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03/12/2008

Un avis

bluetooth_logo.jpgVoilà un avis qui tombe à merveille. Et qui va intéresser les millions d’usagers quotidiens des transports publics parisiens. Il émane de la Commission informatique et libertés (CNIL), qui veille en France à ce que le développement des technologies modernes ne nuise pas aux libertés individuelles et à la vie privée. Cet avis concerne Bluetooth. Selon la CNIL, aucun message publicitaire ne peut être envoyé via cette technologie sans que la personne destinataire ait prélablement donné son consentement.

 

Cet avis tombe au moment où la RATP et le géant publicitaire Publicis viennent d’inaugurer les premiers panneaux publicitaires numériques dans le métro parisien – pour les curieux: à la station Charles de Gaulle-Etoile, par exemple. Il s’agit de publicités dynamiques et animées, projetées sur des panneaux LCD haute-définition de 70 pouces. Le projet prévoit qu’à terme, les usagers du métro passant devant ces panneaux pourront, en dirigeant leur portable vers ces écrans, télécharger via Bluetooth des infos, des bandes-annonces, voire des bons de réduction relatifs aux produits ou services vantés. Ces nouveaux panneaux publicitaires sont équipés de capteurs capables de recenser à l’unité près le nombre de passants qui se sont arrêtés devant l’écran, la partie du message qui a été regardée et l’heure exacte de ces contacts visuels.

 

Pour pouvoir télécharger les infos annexes à ces messages publicitaires, les usagers du métro devront avoir activé au préalable la fonction Bluetooth de leur portable. Dans son avis, la CNIL s’oppose aux systèmes publicitaires qui envoient d’office de la pub aux passants branchés sur Bluetooth. Le gendarme de l’informatique, en effet, considère «ce nouveau mode de marketing direct particulièrement intrusif». De même, estime-t-il, «l’envoi d’un message demandant à l’utilisateur s’il accepte l’établissement d’une connexion Bluetooth n’est pas une modalité satisfaisante du recueil du consentement, dans la mesure où elle intervient trop tardivement».  La CNIL préconise plutôt «des solutions permettant aux seules personnes réellement intéressées par le contenu publicitaire d’être sollicitées. C’est le cas, par exemple, lorsqu’elles doivent approcher de quelques centimètres leur téléphone de l’affiche afin de recevoir la publicité, ce qui atteste de leur volonté et de leur consentement».

 

mercredimetro.jpgCela dit, ces précautions prises pour limiter le caractère intrusif de ce nouveau dispositif ne vont probablement pas calmer les anti-pubs, qui mènent régulièrement des actions commando contre les 40.000 panneaux publicitaires traditionnels déjà présents dans le métro parisien. Ces activistes ne seront pas ravis d’apprendre qu’outre ces panneaux classiques, 400 écrans publicitaires numériques seront déployés d’ici à la mi-2009 dans le réseau du métro, plus encore 200 supplémentaires d’ici à 2010. La RATP semble d’ailleurs ne se faire aucune illusion sur la popularité de ces nouveaux panneaux publicitaires auprès des activistes: tous ces écrans numériques sont équipés d’une alarme anti-casse reliée en temps réel au terminal de la régie publicitaire.

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