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14/10/2008

Une épave

lasama.jpgC’est une épave au cœur de la ville, un vieux paquebot vide, comme piteusement amarré en bord de Seine depuis trois ans maintenant. Mais ce mardi, son sort pourrait bien se jouer. On parle de «La Samaritaine», l’ex et célèbre grand magasin de la rue de Rivoli, qui attend une nouvelle destinée depuis la fermeture de ses portes, le 15 juin 2005.

 

Ce mardi, la direction du groupe LVMH (propriétaire des lieux), les représentants du personnel du grand magasin, la mairie de Paris ainsi que celle du premier arrondissement tiennent une grande réunion du «comité de site» de «La Sama». Sur la table, le projet concocté par LVMH pour le site. Enorme projet: 26.000 m2 de bureaux et autant de commerces, quelques logements sociaux (2.400 m2) et, surtout, un hôtel de luxe qui serait situé dans la partie historique du bâtiment, celle à front de Seine et qui dispose en son sommet d’un belvédère avec une vue splendide sur Paris. Si ce projet est accepté, cet hôtel pourrait ouvrir en 2013.

 

A la mairie d’arrondissement, on estime, enthousiaste, qu’«un hôtel à cet endroit, ce serait un événement. Ce serait génial. Cela aurait une classe formidable». Moyennant quelques aménagements (l’assurance de la présence de commerces de proximité rue de Rivoli, par exemple), le projet de LVMH y est bien reçu. En tout état de cause, le maire d’arrondissement estime qu’«on ne peut pas continuer à avoir cette épave au cœur de Paris. Maintenant, il faut aller le plus vite possible».

 

En effet, la relance de cet énorme îlot situé en plein centre ville est indispensable pour  la vie de quartier et pour l’emploi à Paris. En termes de patrimoine également, ce serait une bonne nouvelle. En effet, le paquebot de «La Sama» a une grande valeur architecturale. Cet édifice, construit entre 1926 et 1928, est dû à Henri Sauvage (1873-1932), l’un des seuls architectes français de sa génération à avoir brillamment réussi le passage de l’Art nouveau au modernisme. Sauvage a aussi laissé à Paris de très beaux immeubles à gradins rue Vavin (huitième arrondissement) et rue des Amiraux (dix-huitième) ainsi que le fameux «Studio Building» (seizième): un sublime ensemble d’ateliers d’artistes en duplex dont la façade est carrelée de grès émaillé polychrome.

 

Pour la petite histoire, et parce que cela fournit un argument de plus en faveur de sa réhabilitation, «La Sama» fut aussi le théâtre d’une légendaire «success story» parisienne. L’irrésisistible ascension de son maître d’ouvrage, fondateur et propriétaire, Ernest Cognacq (1839-1928). Un homme à la vie fascinante, orphelin à l’âge de 12 ans, qui débuta comme petit commis dans une boutique puis comme vendeur de tissus dans la rue, au pied du Pont neuf, avant de gravir un à un les échelons et de finir à la tête d’un immense empire de grands magasins parisiens.

 

 

PS : BlogSpirit cafouille visiblement beaucoup, en ce moment. Une opération de maintenance de cette plateforme, lundi matin, a causé pas mal de problèmes, de mise en page notamment, à «Paris Libre». Dont – les lecteurs l’auront remarqué – des variations saugrenues et erratiques dans les polices de caractères utilisées dans ce blog. Juste donc pour préciser que nous ne sommes nullement responsables de ces si énervantes facéties électroniques. Sur lesquelles comme d’habitude, personne ne semble avoir beaucoup de prise – les joies de la technologie informatique, suite. Mais enfin, on imagine qu'on ne devrait pas trop se plaindre puisque certains utilisateurs de cette plateforme, paraît-il, n'y ont carrément plus accès. Dès lors, si l'un ou l'autre jour prochain, ce blog reste silencieux, n'en déduisez pas qu'on est parti à la plage: en lieu et place, on sera probablement en train de pester, impuissant, devant ce fichu ordinateur...

Commentaires

Pour l'ensemble, ca me semble bien à part l'hotel de luxe... franchement, y a pas assez d'Hotel dans Paris? En plus de Luxe, sur que tout le monde pourra y aller

Écrit par : sylvain | 14/10/2008

Le belvédère de la Samaritaine nous manque! Si un hôtel de luxe s'y installe, le commun des mortels y aura-t-il encore accès? Il me semble avoir lu, peu après sa fermeture, qu'en tout cas le public pourrait à nouveau, une fois les travaux terminés, emprunter l'ascenseur pour jouir de la vue unique sur l'Ile de la Cité. Espérons.

Comme vous, j'ai pesté hier sur les problèmes typographiques. Le salut m'est venu de l'éditeur HTML : une fois celui-ci ouvert, il suffit de reproduire la ligne de commande indiquant la bonne police et de mettre à jour pour ramener le paragraphe récalcitrant dans le droit chemin. Pour info.

Écrit par : Tania | 14/10/2008

Ce qui est bizarre, c'est que la Mairie de Paris s'était opposée au projet d'hôtel de luxe et d'appartements de prestige, sous l'argument qu'il fallait un magasin populaire dans cette partie de Paris. Déjà que "la belle Jardinière" n'existe plus. D'un autre côté, depuis son relookage la "Samar" n'était plus un "magasinn populaire". C'est vrai qu'il y a le BHV non loin, et Conforama juste en face. De toutes façons, toute solution est meilleure que ce magnifique immeuble abandonné.
Grâce à votre article, j'apprends quelque chose sur la success story de E. Cognacq,je pensais qu'en termes de grands magasins parisiens, la "success story de référence" était Boucicaut et son Bon Marché, qui avait inspiré le roman "au bonheur des dames" de Zola. Donc ce n'était pas le seul..

Pour Sylvain : justement les hôtels de luxe manquent dans ce coin là, et l'emplacement est idéal. Si on supprimait tout bâtiment ou tout commerce "de luxe" sous prétexte que "tout le monde ne peut pas y aller" il n'y aurait que des hotels formule 1 ou des Aldi ou des VVF dans toutes nos belles villes européennes. Tu parles d'un rêve !

Écrit par : thalyssette | 15/10/2008

@thalyssette : Je ne dis pas de tout supprimer :) N'allons pas aux extremes. Mais l'idée d'un hotel dans ce batiment ne me plait pas ...

Écrit par : sylvain | 15/10/2008

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