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26/01/2009

Un désastre

pin_maritime_021_(rameau).jpgWeek-end de tempête hivernale, dans le Sud-Ouest. Le bilan humain (8 morts, tout de même) n’est pas négligeable. Ce matin encore, d’innombrables personnes sont plongées dans l’embarras:  un bon million de Français au moins doivent être privés d’électricité, d’eau ou de téléphone. Cette tempête exceptionnelle constitue aussi un désastre écologique majeur pour le pays. En effet, la forêt d’Aquitaine – 300.000 hectares, le plus grand massif forestier de France – a été touchée de plein fouet. Selon le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, 60% de la forêt du Sud de la Gironde et des Landes a été ravagé. Concrètement, cela veut dire que des hectares entiers de pins maritimes ont été couchés par terre par les vents. Il faudra des décennies voire des siècles avant que le paysage de la région efface les traces de cette catastrophe.

 

On le sait particulièrement bien en région parisienne, où l’on n’a pas encore totalement fini de panser les plaies de la dernière grande tempête cyclonique d’ampleur historique avant celle de ce week-end: la tempête de décembre 1999. Cette tempête avait particulièrement frappé la capitale et sa région. Elle s’était acharnée sur les deux grands bois parisiens (Boulogne et Vincennes). Et avait causé des dommages irrémédiables y compris à des espaces verts d’intérêt esthétique, écologique ou culturel majeur comme les jardins de Versailles ou la forêt de Fontainebleau. Dégât collatéral en forme d’anecdote, qu’on avait expérimenté in situ à l’époque: pendant des années, après ces tempêtes, il avait été très difficile de pratiquer la randonnée pédestre dans ces forêts parisiennes, une bonne partie des signes de balisage des sentiers ayant disparu, les arbres sur lesquels ils avaient été apposés ayant été abattus.

 

Ses agents nous le confirmaient au téléphone, ce matin: en ce moment, l’Office national des forêts met la dernière main au rapport qui dressera un bilan extrêmement détaillé de la situation des forêts parisiennes et françaises dix ans après cette grande tempête de 1999. C’est à ce moment seulement que l’on saura dans quelle mesure le désastre écologique a pu ou non, en tout ou en partie, être réparé. En attendant la publication de ce rapport, dans plusieurs forêts domaniales de la région parisienne, les agents de l'ONF sont toujours à pied d'oeuvre pour réparer les dégâts. Dix ans n'ont pas été de trop, en effet, pour commercialiser les quantités énormes de bois abattus, pour nettoyer les parcelles, leur laisser le temps de se régénérer ou pour procéder à des replantations lorsque la tempête avait nui à la diversité des essences. A cet égard, certaines forêts parisiennes ont été tellement dévastées que 75% de leur régénération a dû être faite artificiellement. Les forestiers en ont souvent profité pour remplacer les tilleuls, très vulnérables aux coups de vent, par des chênes, plus costauds. Mais ces derniers arbres poussant lentement, il faudra bien un siècle avant que l'on retrouve la physionomie des forêts parisiennes d'avant la tempête de 1999. 

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