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27/01/2009

Un test

Alors qu’en plein cœur de Paris, à deux pas de l’Opéra Garnier, les tentes de mal-logés ont fait leur réapparition rue de la Banque (ici), les députés entament ce mardi  la discusssion d’un projet de loi controversé, dit de «mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion». A Paris (mais en province aussi), selon que l’on s’appelle Durant, Hamidou ou Ben Bakar, on a plus ou moins de facilités à trouver un logement. On s’en doutait déjà, mais au moins maintenant c’est clair et quantifié.

 

En effet, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) vient de rendre publics les résultats édifiants d’une opération de testing qu’elle a réalisée. Ses enquêteurs assermentés ont testé 36 bailleurs (agences immobilières et particuliers) ayant mis en location une habitation. Dans près de la moitié des cas, ces bailleurs ont adopté un comportement discriminatoire à l’encontre des candidats locataires fictifs joués par les enquêteurs lorsque ceux-ci s’affublaient d’un patronyme à consonance africaine. Ces candidats obtenaient plus difficilement que les autres, aux noms à consonance plus immédiatement française, ne serait-ce qu’un rendez-vous pour pouvoir visiter ces logements mis en location.

 

Les résultats de ce test ont été transmis au procureur de la République. En effet, la loi française punit de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende «le refus ou la subordination de la fourniture d’un bien ou d’un service à une distinction opérée entre des personnes en raison notamment de leur origine, de leur patronyme, de leur appartenance ou non appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée». Enfin, théoriquement. Car, comme l’a rappelé Louis Schweitzer, le président de la Halde, «pour changer les choses, il faut avoir une sanction si la loi n'est pas respectée. Si on n'avait pas mis de radar, la violence routière n'aurait pas baissé...»

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