31.12.2008
Un déploiement
En ce jour de St-Sylvestre, les autorités ont incontestablement voulu marquer les esprits. De mémoire de Parisien, on n’avait jamais vu cela depuis de très nombreuses années: le dispositif de sécurité déployé dans la capitale est d’une ampleur sans précédent.
Ces dernières années, le 31 décembre, 4.500 hommes assuraient la sécurité dans la capitale. Cette année, ils seront carrément au nombre de… 7.000! Dont 2.000 déployés rien que dans le quartier des Champs-Elysées. La ville va donc être quadrillée de policiers, de gendarmes et de pompiers. Cette fois, on a même fait appel aux militaires, aux unités mobiles de la réserve nationale ainsi qu'à des hélicoptères qui survoleront en permanence la banlieue nord de la capitale. Tout ce joli monde a pour tâche de réprimer «tout acte qui viendrait gâcher l’esprit de fête devant prévaloir tout au long de la soirée dans la capitale». Voilà les fêtards prévenus. Ce soir à Paris, il ne s’agira vraiment pas de faire le mariole.
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30.12.2008
Un aveu
La France est décidément le pays de tous les paradoxes. On le voit bien ces jours-ci, en matière de soins de santé. Ainsi, dans ce pays, un sexagénaire peut mourir dans une ambulance après que les services de secours eurent, pendant six heures, vainement cherché un service hospitalier de réanimation capable de l’accueillir. Cela s’est passé dimanche, en région parisienne. Mais ce pays peut aussi, quelques jours plus tôt, affirmer, par la voix de son ministre de l’Intérieur, avoir parfaitement géré un vaste exercice de simulation antiterroriste ayant fait, outre 103 morts, 312 blessés fictifs.
D’où, cette question de base. Si déjà on n’arrive pas à trouver un hôpital à un pauvre cardiaque un dimanche en plein cœur de la région parisienne, sera-t-on vraiment capable de gérer 312 blessés causés en quelques heures seulement par une catastrophe majeure? L’opinion est priée de le croire. Hier, cependant, des médecins en colère ont fait voler cette fiction en éclats.
«Ces scénarios de gestion d’attentats ne sont absolument pas crédibles», a assuré ainsi, à la radio, un dirigeant de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), pour qui «rien que le quotidien est déjà une gestion de catastrophe… » Voilà un aveu qui a au moins le mérite d'être clair. Si donc des terroristes devaient envisager de frapper l’Hexagone, les Français n’ont plus qu’à croiser les doigts et à espérer qu’ils soient assez aimables et patients d'attendre que les hôpitaux en aient fini avec les congés des fêtes de fin d’année, les épidémies de grippe, de gastroentérite ou de bronchiolite.
11:08 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, sécurité, gouvernement
29.12.2008
Un chiffre
Le chiffre a été donné lors d’un journal télévisé, ce week-end: en hiver, et particulièrement par ces temps de grands froids comme à présent, on dénombre entre 300 et 350 SDF habitant dans le métro parisien. A savoir restant à longueur de journées, de soirées et en permanence sur les quais ou dans les couloirs des stations, pour se protéger du froid de l’extérieur. Etant donné que le réseau de ce métro compte également quelque 300 stations, cela veut dire que, statistiquement, chaque voyageur entrant dans une station de Paris en ce moment a des probabilités de tomber sur un SDF en train d’y croupir. D’année en année, ce nombre est relativement stable, nous précisait-on ce matin à la RATP. Il est trois fois plus important que la centaine de sans-logis qui habitent dans les stations pendant la saison de l’été.
Une soixantaine d’agents de la régie s’occupent de cette population. Anciens machinistes ou guichetiers, ils se sont portés volontaires pour remplir cette tâche sociale puis, après formation, ont été détachés à cette fonction. Vêtus de leur blouson «RATP Solidarité», ils patrouillent sur les quais et dans les couloirs des stations pour apporter aide, informations et réconfort aux SDF. Pour leur proposer aussi de prendre le bus du SAMU Social qui, à la nuit tombée, ramasse dans chacune des stations les clochards désireux d’être conduits dans les centres d’hébergement.
A cet égard, la RATP n’ a pas anticipé le projet gouvernemental controversé consistant à contraindre, par grands froids, les SDF à accepter les offres d’hébergement. «On n’impose rien», assure-t-on à la régie. «Tout se passe de manière très humaine. L’objectif est de leur apporter du réconfort et absolument pas de les virer et de les mettre dehors». Est-ce à dire que les clochards sont autorisés à dormir dans les stations après la fermeture de leurs portes? Pas de réponse précise à cette question. En revanche, la RATP confirme que ces usagers particuliers du métro bénéficient d’une tolérance: ils ne sont ni contrôlés ni sanctionnés pour n’avoir pas de titre de transport en règle.
11:09 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, métro, transports, pauvreté
26.12.2008
Une diminution
Dans le Thalys hier soir, retour d’un saut de puce en Belgique pour les fêtes. On ne prend ce train qu’une ou deux fois l’an, donc on n’y est pas trop habitué et, dès lors, on tombe à chaque fois un peu des nues en constatant cela: les prix pratiqués à la voiture-bar. Sans être radin pour un sou, ces prix sont tellement prohibitifs qu’ils en deviennent carrément grotesques. On s’en consolait en sirotant un coca light dont le prix du centilitre devait bien valoir, en ville, celui d’un cru bourgeois: dans les TGV français au moins, à partir de mars, les tarifs vont devenir un peu moins inaccessibles.
La SNCF, en effet, va changer de prestataire pour son service de restauration à bord. A la Compagnie des Wagons-lits, filiale du géant français Accor, va succéder, dans trois mois, le groupe italien Cremonini, qui annonce des tarifs en baisse de 20 à 30%. Des exemples concrets? Le café verra son prix baisser de 2€40 actuellement à 2€10. Le sandwich (forcément mou, sinon ce ne serait plus un sandwich SNCF) passera de 4€10 à 3€50. La bouteille d’eau coûtera 2€ (contre 2€50 aujourd’hui), le soda 3€40 (contre 3€60) et le paquet de chips 2€ (contre 2€20). Cette diminution de prix annoncée aidera peut-être à faire passer la pilule de la prochaine augmentation annuelle des tarifs des billets.
Tiens, à propos, la SNCF est en train de réfléchir à la suppression des wagons-bars dans ses TGV. Ou, du moins, de limiter leur présence aux seuls trains assurant les trajets les plus longs. Ces voitures-bars seraient remplacées par des distributeurs automatiques situés sur les plateformes ou par un service de vente ambulant à l’aide de charriots roulants. Raison de cette réforme envisagée? Malgré les tarifs prohibitifs qui y sont pratiqués, les voitures-bars ne sont pas très rentables. Selon le grand patron de la SNCF, Guillaume Pepy, «un wagon-bar, c’est 50 places assises en moins. C’est simple: supprimer le wagon-bar nous permettrait de faire 10% de chiffre d’affaire en plus sur une rame de dix voitures». CQFD
11:15 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, economie, belgique, art de vivre
24.12.2008
Une dernière folie?
Les Français vont encore prendre des kilos, ces jours-ci. En effet, on estime qu’à l’occasion des repas de fêtes de fin d’année, ils vont ingurgiter 60.000 tonnes d’huîtres, 13.000 tonnes de foie gras, 40.000 tonnes de saumon (frais ou fumé) et 40.000 tonnes de chocolat!
Tiens, au fond, si à cette heure vous commencez à sérieusement stresser parce que vous n’avez pas encore trouvé d’idée de menu pour le repas de Noël, réglez illico ce souci en vous rendant à «L’Atelier des Chefs». Ce site web, dont les fins gourmets parisiens parlent pas mal en ce moment, propose plus d’un millier de recettes (dont notamment des recettes en vidéo), trucs et astuces, le tout mis gracieusement à votre disposition par de grands chefs français.
Deuxième tuyau: si vous êtes un peu serrés financièrement, faites une croix sur… les noix de Saint Jacques surgelées. En effet, ce produit fait partie des aliments épinglés dans une récente étude de la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV). Entre le 15 novembre et le 15 décembre, cette association de consommateurs a suivi l’évolution des prix de 75 «produits emblématiques des tables de réveillon». En dépit des apparences et du ressenti que le client moyen peut avoir en déambulant dans les rayons, la majorité de ces prix sont restés stables pendant cette période. Une quinzaine de produits ont même vu leur prix baisser. Les hausses, selon cette étude, n’ont affecté que trois produits parmi lesquels ces fameuses noix de Saint Jacques surgelées, dont le prix a flambé de 72%. Au-delà de cette tendance globalement satisfaisante, l’association s’interroge sur l’ampleur des variations des étiquettes. Ainsi, «des gambas surgelées de la marque U peuvent, en un mois et dans un même magasin, perdre 60% de leur valeur. De même, on a du mal à comprendre pourquoi, à la mi-décembre, on achète des œufs Kinder ‘Spécial Noël’ 30% plus cher selon que l’on fait ses courses chez Carrefour en région parisienne ou chez Leclerc dans le Pas-de-Calais». Moralité: plus que jamais donc, du moins si on en a le temps, il faut comparer les prix avant d’acheter.
En cette fin d’année, cela dit, les Français ont déjoué tous les pronostics. La crise internationale aidant, les spécialistes s’attendaient à ce qu’ils réduisent nettement leur budget pour les fêtes. Or, cela n’a pas l’air d’avoir été le cas. Globalement, les grands magasins n’ont pas été moins bondés que l’hiver dernier – et ce à Paris y compris, malgré pourtant une alerte terroriste retentissante. Et la semaine dernière, le volume d’utilisation des cartes bancaires, pour les retraits et les paiements, a atteint 66 millions d’euros, soit une baisse peu importante (0,8%) par rapport à la Noël 2007. De même, le montant moyen par transaction (97 euros) est resté stable.
Les Français se seraient-ils dit qu’ils s’autorisaient quelques dernières folies (caloriques comme financières) avant d’affronter une année qui, selon toutes les prévisions, risque d’être rude?
10:56 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, gastronomie, art de vivre
23.12.2008
Une requête
C’est une requête un peu particulière qu’examinera demain, lors de sa séance audiencée à onze heures du matin, le tribunal administratif de Versailles. Une requête qui lui a été introduite en référé, selon la procédure d’extrême urgence donc, par rien moins qu’un… «descendant en droite ligne de Louis XIV et de Marie-Antoinette», comme se présente lui-même le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme.
Monseigneur saisit la justice pour «profanation et atteinte au respect dû aux morts». Visé? L’établissement public qui gère le château de Versailles. Pour agir, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme invoque le «droit immémorial de tout membre de l’espèce humaine au respect de ses aïeux» et «à vivre sans profanation de ses ancêtres». Or, pour le prince, ses ancêtres sont actuellement profanés par… la grande rétrospective consacrée par le château de Versailles à l’artiste contemporain américain Jeff Koons (ici, ou là). Monseigneur réclame donc au tribunal administratif d’ordonner au château d'immédiatement mettre un terme à cette exposition.
Pour Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, en outrageant ses aïeux, cette exposition crée un «trouble manifeste». L’œuvre kitsch et drôlatique de Jeff Koons «n’a pas sa place dans le saint des saints des appartements royaux». Son unique but, en effet, est de «se moquer, ridiculiser et dénaturer l’œuvre d’art et de mémoire» du Roi Soleil et de ses descendants. Cette «intention suprême de profanation et de dérision» serait d’autant plus insupportable qu’elle servirait de «ressort publicitaire destiné à promouvoir une star étrangère du porno au détriment de l’art français». Monseigneur fait allusion ici à l’ex-épouse de Jeff Koons, l’actrice porno italienne La Cicciolina, avec qui l’artiste américain prit quelques poses un peu olé-olé. Du coup, et même si aucune œuvre porno n’est évidemment montrée au château, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme qualifie la rétrospective Koons d’«exposition à caractère pornographique». Il juge cela d’autant plus condamnable qu’on est à la période chrétienne de Noël et que, pendant ces congés scolaires, les pornocrates viseraient directement «la candeur des enfants, particulièrement vulnérables et sans défense aux atteintes pornographiques».
En novembre déjà, dans un courrier adressé au Président Sarkozy, le prince de Bourbon-Parme disait militer contre l’expo Koons «à titre strictement familial, mais conscient de porter ainsi le sentiment général des Français et des étrangers du monde entier amoureux du château de Versailles». Sur ce point précis, l’on se permettra de très respectueusement faire remarquer à Monseigneur qu’il se fourvoie. En effet, la rétrospective Koons vient d’être prolongée jusqu’à début janvier tant elle remporte un succès phénoménal. En trois mois, elle a été vue par plus d’un demi-million de personnes. C'est un succès de foule sans précédent dans l’histoire des expositions d’art organisées au château de Versailles.
11:24 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : art, expositions, culture
22.12.2008
Un exercice
Début de semaine horrifique à Paris. Ce matin, vers 9 heures, un groupe terroriste a fait irruption dans le fameux hôtel de Crillon, place de la Concorde. Il y retient en otages des touristes, des hommes affaires et des diplomates, américains notamment. Au même moment, une bombe a explosé gare Montparnasse. Des détonations ont également été entendues au palais des congrès, porte Maillot. On ignore encore le nombre de victimes. A deux pas, à la Défense, un groupe paramilitaire inconnu a réussi à prendre le contrôle d’un gratte-ciel; le détachement d’élite du Raid a été envoyé sur place. Et, comme si cela ne suffisait pas, l’alerte rouge a également été déclenchée au Bourget: sur les pistes de cet aéroport de la proche banlieue parisienne, un commando a pris le contrôle d’un petit avion.
Ce lundi matin parisien d’épouvante, ce sont les stratèges qui l’ont imaginé. Ce scénario sert de base à l’exercice qui se déroule en ce moment même, «destiné à tester la réaction des services du ministère de l’Intérieur en cas d’attentats et prise d’otage massive simultanés». Pour corser encore l’affaire, à ces cinq actes terroristes concernant la région parisienne, les autorités en ont ajouté deux autres se déroulant en province: un attentat à la gare routière de Marseille et une prise d’otages dans la tour du Crédit lyonnais, à Lyon.
L’objectif de cet exercice est de tester en temps réel les capacités de réaction des autorités, et notamment de voir si les innombrables services sollicités en cas de catastrophes majeures parviennent à bien travailler ensemble. Pas moins de cinq ministères sont associés à l’exercice: Intérieur, Défense, Affaires étrangères, Santé et Equipement. Il s’agit exclusivement d’un exercice d’état-major: qui se déroule en salles. Les différents sites concernés ne connaîtront aucune perturbation ni ne seront l’objet du moindre déploiement particulier de forces de l’ordre.
Pas de soldats en treillis dans les salons dorés du Crillon, donc. Sans doute les autorités ont-elles jugé qu’en matière de sécurité visible et ostensible sur la voie publique, on en avait fait assez, cette année. Ce lundi, d’ailleurs, pour de vrai cette fois, policiers, gendarmes, propriétaires de grands magasins, sociétés de transports et d’aéroports de la capitale sont à nouveau convoqués au ministère de l’Intérieur pour une grande réunion destinée à évaluer, et au besoin à peaufiner, ce dispositif de sécurité.
Faut-il en faire plus? En fait-on jamais assez? Jusqu’où faut-il pousser le principe de précaution, dans ce domaine ultra-sensible de la lutte anti-terroriste? La réponse n’est pas aisée. L’ont à nouveau bien montré, ces derniers jours, les si nombreux reportages radio ou télé ayant recueilli la réaction des Parisiens face à l’arsenal sécuritaire renforcé depuis l’alerte terroriste de l’autre jour, au «Printemps». En gros, pour une personne interrogée qui se disait sécurisée par la présence si visible et si importante des forces de l’ordre dans la rue, une autre personne, au contraire, se déclarait surtout stressée par cette présence.
C’est vraiment le verre à moitié vide ou à moitié plein. Quand, à l’entrée d’un grand magasin ou à la sortie d’une gare, vous tombez sur un militaire en tenue de combat, mitraillette au bras. Sa seule présence peut-elle légitimement vous rassurer? Ou, au contraire, rappelle-t-elle une situation générale rendant sa présence nécessaire, ou en tout cas jugée comme telle, et donc qui a surtout de quoi inquiéter?
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19.12.2008
Une question
Fin de la semaine. Pour info – car, médiatiquement, cela n’a pu que vous échapper –, celle-ci a notamment vu, mardi, les collectifs de travailleurs intermittents et précaires se mobiliser, dans le cadre d’une journée nationale d’action (ici) qui a donné lieu à des manifestations à Paris et dans plusieurs villes de province. Globalement, les médias n’en ont pas du tout parlé. La veille, en revanche, les journalistes ont amplement couvert le happening de presse organisé par une catégorie bien particulière de travailleurs précaires: les modèles posant nus pour les Ateliers des Beaux-Arts de la ville de Paris, qui sont mécontents de leurs conditions salariales (là). Pas un journal, pas une radio, pas une télé n’a manqué la conférence de presse de ces modèles. Lors de laquelle, bien entendu, ils et elles se sont dénudé(e)s. D’où, cette question: les journalistes, que l’on savait déjà curieux de nature, ne sont-ils pas aussi et avant tout de grands voyeurs?
10:51 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, journalisme, social, culture
18.12.2008
Un engin
Restons sur les grands boulevards parisiens, mais dans un registre plus léger que ceux de la violence politique et de la précarité que l’on évoquait dans les notes d’hier et d’avant-hier. L’autre jour, en déambulant boulevard Beaumarchais, comme une semaine auparavant déjà sur le boulevard des Filles du Calvaire, on s’est fait dépasser en trombe par un nouveau mode de déplacement que l’on commence à voir pas mal à Paris: le Segway.
Dans la capitale française, cette espèce de trottinette futuriste – on appelle cela un «gyropode», semble-t-il – est même désormais disponible à la location (ici ou là, par exemple). Facturé 45 euros la demi-journée, voire carrément 30 euros de l’heure, il n’est pas sûr que ce nouveau mode de déplacement détrônera le Vélib dans le cœur des Parisiens. Mais, manifestement, à en juger aux idiomes que parlaient ses utilisateurs que l’on a croisés, il a un certain succès auprès des touristes étrangers.
L’engin a l’air assez drôle à conduire, en tout cas. On n’a pas encore essayé cela. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque. Mais, un peu comme avec les rollers – qu’on a tant aimé autrefois user sur le bitume parisien, mais qu’on a depuis remisés au placard –, on a l’impression que, juché là-dessus, on aurait l’air un peu ridicule. Surtout, on aurait vraiment peur de se laisser aller à contribuer peu civiquement à l’insécurité sur les trottoirs. Car l’usage de cet engin a l’air très grisant. Ses utilisateurs qu’on a croisés, en tout cas, riaient tellement aux éclats qu’ils en oubliaient manifestement ses consignes d’utilisation: circuler «à la vitesse du pas», «laisser toujours la priorité aux piétons», «ne pas créer d’inquiétude inutile» chez les autres usagers du trottoir, etc.
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17.12.2008
Un dispositif
Si vous êtes Parisiens et si, ce mercredi, vous avez prévu de faire du shopping sur les grands boulevards, attendez-vous à devoir subir davantage de contrôles qu’à l’accoutumée. En effet, depuis l’alerte terroriste d’hier midi au «Printemps», boulevard Haussmann, tous les grands magasins de la capitale ont discrètement mais considérablement renforcé leurs mesures de sécurité. Ainsi, le nombre de vigiles a été augmenté. Et, à partir de ce matin, ils auront notamment pour mission de contrôler les sacs des clients aux entrées.
Ce matin également, les plus hauts responsables de la police, de la gendarmerie, de la sécurité dans les aéroports et dans les transports ont été convoqués au ministère de l’Intérieur pour plancher sur un renforcement des mesures de vigilance et de sécurité concernant non plus cette fois les espaces privés, comme les grands magasins, mais la voie publique. Dès hier après-midi, cinq unités mobiles, soit un demi-millier d’hommes, ont été déployées en urgence pour sécuriser davantage les zones commerciales à Paris et en province.
Ces renforts décidés aujourd’hui complèteront le dispositif déjà déployé dans le cadre du plan «Vigipirate», qui est actuellement à l'échelon rouge. Dans la capitale, ils viendront également s’ajouter à l’arsenal renforcé de sécurité mis en place pour les fêtes par la préfecture de police. Ce dispositif, qui sera maintenu jusqu’au 18 janvier, est déjà en soi impressionnant. Il mobilise plus de 1500 policiers supplémentaires. Ces patrouilles, pédestres ou motorisées, sont notamment affectées à la sécurisation des grandes zones commerciales de la Ville lumière (Forum des Halles, Haussmann, Montparnasse, etc.) et des quartiers touristiques emblématiques (Champs-Elysées, Tuileries, Vendôme, etc.).
Pendant un mois, dès lors, dans le centre de Paris, la couleur dominante sera à nouveau, et plus que jamais, le bleu marine, voire le kaki. L’hiver dernier, pendant la période des fêtes de fin d’année, un maillage policier d’envergure similaire avait débouché sur quelque 52.000 contrôles d’identité, dont 1700 avaient donné lieu à des interpellations. Les autorités s’étaient alors félicitées du succès de ce dispositif, invoquant une baisse de 9% de la délinquance dans la capitale pendant cette période des fêtes de fin d’année.
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