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02/03/2009

Une fronde

Depuis hier, les discothèques et bars de nuit ont l’obligation de mettre des bornes éthylotests à la disposition de leurs clients. A première vue, un tel dispositif paraît être la moindre des choses pour tenter de réduire l’hécatombe de l’insécurité routière, qui est particulièrement meurtrière chez les jeunes. Il suffit, chaque lundi matin, d’ouvrir les journaux à la rubrique des faits divers pour constater le nombre de jeunes automobilistes qui, chaque week-end, perdent la vie en rentrant bourrés de boîte de nuit. Les exploitants de ces établissements, pourtant, ne l’entendent pas ainsi.

 

Ils sont même assez furieux. Selon leurs organisations syndicales (ici), «l’installation et l’utilisation des bornes éthylotests est inapplicable notamment dans les établissements de grande capacité pour des raisons pratique. De plus, cette mesure nécessite un coût financier que ne peuvent supporter seuls les professionnels». Les patrons de boîtes refusent d’autant plus de «porter de nouvelles responsabilités» en matière de lutte contre l’acoolémie que, d’après eux, «l’alcoolisation sauvage s’effectue en dehors de (leurs) établissements».

 

La fronde du lobby alcoolier ne fait d’ailleurs que commencer. Cette semaine, en effet, débute au Parlement l’examen du volet le plus controversé du projet de loi de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, volet visant à faire la chasse à l’alcool. Constatant que l’alcool au volant reste la première cause de mortalité sur les routes, la loi interdit toute vente de ce produit dans les stations services. Elle durcit aussi la réglementation sur la vente d’alcool aux jeunes dans les bars et restaurants. Et pour cause: l’alcoolisation croissante de cette tranche de la population est un réel problème en France – ces quatre dernières années, le nombre d’hospitalisations pour ivresse dans les services de pédiatrie y a augmenté de près de 50%. Mais là aussi, le secteur traîne les pieds. Selon lui, le  gouvernement «se trompe de cible» en «s'obstinant à considérer les cafetiers et les restaurateurs comme des boucs émissaires responsables de l'alcoolisation des jeunes».

 

Dernière polémique en date: afin de lutter contre les phénomènes de «binge drinking», la loi Bachelot interdit les ventes d’alcool au forfait (les soirées «open bar», par exemple) ou les offres gratuites d’alcool à titre promotionnel. Du coup, c’est tout le lobby de la viticulture qui monte au créneau. Selon lui, telle qu’elle est rédigée, cette loi pourrait mettre en danger l’existence des foires et dégustations de vin. Vu la puissance du lobby viticole en France – à quelques mois d’élections, qui plus est – , vu aussi le poids économique de tout le business autour des foires des vins, nul doute que la ministre de la Santé va, très rapidement, apporter à son texte les précisions qui s’imposent pour apaiser cette fronde.

Commentaires

Du grand n'importe quoi à la Française.
S'il n'y a pas plus d'alcool dans les stations services, ils feront les provisions dans les coffres de voiture (comme déjà, cela se fait.. cela dit)
Les opens bars sont souvent un moment convivial à l'heure de l'apéritif. Les opens qui finissent après 21h ne sont pas courants...
Si un "jeune" veut boire, il y arrivera toujours, il est bien plus "intelligent" que leur loi à la con. Voir même il arrivera à en revendre sur le parking d'un bowling/discotheque à minuit...Vive le developpement du marché noir.

Faut arrêter de pousser la connerie humaine au maximum !
Bachelot, la ministre la plus loin de la réalité de ce gouvernement... (égalité avec Albanel)

Écrit par : sylvain | 02/03/2009

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