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08/10/2008

Une débauche

Le Parlement entame aujourd’hui l’examen du grand projet de loi traduisant le «Grenelle de l’Environnement» tenu l’an dernier. Parmi les innombrables mesures en faveur de l’écologie que contient ce texte, il en est une qui va sans doute ravir les joyeux lurons du «Clan du Néon». Ces activistes, cousins des militants anti-pub, luttent contre le suréclairage commercial nocturne. A Paris mais également dans de nombreuses villes de province et jusqu’en Belgique: à Namur et à Bruxelles notamment.

(Avant de poursuivre plus bas la lecture de cette note, celles et ceux qui ne connaîtraient pas ces anti-néonistes feront ci-dessous une petite pause vidéo explicite, qui plus est sur un fond musical sautillant, dû au groupe électro-pop français «The Fortune Tailors»)


Clan du Néon PARIS - Phase 6 Passy with The Fortune Tailors
envoyé par ClanDuNeon

L’article 36 de ce projet de loi Grenelle donne pour la première fois aux pouvoirs locaux les moyens réglementaires de «prévenir, supprimer ou limiter» les émissions lumineuses nuisibles. Le but du gouvernement? Faire en sorte qu’en France bientôt, «on n’éclaire pas forcément moins, mais mieux» selon les mots de la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Longtemps justifié pour des raisons de lutte contre l’insécurité ou simplement par goût de prestige, le suréclairage nocturne est désormais de plus en plus critiqué. Parce qu’il incommode les astronomes, désoriente les oiseaux et les insectes, dénature les paysages et, évidemment, est peu écologique et très coûteux.

D’autant que l’Hexagone a du retard à rattraper. Pour l’éclairage public, en effet, les Français consomment chaque année en moyenne 91kWh par an et par habitant. C’est 20kWh de plus qu’en 1990 et c’est une consommation deux fois plus élevée que celle de l’Allemagne (43kWh). Rien que les 9 millions de lampadaires que compte la France consomment chaque nuit… l’équivalent de l’énergie produite par une centrale nucléaire. Revoir l’éclairage public pourrait donc constituer une source d’économie d’énergie importante. Ainsi, les spécialistes estiment que rien que le changement des ampoules des lampadaires permettrait aux collectivités territoriales de réduire de 40 % leur facture d’éclairage.

Si la loi est votée, les élus locaux pourront, demain, imposer des contraintes en matière de puissance, d’orientation ou d’horaires d’utilisation de l’éclairage nocturne. Sur les bancs du Parlement,  figure également une proposition de loi, déjà signée par une trentaine de députés, qui cible plus particulièrement les excès de l’éclairage commercial.

A Paris, ce ne serait pas du luxe, tant parfois, le suréclairage dénature le panorama de manière caricaturale. On s’est encore fait la réflexion l’autre soir. On était attablé avec un ami pour dîner à une brasserie du Quai de la Mégisserie: vue sublime sur les flots de la Seine et sur la silhouette si harmonieuse de la Conciergerie. Un immense bateau-mouche bondé de touristes est alors arrivé, surmonté de dizaines de spots blafards et agressifs, déchirant brutalement la pénombre. Cet éclairage était ridiculement excessif: on se serait cru en plein jour, voire sur une scène de théâtre. Sur la Seine, paradoxalement, cette débauche de lumières ne va d'ailleurs pas sans poser de problèmes aux forces de sécurité. En effet, elle rend quasi invisibles les feux de signalisation des petits bateaux qui circulent sur le fleuve. C’est pourquoi ce facteur a été évoqué parmi les causes possibles du naufrage mortel survenu récemment sur la Seine.

Commentaires

Essayez de voir une étoile à Paris .... bon courage

Écrit par : sylvain | 09/10/2008

D'une brasserie quai de la Mégisserie vous aviez vu sur la Seine ! faut nous donner son nom ! c'est impossible ! Comme la pénombre à cet endroit ! y a des fois vos articles sont un peu trop romancés !

(Note BDL ?!??? Et bien oui, quoi? Quai de la Mégisserie. On n'a pas un plan de Paris greffé dans le cerveau, mais enfin, de mémoire c'est bien ainsi que s'appelle ce quai qui longe la Seine entre la place du Châtelet et le Pont neuf, en face de l'île de la Cité. Et duquel on a une jolie vue sur le fleuve. Sans romance aucune - là désolé Stef mais, même avec la meilleure volonté du monde, on ne comprend pas la remarque...)

Écrit par : stef (+ note BDL) | 09/10/2008

Certes il y a parfois des éclairages exagérés mais imaginez une rue de Paris avec toutes les vitrines éteintes le soir...
Personnellement une obscurité totale me dissuaderait de sortir de chez moi à la nuit tombée dans les quartiers sans éclairage.
Sur votre video, il me semble que l'éclairage des vitrines est dans une galerie marchande, donc le problème est différent. L'entrée des galeries commerçantes couverte est de toute façon fermée le soir. La lumière y est inutile. C'est autre chose dans les "vraies" rues.

Écrit par : thalyssette | 09/10/2008

Petite remarque : on ne peut arrêter une centrale nucléaire de 22 à 5 heures, même si la demande "légitime" d'électricité s'est fortement réduite pas plus qu'on ne peut stocker à prix raisonnable cette électricité.
Tant qu'à faire, autant l'utiliser pour la sécurité (éclairage des routes) et la convivialité (monuments, enseignes, ...)
Désolé de ne pas être politiquement correct et démagogue

Écrit par : Parker Pyne | 09/10/2008

Oups, excusez, la vidéo n'est pas dans une galerie marchande mais bien dans la rue, la rue de Passy en l'occurrence.
Rue déserte le soir, tous les commerces sont fermés et il n'y a pas de café ou restaurant qui "donne de la lumière", (sauf aux chague extrémités de la rue) donc quand les "anti néons" éteignent tout, la rue devient obscure et pas très sécurisante.
Ce serait moins grave sur les Champs Elysées ou la rue Mouffetard...

Écrit par : thalyssette | 09/10/2008

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