24.07.2008
Une bestiole
Aujourd’hui, une note qui intéressera plus particulièrement les lecteurs parisiens de ce blog qui, en ces nuits d’été, ont comme nous le bonheur – et l’immense privilège, dans cette ville si bruyante – de pouvoir dormir avec les fenêtres grandes ouvertes. Et qui, du coup, en ce moment, sont probablement couverts de piqûres de moustique. S’ils ne l’ont pas déjà fait, ils auraient tout intérêt à se procurer au plus vite de l’anti-moustiques. En effet, le chikungunya pourrait bien avoir fait sa première victime en région parisienne.
Le chikungunya est une maladie virale particulièrement douloureuse voire invalidante (fortes fièvres, violents maux de tête, sévères courbatures, etc.), contre laquelle il n’existe ni vaccin, ni traitement spécifique. Cette maladie tropicale est transmise par un moustique, baptisé «Aedes albopictus» ou «moustique tigre» (bigre) par les entomologistes. En 2006, le chikungunya a décimé les îles françaises de l’Océan indien (La Réunion et Mayotte). Et y a causé «une crise sanitaire d’une ampleur inégalée», dixit à l’époque le gouvernement: 30% à 40% de la population de ces départements ont été atteints par le virus.
Jusqu’à présent, les très rares cas de chikungunya diagnostiqués en métropole n’étaient pas des contaminations autochtones. Il s’agissait de gens qui avaient été piqués par un moustique lors d’un voyage en outre-mer puis avaient développé la maladie à leur retour. On se souvient également d’une contamination accidentelle d’un personnel soignant qui, en réalisant un prélèvement sanguin sans gant, avait été exposé au sang d’une personne infectée. Mais cette fois, les choses pourraient bien se corser.
En effet, la patiente habitant la banlieue parisienne qui est soupçonnée d’avoir contracté le chikungunya, qui est en cours d’examen à la Direction générale de la Santé, outre qu’elle n’a jamais eu de contact de ce type avec un malade, affirme n’avoir pas du tout quitté sa région ces derniers mois. Or, jusqu’à présent, les rares moustiques tigres recensés en métropole ne l’avaient été que dans quelques départements méditerranéens (Corse, Var ou Alpes maritimes). Mais jamais à Paris ni en région parisienne. Du coup, si la contamination est confirmée, l’hypothèse la plus probable, pour expliquer la présence de ce moustique dans le nord du pays, serait que la bestiole se soit glissée dans un avion en provenance du sud. Mais ces avions sont supposés être tous désinfectés. Les spécialistes en perdent donc leur latin.
Et le Parisien moyen dormant avec les fenêtres ouvertes de s’interroger s’il doit ou non changer ses habitudes. Pour nous, il n'en est pas question. Les autorités (ici) n’ont pas l’air plus alarmées que cela. Et, surtout, la canicule arrive à grand pas – 30 degrés annoncés aujourd’hui à Paris. Donc, on va juste redécouvrir l’odeur acidulée et si estivale de la citronnelle, en somme joindre l’utile à l’agréable.
10:35 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Santé, Paris




Commentaires
Fermez les fenêtres, allumez la clim ...
Écrit par : sylvain | 24.07.2008
Utiliser une moustiquaire comme en Asie. Des vendeurs ambulants de moustiquaires sur les quais de la Seine, ça pourrait rapporter grous.
Écrit par : François Collette | 25.07.2008
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