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31/12/2008

Un déploiement

En ce jour de St-Sylvestre, les autorités ont incontestablement voulu marquer les esprits. De mémoire de Parisien, on n’avait jamais vu cela depuis de très nombreuses années: le dispositif de sécurité déployé dans la capitale est d’une ampleur sans précédent.

 

Ces dernières années, le 31 décembre, 4.500 hommes assuraient la sécurité dans la capitale. Cette année, ils seront carrément au nombre de… 7.000! Dont 2.000 déployés rien que dans le quartier des Champs-Elysées. La ville va donc être quadrillée de policiers, de gendarmes et de pompiers. Cette fois, on a même fait appel aux militaires, aux unités mobiles de la réserve nationale ainsi qu'à des hélicoptères qui survoleront en permanence la banlieue nord de la capitale. Tout ce joli monde a pour tâche de réprimer «tout acte qui viendrait gâcher l’esprit de fête devant prévaloir tout au long de la soirée dans la capitale». Voilà les fêtards prévenus. Ce soir à Paris, il ne s’agira vraiment pas de faire le mariole.

11:51 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, sécurité

30/12/2008

Un aveu

La France est décidément le pays de tous les paradoxes. On le voit bien ces jours-ci, en matière de soins de santé. Ainsi, dans ce pays, un sexagénaire peut mourir dans une ambulance après que les services de secours eurent, pendant six heures, vainement cherché un service hospitalier de réanimation capable de l’accueillir. Cela s’est passé dimanche, en région parisienne. Mais ce pays peut aussi, quelques jours plus tôt, affirmer, par la voix de son ministre de l’Intérieur, avoir parfaitement géré un vaste exercice de simulation antiterroriste ayant fait, outre 103 morts, 312 blessés fictifs.

 

D’où, cette question de base. Si déjà on n’arrive pas à trouver un hôpital à un pauvre cardiaque un dimanche en plein cœur de la région parisienne, sera-t-on vraiment capable de gérer 312 blessés causés en quelques heures seulement par une catastrophe majeure? L’opinion est priée de le croire. Hier, cependant, des médecins en colère ont fait voler cette fiction en éclats.

 

«Ces scénarios de gestion d’attentats ne sont absolument pas crédibles», a assuré ainsi, à la radio, un dirigeant de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), pour qui «rien que le quotidien est déjà une gestion de catastrophe… » Voilà un aveu qui a au moins le mérite d'être clair. Si donc des terroristes devaient envisager de frapper l’Hexagone, les Français n’ont plus qu’à croiser les doigts et à espérer qu’ils soient assez aimables et patients d'attendre que les hôpitaux en aient fini avec les congés des fêtes de fin d’année, les épidémies de grippe, de gastroentérite ou de bronchiolite.

29/12/2008

Un chiffre

sdfmetro.jpgLe chiffre a été donné lors d’un journal télévisé, ce week-end: en hiver, et particulièrement par ces temps de grands froids comme à présent, on dénombre entre 300 et 350 SDF habitant dans le métro parisien. A savoir restant à longueur de journées, de soirées et en permanence sur les quais ou dans les couloirs des stations,  pour se protéger du froid de l’extérieur. Etant donné que le réseau de ce métro compte également quelque 300 stations, cela veut dire que, statistiquement, chaque voyageur entrant dans une station de Paris en ce moment a des probabilités de tomber sur un SDF en train d’y croupir. D’année en année, ce nombre est relativement stable, nous précisait-on ce matin à la RATP. Il est trois fois plus important que la centaine de sans-logis qui habitent dans les stations pendant la saison de l’été.

 

Une soixantaine d’agents de la régie s’occupent de cette population. Anciens machinistes ou guichetiers, ils se sont portés volontaires pour remplir cette tâche sociale puis, après formation, ont été détachés à cette fonction. Vêtus de leur blouson «RATP Solidarité», ils patrouillent sur les quais et dans les couloirs des stations pour apporter aide, informations et réconfort aux SDF. Pour leur proposer aussi de prendre le bus du SAMU Social qui, à la nuit tombée, ramasse dans chacune des stations les clochards désireux d’être conduits dans les centres d’hébergement.

 

A cet égard, la RATP n’ a pas anticipé le projet gouvernemental controversé consistant à contraindre, par grands froids, les SDF à accepter les offres d’hébergement. «On n’impose rien», assure-t-on à la régie. «Tout se passe de manière très humaine. L’objectif est de leur apporter du réconfort et absolument pas de les virer et de les mettre dehors». Est-ce à dire que les clochards sont autorisés à dormir dans les stations après la fermeture de leurs portes? Pas de réponse précise à cette question. En revanche, la RATP confirme que ces usagers particuliers du métro bénéficient d’une tolérance: ils ne sont ni contrôlés ni sanctionnés pour n’avoir pas de titre de transport en règle. 

26/12/2008

Une diminution

Dans le Thalys hier soir, retour d’un saut de puce en Belgique pour les fêtes. On ne prend ce train qu’une ou deux fois l’an, donc on n’y est pas trop habitué et, dès lors, on tombe à chaque fois un peu des nues en constatant cela: les prix pratiqués à la voiture-bar. Sans être radin pour un sou, ces prix sont tellement prohibitifs qu’ils en deviennent carrément grotesques. On s’en consolait en sirotant un coca light dont le prix du centilitre devait bien valoir, en ville, celui d’un cru bourgeois: dans les TGV français au moins, à partir de mars, les tarifs vont devenir un peu moins inaccessibles.

 

tintinetletrain.jpgLa SNCF, en effet, va changer de prestataire pour son service de restauration à bord. A la Compagnie des Wagons-lits, filiale du géant français Accor, va succéder, dans trois mois, le groupe italien Cremonini, qui annonce des tarifs en baisse de 20 à 30%. Des exemples concrets? Le café verra son prix baisser de 2€40 actuellement à 2€10. Le sandwich (forcément mou, sinon ce ne serait plus un sandwich SNCF) passera de 4€10 à 3€50. La bouteille d’eau coûtera 2€ (contre 2€50 aujourd’hui), le soda 3€40 (contre 3€60) et le paquet de chips 2€ (contre 2€20). Cette diminution de prix annoncée aidera peut-être à faire passer la pilule de la prochaine augmentation annuelle des tarifs des billets.

 

Tiens, à propos, la SNCF est en train de réfléchir à la suppression des wagons-bars dans ses TGV. Ou, du moins, de limiter leur présence aux seuls trains assurant les trajets les plus longs. Ces voitures-bars seraient remplacées par des distributeurs automatiques situés sur les plateformes ou par un service de vente ambulant à l’aide de charriots roulants. Raison de cette réforme envisagée? Malgré les tarifs prohibitifs qui y sont pratiqués, les voitures-bars ne sont pas très rentables. Selon le grand patron de la SNCF, Guillaume Pepy, «un wagon-bar, c’est 50 places assises en moins. C’est simple: supprimer le wagon-bar nous permettrait de faire 10% de chiffre d’affaire en plus sur une rame de dix voitures». CQFD 

 

24/12/2008

Une dernière folie?

Les Français vont encore prendre des kilos, ces jours-ci. En effet, on estime qu’à l’occasion des repas de fêtes de fin d’année, ils vont ingurgiter 60.000 tonnes d’huîtres, 13.000 tonnes de foie gras, 40.000 tonnes de saumon (frais ou fumé) et 40.000 tonnes de chocolat!

 

Tiens, au fond, si à cette heure vous commencez à sérieusement stresser parce que vous n’avez pas encore trouvé d’idée de menu pour le repas de Noël, réglez illico ce souci en vous rendant à «L’Atelier des Chefs». Ce site web, dont les fins gourmets parisiens parlent pas mal en ce moment, propose plus d’un millier de recettes (dont notamment des recettes en vidéo), trucs et astuces, le tout mis gracieusement à votre disposition par de grands chefs français.

 

Deuxième tuyau: si vous êtes un peu serrés financièrement, faites une croix sur… les noix de Saint Jacques surgelées. En effet, ce produit fait partie des aliments épinglés dans une récente étude de la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV). Entre le 15 novembre et le 15 décembre, cette association de consommateurs a suivi l’évolution des prix de 75 «produits emblématiques des tables de réveillon». En dépit des apparences et du ressenti que le client moyen peut avoir en déambulant dans les rayons, la majorité de ces prix sont restés stables pendant cette période. Une quinzaine de produits ont même vu leur prix baisser. Les hausses, selon cette étude, n’ont affecté que trois produits parmi lesquels ces fameuses noix de Saint Jacques surgelées, dont le prix a flambé de 72%. Au-delà de cette tendance globalement satisfaisante, l’association s’interroge sur l’ampleur des variations des étiquettes. Ainsi, «des gambas surgelées de la marque U peuvent, en un mois et dans un même magasin, perdre 60% de leur valeur. De même, on a du mal à comprendre pourquoi, à la mi-décembre, on achète des œufs Kinder ‘Spécial Noël’ 30% plus cher selon que l’on fait ses courses chez Carrefour en région parisienne ou chez Leclerc dans le Pas-de-Calais». Moralité: plus que jamais donc, du moins si on en a le temps, il faut comparer les prix avant d’acheter.

 

En cette fin d’année, cela dit, les Français ont déjoué tous les pronostics. La crise internationale aidant, les spécialistes s’attendaient à ce qu’ils réduisent nettement leur budget pour les fêtes. Or, cela n’a pas l’air d’avoir été le cas. Globalement, les grands magasins n’ont pas été moins bondés que l’hiver dernier – et ce à Paris y compris, malgré pourtant une alerte terroriste retentissante. Et la semaine dernière, le volume d’utilisation des cartes bancaires, pour les retraits et les paiements, a atteint 66 millions d’euros, soit une baisse peu importante (0,8%) par rapport à la Noël 2007. De même, le montant moyen par transaction (97 euros) est resté stable.

 

Les Français se seraient-ils dit qu’ils s’autorisaient quelques dernières folies (caloriques comme financières) avant d’affronter une année qui, selon toutes les prévisions, risque d’être rude?

23/12/2008

Une requête

coeurkoons.jpgC’est une requête un peu particulière qu’examinera demain, lors de sa séance audiencée à onze heures du matin, le tribunal administratif de Versailles. Une requête qui lui a été introduite en référé, selon la procédure d’extrême urgence donc, par rien moins qu’un… «descendant en droite ligne de Louis XIV et de Marie-Antoinette», comme se présente lui-même le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme.

 

Monseigneur saisit la justice pour «profanation et atteinte au respect dû aux morts». Visé? L’établissement public qui gère le château de Versailles. Pour agir, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme invoque le «droit immémorial de tout membre de l’espèce humaine au respect de ses aïeux» et «à vivre sans profanation de ses ancêtres». Or, pour le prince, ses ancêtres sont actuellement profanés par… la grande rétrospective consacrée par le château de Versailles à l’artiste contemporain américain Jeff Koons (ici, ou ). Monseigneur réclame donc au tribunal administratif d’ordonner au château d'immédiatement mettre un terme à cette exposition.

 

Pour Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, en outrageant ses aïeux, cette exposition crée un «trouble manifeste». L’œuvre kitsch et drôlatique de Jeff Koons «n’a pas sa place dans le saint des saints des appartements royaux». Son unique but, en effet, est de «se moquer, ridiculiser et dénaturer l’œuvre d’art et de mémoire» du Roi Soleil et de ses descendants. Cette «intention suprême de profanation et de dérision» serait d’autant plus insupportable qu’elle servirait de «ressort publicitaire destiné à promouvoir une star étrangère du porno au détriment de l’art français». Monseigneur fait allusion ici à l’ex-épouse de Jeff Koons, l’actrice porno italienne La Cicciolina, avec qui l’artiste américain prit quelques poses un peu olé-olé. Du coup, et même si aucune œuvre porno n’est évidemment montrée au château, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme qualifie la rétrospective Koons d’«exposition à caractère pornographique». Il juge cela d’autant plus condamnable qu’on est à la période chrétienne de Noël et que, pendant ces congés scolaires, les pornocrates viseraient directement «la candeur des enfants, particulièrement vulnérables et sans défense aux atteintes pornographiques».

 

En novembre déjà, dans un courrier adressé au Président Sarkozy, le prince de Bourbon-Parme disait militer contre l’expo Koons «à titre strictement familial,  mais conscient de porter ainsi le sentiment général des Français et des étrangers du monde entier amoureux du château de Versailles». Sur ce point précis, l’on se permettra de très respectueusement faire remarquer à Monseigneur qu’il se fourvoie. En effet, la rétrospective Koons vient d’être prolongée jusqu’à début janvier tant elle remporte un succès phénoménal. En trois mois, elle a été vue par plus d’un demi-million de personnes. C'est un succès de foule sans précédent dans l’histoire des expositions d’art organisées au château de Versailles.

22/12/2008

Un exercice

Début de semaine horrifique à Paris. Ce matin, vers 9 heures, un groupe terroriste a fait irruption dans le fameux hôtel de Crillon, place de la Concorde. Il y retient en otages des touristes, des hommes affaires et des diplomates, américains notamment. Au même moment, une bombe a explosé gare Montparnasse. Des détonations ont également été entendues au palais des congrès, porte Maillot. On ignore encore le nombre de victimes. A deux pas, à la Défense, un groupe paramilitaire inconnu a réussi à prendre le contrôle d’un gratte-ciel; le détachement d’élite du Raid a été envoyé sur place. Et, comme si cela ne suffisait pas, l’alerte rouge a également été déclenchée au Bourget: sur les pistes de cet aéroport de la proche banlieue parisienne, un commando a pris le contrôle d’un petit avion.

 

Ce lundi matin parisien d’épouvante, ce sont les stratèges qui l’ont imaginé. Ce scénario sert de base à l’exercice qui se déroule en ce moment même, «destiné à tester la réaction des services du ministère de l’Intérieur en cas d’attentats et prise d’otage massive simultanés». Pour corser encore l’affaire, à ces cinq actes terroristes concernant la région parisienne, les autorités en ont ajouté deux autres se déroulant en province: un attentat à la gare routière de Marseille et une prise d’otages dans la tour du Crédit lyonnais, à Lyon.

 

L’objectif de cet exercice est de tester en temps réel les capacités de réaction des autorités, et notamment de voir si les innombrables services sollicités en cas de catastrophes majeures parviennent à bien travailler ensemble. Pas moins de cinq ministères sont associés à l’exercice: Intérieur, Défense, Affaires étrangères, Santé et Equipement. Il s’agit exclusivement d’un exercice d’état-major: qui se déroule en salles. Les différents sites concernés ne connaîtront aucune perturbation ni ne seront l’objet du moindre déploiement particulier de forces de l’ordre.

 

Pas de soldats en treillis dans les salons dorés du Crillon, donc. Sans doute les autorités ont-elles jugé qu’en matière de sécurité visible et ostensible sur la voie publique, on en avait fait assez, cette année. Ce lundi, d’ailleurs, pour de vrai cette fois, policiers, gendarmes, propriétaires de grands magasins, sociétés de transports et d’aéroports de la capitale sont à nouveau convoqués au ministère de l’Intérieur pour une grande réunion destinée à évaluer, et au besoin à peaufiner, ce dispositif de sécurité.

 

Faut-il en faire plus? En fait-on jamais assez? Jusqu’où faut-il pousser le principe de précaution, dans ce domaine ultra-sensible de la lutte anti-terroriste? La réponse n’est pas aisée. L’ont à nouveau bien montré, ces derniers jours, les si nombreux reportages radio ou télé ayant recueilli la réaction des Parisiens face à l’arsenal sécuritaire renforcé depuis l’alerte terroriste de l’autre jour, au «Printemps». En gros, pour une personne interrogée qui se disait sécurisée par la présence si visible et si importante des forces de l’ordre dans la rue, une autre personne, au contraire, se déclarait surtout stressée par cette présence.

 

C’est vraiment le verre à moitié vide ou à moitié plein. Quand, à l’entrée d’un grand magasin ou à la sortie d’une gare, vous tombez sur un militaire en tenue de combat, mitraillette au bras. Sa seule présence peut-elle légitimement vous rassurer? Ou, au contraire, rappelle-t-elle une situation générale rendant sa présence nécessaire, ou en tout cas jugée comme telle, et donc qui a surtout de quoi inquiéter? 

 

19/12/2008

Une question

Fin de la semaine. Pour info – car, médiatiquement, cela n’a pu que vous échapper –, celle-ci a notamment vu, mardi, les collectifs de travailleurs intermittents et précaires se mobiliser, dans le cadre d’une journée nationale d’action (ici) qui a donné lieu à des manifestations à Paris et dans plusieurs villes de province. Globalement, les médias n’en ont pas du tout parlé. La veille, en revanche, les journalistes ont amplement couvert le happening de presse organisé par une catégorie bien particulière de travailleurs précaires: les modèles posant nus pour les Ateliers des Beaux-Arts de la ville de Paris, qui sont mécontents de leurs conditions salariales (). Pas un journal, pas une radio, pas une télé n’a manqué la conférence de presse de ces modèles. Lors de laquelle, bien entendu, ils et elles se sont dénudé(e)s. D’où, cette question: les journalistes, que l’on savait déjà curieux de nature, ne sont-ils pas aussi et avant tout de grands voyeurs?

18/12/2008

Un engin

Segway.jpgRestons sur les grands boulevards parisiens, mais dans un registre plus léger que ceux de la violence politique et de la précarité que l’on évoquait dans les notes d’hier et d’avant-hier. L’autre jour, en déambulant boulevard Beaumarchais, comme une semaine auparavant déjà sur le boulevard des Filles du Calvaire, on s’est fait dépasser en trombe par un nouveau mode de déplacement que l’on commence à voir pas mal à  Paris: le Segway.

 

Dans la capitale française, cette espèce de trottinette futuriste – on appelle cela un «gyropode», semble-t-il – est même désormais disponible à la location (ici ou , par exemple). Facturé 45 euros la demi-journée, voire carrément 30 euros de l’heure, il n’est pas sûr que ce nouveau mode de déplacement détrônera le Vélib dans le cœur des Parisiens. Mais, manifestement, à en juger aux idiomes que parlaient ses utilisateurs que l’on a croisés,  il a un certain succès auprès des touristes étrangers.

 

L’engin a l’air assez drôle à conduire, en tout cas. On n’a pas encore essayé cela. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque. Mais, un peu comme avec les rollers – qu’on a tant aimé autrefois user sur le bitume parisien, mais qu’on a depuis remisés au placard –, on a l’impression que, juché là-dessus, on aurait l’air un peu ridicule. Surtout, on aurait vraiment peur de se laisser aller à contribuer peu civiquement à l’insécurité sur les trottoirs. Car l’usage de cet engin a l’air très grisant. Ses utilisateurs qu’on a croisés, en tout cas, riaient tellement aux éclats qu’ils en oubliaient manifestement ses consignes d’utilisation: circuler «à la vitesse du pas», «laisser toujours la priorité aux piétons», «ne pas créer d’inquiétude inutile» chez les autres usagers du trottoir, etc.

17/12/2008

Un dispositif

Si vous êtes Parisiens et si, ce mercredi, vous avez prévu de faire du shopping sur les grands boulevards, attendez-vous à devoir subir davantage de contrôles qu’à l’accoutumée. En effet, depuis l’alerte terroriste d’hier midi au «Printemps», boulevard Haussmann, tous les grands magasins de la capitale ont discrètement mais considérablement renforcé leurs mesures de sécurité. Ainsi, le nombre de vigiles a été augmenté. Et, à partir de ce matin, ils auront notamment pour mission de contrôler les sacs des clients aux entrées.

 

Ce matin également, les plus hauts responsables de la police, de la gendarmerie, de la sécurité dans les aéroports et dans les transports ont été convoqués au ministère de l’Intérieur pour plancher sur un renforcement des mesures de vigilance et de sécurité concernant non plus cette fois les espaces privés, comme les grands magasins, mais la voie publique. Dès hier après-midi, cinq unités mobiles, soit un demi-millier d’hommes, ont été déployées en urgence pour sécuriser davantage les zones commerciales à Paris et en province.

 

Ces renforts décidés aujourd’hui complèteront le dispositif déjà déployé dans le cadre du plan «Vigipirate», qui est actuellement à l'échelon rouge. Dans la capitale, ils viendront également s’ajouter à l’arsenal renforcé de sécurité mis en place pour les fêtes par la préfecture de police. Ce dispositif, qui sera maintenu jusqu’au 18 janvier, est déjà en soi impressionnant. Il mobilise plus de 1500 policiers supplémentaires. Ces patrouilles, pédestres ou motorisées, sont notamment affectées à la sécurisation des grandes zones commerciales de la Ville lumière (Forum des Halles, Haussmann, Montparnasse, etc.) et des quartiers touristiques emblématiques (Champs-Elysées, Tuileries, Vendôme, etc.).

 

Pendant un mois, dès lors, dans le centre de Paris, la couleur dominante sera à nouveau, et plus que jamais, le bleu marine, voire le kaki. L’hiver dernier, pendant la période des fêtes de fin d’année, un maillage policier d’envergure similaire avait débouché sur quelque 52.000 contrôles d’identité, dont 1700 avaient donné lieu à des interpellations. Les autorités s’étaient alors félicitées du succès de ce dispositif, invoquant une baisse de 9% de la délinquance dans la capitale pendant cette période des fêtes de fin d’année.

16/12/2008

Une mafia

C’est un des plaisirs de l’hiver parisien, dont on a d’ailleurs déjà parlé dans ce blog (ici): les marrons chauds. Cet hiver, malheureusement, on a décidé de s’en passer. En effet, dans un reportage paru dernièrement dans les pages locales du quotidien «Le Parisien», on a lu que, pendant toutes ces années, en achetant nos chers marrons brûlants boulevard Haussmann ou ailleurs, on avait en fait alimenté… «une véritable petite organisation mafieuse».

 

Selon nos éminents confrères investigateurs, les vendeurs de marrons à la sauvette sont «des esclaves des temps modernes». Venus majoritairement du nord de l’Inde, ils sont en permanence sous la coupe et la surveillance de «guetteurs» et autres «ramasseurs» qui les poussent à des cadences infernales, leur imposent des conditions de travail difficiles et les maintiennent dans une précarité innommable. Ces vendeurs ne touchent qu’une petite partie de la recette de leurs ventes, recette qui, à la fin de la journée, à raison de 2 euros le cornet de dix marrons, n’est pas mince. Le plus gros des bénéfices irait à leurs cerbères. Voire, à l’ultime échelon supérieur de la mafia, aboutirait dans les poches de businessmen douteux vivant «dans des palaces, en Inde» – dixit un policier du commissariat du neuvième arrondissement qui, chaque hiver, joue au chat et à la souris avec ces clandestins. En outre, ceux-ci ne seraient pas rarement victimes de violences. En effet, dans cette profession, les emplacements de vente les plus côtés, sur les trottoirs des boulevards les plus courus, se louent à prix d’or: 2500 euros le mois, paraît-il. Dès lors, ils se défendent et se conquièrent très physiquement.

 

Du coup, pas question, s’est-on dit, de continuer à alimenter, par nos caprices gustatifs, un trafic aussi glauque. Rideau donc, désormais, sur nos chers marrons chauds. Cette bonne résolution a été plus difficile à prendre que deux autres, plus anciennes mais du même acabit: ne pas acheter les hideuses babioles en plastique vendues par les (faux?) sourds-muets dans le RER, ni ne donner de monnaie aux enfants roumains mendiant dans la rue. Car, selon la rumeur (la légende?) urbaine, ces deux populations, tout comme nos vendeurs de marrons chauds, seraient en fait les premières victimes de très sinistres trafics.

15/12/2008

Une pollution

lacher-de-ballons-florance-trocadero.jpgDe l’avantage d’habiter un quartier festif, comme le onzième arrondissement en compte tant. L’autre matin, sortant de la maison encore un peu endormi, on est tombé sur des dizaines et des dizaines de ballons multicolores. Il y en avait partout: virevoltant dans les rues, déboulant sur les trottoirs, s'amusant à échapper aux poursuites des écoliers du coin, tentant vainement de se dégager des branches d’arbres où ils s’étaient coincés ou, au contraire, s’envolant avec liberté dans les airs. Ces ballons constituaient les restes d’une fête qui s’était tenue la veille au soir dans la rue. Les convives avaient laissé s’envoler des centaines de ballons par les fenêtres, transformant tout le quartier en théâtre d’un spectacle léger, plein de couleurs et aérien.

 

A peine s’était-on amusé de cette animation inopinée qu’arrivé au bureau, on revenait plus sérieusement aux dures réalités. En tombant sur un communiqué de presse consacré à une pollution à laquelle, on l’avoue, on n’avait jamais pensé auparavant.

 

La pollution due au «million de ballons, qui en France s’envolent chaque année dans le ciel pour célébrer des causes qu’elles soient bonnes ou mauvaises – anniversaires, promotions, appels publics, festivités…». «Toutes ces grappes de ballons commémoratifs, festifs et revendicatifs avec leurs couleurs chimiques, les rubans synthétiques, les parures d’artifices, et l’hélium d’Air Liquide; ils vont finir quelques jours après dans les fleuves, en mer et sur la plage, éclatés et blafards, siglés et paraphés, dégoulinant de bonnes intentions et de messages vains, agglutinés à cette marée de déchets que se tuent à ramasser jour après jour les équipes de professionnels du rivage ou qui tuent jour après jour oiseaux, tortues marines, et poissons leurrés».

 

ballons.jpgC’est l’association environnementale Robin des Bois’ qui, en cette période de fêtes, a choisi d’attirer l’attention sur ce problème. Elle vient de demander «à tous les organisateurs de spectacles et de kermesses, à tous les acteurs de la promotion et de l’évènementiel d’éviter de disperser des déchets dans l’atmosphère et de contribuer ainsi, par une attitude exemplaire, à une gestion préventive des déchets et à la protection du littoral». L’association déplore qu’«en France, cette manie d’envoyer des déchets dans l’air ne faiblit pas, malgré la somme des informations sur les débris de ballons en latex ou en plastique retrouvés en mer ou dans les estomacs d’espèces marines et les nids d’oiseaux». «Le ciel n’est pas une décharge», conclut l’association. Qui, sur son site, publie des photos de plages souillées de ballons qui, c’est vrai, donnent plutôt envie de trouver illico un autre moyen, moins polluant, de symboliser la fête.

12/12/2008

Une (double) première

On n’a jamais trop bien supporté le bruit – certains bruits, en tout cas. On est donc tout à fait sensibilisé à la question des nuisances sonores. Mais là, tout de même, on avoue qu’on est tombé des nues en apprenant cette grande première. Hier à Paris, devant la vingt-quatrième chambre du tribunal correctionnel très précisément, il s’est trouvé un magistrat pour réclamer que des gamins un peu bruyants soient… jetés en prison.

 

Les jeunes en question, les samedis soirs d’été, avaient pris l’habitude de descendre de leur ville de banlieue pour se rassembler dans le quartier des Batignolles, dans le dix-septième arrondissement. Là, jusqu’à pas d’heure, ils refaisaient le monde, rigolaient, faisaient les fous en scooters, jouaient au foot avec des canettes en guise de ballon, etc. «Ils n’étaient pas méchants, mais très gênants», a témoigné hier un riverain. N’en pouvant plus, les habitants du quartier avaient fini par porter plainte contre eux. Hier donc, le substitut du procureur, voulant manifestement faire un exemple, a réclamé trois mois de prison (avec sursis, tout de même) contre ces jeunes. Pour ce faire, le parquet s’est basé sur une loi de 2003 adoptée à l’initiative de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Cette loi avait créé un délit de «trouble de la tranquillité d’autrui par des agressions sonores répétées», punissable d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. Jusqu’à jeudi, elle n’avait jamais été appliquée pour ce genre de contentieux entre voisins. Hier, renâclant devant cette première, le tribunal s’est refusé à suivre le parquet. Il a plus sobrement condamné les gamins à des amendes de 150 euros pour tapage nocturne. Avant le procès, les jeunes n’en avaient pas moins passé 48 heures en garde de vue et une nuit entière au dépôt du Palais de justice.

 

Autre première judiciaire qui a de quoi, disons, interpeller: hier encore, en région parisienne, un lycéen de 19 ans a été traîné en justice pour avoir… craché par terre.

 

Des policiers l’avaient surpris en train de cracher alors qu’il sortait de son établissement scolaire. Ils l’avaient copieusement admonesté. La loi française, en effet, punit les crachats sur la voie publique, en vertu notamment d’un décret de 1942 – datant du régime de Vichy, donc – qui «interdit à toute personne de cracher ailleurs que dans les crachoirs disposés à cet effet». Les pandores avaient ensuite convoqué par téléphone le gamin au commissariat. Sans succès, les parents du jeune homme y compris étant persuadés qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Et bien non. D’où le procès d’hier, devant le tribunal de police d’Evry. Celui-ci a toutefois estimé avoir été saisi de manière irrégulière et a renvoyé l’affaire.

11/12/2008

Une hécatombe (suite)

Un collègue de bureau, paparazzo allemand, débarque un peu sonné: avec son vélo, il vient de se prendre une portière de voiture inopinément ouverte sur son passage. Pour lui remonter le moral, on lui tend un article paru dans les pages locales du journal «Le Parisien». Après les angles morts des camions, les ouvertures intempestives de portières semblent être très en vogue en ce moment dans le milieu cycliste de la capitale. Depuis le début de la semaine, un cycliste est entre la vie et la mort, plongé dans un coma profond après avoir été victime lui aussi d’un accident de ce type rue Guy-Môquet, dans le dix-septième arrondissement. S’il succombe à ses blessures, ce sera le sixième cycliste tué cette année à Paris – du jamais vu.

 

Tout ceci alors que l'Hôtel de ville vient de lancer une campagne d’affichage spectaculaire sur la sécurité routière. Pour le coup, les visuels sont impressionnants. Sur les panneaux publicitaires de la ville, c'est bien simple, on ne voit qu’eux tant ils sont nombreux et saisissants.

 

Ainsi, la déclinaison de cette campagne qui est destinée aux cyclistes. Elle montre une jeune femme inanimée. Etalée de tout son long sur les pavés de l’avenue du Général Lemonnier, l’artère qui sépare le Jardin des Tuileries du palais du Louvre. Avec, à ses côtés, son vélo cabossé ainsi que le contenu de son sac éparpillé sur la chaussée. Et, sur fond de panorama magnifique de la Grande pyramide, ce slogan: «Paris, ses places, ses monuments, ses 556 cyclistes victimes d’accidents en 2008».

10/12/2008

Un patrimoine

bouquinistes3.jpgIls sont une institution de Paris. Ce sont les descendants des colporteurs et des petits marchands d’almanachs du seizième siècle. Aujourd’hui, ils sont certainement les commerçants parisiens qui, à longueur d’années, sont les plus photographiés par les touristes venus du monde entier. Ils sont même répertoriés au patrimoine mondial de l’Unesco. Et ils seraient menacés. Qui? Les bouquinistes de Paris. Ces quelque 200 marchands de livres anciens dont les 900 fameuses boîtes vertes sont accrochées sur les parapets de dix quais de la Seine. Sur une longueur totale de trois kilomètres: du Pont Marie au quai du Louvre et du quai de la Tournelle au quai Voltaire.

 

L’autre jour, les représentants de cette corporation ont été reçus à et par la mairie. Motif de l’inquiétude: une étude menée pendant plusieurs mois cette année sur leur profession, confirmant une tendance qui n’a pu que sauter aux yeux du promeneur parisien un minimum attentif. Cette étude confirme que, sur les quais, la vente de bibelots et de souvenirs pour touristes est en train de prendre le pas sur celle des livres. Au point que certaines boîtes de bouquinistes hier regorgeant d'ouvrages anciens sont devenues de vulgaires stands à tours Eiffel miniatures, à souvenirs hideux et à croûtes d’aquarellistes du dimanche.

 

Pour éviter que ces marchands d’esprit ne se transforment en marchands de souvenirs, un comité ad hoc a été mis sur pied à la mairie, qui est spécialement chargé de réfléchir à l’évolution de cette profession. Plusieurs idées très concrètes sont déjà dans les cartons: une meilleure représentation des bouquinistes sur internet, la publication d’un guide entièrement consacré à ces libraires si particuliers, l’organisation d’événements littéraires (lectures publiques, etc.) sur les quais, la création d’un prix littéraire des bouquinistes, etc.

 

bouquinistes2.jpgIl serait plus que légitime, en tout cas, que soit conservée et revitalisée cette profession. En effet, avec, dans leurs célèbres boîtes vertes, pas moins de 300.000 ouvrages (livres, BD, vieux magazines, etc.), les bouquinistes de Paris sont à la tête de «la plus grande librairie à ciel ouvert du monde». Et représentent donc un patrimoine culturel d’une valeur inestimable.

09/12/2008

Une mode

Au moment où, en France en général et à Paris en particulier, les sociétés de transports publics, par tous les moyens possibles et imaginables, inondent en permanence leurs usagers de messages publiciaires, elles peuvent tout de même traîner ces usagers en justice pour… «publicité non-autorisée».

 

C’est en tout cas ce qui arrive ce jeudi à un usager du RER D, honnête père de famille et par ailleurs militant anti-pub. En 2007, sur la porte de son RER, il colla un petit autocollant pastiche du célèbre sticker au petit lapin qui, depuis des décennies, sur les portes des métros parisiens, recommande aux enfants de ne pas se faire pincer les doigts. Pastiché à la mode anti-pub, cela donnait «Attention, ne mets pas tes yeux sur les pubs: tu risques de te faire manipuler très fort». Surpris en flagrant délit par la police ferroviaire, le voilà qui doit désormais répondre de son «petit acte symbolique de résistance» devant un tribunal du Val de Marne (banlieue parisienne).

 

L’homme revendique le droit à la «désobéissance civique». Pas sûr que cet argument le servira. En effet, en France, la dernière mode judiciaire en vigueur semble consister à poursuivre et à condamner des activistes pour leurs actions militantes.

 

Ainsi, à plusieurs reprises déjà ces derniers mois, les «Déboulonneurs», ces militants anti-pub qui barbouillent des affiches publicitaires dans le métro, ont été mis à l’amende pour «dégradation légère d’un bien par inscription, signe ou dessin». Dans un autre registre, cette semaine, des intermittents du spectacle comparaissent en justice pour «violation de domicile»: lors de leur mouvement de grève contre leur nouveau régime d’assurance chômage, ils avaient brièvement occupé le siège du syndicat CFDT, grand défenseur de la réforme. La semaine dernière, des militants contre la FrançAfrique ont été condamnés à des milliers d’euros d’amende pour «complicité de violence en réunion»: à la faveur d'une de leur manifestation contre les complicités françaises du génocide rwandais de 1994, l’ancien ministre Hubert Védrine avait été aspergé d’un peu de faux-sang (délébile). Enfin, faut-il le rappeler, la semaine précédant cette condamnation, c’est «Droit au Logement» qui a été mis à l’amende: l’association doit payer 12.000 euros pour dépôt d’objets encombrants sur la voie publique – les objets en question étant des tentes de camping remplies de personnes mal-logées.

 

Décidément, en France en ce moment, il ne fait pas bon être militant.

08/12/2008

Une tradition

Les Français adorent les sapins de Noël. Ce sujet, à défaut d’être d’un intérêt fou dingue, est au moins pile poil dans l’actualité puisque, ce week-end, le premier des Français, Nicolas Sarkozy en personne, a fait installer son sapin de Noël dans la cour d’honneur du palais de l’Elysée.

 

Ce faisant, le Président a un peu devancé ses compatriotes. En effet, si l’on en croit une étude sur la question – 23 pages de chiffres, de tendances et de graphiques rien que sur les sapins de Noël: il y a des sondeurs qui mériteraient le Nobel de l’abnégation – c’est plutôt entre le 15 et le 20 décembre que la majorité des Français achètent leur sapin de Noël. Ce n’est pas un petit marché. Chaque année, un ménage français sur quatre (22,2%) sacrifie à cette tradition, ce qui fait 5,9 millions de sapins vendus chaque Noël, à un coût unitaire moyen de 22 euros.

 

Les Français préfèrent le sapin naturel au sapin artificiel. L’espèce en vogue (celle d’ailleurs choisie par l’Elysée) est le Nordmann, qui supplante l’épicéa et le sapin blanc. Les Français achètent leur sapin coupé plutôt qu’en pot ou en motte. Ils effectuent cet achat au supermarché plutôt que chez le fleuriste ou le pépiniériste. A l’inverse de l’hôte de l’Elysée (9 mètres !), ils préfèrent un sapin de taille moyenne (entre 1 mètre et 1,50 mètre). Le profil type des ménages acheteurs de sapins naturels? Entre 25 et 49 ans, aussi bien artisans que commerçants, chefs d’entreprises, cadres ou professions libérales, résidant en région parisienne ou dans l’Est de la France et ayant des enfants. Les acheteurs de sapins artificiels, eux, sont davantage des professions intermédiaires, des employés et ouvriers, et des ménages de moins de 35 ans.

 

Nicolas Sarkozy a beau être un adepte de la «rupture», il n’en sacrifiera pas moins, comme tous ses prédécesseurs, à la tradition de Noël. Dans dix jours, il recevra des enfants à goûter aux pieds du sapin de l’Elysée, après les avoir conviés à une représentation du «Roi Lion» au Théâtre Mogador. En ces temps écologiquement corrects, le chef de l’Etat a bien pris soin de préciser (ici) que cette opération sapin de Noël  avait été menée «dans un souci constant d’éco-responsabilité, de sa production jusqu’à son recyclage en passant par l’installation et la décoration». Ainsi, l’arbre «sera recyclé en compost après broyage, éclairé par des ampoules basse consommation, et sa décoration a été réalisée par une entreprise favorisant l’insertion professionnelle». C’est donc vraiment Noël.

05/12/2008

Une importation

Paris, où tout ce qui vient du pays du Soleil levant est si à la mode depuis un an ou deux, vient d’importer une des institutions du Japon moderne: les… pousseurs du métro! Dans la capitale française, ils ont été rebaptisés «régulateurs de flux». Vêtus de blousons verts, ils officient depuis cette semaine, pendant les heures de pointe, sur les quais du RER D des stations gare du Nord et gare de Lyon.

Leur mission? Faire en sorte que le temps de stationnement de chaque train en quai soit limité à moins d’une minute (contre 1 minute 20 pour l’instant) et, partant, faire progresser la régularité et diminuer les retards. Pour ce faire, les blousons verts s’activent à mieux répartir les voyageurs sur toute la longueur des quais (afin d’accélérer les entrées et les sorties de trains), à faciliter les montées et les descentes (en assistant  les personnes âgées ou les mères équipées de poussettes), à empêcher que des gens bloquent la fermeture automatique des portes, etc. Vu la cohue permanente régnant dans ces stations, ces «régulateurs de flux» n’ont évidemment pas la tâche facile, et on leur souhaite donc bonne chance.

 Au Japon, les «pousseurs» sont une institution  avant de poursuivre la lecture plus bas, petite pause vidéo pour le lectorat qui ne connaîtrait pas.

 

On a déjà vu plusieurs fois ces «pousseurs» à l’œuvre. C’est toujours impressionnant. On a même déjà vécu physiquement leurs agissements. C’était un matin caniculaire d’août, en pleine heure de pointe, dans le train de banlieue qui relie Tokyo à Yokohama. On avait soudain senti une violente poussée dans le dos. Il n’y avait plus un centimètre carré d’espace libre dans le train et, pourtant, les «pousseurs» continuaient sans cesse à pousser, pousser et pousser encore. A un moment même, sous la pression de la foule, une jeune femme s’était étalée de tout son long dans la forêt de cuisses et de genoux des passagers. Puis, comme par miracle, les portes s’étaient refermées et le train s’en était allé. Le plus impressionnant, dans ce spectacle, ce n’était pas tant la violence du contact physique ou l’intensité de la promiscuité. C’était la réaction des gens. Pas un mot. Pas une protestation. Pas un cri. Pas même un murmure. A peine une mèche de cheveu délicatement repositionnée, une goutte de sueur discrètement essuyée. Comme si le fait de se faire piétiner voire jeté par terre au saut du lit était parfaitement normal, voire totalement insignifiant.

A l’inverse de leurs collègues tokyoïtes, les «régulateurs de flux» parisiens ont reçu pour instruction expresse de ne pas jamais toucher les voyageurs. On comprend cela, vu le caractère pas rarement teigneux du Parisien moyen et l’état de tension régnant dans ces RER souvent si bondés et si en retard.

04/12/2008

Un classement

Paris, ville chère, suite: on a déjà beaucoup parlé de ce sujet dans ce blog (ici ou encore , par exemple) mais le filon est visiblement inépuisable. En témoignent à nouveau les résultats tombés cette semaine d’une étude internationale menée par un comparateur de prix sur internet. En octobre dernier, les prix de 25 biens de consommation courante ont été relevés dans 24 villes différentes, dont 20 capitales européennes. L’analyse des 1724 prix répertoriés confirme que les Parisiens ne sont pas gâtés.

 

Ainsi, Paris est la troisième ville la plus chère d’Europe, juste derrière Copenhague (Danemark) et Oslo (Norvège). Parmi les prix exorbitants par lesquels la capitale française se distingue, on relève l’essence, l’électronique grand public, l’alcool ou le tabac. Les prix flambent à Paris y compris pour des produits aussi courants que la canette de coca. Si l’on fait la moyenne de son prix de vente entre grande surface, bar et distributeur automatique, cela donne la canette à 1€40 à Paris. C’est carrément 1€ de plus qu’à Bruxelles. Finalement, si l’on en croit ce classement, les seuls prix parmi les plus bas d’Europe dont peut s’enorgueillir Paris concernent deux types de produits bien particuliers: les livres et… les préservatifs.

 

Se cultiver et se protéger. Finalement, l’essentiel est préservé.

11:01 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : economie, paris

03/12/2008

Un avis

bluetooth_logo.jpgVoilà un avis qui tombe à merveille. Et qui va intéresser les millions d’usagers quotidiens des transports publics parisiens. Il émane de la Commission informatique et libertés (CNIL), qui veille en France à ce que le développement des technologies modernes ne nuise pas aux libertés individuelles et à la vie privée. Cet avis concerne Bluetooth. Selon la CNIL, aucun message publicitaire ne peut être envoyé via cette technologie sans que la personne destinataire ait prélablement donné son consentement.

 

Cet avis tombe au moment où la RATP et le géant publicitaire Publicis viennent d’inaugurer les premiers panneaux publicitaires numériques dans le métro parisien – pour les curieux: à la station Charles de Gaulle-Etoile, par exemple. Il s’agit de publicités dynamiques et animées, projetées sur des panneaux LCD haute-définition de 70 pouces. Le projet prévoit qu’à terme, les usagers du métro passant devant ces panneaux pourront, en dirigeant leur portable vers ces écrans, télécharger via Bluetooth des infos, des bandes-annonces, voire des bons de réduction relatifs aux produits ou services vantés. Ces nouveaux panneaux publicitaires sont équipés de capteurs capables de recenser à l’unité près le nombre de passants qui se sont arrêtés devant l’écran, la partie du message qui a été regardée et l’heure exacte de ces contacts visuels.

 

Pour pouvoir télécharger les infos annexes à ces messages publicitaires, les usagers du métro devront avoir activé au préalable la fonction Bluetooth de leur portable. Dans son avis, la CNIL s’oppose aux systèmes publicitaires qui envoient d’office de la pub aux passants branchés sur Bluetooth. Le gendarme de l’informatique, en effet, considère «ce nouveau mode de marketing direct particulièrement intrusif». De même, estime-t-il, «l’envoi d’un message demandant à l’utilisateur s’il accepte l’établissement d’une connexion Bluetooth n’est pas une modalité satisfaisante du recueil du consentement, dans la mesure où elle intervient trop tardivement».  La CNIL préconise plutôt «des solutions permettant aux seules personnes réellement intéressées par le contenu publicitaire d’être sollicitées. C’est le cas, par exemple, lorsqu’elles doivent approcher de quelques centimètres leur téléphone de l’affiche afin de recevoir la publicité, ce qui atteste de leur volonté et de leur consentement».

 

mercredimetro.jpgCela dit, ces précautions prises pour limiter le caractère intrusif de ce nouveau dispositif ne vont probablement pas calmer les anti-pubs, qui mènent régulièrement des actions commando contre les 40.000 panneaux publicitaires traditionnels déjà présents dans le métro parisien. Ces activistes ne seront pas ravis d’apprendre qu’outre ces panneaux classiques, 400 écrans publicitaires numériques seront déployés d’ici à la mi-2009 dans le réseau du métro, plus encore 200 supplémentaires d’ici à 2010. La RATP semble d’ailleurs ne se faire aucune illusion sur la popularité de ces nouveaux panneaux publicitaires auprès des activistes: tous ces écrans numériques sont équipés d’une alarme anti-casse reliée en temps réel au terminal de la régie publicitaire.