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13/01/2009

Un repère

Mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat: c’est aujourd’hui qu’entre en vigueur une énième hausse des tarifs de la SNCF, une augmentation de 3,5% en moyenne. Apprécieront particulièrement cette hausse les innombrables voyageurs qui ont été victimes des avaries et des retards à répétition qu’ont connus cet hiver les chemins de fer français.

 

Parlant argent, l’Hexagone, comme les autres pays de la zone euro, vient de fêter sans tambours ni trompettes le septième anniversaire de l’entrée en vigueur de l’euro. Or, malgré cette longévité qui commence donc à s’installer, dans ce pays  particulièrement, «le franc demeure un repère» confirme une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

 

Selon cette enquête, pour des dépenses quotidiennes et de montant en général limité, seulement 55 % des Français pensent systématiquement en euros. Mais plus d’un Français sur quatre pense uniquement en francs. «Sept ans après le passage à l’euro, les Français, dans l’ensemble, maîtrisent son utilisation comme unité de compte. Cependant, nombre d’entre eux sont toujours obligés de convertir en francs, surtout pour des valeurs qu’ils ne manipulent pas quotidiennement. Comme en son temps l’ancien franc, le franc continue à jouer, pour beaucoup d’entre nous, un rôle important dans leur appréhension du système de prix actuel». C’est surtout quand le prix du bien est élevé et la fréquence d’achat plus rare que les Français pensent en francs: par exemple, moins d’un sur trois pense uniquement en euros pour acheter une voiture. Le recours à l’une ou l’autre des deux unités de compte dépend donc, outre de facteurs comme l’âge ou la région d’habitation, du montant de la dépense. Plus il est faible, plus elle a de chance d’être évoquée en euros. En France, résume bien l’Insee, «on achète sa baguette en euros et sa voiture en francs».

 

Tiens, avez-vous remarqué comme, sept ans après son introduction, la monnaie unique européenne n’a pas encore trouvé de surnom affectif et populaire dans la langue française? Dans le langage courant, les francs avaient été rebaptisés «balles» ou «briques». La monnaie unique européenne, elle, se cherche toujours un sobriquet dans la langue de Voltaire – signe, selon certains spécialistes, de l’absence d’un lien affectif entre cette monnaie et les Français.

 

 

PS: A propos d’euro et de langue française, on sursaute à cette différence d’usage chaque fois qu’on passe en Belgique – et la dernière fois encore, pour les fêtes de fin d’année. Autant vous n’entendrez jamais un Français parler d’autre chose que de «centimes» d’euros, autant le Belge, lui, semble majoritairement parler de «cents». Ce n'est pas inintéressant, cette nuance.

Commentaires

Pour moi l'usage de cent plutôt que centimes reflète la plus grande importance donnée à l'anglais en Belgique, à cause de l'impossibilité de *tout* traduire dans les deux principales langues nationales. Ou alors c'est simplement la loi Toubon qui a porté ses fruits :-)

Écrit par : Marion | 13/01/2009

Je suis sûr qu'en poussant un peu plus loin l'analyse que seules les personnes de plus de 50 ans continuent d'avoir pour repére le franc la jeune génération a sauté le pas.

Écrit par : stef | 13/01/2009

"cent(s)" est la dénomination française officielle prévue par la réglementation européenne. Ce sont les Français qui d'initiative utilisent le terme "centime(s)". Ils 'gait donc d'une spécificité française...

Écrit par : br | 13/01/2009

L’Académie française rappelle que le mot euro prend la marque du pluriel : on écrit un euro, des euros (Cf. Journal officiel du 2 décembre 1997). La centième partie de l’euro doit se dire et s’écrire centime (Communiqué de presse du 13 décembre 2001).

Bruxelloise, j'emploie toujours et sans problème le mot "centime" et je ne vois pas de raison d'y renoncer pour les francophones. Chaque langue prononce le centième d'euro à sa façon (voir les pays nordiques par exemple sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Centime_(euro)).

Si je me trouve en Flandre, je dirai "cent", bien sûr, en néerlandais.

Écrit par : Tania | 13/01/2009

Effectivement, je ne vois pas d'inconvénient à utiliser "centime(s)", au contraire. Je souhaitais simplement signaler que l'usage du terme "cent(s)" par les Belges n'est pas erroné.

Écrit par : BR | 13/01/2009

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