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29.09.2008

Un empire

Dans la foulée de la note de vendredi, sur la crise que traverse le secteur des cafés et des restaurants à Paris, certains parviennent à parfaitement tirer leur épingle du jeu, voire réussissent, malgré le contexte déprimé, à continuer à faire de plantureuses affaires. On y repensait ce week-end encore, attablé aux «Caves Saint-Gilles», une de nos cantines du quartier. En effet, ce bar à tapas du Marais appartient à un groupe qui est à la tête d’un empire dans la Ville Lumière: le groupe Costes.

Ces deux frères, Jean-Louis et Gilbert Costes, ont connu une véritable «success story» à l’américaine. Dans les années 70, ces fils de paysans aveyronnais sont montés à Paris, où ils ont enchaîné  les petits boulots dans des restaurants. Au début des années 80, ils ont ouvert le «Café Costes», aux Halles, décoré par un jeune artiste qui deviendra plus tard une icône internationale du design: Philippe Starck. Succès immédiat et début d’une ascension fulgurante.

Pour preuve: un quart de siècle plus tard, les frères Costes détiennent aujourd’hui une quarantaine d’établissements parisiens invariablement tous bondés chaque soir. On les retrouve aussi bien à Bastille («Iguana Café», «Sanz Sans», «China») qu’à Beaubourg (le «Café Beaubourg» de Portzamparc, «Le Georges» au sommet de Pompidou), au Louvre («Café Ruc», «Café Marly») ou dans les beaux quartiers de l’ouest parisien («L’Avenue», «La Grande Armée», L’«Hôtel Costes K», etc.). L’empire Costes, qui emploie 1500 personnes, ce ne sont pas seulement des bars, des restos et des hôtels, mais aussi des compilations musicales, un magazine et du parfum.

Une des explications de cet incroyable  succès? Le flair des deux hommes, qui ont le chic pour sentir les quartiers qui vont décoller. Ainsi, il y a dix ans, il fallait oser investir dans le «Café de la Musique» à la Cité du même nom, porte de Pantin. Idem ensuite avec le «MK2 Café», l’improbable mais gros succès de Jaurès-Stalingrad. Tandis que l’«Hôtel Amour», l’établissement qui a le plus alimenté la chronique parisienne l’an dernier, est à l’origine du décollage actuel du quartier Pigalle-Anvers, qui devient très branché alors que plus personne n’aurait parié sur lui.

La fortune sourit aux adacieux, dit l'adage. Cela vaut aussi à Paris et dans le monde de la nuit.

Commentaires

Une histoire qui fait rêver effectivement...

J'adorerais sentir leur parfum, COSTES, composé par la talentueuse Olivia Giacobetti. Une fragrance malheureusement introuvable (à part à l'Hotel Costes bien sûr).

Écrit par : Le Critique de Parfum | 29.09.2008

Costes, ça a toujours été un mystère pour moi : dès l'ouverture au Halles, tout le monde se devait d'aller au CELEBRE Café Costes. Il était bien placé, il avait un mobilier "différent" (déjà à l'époque, Stark était un designer couteux, comment ces "fils de paysans aveyronnais" ont-ils pu se le payer avant d'être célèbres ?) mais par quel miracle s'est-il imposé si vite ?

La suite est une banale application de la théorie de l'accumulation du capital ... (cf Marx and brothers)

Écrit par : Parker Pyne | 29.09.2008

@Parker Pyne : ce sont des amis de Sarkozy (humour inside)

Écrit par : sylvain | 01.10.2008

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