir. Pour preuve. La grève des travailleurs clandestins a frappé le «Café de la Jatte », un des restaurants préférés du Président. On sait aussi que, via une entreprise sous-traitante, des sans-papiers ont été employés dans un chantier de restauration d’un palais national mené pour le compte du Premier ministre. Depuis quelques jours, la grève des sans-papiers se rapproche physiquement de la présidence: plusieurs établissements des Champs-Elysées sont en grève, et un restaurant gastronomique de la rue Matignon, très couru entre 13 et 14 heures par les éminences élyséennes, est lui aussi perturbé.
Cerise sur le gâteau hier. On a appris qu’un des jeunes collégiens et des plus charismatiques acteurs d’«Entre les murs», le film couronné dimanche soir Palme d’Or de Cannes, était… un sans-papiers, en demande comme ses parents de régularisation. Quant à Laurent Cantet, le réalisateur du long-métrage primé (qui a été unanimement acclamé et s'est déjà vendu dans des tas de pays étrangers), c’est un ardent activiste de RESF, le réseau qui milite pour la régularisation des sans-papiers. On imagine la tête mortifiée qu’a dû tirer, ce week-end à Cannes, la ministre de la Culture Christine Albanel en apprenant cela. Elle qui, en tant que ministre, se devait à la fois de féliciter les lauréats de la Palme, qu’ils aient des papiers ou pas, et incarner un gouvernement quotidiennement obsédé par l’expulsion de ces mêmes sans-papiers.
Les clandestins sont partout, doivent donc se dire en ce moment, en grimaçant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy. Ce matin même, d’ailleurs, au grand marché de Rungis visité à l’aube par le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy a bien dû, selon toute probabilité, serrer sans le savoir les mains de l’un ou l’autre travailleur sans-papiers. Qu’ont donc bien pu penser ceux-ci, quand ils ont entendu le Président prononcer dans son discours un si vibrant hommage aux «travailleurs qui se lèvent tôt»?
11:00 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Etrangers, Immigration, Economie, Social, Cinéma, Culture
26.05.2008
Une course
C’était dimanche. C’était le lieu de rendez-vous de pas mal de Parisiens mordus de course à pied, qui auraient été ravis de courir hier les 20 kilomètres de Bruxelles – une course manifestement assez populaire y compris en France – mais qui s’y étaient pris trop tard et n’avaient donc pu s’inscrire. C’était un semi-marathon. Cela se passait en banlieue parisienne… sur une base aérienne de l’armée, au cœur donc d’un immense domaine militaire, protégé sur tout son long par d’imposantes clôtures de barbelés. Et c’était assez drôle.
L’ambiance, en effet, rappelait immanquablement le film «Top Gun». Il y avait en fond sonore, et à tue-tête, de la mauvaise musique de variétoche telle que celle écoutée par Tom Cruise dans le bar où il essaie d’emballer sa supérieure. Il y avait, évoluant dans ce décor spartiate (vestiaire à ciel ouvert sur le tarmac, pas de douches, ravitaillements réduits au minimum, etc.), des militaires en treillis patrouillant en jeeps ou en compagnie de molosses patibulaires, des officiers aviateurs impeccables et multi-galonnés, et des athlètes galbés comme des médaillés olympiques. Il y avait aussi un cockpit d’avion de chasse dans lequel on pouvait s’asseoir et se faire photographier, un stand où l’armée de l’air essayait d’appâter de futures recrues, et même une tombola où l’on gagnait des baptêmes de l’air.
On n’avait jamais couru, auparavant, sur les pistes d’un aérodrome. Ce fut assez impressionnant d’aligner, sur 21 bons kilomètres, les plaques de bitume invariablement toutes identiques et rigoureusement ponctuées de diodes lumineuses bleues. Sur les bas-côtés des pistes, parmi les graminées, des coquelicots poussaient et des lapins gambadaient. L’horizon de cet aéroport, si infiniment plat et ras à perte de vue, ne mettait que plus en valeur les constructions boursouflées d’un ciel tourmenté de nuages d’orage.
Nombre de participants à cette course étant visiblement des militaires, le niveau a été assez rapide. Les quinze premiers kilomètres ont été sublimes. Déjà, d’habitude, il n’y a rien de tel, pour se laver l’esprit de ses soucis, que de se concentrer pendant environ 1 heure et demi sur le seul rythme de ses foulées (inspirer sur deux pas, expirer sur trois pas, et ainsi de suite, un nombre incalculable de fois). Mais là hier, le silence impressionnant qui régnait aux confins de cette base militaire immense n’était que plus propice à l’évasion des préoccupations. Les quatre kilomètres suivants ont été plus pénibles. Les deux derniers ont été carrément atroces. A de tels degrés d’épuisement, on implorerait tous les Dieux de la terre, on maudirait même père et mère pour que cela s’arrête.
La ligne d’arrivée franchie, sous un soleil de plomb et dans un état second, on est resté une à deux minutes limite groggy, comme anéanti par la violence physique de l’effort, prostré et persuadé qu’on n’arriverait jamais plus à se relever. C’est ensuite seulement, quand le pouls se calme, quand le souffle s’apaise, que la sensation la plus fabuleuse qui soit s’immisce petit à petit. Puis, de seconde en seconde, envahit le corps et l’esprit. C’est à ce moment qu’on le sent: on revit. Ressentir ce plaisir si intense est, chaque fois, un moment vraiment fascinant.
11:40 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sports, Santé, Armée, Défense, Belgique
23.05.2008
Une alerte
On a vraiment cru qu’on avait la berlue. C’était hier. Soudain, dans tout Paris ainsi que dans trois départements de la petite couronne parisienne, les sirènes du Réseau national d’alerte ont retenti. Ces sirènes, qui datent de la guerre 40-45, sont supposées alerter la population en cas de catastrophe majeure: nuage toxique, accident nucléaire, etc. Du coup, évidemment, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris a reçu d’innombrables coups de téléphone de gens angoissés. Des citoyens d’autant plus inquiets qu’on était un jeudi. Or, ce n’est pas le jeudi mais le mercredi, à midi pile, qu’une fois par mois, sur tout le territoire national, ces sirènes sont testées par un signal d’essai. Donc, dans l’esprit des gens appelant les pompiers, ces sirènes ne pouvaient retentir que pour signaler une catastrophe et non un essai.
Finalement, il ne s’agissait que d’une fausse alerte. Ni à Paris ni ailleurs hier, aucun nuage toxique n’a jamais pointé à l’horizon et aucune catastrophe industrielle majeure n’a été déplorée. L'origine de cette fausse alerte n'a pas été déterminée ni communiquée.
Voilà qui va de nouveau faire jaser sur l’état des 4500 sirènes d'alerte constituant ce Réseau, dont près de la moitié n’ont pas été remplacées depuis les années 40. Au début des années 2000, un vaste programme de rénovation de ces sirènes avait été élaboré, mais il était longtemps resté dans les cartons faute de budget. A l’époque, plusieurs problèmes avaient été diagnostiqués: anodins en temps normal, mais potentiellement embarrassants en cas de catastrophe.
Ainsi, le système de télécommande des sirènes obligeait les préfets à déclencher celles-ci sur l’ensemble du territoire du département - et donc à affoler quantité de gens - même et y compris quand le danger était circonscrit à un seul village ou quartier d’une ville. Autre problème: les sirènes installées dans les usines cataloguées Seveso (établissements à risque élevé, essentiellement dans le secteur de la chimie ou de la pétrochimie) n’étaient pas reliées au réseau général. C’est ce qui explique pourquoi, lors de catastrophe meurtrière de l’usine AZF à Toulouse en 2001, aucune sirène n’a retenti immédiatement après l’explosion, la sirène de l’usine AZF ayant été soufflée par la déflagration.
Depuis, le plan de rénovation des sirènes est censé avoir été mis en œuvre. L’incident de jeudi, toutefois, de même que le manque de transparence sur son origine et ses causes, ne rassureront pas les plus paranoïaques sur l’état de la défense civile en région parisienne.
10:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sécurité, Défense, Paris, Environnement, AZF
22.05.2008
Un véhicule
Journée de grève en France ce jeudi, et donc journée d’embarras dans les transports publics – même si, pour une fois, cela ne semble pas être l’énorme galère. Parlant modes de déplacement, en ce moment, on aperçoit de plus en plus des véhicules un peu bizarres dans les rues de Paris. Entre le vélo-taxi, le tricycle électrique et le rickshaw asiatique, ils servent le plus souvent de promène-touristes, mais seraient également utilisés par de vrais Parisiens pour des courts déplacements effectués dans l’hyper-centre de la capitale.
Ce mode de déplacement fonctionne tellement bien à Paris que plusieurs sociétés (ici ou là) se disputent déjà le marché. Avec une vitesse revendiquée de 25km/h maximum au compteur, le vélo-taxi est évidemment un mode de déplacement moins rapide que le taxi traditionnel. Cela revient aussi moins cher: 1,5 à 2€ la prise en charge, plus la même somme par personne transportée et kilomètre parcouru. Au total, selon ses promoteurs, ce «véhicule 100% écologique» constitue «la réponse efficace aux problèmes de pollution et d’encombrements dans les grandes agglomérations».
Peut-être. N’empêche, le tricycle de ce type qu’on a aperçu l’autre jour immobilisé en pleine heure de pointe et en plein embouteillage dans le quartier Madeleine faisait quelque peu peine à voir. Et les touristes qu’il transportait avaient l’air de moyennement apprécier la situation, plongés qu’ils étaient dans leurs mouchoirs pour essayer d’échapper à une suffocation due aux gaz d’échappement.
11:00 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Transports, Tourisme, Environnement
21.05.2008
Une détente
La vie est si dure. Parfois. Si on veut tenir le coup, il faut pouvoir, de temps en temps, s’offrir des petits moments de détente. Même et y compris quand on est Président. C’est sans doute ce qu’on s’est dit ces jours-ci au palais de l’Elysée. En ce moment, en effet, l’agenda présidentiel contient l’une ou l’autre pause détente aussi délassante que télégénique. Ainsi, ce matin à 11h30, Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée le cinéaste et producteur américain Steven Spielberg. Pile poil le jour de sortie du dernier «Indiana Jones» dans les salles françaises: que voilà un plan de communication merveilleusement bien conçu. Qui sait, l’ami de Tom Cruise et le papa d’E.T. l’extraterrestre trouveront-ils le temps de visionner ensemble quelques séquences du «Royaume du crâne de cristal» dans la salle de cinéma privée de l’Elysée.
Demain à 18h, le chef de l’Etat reçoit en grandes pompes Céline Dion, en pleine tournée en ce moment à Paris. La chanteuse se verra remettre les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur. Rien ne figurant à l'agenda présidentiel officiel à l’issue de cette cérémonie, qui sait le Président de la République, qui adore pousser la chansonnette au coin d’une guitare avec ses copains, vocalisera-t-il quelques instants avec Céline, Carla et l’un ou l’autre ami. Ce sera un moment si joli. Et c’est sûr qu’après cela, cela ira beaucoup mieux dans le pays.
10:45 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Culture, Cinéma, Musique, Chanson française
20.05.2008
Un transport
Trains, bateaux, bagnoles et taxis en carafe: comparativement, le vélo, lui, se porte comme un charme. C’est particulièrement vrai à Paris. Avant même de fêter son premier anniversaire (en juillet), Vélib’ compte désormais 70.000 utilisateurs par jour en moyenne et vient de dépasser le cap des 20 millions d’utilisations. Les Vélibeurs sont globalement ravis, si l’on en croit un sondage réalisé par la mairie de Paris, qui pointe 94% d’opinions tout à fait ou plutôt satisfaites. C’est évidemment une façon très avantageuse de présenter les choses, et qui cache mal une réalité plus nuancée. En effet, six utilisateurs de Vélib sur dix trouvent qu’il y a des progrès à faire en ce qui concerne la disponibilité des places pour déposer son vélo en station et la disponibilité des vélos attendant le client en station. Et près d’un sur d’eux (44%) réclame des améliorations en ce qui concerne l’état général des vélos.
Les deux premières récriminations reposent le problème de l’insuffisante régulation de Vélib. En clair, et en gros, tous les Parisiens empruntent et remettent les vélos globalement aux mêmes endroits et aux mêmes heures de la journée, ce qui entraîne en permanence des stations soit désertes, soit qui débordent. Parmi les stations désertes, la centaine (sur les 1200) qui sont situées sur les hauteurs de Paris: au sommet de la Butte Montmartre, des Buttes-Chaumont, de Ménilmontant ou de Belleville. Il fallait s’y attendre: autant les cyclistes sont ravis d’emprunter des Vélib’ pour dévaler ces collines (d’où des stations bondées à leurs pieds), autant la plupart des Parisiens préfèrent les remonter en métro plutôt qu’à vélo. Cela oblige les régulateurs de Decaux à remonter à longueur de journées des camions entiers de bicyclettes au sommet de ces collines.
Du coup, la mairie va essayer d’arranger cela en lançant, courant juin, un nouveau système de gratification. Cela s’appelle «V’+» et cela fonctionne avec des «stations bonus». Ces stations sont précisément celles installées en hauteur de Paris. Les Vélibeurs qui y rendront leur vélo se verront récompenser de leurs efforts physiques par un crédit temps gratuit et cumulable.
En mai 2007, Nicolas Sarkozy s’était fait élire avec son slogan «Travailler plus pour gagner plus». En mai 2008, Bertrand Delanoë en invente une déclinaison parisienne, sportive et écologique: «Pédaler plus pour payer moins». Cet homme, décidément, ira loin.
11:00 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Transports, Social, Paris, Delanoë, Grèves
19.05.2008
Une substance (suite)
Ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus intéressant dans l’actu du jour, mais c’est probablement ce que les gens vont en retenir: après avoir chassé le tabac des lieux de convivialité, le gouvernement français s’attaque donc à l’alcool. Selon «Le Parisien» de ce matin, sur le bureau du Premier ministre François Fillon, figure une note officielle de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) lui recommandant de serrer vigoureusement la vis contre toutes les pratiques incitatives à la consommation d’alcool. Visée: l’«happy hour», ces tarifs avantageux pratiqués par les bars à l’heure de l’apéro, pour s’attirer la clientèle dans l’espoir qu’elle reste en soirée. Une pinte de bière pour le prix d’un demi, c’est le genre de tarifs pratiqués à Paris pendant ce créneau horaire. Invoquant notamment l’alcoolisme grandissant chez les jeunes, la Mildt recommande à François Fillon d’interdire purement et simplement ces tarifs promotionnels. D’autres offres assimilées à l’«happy hour» sont visées: l’«open bar», la vente d’alcool à la bouteille dans les discothèques, etc.
Si une telle mesure est prise, les fêtards pourront toujours se rabattre sur les boissons énergisantes comme le Red Bull. En effet, dans un spectaculaire retournement de situation depuis la dernière note sur le sujet (ici), le gouvernement vient finalement d’autoriser la commercialisation en France, dès la mi-juillet, de la célèbre boisson ailée dans sa version originelle: à base donc de taurine, cette fameuse substance aux effets si controversés. En quinze jours, toutes les réserves sanitaires émises envers la taurine, qui avaient justifié le lancement sur le marché hexagonal uniquement d’une version allégée du Red Bull, ont donc volé en éclats, comme par magie. C’est le fruit d’un lobbying redoutable, exercé à coups d’avocats impitoyables. Le fabricant de Red Bull (troisième boisson non alcoolisée la plus consommée au monde derrière Coca et Pepsi) avait introduit plusieurs procédures devant le tribunal administratif de Paris, et réclamait 300 millions d’euros de dédommagement à l’Etat français pour avoir refusé la commercialisation de son produit. Grâce à l’accord qui vient d’intervenir avec Bercy, Red Bull a retiré sa plainte.
L’avantage à cette info, c’est qu’au moins elle donne la valeur marchande du fameux principe de précaution, clé de voûte du processus décisionnel français: il vaut donc 300 millions d’euros.
10:45 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Santé, Gouvernement, Art de vivre, Tabac



