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16/12/2008

Une mafia

C’est un des plaisirs de l’hiver parisien, dont on a d’ailleurs déjà parlé dans ce blog (ici): les marrons chauds. Cet hiver, malheureusement, on a décidé de s’en passer. En effet, dans un reportage paru dernièrement dans les pages locales du quotidien «Le Parisien», on a lu que, pendant toutes ces années, en achetant nos chers marrons brûlants boulevard Haussmann ou ailleurs, on avait en fait alimenté… «une véritable petite organisation mafieuse».

 

Selon nos éminents confrères investigateurs, les vendeurs de marrons à la sauvette sont «des esclaves des temps modernes». Venus majoritairement du nord de l’Inde, ils sont en permanence sous la coupe et la surveillance de «guetteurs» et autres «ramasseurs» qui les poussent à des cadences infernales, leur imposent des conditions de travail difficiles et les maintiennent dans une précarité innommable. Ces vendeurs ne touchent qu’une petite partie de la recette de leurs ventes, recette qui, à la fin de la journée, à raison de 2 euros le cornet de dix marrons, n’est pas mince. Le plus gros des bénéfices irait à leurs cerbères. Voire, à l’ultime échelon supérieur de la mafia, aboutirait dans les poches de businessmen douteux vivant «dans des palaces, en Inde» – dixit un policier du commissariat du neuvième arrondissement qui, chaque hiver, joue au chat et à la souris avec ces clandestins. En outre, ceux-ci ne seraient pas rarement victimes de violences. En effet, dans cette profession, les emplacements de vente les plus côtés, sur les trottoirs des boulevards les plus courus, se louent à prix d’or: 2500 euros le mois, paraît-il. Dès lors, ils se défendent et se conquièrent très physiquement.

 

Du coup, pas question, s’est-on dit, de continuer à alimenter, par nos caprices gustatifs, un trafic aussi glauque. Rideau donc, désormais, sur nos chers marrons chauds. Cette bonne résolution a été plus difficile à prendre que deux autres, plus anciennes mais du même acabit: ne pas acheter les hideuses babioles en plastique vendues par les (faux?) sourds-muets dans le RER, ni ne donner de monnaie aux enfants roumains mendiant dans la rue. Car, selon la rumeur (la légende?) urbaine, ces deux populations, tout comme nos vendeurs de marrons chauds, seraient en fait les premières victimes de très sinistres trafics.

Commentaires

Vous pouvez ajouter à votre liste de populations les ressortissants des pays de l'Est qui jouent de la musique dans le métro au moyen de matériel standardisé.

Ceux-ci ne touchent rien de leur musique, et il m'est arrivé une fois de voir de mes yeux comment cela se passe, à mon plus grand étonnement : un type avec un costard à une demi-brique rejoint, tard et au fond du quai du métro, les musiciens rassemblés là à une petite dizaine. Il récupère alors les recettes de la journée, et leur rend une minuscule fraction de leurs gain.

Ne donnez donc rien effectivement, ce ne sont pas eux qui en bénéficient ! Cela permet d'être un peu plus généreux pour ceux qui sont justes au désespoir, et pas un rouage de mafias qui commencent ici et finissent on-ne-sait-où.

Écrit par : Moktarama | 16/12/2008

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