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07/11/2008

Un malaise

Cela ne s’arrange pas chez Vélib’. Certes, le système parisien de location de vélos en libre-service connaît un succès éclatant. Vient encore de le confirmer la dernière livraison de l’Observatoire des déplacements à Paris. Pendant le premier trimestre 2008, les déplacements à vélo dans la capitale française ont augmenté de 33% par rapport au premier trimestre 2007. Cette croissance est surtout due au Vélib’, un cycliste parisien sur trois ayant recours à ce dispositif. Ces jours-ci, néanmoins, le système connaît un double malaise.

 

Malaise social, d’abord. Hier, comme ils l’avaient déjà fait en avril dernier (relire ici), les «gilets jaunes»  – à savoir le personnel de maintenance de Vélib’, regroupé au sein de Cyclocity, une filiale du groupe JC Decaux  – ont fait grève pendant toute la journée. Ils réclament notamment un meilleur cadre de travail, eux qui bossent y compris de nuit dans des conditions difficiles, ainsi qu'une rémunération décente: au moins équivalente au salaire minimum. Le mouvement a fait tache d’huile chez des homologues de Vélib’ en province: Vélo’v (Lyon) et VéloToulouse (Toulouse).

 

Malaise sécuritaire, ensuite. Les cyclistes parisiens ne savent plus à quel saint se vouer sur la question de savoir s’ils peuvent ou non circuler dans les couloirs de bus. Les associations (ici, par exemple) réclament de longue date cet accès. Mais entre la mairie centrale, les mairies d’arrondissements et la préfecture de police, les autorités ne tergiversent pas rarement. Entre les autorisations de circulation implicites, les PV malgré tout distribués par les pandores pas toujours au courant, et les coups de klaxon fréquents des chauffeurs de bus, les cyclistes en perdent leur latin. Et les récents arrêtés pris par la mairie n’ont pas simplifié les choses. Ils ont ouvert aux vélos 26 des 58 derniers kilomètres de couloirs de bus qui ne leur étaient pas encore accessibles. Mais en l’absence d’une signalisation adéquate, plus personne ne s’y retrouve.

 

Pour résumer donc, et si on a bien compris, en gros restent interdits aux vélos les couloirs de bus qui sont en site propre, à savoir ceux qui sont protégés du reste de la circulation par des séparateurs au sol. Et pour cause: ces couloirs-là sont des pièges mortels pour les cyclistes. En effet, les chauffeurs de bus, qui y roulent souvent vite, peuvent plus difficilement faire un écart pour éviter des vélos aperçus au dernier moment.

 

Reste que ce serait tout de même plus simple et plus sécurisant pour tout le monde si Paris jouissait enfin d’un réseau cyclable digne de ce nom. Mais c’est évidemment plus compliqué, car plus cher. Raison pour laquelle la mairie ne se contente que de vagues et lointains engagements en la matière: 200 kilomètres de voies nouvelles promises d’ici à… 2013.

 

En attendant, le quidam à vélo dans Paris est prié de croire en sa bonne étoile. Et de redoubler de vigilance pour ne pas servir, à son corps défendant, de chair à statistiques. Statistiques qui sont mauvaises car à mesure que croît l’usage du vélo dans la capitale, augmente bien sûr le nombre de sinistres touchant des cyclistes: + 21% par rapport au premier trimestre 2007.

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