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18/02/2009

Un créneau

Le Salon de l’agriculture ouvre ses portes ce samedi à Paris. Comme à chacune de ses éditions, plusieurs centaines de milliers de visiteurs se bousculeront dans les travées des halls de la Porte de Versailles. Parmi les attractions de cette édition, le lancement d’une nouvelle boisson gazeuse régionale, baptisée… «Auvergnat Cola».

 

Ce soda promet, puisqu’il ambitionne de faire expérimenter à ses consommateurs à la fois «la force unique des volcans d’Auvergne, la fraîcheur des montagnes et le goût de l’authentique» – ce qui n’est tout de même pas rien. Il assure même qu’il va «tout faire exploser, de ses bulles magmatiques portées par les bouillonnements volcaniques». Ce que résume le slogan de la marque: «Fait tot petar, miladiou!» («Ca va tout faire exploser!», en auvergnat). Concrètement, cette nouveauté aura le goût du Cola-Cola mais agrémenté d’«un zeste de gentiane, plante typiquement régionale». Son producteur est une entreprise de Saint-Flour (Cantal) leader mondial des tripoux, un incontournable de la gastronomie régionale. Son objectif à terme est de produire un million de bouteilles par an. Outre dans les grandes surfaces et dans les bistrots, la nouvelle boisson pourrait être bientôt disponible dans les restaurants Mc Donald’s d’Auvergne.

 

L’«Auvergnat Cola» n’est que le dernier en date des sodas dits «identitatires» exploitant la fibre régionale: un créneau qui s’est beaucoup développé en France ces dernières années. Les deux marques les plus connues et vendues dans l’Hexagone sont le «Breizh Cola» breton  –  «Le Cola du Phare Ouest», comme Farwest, ha ha: trop forts décidément, ces publicitaires français  –  dont il s’écoule 5 millions de bouteilles chaque année, et le «Corsica Cola» (3 millions de bouteilles). Mais existent aussi un «Elsass Cola» alsacien. Un «Fada Cola» marseillais, avec bien sûr «un peu de galéjades, un soupçon de vélodrome en folie, un bon bout des calanques, un joli bruit de carreau sur place, le chant des cygales», etc. Un «Chtilà Cola» chtimi. Sans oublier bien sûr les «Mecca Cola» et «Arab Coca». Et le «Vendée Cola»: «le Cola du grand ouest», lancé à l’occasion du dernier ‘Vendée Globe’. Un créneau, on vous le disait.

 

Au fond, que pense-t-on chez Coca-Cola de cette multiplication des déclinaisons régionales de cette boisson? On a posé la question hier au service de communication du siège français de la multinationale. La réponse a été aussi philosophe que décontractée: «A partir du moment où une marque est connue et très populaire, il est sans doute normal qu’elle soit copiée. Cela doit être un signe de bonne santé économique». Le géant d’Atlanta a d'autant moins de raisons de s'inquiéter qu'il a quelques longueurs d’avance sur ses lilliputiens concurrents régionaux. Toutes les dix secondes dans le monde, 126.000 personnes achètent un produit de la compagnie Coca-Cola, dont 1,5 milliard de boissons sont consommées chaque jour dans 200 pays différents.

 

Il n’empêche, Coca prend bien soin de tordre le cou à des bruits qui pourraient lui nuire dans certains publics. Ainsi, dans sa communication sur les rumeurs infondées circulant autour de ses produits, cette marque inclut un contre-argumentaire à l’attention de ceux qui affirment que le coca contient des ingrédients le rendant impropre à la consommation par les musulmans. En France, la firme a même fait attester la chose dans un certificat délivré par la Grande mosquée de Paris...

Commentaires

C'est pas une grande nouvelle...
Il y a depuis longtemps Breizh Cola : http://fr.wikipedia.org/wiki/Breizh_Cola et plein d'autres...

Ah le salon de l'agriculture... c'est chichi qui va être content d'y retourner.

Écrit par : sylvain | 18/02/2009

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