Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

13/10/2008

Un business

 

20KM1.jpg

Les 20 Kilomètres de Paris, hier. Est-ce dû au soleil radieux dont a bénéficié cette année l’épreuve-reine de l’automne athlétique parisien? Toujours est-il que, pour sa trentième édition, cette course (*) a réuni la toute grande foule.

 

Les organisateurs avaient promis de s’en tenir à 20.000 participants. Ils n’ont pas tenu parole. Hier, dans les rues de la capitale, on a compté plus de 25.000 engagés et 21.000 arrivants, soit 2.000 de plus qu’en 2007. C’est évidemment beaucoup trop. L’année dernière déjà, c’était limite. Cette année, c’était invivable: on a autant piétiné que couru, on a plus joué des coudes qu’on ne s’est détendu. Du coup, franchie la ligne d’arrivée, nombre de coureurs pestaient contre les organisateurs, accusés d’avoir sacrifié le sport au profit du business.

 

Il n’y a pas de secret. Des courses à pied aussi populaires que les 20km de Paris, comme tous les grands événements sportifs en général, sont aussi et avant tout de gros magots. Multipliez les 25.000 coureurs engagés par le coût de l’inscription (de 23 à 31€ par personne, selon la date de l’inscription) et vous aurez une idée de l’enjeu financier. Et le pactole n’est pas amoindri par le personnel mobilisé pour ces événements: il est très nombreux certes, mais constitué majoritairement de bénévoles (au nombre de 700 hier).

 

Tiens, parlant business: dans la foule des coureurs et plus spécialement parmi les innombrables participants courant au profit d’associations caritatives, il y avait la «Lehman Brothers Paris Running Team», l’équipe de course à pied de la filiale française de la banque américaine qui, récemment, fit faillite de manière si retentissante. Cette équipe reversera les dons qu’elle a collectés à l’Association Laurette Fugain. Les yuppies, brokers et autres traders, à l’origine de la crise mondiale et de tous les malheurs qu’elle entraîne, qui à présent suent sang et eau contre la leucémie et pour venir en aide aux enfants malades. Quelle merveilleuse histoire.

 

 

 

 (*) Course que, pour l’anecdote, on a complètement – et même magistralement – loupée. Visiblement, c’est comme cela, avec la course à pied: il y a des jours où ça ne va pas. On a beau s’être bien entraîné, avoir fait tout ce qu’il faut avant la course, en vouloir à fond le jour dit, avoir la meilleure play-list qui soit dans l’iPod, ou pester comme un charretier pendant toute l’épreuve, rien ne va: on n’avance pas –  comme si on était comme irrémédiablement collé au bitume. Il suffit vraiment d’un rien pour qu’une course tourne au calvaire. Un soleil un peu trop insistant, un petit coup de stress, une chaussure mal lacée, un dérapage sur des pelures d’orange jetées par terre au ravitaillement, un ongle incarné, un peu mal au ventre, une crampe au mollet… Et la sanction tombe, imparable: les minutes au chrono s’envolent, la position au classement général dégringole.

 

20KM2.jpgCes jours-là, ne reste que la seule et maigre satisfaction d’avoir au moins franchi la ligne d’arrivée – à la limite, un peu la sensation qu’on éprouve en sortant de chez le dentiste: au moins, c’est fini. Et le bonheur d’être parvenu à franchir le «mur». Le «mur» : ce satané moment-clé de chaque course à pied, lorsque les coureurs, terrassés par la fatigue, n’avancent plus, voire abandonnent à la pelle. Lors de ces 20 km-ci, d’après nombre de témoignages qu’on a recueillis, le mur était situé aux treizième et quatorzième kilomètres, sur les quais de Seine écrasés de soleil, avenue de New-York juste avant le souterrain de l’Alma. Hier, sur le coup de 11 heures du matin, les coureurs y tombaient comme des mouches.

 

 

11:36 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : paris, sports, economie

Commentaires

J'ai participé aux 20km de Paris et j'ai eu la même impression que vous. Trop de monde, de bousculades, indications peu claires au départ,... Bref rien à voir avec le professionnalisme de nos 20 km de Bruxelles!Dommage car le trajet est vraiment magnifique et bien "plus roulant" que celui proposé fin mai dans notre capitale.

Écrit par : Rolf | 14/10/2008

Les commentaires sont fermés.