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02/01/2009

Un bilan

Un an aujourd’hui, jour pour jour, que la France a interdit le tabac dans les lieux publics et singulièrement dans les lieux de convivialité: cafés, bars, restos, discothèques, etc. Le bilan de cette loi est mitigé.

 

Côté pile, la qualité de l’air ambiant dans ces lieux s’est incontestablement améliorée. Le tabagisme passif, que subissait notamment le personnel travaillant dans ces lieux, a été éradiqué. Les spécialistes s’attendent à «un impact fantastique» en termes de santé publique: une réduction d’une dizaine de pourcents du nombre d’hospitalisations pour infarctus du myocarde. Enfin, tous les sondages montrent que cette loi est assez populaire: elle est plébiscitée aussi bien par les fumeurs que par les non-fumeurs. Dans l’ensemble, elle est donc assez bien respectée. En région parisienne, en un an, seuls 384 fumeurs et 228 patrons d’établissements récalcitrants ont été verbalisés.

 

Côté face, reste un gros problème à régler dans les terrasses, qui sont devenues les lieux de refuge des fumeurs et dont l’atmosphère, du coup, est souvent irrespirable. La loi pose aussi un problème économique. La baisse du chiffre d’affaires des lieux de convivialité due à l’interdiction du tabac est évaluée entre 1,5 % (estimation des économistes) et 10% (calculs des syndicats). Elle ne va pas arranger l’impact de la crise générale déjà subi par ce secteur. L’interdiction du tabac dans les cafés y a fait revenir une nouvelle clientèle (familles avec enfants, personnes âgées, etc.), à certaines heures notamment (l’après-midi). Mais elle a fait fuir les fumeurs invétérés. Elle tend à écourter souvent les durées de consommation (au déjeuner par exemple, les gens zappent le dessert ou le café pour sortir fumer). Et, dans les centres urbains animés, elle est à l’origine de troubles du voisinage. Sans parler de la plaie environnementale des trottoirs transformés en grands cendriers et des chauffages de terrasses très énergivores.

 

Enfin, surtout, nouvelle loi ou pas, les Français ne fument pas moins.  Selon l’office de prévention du tabagisme, cette loi n’a eu «aucun impact» sur le nombre de fumeurs réguliers ou occasionnels, qui continuent à représenter, en gros, un tiers de la population. C’est évidemment le principal constat négatif, même si tout le monde s’y attendait un peu en vertu du vieux principe selon lequel punir, interdire, cela n’a jamais suffi à convaincre et à infléchir.

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