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13/06/2008

Une aggravation

Les chiffres sont tombés cette semaine, et ils sont encore plus mauvais que ce qu’on redoutait. Ils émanent d’une vaste enquête médicale menée entre 2005 à 2007 auprès de 4.800 Français âgés de 35 à 74 ans, résidant dans les régions de Lille, Toulouse et Strasbourg. Et ces données le confirment sans le moindre doute: les Français sont trop gros. Et d’année en année, ils prennent de plus en plus de poids. En France, selon cette enquête scientifique, 67% des hommes et 50% des femmes sont en surcharge pondérale. Ce sont des chiffres beaucoup plus alarmants que tout ce qu’on avait imaginé jusqu’à présent. Les précédentes études, en effet, évaluaient à 30% environ la population française en surpoids. Elles chiffraient aussi à quelque 17% la prévalence de l’obésité chez les adultes. Les données publiées cette semaine rehaussent ce chiffre à 20%.

Cela dit, quand on voit ce que les Français mangent, ces chiffres n’ont rien d’étonnant. Deux illustrations.

Selon des données du ministère de l’Agriculture dévoilées récemment, entre 1997 et 2005 en France, les achats de fruits frais ont reculé de 12% et ceux de légumes de 14%. Les Français ne mangent plus en moyenne que 340 grammes de fruits et légumes frais par jour, soit même pas la dose quotidienne de 400 grammes recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. Pour justifier leur faible consommation de fruits et légumes, les Français évoquent souvent le prix prohibitif de ces produits. C’est en partie vrai. Sur un an, les prix des fraises, des kiwis, des pommes, des asperges ou des endives ont augmenté respectivement de 4,6%, 35,7%, 5,7%, 13% et 15,7%. Mais, dans le même temps, le prix d’autres produits frais ont baissé: les carottes (-5,8%), les concombres (-15,3%) ou les tomates (-5,6%). Et, comme le rappelait l’autre jour une professionnelle du secteur, le produit le plus cher n’est pas toujours celui qu’on croit: «Avec un kilo de cerises à 5 euros, vous avez un dessert pour cinq ou six personnes. C’est moins cher que la majorité des produits de l’industrie agroalimentaire» - qui eux sont en majorité trop gras et trop sucrés.

En outre, en rue, les tentations de malbouffe se multiplient. Dans n’importe quelle grande ville de n’importe quel grand pays du monde, ou presque, vous trouverez sans trop de difficultés des pommes, des bananes ou des produits laitiers dans les distributeurs automatiques installés sur la voie publique. En France, en revanche, la plupart de ces distributeurs ne proposent encore que des friandises ou des boissons qui toutes font invariablement grossir. Jusqu’à la caricature. Il y a quelques mois (relire ici), des distributeurs automatiques de frites ont vu le jour dans le Nord-Pas de Calais et dans certaines stations balnéaires du Languedoc-Roussillon. A présent, c’est un autre type de distributeur qui semble faire fureur, en banlieue parisienne cette fois. On en trouve déjà à Levallois-Perret (Hauts de Seine) et à Aubergenville (Yvelines). Et on en trouvera demain à Bagneux et à La Garenne-Colombes (Hauts de Seine). Des distributeurs à… pizzas! Ces automates sont baptisés «Pizza’Lib», comme «Vélib’». Et ils préparent des pizzas en en 3 minutes, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Bienvenue au pays de la grande gastronomie.

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