Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

02/12/2008

Un air

Dans un mois, cela fera un an jour pour jour que la France bannissait le tabac des lieux de convivialité. Les bars, cafés, restaurants et discothèques allaient être désertés par les fumeurs et donc allaient voir leur chiffre d’affaires s’effondrer, avaient alerté tant et tant de voix, avant l’entrée en vigueur de la loi. Et bien, pas du tout. Tous ces oiseaux de mauvais augure se sont trompés et les usages ont assez facilement et convivialement changé. C’est ce qu’on se disait ce week-end encore, au «Showcase». Devant la boîte bling du pont Alexandre III, jusqu’aux petites heures, s’agglutinaient des nuées de fumeurs frigorifiés, contraints d’assouvir leur assuétude dans le froid glacial de la nuit mais qui, pour autant, n’avaient pas l’air de se formaliser exagérément de l’exclusion les frappant.

 

Là au moins, outre que le panorama sur la Seine endormie était splendide, l’air était polaire mais pur. Ce qui n’est visiblement pas la caractéristique première de l’atmosphère régnant dans les terrasses des cafés parisiens, le seul endroit désormais où les fumeurs sont tolérés. C’est du moins ce qui ressort d’une récente étude scientifique menée pour le compte de l’association ‘Droit des non-fumeurs’ et portant sur la pollution due aux particulines fines.

 

Selon cette étude, l’air d’une terrasse couverte et quasi-fermée est en moyenne six fois plus pollué que celui des rues parisiennes: 116.000 particules par cm3 contre 23.000. Même les terrasses à l'air libre posent problème. Selon l’association, le degré de pollution qui y est causé par le tabac est 50% plus élevé que la pollution affectant la rue. DNF réclame donc davantage de contrôles.

 

Accessoirement, elle rappelle aussi qu’«en aucun cas, les terrasses de cafés ne peuvent devenir un espace exclusivement réservé aux fumeurs». En cette période hivernale, peu de non-fumeurs étant assez sots pour réclamer de pouvoir déjeuner ou dîner dehors, la monopolisation des terrasses par les fumeurs ne pose pas trop de problème. Mais dès le retour des beaux jours, aux terrasses des bistrots, la cohabitation risque de redevenir orageuse entre adeptes et pourfendeurs de l’herbe à Nicot.

Commentaires

La différence avec la situation aux Pays-Bas est quand-même frappante! Là, les restaurants et cafés se plaignent d'une baisse de clientèle à tel point qu'ils se sont organisés pour faire des actions et qu'ils ont même décidé à intenter un procès contre le ministre responsable !

Écrit par : Bernardo | 02/12/2008

Les commentaires sont fermés.