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06/10/2008

Un chantier

01ab86068f4ca290802ba16277153d6d.jpgUn énorme chantier mené au cœur d’un fleuron du patrimoine, ce n’est habituellement ni agréable, ni joli. Au Palais royal en ce moment, cependant, le ministère de la Culture a réussi à joindre l’utile et l’agréable. En effet, le vaste chantier de restauration des célèbres colonnes de Buren, lancé il y a peu dans la cour d’honneur du Palais, a été mis en scène de manière aussi intéressante qu’efficace.

C’est Daniel Buren en personne qui a signé cette mise en scène, avec l’accord des architectes des Monuments historiques. La palissade qui, pour des raisons de sécurité, devait impérativement être installée autour du chantier, a été agrémentée des fameuses bandes verticales noir et blanc de 8,7 cm de largeur qui ont fait la réputation mondiale du plasticien. Surtout, elle a été percée à intervalles réguliers de fenêtres qui permettent au grand public de suivre l’évolution du chantier. Jolie trouvaille: ce sont des panneaux de verre de couleur qui constituent ces fenêtres. Bleu, vert, rouge, jaune, orange: aperçue par ces ouvertures colorées, du coup, l’enceinte majestueuse du Palais royal prend soudain un relief et un aspect encore plus séduisants que d’habitude. Et, lorsque le soleil s’y reflête, ces touches de couleur agrémentent elles-mêmes les galeries du Palais d’éclats malicieusement colorés. Le grand public, en tout cas, visiblement adore cela. Ainsi, samedi après-midi, on faisait quasiment la queue derrière ces carreaux de couleur pour admirer le panorama.

56cd3a4046f1ced0b155d348582b0ed4.jpgCe chantier de restauration n’a été dû qu’à un coup de gueule. Il y a quelques mois (relire ici), Daniel Buren avait carrément menacé de démolir son œuvre monumentale si l’Etat persévérait à ne pas l’entretenir correctement. Finalement, à l’issue de plusieurs réunions de crise, un budget de 5 millions d’euros a pu être débloqué. Il permettra la réfection des 260 colonnes proprement dites ainsi que de l’asphalte et des caillebotis, puis la réhabilitation du mécanisme de la fontaine et des éclairages qui sont censées mettre en valeur l’installation mais dont l’état, depuis 1986, s’était considérablement dégradé.

Avant que le plan pluriannuel de restauration du Palais royal s’attaque aux façades de la rue de Valois et à la galerie d’Orléans, les architectes vont surtout achever de traiter les gros problèmes d’étanchéité de la dalle supportant l’œuvre monumentale de Buren.

 

83f4205043fe9cfc2fe6d61d91527094.jpgCes problèmes affectent particulièrement la Comédie française, qui a trois salles de répétition en sous-sol de l’installation de Buren. Ces salles ont été inutilisables pendant des années à cause d’infiltrations d’eau, ce qui a obligé la célèbre institution à délocaliser ses répétitions sur trois plateaux aménagés au Grand Palais et au Théâtre Récamier. Les sociétaires de la Comédie française, qui se se voient mal répéter sous la poussière et les marteaux piqueurs, devront désormais patienter jusqu’à l’achèvement du chantier Buren, prévu dans un an, pour reprendre possession de ces locaux.

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