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04/07/2008

Un recul

C’était hier en fin de soirée, devant les news du jour à la télé. A un moment, on a eu, on va dire, comme un imperceptible mais très physique mouvement de recul.

 

C’était le résumé de l’actualité Betancourt du jour. Quelques heures plus tôt, on avait entendu à la radio (ou lu sur les dépêches d’agences de presse, on ne sait plus trop) que les retrouvailles entre l’ex-otage franco-colombienne et ses enfants s’étaient déroulées dans le cadre relativement privé de l’avion mis à la disposition de la famille Betancourt par la présidence de la République. En entendant ou lisant cela, on s’était dit que c’était plutôt bien. Qu’après tant d’années de séparation et de médiatisation, cette famille avait bien le droit à des retrouvailles dans l’intimité.

 

Et puis non, en fait. Pas du tout, découvrait-on devant le «Soir 3».  «Ce sont de très belles images», avait prévenu Marie Drucker. Exactement comme elle aurait dit «C’est une très belle scène» en parlant d’un film de cinéma. Ou «C’est un très beau passage» à propos d’un chapitre de roman – d'ailleurs, «Ingrid Betancourt est une héroïne de roman», s’extasiait ce matin une éditorialiste, à la radio. Et on eut droit, effectivement, et en très gros plans, aux images des retrouvailles de Lorenzo, Mélanie et Ingrid Betancourt.

 

Léger mouvement de recul donc, en voyant (voir comme «voyeur») cela. Disons qu’on n’avait pas forcément envie d’être là. On était évidemment en empathie avec leur bonheur. Leurs effusions n’avaient rien d’indigne ni d’impudique. La scène était même maîtrisée juste ce qu’il faut. C’était «de très belles images», en effet. Mais on ne voyait pas trop à quel titre, et de quel droit, on assistait à tout cela. Pour tout dire, on ne savait pas trop où se mettre. On se sentait un peu dans la peau de quelqu’un qui s’était incrusté dans une fête à laquelle il n’avait pas été invité. On voyait cette famille s’embrasser, se caresser, se sentir, se toucher. Et on sentait que ces moments si intimes, si physiques, en fait, on les voyait mais ils ne nous regardaient pas.

 

 

 

PS: Identique mouvement de recul, on l'avoue, en entendant hier soir à la radio le porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt. Qui comparait l’ex-otage à Nelson Mandela et à Gandhi.  Et réclamait pour elle le prix Nobel de la Paix.

Commentaires

Attention, après, y aura le livre, le film, la série BD, les figurines, la Tv-Realité dans la forêt de vincennes...
Tout ca a cause d'une inconsciente...

Écrit par : sylvain | 04/07/2008

J'oubliais pour le PostScriptum : Parait qu'elle doit même rencontrer le pape... Elle va être canonisée...

Écrit par : sylvain | 04/07/2008

Les comités de soutien, la famille, en particulier Delloye n'ont même pas remercié la Colombie à défaut de son Président. En tant que français je remercie vivement Uribe, car, en 2003 Villepin voulait verser 500 million de dollar (eh oui 20 million de dollar est une somme tellement ridicule que je ne comprends pas que la RSR ce soit fait abuser de la sorte) le prix de mme Betancourt a surement considérablement augmenté depuis cette date et comme vous le savez les caisses sont vides.

Écrit par : GED | 05/07/2008

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