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30.10.2008

Une fortune

Aujourd’hui, direction le septième arrondissement. Pour les lecteurs qui n’habiteraient pas Paris, le septième, c’est le quartier de la rive gauche autour de la tour Eiffel, du Champ de Mars, des Invalides, de la rue du Bac, et tout cela. Pourquoi s’intéresser à ce quartier? Parce que la réputation dont il jouit de longue date – celle d’être un des plus cossus de Paris – vient d’être très officiellement confirmée, par la direction des impôts en l’occurrence.

 

En effet, les dernières statistiques, portant sur l’exercice 2007, indiquent qu’à Paris, c’est dans ce septième arrondissement que l’on compte le plus grand nombre de foyers assujettis à l’impôt sur la fortune (ISF). Sur les quelque 57.000 habitants dénombrés dans cet arrondissement, très exactement 6.943 contribuables sont taxés spécialement pour leur fortune. Ils déclarent un patrimoine moyen de 3,3 millions d’euros. Et s’acquittent d’un ISF d’un montant annuel moyen de 24.936 euros. Par rapport à 2006, on dénombre dans ce quartier 481 assujettis de plus à l’ISF. Et, en un an, la valeur moyenne du patrimoine qui y est déclaré a augmenté de 200.000 euros. Ce n'est pas la crise pour tout le monde.

 

Dans nul autre arrondissement parisien, pas même dans les très chics seizième et sixième, on ne trouve autant de gens fortunés ni de patrimoines d’une telle valeur. La composition sociologique du quartier l’explique. Selon les propres chiffres de la mairie de Rachida Dati, 40% de la population de cet arrondissement est constituée de cadres et de professions supérieures, contre 30% dans l’ensemble de la capitale. En revanche, seuls 7% des habitants du septième sont ouvriers: c’est deux fois moins que la moyenne parisienne (14,5%).

 

Cela dit, quand on habite aux pieds de la tour Eiffel, on atteint très rapidement le seuil des 760.000 euros de patrimoine: le fameux seuil à partir duquel le fisc considère un contribuable comme fortuné et dès lors l’assujettit à l’ISF. L’immobilier, en effet, s’il est hors de prix en général à Paris, atteint ici des niveaux astronomiques. Faites comme nous hier l’expérience et allez jeter un coup d’œil sur les vitrines des agences immobilières de ce quartier. Vous y verrez des studios de 20 m2 à… 250.000 euros et des trois pièces même pas trop grands, disons 60 m2, à… 700.000 euros!

 

Du coup, et sans pour autant plaindre les intéressés  – il est des sorts tout de même plus scandaleux –, cela veut dire que, quand on vit dans un tel quartier, il ne faut pas spécialement posséder une limousine, des chevaux de course, des beaux bijoux, un bateau de plaisance ou un mas en Provence pour payer l’ISF. Il suffit d’avoir... un trois pièces et, disons, une voiture et l’un ou l’autre compte en banque.

Commentaires

Franchement, je ne vais pas les plaindre mais ca me rappelle le problème des gens habitant des endroits comme l'ile de ré. Des maisons transmis de génération en génération et ces personnes payent de l'ISF aujourd'hui ... alors que certaines ne payent pas d'impot sur le revenu...

Écrit par : sylvain | 30.10.2008

Et oui. Vous venez de mettre le doigt sur l'imbécilité de l'ISF qui est surtout un impôt sur le patrimoine et pas sur les revenus.

Ceci dit il y a 7e et 7e : certes tout l'arrondissement est cher, mais certains coins sont plus "modestes" (si l'on peut dire) que d'autres.
Habiter un immeuble haussmannien au pied de la Tour Eiffel ou un dernier étage avec terrasse dans un luxueux immeuble des Invalides, ce n'est pas pareil que le deux pièces bricolé en fond de cour rue Amélie.
En tous cas c'est moins bruyant que le 11e :-) et pourtant certains quartiers très commerçants sont bien animés en journée.

Écrit par : thalyssette | 07.11.2008

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