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18.11.2008

Une réticence

Mauvaise période, décidément, pour le maire de Paris. Bertrand Delanoë vient de spectaculairement échouer dans la course à la direction du PS. Voilà à présent que, sur le terrain parisien, une de ses marottes urbanistiques est en train de prendre l’eau: les tours.

 

Les tours ou plutôt les «immeubles de grande hauteur», comme dit pudiquement le néologisme. Confronté à un problème d’espace dans la capitale, la mairie a commis six grands projets de tours, dont le plus connu, la pharaonique tour Triangle, est actuellement soumis à consultation – et fait d’ailleurs l’objet d’une mobilisation associative. Ce faisant, le maire a balayé d’un revers de la main l’avis majoritaire des Parisiens. Ceux-ci, dans une consultation en 2004, s’étaient opposés à plus de 60 % au retour des gratte-ciel dans la capitale. Sur ce point, Bertrand Delanoë a aussi fait exploser sa majorité, les Verts refusant de cautionner ses vues urbanistiques. Depuis, est survenue la grande crise économique et financière actuelle, qui va forcément ralentir les méga-programmes immobiliers. Dernière mauvaise nouvelle en date sur ce sujet pour le maire: un sondage publié hier a montré que sont également réticents aux tours leurs premiers occupants présumés (s’agissant majoritairement de projets de bureaux), à savoir les entreprises.

 

Selon cette enquête Médiamétrie, seules 17% des 979 entreprises parisiennes consultées se déclarent prêtes à s’installer dans un gratte-ciel à Paris. La mairie biaise en rétorquant que les entreprises sondées sont surtout des PME ; or ce sont les grandes sociétés qui sont les premiers clients visés par les promoteurs de tours. Il n’empêche, le rejet des gratte-ciel est massif. Les raisons pour lesquelles les entrepreneurs parisiens refusent les tours sont, dans l'ordre, leur taille inhumaine, leur proximité avec le périphérique, leur coût trop important (charges, etc.), leur non-conformité avec la physionomie traditionnelle du tissu parisien, et (malgré tous les progrès qu’on a accomplis dans ce domaine) le fait qu’une tour est toujours plus énergivore et donc moins écologique qu’un bâtiment de taille plus raisonnable.

 

«ll y a une grande dimension psychologique dans ce refus des tours», expliquait en substance un spécialiste de l’urbanisme, à la radio ce matin. «Quand une société veut que son siège soit à Paris, c’est beaucoup pour une question de prestige et d’image de marque. Elle va donc vouloir s’installer dans les beaux quartiers centraux. Et pas dans une tour, aussi belle soit elle, dont les occupants disposeront d’une vue imprenable… sur le périphérique et sur la banlieue». 

Commentaires

C'est sur que Total, Edf, IBM ne recherche pas le prestige avec leurs tours de la Défense...
Et puis, ca doit faire trop Américain pour certains...

Écrit par : sylvain | 19.11.2008

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